Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Chroniques

Soundwalk Collective with Patti Smith

Farewell

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Fondé par Stephan Crasneanscki, à New York, au tout début du millénaire, Soundwalk Collective est un collectif expérimental qu’a rejoint Simone Merli en 2008.

La formation puise son inspiration au sein de lieux spécifiques, naturels ou artificiels, et nécessite de longues périodes de voyage d'investigation et de travail sur le terrain.

Parmi les collaborateurs éminents figurent le musicien de jazz éthiopien Mulatu Astatke, le photographe américain Nan Goldin, le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, le père du mouvement hip hop Afrika Bambaataa et la chanteuse, auteure-compositrice et poétesse américaine Patti Smith. Le collectif a également réalisé des partitions originales pour la chorégraphe de danse contemporaine, Sasha Waltz.

Pour concocter cet opus, Le Soundwalk Collective s’est rendu au Mexique, dans la Sierra Tarahumara, sur les traces du périple d’Antonin Artaud (1896 – 1948), poète surréaliste, dramaturge, opiomane et théoricien français, afin de capturer l’esprit du peuple Rarárumi et surtout mettre en boîte des sons (chants, tambours traditionnels, etc.), avant de les retravailler en studio. Puis Patti Smith a été invitée à déclamer les visions hallucinogènes du Marseillais. Le résultat a ainsi été gravé sur ce « Farewell », une œuvre austère et difficile à assimiler pour tout mélomane lambda. Dommage que le single, « Ivry », ne figure pas sur la plaque. C’était la seule compo signée par l’icône du punk. Elle y chante et l’instrumentation organique y est bien plus en phase avec l’univers du rock et de la pop.

Marcel et son Orchestre

Hits, hits, hits, hourra !

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Marre de cette grisaille qui vous colle au train du matin au soir ? Vous en avez assez du spleen qui vous tanne dès l’aube ? Alors, Marcel et son Orchestre pourraient vous aider à retrouver un peu de joie de vivre.

Originaires de la région Hauts-de-France, Marcel et ses sbires font dans la déconne depuis 1986, en proposant des compos de rock festif qui véhiculent des accents punk et ska.

Séparée en 2010, usée par le rythme effréné des tournées, la formation renaît en 2017 pour quelques dates seulement avant de disparaître à nouveau pour mieux revenir sur le plan médiatique grâce à ce « Hits, hits, hits, hourra ! ».

Cet (ultime ?) hommage propose un condensé de bonne humeur en revisitant 26 morceaux sous un angle contemporain et 22 inédits, de quoi dresser le bilan de 33 années d’une carrière aussi riche que surprenante.

Cet ouvrage est loin d’être une blague facile. Disgracieuses à souhait, les compos puent le dixième degré sous un air faussement léger ! Mais ne manquent jamais d’originalité. En se servant d’une musicalité pétillante et de textes à l’opprobre miraculeux, ils décrivent des faits de société avec un humour pleinement assumé. C’est sérieux sans vraiment s’y prendre.

Il faut voir cet opus comme une recette où tous les ingrédients nécessaires sont réunis pour faire naître un vent libérateur, à l’instar du Carnaval de Dunkerque dont la bande revendique l’appartenance sur scène en arborant costumes et froufrous colorés.

Ce disque est à écouter pour ce qu’il est : une farce rigolote, curieuse et sérieuse dont on se plait à écouter les complaintes.

Bref, glissez ce CD dans votre lecteur et laissez-vous charmer par cette signature artistique iconoclaste. C’est résolument absorbant.

En finalité, tout est bon… dans le bouffon !

Mind The Mill

September Flower

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Mind The Mill est un duo néerlandais réunissant Jerney Molenaar et Pieter Enaar. D’après les infos recueillies sur le net, ils seraient cousine et cousin. Lien de famille qu’ils auraient découvert après leur rencontre. « September flower » constitue le premier elpee de la paire, une œuvre qui baigne au sein d’un climat atmosphérique, cinématique, énigmatique, fruit d’un cocktail entre trip hop, folk, jazz, valse et pop. Jerney possède une superbe voix. Diaphane, elle caresse des mélodies ouatées parfois soulignées de chœurs célestes. Parfois on pense à Massive Attack (« Seaside town »), Vaya Con Dios (« Summer is over »), Hooverphonic (« One more kiss ») et même aux Ronettes (le plus rythmé « Lovers & cruisers »). Si Pieter colore régulièrement les compos d’interventions à la guitare surf, l’opus recèle deux plages totalement différentes. Tout d’abord « All the words », un titre caractérisé par des percus orchestrales et profondes. Et puis surtout « Have we met before ? », une piste riche en arrangements, bien rythmée, parfois funk, tramée sur le piano, avec une voix en off ; une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Serge Gainsbourg.

Yakhchal

Asterism (Ep)

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Le deuxième Ep de Yakhchal, « Asterism », a été enregistré au studio Noise Music Factory sous la houlette de Colin Delloye de We Stood Like Kings. La pochette de l'album a été conçue par Niccolo Masini.

Yakhchal est un trio basse/guitare/batterie qui pratique du post rock pur et dur. C’est-à-dire exclusivement instrumental. Et c’est sous cette forme que le groupe établi à Bruxelles développe ses climats sonores, tour à tour atmosphériques, mélancoliques ou frénétiques, mais soigneusement construits. Le drumming aride mais torrentueux et les interventions de gratte tantôt chatoyantes, vaporeuses ou acérées se faufilant entre les mailles de la section rythmique. Enfin, « Persian dome », qui figure sur cet Ep, nous rappelle que le patronyme de la formation est également le nom farsi d'une ancienne glacière persane à la forme bombée qui ressemble à un temple sacré. A conseiller aux inconditionnels du post/rock…

Ibrahim Maalouf

S3ns

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Depuis maintenant plus de dix ans, Ibrahim Maalouf s’est imposé sur la scène musicale mondiale. Il est parvenu à se faire connaître en brisant les frontières entre le jazz, la musique classique, la pop et le rock. Sa notoriété s’est forgée à force de travail. Le Franco-libanais n’arrête jamais. Il enchaîne les concerts aux quatre coins de la planète, multiplie les collaborations (Sting, Juliette Gréco, M, Arno, ...) et trouve également le temps de composer des musiques de films. En l’espace de dix ans, le multi-instrumentiste a collectionné les récompenses musicales ainsi que les prix honorifiques (Chevalier de l’Ordre du Mérite, Chevalier des Lettres du Gouvernement), en France. Autant dire que son talent est connu et reconnu par tous. Pourtant, derrière cette notoriété, malgré la sortie de cet onzième album, Ibrahim Maalouf affirme clôturer une période difficile de sa vie. Accusé et jugé pour agression sexuelle et en proie à des problèmes financiers, le musicien a vécu des heures sombres…

Sur “S3ns”, Ibrahim Maalouf explore les sonorités latines et afro-cubaines en invitant notamment les pianistes de l’île communiste Harold Lopez Nussa (“Une Rosa Blanca”), Alfredo Rodriguez (“N.E.G.U”) et Roberto Fonseca (“Gebrayel”), musicos avec lesquels il a également partagé les planches. Outre ces plages plus latinos, figurent des morceaux plus jazzy, soutenus par un véritable brass band (15 musiciens), à l’instar de “Happy Face” ou encore su sublime “Radio Magallanes”.

Sur cet LP Ibrahim Maalouf est une nouvelle fois parvenu à mêler des genres fondamentalement différents. Et à nous transporter au sein d’un univers électrique et fiévreux, qui sent bon l’Amérique latine…

PHÔS

A l’oblique

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Elle développe, depuis plus de quinze années, un univers hybride et bien personnel.

Plutôt discret, il bidouille les sons et malgré son sens inné de la composition, il est aussi exigeant que les artistes les plus notoires.

Ils se rencontrent, (s’)échangent et composent. Chacun exécute un pas de côté. Un compromis finalement naturel. Et la magie opère tout simplement.

Il s’éloigne de son univers de prédilection qui fluctue entre dark electro et drone, afin de recouvrir les chansons de nappes mélodiques et minimalistes. Des chansons à la construction jamais simpliste, mais plutôt complexe.

Elle est plutôt prolifique. Depuis la sortie de « Random Moods » (qui lui vaudra une reconnaissance rapide en Allemagne et en Angleterre), en 2005 et « Géométries Sous Cutanées », en 2018, elle a gravé d’autres elpees, dont « Dermaphrodite » en 2006, « B-Side Life », trois ans plus tard, “Still Grounds For Love” en 2011, sans oublier sa collaboration avec Paul Levis, en 2013, pour « This Quiet Dust » ; et enfin « Atalaye » en 2015.

La puissance poétique de Catherine Watine glisse délicatement sur les ampliations sonores d’Intratextures, pour ne former qu’une unité fonctionnelle : PHÔS. Quelque part entre post-rock et electro-pop, ce projet n’a véritablement de sens qu’à travers ce binôme éphémère.

Une collaboration sincère et équilibrée s’installe. Un premier titre est alors en gestation : « Mensonges des sentiments », préquel d’un premier chapitre qui dessinera une quatrième de couverture oscillant entre le clair-obscur et l’intensité lumineuse d’un voile à peine perceptible.

L’originalité de cet opus procède de la narration d’histoires aux subtilités insoupçonnées, parfois presque militantes, qui s’échafaudent insidieusement, mais progressivement, au fil des dix morceaux de ce long playing...

On est dans l’intime, le profond et l’abyssal, sorte de cristallisation du temps à mille lieues du classicisme couplet/refrain. Plutôt, une déclinaison chantournée pour mieux oraliser des textes cisellement choisis.

La diction, souvent soutenue, parfois incantatoire, laisse transparaître un prisme mêlant, métaphores, irréel et mélancolie joyeusement débridée.

La voix singulière et chaude de Watine ensorcelle. Cette poésie d’un art contemporain calme, apaise, vivifie et constitue une ode à la réflexion et à la méditation. Une poésie de jour qui s’émerveille la nuit pour mieux s’émanciper. L’enveloppe sonore elliptique ondule au gré des compositions ; et sobre, sans être invisible, laisse le propos verbal délicatement substantiel ou substantiellement délicat, c’est selon.

Un disque que l’on aimerait garder égoïstement, sans l’ébruiter ni le divulguer pour prolonger ce doux instant.

Bref, si vous ne deviez écouter qu’un disque dans votre humble existence, ce serait sans doute celui-ci…

Bobby Oroza

This Love

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Serions-nous en présence d’une nouvelle pousse néo-soul ? Absolument ! Tout au long de ‘This Love’Bobby’, Oroza tente de soulager les cœurs brisés, à l’aide de morceaux aux sonorités vintage et bourrées de charme. Et ce Finno-bolivien (exactement !) basé à Helsinki y parvient grâce à un sens de la mélodie plutôt bluffant auquel il ajoute des touches bien senties de rock, de funk ou de R&B. Rien qu’à l’écoute du single « Déjà Vu », on est immédiatement conquis ! Pas étonnant que le morceau « This Love » ait récemment été samplé par l’excellent rappeur, aux textes pourtant déprimants, Earl Sweatshirt…

Bleached

Don’t You Think You’ve Had Enough?

Écrit par

Depuis ses débuts, Bleached n’a cessé d’évoluer. Pour “Don’t You Think You You’ve Had Enough?”, son troisième opus paru chez Dead Oceans, jamais sa musique n’a sonné aussi pop. Au sein du line up, ne figurent plus que les sœurs Jennifer et Jessica Clavin, soutenues, pour la circonstance, par un drummer. L’expression sonore du duo californien (NDR : elles ont originaires de Los Angeles) s’éloigne du style noise/garage proposé sur ses œuvres précédentes. Les douze plages de cet elpee sont sculptées dans un pop/punk/rock dominé par les guitares et aux mélodies plus ou moins inspirées. Le duo reprend la bonne vieille formule couplet/refrain. Si sur certains titres, on peut cependant encore déceler des réminiscences de garage, à l’instar de l’introduction de “Daydream” ; mais en général, les émargent clairement à la pop. Et le très réussi “Hard to Kill” en est la plus belle illustration.

Bien sûr, Bleached n’a pas inventé l’eau tiède et son dernier LP ne casse pas trois pattes à un canard ; mais il a le mérite de remiser les synthés 80’s au placard. Ce qui en cette période de revivalisme électro/disco n’est pas à négliger...

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