Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Richie Hawtin

DE09 - Transitions

En 1999 sortait le premier volume de la série DE9 (« Decks, EFX & 909 »), et le clubber lambda de prendre une grosse claque en plein climax océanique : au milieu du boum boum extatique s’ouvrait comme une porte vers un nouvel ailleurs, numérique, en constante progression. Deux ans plus tard, « Closer to the Edit » osait le concept deleuzien du rhizome et de la déterritorialisation : une centaine de loops agencés en une grande fresque électronique, tel un mix au carré, une mise en abîme élégante du travail de DJ. Un petit pas pour Richie Hawtin, un grand pas pour l’humanité ? Du moins pour celle qui sort le samedi soir en boîte… Et la voilà projetée une nouvelle fois dans le futur avec ce « Transitions » implacable : un truc de ouf qui s’écoute d’abord en 5.1, sur DVD (le CD est en fait le bonus). Où l’exploration du concept de « transition » (caler deux vinyles, c’est un art) prend enfin tout son sens, dans le temps (X), l’espace (Y), et l’au-delààààà (Z). Autant vous dire qu’on rentre dans le son, sans même avoir gobé une P avant d’appuyer sur la télécommande. Sur l’écran défilent les noms des artistes samplés (Sleeparchive, Villalobos, Carl Craig, Pan Sonic, Robert Hood, The Detroit Grand Pubahs, Alex Under, Maurizio, Luciano, et bien sûr Plastikman, Fuse, Hawtin,…), qu’il s’agisse d’un de leurs beats, d’une nappe, d’un kick minuscule - le tout s’enchaînant et se superposant à l’infini, dans un tourbillon technologique proprement sidérant. ‘Comment former une sorte d’infinie transition en troublant constamment ce qui vient de se passer par ce qui n’en finit pas de toujours arriver’ : cette théorie sous-tend ce mix prophétique, en avance sur son temps. ‘Oui mais, si on danse ?’ Pas d’inquiétude : au-delà du concept théorique, « Transitions » est un mix (le mot est faible) qui déchire. Enfin l’abstraction se révèle sudatoire : l’Histoire, on l’espère, ne s’arrêtera pas là.

Grupo Batuque

Ole Ola - Futebol Bonito!

Écrit par

Ca y est, la coupe du monde de football a commencé et les produits dérivés font leur apparition. A défaut de single du Grand Jojo, les amateurs pourront se rabattre sur ce curieux disque concocté par les Brésiliens du Grupo Batuque. Entrecoupé de commentaires radio brésiliens (« goooooooooooooooaaaaaallllllllllllllllllllllllllllllll »), l’album est partagé entre sambas quelquefois chantées par des supporters imbibés du club brésilien Flamengo (« Torcida do Flamengo ») et des remix dancefloor plus ou moins inspirés. Rayon remix, « E Ruim » est le meilleur du lot grâce à la voix de Nair Candia et aux sons électro acides qui traversent le rythme endiablé de la samba. Du côté des sambas traditionnelles, on épinglera le légèrement déjanté « Ole Ola » où on croit entendre chanter Tom Zé ; mais c’est le percussionniste Dom Um Romao qui délire. Ou encore « Na batida do Agogo », curieuse pièce mélangeant clochettes, trombones et percus. Chantée par Wilson des Neves, « Soberana » est une très jolie ballade acoustique au charme pénétrant. Un disque qui recèle quelques bons moments donc. Maintenant le reste s’avère tout de même anecdotique, se résumant souvent à des versions lounge et à une ‘jam session de percussions’ comme disait Jean Claude Brialy sur la bande originale du film « Anna ».

Guilty Connector

Beats, Noise, and Life

Kohei The Fast alias Dr. Kohei-C alias Da Filtheh alias GxCx alias Shibaki Electronics alias Afro Blue, mieux connu sous le nom de Guilty Connector, n’a sans doute pas attendu qu’un vrai médecin lui dise que ces tympans tiraient une sacrée tronche pour faire du gros boucan. Attendu, entendu, bref « Make Some Fucking Noiiiiise !!! », peu importe les ordonnances prescrites par le nez-gorge-oreille. Il faut écouter très fort le nouveau disque de cet esthète du noise, sinon où est l’intérêt ? Car qui dit noise, dit volume. Pour bien comprendre la douleur, il faut parfois la subir, et ce n’est pas un petit CD qui va nous faire peur, mmm ? Quarante minutes de bruit blanc qui ponce bien l’intérieur du conduit auditif, ponctuées d’amers moments de grâce, et de quelques silences constructifs (cfr. Merzbow, Haino et consorts). 'Des beats, du bruit, et la vie' : c’est presque un haïku tellement c’est beau… D’accord, c’est bruitiste. Et alors ? Ca nous rend l’accalmie encore plus précieuse. L’ange, toujours, ne fait que passer.

Gris Gris

For The Season

Écrit par

Album capiteux, « For the Season » est aussi et surtout une tranche de psychédélisme bien épaisse, lourde, vicieuse comme devait l’être une montée de LSD chez Timothy Leary. Dès les premières notes de « Ecks 'em Eyes », morceau d’ouverture, c’est le clash sonore. On se dit que l’ « European son » du Velvet n’est jamais très loin ; la pop des Boo Radley ou celle de Sonic Youth période « Goo » » non plus d’ailleurs… Oscillant constamment entre délires bruitistes quelquefois à la limite du supportable et accalmies baroques noyées sous le piano, l’orgue et des vocalises touffues, les douze morceaux pondus par Greg Ashley, ce Texan à l’origine du projet, sont à apprivoiser doucement sur son lit, accablé par une chaleur moite et étouffante. N’attendez pas d’eux qu’ils vous transportent jusqu’à la piscine d’à côté, un sourire aux lèvres, histoire d’aller admirer les filles (ou les garçons, c’est selon) qui s’ébattent dans l’eau. Par contre, si vous vous sentez d’humeur suintante, en singlet, et que l’envie vous prend de consommer des psychotropes divers et variés, « For the Season » est le compagnon idéal. Pour peu, à l’écoute de titres comme « Skin mass cat » ou le très pop « Medication #4 » on se croirait presque aux côtés d’Ashley et sa bande, agonisant dans la cabane où cet album dangereux fut enregistré. Attention donc, on vous aura prévenu… « For the season » n’est pas un ami très fréquentable; mais tout le monde sait que les relations scabreuses comptent parfois fois parmi les plus attirantes…

Macka Diamond

Money-O

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Premier album pour Charmaine Munroe, alias Macka Diamond. Etablie dans la turbulente ville de Kingston, la dame est pourtant impliquée dans la musique depuis plus de dix ans. Elle a forgé sa réputation en commettant différents maxis parus sous la houlette de différents producteurs. Elle est bien décidée à battre les machos sur leur propre terrain. Faut dire son franc-parler conjugué à la pratique d’un humour en dessous de la ceinture (NDR : ses textes !) font penser à Missy Eliott. Ce premier disque a bénéficié de riddims de tout premier ordre de producteurs comme Clive Hunt, Dave Kelly, Donovan Bennet et quelques autres qui ont fait leurs preuves chez les plus grands : Sean Paul, Sizzla, pour n’en citer que quelques uns. Grâce à son flow tout terrain, Macka Diamond fait la différence et réussit un sans faute. Une plaque qui recèle quelques hits potentiels. Et notamment le minimal « Bun Him », le funky « Think Mi Easy », le scabreux « Horny » et l’imparable country ragga de « Lexxus & Benz » ; des titres qui devraient pouvoir remplir les pistes de danse. Le reste est d’un très haut niveau, frais et récréatif comme sur les déjantés « Lilly » ou « Stop Tickle Me » ou encore sur le plus sérieux « Your Mistake », le seul format chanté de l’album. Fortement conseillé.

Various Artists

Sexadelic Dance Party - Vampyros Lesbos

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« Sexadelic Dance Party »… Mon dieu, ce titre laisse rêveur… Pour celles et ceux qui l’ignoraient encore, Vampyros Lesbos (sorti en 1971) est un des plus célèbres films d’épouvante de l’Espagnol Jesus Franco ; réalisateur qui se fît connaître pour ses nombreux nanars de Série B (ou doit-on dire « Z ») ‘cultissimes’ dans le petit milieu des aficionados du genre. Mettant en scène une jeune femme mariée bien sous tous rapports, Vampyros Lesbos détaille aussi et surtout les visites que celle-ci reçoit une fois la nuit tombée… Une splendide vampire, sexy comme il se doit, vient en effet la border tous les soirs… Et il est bien sûr inutile de vous préciser, étant donné le titre du film, que ce n’est pas pour lui raconter l’histoire de ‘Blanche neige et les 7 nains’… Vu le côté très sexuellement orienté de ce petit chef d’œuvre, on ne s’étonnera pas non plus d’apprendre que Jesus Franco fit appel à Manfred Hübler et Siegfried Schwab (des noms pareils, ça ne s’invente pas), Teutons de leur état, pour réaliser la bande son de cette splendeur. Composée de 17 thèmes, celle-ci ne déçoit pas, bien au contraire... Psychédélique, funk, baroque, complètement allumée, cette B.O. est tellement libidineuse et décadente qu’elle siérait à n’importe quel film de ‘fesses’… Des titres comme « The lions and the cucumber », « Kamasutra » ou encore « The Message » sentent, à plein nez, la partie de jambes en l’air sous LSD… Soupirs, grognements, tablas, basse serpentant comme un cobra en pleine danse du ventre et chœurs langoureux invitent ainsi à la débauche et nous font regretter de ne pas avoir vécu à cette époque bénie où le caoutchouc n’était pas encore une protection indispensable… Mais bon, ne nous égarons pas, sinon je risque la censure pour propos obscènes… Sachez donc simplement que si vous êtes d’humeur scandaleuse et que vous envisagez d’organiser quelques parties fines (dans le respect de la loi, bien sûr), ce disque est pour vous…

 

Curtiss

Simplicity

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La ‘french touch’ est de retour! Originaire d’Aix-en-Provence, Curtiss se compose de cinq joyeux lurons : Alexandre Menicucci (chant et clavier), Nicolas Prud’homme Lacroix (guitare et backing vocals), Grégory Coronel (guitare), Geoffrey Apat-Funes (basse) et Pascal Ortega (batterie). Leur style est simple, mais bigrement efficace, pour autant que l'on soit un adepte du rock! Une chose est sûre, pour atteindre un tel niveau, les musiciens ont dû bosser. Sur leur planète rock, on aperçoit de temps à autre un arc-en-ciel de mélodies. L’énergie est répandue sans réserve. Les sons sont grisants. Le charme opère. Fougue et allégresse sont les maîtres mots chez Curtiss. Leur musique est manifestement influencée par les States. Celle d’Incubus, tout d’abord (NDR : à l’instar de "List"). Des Deftones ensuite. Leur expression sonore est saturée d’électricité ; ce qui n’empêche pas le combo de se réserver l’une ou l’autre ballade douce et harmonieuse. Le groupe est né en 2002, à l’initiative d’Alex, Nico et Greg. Avant de concrétiser ce projet, ils sévissaient chez Ownslaught, un ensemble de métal. Pascal et Geoffrey les rejoindront un peu plus tard. Curtiss pouvait alors se lancer dans une nouvelle aventure. Néanmoins, le combo n’hésite pas à se servir des expériences acquises pour se forger son répertoire. Ce qui lui a permis de commettre assez rapidement un premier EP en 2003. Puis de partir en tournée. Lors de concerts, en général, favorablement accueillis par le public. Résultat des courses : Customcore leur a proposé l’enregistrement d’un premier opus : « Simplicity ». Et rebelote, la formation est repartie pour un nouveau périple. A la conquête des salles nationales et européennes, il devrait transiter par la Belgique cet été !

 

Chili KumQuat

Dest1 - HaZâr2 [utopie fataliste ou résignation idéaliste]

« Faites vos jeux ! », titre le premier morceau de ce deuxième album des Chili KumQuat : faut-il miser tout de suite sur leur metal pubère ou attendre plusieurs tours de chauffe avant de lancer la bibille ? Les champions à ce jeu portent ici de drôle de pseudonymes : Therapy ? (période « Nurse »), System of a Down, Lofofora, Slipknot, la Nowhere Team, Limp Bizkit,… Tous regardent les gestes du croupier d’un œil torve, prêts à jeter leur liasse de biftons dès que le vent tournera. Les outsiders, Wallons de surcroît, préfèrent ne pas piper mot quant à leur stratégie. A les écouter, on comprend pourtant vite quel sera leur premier choix tactique : le mimétisme, pour ne pas éveiller les soupçons. Gros riffs métalliques, ruptures vocales et rythmiques, phrasé comique massacrant les syllabes : les adversaires sont conquis, on rigole, on se tape dans le dos. ‘Ah, ces petits Belges, z’ont l’air de rien mais faut faire gaffe qu’ils nous plument pas comme de pauvres sagouins !’, lance goguenard le gros bouclé de SOAD. Un des types masqués de Slipknot éructe au moment où la bille s’arrête sur le « 66 » : « Le noir gagne », déclare le croupier, sauf que ce sont les Wallons qui empochent la mise. « Les jeux sont faits », Chili KumQuat trépigne. C’est alors que s’énerve le grand chauve de Lofofora, qui les assomme d’un gros coup de boule : « Rien ne va plus », ironise-t-il le front dégoulinant de sang. Ah merde, ils étaient bien partis pour qu’on parle enfin d’eux, et même ailleurs qu’au festival de Dour… La prochaine fois les gars ?

Clearlake

Amber

Il y a trois ans, « Cedars », le précédent effort des Anglais de Clearlake, était quasi l’un des albums pop-rock de l’année : sans forcer le trait, ces gars-là nous offraient de bons titres bien charpentés, mais qui pourtant laissèrent tout le monde indifférent. Mmmmh… Mystère. A l’heure où Domino parie d’abord sur ses poulains (Psapp en tête) et fait son beurre avec Franz Ferdinand et les Arctic Monkeys, on imagine le sort de Clearlake un chouia moins enviable. Ne pas baisser les bras : au fond, ceux qui ont déjà écouté les chansons de Clearlake savent qu’un jour il y aura une justice. Que des titres comme « No Kind of Life » et « Finally Free » valent bien trois Elbow et deux Fireside, tant leur puissance mélodique saute aux tympans et à la gorge. Qu’il y a du BRMC, du QOTSA et du SOOL parsemés dans leur alphabet de la chose rock’n’roll. Qu’un harmonica, quand il pète à la gueule, s’avère un engin du démon (« Neon » et ses airs de « I Feel You » (DM) à la JSBX). Que la suavité n’est pas l’apanage de Jason Pierce et de Glen Johnson (« Good Clean Fun » et « You Can’t Have Me »). Que Brighton n’est pas seulement la ville de Fatboy Slim. Bref, que Clearlake est un grand groupe honteusement méconnu. Cette critique, certes, n’inversera pas la tendance. C’est alors qu’arrive le doute existentiel : et si tout ce que je vous raconte ne servait à rien ? Espérons que Clearlake connaisse un jour un vrai succès d’estime (au moins)… En attendant, on en causera à nos voisins.

Eric Burdon

Soul of a man

Écrit par

Eric Burdon est né le 1er mai 1941. Faites le compte : il vient donc de fêter ses 65 balais. Son principal titre de gloire remonte quand même à plus de quatre décennies. En 1962, très exactement ; lorsqu’il fonde les Animals. En fait, à cette époque, il cherche une réponse aux R&B bands issus de Londres : Rolling Stones, Yardbirds et autres Manfred Mann. Elle viendra donc du Nord de l'Angleterre. De Newcastle, très exactement. La formation connaîtra son heure de gloire dès 1964, lorsqu’elle commet le superbe "House of the Rising Sun". Un tube qui en appellera d’autres ; à l’instar de "It's my life" ou encore "Don't let me be misunderstood". En 1967, les Animals modifient leur patronyme. Ils deviennent les New Animals. Nous sommes alors en pleine période psychédélique. Deux ans plus tard, Eric entame une nouvelle aventure : War. Un groupe de musiciens noirs qui jouent un cocktail explosif de R&B et de funk. Depuis, Burdon mène une carrière solo, entrecoupée de reformations ponctuelle de ses Animals. Au cours des dernières années, il a concocté quelques albums de bonne facture. A l’instar de « My secret life » en 2004 ou encore du ‘live’ "Athens traffic" en 2005.

Ce nouvel opus marque son retour vers les sources de sa musique de base : le blues. Une œuvre qu'il dédie à la cité sinistrée de la Nouvelle Orléans. Le line up de base de son backing band circonstanciel réunit Johnny Lee Schell aux guitares, Mike Finnigan à l’orgue, Tony Braunagel aux drums (NDR : il assure, en outre, la production) et James Hutchinson à la basse. Une équipe renforcée épisodiquement par l’un ou l’autre invité. Et notamment le guitariste Carl Carlton, le pianiste John Cleary ; sans oublier Ivan Neville qui participe aux chœurs.

La plage d'ouverture, "Soul of a man", est superbe. La voix féminine de Melody Perry entre en scène. Elle est suivie par celle de Burdon. Il possède toujours ce timbre inimitable ; et manifestement ce timbre émouvant colle parfaitement aux chants du Delta. Les percussions font alors leur apparition ; avant que les autres instruments ne viennent alimenter le décor sonore. Une compo à la fois riche, dense et remarquable. "Kingsize Jones" est sculpté dans du pur funk. La guitare concède des motifs rythmiques nerveux. L'orgue Hammond, les percussions, les voix et quelques cuivres colorent l’ensemble. L’ombre de War n’est pas loin ; mais aussi celle des Neville Brothers! L'ouverture de "Red Cross store" répond parfaitement à nos attentes. La slide reproduit le son de Fred McDowell, avant de s'engager dans un boogie primaire. Burdon éructe ses vocaux, face à cette slide. Le piano est omniprésent. "Come se llama mama"marque un retour au funk, mais un funk exotique, latin, très dansant, dynamisé par les percussions de Lenny Castro et la section de cuivres, au sein de laquelle le saxophoniste Joe Sublett tire son épingle du jeu. Le blues hante toujours chez Eric. Et il le démontre lors de cette reprise impeccable, imprimée sur un tempo modéré, du "40 days and 40 nights" de Muddy Waters. Les ivoires sont toujours bien présents. Schell et Carlton conjuguent leurs guitares. Pour la circonstance, Rod Piazza se réserve l'harmonica dans un style très Chicago. La voix de Burdon est totalement contaminée par le blues pour interpréter "Feeling blue", une plage plus mélodique et raffinée. Son timbre puissant et rugueux lui permet d’embrasser une multitude d’horizons sonores, y compris la musique roots ; à l’instar du bien nommé "Never give up blues", un fragment qui s’ouvre par une guitare acoustique, avant de laisser pénétrer progressivement les autres instruments, et en particulier une slide fort métallique, sans oublier les choeurs solides. Particulièrement contaminé par le blues, Eric entame le "GTO" de David Munyon a capella. Un blues lent irréprochable, très fin de soirée, coloré par l'orgue Hammond. Les accords subtils du piano soutiennent avec bonheur la voix profonde de notre Anglais qui cite au passage le nom de grands bluesmen immortels. Il reprend "I don't mind" du même Munyon. Dans un même registre ‘late night bar’. Burdon ne redoute pas le Chicago blues urbain. C’est une certitude ! Il chante le "44" du géant Howlin" Wolf en dialoguant avec l'harmonica de Piazza et le piano de John Cleary. Eric raconte une histoire en intro de "Slow moving train" : il fréquentait un bar en France en compagnie de Memphis Slim, lorsqu'il apprit la mort de Robert Kennedy. Pas étonnant que cette ballade baigne dans la tristesse. Eric renoue avec le chant roots, face à un dobro métallique, tout au long de "Don't ever let nobody drag your spirit down". Signé John Rabbit Bundrick (NDR : ce claviériste a longtemps accompagné le Who sur les planches), "Devil run " campe un rockin' blues basé sur un riff. Pour notre plus grand plaisir, Eric achève l’opus par un boogie participatif : "Circuit rider". Il y partage son exercice vocal avec un harmonica libéré. Ne boudez pas votre plaisir, Eric Burdon vient de nous livrer un excellent album!

 

Jane Birkin

Fictions

Une renaissance pour elle : il y a deux ans, Jane Birkin confiait la composition de « Rendez-Vous » à des artistes en vogue chez les jeunes (Mickey 3D, Miossec, Feist, Chao, Molko,…) et à quelques sexagénaires de sa trempe (Hardy, Bryan Ferry, Souchon, Paolo Conte, Veloso,…) : l’album était concept (des duos) mais pas variet’, d’où le soulagement, l’oreille attentive, « Blow Up » et « Melody Nelson ». Pour « Fictions », l’Anglaise s’occupe cette fois toute seule de l’interprétation, mais encore une fois elle est bien entourée : à l’écriture on retrouve ainsi The Divine Comedy, Tom Waits, Gonzales, Rufus Wainwright, Beth Gibbons, Dominique A, The Magic Numbers, Cali, Neil Young, Arthur H., Kate Bush, Maurice Ravel, Hervé Guibert, aux chœurs l’impeccable Jamie Lidell et aux instruments Johnny Marr, Mocky et… Gonzales. Trois covers (Waits, Young, Bush), huit chansons originales, un texte de l’écrivain Hervé Guibert sur une musique de Ravel. Si la scène pop-rock anglo-saxonne se taille cette fois la part du gâteau, c’est parce que Jane Birkin voulait ‘wremonter à la sourwce de ses owrigines british’ (admirez l’accent). Aurons-nous bientôt droit à l’intégrale de Black Sabbath en version javanaise avec Pleymo et Tool en invités vedette ? Toujours est-il que « Fictions » est une belle réussite, les compositions de chaque invité se révélant pareilles à elles-mêmes, c’est-à-dire plutôt bonnes (« Living in Limbo » de Gonzales, également à la production, et « Steal me a dream », signée The Magic Numbers).

The Black Heart Procession

The Spell

Écrit par

Plus de deux ans après leur étonnante aventure tropicale (« Amore del Tropico »), The Black Heart Procession reviennent avec « The spell », un album sombre et douloureux à souhait. La voix de Pall Jenkins, plus claire tout en restant profonde, est accompagnée du piano omniprésent de Thobias Nathaniel. A ce binôme initial viennent se greffer violons, guitares, basse et autres effets sonores. Moins folk qu’auparavant, moins bruts aussi, les morceaux semblent plus aboutis et gagnent en puissance. On regrettera néanmoins une légère perte de charme. Leur magie noire débute par « Tangled », un titre qui nous replonge dans l’ambiance délaissée après « Three». Vient ensuite « The spell », à n’en pas douter le 'hit' de l’album. Les chansons suivantes sont taillées dans un moule assez classique. La preuve: « The letter », qui s’inscrit dans la tradition des grands slows tels que le fameux « Night in white satin » des Moody Blues. Vers le milieu de l’album, les choses se corsent. Même fiévreux, « Return to burn » glace le sang ('I’ll find another world to burn my soul again, I am frozen'). Le troublant « The waiter #5» vient poursuivre l’énigmatique série que The Black Heart Procession entretient au fil des albums. Enfin, ils prennent plus de risques sur « GPS », « Places » et « The fix » avant de conclure, tout en émotion, sur « To bring you back ». « The spell », c’est le retour gagnant d’un groupe capable de créer une atmosphère des plus propices aux idées noires...

Joe Bonamassa

You & me

Écrit par

Joe Bonamassa est originaire de l'Etat de New York. Un très jeune guitariste qui est monté sur les planches, à l’âge de 12 ans. Il s’est ainsi produit en première partie de BB King qui en fut, parait-il, fort impressionné. Ce dernier n’hésita alors pas à le qualifier de jeune prodige ou de ‘légende en devenir’! Joe commet son premier album en 1999 : "A new day yesterday", un opus produit par Tom Dowd. D'autres suivront, tel "Blues de Luxe", paru en 2003 (NDR : l’année du blues !) Son dernier elpee, "Had to cry today", remonte à 2004 ; mais depuis le label Provogue a décidé de rééditer toute sa discographie. Dernièrement, Bonamassa a été intronisé comme membre de la vénérable Blues Fondation.

Ce nouvel opus a été concocté sous la houlette de Kevin Shirley (Led Zeppelin, Black Crowes, Aerosmith). Pour la circonstance, Joe est soutenu par Rick Melick aux claviers, Carmine Rojas à la basse et Jason Bonham - le fils du regretté John du Led Zeppelin - aux drums, bien sûr.

"High water everywhere" ouvre la plaque sous les meilleurs auspices. Une compo écrite, il y a plus de 60 ans, par le mythique Charley Patton. Un traitement rockin' blues a été administré au chant du Delta. Une chanson qui relate la crue dévastatrice du Mississippi qui s’est produite en 1927. Joe fait ici, vous vous en doutez, une allusion à peine voilée au récent cyclone Katrina, responsable de la destruction d’une bonne partie de la Nouvelle Orléans. Son chant est grave, respectueux. Il n’en remet pas une couche. Sa guitare épouse le timbre de sa voix. Il libère progressivement de petits flots de notes, pendant que la section rythmique accentue ce ton volontairement dramatique. Il aborde son "Bridge to better days" dans son style bien à lui : du hard rockin' blues bien solide, sans pour autant s’embourber sur terrain lourd. Le chant peut rappeler celui de Paul Rodgers, un vocaliste qui militait naguère chez le Free. En outre, il bénéficie du concours d’un pote : Pat Thrall. Guitariste expert, il a longtemps côtoyé Pat Travers. Une histoire qui date quand même de plus de vingt ans. Slow blues assez sirupeux, "Asking around for you" est cuivré à la manière de BB King. Une technique que le maître adoptait régulièrement dans le passé. Mais si la démarche peut effectivement s'identifier à celle du glorieux bluesman de Memphis, elle évolue cependant dans un registre plus proche de Gary Moore que du vénérable King. Joe persévère dans le blues lent, mais sous une forme plus classique, pour interpréter le notoire "So many roads", une compo immortalisée autrefois par Otis Rush, un des fleurons du Chicago Westside. A moins que ce ne soit par l'Anglais Peter Green, qui en fit une excellente version sur l'album "Hard road" des John Mayall's BluesBreakers. D’ailleurs, en injectant une bonne dose de réverbération dans le son, il se révèle davantage disciple de Green que de Rush! En outre, sa voix libère tellement d’émotion ! "I don't believe" est un titre que j’apprécie tout particulièrement. Une plage écrite en 1956 par Don Robey et reprise par le brillant Bobby Bland. Le Bonamassa Quartet l’exécute de manière directe, primaire, sans le moindre artifice ; et c'est sans aucun doute la meilleure recette. Issu de la plume de Ry Cooder, le très sudiste "Tamp em up solid" manifeste beaucoup de sobriété et de douceur. Une plage qui se mue ensuite en hommage à Django Reinhardt. Intitulée explicitement "Django", elle est abordée à la manière d’un Jeff Beck des bons jours. Le son réverbère pas mal d’écho. Une recette adoptée déjà par Jeff, au cours des années 60, lorsqu'il enlevait sa version du Boléro de Ravel. Jason Bonham a hérité de son père le don exceptionnel de marquer le tempo. Se sentant si bien soutenu, Joe s'attaque à un chef d'œuvre de Led Zeppelin : "Tea for one" (NDR : commis sur l’elpee "Presence"). Plus de neuf minutes au cours desquelles il se complait à jouer les rôles de Jimmy Page et de Robert Plant (NDR : il se montre cependant bien plus efficace dans la peau du premier). La cover du "Your funeral and my trial" de Sonny Boy Williamson II n’est pas très conventionnelle. Melick siège derrière son orgue tandis que sort de l'ombre la frêle silhouette de LD Miller, un gamin de 12 ans, qui souffle comme un possédé dans son harmonica. Cet opus de bonne facture s’achève par "Torn down". A l’instar du début de l’album, il s’inspire du sud profond. Avant de virer au boogie collectif…

Abd Al Malik

Gibraltar

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Ancien rappeur hardcore au sein de N.A.P., ancien islamiste radical, Abd Al Malik a eu un parcours chaotique qui l’apparente un peu à Kéry James. Sa conversion au soufisme l’a amené à changer sa vision du monde, déjà exposée sur son premier opus solo « Le face à face des cœurs ». Ce deuxième album est une œuvre très ambitieuse qui bénéficie de collaborations multiples et prestigieuses. Renaud Létang (Jamie Lidell, Gonzales, Feist) se charge du mixing. Keren Ann et Mathieu Boogaerts posent leur voix. Bilal compose la plupart des titres en compagnie de l’arrangeur-batteur Régis Ceccarelli. Le pianiste Gérard Jouannest, ancien collaborateur de Jacques Brel, fournit trois compositions. Les castings ronflants ne font généralement pas les grands disques, mais ce « Gibraltar » a tout du futur classique. Empreint de culture hip hop, il transcende le genre car il n’en adopte pas les conventions et les clichés, ni les codes musicaux. Musicalement génial, il touille surtout dans le jazz le plus créatif (« Gibraltar », « les Autres »), les percussions africaines (« Je regarderai pour toi les étoiles »), le funk (« le grand frère »), la chanson française et les ambiances proches des plages mélancoliques de DJ Shadow (« Rentrer chez moi »). Le tout avec très peu de samples et surtout une grande palette musicale qui va des cordes au banjo. Les paroles sont évidemment très importantes mais difficiles à décrire. Avec son flow proche du slam, notre homme se concentre sur des thèmes graves (‘écrits à l’encre rouge de la douleur des blessures de mon histoire’) mais parvient à surprendre et divertir par un sens de la poésie et de la narration jusqu’ici jamais entendu dans le paysage musical français. Un must, comme dirait Bernard.

About

Bongo

Écrit par

J’ai mal à la tête, y’a pas quelqu’un qui pourrait balancer la chaîne hi-fi par la fenêtre ? Durant les quelques secondes de l’intro de « Think Niles Drink », « Bongo » s’annonce comme la renaissance d’Atari Teenage Riot… pour, malheureusement, se poursuivre dans un grand n’importe nawak décevant. Entre electronica, noise, indie, punk et pop expérimentale, About prend le mélange des genres au pied de la lettre et pousse le délire un chouia trop loin, pour aboutir à un essai fourre-tout quasi inconsommable. Certes, quelques morceaux ont la bienséance d’être distrayants (« Boo(Hoo) », « Fury Dice (Dangling From The Guitar) », « Friends Applaud ») mais l’ensemble reste fort saumâtre…

Asyl

Petits cauchemars entre amis

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Après les petits meurtres, voici les petits cauchemars entre amis. Autant dire qu’on préfère dormir et se payer des heures de terreur en compagnie des quatre trublions d’Asyl. La dernière fois où nous avions croisé tant de détermination en France ? La réponse coule de source, elle est sombre : Noir Désir. La référence au groupe de Bertrand Cantat a été usée sans vergogne pour étiqueter de nombreux troupeaux de guignols hexagonaux. Cette fois, le rapprochement n’est pas volé. Electricité, authenticité. Asyl lance ses « Petits cauchemars entre amis » sur un « James Dean » rageur, fonceur. Les textes défilent dans une urgence, une violence trop rarement entendue dans les vignobles chiraquiens. Pour entrer dans cet univers fiévreux, le « James Dean » initial s’auto suffit. Les lignes de basse rebondissent, fonçant à travers les riffs stridents de guitares nerveuses. Produit par Andy Gill, le mythique guitariste de Gang Of Four, ce premier album réduit en miettes tous les détours du retour du rock entendus aux abords de la capitale. Si la bataille devait commencer aujourd’hui, Asyl serait le premier à sauter dans la tranchée. Guitare à la main, riffs tranchants, prêts à tuer pour percuter. Asyl ne suit aucune ligne de conduite. Pourtant, le groupe appuie quelques œillades électriques en direction du passé (« Génération » et « Zeppelin »). Mais ces clins d’œil ne trouvent pas écho dans ces chansons éjectées, postées aux portes du Gun Club, un lieu où les fantômes aiment à danser sur les brûlots des Stranglers, des Gang of Four et autres Buzzcocks. Un lieu où on chante en français. On crie, on se défoule. Ça déboule ! Après ces « Petits cauchemars entre amis », il ne nous restera plus qu’à courir. Droit à l’Asyl !

 

Festival de St Brieuc : The Rakes + Katerine + dEUS + Yeah Yeah Yeahs + Happy Mondays

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Tout au long de cette  journée ensoleillée à St Brieuc, le festival art rock mettait le rock à l'honneur. Des guitares, des mélodies imparables … C'est ce qui nous attendait pour cette seconde soirée du festival.

C'est devant une place Poulain-corbion à moitié remplie que les Britanniques de The Rakes entament leur concert. Des morceaux comme « Open book » , « Man with a job » se révèlent simples mais efficaces. On voit apparaître dans l'assistance les premières gouttes de sueur. Les Anglais nous offrent une prestation des plus électriques à grand renfort de rythmiques fougueuses et de riffs imparables. La formation quitte la scène après une bonne heure de show et revient pour un rappel salutaire, visiblement heureux d'être présente.

Fleur dans les cheveux, grosses lunettes de soleil, colliers à perles, polo bleu moulant, c'est maintenant au tour de Katerine de fouler la scène de Poulain-corbion. Entre mélodies entraînantes et textes second degré, le quintet invite le public à dandiner du train arrière et celui-ci ne se fait d'ailleurs pas prier ! Katerine et la secte machine semble être un équipage bien rodé, comme en témoigne ce moment du concert où ils s'arrêtent net, restent immobiles pendant presque une minute, pour finalement repartir de plus belle ! On passera durant une bonne heure de mélodies simples  (« Le train de 19h ») aux rythmes dansants (« 100 %vip »). L'apothéose du concert se produira dès l'entame du tube « Louxor j'adore ». Dans l'assistance, on tape des mains, on danse allègrement et on reprend à tue-tête le refrain…

Beaucoup moins décalé, dEUS investit les lieux. Après de nombreux changements de line-up, le collectif est maintenant composé de 5 membres, dont le leader est toujours le charismatique Tom Barman. Sur scène, les Belges jouent leur rock hypnotique, parfois pop, souvent fougueux mais toujours génial ! Des morceaux du nouvel album tel que « Pocket revolution » ou encore « Stop start nature » se révèlent être très bons en live, plus violents. Au sein du public, on semble être heureux d'assister à cette expérience. On peut cependant regretter le son, parfois vraiment médiocre qui nous empêchera d'apprécier entièrement le génie de ces Belges. Certaines personnes n'hésiteront d'ailleurs pas à partir avant la fin du show, visiblement abasourdies…

C'est maintenant au tour du groupe le plus attendu de la soirée à en juger par l'enthousiasme de l'assistance et l'affluence. On parle ici des New-yorkais de Yeah Yeah Yeahs drivés par la sulfureuse Karen O. Le groupe expédie d'entrée « Way out ». Les superlatifs ne suffisent plus pour qualifier la chanteuse : charnelle, sensuelle, majestueuse... Par sa voix et son attitude, elle électrise la place toute entière ! Les New-yorkais nous offrent un concert de grande qualité, enchaînant les morceaux énervés comme « Gold lion », « Pin » et les titres plus calmes tels «Maps », des moments qui se révèlent géniaux en 'live'. Il est vrai que Karen O n'est pas une grande bavarde, mais la communication s'opère d'abord par la musique. Et puis son grand sourire témoigne de sa joie d'être présente sur cette scène. Le groupe conclut le concert par le très intense « Date with the night ». Dans le public, on danse, on saute partout et on transpire à grosses gouttes.

Après un concert d'une telle intensité, on aurait pu croire la tâche de conclure la soirée difficile pour les Happy Mondays. Et même s'il est vrai que Shaun Ryder a pris quelques kilos, braille plus qu'il ne chante et ne bouge pas énormément, la performance reste à la hauteur de la légende. Le public semble avoir du mal à répondre aux invitations de Bez Ryder. Cependant, on se laisse volontiers entraîner par des morceaux du calibre de « Playground superstar ». Leur musique, mélange d'electro, de dance et de rock tapageur était donc parfaite pour clôturer la soirée.

 

 

 

Welcome to Miami

The silent cathodic chaos

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Welcome 2 Miami nous vient de l’Hexagone. Une formation dont le rock très énergique, légèrement teinté de métal devrait plaire aux teenagers. Une influence majeure ? At the Drive-in ! La formation est née en 2002 de la rencontre entre Gui, Al, Arnaud (Munkyposse), Florent (Hawaii Samurai) et JP (Nothing To Prove). Le groupe s'est récemment fait remarquer aux Eurockéennes de Belfort. Et dans la foulée a rejoint le label marseillais Customcore (NDR : mieux connu pour avoir notamment signé Curtiss). Le quintet nous propose son premier EP "The (silent) cathodic chaos", un disque sur lequel figure "Robocop has an accident", une excellent compo au cours de laquelle le drummer se montre particulièrement efficace ainsi que "Golden goddess for lusty people", un fragment qui démarre en fanfare, mais surtout nous rend quelque peu nostalgique d’un certain rock des années 80. Un premier opus devrait suivre dans les prochains mois. En attendant, le combo figurera à l’affiche de plusieurs festivals français. Encore méconnus du grand public, il ne devrait pas tarder à se frayer un chemin au sein de l’univers pop/rock, outre-Quiévrain…

 

Midlake

The Trials of Van Occupanther

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Deux années plus tôt, nous découvrions « Bamnan and Slivercork », premier album des Américains de Midlake. De leur petite bourgade texane de Denton, les cinq musiciens signaient un disque attachant, concentré de chansons bricolées la tête dans les étoiles. Là où « Bamman and Silvercock » appelait à rapprocher Midlake de Grandaddy ou des Flaming Lips, «The Trials Of Van Occupanther » façonne une identité unique. Par ce disque, Midlake passe de l’autre côté de la frontière. D’inspiré à inspirant, de référencé à référence. Les oreilles encore rougies par la claque ramassée à l’écoute de l’introductif « Roscoe », on poursuit notre odyssée musicale au son de « Bandits ». Le temps de cette chanson, les Texans se posent sur les rebords du littoral, les yeux perdus dans l’immensité de l’océan. « The Trials Of Van Occupanther » arbore une pochette ininterprétable. Que fait cet homme jaune dans les bois aux côtés de cette vieille tête de chat ? A l’image de sa pochette, la musique de Midlake se joue des définitions. Que fait ce disque dans la discographie de ce groupe insoupçonné ? L’éponyme « Van Occupanther » nous berce au gré d’harmonies délicates, promesses de lendemains sans chagrin. Le violon introduit ensuite « Young Bride », pur moment de génie. Brian Wilson est fou, vive Midlake ! Parfois, on note l’incursion scintillante de synthés désenchantés (« We Gathering in Spring », « It Covers The Hillsides »). On reconnaît alors un certain charme à cet instrument tant de fois critiqué. « The Trials Of Van Occupanther ». Même ce titre n’a pas de sens. Le temps s’est arrêté. On cherche à comprendre ce qui est arrivé. Mais il n’y a rien à comprendre. Tout à prendre.

Tool

Tool : intense et magnétique !

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La principale qualité de Tool procède de sa capacité à rassembler en un seul groupe un nombre considérable d'approches musicales et d'éléments sonores divers qui lui confèrent une identité aussi étendue qu'impressionnante. Au gré de ses albums, on le découvre successivement alternatif, sombre, trashy, complexe, pointu, esthétique, progressif, mélodique, percutant, visuel, aéré,... Et si on doit le rapprocher à des références connues, on pense à King Crimson (dont Maynard Keenan, le mentor du groupe est d'ailleurs un fan avéré) ; mais aussi à Jane's Addiction pour le côté troublé, ainsi qu'à Korn pour les aspects métalliques épais et noirs qui nappent le tout. Ce qui explique peut-être pourquoi, à sa façon et sans faire énormément de remous, Tool parvient à captiver autant de monde et à créer, à chaque sortie d'album, une saine curiosité et une sensation d'urgence. Et probablement également pourquoi il vend autant de disques ; même si ceux-ci sont livrés avec énormément de parcimonie : quatre albums en treize années de carrière, ce n'est tout de même pas un rythme frénétique (en fait, Tool a sorti un nouveau cd tous les cinq ans depuis « Aenima » en 1996). Lors d'un récent passage de Tool à Luxembourg, Justin Chancellor, le bassiste du groupe, nous a confirmé :

Nous tournons beaucoup. Cela prend du temps. Et nous ne sortons un album que lorsque nous en sommes vraiment satisfaits. L'important pour nous n'est pas d'être présents coûte que coûte mais d'apporter quelque chose et de concocter des disques qui valent la peine d'être entendus.

Et vus aussi ! « 10.000 Days », votre dernier cd, est un véritable modèle à ce propos (NDR : on raconte même que le groupe a poussé l'industrie du disque dans ses derniers retranchements pour fabriquer un boîtier de cd aussi magnifique que complexe. Rien que sa paire de lunettes intégrée et son feuillet peuplé de magnifiques images à découvrir en 3D valent le coup d'oeil). Souhaitiez-vous voulu marquer les esprits ?

On cherchait surtout à proposer autre chose que nos têtes pour illustrer le disque ! Non, sérieusement, on a voulu créer à travers ce digipack, une sorte de relation particulière avec la musique, via une expérience visuelle sensiblement élaborée et fine. En réalité, c'est Adam (Jones, le guitariste du groupe) qui a imaginé ce concept (il est d'ailleurs crédité en tant que 'art director' pour l'album). Nous avons toujours eu, néanmoins, un penchant pour les côtés visuels associables à notre musique. L'un de nos plus grands souhaits est d'ailleurs d'avoir, un jour, l'occasion de travailler sur une bande son pour un film. Je pense que ce serait un exercice très intéressant pour le groupe.

Revenons en à la musique : comme toujours, vous avez enregistré un disque à la fois conforme à ce que l'on peut attendre de vous ; c'est-à-dire susceptible d'aller plus loin et destiné à surprendre ; mais également hors normes dans la mesure où ce que vous jouez ne peut l'être que par Tool et ne s'entend que grâce à vous...

L'essentiel pour nous, quand nous travaillons sur un nouvel album, est de pouvoir matérialiser ce que nous avons en tête et qui est le résultat, à la fois de ce que nous avons appris et de ce que nous avons envie de découvrir et de développer. C'est la raison pour laquelle « 10.000 Days » est aussi bien un album qui contient quelques bases de Tool entendues sur les premiers albums ; mais aussi des éléments différents, dans la mesure où nous avons pu oeuvrer dans de très bonnes conditions, entre nous, et que cela a certainement favorisé le foisonnement d'idées. Nous étions tous dans un excellent état d'esprit, lorsque nous avons élaboré l'album ; et la communication au sein du groupe n'a jamais été aussi bonne...

« 10.000 Days » est un disque très intense...

C'est un bon terme pour qualifier l'album. Nous avons, nous, ressenti à l'intérieur, en tout cas, cette sorte d'intensité et ce 'magnétisme' qu'on nous rapporte aussi souvent. On ne peut qu'en être satisfaits, évidemment...

On sait que vous vous remettez invariablement et régulièrement en question. Est-ce un mode de fonctionnement élaboré ou un processus plus naturel ?

Il est vrai que nous prenons soin de nous 'challenger' nous-mêmes mais nous avons, aussi, c'est clair, des attraits innés pour ce genre de pratique. Je pense également que, comme nous ne sommes pas à la base des gens prétentieux, nous nous posons facilement des questions sur la valeur et les contours de ce que nous réalisons. Ce qui est toujours très sain. Quoi qu'il en soit, cela nous pousse à aller de l'avant et nous réussit bien.

On parle beaucoup de vous en Europe, en ce moment : d'une part parce que vous êtes à l'affiche de quelques gros festivals (dont le Rock Werchter, où le groupe se produira le 29 juin, juste avant les Red Hot Chilli Peppers et...  Manu Chao !) ; mais aussi parce que votre firme de disques à mis la gomme pour la promotion de l'album.

Nous sommes venus passer trois semaines en Europe, en février, pour nous présenter et exposer l'album aux gens de SonyBmg. Cette rencontre a eu des effets bénéfiques : ils ont bien compris qui nous sommes et ce que nous pouvons faire. Tant mieux pour nous, donc, s'ils 'poussent' Tool aujourd'hui.

Votre programme des prochains mois, ce sont ces festivals d'été en Europe et puis des shows aux States ?

Exact. Et puis nous reviendrons ici pour tourner en salle. Nous adorons les concerts car ce sont, à chaque fois, de vrais moments de vie, de partage. Nous sentons les gens de près, c'est enthousiasmant. A l'inverse, une phase d'enregistrement d'album est assez statique et ne permet aucun retour en arrière à partir du moment où tout est mis en boîte. Quand tu joues tes morceaux en concert, même dix ans après, tu peux encore les faire évoluer ! 

 

 

Archive

Archive en pleine lumière !

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Sans verser dans le tragique à deux balles, on peut dire que le futur d'Archive semblait relativement compromis, suite au départ du vocaliste Craig Walker. On connaissait l'importance que celui-ci avait prise au sein de ce groupe qui, en quelques années, est passé par toutes les couleurs (musicales, s'entend !). Heureusement, et le nouveau cd « Lights » est là pour le démontrer, il n'en est rien. Au contraire même, le collectif Archive, recentré autour du noyau initial Darius Keeler / Danny Griffiths, semble se porter mieux que jamais et son nouvel album n'est vraiment pas loin d'atteindre les sommets d'un « You All Look The Same To Me ». En plein forme et de passage à Bruxelles, Danny Griffiths nous confirme d'emblée qu'Archive n'est pas mort, très très loin de là même…

Non, nous n'avons jamais pensé à arrêter le groupe après le départ de Craig. D'ailleurs pourquoi aurions nous dû le faire ? Depuis que nous avons lancé le groupe (NDR : il y a douze ans déjà !), nous avons toujours travaillé en compagnie de personnes différentes ; et il ne fait aucun doute que c'est ce que nous continuerons de faire. Archive n'est pas la propriété créative d'une seule, ni même de deux personnes. Nous fonctionnons même de manière complètement opposée à ce concept. Nous sommes très ouverts et tout ce qui peut apporter quelque chose de vraiment positif au groupe est le bienvenu.

C'est clairement le cas de Pollard Berrier, ex-vocaliste au sein du groupe autrichien Bauchklang, un jeune type originaire des USA et dont les prestations vocales sur « Lights » sont remarquables…

Je trouve aussi. Ceci dit, Dave Penney et Maria Q sont excellents, également, sur certains titres de l'album. Mais il est vrai qu'avec Pollard on s'est vraiment trouvés très très vite et c'est réellement de ce genre de symbiose, de déclic dont profite Archive pour avancer au niveau créatif.

Sans faire de mauvais jeu de mots, « Lights » est un album sensiblement plus lumineux que ses prédécesseurs.  Vous avez voulu tabler sur le contraste ?

Nous souhaitions en tout cas proposer un album plus positif, plus clair que « Noise » et notre cd « Unplugged ».  Sur ces deux disques, nous avons bien abordé le côté tortueux et sombre d'Archive. Il aurait été inutile, je pense, de pousser le bouchon encore plus loin. Pour « Lights », nous voulions laisser s'exprimer à nouveau la dynamique, l'énergie positive qui est aussi en nous, forcément. Pollard nous a bien aidé à y parvenir.

Il y a tout de même encore des moments très profonds, intérieurs et mélancoliques sur l'album ; comme la plage titulaire, longue de plus de dix-huit minutes ou le « I Will Fade », magnifiquement chanté par Maria Q.

Bien sûr, mais d'un autre côté, il y a de nombreux titres plus pop, plus toniques (comme la plage initiale « Sane », par exemple), et ils confèrent une coloration très contrastée à l'album, c'est vrai. « Lights » est un cd qui nous a autorisé à expérimenter pas mal de choses ; mais aussi imposé de travailler parfois sur des bases inconfortables.  Nous avons eu du mal à élaborer de vraies compositions au départ de certains rythmes. Mais c'est ce qui a, aussi, rendu l'exercice intéressant. En tout cas, on a pris un sacré pied en bossant sur l'album.

Vos textes restent, globalement, assez troublés, tristes parfois…

C'est vrai. Les chansons de l'album sont, pour la plupart, des petits témoignages des comportements des gens, dans des domaines divers. Leurs actes, leurs sensations, leurs états d'esprits sont abordés de manière très naturelle ; sans voyeurisme mais sans complaisance non plus. L'expression était notre priorité ; ce n'était pas un travail sociologique.

Comme toujours, il y a un côté visuel très imposant et complémentaire aux (magnifiques) mélodies…

Exact. Mais nous-mêmes fonctionnons ainsi. Quand on travaille sur des chansons, on voit des images qui vont avec. C'est une dimension qui nous attire beaucoup et qui donne, je pense, plus de relief encore à nos compos.

Est-ce la raison pour laquelle quelqu'un comme Luc Besson vous a proposé de travailler sur la bande son de 'Michel Vaillant' ?

Sans doute, oui. Cet exercice a été intéressant pour nous. Ce fut un bon apprentissage, en fait, de travailler en fonction d'un certain contexte ; de devoir observer une discipline. Jusqu'alors nous avions toujours bossé de façon très libre. On aimerait bien refaire quelque chose du genre mais pour un meilleur film, si possible… (il rigole)

Vous vous lancez dans une vaste tournée. En ce qui nous concerne, vous participerez à différents festivals cet été, en Belgique, et puis on vous retrouvera aussi en salle, le 6 octobre à l'Ancienne Belgique de Bruxelles.

On se produira au festival de Dour et puis aussi à l'Octopus festival, en effet. On participera à toute une série de festivals cet été ; un peu partout. On apprécie ce type d'exercice. Plus tard, vers l'automne, on accomplira une tournée des salles. Ce sera la plus longue qu'on ait entreprise. On est ravis. On a une pêche d'enfer et une envie furieuse de la partager…