Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Ora Cogan
Ora Cogan
Chroniques

Lame

Pleasantly Disappointed (Ep)

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Premier Ep pour ce quatuor nantais drivé par l’auteur-compositeur, guitariste et chanteur Etienne Sauvage. Antinomique, le titre du disque (‘agréablement déçu’) serait inspiré du pessimisme récurrent affiché par le bassiste.

Funkysante, un peu dans l’esprit de Franz Ferdinand, la guitare rythmique canalise les deux premières plages. Soit « Summer sun » qui se distingue par son refrain hymnique. Puis « Relieved », dont le sens mélodique semble emprunté à Sharko.

La voix d’Etienne devient lascive tout au long de la ballade mid tempo, « Granted ».

Dernière piste, « In the desert » s’étale sur près de 7’. Elle adopte d’abord le tempo d’une valse, entrecoupée de flashes cinématographiques (pensez aux westerns de Sergio Leone et par conséquent aux B.O. de d’Ennio Morricone), avant que le guitariste ne s’autorise un billet de sortie, dans un style réminiscent des seventies….

Marinero

Hella Love

Écrit par

Fils de parents d’origine mexicaine, Jess Sylvester a grandi à San Francisco et a choisi son patronyme en hommage à son père, marin. Paru sur le label Hardly Art (NDR : fondée par Sub Pop, cette écurie recèle des pépites telles que Lala Lalan, La Luz, Protomartyr, …) « Hella Love » agrège musique centrale/sud-américaine et psychédélisme californien. L’artiste chante d’ailleurs, tour à tour en anglais ou en espagnol, selon morceaux.

En guise d’intro, « Fanfare » se nourrit de claviers et de cuivres tout en véhiculant des accents mariachis. Jess s’enfonce dans l’hémisphère Sud, et goûte au tropicalisme brésilien à travers « Luz des Faro », une compo qui fait également la part belle aux cuivres. Parfois les claviers s’autorisent un écart dans le kitsch, à l’instar de « Minuet for the Mission » ou « Outerland ». Mais ce sont surtout les effets psychédéliques et relaxants libérés par l’expression sonore qui créent l’addiction. D’ailleurs, après avoir écouté cet elpee, on a envie de ré-appuyer sur la touche ‘play’ ! A l’aide de sa télécommande. Car, ensoleillé, cet opus incite au farniente tout en sirotant un mojito…    

Dawn Richard

Second Line

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Issue de la Nouvelle-Orléans, Dawn Richard est une chanteuse issue de la Nouvelle-Orléans. Elle s’est forgée une belle expérience en militant au sein de Danity Kane, un girl band pop qui a splitté en 2009. Et a embrassé une carrière solo, à partir de 2011. « Second Line » serait déjà son 6ème opus, sans tenir des autres projets auxquels elle a participé, dans le passé. Sur cet opus réunissant 16 titres, elle mêle pop, spoken-word, jazz avant-gardiste, funk, soul et blues, en prend soin d’y ajouter une touche de house afin de concocter une musique louisianaise contemporaine. Une sorte de version de Solange sophistiquée qui se fait l’écho d’une conscience sociale éclairée…

Unik Ubik

I’m Not Feng Shui

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Les musicos ont opté pour des pseudos à coucher dehors. Jugez plutôt : à la guitare... Orkestralone Seb Dlay (Kofeee). A la basse... T.Raznor (Maria Goretti Quartet, Spagguetta Orghasmmond). Au saxophone… JB (Louis Minus XVI, Cheikh de stael). Et à la batterie…  O'Von Pimpont ; von Basècles.

Pas des néophytes quand même, puisqu’ils ont déjà pas mal bourlingué au sein d’une multitude d’autres projets. Issu de la région de Tournai, le band revendique un punk festif. Celui de la fin des seventies, pas le post punk de la décennie suivante. Un punk au sein duquel s’immisce jazz et psychédélisme. Pour un résultat expérimental, furieux, délirant, déjanté et transgressif, ne reculant avant aucun obstacle, collant même aux riffs ravageurs des rythmes africains ou dopant la précision de leurs propos par une folie exploratoire débridée. Du pur artisanat ! D’ailleurs, en moins de 40 minutes, Unik Ubik n’hésite pas à revisiter, à sa manière, 50 ans de musique rock, depuis The Ex (NDR : on en reparlera) à Television, en passant par The Clash, James Chance and The Contortions, et sous un angle contemporain, Black Midi ainsi que Crack Cloud. Et la liste est loin d’être exhaustive !)

Malgré un changement de line up, le combo nous propose son troisième elpee.  Intitulé « I'm Not Feng Shui », il recèle une reprise de Tuxedomoon (« Pinheads on the move ») et un titre pour lequel il a reçu le concours de G.W. Sok, le chanteur historique du band batave The Ex, sur « This Is The Day ». 

« Dan-jun » ouvre l’elpee, une plage aventureuse et bien cuivrée (ce saxophone free jazz !) au cours de laquelle l’Afrique-Centrale rencontre les Balkans quand ce n’est pas le Funkadelic de George Clinton qui invite The Inspector Cluzo.  

Groovy et toujours aussi cuivré, « Rolled In Flour » brasse d’abord les genres, décide de s’emporter avant de laisser le mélomane sur les rotules.

Le titre maître invite à la danse tribale punk.

Une ligne de basse belliqueuse et un sax vengeur précipitent « Mesmerize & Vanish » dans un chaos organisé.

« Tractors And Cows Down To St James Infirmary » est hanté par la voix de David Byrne.

« Lazy Beezy » fluctue entre funk, punk et no wave. Et dynamisé par les cuivres sauvages, « Gypsy's Revenge » se nourrit de stoner et de noisy rock.

Paru en single, « Maggie Débloque » avait également fait l’objet d’un clip, au cours duquel, le groupe blâmait (‘Maggie nie tout en bloc’) l’incompétence de la précédente ministre de la Santé. On retrouve d’ailleurs, dans les textes, tout au long de cet opus, l’esprit frondeur et l'humour pince-sans-rire de Thomas Rasseneur.

Unik Ubik se produira dans le cadre des Nuits Botanique, le 5 mai 2022, au Grand Salon. Le label Humpty Dumpty n’a plus un groupe de fous furieux dans son écurie, il en a deux ! Et c’est tant mieux pour la scène rock indépendante noir-jaune-rouge !

Matisyahu

Matisyahu

Écrit par

D’origine juive hassidique, Matisyahu est un chanteur/compositeur/rappeur américain. Chez lui, le changement appartient à la démarche artistique. Quand ce ne sont pas ses goûts musicaux qui vont constamment d'un style à un autre, et notamment du roots au rock en passant par le dancehall, le hip hop, le zouk et le dub, c'est un nouveau musicien qui est incorporé à son groupe afin d'y apporter une nouvelle couleur. Depuis son premier album, paru en 2004, Matisyahu est soutenu, en studio comme sur scène, du backing-band Roots Tonic, dont le line up implique Aaron Dugan, Josh Werner et Jonah David.

Le reggae est un genre beaucoup plus que complexe qu’il n’y paraît et ses subtilités ne sont pas toujours faciles à maîtriser. Fervent partisan du métissage des genres et des cultures, Matisyahu n’est pas, a contrario, un ardent défenseur des structures conventionnelles dans la musique.  

Ce qui ne l’empêche pas de revendiquer deux solides influences : Ben Harper et Bob Marley. 

Perçante, la voix transcende littéralement, « Not Regular », la plage qui ouvre l’opus.

Premier single issu de cet LP, « Mama Please Don’t Worry » fluctue entre reggae et dancehall.

Plus rock, « America » se nourrit également d’électro.

Salt Cathedral (NDR : réunissant Juliana Ronderos & Nicolas Losada, ce duo né en Colombie s’est établi à Brooklyn Salt) est en featuring tout au long de « Chameleon », un hymne caribéen dynamisé par le steel drum, un instrument de percussion idiophone. Et non seulement, la paire se charge de la mise en forme de cet LP, mais elle participe également à « Keep Coming Back for More », une piste qui flâne entre reggae et dancehall. Sous le soleil de Kingston, quelque part sur une plage au sable fin, « Mama Please Don't Worry » perpétue l’héritage de la famille Marley et de son Groundation…

« In My Mind » baigne au sein d’un climat presque lounge, claviers et percus se chargeant d’entretenir cette atmosphère indolente… Une sérénité qu’on retrouve tout au long de « Music Is The Anthem », une piste traversée par des accords de sèche rencontrés, en général, chez Ben Harper.

Plus nerveux, « Tugboat » nous entraîne dans une forme de zouk…

Un artiste qui collerait parfaitement à la programmation de Couleur Café…

Bertrand Belin

Que dalle tout (single)

Écrit par

Bertrand Belin est un chercheur, un traqueur de mots, de sons et d’ambiances. Depuis la sortie de ses deux albums transcendantaux (« Hypernuit » et « Parcs ») sculptés dans le folk, au cours desquels il se servait essentiellement d’instruments acoustiques et se distinguait par une manière fluide de prononcer ses phrases, il arrive au fil de ses pérégrinations à ce titre « Que dalle tout ».

Ce single est le résultat de ses recherches qui amènent des répétitions de mots plus insistants et plus secs. Une ambiance de plus en plus électro. Un genre voyageant entre univers impressionniste et contemporain.

Son texte ici relate le fait qu’il a reçu tout et rien en même temps de ses parents. Assez sombre, il est mis en lumière par un rythme plutôt up-tempo, entraînant… En extrapolant, on pourrait déduire que de leurs comportements négatifs, il a réussi à en extraire sa force créatrice.

Ce côté baroudeur, dandy preneur de risque, a de quoi plaire et puis, il est tout à son honneur, même si une certaine nostalgie de ses premiers elpees est toujours bien présente.

Néanmoins, quand on est à l’affut de ses nouvelles créations, on a hâte de découvrir son futur nouvel opus. Intitulé « Tambour vision », il est en précommande là

Pour visionner son clip aux couleurs vives, dans lequel il effectue des gestes et des pas de danse qui n’appartiennent qu’à lui c’est ici

Pour son agenda des concerts, c’est encore là

Méthode chanson

 

Yard Act

The Overload

Écrit par

Issu de Leeds, Yard Act est un quatuor impliquant James Smith (Post War Glamour Girls), Rhye Needham (Menace Beach), Sam Shjipstone et Jay Russell. Et il appartient à la nouvelle vague du rock indé britannique. « The Overload » constitue son tout premier elpee, un disque pour lequel il a reçu le concours d’Ali Chant (PJ Harvey, Perfume Genius, Algiers, Aldous Harding) à la production.

Sleaford Mods, Beck, The Streets et The Fall figurent probablement parmi les références majeures du combo. A cause du débit vocal déclamatoire et brutal, plutôt hip hop, de James Smith. Car nerveuse et musclée, la musique est fondamentalement post punk. C’est la ligne de basse qui drive la mélodie, la batterie disco percutante et la guitare tour à tour lancinante ou funkysante se chargeant de donner de l’épaisseur à l’expression sonore en la rendant dansante.

A l’instar de Jarvis Cocker chez Pulp ou de Ray Davies chez les Kinks, James dresse un portrait pas très réjouissant de la société britannique, mais post-Brexit, tout en n’épargnant pas ses dirigeants, mais avec une forme d’humour noir proche du cynisme.

L’opus recèle, en outre, quelques surprises. Comme ce « Payday » sculpté dans le funk blanc. « Witness » qui semble hanté par les Beastie Boys. « Quarantine the sticks », à la mélodie particulièrement soignée. Et en final, « Pour another » qui réveille, en notre fors intérieur, des réminiscences de Talking Heads, de PIL et du Bowie circa « Rebel rebel ».

Le long playing recèle un morceau caché, « 100% endurable », une ballade enfumée que Jarvis Cocker aurait pu inclure dans son répertoire, si Pulp avait encore été d’actualité…

Wovenhand

Silver Sash

Écrit par

En 2019, Wovenhand avait accordé un set particulièrement brouillon, dans le cadre du Roots & Roses. Depuis, et la pandémie y est sans doute pour quelque chose, le groupe n’a plus guère donné signe de vie. En fait, David Eugene Edwards préparait la sortie d’un nouvel elpee, depuis 2018 ! Et pour la première fois, il a partagé l’écriture et la production en compagnie de Chuck French, guitariste du groupe de post-hardcore, Planes Mistaken For Stars. Si l’électronique a pris une place plus importante que sur les albums précédents, elle est tellement bien intégrée dans l’ensemble, qu’elle passe facilement la rampe, même chez les puristes. Sauf peut-être sur le dernier morceau du long playing, le titre maître par ailleurs, dont les sonorités de synthé rappellent les moments de suspens qui tourmentent le manga, ‘Les cités d’Or’… A contrario, le point d’équilibre est parfaitement atteint sur le sépulcral « Temple timber ».

Si on retrouve, bien évidemment, le ton incantatoire de David, la plupart des morceaux ont véritablement la pêche ! A l’instar de « Dead dead beat », une plage enlevée, gorgée de fuzz et de distorsion, dans l’esprit du « Raw power » des Stooges. Ou encore du frénétique « Omaha ». Impossible d’ailleurs de ne pas remuer les orteils à l’écoute de cette piste !

Née d’un subtil mélange entre spiritualité pénitente et matérialisme viscéral, « Acacia » nous réserve une superbe digression psychédélique…

L’esprit amérindien hante le lancinant « The lash », une plage dont les grattes lacèrent littéralement les nappes synthétiques, alors que le climat shamanique rappelle plutôt Echo & The Bunnymen. Mais également « 8 of 9 », une ritournelle déchirée entre americana et post punk, s’autorisant même une danse rituelle, alors que des bouffées de guitare floydiennes s’élèvent dans l’atmosphère…

Enfin, country gothique voire mystique, comme à l’époque du 16 Horsepower, « Duat hawk » met en exergue la voix ample et chargée d’émotion d’Edwards.

Un retour gagnant pour Wovenhand !

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