Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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The Cure
Chroniques

Dave Berry

Memphis in the meantime

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Qui se souvient de David Grundy ? Alias Dave Berry (à cause de son admiration pour Chuck Berry), il est aujourd'hui âgé de 66 ans. Il a pourtant connu son heure de gloire dans les années 60, comme chanteur pop, même s’il puisait son inspiration dans le R&B et le rock'n'roll? Issu de Sheffield, ce personnage a décroché quelques hits au cours des sixties. Des 45 tours, bien évidemment. Dont sa reprise de "Memphis Tennessee", "The crying game", "This strange effect" (n°1 en Belgique et aux Pays-Bas) ainsi que "Mama". Son groupe répondait au patronyme des Cruisers. Le jeune label anglais Blue Matters a permis une rencontre entre le vétéran et un blues band dynamique : les Junkyard Angels. Une formation drivée par le guitariste Julian Piper. A ce jour, les Angels comptaient deux albums à leur actif : "Dirty work at the Crossroads", paru en 1988 et "Lonesome La La", commis en 1994. Ils accompagnent régulièrement des bluesmen américains, lorsqu’ils se produisent sur le Vieux Continent. Il leur est même arrivé d’enregistrer en leur compagnie. Et notamment pour quelques légendes louisianaises ; et en particulier Silas Hogan, Tabby Thomas, Lazy Lester, ainsi que les bluesmen de Chicago, Carey et Lurrie Bell. Julian Piper est également responsable d’un opus solo : "Primal blues".

L'album s’ouvre par la meilleure plage de l’elpee : une extraordinaire version de "Mercury blues", un titre popularisé jadis -outre-Manche- par Dr Feelgood et Rory Gallagher. Le chant de Berry passe bien la rampe, mais c'est la slide qui titre son épingle du jeu. Piper ne tient pas en place. Sa guitare subit les derniers outrages. Rien que cette plage mérite l’acquisition de cet elpee. De la dynamite ! Le timbre de Dave Berry n'a rien d'exceptionnel. Il se complait dans une certaine uniformité. Nonchalant, paresseux, il s’avère cependant très chaleureux. Bref, il est parfaitement ‘laidback’. Il n’est guère surprenant de retrouver sur ce disque des extraits du répertoire de JJ Cale et de Tony Joe White. "Taking the midnight train", par exemple. Les reprises de JJ sont vraiment réussies. Tout au long de "Same old blues", la slide de Julian est très présente. Par son jeu de cordes et de percussions, "Cajun moon" baigne au sein d’une atmosphère de rêve. Dave apprécie toujours le rockabilly. Il le démontre sur le "Mean ol' Frisco" d'Arthur "Big Boy" Crudup, une plage imprimée sur un tempo rapide et caractérisée par une bonne partie d'harmo accordée par le Texan Jeff Fuller, le tire maître (un morceau signé John Hiatt) et le "Boppin' the blues" de Carl Perkins. Dans le style de la Nouvelle Orléans, il adapte le "Are you going my way" de Bartholomew et Domino. Pour la circonstance, il reçoit le concours du piano syncopé de Craig Milverton. Autre plage issue de la plume de John Hiatt, "Georgia Ray", se révèle un roots rock d'excellente facture. Quoique sans grande prétention, cet opus s’avère fort agréable à écouter. Il s’achève, en outre, par "My baby left me", une autre reprise de Crudup, imprimée sur le rythme du chemin de fer…

                                                                                             

 

Various Artists

Dirty Space Disco

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IInitiateurs des compilations “Dirty Diamonds”, Guillaume Sorge, Clovis Goux et Benjamin Morando se sont réunis sous le patronyme de Dirty Sound System. Les trois gaillards ont décidé de compiler les travaux d’artistes ayant expérimenté la musique disco au cours des années 70 et 80. Un disco sinueux et reptilien, minimal et souvent expérimental. Soufflant le très chaud et le glacial, « Dirty space Disco » regroupe les travaux de musiciens émanant des horizons les plus divers. Et tout d’abord des Américains issus de la soul et du funk comme John Forde, Fern Kinney, Undisputed Truth ou encore Sylvester. Bien que plus attachés à la tradition, ces derniers n’hésitaient pas à tâter des premières boîtes à rythmes et des synthétiseurs, tout en demeurant pop et accessibles. Européenne (surtout allemande), la seconde moitié se révèle davantage expérimentale, orientée vers les voyages intérieurs que vers les pistes de danse : le batteur italien Tony Esposito, Roedelius, l’étonnante Clara Mondshine (produite par Klaus Schultze), Conrad Schnitzler, Yellow Power. Toute une panoplie d’artistes responsables d’une psychédélique tantôt inquiétante, tantôt robotique. Mystérieuse et surprenante, cette compilation païenne devrait vous permettre de découvrir quelques francs tireurs, très en avance sur leur époque.

Waldeck

Ballroom Stories

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Retour aux années ’20. Une époque où les années étaient folles et Joséphine Baker en était impératrice. L’Autrichien Klaus Waldeck nous transporte à l’endroit même où tout s’est arrêté et reprend joyeusement le flambeau. Mélange subtil de pop, de jazz, de tango, de dub et de soul, « Ballroom Stories » est l’une de ces petites friandises inattendues qui vous tombent dessus dans le seul but d’égayer votre journée. Les charmantes comptines historiques de Waldeck, susurrées par Joy Malcolm (ex-Incognito), Brian Amos et Zeebee, font du bien par où elles passent. Fondamentalement différent de ses précédents travaux, « Ballroom Dancing » vaut bien mieux qu’une compilation lounge et devrait permettre à Waldeck de s’introduire tranquillement sur les scènes des festivals européens. De quoi swinger l’assistance en deux temps trois mouvements.

Wolf & Cub

Vessels

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A Adélaïde, en Australie, alertées par une étrange disparition, les autorités locales ont lancé un avis de recherche ! Joel Byrne, Thomas Mayhew, Joel Carey et Adam Edwards, les quatre membres de Wolf & Cub, avaient disparu. L'espoir de retrouver les corps des quatre musiciens s'amenuisait au fil des jours. Plus personne n'y croyait. Et pourtant, contre toute attente, un passant les aperçut, un beau matin, sortant des bois. Le teint blafard, le poil dru, la main tremblante et le cerveau lobotomisé par d'inimaginables expériences stroboscopiques, ils étaient là. Joel Byrne, le chanteur fumeur et chef de file de la formation, leva les bras, tendant « Vessels », son premier album, au ciel. Alors, il cria : `Les poils des kangourous sont électriques !' Aujourd'hui, on présente ces Australiens, fans de Primal Scream (écoutez de toute urgence l'excellent « This Mess »), des Stooges et des Liars comme les messies d'une nouvelle vague neo-krautrock psychédélique (`Allo, Le NME ? On a du nouveau par ici...'). Caractérisé par ses deux batteurs (Joel Carey et Adam Edwards), ses riffs cramés et son chant drogué, Wolf & Cub a fière allure. D'autant que ses intentions sont louables. Car, finalement, affirmer que vos concerts relèvent `d'une session de gospel sous ecstasy, que vos chansons prennent forme en mouvement par la grâce d'une intervention divine', c'est plutôt bon signe.

Various Artists

Dj Format

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Le dj hip hop canadien succède à Gilles Peterson dans la toute neuve série de compilations mixées, consacrées au catalogue Fania et ses sous labels (Tico, Alegre et Cotique). A l’image de ses productions solo, Dj Format affiche un goût très sûr pour les ambiances chaleureuses où la soul, le jazz et le funk rencontrent les bondissantes percussions latines. Il écarte le côté salsa de la deuxième moitié des seventies pour se concentrer sur l’énergie du boogaloo et du latin jazz des sixties. Une sélection sans faille propice à un joyeux télescopage entre une vingtaine de morceaux où les stars du genre (Ray Barretto, Monguito Santamaria, Tito Puente) côtoient des artistes plus obscurs. Obscurs, peut-être, mais auteurs de quelques tueries. A l’instar du « Happy Soul with a Hook » de Dave Cortez, récemment samplé par Cristina Aguilera. On pourrait en citer d’autres, mais l’essentiel est de savoir que quelques uns de ces chefs d’œuvre figurent (sans coupures) sur la compilation « The Bad Boogaloo », toujours parue chez Fania/V2.

Various Artists

Spirit Mountain – Authentic Music of the American Indian

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La série « International Music Series » est censée permettre de découvrir des musiques folkloriques du monde, jouées sous leur forme originelle. Une affirmation qui suscite une méfiance vite confirmée par l’écoute de ce ramassis d’idioties. Ce volume suppose donc s’intéresser à l’univers sonore traditionnel des Indiens d’Amérique du Nord. Et éclairer l’auditeur ignorant. Au final, il se révèle (à quelques rares exceptions près) une désagréable succession de titres dopés aux synthétiseurs d’un goût douteux. Ils me rappellent même la série « Walker Texas Ranger » de l’impayable Chuck Norris ou les orchestres ambulants qui exécutent, dans les rues commerçantes, des playbacks à la flûte de pan, sur des disques enregistrés aux Pays-Bas. A éviter.

American Blues Box

American Blues Box

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Avant de fonder American Blues Box, le chanteur/compositeur Derek Davis et le batteur James Pacheco militaient au sein de Babylon A.D. Nous sommes alors du côté de San Francisco, en 2004, et le duo ambitionne jouer du hard rock largement teinté de blues, à la manière d’Aerosmith, consentant une large part à guitare slide et à l'harmonica. Ils aiment d’ailleurs définir leur style comme une rencontre entre l'Aerosmith des débuts et le blues d'Elmore James. En véritable leader, Davis chante, compose, joue des guitares, de la slide et du piano. Kyle Bates est également préposé à la six cordes. Eric Pacheco se réserve la basse. Et invité, Charlie Knight se consacre à l'harmonica et au piano!

Un bottleneck apparemment distant ouvre le bal. Mais le volume sonore de ce "Mississippi Mud" augmente progressivement. La voix de Derek s'inscrit parfaitement dans ce décor. Tous les instruments se conjuguent à l’unisson. Même l'harmonica fantomatique baigne au cœur de cet univers malsain, fangeux. Derek chante –il est vrai– à la manière de Steven Tyler d'Aerosmith, d’un  timbre assez ‘zeppelinesque’. La slide n'attend guère longtemps pour se libérer. Les deux gratteurs s'entendent comme larrons en foire. Ils entretiennent une densité sonore impressionnante. ABB demeure davantage accroché aux blues que ses aînés d'Aerosmith et pourtant les ressemblances sont évidentes. Davis est un vocaliste idéal pour ce type de répertoire. Les deux gratteurs ne cessent de s'affronter ; mais également de se rejoindre. Révélant même un flux et un reflux de guitares acoustiques tout au long d’"Unconditionnal love". Leur reprise de "Some kind of wonderful" ne souffre d’aucune concession. Le vocal de Derek est très proche de Robert Plant. Il chante face à un mur de cordes menaçantes, contenues. L'harmonica de Charlie tente de se frayer un chemin au sein de ce puissant édifice sonore. Le reste de l'opus est de la même veine. Un hard blues rock fort bien ficelé caractérisé par une voix sauvage mais suffisamment maîtrisée ainsi qu’une combinaison de cordes électriques et acoustiques. Cette musique popularisée au début des années 70 bénéficie cependant ici d'une production résolument contemporaine (technologie oblige !) Parfois l'ABB baigne au sein d’une atmosphère plus sereine, tissant une ballade aux lignes mélodiques bien marquées. A l’instar de "Killing time", même si les guitares continuent de jouer à l’intimidation. L'apaisement ne transparaît guère que sur "When you were young". Lorsque l’exercice se résume à une simplification du blues rock, l’expression peut paraître banale, mais sous un profil électro-acoustique enrichi par l'harmonica, le résultat est beaucoup plus séduisant. Et je pense ici tout particulièrement à "Rattle my bones" et surtout au sémillant "Biscuit baking Mama", me rappelant quelque part l'Irlandais Rory Gallagher. Les musiciens aiment le blues. Et c’est à cet instant qu’ils se révèlent au sommet de leur art. Comme sur "Half the man", une plage totalement acoustique qui met en exergue piano, bottleneck et un harmonica dont l’aventure dans les aigus est proche du délire. La dernière plage a été immortalisée ‘live’. La cover d’un canon d'Elmore James : "I can't hold out". l'American Blues Box sort ses tripes sur les planches. Puissante, la slide hurle et gémit, pendant que nous nous surprenons à reprendre en chœur avec Derek, "Talk to me baby". Quelle santé!

 



Bunny Rabbit

Lovers and Crypts 

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Couple sur scène et à la ville, la emcee Bunny Rabbit et la ‘beat maker’ Black Cracker bénéficient d’un buzz favorable, suite à leur adoubement officiel signifié par les tout aussi ‘hype’ CocoRosie. Black Cracker a d’ailleurs collaboré sur scène et sur disque avec les sœurs Cassidy. Pour « Lovers and Crypts », les deux musiciennes proposent un curieux mélange de paroles ‘porno chic’, de beats électro et hip hop minimalistes, cultivant un désespoir qui évoque les atmosphères claustrophobes des archi-sombres Swans voire de Lydia Lunch. On signalera quelques bons titres comme les hantés « It ain’t easy » et « Pussy Queen » ou le dansant « Saddle Up ». Le reste s’avère crispant et ennuyeux à souhait : la faute au flow monotone de Bunny Rabbit et l’absence de compositions dignes de ce nom…