Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

The Black Keys

Chulahoma

Écrit par

En attendant le successeur de « Rubber Factory » (2004), les Black Keys dégainent « Chulahoma », six reprises désenchantées du bluesman culte Junior Kimbrough. Avec ce disque, Dan Auerbach et Patrick Carney marquent un retour aux racines. Le blues constitue l’essence même de la fureur électrique des Black Keys. Ce n’est un secret pour personne. En rendant hommage à l’un de ses plus grands héros, la paire retrouve l’intensité passionnée éprouvée dans la moiteur du fulgurant « Thickfreakness » (2003), disque culte du duo d’Akron (Ohio). Entre rock et blues, punk et soul, les Black Keys installent le décor d’une musique référencée, presque datée. Ancré dans le passé, ce garage blues contemporain dresse maintenant ses perspectives en s’inspirant des plus grands. La voix rocailleuse de Dan Auerbach, les accords écorchés arrachés à sa guitare et la frappe sèche de Patrick Carney confèrent à cette musique un charme diabolique. Dans quelques semaines, les Black Keys reviendront armés d’un nouvel album. Nous retenons notre souffle...

Zimpala

Honeymoon

Écrit par

Si Zimpala était l’une des contrées de notre petite planète, on ne pourrait que conseiller aux jeunes mariés de ne pas y mettre le moindre orteil lors de leur ‘Honeymoon’. Non seulement le couple s’y emmerderait comme jamais mais, plus horrible encore, il serait dans l’obligation de côtoyer des personnages aux voix irritantes et aux accents pitoyables. Certes, d’infimes bons moments pimenteront le séjour. Ce qui n’empêchera aucunement les tourtereaux de quitter les lieux avec une seule envie en tête : foutre chacun de leurs poings dans la tronche de celui ou celle qui leur a un jour recommandé cette insupportable destination.

Thom Yorke

The Eraser

Écrit par

Premier album solo pour Thom Yorke, le chanteur de Radiohead. Un disque pour lequel il n’a reçu le concours que de Nigel Godrich. Et à la production. Peu d’instruments basiques sur cet opus. Un piano, quand même. Episodiquement une guitare ou une basse (NDR : à moins qu’il ne s’agisse de samples !) Des boîtes à rythmes. Et puis, une panoplie d’outils technologiques dont un laptop. Tout un canevas mis au service de la voix de Thom, auteur de chansons empreintes d’une grande mélancolie. Le falsetto de Thom Yorke n’a jamais été aussi fragile, bouleversant même. Et si Yorke poursuit ici les expérimentations électroniques opérées sur « Kid A » et « Amnesiac », il s'attache à soigner l’aspect mélodique de ses compos ; tramé sur des variations de curseurs et caractérisé par le récit d’une poésie, « Skip divided » constituant l’exception qui confirme la règle. A première écoute, l’ensemble de l’œuvre peut paraître monochrome ; mais au fil de l’album, on se rend compte que chacune des 9 plages de cet « Erasure » est chargée de nuances. A l’instar de « Black swan », dont le tempo tribal rappelle curieusement le climat afro entretenu par les Talking Heads de la fin des eighties. Du floydien « And it rained all night » circa « More ». De « Harrowdown hill », hanté par une ligne de basse étrangement funkysante. D’« Analyse », parcouru d’arpèges d’ivoires, ma foi fort classiques, mais s’achevant par une invitation à participer à un voyage cosmique. Du pulsant « Atoms for peace ». Ou encore de l’envoûtant « The clock ». Des morceaux qui affichent une véritable beauté intérieure. Et rien que le titre maître qui ouvre l’elpee vous donne une idée du climat émotionnel qui règne tout au long de ce disque. Tout bonnement remarquable.

Vitalic

OK Cowboy (Collector´s Edition)

Écrit par

On y a droit chaque été. Quelques disques arrivés en bout de course de rentabilité commerciale se voient gratifiés d’un CD ou DVD bonus conçus pour allécher les fans et assécher leurs portefeuilles. Et, souvent, le contenu fait pitié : un maximum de 4 ou 5 titres supplémentaires et sans grand intérêt. Vitalic, lui, a le mérite de ne pas se foutre de la gueule de sa clientèle. Bien que « Ok Cowboy » soit sorti voilà plus d’un an et qu’au moins le tiers de la population mondiale se soit déjà secoué les fesses sur « My Friend Dario », « LA Rock 1 » ou « Poney Part 1 », le premier essai du DJ s’offre un lifting digne de ce nom. La section bonus de ce « Collector’s Edition » n’offre pas moins de 8 trésors inédits dont « Bells », le splendide et très attendu titre d’ouverture de tous les derniers sets du français et interprété par Linda Lamb. On y retrouve également le fameux ‘Dima Prefers Newbeat mix’ de « My Friend Dario » ainsi qu’un remix de « Repair Machines ». La seule véritable arnaque se situe au niveau du titre « Fanfares », présenté comme un inédit bien qu’il ne s’agisse que d’une version solidement retravaillée de « Valletta Fanfares ». Une broutille dont on ne lui tiendra pas rigueur. D’excellente facture, ce « Collector’s Edition » risque donc de faire râler les fans ayant déjà acquis le disque lors de sa sortie initiale.

T and Masson

Smoke my blues

Écrit par

Issu de Besançon, Jean-Cyrille Masson joue de la basse. Ses goûts musicaux sont partagés entre le blues et le trip-hop. Il est soutenu par le T, c'est-à-dire le Team, une formation responsable d'un album confidentiel en 2004 ! Un backing band au sein duquel milite le chanteur/guitariste Jean Rigo (NDR : ex Infidèles), Fred Maisier à la batterie et aux samples ainsi que l’harmoniciste/guitariste Amaury Faivre.

L'album s’ouvre par l’excellent "Boogie Moogie". Quelques bruitages et samplings nous invitent à nous plonger au sein de l'atmosphère suffocante et poisseuse du Delta du Mississippi. Les instruments pénètrent successivement au cœur de l’espace sonore : la guitare acoustique, la voix profonde ; puis la guitare s'amplifie avant que l'harmonica ne se mette à pousser des cris jouissifs. Manifestement cette plage qui mêle blues basique et électronique atteint son objectif. Ce n’est finalement guère différent de ce qu’on rencontre dans les collines du Nord du Mississippi ; du côté d'Oxford, dans le fief de Fat Possum. Le décor se fond dans "Do you believe". Les samplers font apparaître, disparaître, réapparaître des voix fort différentes. Même un timbre féminin frétillant. Une constante : le vocal grave. Il presque omniprésent. La machine à percussions prend de la puissance et de la force. De l’épaisseur aussi. Les claviers vont et viennent par boucles successives. "Little big train" conjugue jazz et rythme. L'orgue Hammond se réserve le devant de la scène, même si ni les cordes acoustiques ou l'harmonica ne désertent pas pour autant l’espace sonore. La voix demeure volontairement en retrait, avant qu’une slide électrifiée aux accents gouailleurs ne décide de se libérer. A l’issue d’une écoute plus attentive, on a pourtant la nette impression d’être face à un collage. Une technique finalement néfaste à l’homogénéité de l’ensemble. "My baby is gone" s’écarte du blues pour nous transporter vers des îles dont les parfums rafraîchissants, volontiers exotiques, embaument les cordes aux accents hispaniques, quoique toujours bien rythmiques. "Lord have mercy" nous abandonne aussitôt sur les vieilles routes cahoteuses du Mississippi rural. Un bottleneck volontiers métallique passe en revue toute la galerie des instruments déjà rencontrés auparavant. Il manque cependant ici un soupçon d'audace susceptible de communiquer les émotions propres au blues. Les bruitages urbains se densifient tout au long de "Voodoo lounge". Le tempo vire au jazz. Les cordes électriques, les claviers et les percussions opèrent une synthèse réminiscente d’un Carlos Santana. Les bruits de machines envahissent "Across the Delta" et nous rappellent les conditions de travail difficiles des esclaves exploités dans les champs de coton. Des conditions de travail rythmées au son de lourdes percussions. Le chant volontiers plaintif semble implorer la participation de l'ensemble. Soutenu par une instrumentation délicieusement jazzyfiante, "Standing in the shadow of love" met en exergue un vocal féminin. A contrario, c’est la voix très grave du chanteur qui investit "Moving on". Une intervention précédée par les rythmes familiers du Bo Didley beat. Si à premier abord, cette idée semble judicieuse, son application suscite la controverse. En fait, dépouillée, elle aurait pu facilement atteindre sa cible. Mais grevée de multiples arrangements, cette compo finit par perdre le fil conducteur. Ce qui explique pourquoi l’intérêt de cet opus est plus que limité. Parce que le blues n’est pas uniquement une histoire d’imagination, mais surtout d’émotion et de sensibilité. Tout au long de cet elpee, plane l’ombre de John Lee Hooker. Parfois même un peu trop souvent. A un tel point qu’on finit par douter que ce spectre soit accidentel. Surtout à travers des thèmes qu’il a développé sur ses derniers enregistrements. Y compris la présence de Carlos Santana. Le recours à une voix d’outre-tombe sur "Til the sun goes down" en est la plus parfaite démonstration. La fusion entre le blues et l'électronique voire la dance n’est pas un exercice de style fondamentalement nouveau. Mais en général, ce mariage est souvent vu d’un mauvais œil par les adeptes du blues. Pourtant, il est peut-être un terrain propice à l’ouverture de nouveaux horizons sonores ; et surtout la conquête d’un public nouveau…

Sebastien Tellier

Sessions

Écrit par

Nous sommes en 2005, un jour de décembre. Sebastien Tellier s’enferme en compagnie du pianiste Simon Dalmais pour une session acoustique de son répertoire. De cette rencontre naîtra un album où des titres issus de « L’incroyable vérité » (2001) et de « Politics » (2004) trouveront un nouvel éclat dans le dépouillement : un piano, une voix, une guitare. Enregistré sous la houlette du producteur Alf (Air, Phoenix…), « Sessions » montre au grand jour tout le talent mélodique de Tellier qui, lors de ses albums précédents, ne parvenait pas toujours à se démarquer. Le barbu au costume blanc cassé, la cigarette au nez (vérifiez sur la pochette) offre des versions magnifiées de ses morceaux intemporels (« Bye bye », « Black douleur », « Kissed by you »…). Une fois de plus (et sans doute mieux qu’auparavant), « La ritournelle » invite au voyage le plus onirique. En dix plages, Tellier nous emmène ailleurs, dans un monde où la beauté est intacte. Homme de tous les culots, il nous propose une version personnelle de « La dolce vita », de Christophe. Le risque paie car, si cette reprise frôle le pathétique, elle réussit à émouvoir en l’évitant de justesse. Classe. Enfin, cerise sur le gâteau, il achève sa performance par un inédit (« Classic »). Intense et intime.

Max Sedgley

From The Roots To The Shoots

Écrit par

La patience est une vertu essentielle. Deux années plus tôt, « Happy », tube disco funk à pulsion électro rythmique, voyait le jour. Concocté par Max Sedgley, ce programme atypique devait se trouver au menu d’un album attendu par les adeptes du dance floor. Mais de fièvres du samedi soir en défonces du dimanche matin, le projet s’est peu à peu liquéfié. Aujourd’hui, la fête bat (enfin) son plein. « From The Roots To The Shoots » est disponible. Les tubes de Max Sedgley s’alignent : « Happy (Make You Happy) », « Devil Inside », « I’ve Been Waiting ». Ces titres, aussi chics que du Funkadelic numérique, s’insinuent dans nos oreilles pour une échappée fréquentielle fort cordiale. Le premier album de Max Sedgley affiche une classe certaine car, il a le mérite de ne pas enfermer son auteur dans l’objet même de ses bidouillages. Sedgley ouvre des portes dans sa musique, (re)visitant ainsi les genres. Sur « Devil Inside », la voix de Z-Star concurrence franchement celle d’une Lisa Kekaula dans les pitreries de Basement Jaxx. Plus loin, sur « Slowly », on touche même au meilleur de Morcheeba. En fin de parcours, « Déjà Vu » invite l’auditeur à lever le bras sur un flow typiquement britannique, pas très éloigné des méthodes prônées par Mike Skinner (The Streets). « From The Roots To The Shoots » valait donc bien ce (long) détour dans la salle d’attente...

Nitzer Ebb

Body of Work

Écrit par

L’électro gothique, telle qu’on la connaît aujourd’hui, n’existerait probablement pas si le tandem Douglas McCarthy/Bon Harris n’avait fondé Nitzer Ebb en 1983. A l’instar de nos compatriotes du Front 242, ils peuvent revendiquer la paternité du mouvement EBM, soit l’Elecro Body Music, style martial autant que macho, dans l’esthétique tout au moins. Qui se souvient de la pochette du premier album de DAF ? Pour en revenir à Body of Work, il s’agit d’un double ‘best of’ qui rassemble tous les hymnes et autres remixes musclés enregistrés par le groupe entre 1984 et 1997. Une initiative prise par Mute à l’occasion du retour sur scène de la formation culte et de la sortie imminente d’une compilation de remixes-hommages par les grosses pointures de la techno contemporaine. Slogans claquants, chant hurlé, rythmiques sèches et saccadées, lignes de synthés minimalistes… tout l’univers de Nitzer Ebb en 32 plages anthologiques ! Un parcours dont aucune période n’a été écartée. On retrouve bien entendu les incontournables « Join in the chant », « Getting Closer » ou « Let your Body Learn » qui défendent les premières années de gloire, avant que le combo n’emboîte le pas à une électro pop plus proche de Depeche Mode. D’ailleurs, « Kick it », « Godhead » ou « I Give to You » demeurent de bien belles pièces du style, et n’ont pas pris une seule ride. Outre, une pluie de remixes rarissimes, le CD bonus est recèle d’excellentes surprises, tel l’inédit « Get clean » ; mais également quelques fragments plus dispensables comme le « Captivate », un morceau revu et corrigé par William Orbit. Toute la richesse d’une carrière météoritique !

Muse

Black Holes & Revelations

Écrit par

Le rideau se lève. Le spectacle s’annonce majestueux. En guise d’introduction, un « Take A Bow » stellaire s’échappe des baffles et envoie les auditeurs, d’entrée de jeu, dans une autre dimension. Muse est de retour, en pleine forme. Quatrième ouvrage des anglais, « Black Holes & Revelations » va bien au-delà des limites fixées par « Absolution » trois ans plus tôt. Découpée en 11 actes, la grande envolée théâtrale du trio démarre sur les chapeaux de roues mais rencontre, cependant, quelques moments de faiblesses, heureusement peu nombreux (« Exo-Politics » ou le single « Supermassive Black Holes », très loin d’être représentatif du reste de la plaque). Un peu comme si le goût de la bande à Matthew Bellamy pour l’expérimentation avait soudain décuplé, « Black Holes & Revelation » s’avère être leur œuvre la plus variée, épinglant des instants d’éclats indéniables (« Map Of The Problematique », « Hoodoo » ou un « Soldier’s Poem » qui recèle quelques légères traces de Queen). Il faut néanmoins avouer que par rapport à « Origin Of Symmetry », l’album le plus couillu de Muse, la prise de risque est moindre. Le spectacle, qui se referme par un vindicatif « Knights Of Cydonia », est indéniablement de haut vol mais risque fort, à la longue, d’en irriter plus d’un. A apprécier parcimonieusement, donc.

Magneta Lane

Dancing With Daggers

Écrit par

Riot Grrrl. Comme un relent du mouvement féminin entonné au début des années 90’s. Lexi Valentine (chant/guitare), Nadia King (batterie), et French (basse) s’agitent au sein de Magneta Lane. Le trio punk-pop laisse entendre ses réminiscences des Pretenders et autres Runaways. Produit par Jesse F. Keeler, bras droit des locomotives Death From Above 1979, « Dancing With Daggers » impressionne surtout par sa vitesse d’exécution (moins de 30 minutes au compteur). Pour le reste, la rage est contenue et le trio de Toronto se contente de délivrer dix chansons faussement rebelles. Comme un film révolutionnaire tourné sous les palmiers d’Hollywood, le premier album de Magneta Lane nous laisse une impression mitigée. « Dancing With Daggers » sonnera peut-être une énième rébellion adolescente en Amérique. L’Europe restera de marbre. La Prude Albion assurant déjà au continent son lot mensuel d’excentricités musicales. Chez Magneta Lane, les robes et les guitares remplissent la penderie. Et, dans le cas présent, l’habit ne fait certainement pas le moine !

The Juniper Band

Time for flowers

Écrit par

The Juniper Band nous revient toutes guitares dehors en signant un troisième opus intitulé "Time for flowers". Un groupe qui demeure néanmoins énigmatique. En tout cas, il n’est pas aisé de se procurer de l’info à leur sujet. The Juniper Band se résume à Alessandro Cavalli aux claviers ainsi que Gianluca Lucchini à la basse et au chant. Un duo d’amis qui ont beaucoup répété dans leur cave avant de monter ce projet, puis d’enregistrer deux albums : « … of debris and daylong dreams » en 2001 et « Secrets of summer » en 2002. Cette formation pratique un rock/psyché au sein duquel elle y injecte une bonne dose de mélancolie et de passion. Dans les meilleurs moments, cette expression sonore peut même rappeler Sonic Youth. Une chose est sûre ce tandem est constitué d’excellents instrumentistes. Là où ça cale, c’est au niveau des vocaux. Ce qui est quand même regrettable pour un troisième opus. En fait, si « Time for flowers » avait été leur premier elpee, on aurait pu pardonner cette carence. Mais pas à ce stade. Ce qui explique pourquoi l’élan d’enthousiasme manifesté à première écoute se mue progressivement en déception. Et finalement on reste sur sa faim…

Calvin Johnson

Before the dream faded

Écrit par

Figure légendaire de l'indie US, ex-membre de Beat Happening, Dub Narcotic Sound System ou encore des Halo Benders, Calvin Johnson nous propose son quatrième album. Constitué de dix morceaux assez variés, "Before the dream faded" est aussi et surtout parcouru par la voix si particulière de son géniteur... Grave, fausse par moments, elle défigure étrangement certaines compositions alors qu'elle en embellit d'autres... Il est donc préférable d’écouter ce disque à la carte, de préférence plage par plage, afin d'en goûter la sève si particulière. Ainsi, alors que "I am without" nous ramène délicieusement à certains morceaux de Nick Cave, "The leaves of tea" semble proche de ce que Beck cherche désespérément à pondre depuis près de 10 ans. Plus loin sur l'album, "Your eyes" aurait pu être écrit dans les 60's par un groupe psyché défoncé au LSD. D'autres titres finissent par énerver l'auditeur tant la voix semble volontairement bâclée, presque laissée en chantier... Tout de même, Mister Johnson, il y a des limites à ne pas franchir... Des chansons comme "Rabbit blood", "I'm down" ou "Deliverance" en sont de bien tristes exemples et se trouvent ainsi ravalées au rang de curiosités alors qu'elles auraient pu devenir de véritables attractions. C'est bien dommage...

Hacienda Brothers

What´s wrong with right

Écrit par

Drivée par le chanteur Chris Gaffney et le chanteur/guitariste Dave Gonzalez (NDR : ex-leader des Paladins), cette formation est née en octobre 2003. Elle pratique de la western soul, c'est-à-dire le fruit d’un mélange entre country et vieux R&B. Leur premier elpee est paru en 2004. Un disque enregistré à Tucson, en Arizona. Ces Californiens y sont retournés pour mettre en boîte ce nouvel opus. Pour la circonstance, Chris et Dave sont soutenus par David Berzansky à la pedal steel guitare, Hank Maninger à la basse et Dale Daniel à la batterie. Au cours des deux dernières années, ces musiciens ont accordé plus de trois cent concerts, une expérience qui leur a permis de se forger un son bien personnel.

L'album s’ouvre par une ballade bien country. Dès l’intro on reconnaît le phrasé de guitare de Gonzales. La steel guitar est particulièrement expressive tout au long de cette bien jolie plage roots, interprétée d’un timbre chaleureux, grave et pur par Chris Gaffney. Invité de marque, Joe Terry se réserve la plupart des parties d'orgue Hammond et de piano sur cet opus. Caractérisée par une mélodie généreuse, le titre maître est absolument superbe. La voix de Gaffney brûle comme le soleil de l'Arizona. Il n' y a guère d'ombre au pied des cactus géants. La steel guitare surchauffe et laisse suinter quelques petits filets sucrés, tout en libérant énormément de tristesse et d'intensité. "Keep it together" marque un changement radical de style. La voix de Gonzales est davantage rebelle. Le rythme bien plus alerte. Pourtant, il n’est guère question ici de rockabilly à la Paladins, mais de soul contagieuse d'excellente facture. Dave se réserve un solo étincelant, une performance immédiatement talonnée par la steel guitar de Berzansky. Opérée par Dann Penn, la mise en forme est parfaite. Un personnage illustre, auteur, il y a bien longtemps, du fameux succès des Box Tops d'Alex Chilton : "The letter". Pour cet elpee, il signe deux chansons. Tout d’abord "Cry like a baby", une superbe compo qui ressemble étrangement à "The letter". Nerveuse, trempée dans la soul, cette plage bénéficie du concours de choeurs et puis de l'accordéon de Gaffney. Ensuite, une ballade country qui touche au sublime : "It tears me up". Chris la chante d’un ton grave face à l’orgue et la lap steel. Un instrument sur lequel Berzansky irradie "The last time" de toute sa classe. Et les perles s’enfilent. A l’instar du remarquable "Life's little ups and downs". "If daddy don't sing Danny Boy" nous plonge au sein d’une atmosphère différente. Dave joue de la baritone guitare sur cette cette ballade folk bien rythmée qui évoque un certain Dylan. Même l'intonation vocale de Gaffney rappelle le vieux Bob. Gonzales se souvient qu’il a vécu à San Diego. A quelques miles de la frontière mexicaine. Il imprime un tempo latino à "Rebound", nonobstant le piano sautillant de Terry, l'accordéon et les cordes enfin débridées du beau Dave. "Cowboys to girls" baigne au sein de la même ambiance. Soutenu par des chœurs, Chris chante, d’une légère pointe latin-soul dans le timbre. Dave Gonzales reprend une dernière fois le rôle de vocaliste pour attaquer son "Different today" qui évolue dans un style purement country. De très bonne facture, cette plaque n’émarge ni au blues ni au rockabilly, mais à la western soul. Mais une western soul particulièrement brillante et esthétique. A l’instar de la plage instrumentale qui achève ce disque : "Son of Saguaro" ; un morceau qui pourrait servir de bande sonore originale de film pour un western!

 

Gnarls Barkley

St. Elsewhere

Écrit par

Gnarls Barquoi ? En voilà une question honteuse ! Gnarls Barkley, entité étrange au nom tiré par les cheveux, est le fruit de la rencontre entre Cee-Lo et Danger Mouse. Il fallait franchement être sur une autre planète ces derniers mois (et encore…) pour ne jamais avoir entendu leur tubesque « Crazy » servi à la louche, matin midi et soir, au point d’en avoir le crâne qui implose. Néanmoins, « St. Elsewhere » ne se résume pas à un seul hit. Enfin presque. Bien qu’il contienne quelques perles (« Storm Coming », « The Last Time ») et que les bonnes idées qui y grouillent sont toutes aussi propices au harcèlement audiovisuel (« Go-Go Gadget Gospel », « Gone Daddy Gone »), le premier album de Gnarls Barkley s’essouffle sur la longueur et aurait gagné à être amputé de quelques morceaux inutiles (« Who Cares ? », « Necromancer », « Online » ainsi que le titre maître). Ces petits accrocs font malheureusement de « St. Elsewhere » un instantané, le genre de disque à consommer durant quelques mois avant de finir au fond d’un placard sans même que quiconque ne s’en rende compte.

Various Artists

Creative Outlaws

Écrit par

Manifestement, la fin des années 60 a bouleversé la musique rock. L’explosion de toutes ses limites, des frontières entre styles, a permis d’exploiter au maximum les possibilités musicales et instrumentales des musiciens, en quête d'imagination, en dehors des canons du bien-pensant commercial. La musique underground était occupée de naître, principalement aux Etats-Unis, même si les Anglais développaient des ressources de créativité énormes. Cette collection justement baptisée "Hors la Loi créatifs" est sous-titrée "US Underground 1962-1970". Elle s'attache donc à retracer cette révolution culturelle qui a sévi de l'autre côté de l'Atlantique.

Parmi les premiers artisans de ce mouvement, certains ont traversé le temps. Et je pense tout d’abord à Jimi Hendrix, pourtant décédé il y a déjà 37 ans. Son dépeçage de l'hymne américain "Stars Spangled Banner" et sa reconstitution totalement déjantée en est la plus belle illustration. Sa révolution aussi. Et il la proclame ici sur la scène de l'Albert Hall de Londres. Particulièrement engagé, le MC5 incarnait un autre protagoniste du désordre. Son message politique était extrême. Son cri de fureur symbolisé par "Kick out the Jams". Cette cité de l’enfer a enfanté un iguane immortel : Iggy Pop. Alors aux commandes des Stooges, il était également issu de la motor-city de Detroit. Il célèbre ici son ode à la frénésie : "1969". Davantage expérimental, avant-gardiste même, Captain Beefheart affrontait le blues de l'impossible. Cette compile en épingle "Dachau blues".

De la génération flower power à l'acid rock de San Francisco, de Haight et Ashbury, on retiendra surtout Country Joe & the Fish. Son "I feel like I'm fixin' to die" a été immortalisé au festival de Woodstock. Et bien sûr la chanteuse Grace Slick, militant alors chez le Great Society. Elle nous propose ici une première version de "Somebody to love", compo qui deviendra un énorme hit pour le Jefferson Airplane. Créateur unique en son genre, Moondog est un artiste emblématique issu de New York. Soutenu par Charlie Parker et Charles Mingus, il a immortalisé "On Broadway" dans les rues de la métropole. Les Fugs ont davantage forgé leur réputation sur une attitude anti-conventionnelle qu’à travers leur musique. Pourtant, leur "The garden is open" libère un son incroyable. Faut dire que tout devenait possible dans ce monde halluciné où se mêlaient drogue, violence et révolution sexuelle. Pearls Befoser Swine pratiquait déjà ce qu’on appelle du folk psychédélique. Drivée par Tom Rapp, cette formation stigmatisait le conflit armé au sein duquel les States s’étaient engagés au Vietnam. "Uncle John" en est la parfaite illustration.

Aux pays de l’Oncle Sam, le folk pouvait également émarger au courant dit progressif. Les Holy Modal Rounders en sont un premier exemple. Et puis surtout Kaleidoscope dont la musique baignait littéralement au sein d’un climat orientaliste déconcertant. Ce band avait alors pour tête de proue le prodige David Lindley, toujours sur les routes en 2006. On ne peut passer sous silence l’existence de Blue Cheer, un combo de hard rock déjanté, extrême, ou si vous préférez de heavy metal lysergique. Un trio responsable de la reprise sans concession d’un classique du rock'n'roll : "Summertime blues". La conjugaison des trois instruments est absolument démoniaque! Particulièrement novatrice, mais injustement méconnue, la musique du West Coast Pop Art Experimental Band était le fruit d’une imagination débordante qui est reproduit sur "Suppose they give a war and no one comes", un véritable collage sonore sous tension constante. Fin des 60s, éclot un ‘importantissime’ boogie band à Los Angeles : Canned Heat. Inspiré à l’origine par le blues le plus pur, il est parvenu à se forger un style unique en son genre. Faut dire qu’il pouvait compter sur des musiciens talentueux. Leur interprétation de "Sic 'em pigs" est absolument hallucinante. Quelle époque ! Quarante ans plus tard, le "Time has come today" des Chamber Brothers me trotte toujours dans la tête. S’appuyant sur des musiciens noirs doués de voix puissantes, le groupe avait délivré cet hymne psychédélique remarquable sans se douter qu’une version d'une dizaine de minutes de ce morceau allait dévaster les pistes de danse de l’époque. Et aujourd’hui encore il semble toujours aussi irrésistible!

Un témoignage éloquent d'une période de l’histoire qui ne peut laisser personne indifférent! Quelques absents de marque cependant : Frank Zappa, Grateful Dead et Quicksilver Messenger Service.

 

 

Bullet Union

Ruin´s Domino

Écrit par

Lorsqu’un groupe décide d’enclencher son album par une chanson intitulée « Yak Yak Yak You’re Fired !», on sait que ce n’est pas pour déguster un thé à la menthe sous un platane. Et lorsque Bullet Union engage son disque sur cette chanson, nos pressentiments se confirment. Les copains de Bullet Union sont des mort-(Test Icicles)vivants (Blood Brothers, Help ! She Can’t Swim, etc.), des électrocutés du cerveau. Mais « Ruin’s Domino » ne se cantonne pas à une simple décharge électrique. Les neuf morceaux de l’album courent derrière la mélodie sans jamais l’attraper. Démarche volontaire d’un groupe contestataire. Aussi, les quatre musiciens sont-ils capables de signer de belles enjambées mélodiques au milieu de leurs sprints massifs. Mais, au final, Bullet Union laisse les concessions de côté. Préférant hurler sa joie viscérale, urgente et éphémère de participer à cette mission suicide, le groupe se ligote aux amplis Marshall, pousse le volume dans ses ultimes retranchements et menace de tout faire péter. La guerre est déclarée, les distorsions renforcées.

Bugz in the Attic

Back In The Dog House

Écrit par

‘Feels good, you’re mine, it’s time, lalalalalalala…’ Si vous reconnaissez ces paroles, vous avez probablement été infectés, deux ans auparavant, par l’obsédant « Booty La » de Bugz In The Attic. Hormis quelques travaux de remixage, ces derniers avaient, depuis lors, quasi disparu. "Back In The Dog House", reprend donc les affaires là où ils les avaient abandonnées. En témoignent des « Knocks Me Off My Feet » ou « Inna Row » bien capitonnés. Empreint d’une bonne dose d’electro-dance aux teintes R’n’B, on reprochera néanmoins au combo une certaine nonchalance crispante. Certes, celle-ci se prête à merveille au ton estival de l’ensemble mais "Back In The Dog House" pourrait perdre de sa fraîcheur au même rythme que les arbres perdront leur feuillage. Pour l’essentiel, on retiendra principalement « Once Twice » ou « Sounds Like… », musicalement proches de Basement Jaxx. En bonus, les petits malins ont également eu la bonne idée de glisser la version longue de « Booty La », clôturant allègrement les festivités. De quoi fredonner à nouveau des ‘lalalalalalalalala’ à tue-tête jusque la fin de l’été. Après, il sera trop tard.

Adrenaline Kings

Adrenaline Kings

Écrit par

Le premier opus éponyme de ce jeune groupe autrichien ne risque pas de révolutionner le petit monde du métal. Si la pochette évoque les combos ricains de la trempe des Guns n’Roses, Poison ou Faster Pussycat, Adrenaline Kings évolue néanmoins dans un registre typiquement hard rock teuton des années 80. Les compatriotes de Schwarzy ont choisi Saxon et Scorpions pour modèles. C’est leur droit. Malheureusement, ils contentent de plagier leurs maîtres sans apporter la moindre innovation, si ce n’est la courte durée moyenne des 12 titres qui dépassent rarement les trois minutes. Si les morceaux sont incisifs et les refrains particulièrement basiques incisifs, la paire de guitaristes n’a rien en commun avec le tandem Tipton/Downing et la batterie est mal mixée… Résultat des courses : on a vraiment du mal à accrocher ! Mais c’est surtout le chant insupportable de Bernhard Högl qui constitue ici le point faible du combo. Et ce nonobstant un « Crystal Tears » émouvant qui achève cette plaque absolument dispensable.

Varsovie

Neuf millimètres (Ep)

Écrit par

Vous êtes nostalgique de Noir Désir ? Varsovie devrait pouvoir combler ce vide. Un trio parisien constitué du chanteur/guitariste/claviériste Grégory Cathérina, du drummer/compositeur Arnault Destal et du bassiste (NDR : le dernier arrivé !) Thibault Chapelat. « Neuf millimètres » constitue leur premier Ep ; un disque plutôt de bonne facture qui bénéficie de lyrics assez intéressants. La meilleure plage de cette plaque est également celle qui a donné le patronyme au groupe : « Varsovie ». Imprimée sur un rythme hypnotique, elle est déchirée entre allégresse mélodique et tristesse profonde. D’ailleurs tendre ou rageuse, leur musique est susceptible d’entretenir un certain spleen avant de nous plonger en plein tumulte ! Un peu comme aux débuts de la bande à Cantat. Encore que le spectre de Joy Division plane subrepticement sur l’une ou l’autre compo. Et je ne sais spas trop pourquoi, mais j’ai parfois l’impression de retrouver chez Varsovie, des similitudes avec Yel… Et pas seulement parce les textes sont chantés dans la langue de Molière. Si ce combo ne manque pas d’audace, il a encore du pain sur la planche. Notamment au niveau des vocaux encore trop peu assurés. Mais en bossant dur, Varsovie devrait parvenir à se forger une belle place au sein du paysage rock francophile…

Dour Festival 2006 : dimanche 16 juillet

Dimanche. Une programmation de luxe clôture ce festival. A commencer par Alias. Délaissant judicieusement son dernier essai (NDR : poussant la chansonnette sur l'intégralité des titres de « Brookland-Oaklyn », Tarsier brillait par son absence), le jeune MC a délivré un set étonnant, consacrant une première partie au mixage de ses morceaux les plus 'trip-hoppiens'. Après avoir remercié le public de sa présence, Alias a démontré toute l'étendue de son talent lors d'un second acte plutôt hip-hop qui a fini de rameuter les derniers indécis traînant au fond du chapiteau. Alias a ainsi achevé son set en faisant danser une foule entièrement convaincue.

Sur le coup de 15h20, et malgré une chaleur toujours plombée, Didier Wampas et sa bande s'emparent de la Last Arena. Le ton est immédiatement donné. Le set commence très fort par « Ce soir c'est Noël », et recèle quelques morceaux issus de « Les Wampas vous aiment ». Un ancien opus ; mais toujours le plus speedé. Les Wampas enchaînent 5 ou 6 tubes plus rythmés les uns que les autres. Le public est déjà à genoux. Au sens propre cette fois-ci. Le charismatique et remuant leader effectue en effet une longue incursion dans la foule. Il lui demande de se coucher. Les aficionados obéissent sans broncher. Didier traverse le peuple tel un roi, avant d'escalader la tour située au dessus de la table de son, à une bonne centaine de mètres de la scène ! Une scène envahie un peu plus tard par une horde de jeunes filles invitées à participer à leur version de « Où sont les femmes ». Quelques années plus tôt, Patrick Juvet avait déclenché, ici à Dour, une véritable bronca. Notre ténor récolte de nombreuses bises et soulève les applaudissements des spectateurs. Le combo en profite alors pour calmer quelque peu le jeu et interprète l'une ou l'autre compo plus calme. A l'instar des « Bottes rouges » (NDR : difficile pour le groupe et le public de suivre un rythme aussi frénétique tout le concert). Les vétérans ont d'ailleurs certainement eu l'impression de revivre ce show endiablé des Wampas accordé lors de l'édition 1993 de Dour. Et force est de reconnaître que les Wampas, à contrario d'une multitude de groupes français de l'époque qui se réclamaient du mouvement dit alternatif français, sont parvenus à conserver toute leur verve.

Le post rock de Mono suscite l'apaisement. Une grande partie du public a pris également la décision d' s'asseoir. Mais pas pour les mêmes raisons. En fait leur set nécessite un certain état de conscience pour être apprécié à sa juste valeur. Leur musique navigue parfois quelque part entre celle de Mogwai et de Low. Mais les conditions ne sont pas idéales pour savourer cette solution sonore. Et pas seulement parce que le public y est clairsemé. On les verrait bien plus facilement séduire une audience réunie dans une petite salle, lors d'une longue soirée d'hiver. Une chose est sûre ce quatuor japonais ne manque pas de charme. Et quand un combo a le soutien de Steve Albini, il est à suivre de très près.

Après avoir été longtemps le projet solo de Nick Talbot, Gravenhurst est donc passé à la formule d'un véritable groupe. Un trio. Un claviériste/bidouilleur/bassiste, un drummer (NDR : époustouflant !) et Nick à la guitare. Qui a troqué sa râpe acoustique contre une électrique. Et sa musique a pris une toute autre dimension. Noisy, climatique, à la croisée des chemins de Ride, My Bloody Valentine, Red House Painters et Mogwai, la plupart de ses chansons sont construites en crescendo. Nick effleure d'abord ses cordes délicatement, tout en parcourant ses mélodies de son timbre limpide, fragile. Au fil de la compo, il a de plus en plus souvent recours à ses multiples pédales de distorsion afin d'atteindre ultimement une intensité paroxystique, à laquelle tout le groupe participe allègrement. Superbe tout simplement !

Nonobstant tous ses avatars, Nada Surf continue son petit bonhomme de chemin. Et il faut reconnaître que sa prestation sur la Last Arena a été convaincante. D'abord à cause de la qualité du son, une condition presque indispensable pour apprécier leur power pop raffinée par leurs harmonies vocales sucrées. On a presque envie d'ajouter ensoleillées, tant leur répertoire était empreint de bonne humeur. Bon, bien sûr, ils ont interprété « Popular ». Mais s'ils ne l'avaient pas fait, le public l'aurait réclamé. Et puis une nouvelle compo « La pour ça ». En français. Plus que dispensable. Le seul couac de leur set. Lorsque Matthew Caws s'exprime dans la langue de Voltaire pour présenter ses chansons ou converser avec son public, c'est absolument génial. En plus, il y excelle. Pas pour chanter des lyrics qui n'ont ni queue ni tête... N'empêche le trio new-yorkais a séduit par son répertoire constitué de chansons issues de leurs différents albums…

Une fois de plus, l'Eastpak Tent va devoir endiguer le mouvement des spectateurs les plus agités. Parce que chez les Real Mc Kenzies, responsables d'une musique punk caractérisée par la présence d'une cornemuse, la fête est de nouveau au rendez-vous. Ces sympathiques Canadiens semblent apprécier notre bonne bière nationale (NDR : voir nos photos en backstage). Et pour les plus curieux (curieuses) d'entre vous, nous pouvons enfin répondre à une question récurrente au sujet de leur tenue : portaient-ils quelque chose en dessous de leur kilt ? La réponse est…non, et certains musiciens l'ont d'ailleurs prouvé en exhibant leurs bijoux de famille.

Alias Final Fantasy, Owen Pallett est un violoniste talentueux. Pourtant, il a commencé par étudier le piano et la composition à l'Université de Toronto. Le violon, il l'a appris seul. Notamment lorsqu'il était au collège. Aujourd'hui il collabore à une multitude de projets : les Mouches, The Hidden Cameras, Picastro, The Jim Guthrie Band et surtout Arcade Fire pour lequel il cosigne les arrangements. Ce qui ne l'empêche pas de mener parallèlement une carrière en solitaire. Et il faut reconnaître qu'en solo, il est impressionnant. Hormis la collaboration furtive d'un drummer sur quatre ou cinq morceaux, programmée au beau milieu de sa prestation, il est seul avec son violon et ses multiples pédales. Qu'il utilise à la manière d'un Dominique A. En créant ses boucles en 'live'. Et il chante en plus. Bien. Très bien même. S'il y a une inévitable sensibilité symphonique dans ses compos, elle est transportée par son violon tour à tour caressé, pincé, frappé et même utilisé comme caisse de résonance à sa voix, dans un univers à la fois ambitieux et intime. Fascinant !

Un petit détour s'impose entretemps via le club-circuit marquee, au sein duquel se produit The Brakes. Une formation insulaire qui n'est pas née de la dernière pluie, puisque certains de ses membres militaient autrefois chez Electric Soft Parade. Leur pop est rafraîchissante, éclectique et difficilement définissable. Malgré ses incontestables aptitudes, démontrées sur leur dernier opus « Give Blood », il n'y a pas grand monde sous ce chapiteau. Et vous pouvez nous croire, les (nombreux) absents ont eu tort.

Ce même chapiteau accueille les Two Gallants. Egalement une toute bonne formation qui évolue dans un tout autre style. A l'instar des White Stripes, et comme leur nom l'indique, il s'agit d'un duo. Un bassiste et un chanteur/guitariste. Mais qu'est ce qu'ils excellent dans leur registre ! Certaines de leurs ballades sont incontestablement imprégnées de l'esprit de leurs voisins de San Francisco, Swell (NDR : une ensemble qui s'était également produit, voici quelques années, à Dour). Le vocaliste souffle également parfois dans un harmonica ; mais sans jamais abandonner sa râpe. A cet instant on ne peut s'empêcher de penser à Neil Young. Certains morceaux déclenchent également une série de 'headbangings' au sein du public. Ce sont ceux pour lesquels le leader californien injecte toute son énergie, sa concentration et sa puissance. Encore une toute bonne découverte. Merci Dour !

Nonobstant la présence d'un public particulièrement nombreux, le retour de La Souris Déglinguée n'a pas répondu à  l'attente. Fondé bientôt depuis 30 ans, cet autre grand nom du rock alternatif a atteint le sommet de sa gloire fin des années 80. Leur recette ? Des textes revendicatifs évoquant souvent la misère, l'Orient et la drogue. Contrairement aux Wampas, dont on vous vantait la longévité ci-dessus, LSD a opté pour l'exode asiatique. Pourtant enrichi d'un DVD, leur dernier opus, « Mekong », retrace leur parcours parsemé de gloire et de passages TV aux pays du soleil levant. Mais il faut reconnaître que le band est tombé dans un (quasi) anonymat depuis belle lurette. Peut-être volontairement. On n'en sait trop rien. Il est vrai que l'esprit 'alternatif' qui les boostait dans le passé, est presque mort. Et ce n'est pas le concert de ce dimanche qui va les sortir de leur trou. Visiblement, leur début de set est marqué par le stress. Ils s'agitent un peu n'importe comment. Leur jeu de scène est inexistant. Les morceaux souffrent d'une absence de relief et ne libèrent pas de véritable énergie. Seuls quelques quadragénaires nostalgiques poussent un petit pas de danse, à l'écoute de leur ska/reggae qui a bien mal vieilli.

Après ce spectacle de piètre facture, les fans de ska/punk ont eu une belle occasion de se consoler auprès des Mad Caddies. Très attendus eux aussi par leurs fans (NDR : et pour cause leurs concerts en Europe sont rarissimes), les Californiens n'ont pas déçu ! Empreintes de bonne humeur, leurs compos endiablées - parfois agrémentées d'une pointe de surf/rockabilly - s'enchaînent allègrement. Les Real Mc Kenzies sont même venus les rejoindre sur scène, histoire de participer à la fête. Le look et l'accent ricain affichés par la formation a de quoi laisser rêveur. On se croirait même au bord d'une belle plage sise sur la côte Ouest des Etats-Unis. La température y dépasse les 30 degrés et il n'y a pas le moindre nuage dans le ciel azur…

Au sein de The Bell Orchestre on retrouve deux musiciens d'Arcade Fire : la violoniste Sarah Neufeld et le multi-instrumentiste Richard Parry. Chez ce collectif, ce dernier se concentre uniquement sur la contrebasse. Le line up est également complété par Stef Schneider, un drummer considéré comme le meilleur de sa génération à Montreal ; et puis Kaved Nabatian au cor (NDR : non, non, on ne dit pas une coriste ?) ainsi que Pietro Amato à la trompette. Vêtue de blanc, la formation est constituée d'excellents instrumentistes. C'est une certitude. Malheureusement leur mélange de post rock et de musique symphonique passe mal la rampe sur les planches. Les trop longs mouvements tardent à atteindre leur intensité et on finit par se lasser de cet étalage de virtuosité. Même Richard, le pitre d'Arcade Fire, est aussi sérieux qu'un étudiant qui passe un examen oral de fin d'année scolaire…

Rien de tel qu'un bon groupe de rock'n roll pour se refaire une santé ! Et les Datsuns étaient un remède tout indiqué pour y parvenir. A la limite, ils soigneraient les allergiques au métal. Sur scène le groupe dispense une énergie pas possible. Un chanteur/bassiste qui a de la présence sur scène, un soliste qui doit avoir pour maître Page, un guitariste rythmique dont les riffs sauvages et sulfureux sont exécutés dans l'esprit d'un Pete Townshend (NDR : il mouline même du bras !) voire d'un Angus Young et un drummer particulièrement efficace. Pas difficile de comprendre pourquoi ils aiment le Led Zeppelin, ACDC et le Who. Sans pour autant négliger l'aspect mélodique des compositions. L'ambiance était à son comble lorsque s'est déclenchée une véritable vague de surfers. Ils déferlaient de partout dans un véritable nuage de poussière pour retomber frontstage. A un tel point qu'en fin de set, Dolf a rappelé que le groupe jouait aussi. Mais on s'était bien amusés…

L'ambiance dans l'Eastpak tent ne va pas baisser d'un cran, puisque les Cowboys Fringants vont s'en emparer. Le concert n'est même pas encore commencé qu'au sein du public de nombreuses farandoles s'organisent. Il ignore cependant que le concert a failli être annulé. Motif : les Canadiens estimaient que les balances étaient foireuses. Et lors des premiers morceaux, les musiciens iront, presque chacun leur tour, mettre la pression sur l'ingénieur du son pour régler l'un ou l'autre détail. Qu'importe ! La prestation atteindra la hauteur de leurs exigences. A l'instar des autres groupes québécois, et en particulier de Mes Souliers Sont Rouges, ils interprètent leurs chansons engagées, colorées de folk, dans la langue de Molière. Le violon et l'accordéon virevoltent. La voix rauque du chanteur dirige la manœuvre. Tout est fait pour que les spectateurs frappent des mains et des pieds. Vu l'ambiance, les Cowboys ne doivent finalement pas trop regretter d'avoir accepté de jouer.

Les Dandy Warhols demeurent une énigme. Leurs disques sont épatants, mais leurs prestations scéniques sont souvent bancales. En montant sur les planches, on se rend vite compte que l'ensemble du groupe est déjà bien entamé. Sauf la claviériste. Pas qu'elle se soit rachetée une conduite, mais apparemment elle souffre d'un refroidissement. Et elle est clean, se contentant de rasades de sirop pour la toux. C'est d'ailleurs elle qui va diriger les débats, le reste du groupe ne sachant même parfois pas trop où il est. N'empêche, on aura droit à une prestation de bonne facture, essentiellement composée de pop songs. Pas de délire psychédélique : il tourmentait sans doute déjà les esprits vaporeux du groupe de Portland, depuis quelques heures…

A une certaine époque, Dour attirait un fort contingent de fans d'electro body music et de musique gothique. Cette année, leur présence était aussi rare qu'un nuage dans le ciel montois. Pourtant, Nitzer Ebb constitue, au même titre que Front 242, un des pionniers de l'EBM. Leur jeu de scène est d'ailleurs proche de celui de notre groupe national, qui s'était d'ailleurs produit ici un an plus tôt. Deux frontmen et une percussionniste/claviériste assurent le spectacle. Très sexy, la fille manifeste un petit air de Cameron Diaz dans Charlie's Angel. Musicalement, le set ne concède guère de grande surprise. Visuellement, on remarque également le look de comandant SS du leader Douglas Mc Carthy. Il ressemble même étrangement à Andrew Eldritch (NDR : lui aussi a foulé les planches de Dour, en compagnie de son Sisters Of Mercy). Ce qui permet de maintenir éveillé les plus fidèles. Mais il est déjà 0h30; et il est temps d'aller rejoindre …And You will know us by the trail of dead.

Franchement, on nous avait gardé bien au chaud un des groupes de scène les plus puissants pour cette toute fin de festival : …And You will know us by the trail of dead. Leur réputation n'est plus à faire et est confirmée par la présence d'une foule qui se presse dans la Petite Maison dans la Prairie. Ceux qui ne les connaissent pas vont vite comprendre la signification de leur nom : lentement mais sûrement. Le début de leur set nous tien en haleine ; mais où on sent que ça va péter d'un moment à l'autre. Inexorablement, les Texans haussent le ton. Puis, presque sans prévenir, c'est l'explosion. Fugazi ou At The Drive In nous viennent inévitablement à l'esprit, mais est-il nécessaire de citer des références pour un tel phénomène de scène. Vous n'y étiez pas ? Alors ne les manquez sous aucun prétexte, la prochaine fois qu'ils se produiront près de chez vous. …A.Y.W.K.U.B.T.T.O.D. nous a asséné la dernière grande claque du festival (NDR : il nous en a flanqué plus d'une). Mais il est temps d'aller reposer nos oreilles… et nos yeux (NDR : à cause de la poussière), nos jambes, notre dos, etc., épuisés par ces 4 jours de festival franchement intéressant de bout en bout…

Dour Festival 2006 : samedi 15 juillet

L'avant-dernière journée démarre sur les chapeaux de roues. Sur les coups de 14h, à la Red Frequency, Les Trois Accords, trublions canadiens à la fois décalés et originaux, s'élancent dans un set rock amusant faisant la joie des nombreux fans qui, tous, chantaient à tue-tête des titres tels que « Hawaïenne » ou « Saskatchewan ». Bien qu'il était difficile de comprendre quoi que ce soit, vu leur accent québécois très prononcé, le combo a réussi à amuser la galerie. Et dans un festival comme celui de Dour, on n'en demande pas beaucoup plus. Même chose pour The Locos, qui prend d'assaut cette même scène quelques instants plus tard. Conduite par l'ex-leader de Ska-P, la formation accorde un set dans la même lignée que celui de son prédécesseur, tout en humour et bonne humeur.

Ensuite, direction 'La petite maison dans la prairie' où Ms John Soda, bercée par les douces vocalises de Stefanie Böhm, accomplit un set à la fois simple et enivrant. On ne pourra pas en dire autant des français de Colder et de leur concert très moyen, sous la Dance Hall. Le leader de la bande semblait tout simplement s'emmerder sur scène, voire à deux doigts de bailler. Si l'effet escompté était celui de faire fuir l'auditoire, le jeune homme y est parvenu. Mais ne nous lui en tiendrons pas rigueur : il y a des choses bien plus intéressantes à voir ailleurs.

A commencer par le grand retour des mythiques Mudhoney sur les planches de la Last Arena. Certes, la formation issue de Seattle n'a jamais vraiment disparue (NDR : il n'a jamais été question de split) mais sa relativement longue période d'hibernation laissait présager le contraire. La reformation des Pixies aura-t-elle donc insufflée un nouveau souffle à tous ces groupes issus de l'époque 'grunge' ? A voir le quartette se démener sur scène, il semblerait que ce soit le cas. Entre vieux classiques et titres extraits de leur dernier album « Under A Billion Suns », Mudhoney a réconcilié différentes générations alors présentes. Et même si leur set a connu quelques passages un peu plus brouillons, le groupe a pu se retirer, satisfait de sa prestation.

On en attendait beaucoup des ex-Unicorns, Islands. On n'aurait pas dû. Le set, agréable mais un peu mou, n'a pas convaincu grand monde. De plus, la formation a eu la mauvaise idée de négliger son premier essai, « Return To The Sea », afin de délivrer une série de nouveaux morceaux sans grand intérêt.

Nos espoirs reposaient donc sur les géants (au propre comme au figuré) de 31Knots, un trio particulièrement créatif qui a dû beaucoup écouté Fugazi, fIREHOSE, At The Drive In, Blonde Redhead et même King Crimson pour concocter une musique aussi élaborée. Fort d'une réputation scénique sans pareil, le trio a tenu toutes ses promesses en se lançant dans un set époustouflant. Véritables bêtes de scène tout en se révélant d'excellents instrumentistes, les gaillards ont démontré une maîtrise impressionnante qui a laissé une large partie du public quasi sans voix. A un tel niveau, ce n'est plus une claque que l'on a pris mais carrément un poing dans la gueule. Au point de s'en mordre les doigts de les avoir manqués au Recyclart en avril dernier (NDR : ils y étaient également la veille de cette prestation)…

Attention mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! Lequel ? Mais le spectacle de marionnettes, pardi ! Le pouvoir du bouche à oreille a été particulièrement convainquant, provoquant une cohue ahurissante du côté du Club Circuit où se produisent les Puppetmastaz. C'est donc sous un chapiteau surpeuplé que les pantins allemands ont balancé leur hip hop humoristique et efficace, n'hésitant pas à parodier de grands classiques du cinéma (un Yoda moins zen que de coutume) ou à s'auto-parodier ('on virerait un membre du groupe que vous ne vous en apercevriez même pas', balancé après un sketch sur le clonage). Bien plus qu'un simple concert, le grand show jovial des Puppetmastaz a certainement été un des meilleurs moments de cette édition de Dour.

An Pierlé vient donc de sortir un nouvel album. Un disque plus accessible, plus pop, mais toujours de bonne facture. Sur scène, An passe allègrement du piano, derrière lequel elle est toujours assise sur un ballon transparent, et un accordéon. Flanquée de son White Velvet, sa prestation empreinte de bonne humeur communicative et d'enthousiasme fait plaisir à voir et à entendre. C'est ce qui rend sa musique si attachante. Elle n'oublie pas d'interpréter sa cover si décalée du « Paris s'éveille » de Dutronc. Ni de remercier son public qui lui réserve de folles acclamations…

Il faut avouer que les dernières prestations 'live' de Venus n'étaient guère fringantes. Faut croire que la formation bruxelloise s'est rachetée une conduite. Le quatuor fait véritablement bloc. La section rythmique est tout bonnement impressionnante. Et au sommet de son art, Marc Huyghens n'en fait pas trop, mais juste ce qu'il faut pour convaincre. Après avoir conclu leur excellent set par la reprise du « 'O Marie » de Daniel Lanois, la formation s'est retirée un peu éberluée, se rendant compte avoir atteint l'état de grâce, sans trop savoir pourquoi… Nous non plus !

Giant Drag est le nouveau hype de la scène britannique. Du NME en particulier. Une image de marque que le band est venu défendre, à travers de nouvelles compos, sous une « Petite maison dans la prairie » clairsemée. Annie Hardy, réputée pour son répondant et son humour acerbe, racontera notamment comment Chris Isaak lui a volé sa virginité et, surtout, le texte d'une de ses chansons avant d'entamer la reprise de « Wicked Games », le seul véritable classique de l'homme. Hormis cette anecdote amusante, il n'y aura finalement rien de bien intéressant à signaler à propos de ce concert.

Après avoir accordé un set très décevant lors du Pukkelpop 2004, je craignais le pire pour Archive. Et ce nonobstant un dernier album de bonne facture. Le remplacement du vocaliste Craig Walker par Pollard Berrier a apparemment eu un effet très bénéfique sur le groupe. Pollard possède une très belle voix dont les inflexions peuvent rappeler Thom Yorke. Et quand il ne chante pas, il participe activement aux parties de guitare. Il est en outre relayé par Dave Penney, l'autre chanteur/guitariste. Seule Maria Q, vient poser son timbre soul sur un seul morceau, « I will fade ». Les périodes les plus intenses du set impliquent cependant les deux râpes. Sans oublier l'envoûtant titre maître du nouvel opus qui ouvre le concert ainsi que l'inévitable « Again ». De chaque côté de la scène les deux claviéristes épicent le tout de sonorités cosmiques, atmosphériques, presque floydiennes. Et le public en prend plein les oreilles. Un concert somptueux et bien équilibré qui demande cependant confirmation. A l'AB le 6 octobre prochain, peut-être…