Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Superbus

Un Superbus sur rails…

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Deux groupes avaient été programmés en en ouverture du concert de Superbus à l'Ancienne Belgique : Freaky Age et Eva Spektor. Un concert sold out ! Pas étonnant, lorsqu’on sait que les albums de la formation hexagonale se vendent comme des petits pains. Disques d’or, de platine, et nominations en tous genres ont ainsi entretenu leur popularité.

Freaky Age récolte un joli succès d'estime devant un parterre de préadolescents ; mais son set agace le reste du public. A cause de ses attitudes. Artificielles à force de se vouloir parfaites. Musicalement, on ne peut pas dire qu’ils cassent trois pattes à un canard ; et pourtant Pure FM a eu le bon goût de dénicher "Time is Over", seul titre valable de leur répertoire pour en faire un single durant quelques semaines.

Eva Spector, de son côté propose un son plus rugueux servant un rock scandé en français, mais qui semble heurter le public venu en masse pour écouter de la pop...

Arrive enfin Superbus : de la pop, oui, mais dont l’énergie scénique est dopée par une belle dose d’électricité... Sexy en diable comme toujours, Jennifer Ayache, se joue parfaitement de ces sonorités plus enlevées que sur album ; pourtant, lorsque les garçons revisitent Nirvana, elle a du mal à les suivre et trahit ses limites. La setlist égrène des titres issus des trois elpees du groupe, parvenant quand même à soulever l’enthousiasme du public dans ses ‘hystéries collectives’, mais il est dommage qu'elles ne soient pas plus naturelles.

Le concert s’est d'ailleurs déroulé comme un show parfaitement répété, à tel point que lorsque Greg casse sa grosse caisse, le combo éprouve des difficultés à meubler les longues minutes nécessaires à son remplacement. Peu de place à la spontanéité donc, dans ce concert par ailleurs soigné tant au niveau du son que des lumières (exception faite des 3 premiers titres, les seuls pendant lesquels les photographes peuvent approcher de la scène...)

Malgré ses limites, cette formation abat un excellent boulot ; et elle vaut mieux que l'image ‘pop 'n' gum’ qu'elle s'est elle-même forgée !...

Polyrhythm Addicts

Break Glass…

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De retour après plusieurs années d’absence dues au passage derrière les barreaux du emcee Shabaam Sahdeeq et de diverses querelles d’ego, cette formation emmenée par l’excellent Dj Spinna nous délivre un opus à la gloire du hip hop new-yorkais de la grande époque. Il suffit d’écouter « The Purist » pour s’en convaincre : de EPMD à Biz Markie en passant par A Tribe Called Quest, tous les grands noms du rap new yorkais reçoivent un hommage dans les règles. Les beats puissants de Spinna sont gorgés de soul et de funk comme dans une vieille production de Pete Rock. Les flows des trois emcees (dont la nouvelle venue Tiye Phoenix) révèrent les ‘rhyming skills’ et snobent la frime, mais on regrettera un certain manque de variété d’un morceau à l’autre. C’est d’ailleurs un des rares points négatifs de cette belle production en dehors des modes : après un démarrage en trombe (des bombes comme « Smash » et « Reachin’ » en sont les plus belles illustrations) le reste du disque s’installe dans une certaine routine, malgré quelques featurings de Large Professor, Planet Asia et Phonte (de Little Brother). Une impression renforcée par la longueur de « Break Glass ». Hormis ces quelques réserves, ce son bien solide devrait plaire aux b-boys et fly-girls plus aguerris.

 

Elvis Presley

Transmissions

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Le trentième anniversaire du King n'en finit pas d'être célébré. Ce projet ambitieux bénéficie d’une luxueuse présentation sous la forme d’une solide pochette cartonnée. L’opus offre, en outre, une partie audio, une partie vidéo et enfin un livret de 80 pages.

Le volet audio a été enregistré au sein des légendaires studios Sun, à Memphis. Dix plages. Des enregistrements remontant aux débuts d'Elvis, c'est-à-dire entre 1954 et 55. C'est "That's alright Mama", le tout premier single sorti en juillet 54, qui amorce les hostilités. Sa flip side, "Blue moon of Kentucky" embraie et ouvre la voie à "Good rickin' tonight" et "I don't care if the sun don't shine", sortis à peine deux mois plus tard. Puis à "Milkcow blue boogie" et "You're a heartbeaker", parus en janvier 55, "Baby let's play house" et "I'm left you're right, she's gone", en avril 55; et enfin le fabuleux "Mystery train" et "I forgot to remember to forget", en août 55. Ce sont bien les cinq premiers 45 tours commis au cours de la première année de carrière du King qui sont ici réunis. Le début d’un fabuleux parcours. Huit autres titres ont été immortalisés ‘live’ en 1956. Lors de célèbres shows : l’Ed Sullivan, le Milton Berle et le Steve Allen. Des classiques. Et notamment "Don't be cruel", "Hound dog", "Ready Teddy", "Heartbreak hotel" et "Blue suede shoes". Des rock'n'roll légendaires. Mais déjà des plages empreintes de tendresse qui cristalliseront, plus tard, le succès éternel d'Elvis, à l’instar de "Love me tender'" ou de "Love me", soutenu par les chœurs des Jordanaires.

Pour la partie vidéo, on y retrouve six plages tirées de l'Ed Sullivan Show en 1957 et d'un concert de 56, au cours duquel il interprète notamment "Money honey", "Shake, rattle & roll" et "Tutti Frutti". Il nous reste encore le livret, format CD, dont les 80 pages retracent la biographie d'Elvis. Le tout illustré par de superbes et nombreuses photographies en couleur (NDR : et de qualité, je le répète !). Depuis cet été 1953, lorsque le jeune rocker, âgé alors de 18 ans à peine, fait son entrée dans les studios Sun, sur l'Union Avenue à Memphis, jusqu'à cette sombre matinée du 16 août 1977, lorsque cette légende nous quittait pour toujours. Un témoignage de grande qualité.

Shivaree

Tainted Love : Mating calls and fight songs

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Le nouvel album de Shivaree « Tainted Love : Mating calls and fight songs » aligne onze reprises de compos partageant un même thème : les blessures de l’amour. La chanteuse de Virginie a adapté ici des chansons d’artistes aussi divers et variés que Chuck Berry (« I wanna be your driver »), R.Kelly (« Half on a Baby ») ou encore Gary Glitter (« Hello Hello I’m back again ») et même Michael Jackson (« Don’t Stop Till You Get Enough »). En outre, Benjamin Biolay a participé à la production de quelques morceaux. Ambrosia Parkley nous pond ici un album parenthèse plutôt fade, dont on ne comprend pas l’utilité. Quand on sait que la belle a accouché de chefs d’œuvre aussi intemporels que « Goodnight Moon » (NDR : final de la compile « Kill Bill 2 »), on ne comprend pas comment elle a pu se fourvoyer dans une telle entreprise ? On pourrait faire preuve d’indulgence car l’album a été conçu pendant la grossesse de la chanteuse. Impossible de dire s’il y a une corrélation entre l’un et l’autre mais le résultat est en tout cas une grosse déception.

Super Furry Animals

Hey Venus!

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'Du huitième album de la joyeuse troupe galloise des Super Furry Animals, on est assez triste d’émettre la constatation suivante : ni mauvais ni vraiment bon'. C’est ce que soulignait la chronique d’un de nos confrères des Inrocks. Et je partage entièrement ce point de vue. « Hey Venus! » manque manifestement de culot. Enfin, celui dont on aurait pu rêver. Super Furry Animals a beau être un excellent groupe de scène, on a l’impression que leurs compositions sont constamment issues du même moule. Pourtant, les premières chansons de « Hey Venus! » trempent dans une pop savoureuse ; et notamment « Show Your Hand », fragment qui aurait pu relever d’un elpee d’Harry Nilsson. Malheureusement, on reste assez vite sur sa faim. Les plages suivantes ne parviennent jamais à décoller, même si le thème principal de l’œuvre tient bien la route. Et sert de ligne de conduite. Il dépeint le parcours d’une jeune femme qui imagine changer son destin, en quittant la campagne pour la capitale ; cependant, son aventure n’est pas aussi idyllique qu’elle aurait espéré… On flashera quand même sur le remarquable artwork, dont le combo est coutumier ; mais c’est largement insuffisant pour changer la donne. Pour votre info, il a été réalisé par l’artiste japonais Keiichi Tanaami. On ne peut qu’espérer une revanche digne de leur prestigieux passé. A l’instar de « Rings Around the World », qui avait marqué le début du nouveau millénaire, de son empreinte.

Talking To Teapots

The Recreation Of All Things

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Au jeu des ressemblances improbables, la première image qui me vient à l’esprit à propos de Talking To Teapots est un terrain de squash. Ce dernier à la malsaine particularité de permettre dans ses dimensions, une pointe de vitesse fulgurante, mais plus assez de terrain pour éviter le choc frontal avec le mur. Il serait même croustillant d’imaginer les membres du groupe en tenue sportive, slamant contre les parois vitrées du terrain en question. Le pire, c’est que ces Suédois en seraient capables ! Farfelus et complètement délirants, ces punks d’une ‘aire’ nouvelle cultivent l’autodérision et l’absurdité comme fer de lance. Techniquement, ils semblent prendre plaisir, voire même s’éclater, à composer des mélodies pop/rock qu’ils dynamitent à grands coups de riffs et de distorsions hypothétiques. L’énergie de leurs compos est essentiellement produite par les bras de William Nordström aux fûts qui soutient les excellents délires de Månsson, Emil Göran Engblom et Karl A Jönsson aux voix, claviers et guitares. Catalogué dans le rock indé, Talking To Teapots sabote méthodiquement tous ses morceaux pour ne pas finir enfermé tels des oiseaux en cage. Et sur des plages comme « Everybody Has A Point » ou « Walking Thru The Nation », ils se permettent d’adresser un pied de nez aux catalogueurs fainéants qui n’auraient pas pris le temps de désamorcer chaque mine pour y découvrir caché, un son neuf et en perpétuelle mutation. Les quatre Suédois seront en tournée dans notre pays début décembre. Ils assureront les premières parties des concerts des Tellers. Energique et expérimental, leur son est bien différent de nos compatriotes ; ce qui laisse présager un échauffement de salle impétueux. Il est même probable que les Tellers auront beaucoup à faire pour ne pas laisser tomber la sauce que leur première partie aura fait monter. A voir donc !!

Telephone Jim Jesus

Anywhere Out Of The Everything

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La grande famille Anticon a encore de beaux jours devant elle. Trois ans après « A point Too Far To Astronaut… », George Chadwick, l’homme à l’étrange sobriquet, revient armé d’une nouvelle collection de délices auditifs. « Anywhere Out Of The Everything » est un surprenant voyage vers l’inconnu dont chacune des étapes désoriente. Le guide transporte et malmène ses promeneurs d’un lieu à l’autre sans leur demander leur avis. Et ces heureux voyageurs acquiescent instinctivement, savourant chaque instant de cet étrange et captivant périple. Sur la route, ils croiseront les visages familiers d’Alias, Odd Nosdam, Pedestrian ou encore Yoni Wolf (Why?). Et à l’arrivée, d’aucun ne voudra quitter le navire, s’agrippant à la barque dans l’espoir de pouvoir revivre cette expérience métaphysique à l’infini…

Tuxedomoon

77o7 tm - The Tuxedomoon 30th Anniversary Box

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Collectivement ou séparément, les membres de Tuxedomoon sont aujourd’hui responsables d’au moins cent albums. Et on ne compte plus leurs multiples collaborations dans le monde du théâtre, du film, de la danse et de la littérature. Bref, pour fêter leur 30ème anniversaire d’existence, le groupe devait frapper fort. Et il y est parvenu. En décidant de sortir un box en même temps que leur nouvel opus, « Vapour trails ». En édition limitée, cependant. Sous-titré "77o7 tm", il contient 4 disques dont trois audio et un Dvd. C'est-à-dire, leur elpee flambant neuf, un cd contenant des archives non reproduites sur support à ce jour, un cd live enregistré début 2007 et un Dvd de 160 minutes.

« Unearthed: Found Films » est un Dvd découpé en sections distinctes, parmi lesquelles on épinglera « Ghost Sonata », une musique destinée à un opéra sans paroles qui n’a jamais été joué et traduit ici en court-métrage. Toute une série de vidéos ("A Thousand Lives By Pictures"), un documentaire immortalisé en tournée ("Mythical Puzzle") et des expérimentations vidéo live commises fin des seventies, début des eighties ("Jet Wave" and "Colorado Suite") complètent le tableau. Des documents exceptionnels qui démontrent le cheminement incroyable opéré par cette formation mythique. A cet égard, si vous souhaitez un guide pour suivre le fil de leur histoire, je vous invite à lire ou à relire l’interview que Musiczine leur avait consacrée en 2003 (http://www.musiczine.net/fr/index.php?option=com_alphacontent&section=2&cat=12106&task=view&id=1327&Itemid=36).

« Unearthed: Lost Cords » réunit 15 titres jamais enregistrés à ce jour, dont une majorité de versions démo. Des morceaux commis entre 1977 et 1997, parmi lesquels j’épinglerai le superbe « Atlantis » (NDR : une flip side datant de 85) ainsi que l’insolite et exotique « Brad's Loop ». Mais le reste vaut son pesant de surprises.

« 162o7 (39°N 7°W) » est donc le ‘live’ immortalisé début de cette année. Douze fragments parmi lesquels, on éprouve un immense plaisir à écouter « Luther blisset » et ses cuivres conjugués à la perfection, l’énigmatique « Still small voice », le semi-cabaret « Baron Brown », un « Triptych » plongé dans la musique de chambre contemporaine, le latino, intimiste et douloureux « Muchos colores », le classique « A home away » et en final le punk cérébral « The beast », finalement tellement proche du Wire des débuts.

Mais venons-en enfin au  nouvel opus, « Vapour Trails ». Partagé en huit plages, je dois avouer qu’il n’est pas facile à digérer. L’expérimentation y est encore une fois très présente, et plusieurs écoutes sont indispensables avant de commencer à pouvoir s’en imprégner. D’ailleurs, je dois humblement avouer, ne pas encore être parvenu à me familiariser complètement avec la solution sonore de deux ou trois titres. Et en particulier « Dark temple », sorte de mélange improbable entre lounge jazzyfiante et électro-acoustique ténébreuse. « Waddin in to love », également. Presque soul, mais dans l’esprit de Tuxedomoon. Et enfin « Big olive », sorte de fusion jazz/funk/punk. Hanté par les accords sinistres d’un piano bar, il aurait pu relever du répertoire de Pere Ubu. Les cinq autres fragments adoptent un profil plus ‘classique’ tout en demeurant, bien sûr, avant-gardistes. Depuis le filmique et de mauvaise augure « Muchos colores », chanté dans la langue de Cervantes par Blaine Reininger à l’insolite « Epso meth lama », au cours duquel chœurs soviétiques ( ?!?!?) et electro ambient hypnotique (Tangerine Dream ?) baignent dans un climat arabisant enrichi d’un piano bar (NDR : rien que ça !) « Still small voices » épouse cependant un format plus rock, et lorgne manifestement vers le notoire « Heroes » de Bowie, alors que cuivré à la manière de Miles Davis, « Kubrick » trempe dans une sorte de post rock contemplatif et cauchemardesque. Reste donc « Dizzy » dont la boîte à rythmes torrentueux tapisse un univers sonore né d’une fusion entre le jazz, le rock et le psychédélisme. Toute une analyse qu’il est nécessaire de placer dans un contexte propre à Tuxedomoon. C'est-à-dire de musique intemporelle.

Bref, pour tout aficionado de Tuxedomoon, ce box est indispensable à sa collection. 

Two Star Hotel

Sweat & Glitter

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On aime bien Two-Star Hotel. Paru deux ans plus tôt, leur premier album de ‘plastic avant-rock’ épileptique laissait augurer le meilleur pour la suite de leurs aventures. Hélas, « Sweat & Glitter » déçoit quelque peu. L’approche s’est faite plus pop que sur le disque précédent mais la production manque d’audace et le son est beaucoup trop gentil pour un groupe capable de se frotter au meilleur du rock’n’roll en concert. On sent que l’influence est proche de Devo et The Hives, mais les Liégeois n’arrivent pas à égaler leurs illustres modèles. La faute à un accent disgracieux au chant ; mais également au manque de radicalisme du mixage et de la prise de son. « Waking in Line » en est probablement la plus belle illustration. Cette petite tuerie en ‘live’ a perdu son charme après traitement au laser. Et le reste du disque souffre du même syndrome. Pas mal de bonnes idées sont ainsi gâchées par un conditionnement sonore un peu trop chirurgical et antiseptique.

Various Artists

Spirit Mountain – Authentic Music of the American Indian

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La série « International Music Series » est censée permettre de découvrir des musiques folkloriques du monde, jouées sous leur forme originelle. Une affirmation qui suscite une méfiance vite confirmée par l’écoute de ce ramassis d’idioties. Ce volume suppose donc s’intéresser à l’univers sonore traditionnel des Indiens d’Amérique du Nord. Et éclairer l’auditeur ignorant. Au final, il se révèle (à quelques rares exceptions près) une désagréable succession de titres dopés aux synthétiseurs d’un goût douteux. Ils me rappellent même la série « Walker Texas Ranger » de l’impayable Chuck Norris ou les orchestres ambulants qui exécutent, dans les rues commerçantes, des playbacks à la flûte de pan, sur des disques enregistrés aux Pays-Bas. A éviter.

Waldeck

Ballroom Stories

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Retour aux années ’20. Une époque où les années étaient folles et Joséphine Baker en était impératrice. L’Autrichien Klaus Waldeck nous transporte à l’endroit même où tout s’est arrêté et reprend joyeusement le flambeau. Mélange subtil de pop, de jazz, de tango, de dub et de soul, « Ballroom Stories » est l’une de ces petites friandises inattendues qui vous tombent dessus dans le seul but d’égayer votre journée. Les charmantes comptines historiques de Waldeck, susurrées par Joy Malcolm (ex-Incognito), Brian Amos et Zeebee, font du bien par où elles passent. Fondamentalement différent de ses précédents travaux, « Ballroom Dancing » vaut bien mieux qu’une compilation lounge et devrait permettre à Waldeck de s’introduire tranquillement sur les scènes des festivals européens. De quoi swinger l’assistance en deux temps trois mouvements.

Abdominal

Escape From The Pigeon Hole

Écrit par

‘Welcome to Toronto Brother !’, telle est l’invitation lancée par Mc Abdominal pour voyager au milieu d’une scène hip hop canadienne en plein mouvement (Ghislain Poirier, Sixtoo, Cadence Weapon). Sorti sur le label Antidote (Prince Paul, Madlib, Steinski,…) et servi par des productions d’Ugly Duckling, de Jurassic 5 et de Dj Format, « Escape from The Pigeon Hole » tire son épingle du jeu de façon plus qu’honorable. Caractérisé par ses breaks entraînants et ses samples colorés, cet album s’éloigne des productions américaines industrielles. Exit les ‘b…chs’ et les ‘ni…z’ à chaque strophe. Lorgnant vers le son de San Francisco, « Escape from The Pigeon Hole » est un album classique sans grosse surprise. Et c’est bien là que se situe le plus gros bémol. Malgré les scratches précis et rafraîchissants de Dj Dopey (champion DMC 2003), l’impression générale reste mitigée. Le manque de variété autant dans les beats que dans le flow (très peu de featurings présents) se traduit par un album fort rectiligne. On aurait préféré quelques interludes distrayants ou encore des productions s’éloignant de la Bay Area afin de donner un peu plus de consistance à l’ensemble.

Côté positif, la capacité pulmonaire de Mc Abdominal reste cependant impressionnante et se pose parfaitement sur les beats de ses compagnons de jeu. Les bonnes idées sont de mise sur la première partie de l’album et elles s’enchaînent sans la moindre faute : des productions léchées aux sonorités jazzy et funky, up ou down tempo. Classique sans jamais se prendre la tête,  « Escape from The Pigeon Hole » vous réjouira donc si vous êtes à la recherche d’une alternative hip hop loin des poncifs de la west coast. La parfaite B.O. d’un après-midi ensoleillé…


Animal Collective

Strawberry Jam

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Entres les projets solos de Panda Bear, la meute d’Animal Collective à repris le chemin des cuisines afin d’y préparer dans une marmite en cuivre une recette bien perso : la confiture de fraises ! En fins stratèges du son, le combo fait passer les titres, les univers déjantés, et les compos ‘patchworkées’ sous des airs de bricoleurs tâtonnants. Mais peu de gens tombent encore dans le panneau, assurés depuis belle lurette que tout ce foutoir sonore a un sens logique, voire même méthodique. Bruitistes dans l’âme, ils semblent avoir gratté le fond de la pop folk pour enfin passer à un travail beaucoup plus mature. Fini le temps du chaos issu de potaches venus s’éclater. Les voix ont pris un sens plus posé et les mélodies sont cousues avec plus de précision. Un revirement étonnant, vu la tendance naturelle à foutre le bordel. Une situation si souvent répétée sur les précédentes galettes. Mais « Strawberry Jam » garde cet air enfantin, cette envie de soleil et d’énergie qui est un peu le fond de commerce de cette bande de potes de Baltimore. Apostrophées par des sons sortis d’on ne sait trop où, les neuf pistes se tartinent avec générosité et facilité sur le pain un peu desséché de nos vies. « Strawberry Jam » recèle, à l’instar des précédents opus, quelques petites perles à enfiler les unes derrière les autres, comme pour confectionner un collier. « Peacebone » et son intro décoiffant et hypnotique, « Unsolved Mysteries » accompagné au banjo et orgue de barbarie désarticulés, « Chores » et sa transmission d’énergie, « Fireworks » et sa chorale d’allumés… Chacune des pistes recèle sa spécialité, son cachet et ses ingrédients. Le tout mélangé et cuit à feu doux, procure bonheur, réconfort, et même pas de caries… A déguster sans la moindre modération, il va de soi …

Dragons

Here are the roses

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Les bras en croix, il a le teint hagard et les membres engourdis, mais concentre la hargne du survivant. Avec une précision chirurgicale, Dragons a fait renaître le spectre des regrettés Joy Division. Ambiance sombre et énigmatique d’où s’élève une voix d’outre-tombe ; la batterie martèle au métronome sur des harmoniques anxieuses et des guitares crispées. L’attente d’un paroxysme annoncé tire l’album dans une urgence souvent jouissive. Malheureusement, le contenu laisse plus perplexe. « Here are the roses » toussote des mélodies avortées. A découvert, il respire plus souvent la copie pâle, affable et surannée. Car à l’opposé d’Interpol et Editors, Dragons perd en singularité autant qu’il excelle en reconstitution. Les plus sceptiques crieront au blasphème ou à l’imposture. Les autres laisseront une chance à ce son puissant et ces références admirables. Les coutures sont solides, la force ne manque pas, mais jamais les balbutiements du disciple n’égaleront la parole du maître. Et aussi fidèles et dévoués soient les deux protagonistes de Dragons, ils effleurent autant l’anachronisme que le génie imitateur. Un album dispensable pour qui n’a pas encore exploré avec zèle les discographies de Joy Division et New Order ; curieux et intéressant pour les insatiables du mouvement, qui y trouveront une explosion de miettes cold wave au goût amer. Non, Ian Curtis n’est pas ressuscité.

Flavio Guimaraes and Prado Blues Band

Flavio Guimaraes and Prado Blues Band

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Outre son implication chez Blues Etilicos, Flavio Guimaraes se réserve une carrière individuelle. Un espace solo qu’il a déjà ponctué d’opus très intéressants. Et en particulier "Little blues" en 1995, "On the loose" en 2000, une "Jam for Big Walter", un "Tribute to William Clarke" et "Navegeita" en 2003, ainsi que "Coletänea" en 2005. Harmoniciste notoire, Flavio sévit au sein du tout aussi réputé Blues Etilicos ; un ensemble en compagnie duquel le musicien de Rio de Janeiro a participé à la confection de dix albums au cours des vingt dernières années. Ce nouvel opus a reçu le concours d’Igor Prado à la production.

L’elpee s’ouvre par "I may be wrong", une compo signée Count Basie. Le swing envahit ce boogie jump. Une plage idéale pour mettre la formation sur orbite. Le versatile Igor Prado se réserve la guitare et le chant, Ari Borger les claviers. Dans son style boogie, il s’agit du meilleur pianiste de blues brésilien. Une section de cuivres imposante communique parfaitement cette impression de big band indispensable à l'atmosphère Basie. Et il revient à Flavio de conclure à l'harmonica face aux 88 touches d'ivoire de Borger. Flavio est un élève, davantage même : un disciple du regretté William Clarke. Par conséquent de l'instrument chromatique. Il rend hommage à son maître sur "Missing Mr Clarke". Il s’y révèle très brillant. Une compo aux accents jazz et swing imprimée sur un tempo vif. Les échanges entre Flavio et les cordes d'Igor sont de bonne facture. Miss Jeannette Clarke, la veuve de William, a d'ailleurs déclaré tout le bien qu'elle pensait de ce "Missing  Mr Clarke". Ce morceau baigne dans un climat West Coast. "T-Bone shuffle" est le fruit d’un subtil cocktail de blues et de jazz. Flavio se concentre au chant et Prado prend son pied en épousant le style cher à T-Bone Walker. Constituée de Yuri Prado aux drums et de Marcos Klis à la basse acoustique, la section rythmique est légère et sautillante. Le duo est toujours au poste pour "Riding with Ray" ; mais pour la circonstance, Howard Levy a été invité à siéger derrière les ivoires. Howard est new-yorkais. Pianiste, mais également harmoniciste, il a milité chez Bela Fleck and the Flecktones. Igor brille au chant sur le sémillant "Please send her home to me". Son ton est même agressif. L’attaque sur l’instrument chromatique de Flavio est sublime. "Tin pan Alley" campe un slow blues traditionnel. Classique, si vous préférez. Flavio le chante en s’accompagnant à l'harmonica diatonique. Guimaraes rend un hommage chromatique à George ‘Harmonica’ Smith (NDR : la source d'inspiration principale de William Clarke) sur "George's boogie", un exercice instrumental semblable à "Missing  Mr Clarke". "Lazy thing" opère un retour au jump style. Flavio chante cette plage caractérisée par les interventions étincelantes d'Igor aux cordes. L’osmose entre les deux musicos est largement mise en exergue lors du shuffle instrumental "Below's shuffle". En soutien, Mr Yuri Prado assure un tempo à la fois bourré de vitalité et métronomique. Décidément insatiable, Igor en remet une solide couche sur son "Swing me baby". La partie de cordes est impériale. Les vocaux accrochent instantanément. Cet axe Chicago – Los Angeles passe par Rio. Flavio chante le traditionnel "Put the kettle on" que le PBB reprend en chœur. Un second harmoniciste entre en scène : Mr Ivan Marcio, collaborateur habituel des frères Prado. Il vient rivaliser avec Flavio. "Going home tomorrow" voyage au cœur des swamps louisianais. Coécrite par Fats Domino, cette plage semble se dérouler en l'absence de Flavio. Igor chante et joue chaleureusement ce blues. L'harmo d'Ivan Marcio suit cette compo à la trace. Après un dernier instrumental intitulé "Boogie do Cauê", l’opus s’achève par "Louise". Un morceau qui se recueille dans l'intimité acoustique d'un impeccable duo acoustique. Igor et Flavio conjuguent un dernier hommage à l’une de leurs influences majeures : Big Walter Horton. Un remarquable album!

Rodney Hunter

Hunterville

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L’Autrichien Rodney Hunter est probablement l’un des résidents les plus énigmatiques du label G-Stone. Bien sûr, il a vu sa réputation croître grâce aux succès retentissants de ses deux créateurs Kruder et Dorfmeister. Mais le Viennois a fait ses armes depuis déjà bien longtemps, dans le monde de la musique. D’abord bassiste pour Mordbuben AG, sa carrière explosera au début des 90’s au sein du combo de hip hop Moreau. Il y effectuera des rencontres décisives pour son avenir. Et côtoiera notamment Peter Kruder, DJ DSL et Sugar B, qui le forceront à créer en compagnie de Werner Geier, son propre label Uptight. S’enchaîneront un ‘Grammy’ et des remixes pour des artistes tels que Omar, Cornershop ou encore Gravediggaz.

L’‘Hunterstyle’ est né ; et c’est en 2004 qu’il rejoint l’écurie G-Stone pour un premier album intitulé tout simplement « Hunter Files ». Influencé par Quincy Jones, Herbie Hancock ou encore Kool and the Gang, Hunter présente avec un brin de mégalomanie sa ville : Hunterville.

Coproduit par Peter Kruder, son deuxième opus mêle funk, électro, hip hop, house et dub. Et manifestement, il s’annonce très chaud sur les dancefloors. Paire de Ray Ban oblige, c’est avec la chemise dégrafée de deux boutons et les pompes cirées que l’on se précipite sous les lumières chaudes des clubs. Après des « Hunterville » chuchotés, le tempo est donné par « Huntermatic ». Titre qui vous jette sur la piste pour y suer à grosses gouttes. Brûlantes. Jusqu’à « Glamour Girl ». Véritable revival 80’s sur une reprise de Gypsy Woman, ce titre vous incite à fredonner ce ‘Ladadi Ladada’ toujours à la mode. « No Stoppin » nous rappelle les grandes heures de Marvin Gaye et de son « Sexual Healing ». De quoi nous faire rêver lorsqu’on entend le ‘Wake up, Wake up’ susurré au creux de l’oreille.

Même si les voix un peu trop R’n B, apportées par huit invités de marque, faussent légèrement l’esprit du label G-Stone, cet opus risque de devenir un des disques les plus torrides de la saison. Vu le climat et le temps maussade, on en aura grand besoin !

Kinski

Down Below It’s Chaos

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En pénétrant  “Down Below It’s Chaos”, on franchit d’abord un pallier qui mène à une antichambre où un riff métal nous accueille les cordes tendues (“Cry Baby”). Il sera notre hôte pour la soirée ; il nous en fait la promesse. En écartant ensuite deux rideaux noirs, épais et lourds, on se sent littéralement engloutis dans la pièce sombre qui s’ouvre à nous. Aspirés et englués telles des mouches sur un rouleau collant prévu à cet effet, nous nous retrouvons, malgré nous, spectateurs de l’évènement. Kinski à dépassé les limites ! Celles qu’il s’infligeait lors des précédents opus, semblerait-il. Même si parfois « Rhode Island Freakout » ou « Schedule For Using Pillows and Beanbags » sur l’album « Airs Above »  (2003) semblaient être les prémices de « Down Below It’s Chaos ». Pour ce dernier essai, Kinski a décidé de chausser des chaussures de béton, s’évitant tout envol mélodique pour ne garder que le brut de la pièce. Non contents de nous décoiffer d’entrée de jeu, Kinski frise la provocation en nous invitant à goûter une douceur truffée au poivre. En l’occurrence « Boys, Was A Mad », sorte d’opéra rock onirique où l’on vient toucher le très bas, le très noir du métal. Ingénieux comme pas deux, le combo ne se laisse jamais engluer dans le tunnel visqueux du genre. En proposant au sortir de chaque hystérie musicale, un temps de repos (« Dayroom At Narita Int'l », « Argentina Tuner »,…) afin de préparer nos sens vers d’autres frissons, d’autres émotions, plus fortes, elles encore (« Hild had to catch a train », « Punching goodbye out front »,…) Parfait pour se remettre en forme, l’elpee est certainement l’enfant caché d’une centrale électrique qui se serait fait engrosser par un seau de souffre. Mélange plus que détonant…

Kon and Amir

Kon and Amir Present Off Track Volume One : The Bronx

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A New York, lorsqu’on évoque le Bronx, on pense tristement aux quartiers malfamés. Les fans de sport évoqueront davantage le stade mythique des New York Yankees et ses 54 000 places assises. Quant aux littéraires, ils se remémoreront les derniers moments de la vie d’Edgar Allan Poe, passés au très renommé ‘Poe Cottage’.

Lorsqu’on parle de musique, il serait impensable de contourner deux maîtres absolus du didjeing : Kon and Amir. Originaires de Brooklyn, ces amis de longue date ont réalisé, un peu à la manière de Robert De Niro, un « Bronx Tale ». « Kon and Amir Present Off Track Volume One : The Bronx ». Un double album de pur bonheur destiné à faire vibrer vos soirées nourries au jazz/funk.

Depuis 1997, ces deux Ricains prolifiques nous régalent de leurs compilations « On Track ». Six à ce jour ! Sans oublier les deux albums : « The Cleaning » et « The Kings of Diggin’ », concoctés en compagnie du Japonais DJ Muro. Pour la série « Off Track : The Bronx », Kon and Amir ont signé chez le label londonien BBE (Dimitri From Paris, DJ Vadim). Pour 5 compiles. A venir donc Brooklyn, Queens, etc.

Véritables bibles musicales, ces New-yorkais sont parvenus par le biais de cet opus à immortaliser des titres d’artistes injustement méconnus ou méprisés. Le soldat inconnu est maintenant réputé !

Mixé par Kon, le premier disque révèle des titres aux influences ‘soul’, disco et funk. Des morceaux typiques des 60’s et 70’s. Les 14 plages à pousser à fond dans une Mustang, vous feront vivre cette époque où les juke-boxes dictaient leurs lois et les dancefloors avaient fière allure. Si un titre est à épingler, c’est manifestement le « Darling I Love You » de Jorge Santana. Grâce aux  ‘Claps, Claps’ et à une basse rebondissante, vous produirez un déhanché comme jamais réalisé auparavant. De quoi épater la galerie !

Mixé par Amir, le second disque, est malheureusement le moins accessible à l’écoute. Les titres sont d’une qualité remarquable, mais le jazz a toujours suscité de vives interrogations. Pourtant, le « Destroy the Nihilist Pic Nic » du London Experimental Jazz Quartet possède toute les caractéristiques d’un grand titre. Il procure une incroyable sensation dès le claquement des notes d’un piano fusionné aux cris d’appel d’un saxophone libre comme l’air. Mais rien à faire, ce disque passe moins bien que le précédent. Pas trop difficile, dès lors, de reprocher à Amir de ne pas être parvenu à nous coller une grosse baffe comme Kon a su le faire.

Maintenant, il ne faut pas non plus en faire tout un plat. Sur 28 titres, plus de la moitié passent très bien la rampe. Et ce n’est pas parce que l’oreille est critique qu’il ne faut pas se montrer indulgent à l’égard d’Amir. Après tout, il lui reste encore quatre chances de nous épater. Vivement la suite !

Paul Lamb

Snakes & ladders

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Cette formation est originaire du nord-est de l'Angleterre. Au fil du temps, elle est devenue la plus prestigieuse en matière de blues. Outre-Manche, bien sûr. Paul Lamb est un harmoniciste remarquable. Largement inspiré par Sonny Terry il a débuté chez Smokestack Lightning, en 1979. Le patronyme s’est transformé en Barfly puis en Blues Burglars, un combo responsable d’un elpee en 1986, "Breaking in", paru chez Red Lightnin. A cette époque il avait d’ailleurs effectué ses premiers pas en Belgique. Au Banana Peel, très exactement. Le patronyme va ensuite encore transiter du Paul Lamb Blues Band au Paul Lamb & the Kingsnakes. Sous cette dernière formule, le collectif signera son premier opus éponyme. En 1990. Sur le label Blue Horizon ressuscité pour la circonstance. Un disque suivi, en 92, par "Shifting into gear", édité sur le label belge Tight & Juicy (NDR : hello Jeroen!)

Près de dix albums plus tard, Paul Lamb & The King Snakes propose un enregistrement opéré live en septembre 2006. Au Tivoli Theatre. A Wimborme, dans le Dorset. Le dernier opus était sorti également, il y a moins de cinq ans. C’était également un disque immortalisé en public : "Live at the 100 Club". Mais depuis, les changements de personnel ont été déterminants. Chad Strenz est revenu au bercail. Et c'est un réel bonheur ! Le chanteur des Kingsnakes a sévi à l'époque glorieuse du groupe. C’est à dire entre 1991 et 1999. Fidèle compagnon des premières années à la guitare, John Whitehill a été remplacé aux cordes par le jeune espagnol Raul de Pedro Marinero. Il était déjà impliqué sur le dernier opus studio, "I'm on a roll" ; un elpee paru en 2005, chez United Producers. La section rythmique est constituée de vétérans du british blues : Rod Demick à la basse et Sonny Below aux drums. En y ajoutant Ryan Lamb, le fils de Paul à la guitare, pour une partie du concert, il ne nous reste plus qu’à laisser la formation monter sur les planches du Tivoli Theatre.

Le répertoire est partagé entre solides compos de Paul (dont trois issues de l'album précédent) et canons du blues signés par ses maîtres. Dès l’entame, Paul attaque son "Crazy for me", un titre rompu aux tournées. Imprimé sur un Bo Diddley beat, il s’adapte parfaitement aux changements de rythme. Le timbre vocal de Chad est idéal pour accompagner Lamb et Raul, un gratteur original et créatif. "Money world" est un swamp blues particulièrement apprécié par la bande à Lamb. Les lyrics y sont personnalisés. Ecrits par Paul, il stigmatise ce ‘monde de l'argent’ privilégié par Tony Blair. Il y signe son premier solo de bravoure. Ces deux plages figuraient sur l'album "Take your time and get it right", un disque sorti en 2000. Lamb et Strenz signent "Adopted child". Tout au long de ce blues lent, Paul est passé à l'instrument chromatique. Il y excelle à la manière d'un certain William Clarke. Bouleversant dès l’introduction, Chad se révèle divin au chant. Des flots de sensibilité inondent les notes dispensées par Raul de Pedro. Les rythmes exotiques des îles de l'Atlantique envahissent le "Far far away" de Chad Strenz. Et en particulier le cha cha cha, dont s’inspire le très latino Raul. Paul annonce l'arrivée de son fils Ryan. Préposé à la guitare, il participe à la suite du concert. Paul attaque une cover du notoire "Things I used to do" de Guitar Slim. Le soldat Ryan y exécute déjà une brillante sortie. "Sweet sweet woman" est imprimé sur tempo enlevé. Paul commence à dispenser ses ‘whoopee’ rituels et se lance dans un divertissement d'harmo auquel le public participe largement. Lamb adore Sonny Terry. C'est avec une pointe d'émotion qu'il se rappelle leur rencontre dans les années 70. Il lui rend un vibrant hommage sur le "You better mind" de Terry et McGhee, un country blues rarement adapté aujourd’hui. C'est à souligner. Il poursuit par une reprise du "Easy Rider" de Ma Rainey et Leadbelly. La machine est parfaitement huilée. Elle peut baliser la fin du set lors de la énième version du standard de Muddy Waters, "Got my mojo workin". Le combo y manifeste une cohésion irréprochable. "Mr Lanb's jump" permet de présenter une dernière fois les acteurs au public. Lors du rappel, Paul et Chad se partagent un duo. Au chant, à la guitare et à l’harmo lors de l’interprétation du célèbre "I got a woman" de Ray Charles. Après avoir dressé les oreilles, je vous invite à ouvrir les yeux afin de poser le regard sur un nouveau Dvd consacré à Paul Lamb, édité sur le même label allemand, et intitulé "A journey through the blues … with an harmonica".

Mr-Spartako

Démo

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Le hip hop bruxellois se porte bien et Mr-Spartako en est une preuve supplémentaire. C’est la raison pour laquelle on prend la peine de parler de cette démo confectionnée l’an dernier. Six titres qui ont permis à la formation de se produire au festival de Dour mais aussi dans plusieurs endroits alternatifs de la capitale comme le Magasin 4. On tutoie ici un abstract hip hop qui rappelle les défunts Antipop Consortium. A l’instar de ses collègues new-yorkais, Mr-Spartako dévoile son penchant pour les sonorités électro accidentées (« Gravier ») et le jazz mélancolique (le superbe instrumental « Lupus Dei »). L’inventivité musicale sert parfaitement des paroles enfumées qui baignent dans un spleen urbain. Mais les gaillards ne crachent pas sur quelques touches salvatrices d’humour, ce qui est toujours bon signe. Chaudement conseillé!

Róisín Murphy

Overpowered

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A l’énoncé de son nom, peu de sourcils se lèvent. Roisin Murphy, c’est qui ça ? Non connais pas… s’entend-t-on souvent répondre. Même sa photo peut laisser perplexe, tant l’ange blonde est loin de l’image qu’elle transmet artistiquement. C’est au niveau des cordes vocales que se place la meilleure de ses cartes de visite. Mais oui, je connais cette voix. Ben tiens, c’est la voix de Moloko… ah ouaiiiiss…

Débutante du  travail en solo, c’est déjà le deuxième opus que l’artiste vient nous proposer, « Ruby Blue » constituant sa première expérience en solitaire, après s’être séparée du groupe Moloko. Il était paru en 2005. « Overpowered », son deuxième enfant, vient flinguer les dance floor, en baladant ses beats clubbing à gogo. Et c’est là la grosse différence entre les deux albums. Deux ans de travail, de recherche, et Roisin se détache à la javel, de l’esprit jazz trip hop de « Rudy Blue » pour enflammer les soirées paillettes et boules à facettes. C’est lors de son retour à Sheffield que la transformation s’est apparemment opérée. S’imprégnant d’écoutes de morceaux disco, et sous les bons conseils de son ami Parrot que Roisin entre en studio en compagnie d’inconnus dont elle apprend au fil des enregistrements à tisser les liens qui donneront naissance à  « Overpowered ». Sur une base electro, les influences 80’s semblent charger chaque morceau afin de lui inoculer son cachet et son âme.

D’entrée de jeu, la chanteuse pose fièrement sa voix sur le titre maître. Un beat bien entraînant est soulevé par des effets électro, mixés eux-mêmes sur du son purement disco. La sauce prend directement. Elle prend tellement bien, qu’au fil des treize morceaux, la qualité baisse et on recherche vainement le boost du début d’album. De tempos entraînants, on frôle la dance cheap, voire même la house de grandes surfaces. Même si la voix de Roisin vient à la rescousse pour essayer de sublimer l’instant, le résultat est loin d’être probant. On aurait préféré une courbe ascendante capable de nous conduire vers le bout de la nuit, sans nous en rendre compte. Mais malheureusement, l’énorme flamme du début perd de la prestance et finit même par pratiquement s’éteindre sur la fin. L’oeuvre reste malgré tout très sympathique dans son ensemble, et devrait facilement et idéalement servir de fond sonore pour une soirée un peu ‘punchy’ entre amis.