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The Wolf Banes - De Casin...
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

dimanche, 29 octobre 2017 10:49

How the west was won

Quand on parle de Peter Perrett, on ne peut s’empêcher de penser au tube « Another girl, another planet » que le groupe The Only Ones, avait décroché en 1978. La formation publiera trois elpees, avant de se séparer en 1982, suite à de graves problèmes d’addiction aux drogues. En 2007, le combo s’est reformé, suite au buzz provoqué par l’utilisation de son hit intemporel, par Vodafone. Il a commencé à tourner et a même composé une nouvelle chanson, mais en 2014, il a de nouveau splitté, Peter décidant alors de se lancer en solitaire, soutenu par ses deux fils, Peter Junior et Jamie, deux ex-Babyshambles. Ils ont bien sûr participé aux sessions d’enregistrement de son premier elpee solo. Et le résultat est concluant.

D’une voix nasillarde, parfois emphatique, déchirée entre espoir et désespoir, il y relate sa descente aux enfers (NDR : sur un riff rythmique emprunté au « Gloria » du Them, il confesse tout au long de « Something in my brain », sa dépendance au crack d’une manière amusante, qui lui vaut pourtant aujourd’hui des séquelles handicapantes) et critique le mode de vie qu’il a embrassé, un peu comme Lou Reed dans « Who I am » ou Dylan sur « What good I am », à travers des chansons mélancoliques ou allègres, fatalistes ou douloureuses susceptibles de le conduire sur le chemin de la rédemption. Il adresse même un message d’amour à son épouse, sur « C Voyeurger ». Et rend un hommage au guitariste des Pretenders, James Honeyman Scott, sur « Troika ». Si la plupart des chansons baignent au sein d’un climat ‘kinksien’, on épinglera quand même le titre maître, en ouverture, caractérisé par son riff réminiscent du « Sweet Jane » de Lou Reed, exécuté à la slide, et puis le remarquable « Living in my head », un morceau autant psychologique que psychédélique, mais surtout savoureusement électrique. Une excellente surprise !

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:47

The punishment of luxury

Après son come-back en 2010, OMD a publié deux elpees studio, « History of Modern » et « English Electric ». « The Punisment Of Luxury» constitue donc son troisième et le treizième de sa discographie. Le titre de l’opus est emprunté à une toile peinte par Giovanni Segantini, ‘The Punishment Of Lust’. Pour enregistrer cet LP, Andy McCluskey et Paul Humphreys ont reçu le concours de Martin Cooper et de Stuart Kershaw. Côté lyrics, le duo tire à boulets rouges sur le consumérisme et le matérialisme.

Mais venons-en à la musique. Ce long playing marche sur les traces soniques d’« English Electric ». Le sens de la romance est intact. Pas de surprise, la synth/pop véhicule de nombreux accents empruntés aux 80’s. Mais ce sont plutôt les sources qui se révèlent surprenantes. Elle sont probablement puisées chez Ultravox (NDR : certaines envolées orchestrales aux synthés) et Human League (NDR : le quasi-indus et pulsant titre maître). Mais également Kraftwerk. Donc s’enfoncent au cœur des 70’s. Et notamment en début d’album. Les mauvaises langues reprocheront sans doute à cet LP d’être trop clinique voire excessivement digital, malgré un sens mélodique préservé… circonstanciellement. A l’instar de l’excellent et mid tempo « Ghost star ». Un album qui reste agréable à l’écoute, mais dont l’orientation risque, à court terme, de laisser OMD face à une impasse…

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:45

Saturn over sunset

Midnight Sister réunit Juliana Giraffe et Ari Bazoulian. Un duo qui s’est installé Los Angeles, ville qui semble exercer un rôle majeur sur leur création. Et tout particulièrement son univers cinématographique, omniprésent dans la musique du couple, qu’on pourrait qualifier de pop baroque. "Saturn over Sunset" constitue son premier album et est publié chez Jagjaguwar, un label qui a toujours eu le nez creux pour détecter des artistes talentueux. 

Les 14 plages de cet opus constituent autant de fresques filmiques qu’on pourrait facilement imaginer issues d’autant de longs métrages hollywoodiens. Juliana Giraffe et Ari Bazoulian interprètent des rôles davantage qu'ils ne chantent. On se retrouve quelques décennies en arrière à l'époque où les comédies musicales faisaient recette. A tour de rôle, les deux Américains se réservent le micro, alors que le synthé alimente, en arrière-plan, l’instrumentation. Certains titres sont carrément déstructurés, à l’instar de « Canary », qui ouvre la plaque, alors que d’autres baignent au sein d’une pop accessible, à l’instar de « Leave You » et du très 80’s « Blue Cigar »..

Bref, si ce « Saturn over Sunset » ne risque pas de marquer l’histoire du pop/rock de son empreinte, il s’écoute le sourire aux lèvres et sans se soucier du temps qui passe…

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:44

Golden Rain (Ep)

Golden Rain est un duo italien, établi à Naples, très exactement. Lors des sessions d’enregistrement de cet Ep, le tandem a reçu le concours circonstanciel, de l’un ou l’autre guitariste, d’un bassiste et d’un préposé aux synthés, outre ceux dont dispose la paire. Seul fait marquant, la voix de Zaira Zigante, qui lorsqu’elle grimpe dans les aigus fait carrément penser à Kate Bush. A l’instar du titre qui ouvre la plaque, « Foglights ». Pour le reste, malgré le léger enrichissement procuré par l’instrumentation organique, cette synth/pop ressemble à celle dispensée par les autres formations ou artistes… de synthé/pop…

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:42

Kavkasia

Le nouvel opus de Minco Eggersman est inspiré d’un trip opéré en 4x4 par l’artiste et son épouse à travers le Caucase, en Georgie. Sa musique dépeint ainsi la beauté de cette nature montagneuse, accidentée, dont il a observé les métamorphoses depuis le début de l’hiver jusque la naissance du printemps. L’opus recèle très peu de morceaux chantés. Il y a bien « Dance », une plage réminiscente du Floyd circa « Echoes », au cours duquel la voix campe un hybride entre Mark Hollis (Talk Talk) et Brian Eno. Puis le chant indien sur « Melisma & Gurian », souligné de chœurs atmosphériques. Et enfin le lent et intense « Mount Ararat », mais en général, le climat général baigne dans une forme d’ambient. Piano, cordes acoustiques, basse, cuivres et tout particulièrement saxophone, trompette(s), violoncelle, chœurs et même grandes orgues (« The other side of dawn »), sans oublier le zeste d’électro,  alimentent une expression sonore orientaliste ou spirituelle, propice à la méditation. Elle se frotte également parfois au jazz (NDR : les onze minutes de « Tbilissi calls » et ses cloches d’église) et pourrait également servir de B.O. pour un film (« The other side of dawn »). L’elpee s’achève par « Home of the brave », une piste plutôt classique à connotation médiévale, qui lorgne manifestement vers Henry Purcell (NDR : pensez notamment à « Trumpet Tune », mais sans les orgues d’église).

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:42

Live at the Glasgow Barrowlands

Originaire de Glasgow, cette formation a rencontré un franc succès, à la fin des eighties, avant de se séparer en 1994, puis de se reformer 5 ans plus tard. Plusieurs singles ont squatté les charts aux Iles Britanniques, dont « Chocolate girl », Wages day », Fergus sings the blues », « Queens of the New Year », « Love and regret » et bien sûr le tube « Real gone kid », mais surtout leurs albums « Rainbow » en 1987 et « When the world knows your name » qui se sont écoulés à respectivement plus de 500 000 et près d’un million d’exemplaires. Drivé par Ricky Ross, Deacon Blue est considéré comme une véritable institution en Grande-Bretagne. Sans doute parce que trempant dans une pop bien insulaire, sa musique navigue quelque part entre celle de Prefab Sprout, Waterboys et Texas.

Enregistré live au Barrowland de Glasgow, cet opus a été immortalisé dans le cadre du 30ème anniversaire de la carrière du band. Y figurent des plages issues de « Believers », le dernier LP, mais également les meilleures chansons de leur répertoire, ainsi qu’une reprise de Bob Dylan, « Forever Young ». Quarante titres pour un double cd !

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:41

Getaway (Réédition)

« Getaway », album de The Clean paru en 2001 (NDR : voir chronique ici) a été réédité fin 2016 ; et la nouvelle version a été enrichie de deux albums enregistrés en public. Soit « Slush fund », gravé en 2001 et « Syd's Pink Wiring System », paru en 2003, ce dernier afin de promouvoir la future tournée américaine. La formation néo-zélandaise y combine psychédélisme, pop, dub, rock, folk, punk et krautrock, suivant les morceaux. Outre le talent de David Kilgour (NDR : qui signe évidemment la pochette de l’elpee) à la gratte, on épinglera la ligne de basse mélodieuse tracée par Robert Scott et le drumming ‘motorik’ de Hamish Kilgour sur les morceaux les plus percutants. Un regret, le vocal un peu trop monocorde. Que ce soit David ou Robert. Détail qui a son importance, lors du set accordé au Sammy’s à Dunedin, en octobre 2000, Martin Philipps, le leader de The Chills, a apporté son concours à la guitare et à l’ominchord, sur deux morceaux.

Fondé en 1978, The Clean pratiquait une musique hypnotique, épique, reptilienne, sauvage, crue, échevelée ou improvisée, suivant les périodes de son existence. La plupart du temps, quand même très électrique et expérimentale, tout en préservant un sens mélodique certain. Certains médias considèrent même ce groupe comme l’héritier naturel du Velvet Underground, de Can, Neu et Television, pour cet aspect purement électrique, et Love ainsi que Spirit pour la face la plus acoustique. Il incarne également un des piliers de ce qui a été baptisé le ‘kiwi rock’, si bien illustré par les formations et artistes qui ont forgé la notoriété du label Flying Nun…

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:40

Shadows and reflections

A ce jour, Marc album a publié une trentaine d’albums, en solo ou sein de ses différents duos ou projets. Dont Soft Cell demeure sans doute le plus notoire (NDR : rappelez-vous du tube « Tainted love »). Et il faut reconnaître que depuis 1981, année de la sortie de « Non-stop erotic », sa production a toujours été constante. Sauf de 2004 à 2007, suite à un grave accident de moto. Et pourtant, on ne peut pas dire que son parcours ait été glorieux, tout au long de ces 25 dernières années. L’an dernier, il avait pourtant récolté un franc succès, dans le cadre du W-Festival. La sortie d’un nouvel opus ne pouvait donc que susciter notre curiosité.

Première constatation, hormis deux titres écrits par le compositeur/saxophoniste John Harle et deux originaux (« Embers » et le titre final « No-one to say goodbye to »), les onze autres plages sont soumise à l’exercice de la reprise. Un exercice qu’il a d’ailleurs accompli, très souvent, au cours de sa carrière, en se réappropriant les compos. Qui sont ici tantôt signées par des artistes ou groupes plus connus (Burt Bacharach, Julie Driscoll, The Yardbirds, Barry Ryan et The Herd, premier groupe de Peter Frampton) et d’autres tombées dans les profondeurs de l’oubli. Des compositeurs qui auraient influencé le natif de Southport. Encore qu’issu de la plume de Johnny Mandel, « The shadow of your smile » avait notamment été repris par Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Marvin Gaye, Stevie Wonder, et la liste est loin d’être exhaustive.

Bref, on retrouve bien sa voix si particulière et surtout son trémolo frémissant et velouté sur des pistes de pop orchestrale, mélancolique, que certains qualifieront de baroque, cabaret ou dignes du vaudeville. Un peu dans l’esprit très british d’un Divine Comedy, mais en moins rock, en moins théâtral, et surtout en plus synthétique, même si lors des sessions d’enregistrement, Marc Almond a reçu la collaboration d’une véritable armada de musiciens. Bref, l’artiste est à nouveau égal à lui-même, mais sur la longueur, par manque de punch, cet LP finit par lasser…

Une œuvre au cours de laquelle l’artiste est parvenu à agencer les plages, afin de relater l’histoire d’un homme fortuné, mais dont l’existence s’avère totalement vide. Et il écoute, seul, ces chansons nostalgiques et douloureuses, mais chargées d’émotion et de vie…

 

dimanche, 29 octobre 2017 10:23

As light return

Pour enregistrer « As light return », John Lawrie a de nouveau reçu le concours du band écossais St Deluxe. Mais si le précédent opus, « Hidden fields », se distinguait par son sens mélodique, « As light return » s’enfonce profondément dans le bruit blanc. Hormis le morceau qui ouvre l’elpee, les 4 autres plages atteignent et dépassent même les 7 minutes, le final « Handful of ashes » franchissant même le cap des 17 minutes. Expérimentale, ténébreuse, sonique, tentaculaire, blême, sinistre, l’expression sonore se nourrit de drone, de cordes torturées voire déchiquetées, de feedback et de machinerie électronique. Des vagues électriques ondulatoires qui évoluent, le plus souvent, en boucles. Finalement le 9ème long playing de Telescopes s’apparente davantage au « Metal Machine Music » de Lou Reed. Tout un symbole ! Il y a parfois des voix. Mais elles ressemblent plutôt à des incantations plaintives, hantées, qu’à du chant. A ne pas mettre entre toutes les oreilles !

 

jeudi, 12 octobre 2017 03:00

De la bière et du rock n roll

Alors que l’été vient de rompre son bail, Airbourne débarque à point dans la ville estudiantine de Louvain (NDR : Leuven en nl !) afin de propager une ondée de chaleur australienne, gorgée d’un Hard Rock explosif. Démarré à Santiago à la fin du mois d’août, ce ‘Breakin Outta Hello Tour’ affichait pour le coup sold out dans le plat pays. Fidèles à leur réputation, les musiciens ont mis le feu aux planches et ont arrosé généreusement leur public autant de houblon que de bonne humeur…

Il est un peu plus de 20h lorsque la salle Het Depot ouvre ses portes. Peu à peu une file constituée de métalleux, dans l’attente d’un contrôle, se forme. La plupart sont vêtus de t-shirts de couleur noire et de vestes patchées. Une volée d’escaliers plus tard, une porte conduit vers le théâtre des opérations. Plusieurs rangées de sièges de teinte rouge entourent la fosse, permettant d’accéder au podium, de taille modeste. Le concert est décrété complet, mais force est de constater que bon nombre de spectatrices et spectateurs préfèrent encore s’hydrater en ce début de soirée. Les plus impatients se collent, cependant, contre la stage, prêts à se ramasser une dose de Thrash old-school.

Derrière le kit de batterie, disposé à l’avant-plan, le backdrop de Desecrator, en lettrage blanc déformé et géométrique, a été accroché à l’arrache. Ce type de logo ne laisse généralement que peu de place au doute : la fosse va essuyer du Thrash old-school. Les quatre musicos débarquent. Ils ont enfilé des vestes en jeans noir et sans manches sur leurs torses nus. Seul le vocaliste, Riley Strong, a opté pour un simple t-shirt, mais de la même couleur. Il a la boule à zéro. Enfin, pas tout à fait, puisqu’à l’arrière de son crâne, il laisse pendre une longue chevelure bouclée. Du plus bel effet ! Sourire aux lèvres, les artistes prennent plaisir à se produire en ‘live’ pour y balancer un Thrash lourd et rapide, réminiscent des débuts de Testament voire de Slayer (‘On leur a piqué ce riff-ci’, avoue même le chanteur) ou encore d’Anthrax. Plutôt timide, l’audience finira pourtant vite par se laisser emporter et hoche la tête, l’index et l’auriculaire pointés vers le podium. Même si en fin de set, Riley interrompt son morceau avant de déclarer : ‘Non, là ce n’est pas possible… c’est mon riff préféré qu’on est occupé de jouer ; je veux tous vous voir bouger de la tête !’ La formation nous réserve, en outre, une reprise musclée du « Born To Be Wild » de Steppenwolf. L’occasion de s’échauffer la voix pour la tête d’affiche du jour. Desecrator ne réinvente certes pas l’eau chaude, mais assure plutôt une continuité de la saveur du Thrash old-school des années ’80. Une généreuse première partie bien grasse, qui a duré ¾ d’heure. De quoi être parfaitement huilé pour le reste de la soirée.

Trente minutes plus tard, le temps nécessaire à la préparation du matos, la salle est à présent bien remplie (NDR : mais pas de trop pour un sold out : on respire, quel bonheur !) et la foule s’attend à se prendre une volée de décibels. La menaçante mâchoire animale entrouverte qui figure sur le backdrop du band est une reproduction qui figure sur la pochette de l’elpee « Black Dog Barking » ; et elle toise la fosse qui lui fait face. Les baffles crachent les mélodies épiques de la bande-son du ‘Terminator 2’. Une mise en condition efficace pour stimuler l’audience, avant que ne déboule le quatuor infernal sur « Ready to Rock ». Un morceau qui annonce la couleur pour le reste de la soirée, placée sous les auspices d’un Hard Rock survolté, largement influencé par AC/DC, leurs compatriotes australiens (NDR : pour l’anecdote, lorsqu’il avait été question de remplacer Brian Johnson, le chanteur d’AC/DC, celui d’Airbourne, Joel O'Keeffe, avait été pressenti). Torse nu, vêtu d’un vieux jeans noir troué aux genoux, chevelure bouclée en pagaille, O'Keeffe est survolté derrière son micro. Chaque parole lui vient du fin fond de l’estomac. Comme s’il était victime d’un mouvement compulsif, qu’on appelle tic, il hausse sans cesse les sourcils, laissant deux grands yeux électriser le public. Quand il ne se livre pas de sa voix rauque derrière le micro, il se démène comme un beau diable sur son manche, arpentant les deux extrémités de l’estrade.

Malgré la sortie, il y a quelques jours, de son cinquième opus, « Diamond Cuts : the B-Sides », Airbourne va essentiellement piocher au sein de ses quatre long playing précédents. Tout au long de « Too Much, Too Young, Too Fast » et « Rivalry » l’auditoire chante à l’unisson. Le show est carré. Chaque morceau ou presque se clôture telle une apothéose de fin de concert. L’audience, bien que remontée, reste néanmoins assez calme. Certains pratiquent le crowdsurfing, finissant tant bien que mal en bout de course dans cet interstice située entre le podium et le public. Malgré cette ambiance bon enfant une jeune fille, probablement coincée contre les barrières, est à deux doigts de tomber dans les pommes. Tout en chantant, Joel O'Keeffe adresse plusieurs signes au service de sécurité afin de la sortir de ce mauvais pas (‘I hope you’re fine, girl !’, destine-t-il à son attention, à la fin du morceau, dans un accent australien particulièrement prononcé).

Airbourne, c’est du Hard Rock sous amphétamines, mais c’est également un show à part entière. La configuration de la salle ne le permettra pas pour ce soir, mais le frontman a la fâcheuse réputation de grimper un peu partout afin de jouer de la gratte le plus haut possible. Il est également connu pour se balader au milieu de la foule, sur le dos d’un sherpa-roadie,  avant d’écraser, quelques minutes plus tard, une cannette de bière d’un demi-litre sur la tête, arrosant de houblon toute personne qui gravite dans un rayon de trois mètres autour de lui. Des ficelles qui certes, mettent de l’ambiance lors du concert, mais peuvent paraître récurrentes, pour toute personne qui a déjà assisté à un set du band kangourou. Autant les morceaux sont interprétés librement, autant les artifices qui grèvent le spectacle relèvent d’une mise en scène un peu trop prévisible. Comme ces bières disposées devant la batterie, qui ne sont pas destinées à abreuver les artistes au cours du show, mais bien pour être lancée sur les spectateurs, en fin de parcours. Le vocaliste en invite d’ailleurs à grimper sur les épaules de leurs congénères afin de rattraper les gobelets au vol. L’effet aurait sans doute été décuplé si cette connivence avait été spontanée et non pas préparée…

La plongée dans le noir avant que ne débarque sur les planches le batteur Ryan O'Keeffe –le frère de Joel– équipé d’une sirène d’alarme manuelle, sera de courte durée. Une forme de tocsin qui n’est pas sans rappeler celui qui déchirait le ciel durant la Seconde Guerre mondiale. Il tourne la manivelle le plus vite possible, largement encouragé par la fosse. Et s’y reprend à trois reprises avant l’intro de « Live it up », signe destiné aux musicos de reprendre la scène d’assaut pour attaquer le final attendu « Runnin’ Wild ». La foule acclame. Les musiciens donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre jusqu’au dernier moment. Le concert s’achève au cœur d’un imbroglio de riffs, de blast et de larsens. Un feu d’artifice avant l’extinction des feux. Les derniers onglets sont jetés en pâture et les Australiens rejoignent aussitôt les coulisses, laissant un peu abruptement un auditoire à bout de souffle. Un tout petit plus qu’une heure de show : la barre du minimum syndical est certes dépassée, mais quelques morceaux de plus auraient également été appréciés. Quoi qu’il en soit, Airbourne a livré, en cette soirée, une belle leçon de Rock’n’Roll. À celles et ceux qui regardent sans cesse dans le rétroviseur, sachez que l’avenir a assurément encore de belles années devant lui.

Setlist : Ready to Rock - I'm Going to Hell for This - Too Much, Too Young, Too Fast - Down on You – Rivalry - Girls in Black - Bottom of the Well - Breakin' Outta Hell - No Way but the Hard Way - Stand Up for Rock 'n' Roll // Encore: Live It Up - Runnin' Wild

(Organisation : Het Depot)