La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Controller.Controller

X-Amounts

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Détonante de punk funk sonnant et trébuchant, « X-Amounts » s’inscrit comme le premier album dans la genèse des Canadiens de Controller.Controller. Après les fracas jouissifs répandus sur nos tympans par l’irréprochable E.P. « History », nous attendions le retour de la charge épileptique éprouvée lors de cette mise en bouche. Dans un premier temps, l’excitation cède le pas à la déception. Les mélodies catchy vociférées par l’indomptable Nirmala Basnayake se défilent à la faveur de riff de défilés. Grande mascarade post-punk, « X-Amounts » doit davantage se concevoir comme une machine à danser. C’est là, sur le dance-floor, que ce disque crache son venin : un poison fait de rythmes ondulatoires, d’hymnes aux tortillages incandescents. La force de frappe de « Poison/Safe » plonge les projections chatoyantes des sunlights dans un noir glacial. Les vibrations se font alors vitales, les déhanchements s’accélèrent. Toujours plus rapide, le beat côtoie le riff. Controller.Controller célèbre le point de rencontre entre The Rapture et les Yeah Yeah Yeahs. Au moindre faux pas de Karen O, Nirmala squatte les ondes. Pour une danse qu’on devine incontrôlable. Incontrôlable.

Campsite

Names, Dates & Places

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‘Morne pochette, triste album’. Le syllogisme démontre ici ses limites. Certes, l’emballage des Danois a triste mine. Pourtant, à l’écoute des douze titres proposés sur la circulaire digitale, la donne change de camp (ou de site, c’est au choix). D’abord, ce nom : Campsite. Et ce titre : « Names, Dates & Places ». L’hypothèse est trop belle : nos amis sont des ‘festivo-concerts-ovores’ des plus assidus. Des noms, des dates et surtout un ticket d’entrée, implacable condition pour participer à la fête, au concert rêvé. Ne reste plus qu’à trouver une place dans le camping et Campsite nous sort un premier album ! De concerts en concerts, les références se sont accumulées. Elles forment aujourd’hui un joli monticule que le quintette danois cache très maladroitement : Interpol, The Strokes, en tête. Pour les fringues, les solutions sont à chercher du côté de Green Day et… d’Interpol. Bien qu’attrayante, la musique de Campsite traîne péniblement le poids de ces modèles récurrents. Au chant, Johannes Nidam s’en donne à cœur joie, sans jamais parvenir à ses fins. Ce disque manque d’un liant, d’une étincelle. Une plus-value qui éloignerait l’approche du groupe du simple copier-coller. A ce jour, Campsite se présente comme une bande de suiveurs, déjà bien heureux de posséder un ticket pour le prochain concert de Bloc Party. Et puis, vivement les festivals ! Histoire de ne pas camper sur ces positions.

Luz Casal

PequeHos, Medianos y Grande Exitos

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Ce disque est une généreuse anthologie de morceaux enregistrés depuis1989 par la chanteuse espagnole dont les chansons passionnées ont illustré quelques films de Pedro Almodovar. La musique de Luz Casal est entièrement consacrée aux sentiments et aux relations amoureuses en particulier. Sont inclus ici quelques tubes inoxydables : « Piensa En Mi », « No Me Importa Nada », « Entre Mi Recuerdos », « Entre Mis Recuerdos », pour n’en citer que quelques uns. Parfois, la comparaison avec nos Vaya Con Dios nationaux s’impose tant la ressemblance est grande, aussi bien au niveau vocal que musical ; à l’instar du tragique « Un Aňo De Amor » où l’on croit entendre chanter Dani Klein. Nonobstant ces remarques, ses chansons n’ont pas trop vieilli et tiennent plutôt bien la route. Une raison ? La production assez sobre, un savoir-faire mélodique certain et évidemment la voix tout terrain de Luz Casal. De la variété, certes, mais de très bon goût. Au rayon des inédits, on signalera la présence de l’accrocheur « Duel au Soleil », un sympathique duo échangé en compagnie d’Etienne Daho. Moins probant, le duo avec la nasillard Raphaël, qui chante en espagnol comme s’il râpait du fromage suisse. Le reste constitue un point d’entrée idéal à l’univers de la chanteuse, réservé aux femmes romantiques et aux hommes qui acceptent leur part de féminité.

Neal Casal

No Wish To Reminisce

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Neal Casal est, avec Ryan Adams, un des artistes les plus prolifiques de l’americana et l’une des figures de proue du genre. Mais voilà qu’en 2001, après la sortie de « Anytime Tomorrow », le monsieur décide de s’enfermer chez lui et jure de n’en sortir que le jour où il aura confectionné ce qu’il considérera comme sa plus belle œuvre à ce jour. Entre-temps, ne pouvant s’y tenir et, surtout, afin que ses fans ne l’envoient pas aux oubliettes, il met à disposition quelques inédits sur « Basement Dreams » (2002) ainsi qu’une compile de ses meilleures titres, « Maybe California » (2003) avant d'enregistrer rapidement en 2004 un album de reprises, « Return In Kind ». Le tout, en travaillant parallèlement et d’arrache-pied sur le disque suivant. Le résultat de ce dur labeur paraît donc cinq ans après son dernier effort studio officiel. Et les cinq années qu’il a fallu pour concevoir « No Wish To Reminisce » n’en valent, au final, que moyennement la peine. Certes, il s’agit bien de l’œuvre majeure de Neal Casal, puisque bien supérieure aux précédents opus. Mais quelque chose coince. Démarrant sur une succession de morceaux folk rafraîchissants, « No Wish To Reminisce » s’entérine dès sa seconde moitié dans une pop fade et rouillée avec pour seules exceptions « Travelling After Dark » et le court final instrumental « Saw Stars », qui renvoient à la beauté des premiers morceaux de l’essai. Pas mauvais au demeurant ; mais un brin décevant.

BabX

BabX

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Nouveau venu de la chanson française, BabX revêt d’emblée les traits du vilain petit canard. Ses cheveux ‘noir corbeau’ et son regard crâneur se logent sous l’égide d’un genre encore peu exploré dans l’Hexagone : le cabaret jazz néo-réaliste. A 24 ans, ce jeune et bel homme semble prêt à tout pour réussir. Même à coucher… ses chansons dans un registre pompeux, faussement sensuel et négligé. BabX. Rien que ce nom nous refile des boutons. Comme préfabriqué dans une multinationale américaine sise au cœur du cinquième arrondissement, BabX est un patronyme idéal. Idéal pour faire du gringue à toutes ces blondes siliconées, convaincues que Nicolas Sarkozy est un poète à la mode. Mais il n’est qu’un politicien à la noix. Et BabX, un charmeur de tristes aventures : un Higelin abandonné de ses convictions, un Fersen déchu de ses grandes mélodies. Comme il le chante, BabX se voit icône, symbole d’une génération en carton, picolant du champagne au petit dej’, s’enlaçant sous X. De ‘baby’ traînants, pêchés dans les Feux de l’Amour, en grimaces textuelles, maquillées de poésie, ce premier album de BabX tire son lot de banalités. L’homme se veut subversif. Mais ses « Silicone Baby » et autres « Crack maniac » sont autant de hochets de frivolité. La démesure musicale de BabX est à la mesure des grandiloquences littéraires d’Alexandre Jardin. So, BabX, c’est vraiment too much…

Blood or Whiskey

Cashed out on culture

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Avec un nom pareil, ils ne pouvaient venir que d’Irlande… Et en effet, à l’écoute de « Cashed out on culture », le doute n’est plus permis. Mélant punk oi et musique celtique traditionnelle, les Blood or Whiskey n’y vont pas par 4 chemins. C’est dans un pub de Dublin, un Glenffidish à la main, après une victoire des Bohemians qu’ils sont les plus heureux. Ils peuvent alors faire péter l’accordéon, le banjo, la flûte et les grosses guitares pour le plus grand plaisir des 5 bourrés accoudés au comptoir depuis 10h du mat’. Peut-on leur donner tort ? Bien évidemment leur musique n’est pas des plus originales et tous les morceaux se ressemblent un peu… Mais ça tout le monde s’en fout. L’important c’est qu’en compagnie des Blood or Whiskey on peut se permettre de péter, de roter, de réécouter les Pogues à fond la caisse, de manger des fish & chips et de boire des hectolitres de bière plate et tiède sans avoir honte. Rien que pour cela ils méritent le respect. Allez donc acheter un ticket d’avion Low-cost, direction l’île verte. Les vacances approchent…

Indie Roots 2006 : Centro-Matic + Willard Grant Conspiracy + Clearlake + JohnRoderick + Sleepingdog

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Soirée consacrée aux groupes roots et americana, ce mardi 16 mai, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Encore que ce mini festival se soit achevé par la formation de britrock Clearlake et qu'il ait été entamé par Sleepindog, le nouveau projet électrofolk minimaliste de Chantal Acda. Un regret, le manque de public qui au plus fort de l'événement, n'a jamais dépassé les 400 âmes.  

Jolie, sexy, Chantal Acda entame donc le spectacle à l'AB Club. Devant le podium, une partie du public est assise sur le sol ; il y a même une dessinatrice qui exécute quelques croquis de la chanteuse. Derrière la scène, un écran reçoit des projections d'images arty ou de la Flandre maritime : plage, sous-bois, etc., le plus souvent parcourus par des chiens. Des chiens heureux de courir dans la nature. Ce qui explique le nom du projet. Chantal possède une très belle voix, claire, cristalline, qui peut évoquer Joan Baez. Une voix qui colle parfaitement à ses compos atmosphériques, vibrantes, visionnaires, carillonnantes, dont on retiendra surtout « Times », « Wheelchair » ou « Blue flower » Elle s'accompagne tantôt à la guitare sèche, au vibraphone ou a piano. Pour la circonstance, elle a reçu le concours d'une collaboratrice. Préposée aux bruitages elle s'essaie de temps à autre au xylophone. Elle semble peu à l'aise ; et ses interventions n'apportent pas grand-chose à la musique de Sleeping Dog. A la limite, les McIntosh disposés sur la scène frappent davantage l'imagination. Et franchement, elle aurait pu s'abstenir. Ce qui n'empêchera pas Chantal de séduire un public apparemment conquis d'avance. Issu du nord du pays, c'est une certitude. Ses explications entre chaque titre, formulées exclusivement en néerlandais, en sont la plus belle démonstration. Maintenant, si elle souhaite vraiment passer la frontière (et pas seulement linguistique), elle aurait peut-être intérêt à avoir aussi recours à la langue de Shakespeare ou de Molière. En prenant exemple sur An Pierlé. D'autant plus que Chantal possède suffisamment de talent pour attaquer la scène internationale. A suivre, donc, et de très près.

Le Willard Grant Conspiracy est venu sous sa forme la plus épurée. Il y a bien Robert Fisher, le leader, mais il n'est flanqué que du bassiste Eric Van Loo et du guitariste Jason Victor. Ce dernier militant habituellement au sein du Miracle 3 de Steve Wynn. Robert accompagne d'ailleurs la tournée de l'ex Dream Syndicate. Un Wynn qui va d'ailleurs monter sur scène lors du dernier morceau de leur prestation, « Flying low ». Uniquement aux backing vocaux. Un set remarquable mais beaucoup trop court. A peine une demi-heure ! Pourtant, en peu de temps, le trio (NDR : donc une basse et deux sèches !) est parvenu à conjuguer talent et émotion. De son timbre de baryton, Robert nous envoûte de ses mélodies hymniques, tout en grattant ses six cordes. De temps à autre, il souffle dans un harmonica monté sur un rack. Jason joue en picking, alors qu'Eric donne du relief aux compos. « The trials of Harrison Hayes », « The ghost of the girl in the well » et une majorité de titres issus de son dernier opus, « Let it roll » vont ainsi défiler. Trop rapidement. Et on est resté sur sa faim…

John Roderick, le leader de Long Winters, se produit en solitaire. Mais franchement uniquement accompagné de sa guitare électrique, il remplit tout l'espace sonore. Certains lui reprocheront peut-être de réaccorder sa râpe entre les morceaux. Mais chaque fois, c'est pour sortir une vanne. Et comme il parle l'anglais à la perfection, on partage avec lui cette bonne humeur contagieuse. Il possède en outre, une voix sinusoïdale, oscillations vocales qui flirtent avec les accords plaqués mais très intenses qu'il administre à sa guitare. En fin de set, il abandonne son manche pour aller s'asseoir derrière le piano qui est resté sur scène après le set de Chantal. Et il s'y montre encore plus convainquant, récoltant d'ailleurs un rappel…

La dernière fois que j'avais assisté à un set de Centro-Matic, c'était en 2001. A l'AB, également. Il y a bien eu le projet South San Gabriel qui était à l'affiche du Pukkelpop, en 2003 ; mais je n'avais plus assisté à un concert du quatuor texan depuis 5 ans. Hormis le multi-instrumentiste Scott Danborn, les autres musiciens ont changé de physionomie. Will Johnson ne porte plus de lunettes, mais des lentilles. Mark Hedman, le bassiste, n'a plus du tout cette silhouette filiforme qui le caractérisait ; et en se laissant pousser les cheveux, Matt Pence, le drummer et ingénieur du son, ressemble de plus en plus à John Anthony Helliwell, le saxophoniste de Supertramp, lorsqu'il était jeune. Nonobstant le début de set quelque peu perturbé par une balance défectueuse, on sent que le quatuor de Denton est en forme. Scott se multiplie aux claviers, à la guitare ou au violon. Mais la sauce a du mal à prendre. Lorsque soudain, Scott décide de reprendre la basse à son compte et refile la six cordes à Mark. A partir de cet instant, la prestation va prendre une toute autre dimension. On entre alors dans un univers électrique, intense, tour à tour garage, 'crazyhorsien' ou même réminiscent du Paisley Underground. Et au cœur de cette débauche d'énergie rock'n rollesque, pourtant pavée de mélodies contagieuses, la voix de Will, dont les inflexions se font très proches de Paul Young, en deviennent bouleversantes. Le public est ravi et réclame un rappel que le quatuor lui accordera à travers une chanson écrite en 1997, une compo au cours de laquelle Will a abandonné sa guitare et affiche une attitude théâtrale qu'on ne lui connaissait pas. Il se met même à siffloter. Etonnant !

Désolé, mais franchement, après avoir lu toute une série d'articles consacrés à Clearlake, je me suis demandé si ce soir, j'étais en présence du même groupe. Apparemment oui, même si la moitié du line up a changé depuis deux ans. D'abord, le claviériste et membre fondagteur, Sam Hewitt, a tiré sa révérence ; et puis le drummer James Butcher a été remplacé par Toby May. Reste donc le bassiste, David Woodward, et l'autre membre fondateur, le guitariste/chanteur Jason Pegg. Surprise, car à l'origine, la formation insulaire concoctait une musique qui puisait essentiellement son inspiration chez Vandergraaf Generator, Talk Talk et la soul 'motownesqu'e. Alors oubliez tout ce que je viens de vous raconter, car aujourd'hui Clearlake pratique une sorte de funk blanc directement inspiré par Gang of Four. Encore que les mélodies rappellent plutôt Radiohead. Le claviériste a d'ailleurs été remplacé par un deuxième guitariste. Qui assure les backing vocaux. Et lorsqu'il conjugue sa voix avec celle de Jason, le résultat est digne des Posies. Les guitares claquent, déchirent, crépitent, se muent en véritables déflagrations électriques. Le son est puissant. Mais, Toby May parvient à canaliser toute cette énergie à l'aide de son drumming à la fois solide qu'efficace. Une caractéristique visuelle ? La taille des musiciens. Particulièrement minces, ils doivent tous approcher le mètre nonante. Et dans leurs costards, ces Britanniques sont vraiment élégants. Euh, il fait froid là-haut ?

Winterpills

Winterpills

Écrit par

Bienvenue dans le monde féerique de Winterpills, quartet mené par Philip Price, homme aux projets multiples (The Maggies, Feet Wet, Memorial Garage, Gay Potatoes,…) mais qui semble, avec cette formation, avoir enfin trouvé sa voie. Disque aux faux accents de désespoir, « Winterpills » passe en revue les maux de ce monde et se donne comme mission de les éradiquer en n’usant que de la beauté lyrique de son contenu paradoxal. Le micro se partage entre la voix claire-obscure de Philip Price et le souffle divin de Flora Reed contant en chœur les tourments de leurs amis proches, sur des arrangements opaques (« Pills For Sara », « Cranky », « Letter To A Friend In Jail »). Sombre de prime abord, la formation change ensuite la donne en promettant aux âmes les plus amères un futur meilleur (‘you will live forever’ fredonnent-ils sur « Found Weekend »). Bien plus qu’un bout de plastique, le premier album de Winterpills, oscillant entre slo-core et folk acoustique, peut sans aucune difficulté faire office de calmant, de psy ou de confident de substitution. Magistral, intelligent et relaxant.

Nosfell

Oklamindalofan (DVD)

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Spectacle visuel et sonore enregistré à l’Orangerie du Botanique en décembre 2005, le premier DVD du fascinant Labyala Nosfell recrée à la perfection l’atmosphère envoûtante d’un concert du jeune homme et de son éternel compagnon de route, Pierre Le Bourgeois. La réalisation, extrêmement bien léchée, nous transporte durant une heure et demie aux portes de Klokochazia, contrée atypique imaginée par Nosfell, où l’on parle un dialecte issu d’un mélange d’anglais et de Klokobetz. Le public, qui semble conquis à l’image (parfaite), le sera tout autant en se procurant ce DVD, assez bien fourni. Dans la section bonus : choix entre son stéréo et 5.1 pour une expérience sonore optimale, huit inédits sous forme de plages audio, une courte interview ainsi que deux extraits de concerts ; l’un acoustique dans une église et l’autre au Festival des Vieilles Charrues. On regrettera simplement que les huit nouveaux titres n’aient pas été offerts dans un CD audio séparé.

Ariane Moffatt

Dérèglement des machines intérieures

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A 27 ans et déjà une belle carrière dans son Québec natal, Ariane Moffatt nous importe enfin ses états d'âmes et ses bidouillages éclectiques. Figure de proue d'un nouveau genre, le R'n'G, autrement dit le Rhythm'n'Grunge, elle apporte dans ses valises « Le cœur dans la tête », un album qui rappellera à l'ordre tous ceux qui pensaient jusqu'ici que la scène québécoise se limitait aux gens qui hurlent sans avoir grand chose à raconter.

Quel est ton parcours et comment en es-tu arrivée à avoir « le cœur dans la tête » ?

J'ai commencé à chanter au lycée. J'avais un prof super stimulant et stimulé qui nous a poussébs à faire des comédies musicales et la première fois que j'ai chanté, j'ai tout de suite senti l'électricité qui me donnait l'envie de reproduire cet effet. J'ai étudié en chant-jazz et en musique à l'université. J'ai aussi toujours été attirée par les claviers. Quand j'étais petite j'avais un bébé-clavier qui devenait de plus en plus gros à chaque anniversaire ; ce qui explique le côté électronique et expérimentation des albums. Parallèlement, j'ai commencé à écrire mes chansons vers l'age de 16 ans. J'ai joué du clavier et été choriste pour des artistes au Québec. C'est un peu ainsi que j'ai fait mon chemin, jusqu'à ce que le premier album, « Aquanaute » sorte en 2001. Le deuxième est paru en novembre au Québec et le 15 mai en Europe.

On sent énormément d'influences dans ton album. Quels sont les genres musicaux qui t'inspirent le plus ?

Le death metal, c'est celui que j'aime moins ; sinon, je suis ouverte à tous les styles, pourvu que ce soit bien senti et que cela grove. J'aime ce qui est vrai, ce qui vient du cœur, du reggae au trip-hop en passant par le hip-hop, le folk-roots ou les musiques du monde. Je pense que c'est cela qu'on entend dans ma musique : le désir de fusionner plein de choses. J'ai essayé de faire quelque chose de nouveau avec ça. « Le cœur dans la tête » est très éclectique, il va dans tous les sens ; mais ça fait partie de moi de vouloir explorer toutes sortes de choses. Peut-être qu'un jour je me rangerais dans un style particulier mais j'aime pouvoir toucher à différents genres.

Tu as travaillé entre autres avec Marc Déry, Daniel Bélanger ou encore M. Quelle est l'expérience qui t'as le plus marquée ?

Celui qui a été pour moi le déclencheur, c'est Daniel Bélanger au Québec. Dans la francophonie, cet artiste est un secret trop bien gardé. D'ailleurs sur mon album je reprends un de ses titres : « Imparfait ». Il m'a fait confiance dès le début en m'engageant dans son groupe comme claviériste alors que je n'avais pas vraiment beaucoup d'expérience en échantillonnage ou en programmation. Je me suis retrouvée dans le bain et devais donc me débrouiller. Il m'a ensuite permis de faire ses premières parties avec mon propre matériel, ce qui m'a permis de rencontrer le public et de préparer le terrain pour mes albums. Il a été extrêmement influent et c'est une rencontre qui s'est transformée aujourd'hui en grande amitié.

Il a fallu 3 ou 4 ans à l'album « Aquanaute » pour débarquer en Europe et seulement 6 mois pour le dernier. N'est-ce pas un peu frustrant que ça prenne autant de temps ou même de devoir assurer la promo de deux albums en même temps ?

Disons que « Aquanaute » est sorti en Europe de manière très lente parce que c'était un critère important pour moi que de ne pas être identifié par cet album, parce qu'il y a trop longtemps qu'il est sorti. Le fait de pouvoir sortir aussi vite « Le cœur dans la tête » synchronise un peu plus la promo avec le Québec. En concert, j'opère juste un mélange des deux albums.

C'est comme recommencer à zéro...

C'est sûr. On est dans un nouveau territoire, un nouvel environnement, et le public est différent. Peut-être un peu plus spécialisé dans ce que je réalise. J'espère attirer un public qui corresponde à ce que j'essaie de créer, entre la pop et les trucs un peu plus expérimentaux. J'aime l'idée de ne rien prendre pour acquis et d'avoir la possibilité de recommencer mais, cette fois, avec tout ce que j'ai appris, toute l'expérience que j'ai acquise au Québec. Je suis surtout dans une optique d'expérience de vie. Même si j'ai signé chez une major, je suis pas du genre 'je suis là pour conquérir'. Mon optique est beaucoup plus humaine. Elle me permet de vivre également des rencontres professionnelles extraordinaires...

Avant, la France se contentait d'importer des artistes canadiens 'à voix' et depuis l'émergence de la 'nouvelle vague', illustrée par des artistes comme Cali, Benabar, Camille, etc. on voit enfin des artistes qui ont des choses à dire. Ton succès, tu préférerais le mettre sur le compte de cette nouvelle scène ou tout simplement sur ton duo avec M ?

C'est vrai que le rapport Europe-Québec s'est tissé sur cette scène-là. Quand j'étais plus jeune, j'avais un peu peur, pour percer en France, de devoir passer par le corridor des chanteuses de comédies musicales ou de la variété. C'est pas ce que je voulais. J'écoutais déjà M à l'époque et je voulais appartenir à ce courant là. M fait partie d'une famille de gens qui ont leurs convictions, qui font leurs trucs sans concession et fonctionnent sans gros rouages commerciaux. C'est un courant qui communique de mieux en mieux.

Y'a-t-il aujourd'hui des artistes que tu ne supportes plus d'entendre et, à contrario, quels sont ceux que tu écoutes le plus en ce moment ?

J'aime beaucoup cette nouvelle chanson, de Philippe Katerine à Keren Ann en passant par Camille ou Mathieu Boogaerts. Ce sont tous des gens qui m'inspirent par leur folie. Ils provoquent et savent ce qu'ils veulent. J'aime leur audace. Par contre, je suis pas très fan de la variété construite sur un moule, étudiée pour cartonner.

Un disque culte ?

« Little Earthquakes » de Tori Amos.

« Will You Follow Me » est une chanson en VF dont le titre est en anglais. Un disque d'Ariane Moffatt entièrement en anglais, est-ce possible ?

Oui. Je pense que ce franglais fait partie de ma personnalité. De mon quotidien. Au Québec, on est entre les deux et j'ai cette manie-là de mélanger les deux langues. Je le fais un peu dans mes chansons et j'ai déjà quelques textes en anglais ; mais je laisse mûrir l'idée...

Dans ton single « Montréal », on te sent heureuse d'y retourner. Qu'est ce qui te manque le plus quand tu n'y es pas ?

En fait j'ai choisi Montréal comme j'aurais pu choisir n'importe quelle ville où tu te sens à la maison. Ce qui est fun c'est de ramener ce que tu as puisé ailleurs puis de le mettre dans ton petit nid. Cette chanson-là parle autant du désir de rentrer à Montréal que de la joie d'être partie.

Tu es l'instigatrice du R'n'G. Quels sont les ingrédients pour être un bon artiste R'n'G ?

C'est une façon de définir ce jeu de contraste entre le côté groove ou dub et le côté guitares un peu plus acérées, un peu plus grunge. C'est le mélange entre ces deux pôles-là. Un peu black'n'white.

Y'a-t-il d'autres artistes que tu considère comme R'n'G ?

Y'a des bouts du dernier album de Cake (NDR : « Pressure Chief ») qui vont dans ce sens-là. Ca m'a donné envie d'aller dans cette direction.

Dans la chanson éponyme de ton nouvel album, tu dis 'j'ai des vices cachés'. On peut savoir lesquels ?

(Rires) C'est une question piège, ça ! Au moment où je l'ai écrit, je ne les connaissais pas vraiment. Je les ressentais. C'est un petit dérèglement des machines intérieures. C'est très vaste... 

 

 

Asyl

Petits Cauchemars entre amis

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Oui, bien sûr, le jeu de mot est très facile mais manifestement, le groupe français Asyl, dont le premier véritable album (« Petits cauchemars entre amis ») sort le 12 mai, mérite une attention certaine. Pas que ce groupe soit terriblement révolutionnaire, mais au moins il est vrai, sincère, ouvert et ses références sortent de l'ordinaire aseptisé d'aujourd'hui. Vous leur parlez 'influences' et ils vous citent un tas de noms, des Sex Pistols à Berurier Noir, en passant par Das Ich, Strychnine, Taxi Girl, les Stranglers, Bauhaus, Joy Division ou encore Fugazi ainsi que la vague hard core new-yorkaise en général. Bref, ces quatre jeunes gars originaires de La Rochelle ont le rock – le vrai et au sens large! - dans la peau et ils le revendiquent! Nicolas Freidline, le guitariste, s'est fait le porte-parole de la formation

Nous sommes avant tout de vrais fans de musique. C'est pour ça qu'on est là et qu'on joue déjà ensemble depuis plus de dix ans. Quant on a commencé, en 95, on avait quatorze - quinze ans. En 97, le groupe était au complet et recensait les musiciens actuels. Depuis, on a tout vécu ensemble, par passion. On a toujours écouté beaucoup de musique et de tout. Mais il est clair qu'un groupe comme Nirvana a été une grande influence, tout comme les Pistols, la scène punk française, les sorties du label Sub Pop. Aujourd'hui, on a notre personnalité, mais on ne peut nier avoir été marqués par plein de groupes... 

Vous avez tourné pour une vingtaine de dates en compagnie des Stranglers. Un bon souvenir, probablement … 

On adore ce groupe en plus. Nous avons eu un très bon contact avec Jean-Jacques Burnel. On a aussi tourné en compagnie des Buzzcocks ; un vrai groupe mythique à nos yeux. Pour nous, côtoyer ces gens là valait plus que jouer avant Blink 182, qui sont pourtant plus actuels. 

Comme la majorité des groupes rock, vous avez écumé les bars et les petits festivals avant de prendre une dimension supérieure. Grâce à votre premier cd auto-produit, sorti il y a quatre ans ? 

Certainement, oui. Il nous a bien servi de carte de visite. On a pu jouer dans des festivals plus importants, rencontrer des gens qui nous ont aidés, signer sur un label (Because, distribué par Warner), en 2004, après avoir arrêté nos études pour nous consacrer uniquement à la musique. On a dû vivre, à cette époque, du RMI (revenu minimum d'insertion) ; mais on connaissait clairement quel était le but de notre vie. On a sorti un EP l'an dernier et puis ce fut l'enregistrement de l'album, à Londres sous la houlette d'Andy Gill.

Qui est le guitariste de Gang of Four et a produit des gens comme Killing Joke, les Red Hot, Jesus Lizard ou Boss Hog, pas mal… 

On a été super contents de bosser en sa compagnie. Surtout que c'est lui qui nous a contactés. En fait, il était intéressé de nous produire. La collaboration a été bonne, car la vision d'Andy est proche de la nôtre. 

Actuellement, vous tournez avec Indochine. On sait que Nicolas (Sirkis) apprécie donner un coup de pouce à des jeunes groupes, comme Daisy Box il y a peu… 

Au départ, on était potes avec sa femme, qui a accroché à notre musique. Par la suite, lui aussi est venu nous voir et a bien aimé ce qu'on faisait. Mais sa relation entre nous n'a rien de 'paternaliste' ; c'est uniquement de l'amitié. 

Vous semblez aimer les titres d'albums à consonance un brin énigmatique. Votre cd autoproduit s'intitulait « Maquillage, Substance et Modernité » ; l'EP paru l'an dernier, « Hiroshima Mis à Mort », et l'album qui vient de sortir « Petits Cauchemars Entre Amis ». Ces mots là ne sont pas associés par hasard… 

Non, c'est évident. « Petits cauchemars » est un clin d'œil au film « Petit Meurtre entre amis » (de Danny Boyle, le réalisateur de « Trainspotting »). C'est aussi un titre qui figure sur notre tout premier cd et qui correspond bien, selon nous, à certains textes du nouveau. On y parle de serial killer, d'amour pervers, ce genre de sujets qui ont inspiré Mathieu (Lescop, le chanteur). Mais je reconnais qu'on aime assez jouer avec les mots. 

Avec les références, aussi. Trois titres du nouveau cd sont intitulés « Zeppelin », « Pierres brûlantes » et « Generation ». Difficile de ne pas penser à Led Zep, aux Stones et aux Who… 

On revendique complètement notre culture rock et ces groupes là en font forcément partie, également. Mais nous ne sommes pas non plus braqués sur le passé. Notre démarche est quand même tout à fait contemporaine. 

Après votre tout récent passage à Liège, vous comptez revenir bientôt en Belgique pour y jouer ? Lors de l'un ou l'autre festival ? 

On ne demande pas mieux. On jouera partout là où on nous demandera de venir.  On apprécie être confrontés à un public qui nous découvre. Il y a six mois, on s'est produit à Prague et cela c'est super bien déroulé. Les gens avaient l'air contents ! Donc avis aux promoteurs, appelez nous ! 

Votre prochain projet ? 

On retourne bientôt à Londres pour enregistrer une version anglaise de « Je Sais (Tout de Vous) ».  Une nouvelle étape, peut être…

Pearl Jam

Eddie Vedder : gloire immense mais esprit torturé ?

Écrit par

Dans le sillage de Nirvana et en compagnie de groupes comme Soundargen ou Alice In Chains, Pearl Jam restera, à coup sûr, un combo dont l'aura sera associée à celle de la vague 'grunge'. Même si le groupe mérite sans doute plus que cela. Son vocaliste, Eddie Vedder, n'a eu de cesse de vouloir 'casser le moule'. La preuve encore aujourd'hui via un nouveau cd éponyme tranchant à tous les points de vue... 

Alive ! 

Alors que le balancier rock amorçait son mouvement de retour, au tout début des nineties, secouant au passage des ténors tels que Simple Minds ou The Cure, Eddie Vedder (de son vrai nom Edward Louis Seversen, né le 23 décembre 1964 à Evanston, dans la banlieue de Chicago) bossait comme pompiste dans une station service à San Diego, en Calfornie. Un pote à lui avec lequel il vide des verres, Jack Irons, par ailleurs batteur de Red Hot Chilli Peppers (NDR : le monde est p'tit, hein ! Surtout qu'on le retrouvera plus tard chez Pearl Jam), lui file une cassette d'un type nommé Stone Gossard et lui dit sans doute quelque chose du genre : "Tiens mec, ça c'est bon pour tes insomnies !" (car Vedder souffre déjà de ce mal chronique). Vedder écoute la bande, qui contient cinq instrumentaux, dont un certain 'Dollar Shot' l'inspire plus particulièrement. Il colle un texte dessus, y plaque sa voix et renvoie le truc à Gossard, dont le groupe, Mother Love Bone, vient de splitter, suite à la disparition de son vocaliste, Andrew Wood, décédé des suites d'une overdose. De 'Dollar Shot', Vedder a fait 'Alive', en racontant son histoire, à savoir celle d'un gosse qui apprend sur le tard qui est son vrai père (un ami de la famille qui s'est tiré sans demander son reste) et voit ce père biologique mourir (d'une sclérose en plaques). Un gosse sur lequel sa mère reporte toute son affection car la ressemblance entre le fils et le père est énorme. En entendant "Alive", Gossard tombe de son sofa et appelle illico cet inconnu providentiel, Eddie Vedder, pour lui demander de rappliquer aussi sec à Seattle. Vedder accepte mais prévient qu'il n'a pas beaucoup de temps à perdre et qu'il viendra directement au local de répet'. Une semaine plus tard, Pearl Jam est devenu un vrai groupe et Gossard, le bassiste Jef Ament, l'autre guitariste Mike McCready et le batteur Dave Kruse, flanqués de Vedder donc, se mettent au boulot. En quelques mois, le groupe s'est taillé un album et a fait 'flamber' quelques clubs. A Seattle, un label, Sub Pop, fait solidement parler de lui. Evidemment attentives, les 'grosses pointures' suivent 'l'affaire' et Epic fait rapidement les yeux doux à Pearl Jam. Mi 91, le groupe sort son premier album, 'Ten', sur ce label.  Au début, le succès commercial n'est guère au rendez-vous. Il faudra, en fait, qu'un certain Nirvana sorte son 'Smells Like Teen Spirit' pour que la vague grunge se transforme en raz de marée véritable et qu'elle emmène Pearl Jam dans son sillage.  Du coup, début 92, "Alive" se retrouve catapulté dans les charts et, dans la foulée, 'Ten' se met à cumuler les ventes pour finalement culminer à près de treize millions d'exemplaires ! 

L'histoire de Pearl Jam a commencé ainsi. La suite sera à l'image du groupe : remarquable, inégale, sincère, faite de luttes et de combats. En 93, Pearl Jam est un groupe énorme. Son second cd, 'VS', se vend à plus d'un million d'exemplaires dès sa sortie, aux States, en une... semaine ! Tout lui réussit et même Kurt Cobain semble jaloux de ce succès (il allume Pearl Jam dans la presse, lui dont le 'In Utero', sorti quasi en même temps, n'a guère marqué les esprits). Par contre, "No Code", paru en 96, passe (relativement) à travers, comme on dit.   

'I fought the business and...' 

A ses débuts, en tout cas, Pearl Jam a, immédiatement, voulu prendre ses distances avec certains aspects du business qui ne cadraient pas avec sa philosophie (quand il parle de l'évolution du groupe, Vedder met toujours en avant le fait que "Ce band est sincère et que c'est ça qui compte !"). Depuis quelques années, il semble s'être 'un peu calmé', à ce propos; on le sent en tout cas moins vindicatif et rebelle concernant certaines pratiques... Il a, en tout cas, clairement, trouvé sur sa route, plus fort que lui !  Découragé ?  

- les abus du business 

Pearl Jam n'a jamais apprécié les abus commerciaux qui eurent lieu dans son dos. Ainsi, en pleine gloire, en 94, le groupe annule sa tournée US d'été et poursuit la société Ticketmaster, initialement en charge de la tournée, en justice parce que celle-ci profite de manière abusive, selon le groupe, de son statut pour faire pression sur les promoteurs locaux pour qu'ils augmentent le prix des tickets. Le combat est beau, mais la justice américaine refuse, un an et demi plus tard, de condamner Ticketmaster pour ses pratiques commerciales. N'empêche, Pearl Jam a clairement affirmé sa philosophie. "Je suis un fan de musique, moi aussi, et je n'ai pas toujours eu du fric. Je sais ce que c'est de devoir sortir vingt dollars pour acheter un ticket de concert" (Vedder). 

Le groupe avait aussi refusé que le moindre 'single' soit extrait de l'album 'VS', avant la sortie du disque, en 93. Il avait aussi insisté pour jouer dans des salles de taille raisonnable, début 94, troquant même des concerts dans des stades contre des shows organisés sur des campus universitaires ! 

- la surexposition médiatique 

Contrairement à un paquet d'autres, les mecs de Pearl Jam n'ont jamais cherché à défrayer la chronique, à profiter de leur gloire pour prendre des attitudes de divas. Au contraire, même. "J'en ai vraiment marre de voir ma tronche partout  et je suis certain que plein de gens partagent ce sentiment. Ce business ne devrait pas se focaliser autant sur les personnalités mais plutôt se concentrer d'avantage sur l'apport musical des groupes. C'est cela qui compte. On ne devrait pas vénérer des personnalités. Malheureusement, certains fans sont déçus lorsque je leur dis que je ne suis pas un messie" (Vedder) ou encore "Je suis un fan absolu des Who, mais il ne me serait jamais venu à l'idée de demander un poil du nez de Pete Townsend ! " 

Le groupe semble même entretenir une sorte de relation amour/haine avec son propre succès. "J'aurais préféré que nos vidéos ne soient jamais passées sur MTV", assène Vedder, en 94. Quelques semaines plus tôt, le groupe avait obtenu quatre MTV Videos Awards, au cours d'un grand show, à Los Angeles.

Vedder s'en est même pris à Bono, de U2, sur scène, lors d'un concert à Rome, en support-act des Irlandais.  Agacé par le 'gigantisme' de l'organisation, Vedder était monté sur scène affublé d'un tee-shirt sur lequel il était écrit 'Paul Is Dead' (Paul est le vrai prénom de Bono qui, parait-il, n'a pas trouvé cela drôle !). 

Près de quinze ans après l'avènement de Pearl Jam, le business a encore accentué sa 'pression commerciale' sur les fans de musique (le prix d'un ticket de concert n'a cessé d'augmenter, le prix des cds est resté élevé), MTV reste un must pour se payer une tranche de succès et le culte de la personnalité des musicos n'a certainement pas diminué. Seul le MP3 et le piratage dans son ensemble font trembler le business de la musique, aujourd'hui. Les efforts du groupe n'ont donc pas été payants. Mais, au moins, il a dit ce qu'il avait à dire...

Torturé, Vedder ? 

Le rock des années nonante a été plutôt sombre; normal puisque les leaders de la scène ont tous - ou presque - bouffé du malaise sans ketch up ! Trent Reznor, Jonathan Davis, Eddie Vedder, pas vraiment des 'foldinguos' et on sait ce qui est arrivé à Kurt Cobain. A croire que distribuer les décibels, ça rend vraiment malheureux ou névrosé...  

A Encinitas, son bled, Vedder était connu comme 'the man who doesn't sleep'. Insomniaque chronique, Vedder a passé, ado, énormément de temps à développer sa culture et son âme musicale. Fan des Jackson 5 quand il était gamin, il a découvert le rock via les Who et est toujours resté un énorme admirateur du groupe.  Par la suite, il s'est tourné vers des personnages comme Henry Rollins ou Ian MacKaye (Fugazi) qu'il respecte énormément pour leur volonté à sortir des sentiers balisés du business musical. Il apprécie aussi beaucoup quelqu'un comme Neil Young, avec lequel, faut-il le rappeler, Pearl Jam œuvra en véritable partenariat pour l'abum "Mirror Ball". Ses potes l'ont souvent d'écrit comme un type ayant deux facettes bien distinctes : l'une assez cool du gars timide, réservé, qui s'exprime en parlant très bas ; l'autre version âme torturée, supra-réaliste, incapable de supporter l'injustice et qui n'hésitera pas à affronter des moulins de face s'il le faut (on a pu le constater !). 

Eddie Vedder s'est méfié du succès, tout de suite ! "Ce n'est pas facile d'avoir de l'argent", a-t-il expliqué; "Cela peut être tentant d'en donner à des amis pour les aider, mais tu ne peux pas donner comme ça, sans quoi tu finis par entretenir une centaine de personnes qui arrêtent de se débrouiller par eux-mêmes et comptent seulement sur toi. L'argent peut créer davantage de problèmes qu'il en résout". 

Vedder reconnaît qu'il n'est pas quelqu'un qui est 'facilement heureux'. "Et la popularité n'aide pas", a-t-il expliqué; "Tu restes le même et tu n'es certainement pas mieux dans ta peau parce que tu es connu. Les autres membres du groupe parviennent à tirer profit de la situation, d'une certaine manière, c'est bien plus compliqué pour moi". 

Le drame de Roskilde 

Cet épisode là de la vie du groupe n'a évidemment rien amené de positif. Neuf morts dans une bousculade, en plein festival, cela ne peut évidemment pas laisser indifférent. Le groupe a très mal vécu cette tragédie. On se souvient que, à l'époque, il a annulé son passage prévu au Rock Werchter, deux jours plus tard. Au moment des faits, des rumeurs de responsabilités du groupe dans l'incident avaient été largement répercutées dans les médias.  Les conclusions tirées par la justice danoises balayeront tout cela. Mais il est évident que le 'Roskilde' aura, à jamais, marqué l'esprit du groupe. Dans "Love Boat Captain", sur "Riot Act" (sorti en 2002), Eddie Vedder a écrit ces mots : "Its an art to live with pain / Mix the light into grey / Lost 9 friends well never know / 2 years ago today / And if our lives became too long / Would it add to our regret ?" 

Engagé 

Eddie Vedder supporte activement diverses causes à travers diverses associations. Et notamment "Not In Our Name", qui mène un combat contre la peine de mort, "Surfrider Foundation USA", qui milite pour des plages propres aux Etats Unis, ainsi que "Home Alive" qui forme les femmes à l'autodéfense. 

Discographie 

Pearl Jam a sorti huit albums studio : 

"Ten" ("Alive", "Jeremy", "Black") en  1991 (Epic)

"VS" ("Go", "Animal") en 1993 (Epic)

"Vitalogy" ("Spin the Black Circle", "Not For You") en 1994 (Epic)

"No Code" ("Sometimes", "In My Tree") en 1996 (Epic)

"Yield" ("No Way", "Faithfull") en 1998 (Epic)

"Binaural" ("Breakerfalls", "Light Years") en 2001 (Epic)

"Riot Act" ("Ghost", "You Are") en 2002

et "Pearl Jam", donc, qui vient tout juste de sortir 

Citons encore quelques sorties annexes comme un très bon EP quatre titres ("Oceans"), paru en 92 et comprenant trois titres live (dont "Alive") enregistrés au Pinkpop); le live "Dissident", enregistré à Atlanta en avril 94, une collection d'inédits ("Lost Dogs", toujours chez Epic, en 2003) et le double best of "Rearviewmirror", paru en 2004. 

 

 

 

 

The Oslo Deadtrash Project

Headpixel data

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‘The Oslo Deadtrash Project is a suicidal draft’ indique le livret de ce CD… Suicidaire ? Pourquoi ? Sorti sur l’excellent label « Carte Postale », le premier album solo de Pierre Arthur Lejeune n’a pourtant rien d’un concept voué à l’échec… Bien au contraire… A l’écoute de cette très bonne plaque d’électropop on ne peut en effet que s’étonner du peu de visibilité accordée à un artiste qui mériterait que l’on s’intéresse bien plus à lui. Alors que l’indie belgo/belge truste actuellement l’ensemble des ondes radiophoniques de notre décidément bien petite francophonie, « Headpixel data » apparaît comme un remède plus qu’agréable à l’indigestion qui menace… 12 petites pilules d’electronica et ça repart ! ! ! Après les avoir croquées on avouera cependant une petite faiblesse pour les très tarwateriens « Rallyman » et « 1000 reasons to kill you today (rotten for desk enrol ) ». De splendides morceaux qu’il serait…suicidaire de laisser dans la pénombre. Si « The Oslo Deadtrash Project » ne fait pas un peu parler de lui, c’est à n’y plus rien comprendre… Allez, trêve de plaisanterie messieurs…

Malibu Stacy

G

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Malibu Stacy serait à la recherche du point “G” ! Comment ne pas y penser en observant l’image de la jeune fille qui illustre la pochette ? Et puis rien qu’à travers le titre de leur premier album ? Un disque enregistré à Bologne, sous la houlette de Francesco Donadello (Yuppie Flu). Sur cet opus, on retrouve trois morceaux qui figuraient sur leur Ep, paru en 2005. Tout d’abord, le single « Sh sh », caractérisé par cette ligne de basse ténébreuse, instituée par Peter Hook (NDR : les plus pessimistes penseront à Joy Division, les plus optimistes à New Order) et la voix théâtrale de David de Froidmont (Pulp ?). Une inflexion à laquelle le chanteur a recours régulièrement. Et en particulier sur « Runaways ». « Sex in Malibu », ensuite. Une pop song paradoxalement contagieuse et frénétique exécutée dans l’esprit de Maxïmo Park. « Los AnGeles » enfin. Une plage hymnique, allègre, digne de Weezer. Pas pour rien que ce fragment a été choisi pour faire l’objet d’un clip vidéo, un clip tourné à L.A.. Un Weezer qui hante également « Feck this (1985) », nonobstant le final dont les célèbres lyrics (« Hey you, what’s that sound ? Everybody look what’s going down ») ont été empruntés à Rhymes Digitales. Plus surprenant, cinq titres lorgnent manifestement vers la britrock. Essentiellement celle de Shed Seven ; et puis des Killers sur le très eighties « Soda Pop », un fragment balayé de guitares cinglantes. De cette plaque, je retiendrai encore la ballade mid tempo « Saturday night fisher » et puis le sauvage « VHF-VUF », une compo punkysante, presque stoogienne. Un seul regret : nonobstant un premier elpee de bonne facture, Malibu Stacy n’est pas parvenu à communiquer cette intensité unique qui fait leur force en ‘live’.

 

 

Mazarin (USA)

We’re Already There

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A l’écoute de ce troisième album de Mazarin, on ne peut s’empêcher de croire que le monde est beau. Le pas léger et assuré, nous avançons tranquillement sur le chemin de la vie. Gentil, ce disque demeure d’une simplicité déroutante. Chef de projet au sein de son groupe, Quentin Stoltzfus plante la pop de Mazarin dans un champ de psychédélisme. Aux côtés des Flaming Lips et autres Midlake, Mazarin alimente une nouvelle vague d’hymnes psychédéliques. Pour s’en convaincre, il suffit de boire les paroles de « For Energy Infinite ». L’intitulé de cette chanson prendra alors tout don sens. « At 12 To 6 » mêle le répertoire des Américains aux descentes pluvieuses des Britanniques d’I Am Kloot. Les guitares tendues d’« I’ll See You In The Evening » perpétuent le trip pop-psyché de ces quatre tarés. La fleur au bec, les soucis en poche, l’auditeur déprimé peut se laisser aller. A petit prix, la thérapie de Mazarin est à portée de main. « We’re Already There » vient donc nous rappeler qu’il est inutile de s’inquiéter. Il suffit parfois de chercher autour de soi pour apercevoir les traits de ses nouveaux amis. En route pour la joie !

John McBain

The In-Flight Feature

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Frère cadet de l'un des membres fondateurs du mythique et défunt Grateful Dead, John fonda les groupes Monster Magnet (89) et Wellwater Conspiracy (94). Depuis 2004, il s'est attelé à la réalisation de 'The In-Flight Feature'. On pourrait qualifier la première plage de 'space bagatelle', à savoir un gentil exercice de style évoquant à la fois Larry Fast et Tangerine Dream. 'In Santiago Airspace', qui la suit, est très clairement space rock. Tandis que 'Centaur of the Sun', première plage chantée, revisite le pop psychédélique des sixties. 'Motherboard' laisse ensuite traîner ses effluves de synthé sur une rythmique typiquement trip-hop. Retour aux sixties hallucinogènes avec l'enjoué 'HubbleBubble', avant l'intéressant et énergique 'Farewell Iron Age', aventureux garage psyché aux relents crimsoniens. Annoncé par 'VS666', dominée par la guitare sèche façon Amon Düül (sur 'Wolf City'), 'Metronomicon' est une longue détente mêlant synthés en volutes et guitare sèche, ponctuée de spasmes électriques. Le cocktail est agréable et évoque un peu Steve Hillage et les teutons pré-cités. Bref, nous avons affaire à un album varié et aventureux, alliant des ingrédients hétéroclites. Soulignons les nombreux effets de production, qui s'apprécient surtout au casque. Le CD plaira aux amateurs d'expérimentations syncrétiques, ses trois plus longues plages s'avérant les plus accrocheuses.

Ariane Moffatt

Le Coeur Dans La Tête

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Encore plus à la bourre que le lapin blanc d’Alice au pays des merveilles, l’Europe découvre en octobre 2005, soit plus de trois ans après le Canada, un brin de femme venu redéfinir les bases de la chanson française. Exception à la règle de l’importation exclusive des chanteuses québécoises hurlant dans le micro, Ariane Moffatt fait figure d’anomalie dans le paysage musical francophone. Officiant dans un genre qui n’appartient qu’à elle, la jeune femme nous déballe l’un des albums francophones les plus riches et innovants de l’année. Sept mois à peine après que son premier essai, « Aquanaute », s’étale dans les bacs de nos contrées, « Le cœur dans la tête » prend déjà la relève. Teinté à la fois de mélancolie et d’incandescence, le second disque de la Canadienne jongle avec une facilité déconcertante entre des styles qui, en général, ne se marient pas forcément bien entre eux. Là où d’autres n’auraient concocté qu’une ignoble soupe indigeste, Ariane créé un ensemble cohérent et original. De la légèreté du dub-reggae de l’ode à « Montréal » à la complexité dédaléenne du trip-hop de « Farine 5 Roses », en passant par le R’n’B obsédant de « Retourne chez elle », l’auteur-compositeur-interprète prouve qu’il n’y a pas un seul genre qu’elle ne sache maîtriser. Nappé suivant les circonstances, d’une fine couche d’électronique, « Le cœur dans la tête » est un album sans faille, à glisser aux côtés de ceux de Camille. Plus que prometteur.

Lampshade

Let´s Away

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Le Nord ne manque décidément pas de ressources. Second essai des Suédo-danois de Lampshade, « Let’s Away » vacille entre un spleen glacial et une luminescence ardente. De ces deux pôles antinomiques découlent douze titres bruts articulés autour de la voix délicate de Rebekkamaria. Comme sous une neige éternelle, le disque nous plonge dans un état d’hypothermie auditive constante. Les sens engourdis, on se noie dans les profondeurs du splendide « It’s Ok », les aigres regrets de « Silver » ou les tourments sanguinaires de « Come Closer ». Lampshade malmène les solitaires en jonglant avec leurs émotions. Si la formation tend la main aux délaissés sur des titres tels que « Come Closer » et « Joy », c’est pour ensuite vicieusement les replonger dans un lent désespoir sur « Feather Of Lead » ou « Tonight I Will Retire ». Entre pop d’une gracieuse légèreté et trip-hop obscur bien agencé, le successeur de « Because Trees Can Fly » marque les esprits de par la richesse de ses paysages sonores. A écouter sous la couette ; seul, à deux, à trois ou plus si affinités.

Tom Gäbel

Introducing : Myself

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Depuis Norah Jones et Michael Bublé, le jazz semble avoir trouvé un second souffle tout en devenant radiophonique. Il fallait naturellement s’attendre à voir bourgeonner les émules. C’est donc avec un train de retard que débarque le premier album solo de Tom Gäbel. Il n’y aurait pas grand-chose à reprocher aux 12 morceaux de bonne facture, si la bio qui l’accompagnait ne vantait pas ‘sa voix unique’ et ‘ses talents créatifs’. Pour autant que les prédispositions vocales de l’Allemand soient indiscutables, prétendre qu’elles soient uniques relève de la plaisanterie. Imitant à la perfection son inspiration première (NDR : le grand Sinatra), Tom Gäbel étale ses ‘talents créatifs’ sur pas plus de trois titres, le reste se limitant aux reprises. Honorable mais manquant considérablement d’originalité, « Introducing : Myself » est un disque incontournable pour les jours de grand nettoyage, en bruit de fond. Avec l’aspirateur allumé.

Jeffrey Foucault

Ghost Repeater

Ce sont les disques de Townes Van Zandt qui ont donné l’envie à Jeffrey Foucault de se lancer dans la musique. Son nouvel album, le troisième, est produit par Bo Ramsey, qui a déjà bossé en compagnie de Greg Brown et Lucinda Williams. Eric Heywood (Son Volt, Richard Buckner) tient la pedal steel, Dave Moore l’accordéon, et Kris Delmhorst, la femme de Foucault, chantonne sur « One For Sorrow ». Ils s’y tiennent la barbichette, parlent de mariage, d’union sacrée, bref, d’amour consommé en plein Massachusetts, du John Mellencamp dans le lecteur, ou bien ce bon vieux Bruce – country, blues, le mix tranquille pour une après-midi à se tourner les pouces. Il fait chaud, l’ambiance est légèrement pesante, du pollen circule au milieu des voitures, les filles éternuent en silence. Des images inspirées d’un sursaut d’amertume à chroniquer ce disque. Jolies chansons, mais il fait beau dehors. Tout ça pour dire qu’il manque à ce « Ghost Repeater » de vraies fulgurances mélodiques pour qu’on l’écoute en boucle. S’extirper du vortex sudiste, aller nager à la piscine, se promener sans but. Comme un fantôme, peut-être. Aaaaaah !

Toumani Diabaté

Boulevard de l’Indépendance

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Après avoir concocté le fantastique « In the Heart of the Moon » en compagnie du défunt Ali Farka Touré, le roi de la kora s’est fendu d’un projet plus personnel et ambitieux. Enregistré en une nuit ( !), ce « Boulevard » convie un ensemble de cordes et de cuivres, ainsi que des chanteurs pour une œuvre qui hésite entre gouaille (« Toumani », « Ya Fama ») et contemplation, à l’instar du superbe titre maître. La kora de Diabaté est ici un instrument parmi d’autres. Point de démonstration de virtuosité sur cet opus ; tout le monde se mettant au service de la chanson. Habitué des collaborations prestigieuses (Roswell Rudd, Taj Mahal), le Malien se fait donc plaisir et explore différents styles musicaux sur 9 longues plages. « Ya Fama » évolue entre le funk et Mory Kante. « Mali Sadio » et le très beau « Tapha Niang » marient la tradition à une section de cordes très ‘cinématographique’, tandis que le dansant « Salsa », caractérisé par ses cuivres bondissants, fait référence à l’Amérique Latine. L’œuvre s’achève par « Single », une envolée funky qui mériterait bien quelques passages radio…