La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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The Format

Dog problems

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Vous êtes à la recherche du chaînon manquant supposé relier Belle and Sebastian, The Thrills et Arcade Fire ? Ne vous cassez plus la tête, The Format est la pièce manquante de ce puzzle. Habillé d’une pochette cartonnée assez élégante (des chiens, découpés soigneusement et superposés), leur « Dog problems » donne franchement l’envie d’être découvert.

Pourtant l’entrée en la matière est plutôt laborieuse. A cause de la compo intitulée « Matches » et puis de l’interminable « I’m actual ». Après ce début loupé, la plaque prend un virage à 180°. « Time bomb » opère ainsi un savant mélange entre percussions, violoncelle et autres cuivres. Savoureux ! « She doesn’t get it » se révèle encore plus pop et abordable. Un single potentiel. A cause de sa durée (3’50) et de son refrain contagieux. Et au plus on avance dans le disque, au plus on rencontre de bonnes surprises. « Pick me up » et ses guitares plus tranchées évoquent Superchunk (NDR : curieux, le quatuor issu de Chapel Hill avait sorti un album intitulé « Come pick me up » en 1999). Le titre maître épouse un ton franchement cabaret. On se rend alors compte que ce groupe a le don de passer d’un style à l’autre, tout en continuant à maîtriser son sujet. Et les cinq dernières plages en sont la plus belle illustration. Les références des formations susvisées prennent tout leur sens et au final on se demande si on ne vient pas de faire une découverte. Une chose est sûre, ce quintet issu de l’Arizona gagne à être connu et découvert en live.

William Clarke

Live in Germany

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Onze années déjà que notre ami Bill s'en est allé. Mais Jeannette Lodovici Clarke, la veuve de William, a décidé de lui rendre un hommage permanent. En alimentant régulièrement sa discographie posthume. Ce concert a été enregistré live en Allemagne. Le disque est sorti depuis un certain temps déjà mais il mérite le détour. Nous retrouvons William Clarke lors de l'une de ses nombreuses tournées européennes accomplies à la fin du siècle dernier. Très probablement en 1988, quelques jours avant ou après qu'il soit monté sur les planches du Handzame Blues Festival, événement organisé ici, dans le plat pays qui est le nôtre. Il était pour l'occasion accompagné de sa fidèle section rythmique composée du bassiste Willie Brinlee et du drummer Eddie ‘Lips’ Clark, ainsi que du fabuleux John ‘Marx’ Markowski à la guitare. Maître incontesté du swing, ce musicien inventif était aussi à l'aise dans l’univers du jazz que blues. Alors, pour les nombreux amateurs d’harmonica blues, cet opus est indispensable! William est le souffleur que je préfère. Je le considère comme le meilleur de tous les harmonicistes. Il n’a certes pas tout inventé, mais ses sujets étaient maîtrisés par une technique irréprochable. En outre, il manifestait une vitalité débordante, une puissance de feu, un souffle incroyable, une inventivité inégalable. La prise de son est impressionnante et nous nous retrouvons au cœur du public en compagnie de musiciens extraordinaires.

"Blowin’ like hell" ouvre l’elpee. Un instrumental qui préfigurait déjà son futur premier elpee pour Alligator. C’était également son titre maître. Ce brûlot incandescent porte, en outre, très bien son nom. Clarke avait la voix de son souffle : intense et modulée. Le "She's dynamite" de Tampa Red nous emporte dans un tourbillon. "Lookin' in the future" est un brillant Chicago shuffle. La puissance rythmique de l'ensemble soutient l'instrument diatonique et pousse le leader vers les sommets. Marx est un musicien talentueux. Il anime depuis longtemps les jam sessions du club Cozy, dans la San Fernando Valley, à Los Angeles. "I cried all last night" lui est réservé lors de ce concert. Une compo signée Charles Brown. Très jazz, la guitare manifeste beaucoup de douceur, de quiétude et de fraîcheur. Marx se réserve également le chant, mais c’est son travail sur les cordes qui nous séduit. Il nous plonge ainsi dans un bain de west coast inspiré par T-Bone Walker. William revient des loges, les poumons bien aérés. Il s'attaque à deux titres de Muddy Waters. Tout d’abord, le classique "All night long". Le public teuton est pris à la gorge, mais il participe. Le WCB ralentit le tempo et dispense un "Iodine in my coffee" très ‘west coast’. La dose de jazz inoculée est évidente. Tout en donnant une nouvelle leçon sur l'instrument chromatique, il adresse un clin d'œil à son vieil ami George Smith. La machine bien huilée poursuit sa démonstration. Une nouvelle intervention de Marx irradie "Educated fool". Et elle est brillante ! Elle est suivie par l'envol de William dont la montée sur les planches se soldait irrémédiablement par cette manière très caractéristique de jouer tout en rythmique. Très entraînant, le "Been around the world" de Big Walter Horton est un autre Chicago shuffle. Le swing n'est jamais très loin. Et bien ancré dans le style jump pratiqué dans l'état californien, le cœur de la musique bat au rythme de "One room country shack". Lors de finale, William reproduit ses inévitables cris de guerre, sorte d’aboiements volubiles et détonants. Les musiciens nous réservent cependant encore quelques exercices de haute-voltige instrumentale tout au long de la cover du "Lollipop Mama" de Roy Brown. Un excellent album.

Cadillac

Magnetic City

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A l’instar de Madrugada, Cadillac nous vient de Norvège. Un quatuor responsable de trois albums à ce jour. « Magnetic City », son troisième, a été enregistré aux States, dans le Connecticut, sous la houlette de Rich Robinson, le fidèle producteur des Black Crowes. Un opus qui fait la part belle au métal. Mais un métal qui ne manque ni d’originalité, ni de groove, lorgnant même parfois vers le post punk voire la cold wave. Et la reprise d’« Arabian knights » de Siouxsie & The Banshees en est la plus belle illustration. Mais encore le titre maître, plage ténébreuse au cours de laquelle Per Borten emprunte les inflexions de Paul Banks, le chanteur d’Interpol. Car en général, le timbre vocal de Per est plutôt rauque et lorgne manifestement vers celui de Josh Homme. Et puis « Side by side », un morceau qui évolue dans un registre fort semblable. Sans oublier le titre final, « Morning star », hanté par des chœurs spectraux et surtout caractérisé par un riff de guitare à la fois meurtrier et envoûtant. Cet art du riff est d’ailleurs une des forces de Cadillac. Rappelant tour à tour Led Zeppelin, At The Drive In ou Queens of The Stone Age. Mais aussi la ligne de basse grondante, viscérale, menaçante, réminiscente du défunt et mythique groupe australien Hunters & Collectors. C’est d’ailleurs aux Antipodes que Cadillac semble avoir puisé le reste de son inspiration. Et en particulier chez Hoodo Gurus et les New Christs. Leur intensité électrique peut ainsi se révéler tour à tour menaçante, malsaine, féroce, frénétique, sordide, malveillante, sauvage, chatoyante ou contagieuse. Vous comprenez dès lors mieux pourquoi leur musique libère un groove aussi phénoménal. Seul « Michael Francis », superbe compo par ailleurs, frôle l’univers énigmatique de leurs compatriotes, Madrugada. Une excellente surprise !

The Bluetones

The early garage years

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Fondée en 1994, cette formation londonienne était appelée à devenir aussi notoire que les Oasis, Blur, Pulp, Supergrass et consorts. La britpop était alors à son apogée. Responsable d’un hit single en 1995 (« Slight Return »), puis d’un excellent album l’année suivante, « Expecting to Fly Slight Return », The Bluetones a pourtant fait illusion jusqu’en 1998, moment choisi pour sortir leur second opus, « Return To The Last Chance Saloon », caractérisé par ses effluves mexicains. Et puis le combo a vécu une longue traversée du désert ponctuée de trois elpees studio, passés complètement inaperçus. Sauf, sans doute, pour les inconditionnels. Faut dire qu’en s’obstinant à pratiquer le même style musical, le quatuor ne pouvait que végéter dans la zone crépusculaire de l’underground. Cooking Vinyl vient de les repêcher. Et de les signer. Le grand retour ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, la formation insulaire nous propose une sorte de best of avant l’heure, réunissant des démos inédites, des raretés et même trois plages enregistrées ‘at home’, à leurs débuts. Dont la version 7 inches du fameux « Slight return ». Et puis des petites pop songs contagieuses comme « Are you blue or are you blind » ou encore « Time and again ». Le son n’est pas toujours de très bonne qualité, mais le résultat donne une bonne impression du style pratiqué par les Bluetones, il y a maintenant plus d’une décennie. Qui a dit c’est daté ?

Blanche (USA)

Little Amber Bottles

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Responsable d’un superbe album en 2004 (“If we can´t trust the doctors”), Blanche a failli splitter. En cause, l’emploi du temps du chanteur, Dan Miller, davantage préoccupé par ses aventures au cinéma que par la musique. Il avait ainsi, notamment, joué le rôle du bassiste de Johnny Cash, dans le film « Walk the line », consacré à feu ce king de la country. Finalement, tout semble rentré dans l’ordre, puisque la formation de Detroit vient de sortir son deuxième opus. Un disque qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du premier, malgré la production confiée à Mark Nevens (Lambchop, Will Oldham) et David Feeny (le joueur de pedal steel du groupe). Une forme de country gothique, mais surtout sudiste, qui doit autant à Johnny Cash (of course !), 16th Horsepower que The Handsome Family. Surtout que si les lyrics ne manquent pas d’humour, ils traitent prioritairement de l’amour, de la foi et de la rédemption. Et sous la forme de contes autant sinistres que visionnaires. Parfois, on a quand même l’impression que la musique est hantée par le Wall of Voodoo ; notamment lorsque la voix de Dan épouse les inflexions nasillardes de Stan Ridgway. A moins que ce ne soit par Lee Hazlewood et Nancy Sinatra quand les époux Dan et Tracee Miller conjuguent leur duo sous la forme de questions/réponses. Pour enregistrer « Little amber bottles », Blanche à reçu le concours d’Isobel Campbell. Elle meurtrit de son violoncelle le ténébreux « No matter where you go… ». Et puis Little Jack des Raconteurs (et de Greenhorns). Il se charge même des vocaux et du banjo, tout au long de « O death, where is thy sting », une compo manifestement interprétée dans l’esprit de Gram Parsons.

Biffy Clyro

Puzzle

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En 2002 paraissait « Blackened Sky », le premier album de ce trio insulaire sorti de nulle part. Tout de suite, le choc. A la fois harmonique et déconstruit, ce disque était une des meilleures surprises de l’année. Depuis, le trio a perdu pied et n’a jamais réussi à égaler le charme de « Blackened Sky ». Beaucoup moins efficace car trop brouillons, « The Vertigo Of Bliss » (2003) et « Infinity Land » (2004) n’auront dû leur salut qu’à leurs singles et le relatif succès public et critique de ces derniers. Il aura ensuite fallu trois ans aux Ecossais pour donner une suite à leurs idées. Le résultat, « Puzzle », nous arrache, avec une aisance déconcertante, un énorme cri de soulagement. Le retour au son qui avait fait la particularité de « Blackened Sky », conjugué à une inspiration renouvelée, font de ce quatrième essai un véritable petit bijou d’emo-pop à l’anglaise. Il prouve une nouvelle fois que l’emo-pop made in USA est désespérément pauvre et a énormément de leçons à apprendre de son équivalent britannique. « Puzzle » est un condensé d’énergie et de sincérité, aux textes souvent sombres comme en témoignent « As Dust Dances », un « 9/15th » apocalyptique, « Machines » ou encore le single au titre éloquent, « Living Is A Problem Because Everything Dies ». Seule faiblesse, le trio se la joue parfois un peu trop à la Foo Fighters (les singles « Saturday Superhouse » et « Semi-Mental ») et, par conséquent, perd légèrement de sa fraîcheur. Toutefois, ce retour gagnant aidera le trio à reconquérir l’ensemble de ses fans. Sans aucun mal.

Jullian Angel

Life was the answer

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Ce “Life was the answer” nous réserve quelques surprises! La guitare sèche et l’irrésistible voix de Jullian Angel constituent les deux éléments dominants de cet opus distribué par le label indépendant Another Record. Les plages baignent au sein d’une atmosphère paisible, planante mais jamais soporifique. En effet, l’artiste a le don de nous transporter dans des univers aériens susceptibles de stimuler le corps et l'esprit sans pour autant verser dans une mystique inaccessible. Et puis les accents rock d'un “Born on the seventh day” ou d'un “Fragments” subliment le timbre de Jullian Angel, évoquant celui de Jeff Buckley. Si les morceaux imprimés sur un rythme plus soutenu s’avèrent les plus brillants, l'exercice difficile de la chanson à la mélodie intimiste sur fond de guitare semble ne pas être vain. Surtout à l’écoute de “Some dead survive”. L’œuvre s'essouffle en fin de parcours mais n'en reste pas moins un moment très agréable à traverser...

The Tellers

De l'encre sur les mains, des idées plein la tête

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Fin du mois d’août, la Belgique prend l’eau. Vu le temps, c’est presque devenu une habitude. Les parapluies sont de sortie, les gouttes inondent le bitume. Pourtant, il en faut plus pour décourager les fans des Tellers, venus en nombre, en cette fin d’été mouillée, fouler le pavé pour se procurer ‘Hands Full of Ink’ (traduisez : ‘Les mains pleines d’encre’), le graal, le premier album de Ben Baillieux-Beynon et Charles Blistin. Véritable phénomène, The Tellers est le groupe du moment, la formation attendue au tournant. Sur disque, le duo s’en sort avec les éloges : des chansons décontractées, plantées, comme si de rien n’était, sur des mélodies folk-rock à siffloter. Sous la pluie, forcément.

Assis sur la banquette d’un café du centre-ville bruxellois, les Tellers gobent un sandwich à l’arrachée. En les voyant engloutir une dernière becquée entre deux interviews, on se dit que même pour manger, tout va très vite pour ces gars-là. « C’est certain », acquiesce Ben en déglutissant poliment. « Après le succès inattendu de notre mini album, notre label nous a fixé des échéances. On n’était pas en avance. En plus, on traîne toujours un peu les pieds. Si bien qu’en arrivant en studio, on n’avait pas suffisamment de morceaux. Alors, on nous envoyait régulièrement dehors pour composer de nouvelles chansons », explique-t-il. Enregistré dans l’urgence des délais imposés, ‘Hands Full of Ink’ respire la spontanéité et la simplicité. « On est très content du résultat final ! Même si le son de certains morceaux aurait, selon moi, gagné à être plus sale, plus crasseux », glisse Charles. « Cependant, on devait sortir ce disque assez vite. Alors voilà, c’est fait. » Mais c’est bien connu, la vitesse n’effraie pas les Tellers. Formé en 2005, remodelé à plusieurs reprises en 2006 suite au retentissement du single ‘More’ et du titre ‘Second Category’, utilisé pour une publicité internationale (celle de la nouvelle imprimante Canon), le groupe semble enfin se stabiliser. « Au début, avec Charles, on privilégiait la formule duo. Face à la multiplication des dates de concerts et l’élargissement de la taille des scènes, on s’est vite présenté en quatuor. Ça n’a pas été simple de trouver le line-up idéal », explique Ben. Cette fois, les Tellers semblent pourtant avoir trouvé leur équilibre. Après quelques changements de personnel, on retrouve François Gustin à la basse et Kenley Dratwa derrière les fûts.

Des filles et des mélodies

C’est indéniable, l’album des Tellers fait souffler un vent de fraîcheur sur les ondes, petit air léger qui dépasse déjà nos frontières. France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Scandinavie, tous les pays d’Europe succombent au charme d’‘Hugo’, nouveau single tiré de ‘Hands Full of Ink’. « Suite à la sortie de notre mini album, notre label a signé un accord avec ‘Cooperative Music’, un département du label international ‘V2 Music’ », indique Charles. « C’est une chance incroyable de pouvoir diffuser sa musique aussi loin », poursuit-il. Le couronnement médiatique de leurs chansons ne doit cependant rien au hasard. La prouesse des Tellers, c’est d’être parvenu à canaliser une énergie, venue de Grande-Bretagne, de l’intégrer et de la servir sous un jour nouveau, léger et décontracté. « Dès nos premiers morceaux, on nous a comparé aux Libertines, à Pete Doherty. Sa musique nous a motivés, c’est indiscutable », affirme Ben. « Mais notre nouvel album marque une évolution. D’une certaine façon, on peut dire que nous sommes en train de nous affranchir de cette référence. Les chansons et notre personnalité s’affirment. Bientôt, je crois que les journalistes ne nous poseront plus la question. Même si on ne niera jamais l’impact de Doherty sur nos débuts », commente-t-il. Sur album, le point fort des Tellers repose sur l’art de broder des mélodies d’une troublante efficacité. « J’amène toutes les parties instrumentales », souligne Charles. « Et moi tous les textes ! », renchérit Ben. Les deux font la paire et se complètent à merveille. Comme si le destin avait, depuis le début, décidé d’une rencontre entre ces deux-là. Et puis, le tout est chanté dans un anglais irréprochable. « Je n’ai aucun mérite ! », lance Ben. « Ma  mère est d’origine galloise. Alors, forcément, ça aide… » En attendant, son timbre heurté, vaguement râpeux, fait des ravages. Lors des concerts, les Tellers déchaînent les foules, les filles surtout. A chaque sortie du quatuor, les cris des groupies pilonnent leurs joyeuses mélopées. « Ça ne nous dérange pas vraiment », rétorque Charles, « Au contraire, c’est plutôt agréable ! On n’explique pas cet engouement du public, cette exaltation. Mais c’est une bonne chose ». « Même si ce n’est pas toujours évident à gérer auprès de nos copines respectives », rappelle Ben. En attendant, le groupe signe un bel album, une jolie collection de chansons prêtes à enflammer l’assemblée. « Notre réussite est parfois gênante », explique encore Ben. « On passe souvent pour des types arrogants, des chieurs. Pourtant, on n’est pas des méchants… On rencontre parfois l’hostilité de techniciens qui s’énervent sur nous sans aucune raison », ajoute-t-il. « Après, nous devons apprendre à gérer toute cette attention. Et ce n’est pas facile », dit Ben. « Je comprends d’ailleurs le sentiment de jalousie que certaines personnes peuvent ressentir à notre égard. Certains artistes galèrent pendant des années pour parvenir à se faire entendre. Pour nous, ça va vite : on a beaucoup de chance ! De ce point de vue, la jalousie est un ressentiment naturel finalement. C’est tout à fait humain et fort compréhensible. »

Prince Charles

Les Tellers, c’est d’abord une passion commune pour la musique, pour ces petits détails qui, au final, font toute la différence. « La chanson ‘Another Coin For…’ a été enregistrée de façon artisanale, à la maison, dans la salle de bain », raconte Ben. « Si on écoute bien, on peut même entendre une porte qui claque en bruit de fond », sourit-il. Les détails et les anecdotes forgent donc l’état d’esprit de ‘Hands Full of Ink’. Il y a aussi des sonorités qu’on pensait oubliées, comme celles amenées par l’harmonica sur ‘He Gets High’. « Ce n’était pas du tout prémédité », raconte Charles. « J’ai pris l’harmonica et, quelques minutes plus tard, on avait une nouvelle mélodie. » Petit prince des arrangements et des instrumentations, Charles Blistin laisse ici entrevoir l’étendue de son talent. « J’ai même écrit une chanson à son propos », rigole Ben. « Elle s’intitule ‘Prince Charly’. Mais je ne veux pas en dire plus ! ». Mystère et confidence appuient la tendance : ces deux-là sont faits pour s’entendre.

Sons And Daugthers : un second album

Écrit par

“This gift” le second album de Sons and Daughters est annoncé pour le 28 janvier 2008. Il a été produit par Bernard Butler, le guitariste de Suede. Il sera précédé du single “Gilt complex”, dont la sortie est prévue pour le 29 octobre.

Pour regarder la vidéo du single :

http://uk.youtube.com/watch?v=BkzppTTrUMk

 

Pour plus d’infos : http://www.sonsanddaughtersloveyou.com

 

Plain White T’s : sortie de l’album le 15 octobre

Écrit par

L’album de Plain White T’s, « Every Second counts », paraîtra le 15 octobre. Il s’agit du premier opus chez un major pour ce groupe yankee et comprendra un disque audio et un DVD live.

Tracklisting :

Disc 1 (audio) :

Our Time Now

Come Back to Me

Hate (I Really Don't Like You)

You and Me

Friends Don't Let Friends Dial Drunk

Making a Memory

So Damn Clever

Tearin' Us Apart

Write You a Song

Gimme a Chance

Figure It Out

Let Me Take You There

Hey There Delilah [*]

Hold On [*]

[CD-Rom Track]

Disc 2: DVD (Live)

Our Time Now

Revenge

All That We Needed

Stop

Friends Don't Let Friends Dial Drunk

You and Me

Come Back to Me

Write You a Song

Tearin' Us Apart

So Damn Clever

Let Me Take You There

Hate (I Really Don't Like You)

Hey There Delilah

Take Me Away

En attendant vous pouvez toujours visionner le hit single « Hey There Delilah », pour l’instant numéro 1 du Billboard Hot 100 aux USA.

http://www.youtube.com/watch?v=h_m-BjrxmgI

http://www.wat.tv/playlist/467571/video/656937/attitude-PLAIN-WHITE-T-S-HEY-THERE-DELILAH.html

 

Pour plus d’infos : http://www.plainwhitets.com

 

 

Kylie Minogue: un dixième album

Écrit par

‘X’, le premier album de Kylie Minogue en quatre ans paraîtra le 26 novembre. Il contiendra 13 nouvelles compos enregistrées entre Londres, Stockholm et Ibiza.

Outre cet opus, un documentaire filmé par William Baker sera projeté à travers le monde en octobre et la version Dvd (double) sera commercialisée en décembre. Double, le deuxième dvd est consacré au Showgirl Homecoming Live immortalise à Melbourne en décembre 2006.

Tracklisting :

2 Hearts

Like A Drug

In My Arms

Speakerphone

Sensitized

Heart Beat Rock

The One

No More Rain

All I See

Stars

Wow

Nu-di-ty

Cosmic

Pour regarder la vidéo du single « 2 Hearts »

http://www.youtube.com/watch?v=h3gYAP_uTnM

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/674952/attitude-Kylie-Minogue-2-Hearts.html

Et celle de "In my arms"

http://www.wat.tv/playlist/621225/video/824197/kylie-minogue-in-my-arms.html

http://www.youtube.com/watch?v=RE8EAqneUbM

http://www.wideo.fr/video/iLyROoaft5hM.html

Et la vidéo de « Wow » :

http://www.youtube.com/watch?v=LnTrZYHK_II

http://www.wideo.fr/video/iLyROoafY8Nk.html

http://www.wat.tv/video/kylie-minogue-wow-l9pl_iedf_.html

Et encore de la vidéo :

EVN11224-h264-300.mov http://del.interoute.com/?id=f2e049cd-1e6f-4590-b32c-f9867f3729aa&delivery=stream

EVN11224-h264-34.mov http://del.interoute.com/?id=948da682-d02e-4c84-96e7-86c35d9a622b&delivery=stream

EVN11224-h264-700.mov http://del.interoute.com/?id=93ed1d57-93ce-493b-8e01-e8279a1e1875&delivery=stream

EVN11224-real9-300.rm http://del.interoute.com/?id=7541a9f8-f8ac-49e9-a991-80ee2b2ad841&delivery=stream

EVN11224-real9-34.rm http://del.interoute.com/?id=e426db83-dd5f-494b-9e68-d0052ed3dbc8&delivery=stream

EVN11224-real9-700.rm http://del.interoute.com/?id=f6f9d539-db27-4cae-8017-1842136ace9b&delivery=stream

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EVN11224-wmf9-34.wmv http://del.interoute.com/?id=9ad48fa5del-82b3-477e-9464-f9033c2b64b5&delivery=stream

EVN11224-wmf9-700.wmv http://del.interoute.com/?id=c519435a-53d2-4fb6-b538-c87b44b21e0c&delivery=stream

Pour plus d’infos : http://www.kylie.com

 

 

 

 

 

 

 

 

Okkervil River

L'autobiographie imaginaire

Écrit par

Okkervil River nous vient de New Hampshire. Fondée à la fin des 90’s, cette formation est drivée par Will Sheff. Il en est le compositeur, le chanteur et le guitariste. Leur cinquième album vient de paraître. Il s’intitule « The stage names » et fait suite à « Black sheep boy », un disque qui avait reçu une excellente critique de toute la presse. Plus pop, le dernier opus n’en est pas pour autant moins intéressant. D’autant que ses textes sont toujours aussi inspirés, à la limite de l’autobiographie. Will nous en explique la raison…

« L’autobiographie ? Je l’adapte. J’y inclus de la fiction. Ce qui est intéressant dans cette démarche c’est ce qu’elle te procure. Beaucoup d’autobiographies se complaisent dans l’apitoiement ou à la complainte. Par contre, si tu lui apportes de l’imaginaire, tu enrichis ton récit. Et cette pratique devient une opportunité. L’opportunité de te sublimer. On arrive ainsi finalement à une autobiographie factice. Depuis l’album ‘Back sheep boy’, je parviens à écrire comme je le souhaite. C’était alors la première fois. Et lorsque nous avons commencé à enregistrer ce nouvel album, j’avais la sensation de pouvoir m’adapter. En très peu de temps je me suis senti pousser des ailes, parce que j’étais dans mon trip. » Tout au long de cet opus, on rencontre des références au cinéma, au théâtre et à la littérature. Mais finalement, Sheff, c’est un réalisateur de film, un poète ou un musicien ? « Je suis musicien. Je n’ai pas envie de devenir réalisateur de film. Oui, il est vrai que j’ai effectué une tentative dans cet univers, mais c’était un challenge. Ce n’est pas ce que je recherchais. Au départ, j’étais même intimidé. Pourquoi ? Parce qu’il faut de l’argent. Et beaucoup de temps. Et pour arriver à un résultat, des années de travail sont nécessaires. Ce job exige trop de dépense d’énergie et entraîne si peu de satisfaction. Finalement musicien me convient mieux. Ce qui n’empêche pas que je sois tombé sous le charme du cinéma. Mais ma préoccupation première, c’est d’écrire des chansons… Ce nouvel album, je le voulais différent. Lui conférer une tonalité moderne. Et le meilleur moyen d’atteindre ce but était de le plonger dans le monde du divertissement. C'est-à-dire la TV, le cinéma et en particulier les films d’horreur, les chansons pop qu’on entend à la radio. Tout en le rendant intemporel. Archaïque. Comme dans l’univers du conte… » On en vient enfin à la littérature. Ainsi Sheff aurait vécu son enfance comme un solitaire entouré de davantage de livres que d’amis. Il confesse. « J’ai dit ça moi ? Probablement que c’est vrai. Je me sens souvent proche des écrivains qui sont partis dans l’autre monde. C’est émouvant. J’ai toujours eu ce sentiment de partage et de proximité avec eux. Mais finalement, tu te sens bien auprès des personnes que tu ne connais pas. D’ailleurs, lorsque tu as l’opportunité de rencontrer des personnes que tu admires, tu es souvent déçu. A cause de la différence entre l’image que tu projettes et la réalité. Mais tu peux aussi rencontrer des êtres humains malheureux, perturbés. Il y a quelque chose de touchant, de bouleversant et de triste de se dire qu’on est plus proche d’auteurs et d’écrivains et de films que de la réalité présente. C’est ce sentiment de proximité (film, auteur, etc.) que je voulais introduire dans mon album… » Mais qui est la principale source d’inspiration de ses lyrics ? Henry Miller ? « Pas la principale. En fait, je partage chez Miller, et beaucoup de monde pense la même chose, son aptitude à brosser un portrait susceptible d’embrasser toutes les facettes de la société. Depuis le beau jusqu’au laid. Il les dépeint avec un caractère joyeux. Dans la laideur, il trouve quelque chose de beau. Il existe un espace de langage surréaliste, flamboyant, dans ces descriptions. Les émotions qu’il recherche sont destinées à ouvrir l’esprit. Que tu sois intelligent, stupide, beau ou sale. Et tout ça dans l’allégresse. Entre la beauté et la laideur, il existe quelque chose de commun. J’aime ce manque de rigueur, cette absence de structure, ce désordre… » Et pourtant, certaines compos de Will sont devenues des prédictions. Il s’explique : « Il est vrai que j’ai écrit des chansons à propos d’événements qui se sont déroulés par la suite. En quelque sorte, j’ai anticipé sur le futur. Et pour pimenter le tout d’un peu d’humour, j’ai annoncé à mes potes que j’allais consacrer une compo à ma future notoriété. Donc, c’est devenu une plaisanterie entre nous. Mais cette situation est quand même curieuse. Tu projettes un événement dans ton esprit, alors qu’il n’existe pas. Et puis il se produit. C’est très excitant pour moi… »

Quelques chansons de son denier album ont suscité la controverse. Tout d’abord ‘Plus ones’, un fragment au cours duquel Will utilise des titres de chansons célèbres écrites notamment par les Commodores, REM, Paul Simon, ? & The Mysterians et les Zombies. « Pas tellement une controverse, mais disons qu’elle a fait couler pas mal d’encre. En fait, il s’agit d’une chanson radicalement différente de ce qu’on avait pu faire jusqu’alors. Nous voulions réaliser une compo à la fois amusante et légère. Qui tranche avec tout ce qu’on avait pu concocter dans le passé. Un peu idiote même. Ce n’est pas de l’humour très subtil, mais il a le mérite de faire rire. Tu sais Dylan avait ouvert la voie sur ses albums ‘Blonde on Blonde’ et ‘The Basement tapes’. Ce sont des albums bourrés d’humour mais qui dissimulent un message. Et un gag peut aussi cacher une idée très sérieuse… » A l’instar de ‘John Allyn Smith Sails’. La formation y pastiche ‘Sloop John B’, un traditionnel immortalisé par les Beach Boys mais aussi les Byrds de Roger McGuinn. Et Will y a intégré des textes du poète américain John Allyn Smith. La version est tellement sinistre, qu’elle en devient hilarante (NDR : évidemment, pour percevoir ce type d’humour, il faut bien comprendre la langue de Shakespeare). « Tiens c’est curieux, la plupart des journalistes me parlent des Beach Boys et peu de Roger McGuinn. C’est une chanson célèbre. Au départ, je n’avais pas l’intention de la reprendre. Mais j’ai changé d’avis. Parce que c’est comme si je pénétrais dans une pièce et que je rencontrais quelqu’un que je n’attendais pas. C’est ce qui s’est produit pour ‘John Allyn Smith Sails’. Et j’entre dans la chanson. Ce sont deux compos qui s’entremêlent et finissent par fusionner… »

Les arrangements opérés sur ‘The stage names’ sont assez riches. Parfois tapissés de cordes et même de cuivres. Un peu comme chez Calexico et Arcade Fire. Will ne partage pas cet avis : « Je connais trop peu ces groupes. J’apprécie Calexico, mais si leurs cuivres sont stimulants,  ils appartiennent à l’univers des mariachis. En ce qui concerne Aracade Fire, enfin de ce que j’ai pu en écouter, nous n’évoluons pas du tout dans le même registre. J’ai parfois l’impression que la formation canadienne superpose tout. Elle amoncèle une quantité d’ingrédients de haute qualité, mais sans en soigner les arrangements. Et à la longue, ça devient ennuyeux. Je n’aime pas trop cette technique. Et leur ‘Neon bible’ m’a fortement déçu. Dans ce domaine, je préfère Scott Walker à Arcade Fire… » A ce jour, Will a pu réaliser ses rêves. D’une part, il a échangé un duo avec Daniel Johnston sur ‘Don’t fall in love’. Et puis il a joué en première partie de Lou Reed, un des artistes qui constitue une de ses influences majeures. Il a même pu le rencontrer. « Oui, c’était absolument génial de pouvoir parler avec lui. C’est un type extraordinaire. J’adore sa manière d’écrire, son œuvre. Il est difficile de parler de choses qui nous rendent heureux, parce que vous ne pouvez qu’utiliser des termes dithyrambiques… » Par contre, il ne faut pas lui parler d’alt country. C’est un sujet qui fâche. « J’aime la musique country, mais aussi la soul et le rock’n roll. En fait, je joue de la guitare acoustique, et il y a neuf ans, lorsque tu jouais de la sèche, de la steel ou du banjo, les médias te collaient cette étiquette. Le pire, c’est qu’à cette époque, ce mouvement alt country était détestable. Aussi je refuse d’y être associé. Je n’ai jamais rien eu à voir avec cette scène. Je ne suis pas allergique à la country, je l’apprécie même beaucoup, mais Okkervil River ne joue pas de la country… »

Will n’est pas toujours satisfait de sa voix. Pourtant, parfois, ses inflexions peuvent rappeler Robert Plant. Surtout lors des ballades. Mais n’a-t-il jamais pensé à partager un duo avec une voix féminine ? « J’adore le Led Zeppelin et cette comparaison me flatte. Tu sais, notre musique a quelque chose de rock classique (NDR : il aime Dylan, Leonard Cohen et Joni Mitchell, entre autres). Ce quatuor mythique n’est pas une influence, mais il est vrai que nos compos les plus paisibles peuvent rappeler le climat d’un ‘Going to California’… Maintenant, ma voix n’est pas très puissante ni accessible, pas comme celle de Bono ; et c’est peut-être un problème. Une faiblesse. Donc on s’est cassé la tête pour qu’elle puisse s’intégrer dans notre musique. Pour que le groupe l’accepte. Mais quelque part cette faiblesse est une force en soi… En ce qui concerne un duo avec une artiste féminine, c’est une idée qui me plait beaucoup. C’est une formule élégante et romantique. Mais par convention, mon entourage me déconseille vivement de la concrétiser. Donc je vais m’y risquer, parce que si l’idée est ringarde, c’est un défi à relever… »

Merci à Vincent Devos.

Nuits du Soir : mercredi 26 septembre 2007

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La sixième édition des Nuits du Soir se déroulait, à nouveau, au Cirque Royal de Bruxelles. Organisé conjointement par le quotidien Le Soir et le Botanique, cet événement est destiné à mettre en avant le talent d’artistes ou de groupes belges. Et il était à nouveau sold out !

Lourde tâche d’ouvrir ces ‘Nuits du’ Soir devant une salle encore à moitié vide. Début de programme, donc, face à un public clairsemé ; mais il en faut plus pour impressionner les dIPLOMAT. Distribution de flyers de présentation, ouverture remarquée par une bande de petites hôtesses habillées tout en blanc. Les dIPLOMAT proposent un rock brut et énergique pimenté d’une voix aux accents pop ; et même si le set est ‘un peu court’ -aux dires de Fabrice, leur chanteur- il ravit le public du Cirque Royal. La salle finit quand même par se remplir, et les retardataires accrochent immédiatement. Groupe à suivre pour la qualité de ses prestations scéniques, et sur album, puisque la rumeur colporte qu’ils ont désormais signé un contrat chez un label.

Après l’excellent accueil réservé à leur premier album, les Tellers continuent à tourner. Sur scène, les deux guitaristes sont rejoints par un drummer et un bassiste pour donner plus de rythme à leurs compos, et par Fabrice, le ‘grand frère’ ; sans oublier la chorale de potes conviée lors du morceau qui clôt le concert. Attitudes de jeunes stars Rock ‘n’ Roll ce soir pour Charles et Ben, qui nous avaient habitués à plus de désinvolture. Le public est constitué, en majorité, d’adolescents. Profitant du congé du lendemain, celui-ci étonnamment calme par rapport à la réaction suscitée par certaines prestations précédentes du combo. Le nouvel album « Hands Full Of Ink » complète cependant très bien les titres de l’EP qui a fait connaître les Tellers : les chansons « More » et « Second Category » sont déjà des classiques de la formation.

Depuis la sortie de ”Music and chocolates”, un large public commence à s’intéresser à Joshua. Présentant leur spectacle comme une invitation à danser (mais ils devraient davantage montrer l’exemple…), leur prestation programmée à la suite des Tellers ne peut que faire bouger le Cirque Royal, maintenant plein comme un œuf. Un show enlevé, comme toujours, ponctué d’une reprise du « Riders on The Storm » des Doors, et qui s’achève, comme il se doit, par le hit « Kill Your Own Army » scandé devant une foule de bras levés. Les sons funky et hip-hop de Joshua ne renient jamais le caractère rock qui est à la base de leur musique.

Arid se trouve, aujourd'hui, à la veille d'une nouvelle aventure : après une séparation et la reformation suite au concert 0110 de Gand, le premier single « Words » vient d'être édité, et il précède la sortie prochaine d’un nouvel elpee. Ensemble à la croisée des chemins, Arid propose un tracklisting composé de nombreux tubes. Leur énergie et les envolées vocales de Jasper Steverlinck sont maîtrisées de bout en bout, et le public ne s’y trompe pas : il est conquis par le groupe ‘belge’ de la soirée. Et il se surprend même à danser au son de leur pop-rock, qui par moments évoque Keane. Surtout en ‘live’ ; ce qui, pour ceux qui ont pu les voir, signifie un compliment…)

Hollywood P$$$ Stars constituait manifestement le clou de cette Nuit du Soir. Comme ils le définissent eux-mêmes, leur style passe du ‘pop-indie’ au ‘rock guitare’. Il capture immédiatement l’audience. Forts de leur dernier album « Sattelittes », les Liégeois ouvrent dans une relative douceur avant d’asséner leurs hits les plus énergiques. Puis ils laissent retomber la pression, le temps que le public reprenne son souffle ; mais ce calme augure la tempête, car ils terminent en force. Excellents sur disque, les Hollywood P$$$ Stars n’en demeurent pas moins des bêtes de scène. A voir absolument en ‘live’.

Org: Botanique et Le Soir, Bruxelles

Weedeater

God Luck and Good Speed

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Le sludge metal semble avoir le vent en poupe ces derniers temps ! Après la claque engendrée par le nouvel album de Rammesses et le récent engouement inattendu pour l’ensemble de l’œuvre d’Electric Wizzard, dont on s’arrache les albums sur le net, voici de nouveaux drôles d’oiseaux dont on entendra le ramage au-delà des frontières de leur Caroline du Nord. Notons tout d’abord que c’est Steve Albini  (Nirvana, High On Fire…) qui a pris place derrière les consoles pour donner un son à « God Luck and Good Speed ». Imaginez l’importance de cette collaboration pour un groupe de sludge, courant sous médiatisé et dont les géniteurs ont pour noms Eyehategod, Cluthc ou Crowbar. Au niveau des textes, tout ou presque tourne autour de ‘l’herbe qui fait rire’. Musicalement, imprimé sur un mid tempo, le son bien crade dégouline de disto. Plébiscités par Jello Biafra et les membres de Mastodon, les trois lascars de Weedeater ont écumé durant le printemps dernier, les clubs les plus sordides de Californie, en ouvrant pour The Sword, The Hidden Hand et même pour Corrosion of Conformity ! Du bien gras arrosé de bourbon et de chili con carne. La bio précise : à conseiller aux fans de Buzzoven, Orange Goblin, ZZ Top et Electric Wizard. Nous approuvons !

TK Webb

Phantom Parade

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New York nous a déjà offert quelques surprises intéressantes sur le plan du blues ; d’ailleurs personne n’a oublié l’ogre Popa Chubby, pape du blues-rock de la Grosse Pomme ! Du côté du Lower East Side, TK Webb évolue dans un style totalement différent. Après l’unanimement acclamé « KCK » paru sur le label indé The Social Registry en 2005, il poursuit son œuvre loin des longues démonstrations instrumentales lors d’un second elpee inclassable, fruit d’un mélange de folk et de blues rugueux. Jouissant d’une excellente section rythmique, les compositions reposent sur des rythmes extrêmement laid-back, soutenus mais très ‘cools’, lents mais au sens ‘lancinant’ du terme. Un style de jeu souvent négligé aujourd’hui…

D’un point de vue vocal, TK Webb nous épargne les grotesques imitations de Howlin’ Wolf auxquelles se livrent beaucoup de bluesmen blancs ; sa voix un peu haut perchée a quelque chose de ‘dylanesque’, à l’instar du morceau « Lesser Dude » qui n’aurait pas dépareillé sur l’album « Highway 61 Revisited » ; mais lorsqu’il s’attaque au blues aride comme sur « Wet Eyed Morn », celle-ci se fait soudain rocailleuse et usée, comme tout droit sortie d’un gosier du Mississippi.

Aucune surproduction mais une orchestration d’une grande finesse (les touches fantomatiques de lap steel sur « Phantom Parade, le piano de « Lesser Dude »…) Au final, un résultat inclassable et coloré, beaucoup de talent et de l’authenticité à revendre. Une musique de cœur et de tripes.

Tiny Vipers

Hands Across the Void

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Nouvelle signature de l’ébouriffante écurie Sub Pop, Tiny Vipers calme nos ardeurs et clame le bonheur éprouvé par les écorchés. Car, c’est une certitude, Jesy Fortino a le cœur en berne. Mais elle s’en porte plutôt bien. Cachée sous le patronyme Tiny Vipers, elle livre « Hands Across The Void », une œuvre intimiste où mélodies et émotions copulent pour accoucher de chansons élégiaques, pas drôles mais jamais patraques. Inévitablement, on pense à Cat Power pour ce sens subtil de la mélodie gracile, à Julie Doiron pour la sobriété de l’ensemble et à Karen Dalton pour son insoumission folklorique. Etrangement, on songe également au premier enregistrement de Turin Brakes. En sept titres, Tiny Vipers parvient à faire le tour de la question, épuisant le folk par tous les moyens. Par l’entremise d’un final bruitiste étourdissant (« Forest On Fire »), de textes angoissants au possible ou d’un superbe marathon acoustique (« Swastika »), Tiny Vipers prend le temps d’imposer ses atmosphères. « Hands Across The Void » nous emmène ainsi à la rencontre des ténèbres. Et on ne craint pas de s’y perdre. Car ces chansons sont belles à crever. Rien ne peut donc nous arriver.

Trouble Agency

Moneycracy

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Epoustouflant ! Le premier album des trashers de Trouble Agency s’affiche comme la meilleure production belge en matière de metal survitaminé depuis la dernière livraison de Channel Zero. « Moneycracy » replonge l’auditeur au beau milieu des années 80, à l’époque où Exodus, Death Angel, Testament et Voivod donnaient naissance à un nouveau style : le trash métal. Didier Vancopenolle et Larry V. de Rostyne savent y faire lorsqu’il s’agit de composer des riffs tranchant comme un scalpel. Si le combo originaire de Soignies a parfaitement bien appris sa leçon et utilise tous les codes du trash, il évite, par un savant tour de passe-passe, de nous plonger dans la lassitude. Pourtant tout est là : la voix hargneuse, les breaks assassins, les tempos infernaux, les textes revendicatifs… et une production ultra professionnelle, signée Dirk Miers. Récemment, en ouverture du concert d’Anvil au Negasonic d’Alost, Trouble Agency a démontré à un public, médusé par tant de dextérité, que ses prestations scéniques sont à la hauteur de cette petite bombe à fragmentation baptisée « Moneycracy ». Sur certains titres, plus techno trash, on pense beaucoup à Coroner (une référence !) et même à leurs compatriotes de Celtic Frost. La voix de Didier Meeus évoque parfois l’organe de Thomas Gabriel Warrior, et certains riffs sont aussi lourds qu’un « Dethroned Emperor ». Les gars ont à coup sûr perforé leurs tympans en écoutant « To Mega Therion » et « Cold Lake ». Le groupe, cela se sent, croit dur comme fer en ce qu’il crée, en ce qu’il joue. Et il ne se trompe pas. Des titres tels que « 08/06/1945 », « Moneycracy » ou « The King of Blood » ont l’étoffe d’un « Bonded by Blood » ou d’un “Black Fuel”, rien que ça !

Après le succès éphémère de Cyclone dans les eighties et le sabordage de Channel Zero à la fin des années 90, Trouble Agency a pour périlleuse mission de défendre les couleurs du trash ‘Made in Belgium’. Que le Dieu métal leur accorde pérennité !

Thirteen Senses

Contact

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Connus surtout grâce à certaines de leurs compos utilisées en toile sonore de nombreuses séries américaine à succès (« Grey’s Anatomy », « The 4400 », l’excellent « Rescue Me », le pathétique « Bones »…), Thirteen Senses nous propose son second recueil. Surproduit, ce « Contact » est presque en tous points similaire au premier. Vu ses faux airs de Mew, le quatuor aurait facilement pu tirer son épingle du jeu. Mais, souffrant d’une trop large carence en subtilité et originalité, il épouse, encore plus que sur « The Invitation », le profil d’émule insipide et carrément rasoir de Keane. Certains iront jusqu’à citer Coldplay. Mais il s’agirait d’une insulte envers ces derniers. Car leur inspiration est incomparable avec celle, quasi inexistante, du sujet de cette chronique. On en aurait presque envie de vous livrer une review des séries susmentionnées plutôt que de s’étendre sur le cas de ces Anglais. Ironique que ces quatre jeunots aient l’audace de dénommer leur formation ‘Treize sens’, leur ouïe ayant certainement du s’égarer quelque part en chemin vers le studio…

 

Taken By Trees

Open Field

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La Suède est un pays incroyable. Là-bas, les musiciens écoutent leur cœur et, souvent, le rythme s’emballe. Quand le froid scandinave nous dégèle les tympans, on ne peut généralement s’empêcher de s’enthousiasmer. Pourtant, on doit bien consentir que la pop proprette et trop soyeuse de The Concretes nous avait laissé de glace. Alors, en apprenant que Victoria Bergsman, la chanteuse et fondatrice de la défunte formation, se relançait aux commandes d’un nouveau projet, on pensait replonger dans un ennui popisant, dénué de grands moments. Grave erreur car, depuis sa participation au tube « Young Folks » de ses compatriotes Peter, Björn & John et son intronisation subite au panthéon de la pop, la jeune femme a endossé ses plus beaux apparats et nous laisse goûter aux joies des promenades au bois par l’entremise de Taken By Trees. Premier album, coproduit par Björn Yttling (celui qui trône entre Peter et John), « Open Field » est un condensé d’élégance, d’hymnes fragiles entortillés de mélancolie et de nostalgie. Mais étrangement, l’album de Taken By Trees n’est pas triste. Au contraire, c’est un ravissant rayon de soleil perçant les feuilles dorées des grands arbres en cette période automnale. Comment les fondus d’Au Revoir Simone et de Belle & Sebastian pourraient-ils passer à côté des charmes de ces douces mélopées ? En s’exilant au Mexique, peut-être. L’album n’y est pas encore distribué…

Status Quo

In Search of the Fourth Chord

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Première frayeur à la vision de la pochette qui a tout de la parodie de l’affiche d’un Indiana Jones. Deuxième froncement de sourcils après avoir lu la bio : le producteur de ce trente-troisième album des ‘kings’ du hard boogie n’est autre que Pip William, dont la triste réputation n’est plus à faire. L’homme excelle lorsqu’il s’agit de lisser la musique, de gommer toute aspérité, d’enrober le rock d’une bonne couche de miel. Status Quo demeure une légende, et ses dernières prestations scéniques, au Schwung ou à Forest National, ont laissé les plus sceptiques sur les rotules ! Les vieux routards ont toujours la banane, et les classiques sont joués avec une pêche d’enfer. Mais de classiques, il n’est guère question sur ce bien insipide « In Search of the Fourth Chord ». Et si le groupe nous balance un xième best of dans dix ans, aucun titre de cette nouvelle plaque n’y figurera. Status Quo s’est forgé une réputation en délivrant à la chaîne des singles diablement efficaces. « Beginning of the End », sorti il y a quelques semaines, donnait l’eau à la bouche. A cause de son refrain entêtant. C’est ce titre qui ouvre le nouvel opus, et c’est le seul qui retiendra notre attention. Mais où sont passées les popsongs graisseuses qu’on fredonnait sous la douche ? Pourquoi ajouter un quatrième accord de guitare alors que les trois autres réjouissent les tympans des Quo maniacs depuis quatre décennies ? Il y a bien quelques boogies classiques qui font taper du pied, mais il s’agit davantage d’un réflexe pavlovien que d’une réelle envie de communier avec le duo Parfitt/Rossi. Un album qui n’ajoute rien à la légende. Une parenthèse dans la vie du combo. Pas un naufrage, mais gare aux icebergs !

Patti Scialfa

Play It As It Lays

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Pas facile pour un artiste d’évoluer en solo, à fortiori lorsque l’on traîne l’étiquette ‘épouse de…’. Pour Patti Scialfa, le titre de Madame Springsteen peut dès lors s’avérer un fardeau encombrant. Mais la choriste et guitariste du E-Street Band n’en a cure, et ce troisième opus solo ne fait que confirmer un talent existant parfaitement hors de l’ombre de son Boss de mari.

Malgré une pochette façon Patti Smith (analogie d’initiales ?), ce « Play It As It Lays » évolue dans un style très Americana, entre blues, soul, country et folk. Fort bien introduit par l’excellent « Lookin’ For Elvis », il évolue entre harmonica cradingue, slide acoustique, touches électriques et belles harmonies vocales. Les arrangements fort bien léchés ne sont jamais envahissants, à l’image des fins licks de guitare de « Play Around » –fruits de son talentueux complice du E-Street Band, Nils Lofgren– ou des chœurs de « Rainy Day Man ». La voix rauque et haut perchée de Patti Scialfa sert parfaitement un songwriting plutôt inspiré. Elle est soutenue par l’efficace charpente rythmique des Whack Brothers et, on s’en serait douté, bénéficie de la participation du Boss en personne, venu discrètement poser quelques notes de guitare ou d’orgue Hammond.

La production assurée par Steve Jordan et Ron Aniello –en compagnie de Patti elle-même– assure lustre subtil à l’ensemble, très propre sans être surproduit comme c’est souvent le cas dans ce style musical. Si la surprise n’est pas particulièrement au rendez-vous, la voix et la plume de la dame la placent déjà au dessus du lot. De plus, le choix des morceaux s’avère salutaire, offrant dix très bonnes chansons pour une quarantaine de minutes quasiment sans déchet.

Patti Scialfa sur MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=5&catno=OD2DI6193540

Patti Scialfa sur i-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=261289199&s=143446