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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

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Chroniques

Meg Baird

Seasons On Earth

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Non seulement Meg partage un duo en compagnie de sa sœur au sein des Baird Sisters (NDR : ben tiens !), mais elle milite également chez Espers, une formation folk-psyché responsable de deux album aujourd’hui. Et parallèlement, elle mène une carrière en solitaire. Elle a donc décidé de reprendre son petit bonhomme de chemin en solo, en publiant « Seasons On Earth », elpee qui succède à « Dear Compassion », paru en 2007.

Et comme la formule acoustique récolte un certain succès, pourquoi donc se remettre en question. La Philadelphienne n’est d’ailleurs pas du genre à relever de nouveaux défis. Elle n’a peut-être pas tout à fait tort, finalement, car même chez Espers ce style avait bien marché.

Tout au long de « Seasons on Earth », Meg Baird prouve sa maîtrise du genre. Toute la panoplie des instruments folk est représentée. De la guitare sèche à la slide. Subtils, toujours légèrement en retrait, parfaits, les arrangements sont destinés à mettre en exergue la voix de l’artiste.

Mais cette perfection est également à la fois le point fort et le point faible de cet opus. Car la demoiselle ne prend aucun risque. A tel point que « Seasons on Earth » devient, au fil de l’écoute, sacrément emmerdant. Une exception qui confirme la règle ? « Stream ». Probablement le meilleur morceau de la plaque. Mais franchement je suis resté sur ma faim. D’autant plus que la voix de l’Américaine est sans doute bien timbrée, mais n’affiche aucune personnalité. On est ici bien loin d’Alela Diane voire de Joana Newson.

« Seasons On Earth » est un album sympathique, sans prise de risque. Ou pour être plus cru : chiant et sans intérêt !

 

Various Artists

BeatlesMania

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Dans l’art de créer des compilations inutiles, Béatrice Ardisson est passée maîtresse. L’ex-femme de l’animateur du même nom nous avait bien déniché quelques perles aux premières heures de sa saga « La Musique de Paris Dernière ». Aujourd’hui, la Parisienne se contente de fournir un travail que même le plus gauche des mélomanes peut effectuer de chez lui, s’il a du temps à perdre, à l’aide d’une simple connexion internet. Après Claude François, Indochine, David Bowie et Bob Dylan, les Beatles sont les cinquièmes artistes à faire l’objet d’une compile estampillée « Mania ».

« BeatlesMania » réunit 36 morceaux répartis sur 2 disques. Le premier, intitulé « Yesterday », est consacré à des reprises classiques et intemporelles des morceaux de Lennon et co, interprétées par des Nina Simone, Ella Fitzgerald, Al Green, Fiona Apple ou Caetano Veloso. Les 16 titres de cette première partie sont enchaînés de manière tout à fait conventionnelle et sans grande logique.

Le second disque, « Tomorrow Never Knows », propose 20 artistes contemporains s’essayant au même exercice. Certainement considérées par Béatrice Ardisson comme originales et/ou décalées, les reprises immortalisées sur ce second volet le sont assez rarement. Bien au contraire, certains des choix de la compileuse impulsive sont souvent banals (MayDay, Eckman, Poom, Girl from The Castle) et même parfois affligeants de nullité (Tamara Kaboutchek, Marshmallow, Minuscule Hey, Rubblebucket Orchestra). Allez, on lui accorde quelques points positifs quand même (Lampshade, Kid Francescoli, The Konki Duet, The Performers et CIRC), mais il en aurait fallu bien plus pour faire de « BeatlesMania » une compilation valant un quelconque détour.

 

Tunng

This is Tunng… Live from the BBC

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S’offrir le luxe d’un ‘live’ à la BBC est, pour un tout groupe anglais digne de ce nom, un rite nécessaire et un passage obligé afin de bénéficier d’un minimum de crédibilité. Après avoir publié quatre albums, le temps était venu pour Tunng de compiler leurs différentes prestations accordées sur cette antenne lors des émissions de Rob da Bank, Lauren Lavern et Marc Riley, depuis leurs débuts accomplis en 2005.

Leur charmant folk naviguant entre ‘sunshine’ pop-folk et légères expérimentations électroniques le méritait en tout cas ! Ce ‘live’ est un parfait ‘best-of’ et réunit bien entendu leurs plus célèbres singles comme le tendre et imparable « Bullets » ou le magnifique « Jenny Again ». Le son est parfait (on est à la BBC tout de même !) et certains titres possèdent même un supplément d’âme par rapport à leur version originale, à l’instar de « Take » ou « Hustle ». Une improvisation ‘live’ réalisée en compagnie des Touaregs de Tinawiren sur « Tamatant Tilay » ainsi que des reprises de « Pioneers » de Bloc Party et de « Naked in the Rain » de Blue Pearl, complètent l’ensemble…

« This is Tunng… Live from the BBC » offre un bel aperçu des évidentes qualités du groupe britannique avant la sortie annoncée de leur nouvel album, prévue d’ici quelques mois.

 

Mano Solo

A l’Olympia

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Véritable idole pour les uns, interprète irritant pour les autres, on ne peut enlever à Mano Solo sa constante intégrité ainsi que son évident talent ! Pour rappel, victime du SIDA, il est décédé en 2010, à l’âge de 46 ans. Ce ‘live’ immortalisé à l’Olympia permet de rendre un dernier hommage au très attachant fils du caricaturiste Cabu. Depuis son premier album solo sorti en 1993, « La Marmaille Nue », Mano Solo s’était peu à peu –et avec succès– construit un univers de ‘gavroche’ passionné, lyrique et poétique. Le concert à l’Olympia s’est déroulé en 2009 et réunit des morceaux issus de ses différents albums –mais surtout de son dernier intitulé « Rentrer au Port »– dont les déchirants « Des Années Entières » et « Une Image ». Bien que l’artiste français semble souvent ‘surjouer’ en injectant dans son interprétation un sentimentalisme exacerbé, son interprétation poignante et ses textes d’écorché vif gomment rapidement ces considérations…

Les fans ne peuvent passer à côté de ce ‘live’ d’adieu. Depuis le Père-Lachaise, où il repose, Mano Solo peut être satisfait de ce dernier testament sonore, reflétant un condensé de son écriture si particulière et tellement humaine… Notons que les bénéfices de la vente de ce disque seront reversés à l’association Fazasoma (http://www.fazasoma.org )

 

Rodrigo y Gabriela

Area 52

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Histoire de ne pas se faire oublier entre deux albums, Rodrigo y Gabriela se démènent comme des diables. Près de trois ans se sont écoulés, depuis la publication de leur dernier LP, « 11:11 ». Trois ans au cours desquels le duo s’est distingué en passant de petites salles aux plus grandes scènes de festivals internationaux, sans compter leur prestation exclusive pour le président Obama. Puis, en collaborant à deux B.O. de films (« Pirates des Caraïbes 4 », « Le Chat Potté ») et en éditant en juillet dernier leur troisième disque ‘live’, enregistré à Paris.

Les Mexicains nous reviennent pour un quatrième recueil qui, n’en est pas vraiment un. Tout au long d’« Area 52 », Rodrigo Sanchez et Gabriela Quintero tentent de se réinventer. Comment ? En bénéficiant de la collaboration de C.U.B.A., un collectif réunissant pas moins de treize musiciens originaires de la Havane. Mais la pirouette du duo commence et s’achève au sol, sans le moindre instant de gloire.

Rodrigo y Gabriela se contentent ici de reprendre une série de morceaux initialement impeccables, extraits de l’ensemble de leur discographie, et de laisser C.U.B.A. les massacrer. La nature et l’essence même des exercices de style accomplis par les deux virtuoses de la guitare sont complètement saccagés par des arrangements parfois grandiloquents, souvent inutiles. Les hommages qui faisaient la force de « 11:11 » tendent légèrement vers le plagiat dans leurs versions orchestrales. Plus particulièrement « Hanuman », plage qui aurait pu introduire une œuvre de Santana sans que l’on puisse y noter une quelconque différence. 

« Area 52 » de Rodrigo Y Gabriela and C.U.B.A. est la bande-son parfaite si vous souhaitez organiser une Quinceañera. Ou si vous êtes fan du duo jusqu’au bout des ongles. Sinon, faire l’impasse sur cette incartade des guitaristes est hautement recommandé.

Reste que le résultat sera peut-être différent sur les planches. Réponse le 26 février à Bruxelles, au Cirque Royal.

 

Manu Larrouy

Des mots doux, des mots durs

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Vous ne connaissez pas Manu Larrouy ? Mais si bien sûr ! On parie ?

« Un mec à la coule », un tube qui a déferlé sur les ondes pendant l’été 2009, c’est lui le responsable !

‘Politiquement incorrect’, ce jeune Parisien d’adoption, né à Toulouse il y a déjà 37 ans a mis du temps à se faire une place au soleil. C’est Diam’s qui lui met le pied à l’étrier en lui ouvrant les portes chez Universal. Il enregistre son premier album au Fish Market à Londres, en compagnie de Mike Prince Fatty’ Pelanconi, alors réalisateur de Lily Allen, Graham Coxon et Manu Chao. Il entame sa tournée et partage des scènes en compagnie de M, Anaïs, Thomas Dutronc, Daniel Darc, Tryo ou Marc Lavoine...

Sa petite carrière débutée il y a seulement 5 ans, Manu opte déjà pour un grand changement. Délaissant le style ‘rentre dedans’ d’« Un  mec à la coule », il opte pour un tout autre genre.

Délocalisé dans la capitale, c’est la chanson d’amour qui sera le fil conducteur de son second elpee. Dur, dur, comme choix, un peu à contre-courant de nos jours… Et pourtant, délaissant les rythmes jamaïcains pour un univers plus électro-pop/french touch, notre homme, dont l’expression sonore campe un croisement parfait entre Daho et Chamfort, fait le bon choix.

Bien secondé par l’ancien guitariste et songwriter orfèvre des Innocents, Jean-Christophe Urbain, et l’ingénieur du son Jean-Paul Gonnod (Phoenix, Cassius…), Manu délivre 11 plages de toute bonne facture. A l’aide de textes savoureux, frivoles, émotifs, mélancoliques, Manu nous balade dans les chemins parfois tortueux de l’amour. Ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines. Les poussant parfois jusqu’à l’extrême limite, comme la séparation, difficile et triste à vivre…

Musicalement, dès l’entame de « Toi sans moi », titre inaugural, on (re)plonge dans des sonorités synthétiques des eighties. Larrouy fait renaître des souvenirs, références à des artistes à la carrière éphémère et aujourd’hui oubliés.

En se servant de mots simples mais superbement utilisés et des musiques aux accents électro-rétro qui accrochent directement les tympans, Manu Larrouy réussit un pari audacieux.

Drôle, émouvant, entraînant, loin d’être idiot ou niais, cet album de chanson française marche à contre-courant de son époque, mais devrait accomplir son petit bonhomme de chemin, j’en suis presque sûr !

 

Paramount Styles

Heaven’s Alright

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Mazette, pas mal d’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de cette pépite.

Alors, pourquoi y revenir ?

Parce qu’il est essentiel. Et que je ne me pardonnerais pas de ne pas en parler.

Paramount Styles brille à l’in(star) d’étoiles suspendues précieusement au firmament de mes rêves inachevés.

Un scintillement infaillible dans une nuit épaisse. Une douce aura qui ne faiblit pas.

Un scintillement certes discret dans la galaxie, mais un scintillement qui me rassure.

Qui me confirme constamment ce que je sais pertinemment.

Qu’importe le succès, qu’importe la reconnaissance. Au diable les richesses, au feu les ambitions démesurées. La vérité réside dans l’authenticité.

Paramount Styles, c’est Scott McCloud, ex-Girls VS Boys.

C’est une histoire banale du Rock And Roll circus.

C’est la fable du génie méconnu qui œuvre pour son art et se fout des conventions.

Avec honnêteté et fierté.

« Heaven’s Alright » ne va pas révolutionner le monde de la musique.

Scott s’en fout.

Cet album ne va pas se vendre à des mille milliards d’exemplaires et être multi disque d’or à travers le monde.

Scott McCloud s’en fout.

Paramount Styles ne remplira jamais un stade.

Paramount Styles s’en contrefout.

Ce CD n’est pas le meilleur de tous les temps.

Et moi, je m’en fous.

Parce que cet album est tout simplement vrai.

La voix de son interprète a des inflexions qui ne trompent pas.

Ça sent le vécu.

Les textes ne laissent pas place au doute.

« Les cicatrices du passé » titrais-je lors de leur passage l’an passé dans la Rotonde du Botanique.

Voilà. Scott McCloud saigne mais ne se lamente jamais.

Et ce deuxième opus est un pansement, un onguent sur les brûlures de la vie.

Jamais il ne déborde dans le pathos, toujours droit et digne. Magnifiquement digne.

Les larmes ne se font jamais intrusives. Tout en retenue, elles se glissent et s’immiscent.

« Take Care Of Me » en ouverture. Chanson sur le manque. Le pardon. L’Amour.

Simple et efficace. Les cordes (sensibles) vibrent dans la tourmente.

Sur le Vieux Continent, entre Amsterdam (« Amsterdam Again ») et Prague (« The Girls Of Prague »), Scott roule sa bosse.

« Heaven’s Alright » est âpre. Jamais mièvre.

Même quand les chœurs féminins font ‘Ouh-Ou’h.

Même quand le décor se fait plus masculin.

Confessions intimes (« Desire Is Not Enough », « The Greatest » ou les aléas d’un grand groupe passé à la trappe de l’oubli), les paroles sont couchées, crachées, digérées, assumées.

Le tout se termine dans la meilleure version à ce jour de « Come to Where You Are », soit celle captée au Stuk de Louvain en 2009. Pas parfaite. Juste sincère. Et vraie. Profondément vraie.

Toute en crescendo et en puissance, tourbillonnante, elle secoue les tripes et laisse pantelant. Comme un « Creep » de Radiohead qui n’aurait jamais eu l’occasion de lasser.

Pour l’anecdote, Scott est entouré dans son projet par deux  de nos compatriotes, dont Simon Lenski (DAAU) et Alexis Fleisig à la batterie (ex… Girls VS Boys)

Pour l’anecdote, Paramount Styles est l’une des meilleures formations en activité.

Pour l’anecdote, je suis un grand fan.

Mais peut-être l’aviez-vous deviné ?

 

Metronomy

Everything Goes My Way (Ep)

Écrit par

Les rois de la pop, définitivement couronnés en 2011, s’offrent un petit plaisir bien mérité en publiant un nouvel Ep consacré à des remixes du titre « Everything Goes My Way », le 3ème single extrait du magnifique « The English Riviera », récemment nommé aux prestigieux ‘Mercury Prize’ décernés dans leur Angleterre natale. Les lads du Devon invitent d’autres artistes à profiter de leur ballade mélancolique rehaussée de cor et interprétée en compagnie de Roxane Clifford. Entre la version dub assez noire d’Ewan Pearson et la dansante de Psychemagik, c’est clairement la seconde qui l’emporte. Celle de Jesse Ross rappelle, elle, l’univers de Mr. Oizo tandis qu’Enchante lorgne vers l’électro enfumée du Mad Professor. Malheureusement, si l’exercice est intéressant, pas une des versions remixées n’arrive aux chevilles de l’originale et son caractère irrésistiblement laidback…

 

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