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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Merz

Moi et Mon Camion

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Merz est le projet de Conrad Lambert, musicien accompli originaire de Bristol dont le très beau « Loveheart », paru en 2005, est parvenu à séduire les critiques. Sur son troisième album, l’Anglais distille des ambiances paisibles, bucoliques, bien servies par un jeu de guitare raffiné et des orchestrations légères et subtiles.

«  Moi et Mon Camion » est le nom de la société de transport qui s’est chargée des déménagements successifs que Conrad Lambert a vécu ces dernières années. Et l’on sent effectivement le thème du voyage en filigrane, tout au long du disque. Qu’il soit présent au travers des paroles, de la diversité des sons ou des sentiments évoqués, ce voyage est introspectif mais jamais autiste. On y sent au contraire une générosité exemplaire.

Evoquant parfois Ozark Henry ou Coldplay, Merz évite toutefois les arrangements pompeux et l’emphase de ces derniers en privilégiant l’émotion brute et la simplicité. Tout en affichant une personnalité affirmée, « Moi et mon camion » sonnerait plutôt, dans son ensemble, comme une rencontre rêvée entre la folk délicate de Sufjan Stevens et la mélancolie paresseuse de Eels.

Si certains titres se révèlent plutôt anecdotiques, l’album recèle quelques pépites qui justifient à elles seules son acquisition. Je pense notamment au rêveur « Silver Moon Ladders » ou à l’insouciant « Lucky Adam », malicieux et pétillant. La qualité du disque s’intensifie sensiblement au fil des chansons, jusqu’au doublé final (« No Bells Left To Chime » et « The First And Last Waltz »), véritable sommet émotionnel du disque, tout en apesanteur, beau à en pleurer.

Quoique pour l’instant injustement méconnu, Merz mérite un succès planétaire tant sa pop immédiate mais jamais lisse possède de nombreuses vertus. Ne vous fiez donc pas au titre, car cette musique n’évolue pas en catégorie poids lors, mais elle s’élève au contraire, légère et malicieuse, dans les airs.

 

The Carnation

Human Universals

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Après avoir commis plusieurs eps et un album, The Carnation nous revient flanqué d'un deuxième opus destiné à nous replonger au coeur des années 80. Les treize titres qui le composent sont en effet alimentés de sonorités électro évoquant tour à tour Depeche Mode, The Cure ou encore les Pet Shop Boys. Pourtant, ce « Human Rights » est résolument tourné vers le rock. La guitare y est bien mise en évidence. Que ce soit sous la forme punk (le très Libertines « Label Slaves »), pop et même lorsque l'expression sonore est empreinte de tendresse. A l'instar de « War Poetry ». Quant à la voix, elle me rappelle celle de Kele Okerekedu, le leader de Bloc Party. Bien que ne manquant pas de qualité, la musique de ce trio suédois ne brille cependant pas par son originalité. Effectivement, une impression de déjà entendu plane sur l'ensemble de l'oeuvre. En fait, ce « Human Rights » aurait dû tout simplement paraître une vingtaine d'années plus tôt... A réserver aux nostalgiques des eighties !

Tommy Guerrero

Return of The Bastard

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Le printemps ramène dans ses bagages « Return Of The Bastard », le nouveau recueil de Tommy Guerrero. Le retour du bâtard sonne l’heure des longues ballades sous le soleil, des crèmes UV et des draps de plage. Fêtant dignement les dix ans de sa carrière, Guerrero plonge les auditeurs dans une douce torpeur, aussi efficacement qu’un gros spliff en pleine période de stress. Le guitariste entame la ballade par un « And The Folklore Continues » aux chœurs aériens invoquant sérénité et délassement avant de poursuivre sur une série de titres acoustico-instrumentaux presque tous aussi irradiants les uns que les autres.

Savant mélange de rock et de funk latin, de surf rock et même de samba, « Return Of The Bastard » regorge de rythmes délassants et entêtants comme ceux des séduisants « La Califas Perdido », « Zapata’s Boots », « No Time For Time », « What Have I Been Doing Since I Was Gone ? » et « 40 Summers ». Mais malgré la grande technicité de Guerrero, son apparent manque d’inventivité sur quelques morceaux dénature malencontreusement un peu l’ensemble (« Calling For Ya ! », « The Simple Man », « New Terrain »). Des petites imperfections qui, par ailleurs, n’empêchent aucunement le Californien de convaincre sans mal celui qui ne jure que par le farniente lorsque le thermomètre dépasse les 20 degrés. « Return Of The Bastard » est un disque de saison dont il faut amplement profiter avant la réapparition des nuages.

State Radio

Us against the crown

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Après avoir enchaîné cinq EP depuis 2002 et vécu quelques changements de personnel, ce trio issu du Massachussetts nous propose son premier elpee. Né sur les cendres de Dispatch, on y retrouve le chanteur/guitariste Chad Urmston et le bassiste Chuck Fay, accompagnés sur cet album de Brian Sayers à la batterie. « Us Against The Crown » - ‘nous contre la couronne’ - annonce d´emblée l´engagement politique de ses membres, comme en témoigne la liste, en fin de livret, des associations auquel le groupe apporte son soutien. Une conscience politique parfaitement affirmée dans un titre tel « Camilo », dédié à un sergent de la Garde Nationale emprisonné pour avoir refusé d´accompagner les troupes envoyées en Irak ; et finalement libéré en 2005.

D´un point de vue purement musical, State Radio semble réussir une parfaite fusion entre pop, rock, punk et reggae : « People To People » ou « Waitress », passant sans complexe d’un rythme jamaïcain à des breaks purement rock, « Rushian » et son final quasi-punk, le déchaîné « Black Cab Motorcade », et surtout le poignant « Mr Larkin ». Entre Clash, Bob Marley et Paul Simon, une formule originale et bigrement efficace.

 

 



Yael Naïm

Yael Naïm

Écrit par

Qui n’a jamais eu besoin de calmer une douloureuse peine ? Un de ces chagrins qui nous bloque la cage thoracique au point de ne presque plus savoir respirer ? Une douleur tellement forte que nos oreilles exigent du repos et sans même comprendre pourquoi, on attrape l’un de ces albums qui nous fait du bien, où chaque morceau est calme et réconfortant. Il ne s’agit pas de nous entraîner vers la dépression. Détrompez-vous ! Oh non, bien au contraire. Faites-moi confiance, avec Yael Naim, vous avez trouvé l’album qui vous bercera le cœur. Tout en douceur ; sans vous emmener dans les méandres de la tristesse… Aucun déchirement à l’écoute de ces ballades à mi-chemin entre pop et folk. Yael vient nous cajoler et prendre soin de notre âme.

Début 2000, après avoir grandi aux abords de Tel-Aviv, la jeune demoiselle âgée d’une vingtaine d’années séduit Elie Chouraki, de sa voix limpide et légère. Il la remarque et l’embarque dans différents projets : la comédie musicale des « 10 Commandements » suivie de celle de « Gladiateurs ». Elle signe aussi la BO de son film « Harrison’s Flowers »... Entre ces diverses expériences et l’échec du premier album (ne nous y attardons pas), quelques années se sont écoulées. Une période trouble est venue chambouler ce parcours portant prometteur… Au détour d’un concert, Yael croise alors la route du multi-instrumentiste et arrangeur David Donatien. Il lui rend la confiance perdue et fort de ses expériences auprès – entres autres– de Bernard Lavilliers, Malia, Junior Jack et Gérald Toto, lui balise un nouvel univers sonore. Pendant 2 ans, ils arrangent et mettent en couleur ces 13 plages empreintes de douceur… Le résultat est envoûtant. Un doux élixir aux mélodies pures et légères. La fraîcheur et la gaieté sont les moteurs de cet elpee. Telle une plume qui vole et se laisse porter par le vent, l’évasion est garantie… Croyez-moi, ce trésor est unique mais il se partage. Il parle au cœur et le guérit de toutes ses blessures.

Retribution Gospel Choir

Retribution Gospel Choir

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Récemment, Alan Sparhawk, leader des inépuisables Low, a décidé de monter un projet parallèle pour réinterpréter, en grande partie, des compositions de la formation de Minneapolis. Pour la circonstance, il s’est adjoint les services du batteur Eric Pollard et d’un ex-bassiste de Low, Matt Livingston. La fidèle Mimi Parker, complice d’Alan à la scène comme à la ville, se contente ici de distiller quelques chœurs vaporeux. Mark Kozelek, des Red House Painters, produit l’ensemble. Au vu du résultat, il est hélas difficile de s’emballer outre mesure pour cette nouvelle aventure ou d’y trouver un quelconque intérêt.

Low possède une discographie riche et passionnante à suivre. Le groupe a emprunté avec succès de doux chemins slowcore, dont il est considéré comme le parrain (tous les premiers albums), des pentes rock abruptes et, récemment, de surprenants détours électroniques, sur le magnifique « Drums and Guns ». Si cet elpee fait clairement partie de la seconde catégorie, il n’apporte toutefois rien de bien neuf à l’édifice. Certes, la voix d’Alan parvient toujours à émouvoir, tandis que l’instrumentation aride et furieuse fait parfois mouche ; mais l’ensemble laisse un goût d’inachevé, d’inconsistant, au vu de la troublante homogénéité affichée par les disques de Low. En outre, certaines versions restent en deçà des originales. Un exemple : là où « Breaker » fascinait sur « Drums and Gums » par ses boucles suaves et dérangeantes, le morceau se transforme ici en hymne power pop sympa, mais un poil bourrin.

On espère donc voir Low reprendre sa route magique, à la fois sensuelle et déstabilisante, lors de prochaines aventures moins anodines.

 

Various Artists

Plague Songs

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Le label 4AD évoque instantanément quelques très grands moments du rock alternatif : Pixies, The Breeders… Le projet « Plague Songs » avait de quoi surprendre : rassembler dix chansons d´artistes différents, chacune ayant pour thème l´une des plaies bibliques de l´Exode. Encore plus surprenant au vu de la liste des invités : Klashnekoff ouvre la danse par un « Blood » 100% hip-hop, puis on embraie de but en blanc sur les accents folks de « Relate The Tale » (signé King Creosote) avant de se frotter à l’électro de Stephin Merritt sur « The Meaning Of Lice ». On croise également quelques guests de luxe tels que Brian Eno et Robert Wyatt pour un « Flies » tout en sons d’ambiance et chœurs cristallins, ou encore Rufus Wainwright dont le « Katonah » acoustique poignant est sans conteste l´un des points forts de cet album. Belle prestation également de la part de la chanteuse Imogen Heap, aperçue aux côtés de Jeff Beck sur « You Had It Coming ». Tout aussi intéressant, l’a-capella « Darkness » de Scott Walker, dramatique, profond et hanté.

Cependant, cette curiosité ratisse peut-être trop large pour vraiment se révéler plaisante. Il est certain que la vocation de ces chansons n´était pas de finir sur la bande FM ! Mais il règne malgré tout un certain parfum d’incohérence. Explication ? L’œuvre a été commandée par une association artistique britannique (Artangel). Son but ? Accompagner une illustration de la fuite des Juifs hors d’Egypte, reconstituée dans un village du Kent. Filmée, cette manifestation sera diffusée courant 2007.

Résultat des courses, il est manifestement difficile d´apprécier l´œuvre à sa juste valeur. Ce n’est là que sa partie sonore. Ce qui n’empêche pas quelques perles d’y briller.

 

 

 

P.G. Six

Slightly Sorry

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Le talent ne suffit pas toujours à rendre une œuvre passionnante. Du talent, Pat Gubler n’en manque pourtant pas. Vocaliste aux intonations proches de James Taylor, songwriter inspiré et multi-instrumentiste, il nous propose son second album concocté en compagnie de la formation P.G. Dix titres d’une grande beauté. Les instrumentations sont parfaitement léchées, enrobées d’orgue Hammond, de piano électrique et de chœurs féminins.

Pourtant, si l’on n’est pas amateur d’un style globalement folk acoustique, on risque de s’ennuyer ferme ; pour résumer d’une façon un peu abrupte, c’est beau mais c’est très mou. L’enlevé « I’ve Been Travelling » semble réveiller un peu l’ambiance à mi-parcours mais le soufflé retombe immédiatement ; et même le « Sweet Music » final, au début très soul, ne décolle finalement jamais.

L’intérêt de ce disque n’est probablement pas là, mais plutôt dans les arrangements subtils de Pat Gubler ainsi que son jeu acoustique plein de délicatesse. Sans oublier des instants de grâce comme le très beau solo électrique réservé à « Strange Messages » ou encore « The End Of The Winter » au cours duquel la voix murmurante de Helen Rush communique quelques frissons. Une musique belle et lancinante mais à laquelle certains pourraient se sentir retors.