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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Iron Maiden

The Final Frontier

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U2 ne publiera plus jamais un “War”. Iron Maiden ne nous offrira plus jamais un « Number of the Beast ». Néanmoins, depuis le retour au bercail de Bruce Dickinson, « The Final Frontier » constitue ce que le combo a pondu de plus passionnant depuis 2000, c’est-à-dire la claque « Brave NewWorld ». On aurait espéré un single plus percutant qu’« Eldorado », mais en prenant du recul, ce titre rivalise aisément avec un « Two minutes to midnight ». Le nouvel opus de Maiden, pour être apprécié à sa juste valeur, exige plus d’une écoute. Certes, le timing de ces nouveaux morceaux, souvent très long, a de quoi décourager les fans de la première heure. Mais le combo de Steve Harris prouve qu’il ne se contente pas de répéter mille fois les mêmes formules et modernise son metal, juste ce qu’il faut, pour ne pas heurter les ‘die hard’ fans, tout en avançant la tête haute. Digne de l’intro de la B.O. d’un « Terminator » la plage d’ouverture, « Satellite15… The Final Frontier » nous plonge dans un monde auquel la vierge de fer ne nous a pas habitués. Déconcertant, mais diablement efficace ! Des expérimentations réussies qui se répètent au fil de dix compos finement ciselées. On apprécie les influences d’Hendrix sur « Coming Home », les relents progressifs, assez proches d’un Rush, tout au long d’« Isle of Avalon », ou encore le lyrisme du superbe « The Talisman », sorte de conte marin façon heavy rock. Le travail de production opéré par Kevin Shirley est bien plus accompli que celui accordé aux deux opus précédents, particulièrement au niveau des guitares. Dans l’ensemble, il y a du très bon, et du moins inspiré, mais Maiden démontre, au moins qu’il ne se repose pas sur ses lauriers en engrangeant des live, best of et autres Dvds. Le groupe va de l’avant, malgré ses trente ans au compteur. L’œuvre suscite, si ce n’est l’admiration, au moins le respect.

Kristin Hersh

Cats and mice

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Moitié des Throwing Muse, avant que Tonya Donelly, sa demi-sœur ne parte à l'aube des années 90 former Belly, Kristin Hersh continue depuis son petit bonhomme de chemin. Soit seule, soit au sein de 50 Foot Wave. Bourlinguant sa voix, dont le grain est si particulier, aux quatre coins du monde, elle a déposé, un soir d'hiver, ses accords secs et rugueux dans une salle de San Francisco, au retour d'un séjour austral. Dans une ambiance feutrée (expression qui lui sied à merveille), son répertoire se décline en dix-huit titres parcourant sa carrière solo. Certes, la formule acoustique voix et guitare peut se révéler quelque peu rébarbative pour découvrir ses chansons de meurtres, de rédemption et de fantômes du passé. Mais les initiés apprécieront le dépouillement confinant à l'intimité réservé à celles-ci. Décontractée, souriante, et en toute simplicité, le timbre grésillant, elle conte ses histoires à un public gagné à sa cause. Sorte de Courtney Love sans vulgarité (ce qui, je le conçois est aussi difficile à imaginer qu'une Pamela Anderson sans implantations mammaires, mais faites l'effort, s'il-vous-plaît), Kristin Hersh a depuis longtemps rangé ses velléités de succès de masse, et partage à présent son temps entre vie de famille et expressions artistiques. Tantôt derrière sa gratte, tantôt accrochée à sa plume d'écrivain, elle trouve en ces formes d'expression une catharsis à ses sombres heures. Comme une barque abandonnée au gré des flots, ramenée sur le rivage par des courants cléments, après une violente tempête. Le résultat capté sur cette galette est donc empreint de cette douce amertume chère à celles et ceux qui reviennent de loin. Comme un songe d'une nuit d'automne.

Voici pour le fond. Quant à la forme, concédons qu'au fil des minutes, l'attention s'étiole et on finit par s'ennuyer un peu. Rien ne venant briser l'élan maussade qui tout doucement s'installe. Mais sans doute faut-il que des conditions d'écoute soient optimales pour rendre pleinement justice à ce genre de disque. Quoiqu'il en soit, retenons des titres comme « Spain », « Snake oil » ou le classique « Your ghost », fier étendard d'une carrière discrète mais foncièrement intègre.

 

Fuzzy Lights

Twin feathers

Écrit par

L'album s'ouvre par l'instrumental « Obscura », quelques notes volées à un xylophone traînant dans un grenier poussiéreux, un vent tourbillonnant soufflé par un violon larmoyant, le tout appuyé par les pleurs d'une scie aux dents longues. J’appréhende alors déjà le pire. A savoir d'être submergé tout au long de ce « Twin feathers» par un pathos conférant à la mièvrerie. Sur mes gardes, je tends l'oreille à « Fallen trees ». Serpentant au sein d’un climat inquiétant, quelques larsens avancent à la lisière d'un chemin. Le violon de Rachel Watkins fraie avec le diable, entamant une triste danse. Ici, au centre de cette clairière, la douce choisit d'entamer son chant aux résonances moyenâgeuses. Irritant. Bientôt, le tout est emporté dans un final pompeux où de manière incompréhensible, la batterie s'estompe quand justement elle gagnerait à monter en puissance.

Je reste peu convaincu par tant d'esbroufe maladroite. J'en viens à me demander si je n'écoute pas une énième resucée de Mono ou Presence of Soul, tant ce final frise la grandiloquence parfaitement affirmée des deux précités. J'hésite encore à me prononcer. Nippon, ni mauvais. J'attends la suite. La voix de monsieur Watkins prenant le pas sur celle de son épouse, dès le troisième titre, ce « Through water » s'avère de meilleure facture et bien moins maniéré. De quoi présager une suite moins énervante. Passé l'interlude « The Museum song », où le violon se garde d'en faire trop, l'ambiance feutrée de « Lucida », et l'agréable « Rituals », aux guitares diluées dans un delay de fond, « Shipwrecks » retombe hélas dans les travers de production, noyant la batterie dans les tréfonds de guitares saturées. Agacé, mais au final loin d'être frustré, je me laisse aller au decrescendo en apesanteur de « Slowing time », avant que « The sea and the heather » ne clôture cet opus tout en douceur.

Au bout du compte, aucun morceau de bravoure mal assumée de cet album ne viendra le sauver d'un anonymat où Fuzzy Lights est pour l'instant condamné à errer.

 

Emerson, Lake & Palmer

Pictures At An Exhibition – Special Edition Dvd

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J’ai entièrement ‘zappé’ la carrière d’Emerson, Lake & Palmer. Trop jeune à l’époque pour m’y intéresser, j’ai carrément fait l’impasse sur cette légende du rock progressif. La réédition au format Dvd de ce concert culte enregistré au Lyceum de Londres, en 1970, arrive donc à point nommé pour m’extirper des abysses de mon ignorance inculte.

Avant de regarder ce Dvd, je n’avais donc aucune idée de ce à quoi j’allais m’exposer. Mon erreur ? Aborder ELP comme l’un de ces nombreux groupes progressifs mollassons, dont les musiciens sérieux et appliqués distillaient, dans les années 70, leur rock soporifique devant un public apathique. Quelle n’a donc pas été ma surprise de découvrir un trio complètement déjanté et furieusement incontrôlable. N’allez pas en déduire qu’ELP m’a séduit, car si je manifeste désormais le plus grand respect pour ces virtuoses doux-dingues, j’avoue ne pas avoir compris grand-chose à leur prestation.

C’est le début des Seventies, et à l’époque, les musiciens, mêmes aussi reconnus que Keith Emerson (Nice), Greg Lake (King Crimson) et Carl Palmer (Atomic Rooster) n’ont pas besoin d’artifices pour s’attirer les faveurs du public. Le décor est épuré et le light-show inexistant. Pourtant, sur scène, la folie est reine. Emerson est carrément extravagant. Super fringant dans son ensemble moulant bleu à paillettes, il est l’attraction principale du show. A le voir ainsi gesticuler comme un damné, triturer ses claviers dans tous les sens et se lancer dans des expérimentations sonores redoutables (NDR : qui sont parfois d’un mauvais goût surprenant, comme quand, par exemple, il fait glisser un clavier entre ses jambes pour se torcher bruyamment le fondement) on ne peut s’empêcher de penser que le virtuose était alors un sérieux candidat à l’internement. Derrières ses fûts, Palmer n’est pas en reste. Son jeu exubérant et sa technique n’ont aucun mal à suivre les  improvisations déjantées d’Emerson. Plus en retrait, Greg Lake semble être le sage du groupe. Posé au chant et à la guitare acoustique, le multi-instrumentiste se démène toutefois comme un damné lorsqu’il s’agit d’enfourcher sa basse. Bien que la communication avec le public soit quasiment inexistante, ce dernier semble apprécier et connaître sur le bout des doigts cette musique qui, pour un néophyte tel que votre serviteur, ressemble plus à une cacophonie ultra-technique improvisée qu’à de véritables compositions.

Notons, pour en terminer avec cette prestation londonienne du groupe que, pour un document filmé il y a quatre décennies, l’image est claire et les couleurs étonnamment vives. Le rendu visuel de la prestation du trio est presque malheureusement pollué à maintes reprises par des effets psychédéliques, qui, s’ils nous mettent indubitablement dans l’ambiance de l’époque, deviennent carrément lassants au bout de dix minutes. Le son quant à lui, remastérisé au format Dolby Digital 2.0 est aussi propre et puissant que s’il avait été capturé hier.

Comme tout Dvd qui se respecte, « Pictures At An Exhibition – Special Edition » est enrichi d’un bonus. Celui-ci nous permet de pousser un cocorico puisque ce document plutôt exceptionnel, a été enregistré, en 1971, par notre RTB nationale, dans le cadre de son émission ‘Pop Shop’. Une mini-interview des trois membres du groupe, et cinquante minutes de concert ; c’est ce qu’on peut appeler un bonus !

Indispensable pour les fans de la première heure, « Pictures At An Exhibition » est l’outil didactique de référence pour celles et ceux qui désireraient découvrir l’un des trios les plus surprenants de sa génération.

 

Electric Sunset

Electric Sunset

Écrit par

Ancien membre de Desolation Wilderness, le jeune Nic Zwart a décidé de faire cavalier seul ; et il semble être promis à un bel avenir. Il a choisi pour nom de scène Electric Sunset. C’est également le titre de son premier album, publié sur l’excellente écurie K. Et cet opus est une petite merveille aux accents electronica. L’Américain à la tête de nerd pose sa voix délicate sur les samples et sonorités ambient faites de claviers et cordes. Une œuvre empreinte d’une grande mélancolie propice aux visions idylliques. Ses compos se collent suavement à la membrane auditive, et projettent dans notre imagination, des images de farniente, vécues au bord de la plage, lorsqu’on scrute un coucher de soleil. Nic Zwart tape au bon endroit ! Il faut le dire ! Pas une seconde n’est gaspillée, car cet elpee est d’une efficacité hallucinante. Son single « Soda », petite bombe ambient aux beats profonds, présageait le meilleur pour l’Américain. « Electric Sunset » s’inscrit dans la lignée de ce titre. Il s’agit donc déjà un album de consécration pour Zwart. Classe !

 

Drums Are For Parades

Master

Écrit par

Drums Are For Parades est LE groupe de rock belge à écouter, pour la rentrée des classes. Après avoir mis le feu sous les chapiteaux des grands rassemblements estivaux (NDR : notamment une performance fort remarquée lors de l’édition 2010 du Dour Festival), le trio gantois confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Car son premier album casse la baraque.  

Dès les premières notes du titre introductif « The Law », Drums Are For Parades annonce la couleur. Puissance et agressivité sont au rendez-vous. Ça frappe fort et juste. Le trio ne fait pas dans le détail. Dix morceaux en 33 minutes, au cours desquels les trois barbus déchirent grave. Ça va vite, très vite. Suvitaminées, les deux guitares suivent les coups de massue assénés par la batterie. Un synthé entretient les ambiances malsaines. Ce qui explique pourquoi la mixture sonore de Drums Are For Parades est simple, mais ô combien addictive. Une musique idéale pour se défouler, après une journée déprimante de cours ou de travail. On comprend aisément pourquoi Hickey Underworld, Goose ainsi que Soulwax en sont fans ; et ce n’est pas pour rien si Monsieur Chris Goss (producteur de Queens Of Stone Age, Kyuss, …) les décrit comme les nouveaux Kyuss. Rien que ça !!! Parmi les invités, on épinglera également la présence de Younes Faltakh (NDR : chanteur/guitariste de Hickey Underworld) sur « The Beast » (les deux formations évoluent dans un univers musical fort proche) ainsi que du saxophoniste de Jaga Jazzist, Jorgen Munkeby, sur « Idiot Check ».

Vu la qualité de leur premier elpee, les Drums Are For Parades devraient finir par s’imposer sur la scène nationale, mais également internationale. D’autant que leurs prestations scéniques libèrent une énergie impressionnante. Une bonne raison pour ne pas les manquer ce 23 septembre, au Botanique, où ils se produiront dans le cadre des Nuits du Soir.

 

Cyanide Pills

Cyanide Pills

Écrit par

Ils sont jeunes, pas spécialement beaux, pratiquent du punk et nous viennent de Leeds. De ces quatre vérités, la seule digne d’intérêt est la dernière. Pour le reste, ces héritiers des Pistols ont malheureusement trop écouté Green Day. Certains morceaux ont pourtant la pertinence de certains aïeuls bien plus fiers (« On the outside »), mais une surabondance de mélodies écœurantes rend l’ensemble fort indigeste. « Screw me up » par exemple, le titre le plus pop, sonne comme si Fonzy de Happy Days s’était mis en tête de faire du Offspring. Certes, parfois, certaines chansons séduisent par leur côté immédiat, mais l’ensemble n’en demeure pas moins assez quelconque. Sympa tout au plus, cet album à la pochette plus qu’hideuse est un rappel pertinent que toute bonne recette a besoin d’un minimum de génie, en plus du savoir faire. Never mind the Buzzcocks !

Blue Velvet

Level II

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L’univers singulier de Blue Velvet est le fruit d’une belle et simple rencontre entre deux mélomanes avertis : Mirco et pH. « Level 2 » constitue leur second album. Une formation dont les influences sont particulièrement variées. Mais une question s’impose d’emblée : serions-nous en présence d’un concept sombre et hermétique, influencé par certaines œuvres de David Lynch, à qui ils ont emprunté le titre de l’une d’entre-elles, pour baptiser leur groupe ? Si c’est le cas, il faut plus aller chercher du côté du voyage contemplatif d’« Une Histoire Vraie » que des divagations oniriques d’« Inland Empire » ; car leur expression sonore rappelle constamment les grands espaces américains. Le tout, bien évidemment, revu et corrigé, suivant un feeling bien belge. Dans cette optique, pas étonnant de retrouver l’illustre Rudy Trouvé (ex-dEUS) à leurs côtés, pour la production et souvent à la guitare ! Si les références à Tom Waits et My Bloody Valentine sont avancées par le dossier de presse, les influences de Blue Velvet sont bien plus riches que celles annoncées. Et sont susceptibles de lorgner vers le rock déviant de Dead Man Ray ou électro de The Notwist, le folk dérangé de Neutral Milk Hotel (« Outside », « Poison ») ou sombre de Santa Cruz (« Level II ») voire même de privilégier la forme acoustique (« Try Again ») ou même électro. Le sommet du recours au bidouillages est atteint sur des titres comme « The Girls Of My Life » ou le très mélodique « Message On My Lips ». Le spectre de dEUS est cependant bien présent (« Mad Horse », « Clear My Sun »). Faut dire que les guitares acérées de Rudy sont tellement caractéristiques. Néanmoins, malgré ce référencement particulièrement ample, Blue Velvet possède assurément une identité propre. D’ailleurs si ce combo devrait aisément se faire une place au soleil, sur la scène noir, jaune, rouge (NDR : tant que la Belgique existe encore) ; il possède suffisamment de potentiel pour s’exporter et briller au-delà de ces frontières

Blue Velvet se produira en concert le 24 septembre à l’Atelier Rock de Huy, le 2 octobre au Belgorock Festival à Odeigne/Manhay et le 22 octobre au Magic Mirror à Liège.

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