La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Balkan Beat Box

Blue eyed black boy

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Si Balkan Beat Box rencontre autant de succès, c’est sans doute parce que ce groupe est à l’image d’une génération : celle qui a grandi à l’ère du village global et a voyagé un peu partout, autour du globe. Une jeunesse révoltée contre le racisme et la guerre.

Ce collectif new-yorkais est drivé par trois musiciens d’origine israélienne : Ori Kaplan au saxophone, Tamir Muskat à la batterie et Tomer Yosef au micro. La plupart des membres du line up ont déjà roulé leur bosse musicale dans des groupes punko-klezmer tels Gogol Bordello, Firewater, Big Lazy et Shotnez. Et depuis la sortie de leur premier album éponyme, en 2005, les BBB sont parvenus à se faire une place de choix, notamment grâce à leurs concerts frénétiques. Sept invités new-yorkais et israéliens sont venus enrichir, de leurs sonorités aux couleurs venues d’ailleurs, les compos du nouvel elpee de Balkan Beat Box.

Si leurs racines sont balkaniques, leurs influences évoluent et s’élargissent de disque en disque. Leur premier opus (« Balkan Bet Box ») était surtout le fruit d’un mélange entre fanfares et musiques plus actuelles (hip hop, electro), le second (« Nu-Med ») empruntait également aux musiques traditionnelles orientales. « Blue eyed black boy » y ajoute des rythmes latins de cumbia, des sons caribéens, et du raeggeton. Le tout fortement agrémenté, grâce à la magie du numérique, de breakbeat, de drum'n'bass et d’électro.

C’est parfois beaucoup pour un même morceau et l’on se perd un peu dans ce zapping d’influences. Le résultat ressemble parfois aux hymnes de Manu Chao, surtout l’entraînante « Marcha de la vida », chantée à travers un mégaphone et reprise par une foule en délire. Entre dub balkanique et samba de carnaval, les styles changent mais l’énergie passe du début à la fin. Il faut donc avoir la forme pour danser sur cette musique résolument taillée pour le live (qu’on pourra écouter aux Nuits du Bota).

Quant à la détermination ‘politique’ de Balkan Beat Box (qu’on se rappelle la pochette de leur premier album ou les groupes au sein desquels ont milité les 3B), il faut avouer que si elle émane du punk, elle prône davantage aujourd’hui une philosophie mondialiste. 

« Blue eyed black boy » (un garçon noir aux yeux bleus) prône le pluriculturalisme et la paix dans le monde, mais n’annonce rien de nouveau. La musique s’oriente vers le global-sound, une musique universelle pour un village global. Mais ce qui fait la richesse des peuples et nationalités, n’est-ce pas justement leurs différences ? Peut-on garder une identité quant on prétend les embrasser toutes à la fois ?

Le Balkan Beat Box propose, en un tour un peu rapide du globe, une musique pour aller danser et se défouler. Mais pour entrer dans une culture, un état d’esprit, il faudra résolument prendre le temps, ailleurs.

 

Boris

Rainbow

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Boris est une formation expérimentale japonaise réputée pour son drone. Elle se réserve fréquemment des collaborations en compagnie d’autres artistes. Parmi les plus notoires, on épinglera le concours apporté auprès de Stephen O’Malley ou encore de leur compatriote Masani Akita (mieux connu sous le pseudonyme de Merzbow). En revanche, on connaît beaucoup moins celle qu’elle a réalisée en 2007, sur le label Drag City (Shellac, Pavement, Will Oldham, …), avec le talentueux guitariste Michio Kurihara. Pourtant, ce dernier n’est autre que le soliste du célèbre groupe psyché nippon, Ghost. Et le moins que l’on puisse dire c’est que sur « Rainbow », le Japonais s’est vraiment lâché. Il s’est même servi de cette collaboration comme d’un véritable exutoire, afin d’étaler toutes les palettes de son talent de guitariste. Et c’est tout à fait déconcertant ! Il le démontre d’ailleurs tout au long des soli (NDR : jamais ennuyeux, il faut le souligner) dispensés tout au long de « Sweet No 1 ». Des soli qui peuvent se muer en véritable déferlante de décibels.

« Rainbow » alterne climats paisibles, ténébreux, angoissants ou surnaturels. En ouverture, des riffs lourds et lents, glacés par les vocaux atmosphériques de Takeshi, envahissent « Rafflesia ». Nous ne sommes alors pas très loin du Boris originel. Une voix féminine vient délicatement se poser sur le titre éponyme. Empreint de quiétude et de mélancolie, « My Rain » brode des arpèges élégants. Cette sérénité fait ensuite place à un climat plus ténébreux. Lugubre même. « Shine » nous plonge même carrément dans un dark folk, propice à la méditation. Bouleversant ! Probablement le meilleur titre de l’opus. Et la suite de l’œuvre macère dans une ambiance aussi malveillante et angoissante…

« Rainbow » est sorti il y a trois ans. Depuis, beaucoup d’eau à coulé sous les ponts. Mais à ce jour, il s’agit, encore et toujours de l’album le plus expérimental et le moins accessible de Boris. Un six-cordiste, je vous le rappelle, tout bonnement remarquable. Et si à l’époque, vous étiez passés à côté de cet elpee, alors que vous êtes accro au style, je vous conseille vivement de vous le procurer. Vous ne le regretterez pas. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. D’ailleurs, la musique est immortelle. Alors, pourquoi s’en priver ???

 

Broken Social Scene

Forgiveness Rock Record

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Broken Social Scene est certainement une des formations les plus brillantes sur les planches. Elle est même le plus souvent impressionnante. Drivé par Brendan Canning et Kevin Drew, ce collectif nous propose son cinquième opus, « Forgiveness Rock Record ». Un elpee qui fait donc suite à leur éponyme controversé, publié en 2005.

Et malgré ces 5 longues années d’attente, il faut reconnaître que le collectif torontois n’a rien perdu de sa superbe. Pour mettre en forme ce long playing, BSS a donc reçu le concours du génial John McEntire. Pour la toute première fois, le band a bossé à l’extérieur de sa ville natale. En l’occurrence, à Chicago, au sein des studios du leader de Tortoise. Toute une série de paramètres susceptibles de donner une nouvelle orientation musicale à cet ensemble canadien. Ben pas vraiment. Pas de révolution majeure, mais un album toutefois plus accessible, presque pop, même parfois.  A l’instar des excellents « Texico Bitches » et « All To All ». On retrouve d’ailleurs le profil épique si caractéristique sur « World Sick » et « Forced To Love », deux morceaux dont l’irrésistible climax est manifestement taillé pour la scène. Le line up de BSS est toujours à géométrie variable. Mais il réserve également un espace à des invités. Dont Feist sur le fabuleux « All To All », le vétéran Sam Prekop (The Sea and The Cake) ou encore des membres de Do Make Say Think. Une chose est sûre les aventures en solitaire vécues par Kevin Drew et Brendan Cannings n’ont pas tari leur créativité. Ni leur énergie (NDR : ces cuivres sur « Art House Director » !) On a même droit à une intro africaine pour « Highway Slipper Jam » et des claviers loufoques tout au long d’« Ungrateful Little Father ». Et le plaisir que semblent s’être procuré nos deux compères, tout au long des sessions d’enregistrement, est manifestement communicatif…

La scène torontoise (Arcade Fire, Feist, Metric, Stars, etc.) est toujours aussi vivace. Et en nous réservant des œuvres de ce type, elle n’est pas près de disparaître. A croire que ses musiciens ont ajouté une potion magique dans leur sirop d’érable pour faire preuve d’autant d’imagination. A ce jour, le parcours de Broken Social Scene est en progression constante. Et on se demande même où il va s’arrêter. Pas trop vite, on le souhaite ardemment. De manière à encore pouvoir apprécier leurs sets ‘live’, lieu privilégiés, où les musicos sont souvent en état de grâce. D’ailleurs, ils se produiront dans le cadre du festival Les Ardentes, ce 8 juillet prochain ! Et si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à lire l’interview que Brendan Cannings a accordée à Musiczine, juste avant la sortie de cet opus.

David Byrne and Fatboy Slim

Here Lies Love

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L’ex-leader de Talking Heads est le responsable d’une multitude de collaborations. Parmi les plus célèbres, on épinglera son duo échangé en compagnie de l’ex-claviériste de Roxy Music, mais surtout illustre producteur, Brian Eno. D’autres sont moins notoires mais tout aussi respectables. Dont celle qu’il réalisée avec le chorégraphe belge Wim Vandekeybus ou encore la chanteuse Selena. Pour concocter ce nouvel opus, l’Ecossais s’est tourné vers Norman Cook, alias Fatboy Slim ! Ensemble, ils ont composé une sorte d’opéra dont le thème est consacré à la très controversée Imelda Marcos ainsi qu’Estrella Cumpas, la nounou du couple Marcos. Surnommée le ‘Papillon d’acier’, Imelda était l’épouse de Ferdinand Marcos et première Dame des Philippines, de 1965 à 1986. Si vous ignorez cet épisode étonnant de l’histoire, je vous invite à aller jeter un œil sur Wiki. Cette donzelle s’était ainsi offert 3000 paires de chaussures, aux frais du régime de son cher mari, avant que le couple ne soit contraint à l’exil.

« Here Lies Love » raconte donc certains épisodes de la vie de cette femme totalement extravagante. Projet ambitieux, vous vous en doutez. Pour Byrne, la vie décadente d’Imelda Marcos aurait d’ailleurs pu être traduite en une pièce de théâtre. Mais Byrne et Slim ont préféré lui réserver un opéra, en 22 chansons. Le projet a reçu le concours d’une flopée de guests, mais essentiellement de la gente féminine. Et notamment Cyndi Lauper, Alice Russell, Santigold, Sharon Jones ou encore Florence Welsh (de Florence + The Machine) ! C’est d’ailleurs cette dernière qui s’illustre sur le titre d’ouverture « Here Lies Love », un morceau tout en douceur, au cours duquel hautbois et quelques bongos donnent le ton ! Fatboy Slim ne s’est pas contenté d’écrire. Et on ressent manifestement sa patte sur plusieurs compos. Notamment ces fameux beats percutants, réminiscents de ses premiers tubes ! Le timbre de Cyndi Lauper est intact. Et elle le démontre tout au long d’« Eleven Days », plage au cours de laquelle elle injecte tout son dynamisme. Mr. Byrne se réserve quand même le chant tout au long du remuant « American Troglodyte ». Sa voix si particulière pimente un titre alimenté par quelques expérimentations sonores, un séquenceur disco et une petite guitare ‘catchy’. Tout n’est cependant pas parfait. Certaines vocalises (Camille, Tori Amos ou encore Nicole Atkins) finissent même par irriter. Un petit bémol qui ne doit pas pour autant gâcher la qualité de l’ensemble. N’empêche, il serait intéressant d’assister à la transposition en comédie musicale de cette rondelle. A quand un disque consacré à la vie de Carla Bruni ?

 

Errors

Come Down With Me

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Responsable d’un excellent premier opus, il y a deux ans, la formation écossaise propose donc une suite à « It’s Not Something But It Is Like Whatever ». Et franchement, le résultat est encore plus convaincant. Le combo est hébergé sur le label de Mogwai, Rock Action. Ses membres sont d’ailleurs devenus les petits protégés de la bande à Stuart Braithwaite. Vous vous doutez donc que leur musique trempe dans le post rock. Mais un post rock original, capable de rivaliser avec celui des épatants 65daysofstatics (NDR : pour lesquels ils ont d’ailleurs assuré la première partie). Et pour cause, tout au long de « Come Down With Me », le quartet glaswegien est parvenu à transcender les limites du genre. Tout d’abord en incorporant dans sa solution sonore un feeling new wave (NDR : ces claviers analogiques). Et puis surtout une bonne dose d’électronique puisée à la fois au sein du mouvement krautrock et de la scène new-yorkaise contemporaine (NDR : pensez à LCD Soundsystem ou encore The Battles). En outre, la structure de leurs compos est totalement différente des formations émargeant à ce style. Pas question ici de longs crescendos, mais plutôt une ambiance atmosphérique dont l’intensité est entretenue par des rythmiques frénétiques. Les mélodies sont contagieuses (NDR : « A Rumour In Africa », « Germany » ou encore « Beards » sont des tubes en puissance !) et le feeling susceptible d’enflammer les dancefloors. Les guitares sont tantôt placées en retrait, tantôt mises en exergue. Bien sûr les références basiques lorgnent vers le post-rock (NDR : de Mogwai et Tortoise en particulier), mais Errors a le bon goût de s’éloigner des schémas habituels, de la norme, si vous préférez. Une véritable bouffée d’air frais, que je vous invite à humer ce 9 mai, au Botanique de Bruxelles. Ils s’y produiront, dans le cadre des Nuits, à la même affiche que les artistes féminines Rox et Ellie Goulding (NDR : des Britanniques) ainsi que Selah Sue (NDR : c’est une Belge !)

 

Jimi Hendrix

Valleys of Neptune

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Johnny Allen ‘Jimi’ Hendrix est né à Seattle, en novembre 1942. Il est décédé à Londres, en septembre 1970, moins de 28 ans plus tard. Et pourtant, 40 ans après sa disparition, son culte n’a jamais été aussi vivace. Cet opus réunit des enregistrements inédits. Vous me direz, encore un. Faut dire qu’on ne compte plus les albums non officiels ou piratés, parus depuis sa mort. La société Experience Hendrix est dirigée par Janie, la demi-sœur adoptive de Jimi. Elle est aujourd’hui âgée de 50 ans et détient tous les droits de succession de l’artiste. Et manifestement, elle compte bien profiter de cette situation. Tant mieux et tant pis à la fois.

La maison d’édition avait publié "First rays of the new rising son", en 1997 (NDR : un elpee réunissant des versions inédites, datant de 1968) et "South Saturn Delta", une compilation de fonds de tiroirs se focalisant sur les différentes incarnations du mythe : Experience, Gypsy Sun and Rainbows (époque Woodstock) et Band Gypsies. Enfin, l’année 2000 a livré un coffret intitulé "The Jimi Hendrix Experience", consacré à 4 heures de prises alternatives…

Et pourtant, la carrière du génial guitariste n’a duré que cinq ans. C’est l’ex-Animals, Chas Chandler qui le découvre à New York. Il l’invite à traverser l’Atlantique, et à rejoindre Londres. Et il lui déniche rapidement deux musiciens insulaires : le bassiste Noël Redding ainsi que le drummer Mitch Mitchell. The Experience vient de naître. Le combo accorde déjà quelques concerts en France (merci Johnny !) et même un en Belgique. Les hits vont alors se succéder. Dont l’éternel "Hey Joe". Puis "Purple Haze" et "The wind cries Mary". L’album "Are you experienced" est publié en avril 67. Il est suivi par "Axis bold as love" ; et enfin par son chef-d’œuvre, "Electric Ladyland". Fin juin 1969, c’est la fin du Jimi Hendrix Experience. Quelque temps plus tard, il lance un nouveau groupe : Gypsy Sun and Rainbows. Une aventure de brève durée, il faut le préciser. Avant de fonder Band of Gypsies, en compagnie de Billy Cox et Buddy Miles.

Cet opus constitue la suite d’"Electric Ladyland". Il puise donc au sein de bandes inédites concoctées par le Jimi Hendrix Experience. Les trois premières plages impliquent Billy Cox à la basse. A cette époque, les relations étaient tendues entre Jimi et Noël Redding. Ce dernier allait d’ailleurs bientôt quitter le trio pour rebondir chez Fat Matress. "Stone free" est une compo écrite en 1966. Cette nouvelle version a été adaptée en 69. Caractérisée par les répliques vocales de Roger Chapman (Family) et la participation d’Andy Fairweather-Low (Amen Corner) à la seconde gratte, elle est très différente de l’originale. Le morceau maître est ma foi, une compo fort singulière. Une ballade sont le climat atmosphérique et aventureux évoque "The wind cries Mary", mais imprimée sur un tempo plus enlevé. Le répertoire d’Hendrix incluait la cover du "Bleedin' heart" d'Elmore James. Cette adaptation est totalement différente de la version originale. Jimi est ici soutenu par Billy Cox, le drummer Rocky Isaac, Chris Grimes au tambourin et Al Marks aux maracas. Assurée par Al Kramer, la mise en forme est tout à fait contemporaine. "Hear my train a comin?" est une compo particulièrement impressionnante. Un ‘transe’ blues dont le climat torturé, psychédélique, est digne du célèbre "Voodoo chile". "Mr Bad luck" est le seul morceau antérieur à mai 1967. Chas Chandler en assume la production et les parties de basse ainsi que de batterie ont été réenregistrées, par les mêmes musiciens, en 1987. Lorsque Hendrix a débarqué en Angleterre, il a fait la connaissance d’Eric Clapton, alors impliqué dans l’aventure de The Cream. Et leurs contacts sont devenus fréquents. D’ailleurs, l’Experience avait adopté le même line up : celui du trio. Jimi rend un hommage ‘hendrixien’ au Cream, à travers une version instrumentale du fameux "Sunshine of your love". "Lover man" est le traitement réservé au célèbre "Rock me baby" de BB King. On décèle chez l’Américain, sa manière très particulière, unique en son genre même, d’appréhender le blues. "Ships passing through the night" a été mis en boîte le 14 avril 1969, c’est-à-dire lors de la toute dernière session accomplie par les trois membres originels de l'Experience. Hendrix y laisse libre cours à son inspiration. Son périple est déconcertant et périlleux, mais bigrement prodigieux. Sa six cordes passe un sale moment. La suite propose des morceaux plus connus de son répertoire. A l’instar de "Fire" et "Red House". Il ne s’agit cependant pas de prises alternatives réalisées en 1967, mais bien de nouvelles versions retravaillées en studio, en février 69. Evoluant sur un rythme allègre et parcouru par des accords de guitare débridés, "Fire" affronte les réponses vocales agressives de Redding. Quant à "Red house", il est la parfaite illustration de l’expérience ( ?!?!?) acquise par l’artiste, au cours des deux années précédentes. L’elpee s’achève par deux instrumentaux inédits : "Lullaby for the summer" et "Crying blue rain". 

 

The Fabulous Thunderbirds

The Fabulous Thunderbirds

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Plus de trente années que la formation texane roule sa bosse sur les routes du blues. Et au cours de cette longue existence, elle a enregistré le séjour d’une multitude de musiciens talentueux. Dont, bien sûr, Jimmie Vaughan. Membre fondateur et guitariste. Et puis des tas de sections rythmiques. Aussi talentueuses les unes que les autres. Mais du line up originel, il ne reste plus que le chanteur/harmoniciste mythique Kim Wilson. Pourtant, il a embrassé, en parallèle, une carrière solo. Mais son projet immortel demeure les T-Birds. Au sein du line up actuel, militent les guitaristes Johnny Moeller et Mike Keller, le bassiste Randy Bermudes et le drummer Jay Moeller. Ils ont tous un peu moins de 40 balais, alors que le toujours jeune Kim en fêtera bientôt soixante.

Enregistré aux studios Churchhouse d'Austin, en 2009, "Fab T-Birds" constitue bien le dernier elpee concocté par Kim. Mais il n’est disponible que lors des concerts accordés par le combo.

L'attaque pratiquée sur "Satisfied" est assez brutale. A cause des deux guitares texanes largement amplifiées ; pourtant, la voix chaleureuse et si caractéristique de Kim reprend rapidement le dessus, tout au long de ce R&B bien entraînant. Très rythmiques, les cordes impriment une cadence infernale. Elles sont appuyées par les percussions franches et précises du cadet des Moeller. Le tempo ralentit pour aborder "I'll be around". Les guitares restent bien à l'avant. Des effets de réverbération communiquent une coloration bayou, mais également lugubre, à l'ensemble. Nerveux, Moeller est prêt à bondir à la première occasion ; mais il est rapidement rejoint par son comparse Keller pour célébrer cette fête des cordes. Un train lancé à vive allure propulse "Take me as I am". La section rythmique est accrocheuse et solide. Les lignes de basse tracées par Bermudes pètent de santé. Soutenues par un orgue, elles vont au combat, alors qu’un chant gospel est conjugué par la voix masculine de Kim Wilson et celle, féminine, de Miss Lavelle White. Superbe ballade lente, "Do you know who I am" est remarquablement chanté par Kim. Une compo dont les lyrics soulèvent la question de l’intégration. Il raconte l’histoire d’un homme considéré comme un étranger au sein de son propre quartier, à New Orleans. Alimentée par l'orgue Hammond de David Boyle ou d’Anthony Farrell, cette chanson interpelle. "Payback time" s’ébroue dans une ambiance très roots, proche du blues du Delta. Nous somme précipités dans l’univers quintessentiel des T-Birds. Kim sort enfin son harmo de sa poche et se met à souffler. Un véritable régal ! Il a d’ailleurs conservé toute la puissance de son souffle. La machine à rythme reprend le dessus et monte progressivement en puissance, tout au long de la cover du "Love the way you love" d'O.V Wright. Kim chante à la manière d’un James Brown au sommet de sa forme. Miss White le seconde. Les cordes entament un véritable ballet. Funk et groove envahissent "Got to bring it with you". Shuffle texan de toute bonne facture, "Baby I love you" est partagé entre les plus grands spécialistes du style ; et bien entendu, la musique à bouche revient à l’avant-plan. Signé Randy Bermudes, "Runnin' from the blues" est un superbe R&B dont la ligne mélodique imparable est soulignée par un orgue Hammond. Autre R&B, mais comme Mr Wilson l’affectionne, "Hold me" est investi par des guitares classieuses et incisives. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une cover saignante du "Cat squirrell" de Doctor Ross. Une interprétation sauvage, plus que probablement opérée ‘live’, mais en studio, caractérisée par des interventions très offensives à l’harmo et un Jay qui cogne dur sur ses fûts.

Plusieurs extraits sont en écoute sur la page MySpace du groupe. Un site sur lequel plusieurs clips vidéo sont également visibles. Les T-Birds sont annoncés en Belgique pour le début du mois de juillet. Mais leurs nombreux fans se demandent si cet opus, sortira un jour sous une version physique officielle…

 

Broken Social Scene

Au feeling !

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Eponyme, le dernier opus du collectif canadien remonte déjà à 2005. Les mélomanes les plus difficiles l’estimaient trop brouillon. Les autres, particulièrement créatif. En tout cas, il n’était pas aussi raffiné que « You Forgot It in People », publié en 2002. Pour enregistrer « Forgiveness Rock Record », le collectif canadien a reçu le concours, entre autres, de Feist, Sam Prekop (The Sea and The Cake) ainsi que du légendaire John McEntire (Tortoise) à la production. A quelques semaines de la sortie de leur 3ème album, nous avons rencontré Brendan Cannings (NDR : il partage le leadership du combo, avec Kevin Drew), au café de l’Ancienne Belgique. Loquace, affable et surtout passionné de musique, Brendan nous livre ses premières impressions sur ce nouvel opus…

Pourquoi avoir choisi votre héros, en l’occurrence John McEntire pour mettre en forme « Forgiveness Rock Record » ? Qu’attendiez-vous de lui en matière de production ?

John McEntire est en effet une sorte de héros pour certains membres du groupe ! Nous sommes en tous cas fascinés par son œuvre. Quel mélomane ne le serait d’ailleurs pas, en écoutant ce qu’il a pu réaliser au sein de Tortoise. Les sessions se sont déroulées dans ses studios, à Chicago. Une merveilleuse expérience ! C’était la première fois que nous enregistrions, à l’extérieur de Toronto. J’avoue avoir été envahi par une certaine appréhension, au cours des premiers jours, mais au fil du temps l’expérience est devenue de plus en plus enrichissante. Nous avons d’ailleurs accumulé plus de 30 morceaux !

Avant d’entrer en studio, aviez-vous déjà une petite idée du choix de votre nouvelle orientation musicale ?

Avant d’entamer l’enregistrement d’un album, nous ne décidons jamais de la direction que prendra notre musique. Tout le monde débarque avec ses propres idées et nous commençons à jouer, en attendant que l’alchimie opère, que le moment magique arrive. Et après des heures de répétition, les morceaux prennent forme tout naturellement. Au feeling ! Jusqu’au moment où nous touchons à la mélodie idéale… C’est une chance que nous soyons tous véritablement mordus par la musique. Nous pouvons jouer des heures, sans nous accorder la moindre pause…

Certaines de vos dernières découvertes musicales vous ont-elles influencées ?

Tout ce que j’écoute m’influence, que je le veuille ou non. Mais il est certain que les dernières productions de Neon Indian, Atlas Sound et Animal Collective nous ont fortement marquées. Certains artistes hip-hop comme Mos Def également. Tout mon parcours musical agit sur mon subconscient, en fait. De mes premiers amours ‘metal’ jusqu’à l’indie-rock des années 90, en passant par la scène contemporaine. En entrant ici, j’ai entendu une chanson d’Erika Badu ; et je suis convaincu qu’elle influera sur mes compositions futures. Cette chanson me sensibilise tellement, que cet après-midi, j’essaierai d’aller me procurer ce cd, chez un disquaire, à Bruxelles.

Votre dernier elpee remonte à 2005. Depuis, il me semble que vous vous êtes, à l’instar de  Kevin, surtout concentrés sur vos projets solos respectifs. Vous vouliez faire un break ?

Non, non, croyez-moi, je n’ai pas chômé une seconde ! J’ai participé à l’écriture de la B.O. de certains films comme « Half-Nelson » de Ryan Fleck en compagnie de Ryan Gosling (Dead Man’s Bones) ainsi que pour deux long métrages mettant en scène Ellen Page. Tout d’abord « The Tracy Fragment » en 2006, jamais projeté dans les salles européennes, et surtout « Juno » (NDR : sorti en 2007, il a décroché une multitude d’Awards, ). En fait je compose sans arrêt…

Six personnes seulement ont participé à l’écriture de « Forgiveness Rock Record ». Cette simplification vous a-t-elle facilité la tâche ?

Que nous soyons 15 ou 6, le processus de travail en studio est quasiment invariable.

Sam Prekop (The Sea and the Cake) a participé à la confection de cet album. Vous l’aviez invité ?

Sam est un ami de John McEntire. Ce dernier lui a demandé de participer aux sessions. La rencontre s’est donc déroulée sans aucun problème. D’autant plus que tous les membres du groupe aiment ce flirt si caractéristique, entre pop et jazz, pratiqué par The Sea and the Cake…

L’aspect mélodique de « Forgiveness Rock Record » semble plus soigné. Et par conséquent les compos paraissent plus accessibles que sur les disques précédents. Notamment des plages comme “Texico Bitches” ou encore “All To All”. Etait-ce intentionnel?

Pas du tout! Nous composons nos morceaux en fonction de leur bonne transposition en ‘live’. Nous avons opéré consciemment un seul choix : ajouter un chant africain pour introduire « Highway Slipper Jam », une décision prise après avoir découvert Fela Kuti. Et je dois avouer que sa musique nous a beaucoup impressionnés…

Pourquoi avoir choisi un tel titre pour l’album ? Avez-vous quelque chose en particulier à vous faire pardonner ?

Des milliers de choses… j’estime que le pardon est l’une des émotions les plus nobles. Pas facile à accorder mais ça fait tellement du bien.

Vous avez souvent parlé de l’esprit collectif propre à la communauté musicale de Toronto. Est-il toujours bien présent, malgré le succès rencontré par certains groupes ?

Oui, la scène de Toronto est toujours aussi soudée qu’il y a quelques années. Tout le monde se connaît et s’entraide. Le centre de la ville est comme un grand village peuplé d’artistes. On se croise constamment. Il faut avouer que pour un musicien, cet endroit est assez formidable. J’ai quitté la banlieue et surtout son formatage, pour emménager au centre de la Cité, à la fin de mon adolescence. Mais je crains fort que cette ‘standardisation’ ne me rattrape et gagne peu à peu le cœur de la ville. Certains signes avant-coureurs alimentent mon inquiétude, malheureusement.

Y a-t-il un groupe sur lequel vous avez flashé, récemment ?

Vous connaissez Broken Social Scene (rires) ?

Votre collectif prend toute sa dimension sur les planches. Certaines de vos prestations sont même proches de l’envoûtement. Le public belge aura-t-il bientôt la chance de vous y revoir ?

Nous nous produirons, en tout cas, dans le cadre du Festival des Ardentes, à Liège, ce 8 juillet, ainsi qu’à l’Ancienne Belgique (NDR : la date n’est pas encore confirmée). J’espère que nos shows seront de meilleure facture que celui accordé à Louvain, il y a quelques années. Nous avons donné, ce jour-là, le pire concert de toute notre tournée…

 

 

Too Rock ?

Écrit par

Après la sortie du single « F.R.A.N.T.I.C », particulièrement diffusé sur les ondes radiophoniques, au cours de ces dernières semaines, Too Tangled, le projet rock/garage de Roeland Vandemoortele et de sa partenaire Eva Buytaert, sort ce mois-ci son premier album. Il s’intitule « The Magic Got Killed » et est tombé dans les bacs ce 30 avril 2010 !

En concert :

29/04/10 – Charlatan – Gand
20/05/10 – JH Het Varken – Edegem
21/05/10 – CC Mechelen (première partie de The Van Jets) – Malines
21/05/10 – CC TER/ Dilft - Bornem
03/06/10 – Café De Walvis – Bruxelles

29/07/10 – Nijdrop Arena-Concerten – Opwijk

http://www.tootangled.com
http://www.myspace.com/tootangled

 

Nouveau talent ‘Made in UK’

Écrit par

Adam Anderson et Theo Hutchcraft forment Hurts. Un duo qui aurait pu naître au cours des années 80. Et pour cause, empreinte de mélancolie, leur musique rappelle les Pet Shop Boys voire Depeche Mode au sommet de leur forme ! Pas moins, selon la presse anglaise… La BBC a fait du duo ‘le son de 2010’ comme elle l’avait annoncé pour Lady Gaga, Florence and the Machine et The Ting Tings. En outre, le groupe participe au NME Radar Tour, périple organisé à travers le Royaume-Uni… Alors, un groupe à suivre ou un énième feu de paille ? 

http://www.informationhurts.com
http://www.myspace.com/ithurts
http://www.youtube.com/user/videohurts

 

 

Mais où situer Locnville sur la carte musicale ?

Écrit par

Locnville, un duo… de jumeaux nés à New York, Andrew et Brian Chaplin, qui ont grandi en Afrique du Sud. « Sun In My Pocket », leur premier single est devenu un véritable tube, sans leur pays d’adoption. Le morceau a été propulsé à la première place des charts dès sa sortie et a reçu le titre de ‘Chanson de l’année’. Leur premier album vient de sortir dans les bacs sud-africains, et, en deux semaines,  le groupe a atteint la barre des 10.000 exemplaires vendus.

L'album sortira chez Sony Music Entertainment dans le monde entier cet été.

Visionnez le clip de « Sun In My Pocket » : http://www.youtube.com/watch?v=Fc2H1-rz-94

Visionnez l’histoire de Locnville : http://www.youtube.com/watch?v=Ox3gMottg4Q

Website MySpace : http://www.myspace.com/locnville

 

Les Editors nous en mettent plein la vue…

Écrit par

Deux vidéos des Editors sont disponibles sur le net. Tout d’abord, “Eat Raw Meat = Blood Drool”. Ensuite un titre exclusif, intitulé “Last Days”. Très actifs et très populaires, pour l’instant, le quatuor anglais se produira ce 30 avril au Lotto Arena d’Anvers. Mais c’est sold out. Dernière solution, Werchter, ce 2 juillet.

http://www.dailymotion.com/video/xd0jla_editors-last-day_music

 

‘M.I.A. Coming Back With Powa Powa…’

Écrit par
M.I.A., qui sera sur la scène des Lokerse Feesten en août, vient de dévoiler la date de sortie de son troisième album ainsi que son tracklisting. Le disque, dont la sortie est fixée au 28 juin, n’a pas encore de titre et la chanteuse se dit ouverte aux suggestions, à poster sur son twitter.
 
« Born Free », au sample emprunté à Suicide (« Ghost Rider »), en est le premier single. Il accompagné d’un clip vidéo qui risque de faire du bruit, sorte de Punishement Park pour rouquins. Dirigée par Romain Gavras, le réalisateur déjà responsable du « Stress » controversé de Justice, la vidéo ultra-violente et longue de 9 minutes s’est déjà vue retirée de Youtube.
 
 
 
Tracklist :
 
The Message
Born Free
Meds And Feds
Lovealot
Tequilla
It Is What It Is
XXXO
Tel Me Why
Story Told
Space

Holy Ghost! sur le fil

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Holy Ghost!, responsables de nombreux excellents remixes pour, entre autres, MGMT, Phoenix, Michael Jackson, Cut Copy ou plus récemment LCD Soundsystem, s’apprêtent à publier leur premier EP. Intitulé « Static On The Wire », il sera composé de quatre nouveaux morceaux. John MacLean, alias The Juan MacLean apporte sa contribution sur le titre-maître de l’EP. Disponible dès le 18 mai.

Tracklist

Static on the Wire
Say My Name
I Will Come Back
I Know, I Hear

Ed Harcourt, jamais à court (de ressources)

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Qu’EMI lui ai claqué la porte au nez lui importe peu, Ed Harcourt reviendra le 14 juin avec un cinquième album qu’il publiera sous son propre label, Piano Wolf Recordings. Le disque s’intitule « Lustre ». En guise de guest, le singer-songwriter à invité ses sœurs et sa femme à pousser la chansonnette sur un morceau, sous le sobriquet de The Langley Sisters. Un premier extrait, « Killed By The Morning Sun », en version live, est disponible gratuitement sur son site internet. Depuis le 23 avril, le chanteur propose chaque jour un nouveau morceau du disque, en streaming.
 
Rendez-vous donc sur  www.edharcourt.com

Les plus riches de l’industrie du disque anglaise

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Le magazine NME à révélé le top 50 des plus grandes fortunes de l’industrie du disque en Grande-Bretagne. Parmi celles-ci, on retrouve Chris Martin (Coldplay), les membres de Led Zeppelin, Phil Collins, George Michael, les frangins Gallagher ou encore Simon Cowell et Simon Fuller, les grands nababs des télés-crochets (responsables ensemble des émissions American Idol, Britain’s Got Talent, The X Factor et tous leurs dérivés internationaux).

Le top 10 et ce qu'ils pèsent en millions de livres :

01: Edgar Bronfman – boss de Warner (£1645 millions)
02: Clive Calder – boss de Zomba Records (label appartenant à Sony) (£1300 millions)
03: Andrew Lloyd-Webber (£700 millions)
04: Cameron Mackintosh – producteur de comédies musicales (£635 millions)
05: Paul McCartney (£475 millions)
06: Simon Fuller (£350 millions)
07: Mick Jagger (£190 millions)
08: Elton John (£185 millions)
09: Sting (£180 millions)
10: Keith Richards (£175 millions)










Reformation de Republica

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Depuis quelques années, les reformations sont une tendance qui a le vent en poupe. Si bien que même des groupes dont quasi personne ne se souvient de l’existence décident de tenter à nouveau leur chance. C’est ainsi que dans la famille des one-hit-wonders, Republica est la dernière formation en date à se lancer dans une réunion inattendue. Les responsables du tube « Ready To Go », publié en 1996, s’étaient séparés en 2003. Ils reviennent dès le 7 juin avec une version remaniée de ce même morceau. On-hit-wonder bis ?

Double dose de Jeremy Jay

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En 2010, Jeremy Jay publiera deux nouveaux albums.  Le premier, « Splash », plongera dans les bacs le 25 mai.

Tracklist :

 1. As You Look Over the City
2. Just Dial My Number
3. Splash
4. It Happened Before Our Time
5. A Sliver of a Chance
6. Hologram Feather
7. This is Our Time
8. Someday Somewhere
9. Why is This Feeling So Strong ?

Le second, « Dream Diary »,  sera disponible en automne. Aucune date arrêtée pour l'instant.

Tracklist :

1. Out on the Highway
2. Caught in a Whirl
3. By the Rivers Edge
4. Secret Sounds
5. In The Times
6. Shayla
7. The Days of Casting Clouds Away
8. Its just a Walk in the Park
9. Our only Lite’s a Flashlite
10. Whispers of the Heart
11. The Dream Diary Kids
12. Wild Orchids
13. The Man on the Mountain

Eagle Seagull

De drôles d’oiseaux…

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Eagle Seagull (traduction littérale, l’aigle goéland) est un curieux patronyme choisi par une formation issue du Nebraska, fondée en 2004. Responsable d’un excellent second opus, en mars dernier (« The Year of the How-To-Book »), elle se produisait au Witloof Bar du Botanique, ce 27 avril. Pas la grande foule cependant pour accueillir ce combo yankee. Et pour cause, leur notoriété dépasse à peine la zone crépusculaire de l’underground. Pourtant, il affiche un fameux potentiel, susceptible de drainer un large public. Il faudra cependant faire preuve de patience, avant de le voir concrétiser ses rêves…

Eli Mardock et sa compagne Carrie ‘Eddie Sedgwick’ Butler sont les leaders du band. Ils se plantent au beau milieu de la scène, entourés d’une multitude de claviers. J.J. Idt s’installe à gauche. C’est le guitariste. Il affiche un look de bûcheron. Le jeune Mike Overfield se poste du côté droit. Il est vêtu d’un sweater à capuche. Le drummer prend un certain recul, par rapport au podium. C’est apparemment le musicien le plus âge de l’équipe. Les attitudes du couple sont très rock’n’roll. Glamoureuses, même. Ou si vous préférez, professionnelles. Les meilleurs titres de leur dernier elpee défilent. Le timbre vocal d’Eli rappelle, manifestement, celui de l’ex-chanteur de Pulp, Jarvis Cocker. Quant à la musique, pop et dansante, elle navigue quelque part entre le Bowie des 70’s et Arcade Fire. Jusqu’alors tout baigne. Mais progressivement, on ressent un certain malaise. Le climat entre les musicos du groupe ne semble pas au beau fixe ; et ils ne cherchent guère à établir la moindre communication avec le public. On a même parfois l’impression qu’ils (se) font la gueule. Et J.J. Idt, le guitariste, tout particulièrement. A moins qu’il ne s’em*****. Quand à Eli, son regard se perd dans les méandres de son étonnante tignasse. De quoi plomber l’ambiance. D’autant plus que les compos se révèlent, au fur et à mesure, de moins en moins contagieuses. Seul le violon de Carrie Butler parvient alors à maintenir le fil conducteur. Heureusement, la fin de parcours est bien plus excitante. Et le set de s’achever en force par « You’re the Reason Why I’m Afraid to Die », c'est-à-dire le meilleur morceau de « The Year of the How-To-book ». On aura même droit à un rappel, au cours duquel les membres de la formation vont enfin esquisser un sourire.

Si Eagle Seagull veut vraiment décoller, il a tout intérêt à soigner son jeu de scène. Les compos de leur long playing, ont beau se révéler superbes, dansantes et lyriques, leur transposition en ‘live’ ne m’a pas vraiment convaincu. Les natifs de Lincoln ont tout intérêt à se secouer les puces, s’ils veulent vraiment s’extraire de l’anonymat. Suffit pas d’avoir le potentiel, il faut aussi vouloir le démontrer…

Organisation Botanique.

Various Artists

Twisted Cabaret (Volume 1.)

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La bizarrerie du mois ! Proposée par le label Volvox, cette compile est destinée à réunir des œuvres conçues par certains artistes contemporains, influencés par l’esthétique du Weimar : humour, burlesque, noirceur, satire et autodérision au programme. Né au cours des années 20, ce courant culturel cher à Bertold Brecht et Max Reinhardt a été un des plus riches de l’histoire européenne.

Le recueil réunit des artistes dont les compositions naviguent à des années-lumière des standards de la musique populaire actuelle… Et les choix sont très souvent judicieux. Suscitant même l’enthousiasme. A l’instar des marginaux The Tiger Lillies, Joel Hubaut ou Little White Rabbit Still Bleed. Si la plupart des artistes sont relativement inconnus et issus d’horizons divers –un duo japonais (Kokysyoku Sumire), une chanteuse de cabaret en français dans le texte (The Maximum Monster Music Show) ou des punks hollandais (De Kift)– on notera tout de même la participation de combos notoires tels The Dresden Dolls, The Residents et The Legendary Pink Dots.

Avant de vous farcir ce « Twisted Cabaret », un avertissement préalable s’impose : prenez du recul ! Et pour cause, tout est surjoué, exagéré, théâtral, un peu fou… voire totalement barré ! A premier abord, le « Start a Fire » des Tiger Lillies semble ridicule ; mais ce morceau prend toute sa signification à l’écoute des paroles. Une constatation applicable à la plupart des plages de cet elpee. C’est ce qui confère une cohérence certaine à ce recueil, qui ne souffre d’aucun temps mort. De l’elpee, j’épinglerai quand même « The Earlie King » et « Have You Seen My Sister Evelyn », respectivement composés par Baby Dee et les jumeaux d’Evelyn Evelyn.

Une chose est sûre, cela fait un bien fou d’écouter ce type de compos, concoctées par des artistes créatifs dont le seul souci est de laisser libre cours à leur imagination. Comme son nom l’indique, « Twisted Cabaret (Vol.1) » constitue le premier tome de cette initiative originale, permettant de découvrir des talents inconnus sévissant au sein d’un style unique et décalé. Alors, « Twisted Cabaret » : ‘Music for the Twisted Mind’ ?

Et pour que votre info soit complète, sachez que la compilation recèle également un Dvd, consacré aux prestations scéniques des artistes impliqués sur le cd audio.

 

Unitopia

Artificial

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Pas facile de chroniquer un album aussi riche en quelques lignes. A la base, Unitopia consomme un ‘rock progressif’, dont il se sert comme ligne de conduite pour développer son bouillon de culture musical. Il y incorpore ensuite des éléments ‘classiques’, ‘jazz’, ‘world’ et même ‘heavy rock’. Et cette mixture infectieuse plutôt inédite, il l’injecte à doses massives dans son troisième opus, intitulé « Artificial ».

Unitopia est originaire d’Australie. D’Adelaïde, très exactement. Une situation plutôt originale pour un combo émargeant au rock progressif. Cependant, sa nationalité ne constitue pas sa seule particularité. Et pour cause, outre le recours aux instruments rituels du rock progressif (claviers, guitares, basse), Unitopia intègre les interventions lumineuses d’un saxophone. Sans oublier la présence de deux batteurs/percussionnistes pour rythmer ses efforts. Dernière subtilité : Mark Trueack, le vocaliste, possède un organe proche de celui du Peter Gabriel à la grande époque de Genesis.

« Artificial », comme son titre le laisse deviner, est un album concept consacré aux intelligences artificielles et à leurs rapports avec les humains. L’opus propose dix titres enchaînés les uns aux autres et s’étale sur cinquante-trois minutes (NDR : l’édition limitée digipack devrait être enrichie de trois bonus tracks). Unitopia y dévoile tous ses atouts : technique, justesse, émotion et propension à créer la surprise. On pense à Genesis, Marillion, Yes, Alan Parson’s Project, aux Flower Kings et à Spock’s Beard, mais aussi au Beatles (« Nothing Lasts Forever ») et à Supertramp. Le saxophone de Peter Raidel et les percussions combinées de Jamie Jones et Tim Irrgang apportent leur touche de jazz rock, voire même de world music pour ces deux derniers. Quelques interventions d’instruments classiques (flûtes, violons) viennent parfois ponctuer le rock d’une coloration classique.

Unitopia a réalisé un petit exploit en concoctant cet « Artificial » ; et pour cause, bien qu’il soit conceptuel, cet opus est intéressant de bout en bout et on peut l’écouter plusieurs fois de suite sans éprouver le moindre ennui. Conventionnel et innovateur à la fois, l’album est destiné à toutes les générations successives d’aficionados du rock progressif. Un must, tout simplement.