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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Chroniques

The Radio Dept

Passive Agressive - Singles 2002-2010

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Les leaders de la scène indie rock suédoise soldent leurs anciens singles ! « Passive Agressive » est une sorte de ‘Best Of’ divisé en deux parties. Il réunit tous leurs singles –dont les 3 titres utilisés pour le ‘Marie-Antoinette’ de Sofia Coppola ainsi que « Domestice Scene », issu de leur magnifique dernier opus– et les raretés parus entre 2002 et 2010. Un recueil destiné aux fans et surtout aux futurs fans.

Peu avare, le trio nous propose donc 28 morceaux répartis sur deux cds. Deux albums pour le prix d’un ! Une belle collection au cours de laquelle on retrouve leur dream-pop à légère tendance noisy, qu’on pourrait imaginer à la croisée des chemins de Saint Etienne et de Tough Alliance. Leurs sonorités vaporeuses, fuzzy et shoegaze se marient à merveille aux mélodies parfaites et fragiles. Les perles sont ici enfilées, avec une régularité de métronome (« Where Damage isn’t Already Done », « This Past Week », « Annie Laurie », etc.) Elles sont même légion tout au long de cette compilation. Responsable d’un superbe troisième elpee, l’an dernier, intitulé « Clinging to a Scheme », la formation nous offre, à travers cette double plaque, une belle porte d’entrée pour pénétrer dans leur univers particulièrement riche. Une œuvre indispensable quand on sait qu’une multitude de combos contemporains, parmi lesquels figurent Neon Indian, Best Coast, Dum Dum Girls et Wavves, puisent leur influences chez le band suédois.

Mike Posner

31 Minutes To Takeoff

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Mike Posner est un jeune homme de 23 ans dont le premier album, « 31 Minutes To Takeoff », vogue sur le courant commercialement dominant du R’n’B-electro. Black Eyed Peas, Usher, Rihanna, Flo Rida et consorts en ont fait leur fond de commerce depuis quelques années et, inévitablement, des pseudos-artistes surfant sur cette vague ne cessent d’émerger. Posner est l’un de ces clones. Vous n’avez certainement pas pu échapper cet été à son hit « Cooler Than Me », exemple parfait du battage radiophonique.

Si vous pensiez qu’entendre ce morceau à longueur de journée était douloureux, pensez à ceux qui auront du se taper les 13 plages de ce « 31 Minutes To Takeoff » à l’insu de leur plein gré. J’ai beau chercher du bon dans cette plaque, impossible de passer outre la voix nasillarde de Posner. Ses ritournelles assommantes sont destinées à un public adolescent féminin qui cherche une version ‘upgrade’ de Justin Bieber. Même sa tentative de délivrer un morceau soul, qui aurait pu, à la limite, sauver le disque du naufrage complet, est anéantie par des chants monocordes. Mais la palme revient aux ballades « Synthesizer », « Save Your Goodbye », « Falling » et, surtout, à « Cheated » et son insupportable refrain tout juste bon à flinguer les écouteurs. Et on frissonne déjà à la perspective d’un prochain album, regorgeant probablement de featurings à la mord-moi-le-nœud. Non. Mille fois non.

Le 6 mars à la Rotonde du Botanique. Et c’est complet…

Owen Pallett

A Swedish Love Story (Ep)

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Certains artistes sont de véritables stakhanovistes! Prenez le cas d’Owen Pallett (ex-Final Fantasy). Non content d’avoir participé à la confection de l’album de l’année, « The Suburbs » d’Arcade Fire, et d’avoir publié un très bel album solo, le Canadien a trouvé le temps de graver un nouvel Ep fort sympathique, en septembre. Découpé en 4 titres, « A Swedish Love Story » démontre à nouveau son incroyable maîtrise du violon. Des compos sculptées dans la pop, sises, quelque part entre son travail introspectif opéré en solo et celui accompli pour Arcade Fire, notamment au niveau des arrangements, évidemment somptueux.

« A Man With No Ankles » ouvre la plaque. Une compo qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit des dernières œuvres de Caribou. Le pizzicato sautillant cher à Pallett est accompagné d’une voix détachée et d’un beat discret mais efficace. Un single en puissance, qui justifie à lui seul –probablement– l’achat de cet Ep. Sur « Scandal of the Parkade », Pallett en revient à ses fameuses tempêtes de violon très caractéristiques, qu’il produit avec une rapidité éblouissante. Plus ténébreux, « Honour the Dead, or Else » nous plonge dans une ambiance presque gothique. La voix cristalline de Pallett se lie parfaitement aux synthés glacés et aux boucles de cordes. Ce petit quart d’heure de détente s’achève par « Don’t Stop », un titre pop presque dansant. Et un autre single en puissance.

Le Canadien vient probablement de livrer les nouvelles pistes qu’il compte explorer dans le futur.

 

Muziek de Singe

Les Nuages ne font pas de lait

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J’avoue ne pas être un grand amateur de musique manouche et encore moins de jazz. C’était donc en manifestant une certaine appréhension que je me suis attaqué à cet album de Muziek de Singe. « Les Nuages ne font pas de Lait » constitue leur premier opus. Il est le fruit de plusieurs années de dur labeur.

L’album s’ouvre par quelques notes de guitare et de contrebasse. Progressivement, un saxophone vient s’immiscer dans le jeu de quilles et instinctivement, sans trop savoir pourquoi, on se met taper du pied. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, les cinq musicos nous invitent à accomplir un périple à l’Est de l’Europe. On survole les paysages balkaniques si chers à Emir Kusturica. On pense à Beirut, A Hawk and A Hacksaw. Quelques morceaux plus tard, on se retrouve sur la place Troubnaïa à Moscou (NDR : ce n’est pas votre serviteur qui l’affirme, mais les notes de la pochette !) lors d’une plage au titre évocateur : « La maison de la rue Troubnaiä ». Quant aux dialogues échangés sur « Pispot’douille », elles évoquent carrément la poésie allemande ! Chaque morceau et une nouvelle étape dans ce voyage sonore. Ce premier elpee transite par toutes les humeurs, tous les genres. Personnellement j’avoue avoir un petit faible pour « Cheval ». Il débute paisiblement avant de nous entraîner dans un tourbillon sans fin, comme lors d’une soirée haute en couleurs, oscillant de la jouissance à la dérive et s’achevant par un dernier sursaut d’orgueil, avant de rentrer se coucher effondré.

Cette bande de gais lurons se produira ce 29 janvier au Petit Théâtre de la Grande Vie à Namur. Soirée festive en perspective.

Xavier Mérand

Phare Ouest

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Xavier Mérand est un auteur-compositeur-interprète parisien né en 1974. Depuis sa naissance, il est atteint par la rétinite pigmentaire, une maladie génétique de la rétine qui le rend quasiment aveugle. Ce qui ne l’a pas empêché pas de se lancer dans la chanson dès 1997. Ne s’apitoyant jamais sur son sort, Xavier sort son arme favorite, l’humour, pour interpréter en 2005 « La chanson du bigleux » qui raconte son handicap avec légèreté. Ce titre est issu de son premier album « Toutes les histoires ont une chanson » où il manie l’humour et en particulier l’autodérision, pour évoquer les petits soucis du quotidien.

En 2007 il enregistre "Je vends comme je respire" un cd 3 titres, réalisé par Christophe Devillers, contrebassiste de la chanteuse Juliette.

En cette fin d’année sort "Phare Ouest" un nouvel elpee partagé en 12 chansons ; un disque mis en forme par le guitariste Franck Perrolle. Xavier Mérand a confié ses textes à 12 compositeurs différents (Romain Didier, Ignatus...) Ses textes, plutôt bien écrits traitent de sujets très actuels : les erreurs judiciaires, le dopage, la solitude, la vieillesse ; mais cette œuvre ne broie pas que du noir. On y retrouve ainsi un duo pétillant, voire croustillant, partagé en compagnie de la chanteuse Agnès Bihl, sur « Paradis rose ».

Xavier Mérand se présente donc comme un auteur et interprète d’une chanson légère et ironique, mais susceptible de proposer une face plus sombre, plus dramatique.

Difficile, cependant, d’écouter ce long playing jusqu’au bout, car même si les lyrics sont bien torchés, on regrettera cette régularité mélodique qui après quelques titres semble devenir répétitive, donnant l’impression que chaque chanson a été façonnée dans le même moule musical. D’ailleurs, les chansons parviennent rarement à faire lever le public pour entrer en communion avec l’artiste. Dommage…

Alain Louie

Vieil Indien

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Louvaniste pur jus et fils de forains, Alain Louie ne pouvait que s’engager dans la voie du spectacle. A son tour, il devient dès 2004 une attraction mais musicale, pas foraine. Quoique…

Cette année-là, flanqué de son band, il remporte la demi-finale du Rock Rally organisé par le magazine ‘Humo’ et se fait remarquer par un titre qui restera culte dans l’histoire du groupe, « Anni Versaire », repris et réarrangé sur ce « Vieil Indien ».

En 2007, Alain et ses comparses, Mathias Moors (basse), Philippe Bruffaerts (guitare), Bruno Fevery (guitare, piano), Daan Van den Bergh (percussions), Stoy Stoffelen (batterie) sortent leur premier album « L’amour sans Pédales ».

Soutenu par ses « Talons Gitans, il préfère la langue de Molière à celle de Vondel pour exprimer toute sa verve. Force est de constater que de temps à autre, il semble à la recherche de ses mots et que ses choix ne sont peut-être pas les plus judicieux ; car il franchit parfois (volontairement ?) les portes de la vulgarité…

A tort ou à raison, on le compare à Arno (qu’il invite à une dégustation dans « Escargots »). Il est vrai que d’entendre un néerlandophone chanter en français pousse indéniablement à la comparaison. Cependant, grâce à ses créations ‘punky/gitan-chanson rock aux vibrations reggae’, Alain Louie a développé un style qui lui est propre.

Outre sa nouvelle version d’« Anni Versaire », l’elpee recèle « Cinéma », une chanson composée par Renaud Ghilbert (Absynthe Minded), une reprise du « Ma Lou Lou » de Marc Aryan et 4 titres interprétés en dialecte de Louvain dont « Raa Aar » (‘Œuf cru’, tout un programme !) Bref, Alain Louie ne laisse pas indifférent.

En ces temps politiquement perturbés, pourquoi ne pas jeter une oreille à cet album inclassable mais amusant et surtout bien balancé, qui nous ferait croire parfois que Dick Annegarn chante du Bashung.

A découvrir, juste pour le fun !

 

Iron & Wine

Kiss Each Other Clean

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Depuis la publication de « The Shepperd’s Dog » et l’Ep « In The Reins », disque pour lequel il avait reçu une collaboration particulièrement fructueuse de Calexixo, Sam Beam a décidé de mettre un peu de rythme dans sa solution sonore ; jusqu’alors à forte concentration acoustique. Le barbu américain a donc quitté Sub Pop et signé récemment chez 4AD (en Europe). Et il nous propose donc son nouvel elpee, « Kiss Each Other Clean », une œuvre cohérente et encore plus lumineuse, concoctée sous la houlette du producteur Brian Deck.

Habile conteur, le natif de Caroline du Sud narre encore et toujours des histoires d’amour, de rêves perdus ou pose des réflexions sur la religion, d’une voix au timbre d’une douceur infinie. Sur cet opus, les influences sont puisées manifestement chez Fleetwood Mac (les harmonies vocales) et la soul (les classiques de la Motown). Ce qui lui permet de délivrer de véritables perles de folk à tendance soul. Et je pense tout particulièrement à « Half Moon » ou « Godless Brother in Love ». L’ombre de Stevie Wonder voire d’Elton John plane même sur « Monkeys Uptown » et « Glad Man Singing ». En enrichissant « Big Burned Hand » et « Me and Lazarus » d’une section de cuivres, l’artiste parvient à apporter une autre dimension à sa musique. Qui se révèle alors bien plus légère. Faut dire que le concours des musiciens de Califone et du Chicago Underground Duo n’y est probablement pas étranger. Cet opus constitue la première bonne surprise pour 2011. Et seconde bonne nouvelle, il se produira en concert, le 16 février, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles !

Hellbound Glory

Old Highs & New Lows

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Ce n’est pas que je n’aime pas Hellbound Glory. Non. A vrai dire, ils me laissent absolument indifférent. Pourquoi? Parce que je ne suis pas américain. Parce qu’il y a longtemps que je n’ai plus envie de jouer au cow-boy et parce que je ne conduis pas de camion.

Hellbound Glory est un groupe country/bluegrass originaire de la ville de Reno, dans le Nevada. Et ces quatre cow-boys ont beau passer pour des ‘outlaws’ dans leur pays d’origine (NDR : leurs lyrics pas vraiment ‘politiquement corrects’ ne sont pas avares de ‘fuck’ et de sujets qui requièrent probablement un avis parental), pour le commun des Européens, Hellbound Glory, ce n’est pas du rock, enfin pas plus que Dolly Parton ou Emylou Harris. Pourtant dans leur bio, les Américains avouent être influencés par le rockabilly. On n’en retrouve malheureusement aucune trace sur leur second album, « Old Highs & New Lows ».

L’année dernière j’avais pourtant passé un très bon moment en écoutant l’album « Killer Grass » d’Hayseed Dixie et ses reprises country/hillbilly hilarantes de Black Sabbath, Queen, Allman Brothers Band et bien d’autres. L’écoute d’« Old Highs & New Low » constitue donc un véritable calvaire pour mes oreilles réfractaires à tout ce qui s’approche de près ou de loin au générique de la série « L’homme qui tombe à pic ».

Si les disques de Hank Williams Senior, Johnny Cash, Waylon Jennings, David Allen Coe, Merle Haggard et Willie Nelson ornent les rayons de votre cédéthèque, nous ne sommes probablement pas amis. Cependant, il y a de fortes chances pour que la musique d’Hellbound Glory vous fasse frémir le stetson et vous donne envie de chevaucher un pur-sang à travers les étendues sauvages du Far-West.

Howdy !

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