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Velvet Revolver

Libertad

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Si les treize titres qui composent le nouveau bébé de Velvet Revolver étaient à la hauteur du phénoménal « Let it Roll », qui ouvre les hostilités, « Libertad » aurait sans aucun doute pu prétendre au titre de meilleur album hard de l’année. Malheureusement, c’est loin d’être le cas.

Petit rappel. En 2003, Slash, Duff McKagan et Matt Sorum, tous ex Guns n’ Roses, s’accoquinent avec Scott Weiland, ex vocaliste de Stone Temple Pilots, toxicomane invétéré en rédemption. La formation, enrichie du guitariste Dave Kushner, écume les clubs de Los Angeles sous le nom de Velvet Revolver. Un joli clin d’œil au groupe d’Axl Rose toujours en plein marasme. Dans le milieu, on ne mise pas 10 cents sur le projet mené par Slash, si bien que Velvet Revolver se voit rapidement coller l’étiquette ‘supergroupe’ sur son grassouillet. Un an plus tard, l’album « Contraband » fait taire les plus sceptiques. Une première plaque propulsée par les hits « Fall to Pieces » et « Slither ». Du béton armé ! Malgré de nombreux problèmes familiaux (souvent liés à des addictions diverses et à des décès de proches !!) les comparses ne baissent pas les bras et s’attaquent à la composition d’un deuxième album. Exit le producteur Rick Rubin. C’est désormais Brendan O’Brien qui façonnera le son du revolver de velours. Et ce « Libertad » se voit par la force des choses plus formaté, plus posé, moins abrasif que son prédécesseur.

L’enchaînement des trois titres d’ouverture s’avère fatal et fera secouer la tête des amateurs de hard rock pur et dur. La guitare de Slash n’a jamais aussi bien sonné, et Scott Weiland effectue de superbes performances vocales. Malheureusement, la suite est constituée de ballades et de titres mid tempo. De belles compos bien propres, mais qui manquent singulièrement de hargne, de sueur… Trop de roses, pas assez de fusils. On se serait volontairement passé des gentillets ‘Ouh, ouh’ qui truffent l’ensemble de cette plaque trop politiquement correcte. Par contre, l’inattendue reprise du « Can’t Get it Out of My Head » d’Electric Light Orchestra fait remonter la température, et le final « Gravedancer » rappelle que le combo est incontestablement constitué d’une solide bande de musiciens.

« Libertad » n’en reste pas moins un album assez recommandable, mais pas indispensable. Je parierais mon vieux perfecto déchiré contre une bouteille de Bourbon que les auditeurs de Classic 21 vont adorer ça !

Liens vers MSN et I-tunes ci-desous: 

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6179544

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=258682501&s=143446

 

Various Artists

Manifeste Electronique : Hommage du Mouvement Électro-Alternatif à Bérurier Noir-Vol. 1

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En 1983, le soir des funérailles célébrées à l’occasion de la disparition de leur premier groupe, répondant au patronyme ‘Bérurier’, François et Laurent se méconduisent ‘une dernière fois’ sur les gravats d’une usine désaffectée, empruntant pour l’occasion un nouveau patronyme : Bérurier Noir. Noir pour le sale et le deuil. Issus de la culture ‘squat’ et défenseurs d’une action ‘autonome’, les deux larrons y projettent ce soir-là le théâtre funeste de la vie en donnant forme, sous la noirceur de leur musique et de leurs paroles, au reflet d’une vérité dérangeante. Ne se doutant pas à l’avance de l’impact qu’ils occasionneront, le groupe pourfend de sa rage et de ses textes, la politique, les hôpitaux psychiatriques, et le bien fondé de pas mal d’institutions. Le succès immédiat les poussera à poursuivre la route du rock dit alternatif. Les Bérus (pour les intimes), harangueront sans relâche, une masse de jeunes et moins jeunes (le ‘troupeau d’rock’…) à faire valoir leurs droits, les poussant à se rebeller et à créer des structures libres. Structures où l’indépendance et la prise de conscience sont les seuls maîtres. Six ans après le début de leur hérésie sociale, rattrapés par les mass médias, poursuivis par les majors qui les guettent comme des vautours et subissant les pressions de toutes parts, ils se suicideront scéniquement. En 1989. Sur les planches du Zénith.

 
 

Dix-huit ans plus tard, paraît ce ‘tribute’. « Manifest Electronique » est un salut, un hommage aux ‘guerriers’ qui ont ouvert la brèche, non négligeable, des artistes dégoûtés des grosses maisons de production, du nucléaire, de la famine ou de la délinquance politique. Peuplées de guitares aux distos lancinantes et de battements répétitifs produits par une boîte à rythmes (baptisée Mémé), les chansons des Bérus semblaient inviolables. Les quelques artistes participant à ce manifeste ont décidé d’activer de nouvelles machines lors d’un exercice de remix, afin de traiter sous une forme électronique ces vieux souvenirs, et proposer une version décalée de l’histoire du rock libre. De la reprise de « Mineurs en Danger » par Le peuple de l’Herbe, en passant par « Les Rebelles » adapté par Manu Le Malin ou « L’Empereur Tomato Ketchup » version Micropoint, on s’aperçoit de la complexité à demeure crédible sur des compositions aussi sulfureuses. Souvent surprenantes, les reprises n’effacent absolument pas le cachet de la provocation, mais peinent à l’égaler dans la simplicité d’expression. L’ensemble assez indigeste est trop complexe pour en profiter pleinement. Les Bérus, c’était simple à écouter et à comprendre. C’est peut-être la raison pour laquelle je suis un fan de la première heure. A noter le surprenant « Vivre Libre ou Mourir » de Popf & Josselyn Sillard qui transforme en slow cette ode à la liberté. En mentionnant ‘volume 1’ sur la pochette, on doit s’attendre à une suite des hostilités.

Queens of the Stone Age

Era Vulgaris

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A l’issue de l’écoute du premier et décapant single « Sick, sick, sick », extrait de la nouvelle livraison des Queens, un seul mot nous venait à la bouche : jouissif ! Si son prédécesseur « Lullabies to Paralyse » (2005) marquait déjà un recul fortement marqué par rapport à l’indéracinable et très metal « Songs for the Deaf » (2002), « Era Vulgaris » s’aventure encore bien plus loin dans l’expérimental et le rock barré. Il remportera encore davantage l’enthousiasme d’un public ‘branché’ qui l’ignorait à ses débuts, à une époque où le combo se produisait dans des clubs devant 80 fans de Stoner et de Heavy rock.

Mais le groupe, même s’il est originaire du désert, ne croit pas au mirage, et malgré la pression médiatique qui l’a conduit à être exposé au plus grand monde, « Era Vulgaris » se caractérise aussi par un retour à un son garage et rugueux comme du papier de verre.

Pauvre en mélodie, l’œuvre se veut bruitiste, complexe dans ses structures, stoner dans l’esprit. La présence de Chris Goss -responsable des joyaux de feu Kyuss- derrière les manettes n’est certes pas étrangère à ce joli bordel organisé.

« I’m Designer », « River in the Road » ou « 3’s & 7’s » trahissent le climat qui a prévalu tout au long des sessions d’enregistrement : le combo s’est bien amusé en studio. Mark Lanegan fait une apparition sur « Into the Hollow », d’où cette sensation de mélancolie qui se dégage de ce morceau en demi-teinte. On s’étonnera de la présence de « Make it Wit Chu », excellent titre issu des fameuses « Desert Sessions », que la formation a pris l’habitude d’interpréter lors de chacune de ses prestations.

Un bon album vu dans son ensemble, mais il faut se faire à l’idée que QOTSA a bien évolué, sans craindre de prendre de gros risques commerciaux, et que l’idée de voir sortir dans un futur proche un « Songs For the Deaf 2 » tient de la pure utopie. Rockers graisseux dans une autre vie, les Queens ont des allures de dandys chics qui s’éclatent en jouant du bon rock n’roll !

Marilyn Manson

Eat Me, Drink Me

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La bête noire du puritanisme américain est de retour ! Mais tant son ramage que son plumage effraient désormais à peine les grands-parents des adolescentes qui lui vouent un culte. En outre, son rock est aujourd’hui davantage façonné dans l’aluminium que dans l’acier. Nous aurions aimé écrire que « Eat Me, Drink Me » était la suite parfaite de l’excellent « Antichrist Superstar ». Hélas, nous ne sommes pas en mesure de vanter les qualités de cette nouvelle plaque. Un opus insipide concocté par un Révérend Manson qu’on imagine fatigué. Si le premier single « Heart-Shaped Glassed » a déjà fait couler beaucoup d’encre, grâce à un clip aussi putassier que sulfureux, seuls quelques titres se dégagent du lot, dont le relativement heavy « Putting Holes in Happiness » ou encore « They said That Hell’s not hot » aux effluves psychédéliques bien prononcées. Que dire du reste, si ce n’est que l’œuvre montre la facette la plus fadasse de la carrière du gourou gothique. Il flirte même parfois avec My Chemical Romance ( « Just a Car crash away » ) ou la techno/dance la plus commerciale ! Proposée en bonus track, la version remix de « Heart Shaped Glassed » fera le bonheur des accros des dancefloors, mais risque fort de provoquer la nausée chez les fans de métal.

Le déjanté Turbo Negro assure la première partie des dates de Marilyn Manson, sur sa tournée européenne. Il risque bien de lui voler la vedette lors de son passage, le 11 décembre prochain, à Forest National. Une galette peu savoureuse et surtout à oublier au plus vite !

The Guggenheim Grotto

…waltzing alone

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Franchement, cette formation irlandaise aurait pu trouver un nom plus facile à prononcer. Et qu’elle ne vient pas se plaindre si son patronyme est massacré. The Guggenheim Grotto (je ne le dirai plus) est un trio drivé par un certain Kevin May, dont on prête un talent de lyriciste aussi riche que celui de Mike Scott (Waterboys). Les textes de ses chansons sont d’ailleurs reproduits à l’intérieur du booklet. 28 pages abondamment commentées et enrichies de photographies ainsi que d’illustrations qui pourraient figurer dans une bande dessinée. Le tout habillé d’un digipack luxueux.

Le trio voue une grande admiration à Leonard Cohen, mais si la plupart des compos de « …waltzing » baignent au sein d’une mélancolie douce, elles ne sombrent pratiquement jamais dans la sinistrose. « Koan » constituant l’exception qui confirme la règle. Et pour cause, un violoncelle lancinant entretient un climat lugubre. A contrario, ce violoncelle ondoie littéralement tout au long de « A lifetime in heat ». Les voix de Kevin May et de Mick Lynch sont remarquablement complémentaires. Beatlenesques (double blanc) sur « Philosophia », le morceau qui ouvre l’opus. Dignes de Simon & Gardfunkel sur « Ozymandias ». Aussi obliques que chez Radiohead sur « Portmarnock beach boy blue ». Minimalistes, intimistes et tellement proches d’un David Crosby sur « Gold truth ». Légèrement soul tout au long de « Vertigo », une plage caractérisée par les accords de piano jazzyfiants. Quoique riche (drums, percus, claviers, glockenspiel, guitares acoustique et électrique, basse, contrebasse, accordéon, wurlitzer, etc.), l’instrumentation est judicieusement et parcimonieusement consommée. La sèche est souvent jouée en picking. On y entend même les doigts qui glissent sur les cordes. Mêlant habilement pop et folk, leurs chansons s’aventurent cependant également dans l’univers du rock. Très prudemment. A l’instar de « Told you so », sorte de clin d’œil adressé à Tom Petty et ses Heartbreakers. Même le timbre vocal est aussi haut-perché que celui du natif de Gainesville. Et pour un seul titre dans celui de la country : « I think I love you ». La slide y fait d’ailleurs son apparition. Et pour que votre information soit complète sachez que c’est Shane Power, le drummer, qui a assuré la production de cet album. 

The Electric Soft Parade

No need to be downhearted

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En 2003, suite au flop enregistré par leur album « An American adventure », la formation de Brighton décide de mettre son aventure entre parenthèses. Faut dire que la déception était énorme. D’abord beaucoup d’argent avait été investi pour promotionner cet opus. Et puis paru en 2002, « Hole in the wall » avait décroché le prix Mercury. Un succès qui en appelait un autre… Ce qui explique sans doute pourquoi, déçus par la tournure des événements, les frères White ont alors choisi de monter un projet parallèle : The Brakes. Mais il faut croire que l’E.S.P. leur tient particulièrement à cœur ; car en 2005, le groupe s’est reformé et a concocté un Ep : The Human body ». Puis a recruté un bassiste, Matt Taites et un drummer, Matt Priest, avant d’enregistrer son quatrième album, « No need to be downhearted », un disque manifestement destiné à séduire le public américain. Et pour cause, à l’instar de leur EP, il y sera distribué.

Maintenant, ce n’est pas une raison suffisante pour que les Yankees se jettent sur cette plaque. D’autant plus que la solution sonore d’E.S.P. demeure fondamentalement britpop. La production hyperléchée constitue davantage un argument de poids. Le soin apporté aux harmonies vocales, aussi (et pas seulement à cause des remarquables 20 secondes chantées a cappella du morceau caché). Beatlenesques (dans l’esprit du pot-pourri occupant toute la seconde face de l’elpee « Abbey Road ») ou réminiscentes de Simon & Gardfunkel. Faut dire que les voix d’Alex et Tom White se conjuguent en parfaite harmonie. Et puis, une présence plus marquée de synthés. Comme chez le défunt Grandaddy. Ces lignes directrices sont bien sûr chargées de nuances. « Shore song » nous plonge ainsi dans le psychédélisme ‘sydbarretien’. Elégamment orchestré, « Life in the backseat » évoque The Divine Comedy ; même la voix emprunte les inflexions de Neil Hannon. Noisy pop, « Woken by a kiss » est hanté par les shoegazers Ride. « Have you ever felt like it’s too late ? » et « Appropiate ending » auraient pu figurer au répertoire de Teenage Fan Club. Légèrement funkysant, le contagieux et excellent « If that’s the case, then I don’t know » mériterait une gravure en single. Propulsé par les accords d’un piano vivifiant, « Cold world » lorgne aussi bien vers l’univers de Paul Mc Cartney que de Ben Folds Five. C’est également la seule compo récupérée de l’Ep. Délicieusement suranné, « Come back inside » aurait pu figurer dans le répertoire des Fab Four à leurs débuts (cette mélodie !), s’il n’y avait ces nappes de claviers synthétiques (Llama Farmers ?) Et l’album se termine comme il a commencé : par le titre maître. Une compo intimiste, ténébreuse, dominée par le piano, portant le même titre. Encore que la seconde version s’achève par le silence de la nature, un silence uniquement troublé par le chant d’un merle siffleur…

DJ Mayonnaise

Still Alive

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A l’heure où certains étaient prêts à lui dédier un requiem, Dj Mayo sort son nez des caisses de vinyles pour afficher haut la couleur : ‘still alive man’ ! Huit ans quand même : il y avait de quoi être inquiet. Huit années pendant lesquelles plus rien n’est sorti de ses bacs privés. DJ Mayonnaise n’est cependant pas resté inactif. Il a mis à profit cette période pour s’impliquer de manière plus discrète dans des projets du label Anticon. Soit en posant quelques scratches et mixes. Par exemple sur « Battle of humans » de Sole ou « Tending To The Sheep » de Moshe. Soit dans le rôle de producteur comme sur « The Other Side Of The Looking Glass » de Alias, pour ne citer que celui là. Tel un être enfermé dans le noir pendant des années, l’Américain Chris Geer rouvre les yeux dans la pénombre, lors du le nébuleux « Still Alive ». Pas de retour en fanfare, c’est le ténébreux « Post Reformat » qui sert de base de lancement. Au fur et à mesure des morceaux, la lumière s’intensifie et projette une qualité de mixes et de scratches destinés à bluffer. Le paroxysme de cette résurrection se croise à la sixième plage pour un « Strateegery » étonnant et purement hip hop. L’effort fourni tout au long de ce morceau pousse sans doute l’auteur à se calmer petit à petit pour terminer l’album sous une forme semblable à la mise en route : calme mais présente. Un univers inquiétant, un rien redondant sur la longueur, mais musicalement agréable dans son ensemble.

The Banshee

Public talks

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Loin des mélodies sirupeuses italiennes, à base de "Ti amo", les 4 Génois des Banshee nous livrent un rock abrasif et incendiaire inspiré par ce qui se passe et surtout s’est passé de l’autre côté de la Manche. Sur « Public Talks », l’énergie de « Time’s up » des Buzzcocks croise la spontanéité de « I should coco » de Supergrass, le punk brut des Sex Pistols et la pop racée de Pulp. Les mélodies sont entêtantes, les chœurs suraigus, les rythmes dansants. Les hymnes en puissance se succèdent sans pour autant être répétitifs. Mention spéciale pour le désabusé « City » et le pétulant « Holiday drink » qui mettent en lumière les différentes facettes du groupe. Ce qui les distingue des actuels Franz Ferdinand et consorts, avec lesquels ils partagent beaucoup? Un sens de l’ironie et de la dérision, particulièrement marqué sur le titre « Maybe Baby » au cours duquel The Banshee se joue des clichés rock and roll. Ils traduisent en musique leurs sorties et leur amour pour les filles, y ajoutant une petite touche intello qui rend leur album d’autant plus irrésistible. The Banshee s’est attribué la mission de communiquer, amuser et rendre les gens heureux. Trois objectifs que ces Italiens ont atteints!

Billy Blue

Blues in my room

Écrit par

Alias Billy Blue, William Strauss est originaire de Long Island, non loin de New York. Il y a plus de trente années qu’il trempe dans le blues. En 1980, il fréquentait les Sunday Blues Jams du regretté souffleur Bill Dicey. A cette époque, il vivait à New-York. Il rencontre Jerry Portnoy en 86. Ce dernier le convainc de s'établir à Boston, où la scène blues est alors particulièrement florissante. Des groupes ou des artistes comme Roomful of Blues, Sugar Ray and the Bluetones, Ronnie Earl et Duke Robillard y sévissent alors avec bonheur. Il fonde son Billy Blue Band en 88, mais cesse de jouer en 1990. Au cours des années suivantes, on  ne le voit plus guère ; et pour cause, il passe son temps à étudier le style de Little Walter. Chez lui. En détail. Mais en 2000, il émigre à Worcester, dans le Massachussetts. Il y retrouve les musiciens de son Billy Blue Band avec lesquels il avait gardé le contact. En l’occurrence Pete Henderson à la guitare, Brian Rost à la basse et Justin Berthiaume aux drums. « Blues in my room » marque ses débuts discographiques. Il a été enregistré au Club 39 à Sudbury.

L’opus s’ouvre par "Hard hearted woman", une plage signée Big Walter Horton. L’interprétation est assez classique. La formation est renforcée par une section de cuivres réunissant des instrumentistes notoires : Sax Gordon Beadle au sax ténor, Doug James au sax baryton et Scott Aruda (musicien de Toni Lynn Washington) à la trompette. L'harmonica est bien mis en évidence sur le devant de la scène. Billy souffle puissamment mais respectueusement. Sax Beadle en profite pour mettre également le nez à la fenêtre. David Maxwell s'assied derrière le piano et attaque le "Sugar sweet" de Mel London. La version proposée, qui figure également au répertoire de Muddy Waters, est excellente. Le turbo est dans l'harmo. Le style adopté est proche de Little Walter. Du très bon travail ! L'esprit du blues de Chicago pratiqué dans les années 50 est parfaitement respecté ; et Blue s’y attarde en l’adaptant à sa sensibilité personnelle sur des œuvres signées Little Walter. Des instrumentaux : "Big Leg Mama" et "Don't need no horse". Il partage également un duo passionné et talentueux en compagnie de David Maxwell pour interpréter le superbe "I got to find my baby". Une compo issue de la plume de Willie Dixon, mais figurant au répertoire de Walter. Billy passe le relais à son guitariste, Pete. Il tire son épingle du jeu tout au long de la cover d’"I get evil (Don't you lie to me)" d'Albert King. Il y dispense de belles et courtes phrases empruntées au Roi Albert. Billy a également signé six compositions personnelles. Elles se démarquent du blues de Chicago. Notamment "I'll come running back". Nous atterrissons ensuite à Memphis. Le son Stax est largement cuivré. Le piano de Bruce Bears (du Duke Robillard Band) virevolte. Soutenu par le sax baryton de Doug James, la trompette d'Aruda et dynamisé par les riffs rythmiques d’Henderson, "Let me know" s’autorise une aventure dans le funk. "So afraid of losing you" lorgne vers la soul de New Orleans. Mêlant blues paresseux et ballade swamp pop façon Earl King, "Baby come back home" s’attarde en Louisiane. "I'm falling in love with you" évolue dans un style très proche du Roomful of Blues : le big band sound. Et pour que cette chronique soit complète, sachez que cet elpee d’excellente facture inclut une reprise tonique du "Everybody's in the mood" d'Howlin' Wolf. Pete Henderson se déhanche à la manière des célèbres gratteurs de la West Coast, tout au long de cette plage qui adopte un style jump...

The Sean Carney Band

Life of ease

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Ce chanteur/guitariste réside dans l’Ohio. A Colombus, très exactement. Il est le président de la société locale de blues, la Colombus Ohio Blues Alliance. Concocté en compagnie des Night Owlz, son premier album remonte à 1998. Intitulé "Provisions", il avait reçu le concours de Christine Kittrell et de Willie Pooch. Sean a également collaboré aux sessions d’enregistrement de deux albums de la chanteuse noire Teeny Tucker (la fille de Tommy) : "Tommy's girl" en 1999 et "First class woman" en 2003. A l’instar de Ronnie Earl et Duke Robillard, Sean est considéré comme un des plus grands guitaristes contemporains.

Le titre maître ouvre l’album. Une compo qui baigne dans le jazz nightclubbien. Une plage typique des fins de soirées, lorsque les pistes de danse commencent à se vider, que les couples s’enlacent, et qu’un mélange de sueur, d’ivresse et de mauvais tabac commence à emplir l’atmosphère. Sean y rencontre le fantôme de T-Bone Walker devant la basse acoustique de Steve Perakis, les balais timides d’Eric Bloom et le piano circonstanciel de John Popovich. "All these worries" prend la direction de Chicago, dans le Westside. Le tempo est accrocheur. Les cordes suivent à la trace les incantations du chanteur. L’homme ne concède que les notes nécessaires face à l’orgue Hammond B3. L’exercice s’opère dans le naturel et la douceur. Les instruments se complètent pour sculpter ce style bien uniforme. Sean pince ses cordes comme un Albert Collins des meilleurs jours devant l’orgue naturellement chaleureux de Miss Linda Dachtyl, tandis que le sax ténor de Chuck Moore se pose à l’avant-plan. Mr Carney chante passionnément "Bad side baby". Une compo bien mise en relief et empreinte d’une extrême sensibilité. Plage intimiste, "I've got a gypsy woman" est illuminée d'un solo aussi incisif que dépouillé. Chicago shuffle, "Pennies & teardrops" libère une sonorité de guitare primaire, proche de celle d’un Jimmy Rogers qui en serait resté au stade des fifties. Sean impressionne, tant son style, tout en décontraction, semble facile. Cet opus, Sean a voulu le partager avec ses amis. Des amis, mais également des musiciens talentueux. Aussi il les invite à monter sur les planches. Tout d’abord, Joe Weaver. Pote à Johnny Bassett, ce vocaliste noir est issu de Detroit. Il reprend "Outskirts of town", une compo signée Louis Jordan. Une fois encore, un blues destiné aux enfumés. Lorsqu’il chante, un frisson vous parcourt d’abord l'échine ; puis vous ne pouvez que succomber au charme de son timbre. Carney en profite pour nous communiquer, note après note, l'émotion qui le hante. Joe revient tapoter sur son piano pour interpréter "Farmboy". Il chante d’une voix assez éraillée. Son ami King Saxe Gene Walker le soutient au saxophone. Sean joue comme un Duke Robillard très inspiré. Willie Pooch est un autre chanteur noir. Originaire de Tupelo, dans le Mississippi, il vit aujourd’hui à Chicago. Il interprète passionnément le célèbre "Tramp" de Lowell Fulsom. Teeny Tucker est une chanteuse talentueuse. Sean et Teeny se rencontrent régulièrement. Pour bosser. Et actuellement, ils tournent d’ailleurs ensemble. Elle vient interpréter son "I live alone", un blues rocker bien enlevé. La diablesse possède une sacrée voix. Sean ne se sent plus. L'ami Phil Berkowitz vient souffler comme un démon dans son harmonica. "I know your wig is gone" marque un retour au jazz. Signée T-Bone Walker, cette plage permet à Jack Popovich Sr de s'illustrer sur les 88 touches en ivoire. Sean chante "That man". Son timbre vocal s’adapte décidément à tous les styles. Un style plutôt proche ici de Jimmy McCracklin. Chuck Moore s’illustre au honky sax. Versatile, Mr Carney emprunte alors la douceur toute californienne de Pee Wee Crayton pour délivrer son "When I trains it pours". Dans ce registre, il épanche des moments très intenses d’émotion, de bien-être et de quiétude. Les trois dernières plages ont été immortalisées ‘live’. Deux au Skylark Lounge de Denver. En mars 2006. Son ami guitariste Steve Gerard y participe. Et une au Smokin' Oyster Brewery. A Ft Meyers. La finale. Willie Pooch y fête son retour pour chanter "Take off your shoes". Sean vient de signer un album véritablement exceptionnel !

Bruce Springsteen : un nouvel album!

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Le nouvel album de Bruce Springsteen paraîtra le 2 octobre. Il a été concocté en compagnie du E-Street Band, en compagnie duquel il n’avait plus enregistré depuis 5 ans. Intitulé « Magic », il a été produit et mixé par Brendan O'Brien, aux studios Southern Tracks Recording d’Atlanta, en Georgie.

Tracklisting :

1. Radio Nowhere

2. You'll Be Comin' Down

3. Livin' in the Future

4. Your Own Worst Enemy

5. Gypsy Biker

6. Girls in Their Summer Clothes

7. I'll Work for Your Love

8. Magic

9. Last to Die

10. Long Walk Home

11. Devil's Arcade

Pour plus d’infos : http://www.brucespringsteen.net

 

Pukkelpop 2007 : samedi 18 août

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La dernière journée du Pukkelpop commence en douceur par The Bony King Of Nowhere. Derrière cet étrange nom, se profile le jeune Gantois Bram Vanparys, grande promesse qui s’est révélée au public lors d’un concert de Devendra Banhart. Le jeune homme est ainsi sorti d’un relatif anonymat et a, par la suite, remporté un concours rock (De Beloften), joué à l’occasion des défricheuses soirées Rock&Brol et figure à l’affiche du prestigieux festival Domino à l’Ancienne Belgique. Et croyez-nous, ce garçon ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Sa musique épouse la douceur de Nick Drake qu’il mélange aux inquiétudes de Thom Yorke. Mais Bram Vanparys possède son propre style et a d’ailleurs reformé un combo pour se produire sur scène. Une formule qui fonctionne très bien, surtout que tous les musiciens possèdent de bonnes voix et solidifient le timbre fragile de Vanparys. Même si le set rencontre une baisse de régime au cours de sa deuxième partie, la qualité des vocaux et des mélodies impressionne. Si la formation passe près de chez vous, ne les manquez surtout pas.

Après une écoute distraite de l’électro-rock de Home Video, on décide d’imprimer une saveur pop et mélodique à ce début d’après-midi. C’est ce qui nous incite à fendre une foule de plus en plus importante pour aller écouter Albert Hammond Jr. Le guitariste des Strokes vient de sortir un album solo empli de mélodies pop-rock subtiles et sans prétention. Un disque à l’image de ce concert tout simple où l’homme vêtu de jeans blanc enchaîne de manière décontractée des ballades pop-rock suscitant la sympathie. L’homme ne tente pas de révolutionner la musique et se contente de nous faire passer un bon moment. Ce qui est déjà très bien. On aura même droit à « Old Black Dawning », une reprise d’un titre du premier (et excellent) premier opus solo de Franck Black, (ex) chanteur des Pixies.

Toujours plongé dans un univers pop, on se laisse conseiller par le programme du jour. Il mentionne la présence de Soapstarter, groupe formé par d’anciens membres de dEUS, Soulwax et Vive La Fête. La scène est envahie de plantes vertes. Une riche idée pour illustrer la pop ensoleillée de ces gaillards. Leur musique est assez proche de celle des Français de Tahiti 80. Une solution sonore très mélodique puisant son inspiration dans la soul et le funk le tout saupoudré d’un zeste de reggae. Vraiment très intéressant ! On attend impatiemment leur album « Naked Wheelz » pour se forger une meilleure idée de leur potentiel.

Toujours dans le rayon belge et pop, on décide d’aller assister à la prestation des Tellers. Ce duo pop folk wallon a connu une ascension très rapide. Remarqués par le label bruxellois 62TV, lors du concours radio hebdomadaire Pure Demo, les Tellers sont invités à enregistrer quelques maquettes de leurs titres dans un local de répétition. Le résultat est tellement probant qu’il est publié illico sur un huit titres dont le succès rencontré est plus qu’honorable. « More » tourne beaucoup sur la bande FM et une multinationale photographique décide d’utiliser « Second Category » pour son spot publicitaire européen. La suite logique se traduit par la sortie d’un premier album dont la sortie est imminente : « Hands full of Ink » sera distribué dans toute l’Europe par COOP, filiale alternative de V2. Une ‘success story’ qui a déjà fait jaser les esprits chagrins ; et pourtant leur réussite est totalement méritée. La voix est excellente et les compos très mélodiques rappellent parfois Bob Dylan dans ses moments les plus pop. Le tout abordé avec un esprit plus rock’n’roll qui doit beaucoup aux Anglais. Le charme opère aussi au Pukkelpop : après de multiples essais non concluants, les gaillards semblent avoir trouvé un line up qui tient la route. Leur set totalement rafraîchissant accentue l’ambiance pop empruntée par le festival, en ce début d’après-midi.

Vu la dose de bruit et de fureur prévue pour la fin de soirée, on évite The Streets qui enchaîne tubes et reprises (« I Love Rock’n’Roll », « Goin’ Out Of Space ») sur la grande scène.

Et on se rabat sur une session acoustique des rockers liégeois Hollywood P$$$ Stars. Installés dans une tente sponsorisée par un géant du monde bancaire, ils nous proposent les titres de leur nouvel opus « Satellites », dont la sortie est également toute proche. Les titres accrochent moins instantanément que ceux de leur précédent elpee. Cependant, au fil des écoutes, on recèle des qualités qu’on n’avait pas soupçonnées après une première écoute rapide du disque. Les Liégeois joueront ces mêmes morceaux et quelques autres un peu plus tard dans la soirée. Minés par quelques problèmes techniques, ils proposeront un set très rock, limite métal au cours duquel le single « Andy » se détache du lot, dans un style très proche de Millionaire.

Après avoir zappé le space rock bancal des norvégiens de 120 Days, on décide d’aller admirer CocoRosie. Admirer parce que les photos de presse des sœurs Cassidy ne laissaient pas imaginer que l’une d’elles (celle qui porte de longs cheveux noirs) était fichtrement sexy dans sa tenue blanche, à cheval entre le bikini et le pyjama d’été. L’autre sœur (la moustachue) tape moins dans l’œil, même si elle a revêtu un gilet fluorescent de la sécurité routière. CocoRosie vient de concocter un album très inspiré par le hip hop, et cette coloration se ressent aussi beaucoup sur scène. Une basse, des claviers et des jouets. Sans oublier un ‘human beat boxer’ aux hallucinantes capacités techniques qui balance des beats hip hop avec sa bouche tandis qu’une des sœurs Cassidy rappe dessus. En contrepoint, l’autre frangine se lance dans des vocalises évanescentes proches de l’opéra. Une musique aussi agaçante que fascinante et qu’on a bien du mal à appréhender. Un subtil sentiment de malaise émane de ces mélodies faussement enfantines mais vraiment désespérées… comme un mauvais rêve qui n’en finit pas. Très original et osé en tout cas ; dommage cependant que parfois on frise le grand n’importe quoi.

Il est temps de relater le meilleur set de ce festival : celui des New-yorkais de LCD Soundsystem. On ne se lancera pas dans de vains discours ; il suffit de savoir que ce concert dynamisé par les basses tonitruantes nous a enthousiasmés. Une énergie énorme et constante a transporté la foule dans l’extase. Les morceaux des deux albums ont souvent été interprétés sous leurs versions longues. Des versions qui doivent autant à l’électro (Krafwerk ?) qu’au punk goguenard (The Fall ?) A l’issue du concert on en est encore tout fébrile, et on va se préparer une petite camomille pour se remettre des vibrations basses, coupables de nous avoir retourné l’estomac et fait claquer les dents.

On terminera ce compte rendu marathon (je félicite et remercie celles et ceux qui les auront lu jusqu’au bout) par la prestation des Sonic Youth. Toujours intègres, les vétérans du noise rock viennent jouer l’intégralité de « Daydream Nation ». Un double album sans concession, paru en 1988 et devenu culte pour les nombreux fans qui s’entassent sous la tente ‘Marquee’. Thurstoon Moore et Lee Ranaldo nous font la version rock de la ‘Guerre de Etoiles’ en organisant une lutte de manches de guitares avant de mettre à mal nos oreilles pendant une heure et demie. Un délire de larsens et de distorsion où les mélodies délavées et les paroles étranges tentent d’émerger du magma sonore. Un concert complètement fou, d’autant plus respectable que ces Yankees pratiquent ces joyeusetés depuis bientôt trente ans. Prenez-en de la graine et rendez-vous l’année prochaine pour un bon entretien général des acouphènes !

Amicalement

Enzo

Pukkelpop 2007 : vendredi 17 août

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Le programme de cette deuxième journée semble moins intéressant. Nous arrivons cependant sur la plaine de Kiewit assez tôt pour y voir les Anglais d’Art Brut balancer la sauce. Leur punk rock ironique n’ayant jamais suscité un intérêt profond chez votre serviteur, une nouvelle séance de zapping s’impose.

Malgré l’heure matinale, les Shameboy parviennent à bien remplir la ‘dance hall’. Faut dire que leur électro est saturée de lignes tracées au cœur de synth-bass funky. Mais ce n’est pas encore le pied.

En déambulant sur le site, on perçoit les accords rock’n’roll des Gantois Van Jets qui essaient d’enflammer la grande scène. Tâche ardue pour ce début de journée plutôt calme.

On finit par se décider à aller voir ce que les Bedouin Soundclash ont à proposer. Leur single, « Beautiful Day » est une sympathique comptine reggae rappelant Toots & the Maytals. Mais le trio basse-batterie-guitare est décevant. Influencé par The Police et The Clash, ces jeunes gens issus de Toronto pratiquent du mauvais reggae comme seuls les punk rockers peuvent en faire. On a l’impression d’entendre des chutes de studio de l’album « Sandinista » et on s’ennuie ferme. On voudrait cependant leur laisser une chance, mais après une bonne moitié de concert, les Bedouin n’ont toujours pas joué le moindre morceau digne de ce nom.

On quitte donc les lieux pour aller zieuter la fin du set des Anglais de Reverend and the Makers, groupe en odeur de hype de l’autre côté de la Manche. Le peu qu’on en verra est effectivement intéressant. Leur disco lente et psychédélique bénéficie de la présence d’un chanteur à l’attitude arrogante, dont le timbre plutôt chouette rappelle un peu Ian Brown et l’allure celle de Richard Ashcroft. Il s’inquiète même des éternels problèmes linguistiques vécus en Belgique. Aurait-il pris des cours de rock pompier chez Bono ??

Le premier bon moment de la journée procédera des Anglais de Fujiya & Miyagi (‘lustrer, frotter’, rappelez-vous de Karate Kid). Trois gaillards assez simples et au look passe-partout. Le trio a sorti, il y a peu, un opus qui touille dans le krautrock, l’indus (Krafwerk ?) mais surtout l’électro-funk. Chant susurré, guitare funky, rythmiques programmées, basse métronomique et une nuée de claviers vintage s’unissent pour créer une musique dansante et hypnotique. Elle agitera les têtes et les bassins de l’assistance. Malgré une présence scénique presque inconsistante leur musique libère un haut potentiel explosif. Et elle est plutôt drôle. Surtout quand on voit le claviériste au look de programmeur COBOL exhorter la foule en chuchotant « Sock It To Me ! ».

C’est sous le chapiteau ‘Wablief ‘ que se déroule le très bon concert des Prima Donkey, super groupe flamand emmené par l’ex-dEUS Rudy Trouvé à la guitare et Gunter Nagels à l’accordéon, moitié vocale de Donkey Diesel. Impliquant des membres de DAAU, Laïs et des Seatsniffers, ce projet musical est très intéressant. Leur musique est très filmique et richement orchestrée : theremin, guitare, accordéon, cuivres, claviers. Le tout enrichi par les voix très country de deux charmantes choristes. Sans oublier celle de Rudy Trouvé (il a l’air très déprimé) et de Gunter Nagels, dont le timbre est très proche de Tom Waits. Et c’est précisément aux territoires hantés de ce dernier que l’on pense à l’écoute des Donkeys. Différence ; quoique l’approche est peut-être un peu plus légère (toutes proportions gardées). Au delà de très bons morceaux originaux du groupe, deux reprises sortent du lot. Une superbe version du « Ghost Rider » de Suicide et une cover country & western de « Jesus Built My Hot Rod », le morceau le plus connu de Ministry chanté par Gibby Haynes des Butthole Surfers.

Sorti du chapiteau, on entend le public de la ‘Boiler room’ scander ‘Master ! Master !’ On se croirait presque en Allemagne sous le régime hitlérien. Ce n’est heureusement pas le cas. En fait, il s’agit simplement de la manifestation de satisfaction de la foule consécutive au dj-set de MSTRKRFT.

Direction la ‘Dance Hall’ pour arriver au début du concert de Cansei de Ser Sexy. Ce groupe a bénéficié d’une certaine hystérie médiatique sans qu’on sache vraiment pourquoi. Un combo disco de plus emmené par une chanteuse dont la voix insignifiante éprouve toutes les difficultés du monde à passer au-dessus de la musique.

En passant devant le ‘Château’, Skream balance son dub électro pour hooligans. Pas le temps de s’arrêter car, car il est judicieux de se placer idéalement pour bien profiter de la furie rock’n’rollienne des Hives. Les Suédois viennent présenter leur album « Black and White ». Un concept appliqué à la lettre puisque tous les instruments sur scène sont en noir et blanc, à commencer par la superbe batterie ‘Premier’ qui trône au milieu de la scène. Authentique machine de guerre, les Hives balancent leur rock’n’roll jouissif. Quarante-cinq minutes qui s’écouleront en un instant. Alternant tubes et morceaux de leur nouvel opus, ils récoltent l’adhésion totale de la foule et préviennent que ‘there wil be other bands tonight, but it doesn’t matter !’ Le pire, c’est que la prophétie se réalisera presque, tant le reste de la soirée rivalisera d’insipidité.

Après une telle claque, c’est comme passer directement de la vision de ‘Pulp Fiction’ au nouveau James Bond : tout à l’air un peu fade et moins drôle. C’est un peu le cas des Noisettes, trio anglais précédé d’une bonne réputation et auteur du très chouette single « Don’t Give Up ». On a du mal à entrer dans le concert, mais il faut reconnaître la charge charismatique de la très sexy Shinga Shoniwa. Coiffée de plumes d’Iroquois, elle bouge dans tous les sens et donne du relief au garage rock sans concession pratiqué par la formation insulaire…

On prend une petite pause en contemplant un vieil homme éponger une impressionnante plaie au genou : un trou béant d’où s’échappe une quantité inouïe de pus. On espère pour lui qu’il ne fera pas de septicémie. Chris Cornell s’époumone au loin sur « Rusty Cage »…

Mais on a opté pour Patrick Wolf. Il arbore une cape argentée en guise de tenue de scène. Une de ses violonistes ressemble furieusement à la Castafiore. Mais on a bien du mal à entrer dans son univers baroque et pompeux, né d’un croisement hypothétique entre Lord Byron et la Gay Pride.

Tentative d’incursion sous la tente où le Dj Jazzy Jeff passe ses disques. Certains d’entre vous se rappelleront du bonhomme pour avoir tenu le rôle du meilleur pote de Will Smith dans la série le Prince de Bel Air. C’était le type qui se faisait toujours éjecter par l’oncle Phil… Au delà de cette image de pitre, l’homme est en fait un producteur notoire (Jill Scott notamment) dans la nu-soul et le hip hop. On aurait aimé écouter les galettes qu’il allait mixer ; mais c’était peine perdue : la foule débordait de partout et rendait impossible l’entrée dans la surchauffée ‘Boiler Room’. Même chose pour Laurent Garnier : accès impossible à la ‘Dance Hall’ pour cause de surpeuplement.

Mieux valait donc rejoindre la grande scène où Arcade Fire prépare son spectacle. Le combo canadien est passé en peu de temps du statut underground à celui de gros vendeur. Une transition qui doit être difficile à négocier. Le line up de l’ensemble implique une petite section de cuivres, trois violons, un orgue d’église, sans oublier la formation de base rock. Les neuf membres attaquent le concert de manière énergique. Mais le chanteur est en petite forme. En outre, il semble rencontrer d’incessants problèmes de retour. Le collectif possède une armada de chansons déjà bien entrées dans l’inconscient. Une preuve ? Votre serviteur ne possède aucun disque d’Arcade Fire ; et pourtant une bonne partie de ces morceaux m’étaient familiers aux oreilles. Arcade Fire possède tous les atouts pour devenir un groupe capable de remplir les stades ; mais cette réussite fulgurante est à double tranchant. En fait, Arcade Fire risque fort de passer chez les stars pompeuses. Lors de ce set, le manque d’humour était patent et le lyrisme exacerbé des chansons flirtait dangereusement avec le mauvais goût. Néanmoins, (et c’est l’essentiel), le public a repris en chœur ces mélodies quasi celtiques qui évoquent des mondes mythiques et des forêts enchantées où des farfadets idéalistes préparent une révolution marxiste.

On passe rapidement par le Marquee où Dinosaur Jr se produit sous son line up originel. Mais son rock est gâché par les solos de guitare indigestes de Jay Mascis. Il faut dire qu’on a mieux à voir puisque notre curiosité a été aiguisée par une horde de jeunes gens habillés de la même manière.

Veste en jeans et rouflaquettes rock’n’roll, ils relèvent de la confrérie des Turbojugend. Fans absolus du groupe norvégien de glam métal Turbonegro, ils se déplacent en groupe pour aller voir les concerts de leurs artistes favoris. Il existe, à travers le monde, plusieurs sections locales de Turbojugend, garantissant ainsi à Turbonegro une énorme base de fans acharnés. Le terme ‘turbonegro’ fait référence à une pratique sexuelle qui consiste à mettre son poing dans l’anus de quelqu’un pour aller y chercher de la matière fécale… La ‘shock value’ semble être l’arme absolue du groupe qui pratique un punk-métal rappelant un peu Judas Priest. L’autre originalité du groupe consiste à s’amuser de l’imagerie homosexuelle dans un milieu connu pour son homophobie. C’est un peu pour toutes ces raisons qu’on se rend à la ‘Skate stage’ pour voir si le spectacle peut être drôle. Fréquentée par un public plus jeune, cette scène est caractérisée par le nombre élevés de verres de bière qui s’élèvent dans les airs. Alors que statistiquement l’objectif soit impossible à atteindre, une quantité anormalement élevée de ce liquide atterrit sur la tête du rédacteur de cette chronique qui se retourne comme un vieux plouc pour tenter de déceler le coupable de cette vilenie. Les Turbonegro finissent par arriver et le contraste est frappant entre le frêle guitariste (50 kilos tout mouillé) et Hans Erik Dyvik Husby, l’énorme chanteur. Une sorte de gros Viking décadent qui se ballade torse nu, en tenant à la main une canne surmontée d’une pomme argentée. Il porte un gilet court aux couleurs du drapeau américain et se démène comme un beau diable. C’est assez drôle et pas sérieux pour un sou, même si musicalement le résultat n’est guère mémorable. A propos, si vous êtes intéressé, sachez qu’il existe en Belgique des sections locales des Turbojugend…

 

Pukkelpop 2007 : jeudi 16 août

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La vingt-troisième édition d’un des festivals les plus importants de Belgique a réussi à concilier impératifs commerciaux et curiosité musicale. Le temps de déposer deux campeuses à l’entrée et on entre dans le vif du sujet.

Trois jours d’un marathon musical que votre serviteur entamera en allant assister au concert des Bonde Do Rolê. Ce trio brésilien jouit pour l’instant d’un solide intérêt médiatique. Découverte par Diplo, un des dj de Coldcut, la formation vient de sortir un album pour le compte du prestigieux label Domino. Une fille et deux garçons responsables d’un mélange de hip hop old school (les beats d’Afrika Bambaata et les guitares heavy des premiers Beastie Boys) et de rythmes issus du nord du Brésil. Les Bonde commencent peut-être un peu tôt pour que leur musique festive et dansante fasse bouger les popotins. La faute peut-être à l’odeur encore fraîche (et peu agréable) d’engrais envahissant le chapiteau ‘dance hall’ ou alors au son un peu cacophonique dispensé par notre trio d’enfer. Ils se produisent sous une formule hip hop (un dj et deux m.c.’s) et assènent les petites bombes pour les pistes de danse qui parsèment leur album : « Soltan O Frango », « Marina do Bairro » ou encore « Geremia ». Sur le paillard « Divine Gosa », la chanteuse Marina expose son arrière train généreux sanglé dans un collant fuscia qu’un de ses collègues essaiera vainement d’enlever. Après quelques samples de « The final countdown » (« Our favourite song from de eighties ») et de Daft Punk, il est déjà temps de quitter les lieux pour aller voir ce qui se passe ailleurs…

On entend de loin le punk balkanique et clownesque de Gogol Bordello, un des pires noms de groupe jamais entendu. Drivée par l’ukrainien Eugène Hutz, la tribu de bouffons (un hommage à Bérurier Noir ?) essaie d’enflammer les esprits, mais sans grand résultat… Il faut dire aussi que ce punk mâtiné de reggae n’est pas particulièrement inspiré et les déguisements ridicules du groupe n’arrangent pas les choses.

On s’arrête un instant pour contempler la sculpture argentée qui trône sur la plaine : des rectangles rappelant les affiches des années précédentes. Le tout tourne au gré du vent grâce à un axe central et votre serviteur aperçoit le nom Ned’s Atomic Dustbin sur l’affiche de 1993… Ceux et celles qui se rappellent, une larme nostalgique à l’œil, de ces victimes de la grande bataille du rock sont autorisés à envoyer une carte postale souvenir à la rédaction.

Avant d’aller voir le résultat des travaux en solo de Baloji, ancien emcee de la formation hip hop liégeoise Starflam, pourquoi ne pas tendre une oreille distraite à la techno minimale du biologiste allemand Dominik Eulberg ? D’autant plus qu’il y propose quelques unes de ses productions dans la ‘Boiler Room’, tente consacrée aux sets de d.j.’s.

Soutenu par un ensemble au grand complet ainsi que deux choristes, Baloji vient présenter « Hôtel Impala ». Un premier album ambitieux concocté avec l’aide précieuse de pointures ; et en particulier Gabriel Rios, les Glimmers, Marc Moulin et Amp Fiddler. Expatrié à Gand, le Liégeois s’est fendu d’un opus autobiographique tout en abordant des sujets comme l’Afrique dont son Congo natal. Vêtu d’un costard beige plutôt classe, Balo ouvre son set par la version musicale d’un slam qu’on avait eu l’occasion d’entendre lorsque notre homme avait ouvert le concert d’Abd Al Malik, au Botanique, l’an dernier. L’ambiance est bonne et le groupe prend un plaisir visible à jouer ces titres fortement teintés de soul, de funk, d’un peu de reggae et même de rumba congolaise. Une prestation empreinte d’une belle énergie positive. Dommage que la voix soit sous-mixée ; car il est parfois difficile de comprendre les rimes conscientes et soignées d’un des m.c’s les plus doués du (défunt ?) collectif hip hop liégeois. On épinglera ainsi une reprise du « Personnal Jesus » de Depeche Mode dédiée à l’Afrique et libellée sous cette forme : ‘En Afrique on croit en Dieu et les traditions avant de croire en nous et c’est pour ça que l’Afrique reste en arrière’. Une remarque qui suscite la réflexion tout en aiguisant la curiosité vis à vis d’un album dont on va sûrement beaucoup parler.

La capricieuse météo belge semble pour l’instant vouloir épargner le festival. On en profite donc pour aller voir et entendre les Eagles of Death Metal sur la grande scène. Les morceaux de rock’n’roll du groupe de Jesse Hughes possèdent, sur disque, un charme très particulier. L’apport artistique de Josh Homme (Queens of the Stone Age) et de Tim Vanhamel (Millionaire) n’y est sûrement pas étranger, tant leur absence se fait ici cruellement ressentir.

Ce rock’n’roll moustachu et un peu lourdaud ne parvient pas vraiment à décoller et nous incite à nous rendre dans la tente baptisée ‘Château’ pour nous gaver du rock bruitiste et cinglé des Liars. Installé à New-York, le quatuor hésite entre transes percussives traversées de vocaux aigus et cavalcades noisy punk du plus bel effet. Une musique sans concession qui leur procure une cohorte de fans transis à travers le monde. On comprend mieux pourquoi à l’écoute de leur musique, car les aficionados de pur bruit rencontrent ici une synthèse furieusement rock’n’roll des travaux des Swans, Spacemen 3, Jesus & the Mary Chain ou encore de Can. Un assaut sonore entretenu par deux guitares grinçantes, un sampler et une batterie tribale qui en laissera plus d’un(e) groggy. En ce début d’après-midi le tracklist est partagé entre morceaux issus d’un nouvel album, dont la sortie est prévue fin août, et anciens titres. Le chanteur assène ses paroles comme des slogans et se démène comme un lion en cage. Il entraîne sa troupe vers une chanson finale apocalyptique. Elle aura certainement fait siffler plus d’une paire d’oreilles et vaudra peut-être aux organisateurs du Pukkelpop quelques plaintes pour acouphènes permanents. Le chanteur prend congé du public tétanisé mais ravi, tout en l’exhortant à aller voir Iggy & the Stooges programmés un peu plus tard sur la grande scène.

Après avoir vécu cette expérience limite, un peu de britpop ne peut que remettre les esprits en place. Précédés d’une réputation favorable, les Pigeon Detectives joueront le rôle de l’habituel groupe anglais persuadé de son importance. Le chanteur se pavane comme un coq. Leur power pop ne suscite pas d’adhésion particulière. Un profond ennui nous envahit rapidement et on décide alors d’aller se verser une bonne rasade de rock pompier.

S’il existait dans le monde une école pour apprendre à pondre du rock héroïque, Bono et Jim Kerr y donneraient sûrement des cours et les Editors feraient partie des élèves les plus assidus. Les jeunes gens de Birmingham prennent d’assaut la grande scène avec l’assurance de battants. Il faut dire que leur single « Smokers Outside The Hospital Doors » trotte dans toutes les oreilles depuis quelques mois et risque de les catapulter au firmament du rock. S’enfonçant dans un grotesque pastiche vocal de Ian Curtis, le chanteur multiplie à l’envi les poses de rocker torturé tandis que le groupe mouline des ballades new wave entendues mille fois auparavant. Au rayon des imitations ridicules de Joy Division, ils arrivent à surpasser Interpol ; mais au vu de l’immense degré de satisfaction manifesté par le public présent, on risque de se coltiner ces gaillards pendant toute l’année prochaine. Courage !

Histoire d’oublier ces tristes sires, The Go ! Team semble représenter la meilleure solution. En cours de route, on résout un débat concernant l’achat d’un t-shirt des Liars en y renversant par inadvertance une bière et on aperçoit le début du concert d’I’m From Barcelona.

Une poignée de gros ballons roses flotte dans la tente ‘Marquee’ et la grande confrérie entonne ses chansons chorales. Etrange groupe que les Go ! Team. Ce rassemblement de personnalités à priori antinomiques a produit une musique totalement intrigante. Un mélange d’exhortations hip hop old school, d’indie pop sautillante et de soul des années soixante. Un mur du son emmené par une chanteuse survitaminée, qui malgré son bandage au genou gigote comme une enseignante d’aérobic sous l’emprise de psychotropes. On suit le concert le sourire aux lèvres. On apprécie les morceaux déjà classiques du dernier opus et on découvre en même temps les titres du prochain, conçus dans le même esprit.

Nous demeurons dans les parages pour assister à un autre des événements marquants de cette première journée. Le rimeur anglais Dizzee Rascal s’est fendu d’une belle prestation en alignant les nombreuses tueries figurant sur son nouvel elpee « Maths+English ». De « Excuse Me Please » à « Pussyole » en passant par la drum and bass de « Da feelin’ » ou encore « Temptation » qui sample les Arctic Monkeys. Sans oublier le plus mercantile « Bubbles » qui vante les pompes récemment ‘designées’ par Dizzee pour le compte d’une multinationale du sport... Accompagné d’un M.C. et d’un d.j. hallucinant qui scratche de la main gauche et bouge le crossfader avec son menton, l’ami Dizzee a confirmé son grand talent de conteur urbain et d’entertainer. Bref un bon moment caractérisé par la grande clarté du son et surtout des voix, des propriétés importantes pour le bon déroulement d’un concert hip hop.

Rock’n’roll now ! Car c’est l’ami Iggy Pop et ses vieux compère des Stooges (plus Mike Watt des Minutemen à la basse) qui se produisent ensuite sur la grande scène. Authentiques légendes du rock, ces messieurs commencent à afficher un âge respectable. Une situation qui se ressent sur quelques titres plus faibles ; mais dans l’ensemble le band fournira un set de bonne facture. Une soirée peut-être spéciale puisque c’était l’anniversaire du batteur Scott Asheton. Il n’avait cependant pas l’air d’afficher une forme olympique. Les jambes écartées tout au long du concert, Mike Watt constitue un remplaçant de luxe au défunt bassiste Dave Alexander. Plus cabotin que jamais, Iggy passe en revue les morceaux des deux premiers albums des Stooges ainsi que quelques autres issus du dernier opus. Une belle prestation ‘best of’ parachevée par une invasion assez amusante du public invité à monter sur les planches, lors de « No Fun ». Un stage manager vêtu d’une chemise mauve essaie tant bien que mal de contenir l’anarchie produite par une centaine de personnes gesticulant comme des singes sur scène. Après que le dernier envahisseur ait été bouté hors de scène, les Stooges rappellent qu’ils sont des rockers fans de jazz puisqu’ils s’autorisent une version très ‘free’ et bruitiste de « Funhouse ». Un saxophoniste y participe même. James Osterberg hésite quelques secondes à nous montrer ses fesses avant de renoncer à ses desseins. Le groupe a déjà vidé les lieux et l’Iguane minaude encore quelques minutes sur le podium avant de prendre congé du public.

Après cette bombance de décibels, l’envie nous prend d’aller nous relaxer à l’écoute des doux accords de guitare de Devendra Banhart. Car en concert, le Vénézuélien cosmopolite a un don indéniable pour nous charmer. Hélas, on a dû vite déchanter. Venu interpréter les titres de son nouveau disque, l’homme (avec un  petit air de Charles Manson ce soir là) paraissait un peu désorienté sur scène. Il a passé pas mal de temps à essayer de faire fonctionner une guitare qui refusait de sortir le moindre son. Ensuite le tracklisting s’est limité à ses nouvelles compos. Difficile d’émettre un avis sur ces primeurs oscillant entre rock psychédélique et rythmes latins... Une chose est sûre, elles ont été alignées sans grand entrain et au sein d’une atmosphère tristounette... Arrive ensuite le moment habituel au cours duquel Devendra Banhart invite un spectateur à venir chanter un morceau sur le podium. Une espèce de clone débarque alors pour chanter un titre d’une banalité affligeante. Pas fou pour un sou, il balance au micro son adresse MySpace pour que le bon peuple aille écouter ses œuvres musicales. C’est à peu près à ce moment là qu’on décide d’oublier ce concert navrant en procédant à une petite séance de zapping de scènes, le festival constituant le lieu rêvé pour ce genre de pratiques.

Un petit tour au ‘dancehall’ nous permet de jauger la Sri-lankaise M.I.A.. Elle beugle, d’une voix pâteuse, être à la recherche de compagnie pour la soirée : ‘hey Belgian boys, I’m single !’ Juste avant d’enchaîner sur un titre qui sample une vieille chanson des Clash. C’était la fin du set.

On échoue au ‘Château’ où les Balkan Beat Box s’apprêtent à entamer les hostilités. Ce collectif newyorkais opère un vigoureux mélange des genres : musique des Balkans, reggae, ragga, électro. Un emcee/percussioniste (il chante en arabe et anglais) chauffe le public. Le début des opérations est plutôt convaincant ; mais au fil du temps, l’expression sonore s’enfonce de plus en plus dans une lounge sans saveur, abusant de samples et de notre patience. Elle commence d’ailleurs à payer les neuf heures de musique ininterrompues de la journée.

On décide d’aller se détendre en écoutant la musique contemplative de Low. Fondé par le couple chantant Alan Sparhawk et Mimi Parker, respectivement à guitariste et drummeuse, le trio américain est responsable d’une musique empreinte de désespoir. Le groupe est venu défendre l’album « Drums and guns », sorti il y a peu pour le compte de Sub Pop ; une œuvre qui couronne treize ans d’existence de la formation. Mimi chante et joue de la batterie debout et l’impassible bassiste prend une pose qu’il ne changera plus jusqu’à la fin du concert. Alan Sparhawk égrène des notes graves de guitare et chante son spleen d’une belle voix claire. Malgré une certaine froideur initiale (‘Thanks for coming, I hope you won’t fall asleep’), on ne s’ennuie pas et une ambiance particulière et recueillie nous enveloppe. La musique de Low touche des territoires sonores connus mais explorés d’une façon inhabituelle de nos jours. Elle met le doigt sur un certain malaise contemporain (et occidental) mais sans l’emballer dans les poses adolescentes. Après un titre dédié à Iggy Pop, le concert prend sa vitesse de croisière, privilégiant, hormis quelques incursions plus rock et bruitistes, le registre intimiste. Mais en imprimant toujours aux compos un tempo particulièrement indolent ; ce qui a valu au groupe d’être taxé de ‘slowcore’. Mais au delà des étiquettes, c’est la découverte musicale qui compte et ce concert en fût une très belle.

Et on termine cette copieuse première journée par la prestation des Australiens d’Architecture in Helsinki. Cette formation à géométrie variable pratique une sorte d’humour pince sans rire à la Monty Python et semble parodier différents courants de la musique pop des années 80. Tout y passe, de l’électro funk à la pop kitsch. Même si les titres ne sont pas toujours mémorables, le groupe peut se transformer en vrai machine à danser et est parvenu à rallier à sa cause la foule qui peuplait alors le ‘Château’.

Nouvel album pour Okkervil River.

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Le nouvel album d’Okkervil River paraîtra le 10 septembre prochain. Il s’agit du troisième de la formation texane. Il s’intitule « The Stage Names » et a été mixé par Jim Eno de Spoon. Will Sheff nous a accordé une interview qui sera publiée lors de la sortie de l’opus. Le groupe se produira à l’AB le 12 novembre et accueillera en première partie Dolorean.

Tracklisting

1. Our Life Is Not a Movie or Maybe 

2. Unless It's Kicks 

3. Hand to Take Hold of the Scene 

4. Savannah Smiles 

5. Plus Ones 

6. Girl in Port 

7. You Can't Hold the Hand of a Rock and Roll Man 

8. Title Track 

9. John Allyn Smith Sails 

Pour plus d’infos : http://www.okkervilriver.com

Various Artists

Dj Format

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Le dj hip hop canadien succède à Gilles Peterson dans la toute neuve série de compilations mixées, consacrées au catalogue Fania et ses sous labels (Tico, Alegre et Cotique). A l’image de ses productions solo, Dj Format affiche un goût très sûr pour les ambiances chaleureuses où la soul, le jazz et le funk rencontrent les bondissantes percussions latines. Il écarte le côté salsa de la deuxième moitié des seventies pour se concentrer sur l’énergie du boogaloo et du latin jazz des sixties. Une sélection sans faille propice à un joyeux télescopage entre une vingtaine de morceaux où les stars du genre (Ray Barretto, Monguito Santamaria, Tito Puente) côtoient des artistes plus obscurs. Obscurs, peut-être, mais auteurs de quelques tueries. A l’instar du « Happy Soul with a Hook » de Dave Cortez, récemment samplé par Cristina Aguilera. On pourrait en citer d’autres, mais l’essentiel est de savoir que quelques uns de ces chefs d’œuvre figurent (sans coupures) sur la compilation « The Bad Boogaloo », toujours parue chez Fania/V2.

Various Artists

Dirty Space Disco

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IInitiateurs des compilations “Dirty Diamonds”, Guillaume Sorge, Clovis Goux et Benjamin Morando se sont réunis sous le patronyme de Dirty Sound System. Les trois gaillards ont décidé de compiler les travaux d’artistes ayant expérimenté la musique disco au cours des années 70 et 80. Un disco sinueux et reptilien, minimal et souvent expérimental. Soufflant le très chaud et le glacial, « Dirty space Disco » regroupe les travaux de musiciens émanant des horizons les plus divers. Et tout d’abord des Américains issus de la soul et du funk comme John Forde, Fern Kinney, Undisputed Truth ou encore Sylvester. Bien que plus attachés à la tradition, ces derniers n’hésitaient pas à tâter des premières boîtes à rythmes et des synthétiseurs, tout en demeurant pop et accessibles. Européenne (surtout allemande), la seconde moitié se révèle davantage expérimentale, orientée vers les voyages intérieurs que vers les pistes de danse : le batteur italien Tony Esposito, Roedelius, l’étonnante Clara Mondshine (produite par Klaus Schultze), Conrad Schnitzler, Yellow Power. Toute une panoplie d’artistes responsables d’une psychédélique tantôt inquiétante, tantôt robotique. Mystérieuse et surprenante, cette compilation païenne devrait vous permettre de découvrir quelques francs tireurs, très en avance sur leur époque.

Six Twilights

Six Twilights

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Vêtu d’une gracieuse pochette en noir et blanc où des corolles s’agitent au vent, Six Twilights se dévoile sous ses plus beaux apparats. Au-dedans, le projet de l’Américain Aaron Garber (Weather) s’y décline même en découverte sonore et visuelle –CD et DVD– de toute délicatesse, empruntant la voie toute tracée par Fennesz et Sigur Ros. Tantôt, les vocalises féminines s’y entremêlent dans un écho diaphane porté par de légers sons électroniques. Tantôt la voix masculine épanche tout son désarroi sur la simplicité d’une simplicité d’une guitare folk. Mais toujours, les reliefs sont aplanis, pour plonger sans réserve dans l’univers fugace, onirique, évanescent. Rien ne semble pouvoir l’arracher à sa torpeur. Les morceaux s’écoulent, imperturbables, et le temps paraît définitivement figé. De quoi faire le bonheur de ceux qui souhaitent se lover dans un univers brumeux, les yeux mi-clos. Les autres choisiront un ultime soubresaut pour ne pas sombrer dans le sommeil.              

Shy Child

Noise Won’t Stop

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Dans le passé, ce duo américain a répondu successivement aux patronymes El Guapo et Supersystem. Il vient cependant d’être catapulté comme fer de lance de ce que la presse anglaise a baptisé ‘new rave’. Une nouvelle étiquette un peu vaine pour cataloguer les rockers ne dédaignant pas les pistes de danse ; mais surtout n’hésitant pas abuser des sonorités de synthés qui rappellent parfois les productions dance/électro des années 90, Chemical Brothers en tête. Au delà de cette énième hype, Pete Cafarella et Nate Smith proposent, tout au long de ce troisième album, un mélange musical original : des rythmiques ragga et r’n’b, l’énergie du punk rock, des gros synthés agressifs et acides, une voix haut perchée évocatrice du post punk anglais et même un poème en italien dédié à Fabrizio De Andre’, le Leonard Cohen transalpin (à la fin de « What’s It Feel Like »). Malgré quelques redites, il faut reconnaître que ce disque recèle quelques tueries susceptibles d’ébranler les dancefloors les plus rétifs de notre Occident fatigué. « Drop The Phone », « Generation Y », « Kick Drum » (avec Spank Rock), « Astronaut », « Good and Evil » ou encore « Noise Won’t Stop » constituent une série de titres où l’efficacité n’est pas un vain mot. Dommage que la voix de Pete Cafarella ne soit pas toujours à la hauteur, car elle rend difficile l’écoute de l’album sur la longueur. Hormis cette réserve, on a droit à une synthèse quasi parfaite entre passé et futur, comme si Ian Curtis ne s’était pas suicidé et avait été produit par Timbaland.