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dEUS - 19/03/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Fire Theft

Après la séparation de Sunny Day Real Estate, en 2000, Jérémy Enigk pensait d'abord enregistrer un album solo. Puis, il s'est ravisé et a remonté un autre groupe : The Fire Theft. Faut avouer qu'il n'a pas dû beaucoup se creuser les méninges pour parvenir à ses fins, puisque hormis le guitariste Dan Hoerner, remplacé par Billy Dolan, il a reconduit les même musiciens qui sévissait chez le S.D.R.E. , en y réintégrant le bassiste originel Nate Mendael. J'ai toujours beaucoup apprécié S.D.R.E. ; mais je dois avouer que le premier elpee de Fire Theft m'a laissé sur ma faim. En fait, sur les douze fragments de cet opus, une bonne moitié semble calquée sur le même moule. Et ce moule a beau se révéler d'excellente facture, ses clones vaporeux, cinématiques, finissent par lasser. On a même parfois l'impression de retrouver le Floyd, lorsqu'il était au bout du rouleau. Et le falsetto douloureux, fragile, bouleversant de Jérémy entretient cette lassitude. A contrario, sur les compos les plus inventives, son timbre s'élève dans un registre céleste avant de redescendre avec encore plus de passion. Et je pense tout particulièrement à " Uncle Mountain ", dont la trame déchirée entre lyrisme halluciné et symphonisme, nous replonge dans l'univers de Love. A " Summertime ", qui tout en réverbérant le psychédélisme beatlenesque d'un " Magical Mystery Tour ", marche allègrement sur les traces de Neutral Milk Hotel. De la berceuse brianwilsoneque " Houses ", enrichie d'un quatuor à cordes. Et enfin de l'hymnique " Sinatra ", dont les réminiscences du Who remontent à " Tommy ". Ils nous doivent une revanche !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Know (single)

Fondée en 1998, cette formation brugeoise a signé chez le label canadien Geska (Montréal). Un groupe drivé par un certain Tom Cornille, responsable à la fois du chant et de la composition. Après avoir écouté les deux titres de ce single, qui prélude la sortie d'un album (" Involuntary human "), il ne fait aucun doute que Fœtal Void a beaucoup écouté la musique du début des eighties : hybride, électro-wave, gothique, industrielle et synthé pop. Et en particulier Depeche Mode et Gary Numan. Contagieux, presque hymnique, le titre maître rappelle les débuts du célèbre groupe de Basildon, alors que l'instrumental " Forged senses " baigne au sein d'un univers atmosphérique, étrange, légèrement oriental. Les notes cristallines du piano égrenées tout au long du fragment courtisent même celui de Yukuhiro Takahashi. Il n'y manque finalement que David Sylvian au chant. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de l'elpee.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The New Folk Implosion

Exit John Davis, le line up de Folk Implosion est aujourd'hui partagé entre le drummer Russell Pollard (Sebadoh, Alaska), le guitariste Imaad Wasif (Lowercase, Alaska) et Lou Barlow, chanteur/compositeur et fondateur du groupe. Qui a repris son rôle de bassiste, comme à l'époque de Dinosaur Jr. Ce qui explique, sans doute, le titre de ce nouvel album. Encore, qu'il aurait été plus judicieux de parler de la renaissance d'un certain passé. M'enfin, n'est-ce pas dans les vieilles casseroles que l'on fait la meilleure soupe ? Parce que Lou en et revenu à une formule plus basique, plus organique, plus rock. Et dans ce domaine, il ne doit rien à personne. D'autant plus que ses deux compères sont au sommet de leur art. Les riffs de guitare tantôt effilés, incisifs, rougeoyants, bringuebalants, dispensés par Imaad (NDR : non, non, il n'et pas oisif !) apportent un fameux coup de fraîcheur à des compositions il est vrai quelque peu ténébreuses, mais terriblement contagieuses, toujours mélodiques, presque hymniques, parfois enrichies d'un piano électrique, de samples, d'une boîte à rythmes ou d'une six cordes acoustiques, que chante Barlow d'un timbre limpide. Parfois, sa voix me fait penser à Beck ou même à David Crosby. Et même à John Wetton sur " Creature of salt ", un fragment qui navigue sur des couches successives de folk britannique et de rock progressif. Un peu comme si King Crimson et Nick Drake avaient eu l'idée de joindre leurs talents. Et que dire de la section rythmique tissée par Lou et Russell ? Solide, efficace, implacable, impressionnante, elle canalise parfaitement cet énorme flux d'intensité, lorsqu'elle ne le transforme pas en groove. Le disque recèle trois démos que Lou avait écartées de ses albums précédents. Et pas nécessairement de quelconques sessions d'enregistrement de Folk Implosion. Tout d'abord la valse chaloupée " Pearl ". Ensuite la ballade semi acoustique " Easy ". Et enfin le fiévreux et agité " Fuse ", une chanson téléchargeable sur le site de Lou, mais sous une forme plus minimaliste. Un disque coproduit par Aaron Espinoza (Grandaddy, Eels, Sebadoh, Juliana Hatfield,…) et Mickey Pretalia (Beck, Eels et Luscious Jackson) qui ne souffre d'aucune faiblesse. Mais parmi tout ces temps forts, j'ai surtout flashé sur " Coral ", un formidable périple dans le Paisley Underground que n'aurait pas désavoué le Dream Syndicate. Un must !

samedi, 26 février 2011 18:01

Un soir autour du monde…

La cinquième édition du festival ‘Un soir autour du monde’ se déroulera ce samedi et ce dimanche 1er mai à l’Abbaye de Villers-la-Ville.

Pour l’instant l’affiche annonce

Yael Naim (France/Israel)
Abd Al Malik (France/Congo)
Les Hurlement d’Léo (France)
Idir (France/Algérie)
Coco Royal (Belgique)
Baloji (Belgique/Congo)
Danakil (France)
Smod (Mali)
Too Much and the White Nots (Belgique)

Camping Sauvach (Belgique)
Stéphanie Crayencour featuring Saule et Suarez (Belgique)
Antoine Hénaut (Belgique)
Klezmic Zircus (Belgique) …

http://www.unsoirautourdumonde.be/

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Shootenanny !

Mark Oliver Everett va mieux. Enfin, le sort semble un peu plus clément à son égard. Faut dire que dans le passé, il a payé un lourd tribut au destin. Destin qu'il répercutait à travers ses chansons. Des chansons autobiographiques qui lui servaient, en quelque sorte, de thérapie. Il lui reste, bien sûr, encore quelques séquelles. Et nous le rappelle à travers le meilleur fragment de cet opus, " Agony ", un rythm'n blues lancinant, réminiscent d'" I put a spell on you " de Screamin' Jay Hawkins ". Pas que le reste soit de mauvaise facture, mais en général, hormis le beatlenesque " Somebody loves you " et le très incisif " Saturday morning ", l'audace est rarement au rendez-vous. La voix rauque, éraillée, d'E est toujours aussi chargée d'émotion. Elle s'aventure même, sur l'un ou l'autre fragment dans le falsetto. Ses lyrics, tantôt ironiques, parfois drôles mais jamais joyeux, ont le pouvoir d'interpeller. Les mélodies, le plus souvent contagieuses, sont même susceptibles d'épouser un profil hymnique (" Wrong about boby "). La production de John Parish, musicien mieux connu pour son travail en compagnie de PJ harvey, irréprochable. Alors, où le bât blesse-t-il ? Nulle part ! Et c'est justement là le problème…

dimanche, 20 février 2011 17:38

Et de trois pour Wye Oak

Le troisième opus de Wye Oak paraîtra ce 7 mars 2011. Il s’intitulera « Civilian ». Pour le mettre en forme, Jenn Wasner et Andy Stack ont fait appel à John Congleton (St. Vincent, Shearwater).

Tracklisting

1. Two Small Deaths
2. The Alter

3. Holy Holy
4. Dogs Eyes
5. Civilian
6. Fish
7. Plains
8. Hot as Day

9. We Were Wealth
10. Doubt

http://www.wyeoakmusic.com/
http://www.myspace.com/wyeoak

 

mardi, 15 février 2011 11:08

Alex Turner joue au sous-marin

Si vous êtes fans des Arctic Monkeys, soyez attentif  à ce qui suit ! Un Ep inédit d’Alex Turner paraîtra ce 14 mars, suite à son travail opéré sur la BO du film ‘Submarine’ réalisé par Richard Ayoade. Qu’on se le dise !

Tracklisting:

1 Stuck On The Puzzle (Intro)
2 Hiding Tonight
3 Glass In The Park
4 It’s Hard To Get Around The Wind
5 Stuck On The Puzzle
6 Piledriver Waltz

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Welcome to the monkey house

Les Dandy Warhols aiment brouiller les pistes. Observez la pochette, tout d'abord : elle arbore une banane qui s'ouvre à l'aide d'une fermeture-éclair. Soit une allusion à peine voilée au Velvet Underground qui se serait ouvert aux Rolling Stones de " Sticky fingers ". Après avoir écouté l'album, j'ai vainement cherché le rapport. La raison est toute simple, pour enregistrer son nouvel opus, le groupe a bénéficié du concours de toute une équipe qui s'est surtout illustrée au cours des eighties. Soit Nick Rhodes, l'ex claviériste de Duran Duran à la co-production (qui a emmené le chanteur, Simon le Bon, dans ses bagages), Nile Rodgers de Chic (qui avait aussi travaillé à une certaine époque avec les DD) à la guitare, et Tony Visconti (le producteur de Bowie) à la basse (mais pour un seul titre). Résultat des courses, la première moitié de l'opus nous replonge 20 bonnes années en arrière. Pour y danser sur une pop synthétique ; ou si vous préférez une new wave dansante, teintée avec chic ( ?!?!?) de disco et de funk. Et je vous avoue que " We used to be friends ", " Plan A ", " The dope (wonderful you) " et " I'm a scientist" recèlent ce 'groove' contagieux et viscéral qui gangrenait des hits tels que " Planet Earth " et " Girls on films ". Même le nonchalant " I am over it " adopte un profil semblable. Plus rock dans l'esprit du précédent album, " The Dandy Warhols love almost everyone " marque un changement radical de cap. Co-écrit avec Nick Rhodes, le très beau " Insincere because I " nous entraîne dans un univers atmosphérique, glacial, cristallisé par de superbes harmonies vocales. Le spectre de Bowie plane sur le dispensable " I am sound ". Calquant même sa rythmique sur " Ashes to ashes ". Une ombre qui hante de nouveau " You were the last high ". Ecrit en collaboration avec Evan Dando, ce morceau produit une très belle mélodie 'garynumanesque'. Mid tempo, " Heavenly " possède tous les atouts pour devenir un tube. Par contre le glam " Hit rock bottom " pastiche un peu trop T Rex, à mon goût. L'opus s'achève par l'envoûtant, énigmatique, " You come in burned ", sorte de Fad Gadget sous valium. Dommage que tout l'album n'affiche pas la pêche des premiers morceaux.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Wake

Considéré à l'origine comme un maître de la musique gothique symphonique, Dead Can Dance va évoluer de plus en plus vers un univers sonore davantage influencé par la world, expérimentant au passage le chant grégorien, le folklore celte, la Renaissance, Le Moyen-Orient et les rythmes du Brésil et de l'Afrique occidentale Jusqu'en 1998, année de leur séparation. Mais le plus remarquable et le plus paradoxal, c'est que ce duo australien est parvenu à séduire un public rock, à l'aide d'une musique qui ne doit pratiquement rien au style. Enfin, pas tout à fait, puisque son premier elpee (NDR : éponyme) impliquait une instrumentation électrique et acoustique tout à fait conventionnelle. Nonobstant la présence de " Frontier " sous sa version démo et l'inédit " The lotus eaters ", ce double CD risque de faire double emploi pour celles et ceux qui se sont procurés le " Box set ". M'enfin, j'ai l'impression qu'il s'adressait avant tout aux aficionados. Pour les autres, et en particulier pour les profanes, ce " Wake " synthétise parfaitement l'œuvre de ce duo aussie. Un duo partagé entre Lisa Gerrard, vocaliste à la voix pure, céleste, presque mystique qui se servait d'une sorte de zither chinois, le Yang Ch'in, et Brenda Perry, multi-instumentiste doué d'un baryton profond, qui s'intéressait beaucoup à la musique médiévale, mais aussi africaine, matière qu'il avait d'ailleurs approchée en accomplissant des études d'anthropologie.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Shivering king and others

Si on ne tient pas compte du 'live' "Got live if you want it", "Shivering king and others" constitue le troisième album de ce trio issu de Washington DC. Hormis l'instrumental "Wayfarers all", un fragment de heavy folk inspiré par le 3ème elpee de Led Zeppelin, les deux premiers tiers de l'opus baignent dans un rock soixante-huitard, ténébreux, aux relents de psychédélisme primaire. Une solution sonore plutôt revivaliste qui évoque tour à tour Hawkwind, Free, le Cream, Blue Cheer, Robin Thrower, et sous sa forme la plus blues, Ten Years After. Electricité distordue, sale, bourdonnante et tempo répétitif, monotone, noient la plupart du temps les vocaux trafiqués de Jason Simon. Vous voyez le topo. Mais en fin de parcours, Dead Meadow prend un virage à 180°. Pour trois compositions sculptées dans les cordes de guitare acoustique. Le titre maître, " She's mine " et " Heaven ". Trois fragments remarquables qui nous replongent dans l'univers du défunt Swans, trois plages qui déferlent, telles des vagues tempétueuses, sur les récifs de la mélancolie. Et si le final, " Raise the fall ", renoue avec l'électricité, c'est dans le même esprit. Près de 7 minutes sanctifiées par des harmonies vocales mystiques, et dont la texture crescendo est tramée sur un mode post rock digne de Mogwai.