L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

The Secret

Solve Et Coagula

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Il faut bien avouer que dans la sphère ‘métal’, certaines choses ne se déroulent pas toujours comme ailleurs. Ainsi, il pourrait paraître surprenant aux yeux de certains qu’un label s’évertue à vanter les mérites de son poulain en clamant que sa musique est anti-mélodique et pro-cacophonique. C’est pourtant ce que colporte Southern Lord Records dans son introduction consacrée au groupe italien The Secret. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, dans ce cas-ci, c’est un compliment.

The Secret, il est vrai, n’évolue pas dans des styles particulièrement réputés pour faire dans la dentelle. Le black métal primaire n’est pas destiné aux sensibles de la feuille de chou. Quant au hardcore/grindcore, il plait très rarement aux mélomanes. Alors, si un quatuor se met en tête de mélanger les deux genres, on peut difficilement lui demander d’être autre-chose qu’anti-mélodique ou pro-cacophonique.

Ce gargouillement de haine, de noirceur et de négativité est issu de l’intestin putréfié de la ville Trieste (NDR : au nord de l’Italie, à proximité de la frontière Slovène). « Solve Et Coagula » constitue le troisième méfait sonique des Triestins. « Luce » (2003) et « Disintoxication » (2008) ont été publiés par le défunt label Goodfellow Records. Southern Lord, qui a pris la relève, semble bien décidé à dévoiler ce ‘Secret’ au grand jour. Il n’a donc pas hésité à envoyer les bruyants Italiens peaufiner leur mur sonore chez Kurt Ballou (Converge) au Godcity Studio de Salem (Maryland/USA).

Et le résultat nous est proposé sous ce « Solve Et Coagula ». Douze titres intenses (34 minutes chrono) combinant le black primaire de Darkthrone au hardcore chaotique de Converge. L’atmosphère doom apocalyptique de « Cross Builder » semble avoir été placée en ouverture pour préparer l’auditeur au maelstrom sonique qui va suivre. Une demi-heure de vociférations haineuses jetées sur un mur de guitares salement compactes et ponctuées de blast beat rageurs.

« Solve Et Coagula » n’est disque à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Certains secrets doivent le rester…

Iggy Pop & James Williamson

Kill City

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Enregistré en 1975, cet elpee n’a été publié que deux ans plus tard. Et sous la forme d’un vinyle de couleur verte. Une véritable catastrophe au niveau du son. Pas à cause de la musique ou de la production, mais du matériau utilisé. Il vient donc d’être réédité sous la forme du compact disc. Mais également remasterisé, remixé et certains extraits de chansons demeurées à l’état de démo, réintroduits. Et ce sont Williamson et l’ingénieur du son Ed Cherney qui se sont chargés de cette réhabilitation. Pour un résultat vraiment étonnant.

Mais revenons au milieu des seventies. Les Stooges viennent de se séparer. Iggy Pop est confronté à de graves problèmes d’addiction aux drogues dures. Dépressif, suicidaire, il décide de se faire soigner en hôpital psychiatrique. Et lorsqu’il sort complètement ‘clean’, il se raccroche au guitariste de son ancien groupe, James Williamson, pour enregistrer quelques démos. Elles serviront à la confection de « Kill City ». Mais à cette époque, aucun label ne veut leur faire confiance, et finalement le disque ne sortira qu’en 1977, sur Bomp ! dans l’indifférence générale. D’autant plus que Bowie vient de relancer la carrière de l’Iguane en l’aidant à publier « The Idiot » et « Lust for life »…

Iggy Pop et James Williamson étaient de grands admirateurs des Stones ; et tout au long de ce disque, on ressent parfaitement cette passion pour la bande à Jagger/Richards. Surtout celui de l’époque « Beggars Banquet », « Let it bleed » et « Sticky fingers ». La meilleure quoi ! Un constat flagrant sur des plages comme la ballade mid tempo « Sell your love », « Beyond the law » et son final déjanté, le rocker percutant « Consolation prizes », parfois réminiscent de « Jumpin’ Jack Flash » et enfin « Lucky monkeys », dont le climat malsain est entretenu par les riffs de guitare filandreux et un harmonica spectral. Le duo adresse deux clins d’œil appuyés à Alice Cooper. Paradoxalement, deux compos écrites à l’époque des Stooges. D’abord sur « I got nothin’ ». A cause de la véhémence des vocaux d’Iggy, même si parfois, dans le refrain, on a l’impression qu’il parodie le « Knockin’ on a heaven’s door » de Dylan. Et puis tout au long de « Johanna », parcouru par le saxophone volubile de John Harden. La remise en forme de l’elpee remet bien en évidence la qualité des différentes interventions instrumentales, et en particulier ces parties de saxophone. Deux morceaux s’écartent cependant de la ligne de conduite de cet elpee. Tout d’abord l’ouverture et titre maître, plus Stooges que nature ; et puis en final l’étrange instrumental atmosphérique, parcouru de claviers et de synthés, « Master charge ». De brève durée, les deux autres plages instrumentales n’ont strictement aucun intérêt. A se demander si, à cette époque, cet album avait pu bénéficier d’une mise en forme correcte, il ne serait pas devenu culte…

 

Pascal Pinon

Pascal Pinon

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L’Islande est un pays paradoxal. Alors que tout semble explosé sur cette île perdue au beau milieu de l’océan, que ce soit le système bancaire ou les volcans aux noms imprononçables, les citoyens continuent de dégager une sérénité inébranlable (NDLR : faut dire aussi qu’ils sont parvenus à prendre leur destin en main, en poussant à la nationalisation de leurs banques et en donnant un coup de balai dans leur gouvernement ; le tout sans que l’Europe n’en pipe mot, de peur de voir leurs structures néolibérales remises en cause).

Pasqual Pinon, était un artiste de cirque mexicain, dont la protubérance surplombant le crâne (un kyste ou une tumeur bénigne) lui conférait un physique de personnage à deux têtes. C’est d’ailleurs ainsi qu’il était surnommé. Pascal Pinon, c’est également le patronyme d’un quartet féminin islandais, dont l’âge oscille entre 14 et 16ans, drivé par deux sœurs jumelles, Jofridur et Asthildur. Et à l’instar de leurs compatriotes Mùm ou encore Sigúr Ros, leur musique, mélange de grâce et de quiétude, évolue au sein d’un univers propice à la mélancolie douce… Une solution sonore que la formation trame à l’aide d’une guitare acoustique, un clavier et des instruments plus insolites comme le xylophone ou le mélodica ; le tout nappé d’harmonies vocales empreintes de candeur et d’une grande pureté. Onze compos, tantôt allègres, tantôt languissantes, interprétées dans la langue autochtone. Des chansons que je n’avais jamais imaginées aussi douces et poétiques. En outre, la simplicité et l’innocence des mélodies font directement mouche. Vu leur âge, elles ont encore de belles années devant elles. Tant mieux pour nous. En espérant que leur folk atmosphérique s’enrichisse au fil du temps.

Papaye

La Chaleur

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Papaye est le dernier-né de la maison African Tape réunissant la fine fleur du rock indépendant français. Le batteur n’est autre que le fou furieux militant au sein de Pneu et de son projet solo Magic Barbecue, alors que les grattes sont assurées par un des membres de Room 204 et par celui de feus Kommandant Cobra et Car Crash. Bref, ce side-project a de la gueule. Du moins sur papier !

Voyons un peu l’aspect musical. Pas de souci, les trois Français n’ont pas viré de bord. Leur expression sonore cogne vite et fort. Mais contrairement à Room 204 ou Pneu, Papaye intègre des passages (jamais très longs) mélodiques et puissants. Bien sûr, après avoir trempé quelques secondes dans l’harmonie, ils s’en donnent à cœur joie en s’aventurant dans des délires math-rock. Mais j’aime ce plan. Ne dépassant jamais les 2min30, les morceaux de Papaye sont capables de nous faire tourner bourrique en partant, à tout moment, dans des sens inédits. Tantôt expérimentale, tantôt exotique, la solution sonore de cet ensemble hexagonal ne nous laisse pas une seconde de répit.

Même si Papaye ne propose rien de révolutionnaire, je conseille donc vivement cet opus aux amateurs du genre, car ils y excellent ; et franchement, on ne leur en demande pas plus. Celles et ceux qui on eut la chance d’assister au concert qu’ils ont accordé, il y a quelques semaines, à Bruxelles, savent de quoi je parle.

 

Daniel Martin Moore

In the cool of the day

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Envoyer ses démos perso aux labels n’est pas nécessairement un coup dans l’eau. Le songwriter issu du Kentucky, Daniel Martin Moore –que l’on a entendu aux côtés de Ben Sollee, il y a quelques mois– en est le parfait exemple ; car c’est de cette manière qu’il a été signé par Sub Pop !

“In the Cool of the Day” constitue son second album. Ce troubadour sudiste pratique un folk pastoral teinté d’accents soul. Responsable de chansons intemporelles et profondes abordant des thèmes graves et solennels, Daniel inclut dans son répertoire des reprises d’airs traditionnels (« In the Garden », « O My Soul », « Softly and Tenderly »). Si elles sont soulignées de chœurs féminins, ses compos sont donc essentiellement sculptées dans l’instrumentation acoustique, puisqu’elles privilégient le banjo, le piano et le violon. Si Daniel possède un talent indéniable, il manque dans son inspiration ce grain de folie dont est parfois capable Andrew Bird, par exemple. Plus country, « Dark Road » semble être arraché à la BO d’‘O’Brother’ (c’est un compliment !) tandis qu’« In the Garden », caractérisé par son piano de saloon désaccordé, emprunte une forme plus jazzyfiante.

« In the Cool fo the Day » est une œuvre à la fois ‘classe’ et classique, manifestant un grand respect pour la tradition de l’Amérique profonde.

Magic Pop Hotel

Magic Pop Hotel

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Album multicolore et arc-en-ciel comme le souligne la bio, le Magic Pop Hotel tient de la caravane onirique. Réelle invitation à l'évasion, cet album éclabousse par sa fraîcheur. Si « Flowers », premier single extrait de cet elpee, évoque éventuellement une version sucrée de Portishead, c'est plutôt du côté de Hooverphonic que la majeure partie des compositions aurait tendance à lorgner.

Cette Trip Pop hexagonale se mâtinant d'influences très diverses, on se réjouira dès lors de ne pas tenir entre ses oreilles un produit formaté, simple copier/coller de ce qui avait fait les beaux jours de Bristol et de ses environs.

Pétillante et sans autre prétention que de nous emmener vers des paysages reposants, la musique de ce duo pourrait être la réponse française à The Hundred In The Hands. Moins cérébrale, plus lumineuse, mais plus subtile qu'elle n'y paraît. Une belle réussite en somme.

 

Los Disidentes Del Sucio Motel

Soundtrack From The Motion Picture

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Les Los Disidentes Del Sucio Motel ressemblent à une bande de joyeux drilles. Ces Strasbourgeois, passionnés de Stoner Rock, auraient pourtant très bien pu se contenter de faire comme tout le monde : former un groupe et jouer la musique qu’ils aiment. Trop simple et trop léger probablement pour ces rockers pur jus qui, non content de jouer du lourd de chez lourd, métamorphosent carrément leur quintet en un concept cinématographique. Chacun des musiciens se livre à fond dans son rôle de dangereux desperado de série B américaine : Francky Maverick (guitare-chant) a abandonné le commerce des glaces pour se lancer dans celui de la drogue. Billy Maverick (batterie) est un dangereux exhibitionniste récidiviste. Bobby Maverick (basse/chant) est recherché pour violence sur barman. Johnny Maverick (guitare), quant à lui, risque l’enfermement pour trouble de l’ordre public, outrage à agent, coups et blessures sur officier de police. Reste Sonny Mc Cormick (clavier-chant), le seul membre de la bande à ne pas faire partie de la famille Maverick. Il est recherché pour homicide.

Comme son nom l’indique, « Soundtrack From The Motion Picture » est la bande son d’un film (imaginaire) relatant les aventures de la fratrie Maverick. Ces derniers sont probablement le gang familial le plus dangereux qu’ait connu l’Amérique depuis les frères Duke –de la série « Sheriff fais moi peur ! »– et les frères Gecko –interprétés par Quentin Tarentino et George Clooney dans « Une Nuit en Enfer » (« From Dusk Till Dawn »)– le film culte de Robert Rodriguez.

Saluons, en passant, la quasi-perfection du suivi du concept. De l’artwork du Cd au site web du groupe, tout est si bien torché que l’on y croit sans peine. La pochette pourrait servir d’affiche pour un long métrage de Tarentino. Quant au look des musiciens, on a rarement fait plus bad boy redneck !

Faute, probablement de disposer des moyens nécessaires pour proposer un véritable chef-d’œuvre du septième art, LDDSL propose par le biais des goodies de son site internet (http://www.lddsm.com/?page_id=161), un roman-photo hilarant qui vous plonge carrément dans l’ambiance en nous enfermant aux côtés de Johnny Maverick, dans sa cellule de la prison fédérale de Santa Fé.  

Et la musique alors ? Et bien pareil : la quasi-perfection. Du pur bonheur pour les esgourdes de tout ‘stone’ rocker normalement constitué. Une rythmique aussi lourde qu’un ‘monstertruck’, un son de guitare plus gras qu’un hamburger de restoroute et un chant plus rugueux que le bitume de la route 66. Los Disidentes Del Sucio Motel synthétisent sur leur ‘soundtrack’ la musique huileuse et plombée de Kyuss, des Eagles Of Death Metal, des Queens Of The Stone Age, de Fu Manchu de Karma To Burn et même de Clutch (NDR : grâce au clavier assassin de Sony). Quelques ‘guests stars’ figurent au générique de ce Road Movie sonique et notamment l’excellent Andreas Bergstonn, du combo stoner suédois Deville, sur le titre « From 66 to 51 ».

La crème de la crème du stoner français, avec en prime, un chapeau de cow-boy !

C’est malin. J’ai envie de voir le film maintenant !

 

Ray LaMontagne

God Willin’ & The Creek Don’t Rise

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« God Willin’ & The Creek Don’t Rise » marque pas mal de changements pour Ray LaMontagne. Il s’agit d’abord du premier album qu’il autoproduit sans l’aide d’Ethan Johns, responsable de la prod’ des trois disques précédents. Ensuite, cette quatrième plaque marque la première collaboration ‘officielle’ du singer-songwriter avec The Pariah Dogs, son back-up band. « God Willin’ & The Creek Don’t Rise » est donc une sorte de nouveau départ. Ce dont LaMontagne avait peut-être besoin vu le résultat mitigé rencontré par son disque précédent, « Gossip In The Grain ». « God Willin’ & The Creek Don’t Rise » est un opus légèrement différent dans la discographie de Ray LaMontagne, qui met ici l’accent sur la Country plutôt que le Folk.

Mais bien que le quatrième élément discographique du folkeux barbu recèle quelques superbes litanies (« Repo Man », « This Love Is Over », « For The Summer », « Are We Really Through »…), l’ensemble peine à retenir l’attention. Le plus grand reproche que l’on puisse adresser à certaines de ces nouvelles compos, concerne principalement les vocalises. La voix rocailleuse de LaMontagne est beaucoup moins mise en valeur qu’au sein de ses travaux précédents. Peut-être une volonté du chanteur de mettre en avant le travail de ses musiciens ? Honorable mais, malheureusement, c'est tout l’ensemble qui en pâtit. « God Willin’ & The Creek Don’t Rise » ne squattera les platines que quelques semaines, avant de retourner prendre la poussière au fond de l'armoire…

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