Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Mary's Little Lamb

Elixir for the Drifter

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Ce quintet belge pratique une forme de country alternative, autrement dit, de l’americana. Depuis 2015, le line up réunit le chanteur/guitariste/banjoïste Bart Hendrickxs, le contrebassiste Bert Cuypers, le batteur Mike Van Daele, ainsi que les trompettistes Kevin Van Hoof et Stijn Cumps. Son premier elpee, "Fortune and Chance", est paru en 2014. "Elixir for the Drifter" constitue donc son second.

Le disque s’ouvre par une sorte de B.O. pour western spaghetti à la ‘Enio Morricone’, une piste entretenue par la guitare baritone légèrement réverbérée, les deux cuivres et un quatuor à cordes. Bien que baignant dans une même atmosphère, tout en se distinguant par sa mélodie accrocheuse, "Hold your horses" intègre la voix grave et austère de Bart. Vraiment taillée pour cette musique roots, elle ne s’emballe jamais. Il chante ensuite, d’une manière aussi posée, "Hay", tout en s’accompagnant au banjo. Une gratte amorce "Blending in", une ballade dont le tempo est parfaitement balisé par la contrebasse, alors que le vibraphone de Mike Van Daele et les deux trompettes tirent leur épingle du jeu. Superbe ! "Incantation" change de cap. Direction le Mexique. Le climat latin est chaleureux. Percus, bongos et cordes acoustiques plantent le décor. La trompette de Kevin s’y immisce. Amplifiée, la guitare s’autorise de jolies envolées. "Saguaro" est une superbe ballade empreinte d’une profonde mélancolie. Soutenus par les trompettes aux sonorités magiques, Bart et Kathleen Vandenhoudt entament un dialogue vocal. "El Fuego" opère un retour dans l’ambiance latino. Et "Grind", western. Au galop, les chevaux empruntent des chemins poussiéreux. Et c’est la guitare baritone ainsi que le quatuor de cordes qui installent cet environnement cinématographique… Une seule reprise : "Alone and forsaken". Une somptueuse ballade country & western signée Hank Williams. Les arrangements sont particulièrement réussis. Soulignée par le chœur et les trompettes, la voix est grave et solennelle. Interprété en quartet, "Stray arrow" constitue un autre moment fort du long playing. On pénètre en territoire indien. Les percus sont lancinantes. Bart se sert d’un mellotron. Mais surtout, il se libère aux cordes électriques. Alors que l’expression sonore invite un ocarina et un dobro. Dobro qui alimente, tout comme le banjo, "Tell me how", un country blues de bonne facture. Avant qu’un trombone ne vienne rejoindre les autres cuivres pour se transformer en brass band qu’on imagine déambuler dans les rues de la Nouvelle Orléans. Et en finale, la voix de Bart est épaulée par les interventions du violoncelle de Koen Berger, tout au long du tendre "Forever gone"…

 

La Féline

Triomphe

Écrit par

Ex-trio devenu ‘one girl band’, La Féline (merci Jacques Tourneur !) est devenu, depuis 2014 –date de la sortie du long playing « Adieu L’Enfance »– le projet solo d’Agnès Gayraud (NDR : également critique musicale à Libération et Docteur en Philo à ses heures perdues…) Elle publie aujourd’hui « Triomphe », un opus qui a reçu un accueil critique prophétiquement annoncé par son titre…

Sa pop véhicule des accents ‘variétés’ ou ‘chanson’ française. S’y pose des textes poétiques d’une belle richesse, liés aux monde du Japonais Miyazaki, à l’univers médiéval (NDR : oui, oui, même si cette description ne semble pas glamour, elle l’est, et franchement) ou à l’œuvre de Marguerite Duras. Et l’ensemble est entretenu par une instrumentation légère aux textures toutefois complexes, à l’instar de « Le Royaume », caractérisé par ses interventions tortueuses au saxophone ou de « Comité Rouge », dont le final monte progressivement en crescendo. Fauve délicate, La Féline ne sort pas ses griffes d’emblée mais propage plutôt de doux et racés miaulements pop à travers son double baptisé ‘Senga’ (anagramme d’Agnès) – aventurière tropicale incarnée dans le très convaincant et tribal morceau d’ouverture du même nom– ou par « Gianni », un morceau euphorisant dont le refrain est chanté en italien. Les compos sont variées. Les textures sont multiples. On a ainsi droit à des sonorités orientales sur « La Femme du Kiosque sur l’Eau » et un feeling pop instantanément accrocheur lors du magnifique « Séparés ».

« Triomphe » est un titre parfaitement judicieux, tant il est rare qu’un album de chanson française parvienne à marier accessibilité et exigence avec tant de maestria…

 

Jenny Hval

Blood Bitch

Écrit par

Un an après avoir publié « Apocalypse Girl », un album unanimement acclamé par la critique, Jenny Hval nous propose son deuxième elpee. Qui paraît sur le label indépendant new-yorkais (NDR : sis à Brooklyn, très exactement) Sacred Bones (John Carpenter, Pharmakon, Moon Duo, ...) A l’instar de la musique pratiquée par les autres groupes ou artistes hébergés au sein de cette écurie, celle de cette Norvégienne (NDR : elle est native d’Oslo) baigne au sein d’un univers sombre, personnel, mystérieux, oppressant (cet essoufflement qui tourmente « In the red »), mais original.

Le thème principal exploré tout au long de « Blood Bitch » concerne le sang. Que ce soit des histoires de vampires ou de menstruations, tout y passe. Certaines pistes pourraient servir de B.O. pour film d’épouvante. L’électro-noise de cette artiste est dominée par les claviers. Un peu dans l’esprit de Björk avec laquelle elle partage aussi de semblables capacités vocales. Si certains morceaux sont pour le moins conceptuels, d’autres adoptent un profil quasiment pop, à l’instar de Conceptual Romance » ou du plus rythmé « The Great Underssing ». Entre ces plages, elle intercale des interludes consacrés aux samples (« Untamed Region »).

Manifestement, l’expression sonore de Jenny Hval est unique en son genre. Et son style expérimental mérite une attention toute particulière. Suivant la formule consacrée, elle est à suivre de près…

 

Manitoba Hal

Live in Ghent

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Canadien, Manitoba Hal Brolung est issu de Winnipeg. Mais c’est surtout un performer et un conteur. Il brille également au ukulélé. Il aime teinter son blues de références diverses : cajun, rock, gospel, country, folk et même celtique. De son impressionnante discographie, entamée en 1997 par l’album "Flatland Cafe", on épinglera surtout l’excellent "Ukulele Bluesman", paru en 2007. Lors de sa tournée européenne, il s’est produit au Missy Sippy Blues & Roots Club, à Gand. Il a donc immortalisé ce set, accordé le 28 avril 2016, sur ce double cd. Qui réunit 24 plages. Un spectacle conséquent qui lui a permis de réaliser ce projet. Et l’illustration de la pochette reproduit de jolies vues de la belle ville flamande. Une performance unique en son genre. Et pour cause, l’artiste est quasi-seul sur l’estrade. Cette véritable force de la nature possède une voix naturellement puissante et autoritaire.

Il entame les hostilités par "Come on in my kitchen", un classique signé Robert Johnson. Belle surprise, la cover remarquable du "Way down in the hole" de Tom Waits, pour laquelle il est épaulé par un second gratteur. Dont l’identité n’est pas révélée. Manitoba Hal alterne compositions originales, comme "Atlanta Moon", et canons du blues, qu’il filtre à travers son ukulélé. A l’instar du "Baby please don't go" de Big Joe Williams, qu’il interprète d’une voix impérieuse. Mais également du "Let the Mermaids flirt with me" de Mississippi John Hurt, du  "Sweet home Chicago" de Robert Johnson auquel il imprime un tempo très alerte, du "My babe" de Willie Dixon ainsi que de la version épatante réservée au traditionnel "St James Infirmary". Il brille également tout au long de "Dancing in the moonlight"… une danse exécutée au clair de lune, au sein d’un climat propice au culte vaudou…

Et son deuxième compact disc est tout aussi intéressant. Il est entamé par le "Ain't no grave" de Johnny Cash et recèle d'autres reprises, comme le "They're red hot" de Robert Johnson, le "Somebody on your bond" de Blind Willie Johnson, le "Key to the Highway" de Big Bill Broonzy et le "My Creole Belle" de Mississippi John Hurt. Sans oublier celle de "Built for Comfort", une titre que Willie Dixon avait écrit pour Howlin' Wolf. Plus expérimental, "Dig me a grave" se distingue par des échanges entre les instruments à cordes. Et le résultat est particulièrement réussi. Les deux titres finaux sont épatants. Tout d’abord le "Who do you love" de Bo Diddley. Caractérisé par son ‘Diddley beat’, cette longue piste (10’) bénéficie d’arrangements très personnels. Puis une version inoubliable du "The thrill is gone" de BB King. Que du bonheur !

 

Kendji Girac

Ensemble (live)

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Immédiatement après avoir remporté une victoire écrasante (méritée ?) lors de la troisième saison de ‘The Voice’, Kendji Maillé (NDR : de son état-civil) a immédiatement été propulsé sur les ondes radiophoniques grâce à « Bella », un single issu d’un album paru chez Universal ! Son succès a été aussi immédiat que fulgurant !

Son second opus studio, « Ensemble », a été suivi d’une tournée qui a enregistré pas moins de 100 dates sold out.

Et c’est lors du concert accordé à Forest National, en novembre dernier, que ce périple a été immortalisé.

Le succès est-il un gage de qualité ? Pas certain. Démonstration !

La prose. D’une légèreté éhontée, les textes tombent dans une facilité affligeante. Si on peut aisément comprendre que le noyau dur de ses aficionados figure parmi les plus jeunes, doit-on pour autant les considérer comme des imbéciles ?

Les thématiques aussi. Elles baignent dans un élan dramaturgique effarant et peu à propos. On y parle de l'amour, évidemment. Mais sans la moindre crédibilité. La portée de la déclamation faite à la Madré (« Les yeux de la mama ») est certes attendrissante, mais manque singulièrement de relief. Enfin, son regard porté sur une société qui baisse les bras (« Où va le monde ? »), n’est pas davantage convaincante. Il ne s’agit que de quelques exemples parmi d’autres, au beau milieu de ce qu’on pourrait comparer à un véritable massacre…

Par contre, le jeune artiste mise sur des chansons qui font la part belle à l’humeur festive communicative. C’est chantant. Très dansant aussi.

Au total, vingt chansons dans la parfaite continuité de la carrière de l’artiste. Tout est très formaté. Sans âme ! Cette musique gypsy revisitée par des sonorités modernes ne devrait soulever l’enthousiasme (grandissant ?) qu’auprès de fans énamourés qui pourront disposer là d’un bon sujet de conversation, dans les cours de récréation…

Youri Defrance

OnGod

Écrit par

En parcourant le monde, Youri Defrance intègre dans sa musique toutes les expériences accumulées lors de ses voyages. Ce musicien français transforme ainsi sa ‘World Music’ en ‘Musique des Mondes’. S’il est originaire de Troyes, il a passé de nombreuses années en Bretagne, du côté de Brest. Il avait entamé sa carrière artistique sous le pseudo de Youri Blow, publiant même un elpee intitulé "The Corridor", en 2010. Lorsqu'il s'enferme dans son studio, c’est pour vivre seul dans son monde. Il y écrit, chante et joue d’une multitude d’instruments tant conventionnels (guitares, mandoline, percussions, violon, etc.) qu’insolites, et tout particulièrement à cordes. Et tout particulièrement issus de la Musique des Montagnes, en Mongolie, comme le Morin khuur, une espèce de violon à deux cordes, également baptisé Horsehead violin, car son manche est orné d'une tête de cheval ! Originale, sa musique emprunte autant au blues originel, à la World au classique qu’au psychédélisme. Elle reflète à la fois ses périples terrestres et spirituels. Alors bienvenue dans cette expédition initiatique à la rencontre de ce musicien visionnaire et humaniste, en quatorze plages distinctes.

"Ongod" nous entraîne au beau milieu des steppes mongoliennes. Les différents instruments produisent des sonorités étonnantes, étranges même, qui s'enchevêtrent alors que des raclements de gorge semblent émaner de l’au-delà. Empreintes de douceur, ces cordes acoustiques bercent "Spring tides" et fluctuent au gré des marées du printemps. Atmosphérique, la voix atteint son épanouissement, mais en prononçant des mots dans un langage incompréhensible. L’intro de "Wolf Tengri Totem" est relativement paisible, avant que les percus n’entrent en scène. Elles prennent le pouvoir, puis cèdent le relais aux accès du violon qui vous pénètrent littéralement. "Red Cloud" campe au cœur de cet Orient lointain. Des cordes s’élèvent autour d'une voix incantatoire qui implore. On entre en méditation. Semblant provenir d’un autre monde, ces sonorités envahissent votre inconscient. Des cordes amplifiées d'une rare beauté infiltrent "Koko". Elles se croisent, se multiplient et jaillissent par petits flots acides. Intensifiant l’activité sensorielle. Un peu comme lors d’un trip psychédélique. "Polar Circles" cherche à créer un lien entre le blues du Mississippi et le chamanisme des steppes asiatiques. La décomposition des différents éléments est complexe. Et la reconstruction est à la fois inattendue, impitoyable et improbable. Le voyage est toujours aussi intérieur. "Bad Mama" prend parfaitement ses racines dans le blues. Les accords de gratte sont sèchement plaqués. La voix est d’abord claire, mais violente. Mais Youri la refoule dans son pharynx. Avant qu’une guitare amplifiée et impétueuse, se met à délirer. Des délires entretenus par le Morin khuur tout au long d’un autre trip, baptisé "Antelope Island". "Snake Water dreaming" reflète l’esthétisme radieux d’un songe plutôt majestueux. Grisante, troublante, climatique, aventureuse, remarquable, "Makah Thunderbird" est la plus longue piste. Et son intro, abordée dans l’esprit de Jim Morrison, dans "The End", est d’une beauté à couper le souffle. Le rôle de la guitare amplifiée aux accords enfiévrés est, en outre, ici primordial. Caractérisé par le retour des voix et des différents instruments, "Tuvalakora Eagle feathers" joue en quelque sorte les prolongations. On signalera encore la présence de trois interludes, intitulés « OnGod », qui relient les différentes phases. Une œuvre achevée et d'une créativité rare.

 

Tim Cohen

Luck Man

Écrit par

Figure tutélaire de la scène indie de San Francisco, aux côtés d’autres doux allumés tels que John Dwyer (Thee Oh Sees) ou de l’insatiable Ty Segall, Tim Cohen participe lui aussi à une multitude de projets dont celui des très recommandables rockeurs psychés, The Fresh & Onlys ou autres Window Twins. L’artiste publie aujourd’hui le 4ème  chapitre de son aventure solo. « Luck Man » s’éloigne des productions réalisées au sein des différents groupes. A peine enrichie de quelques notes de piano, de discrètes interventions de trompette ou de subtiles percussions, l’enveloppe est essentiellement acoustique. De sa voix grave, Tim Cohen relate ses textes à l’humour –noir et absurde !– salutaire (l’artwork de la cover ne trompe pas… l’homme ne se prend pas au sérieux). A l’instar de « Meat is Murder » rappelant le tout aussi cool Baxter Dury, « I Need a Wife », dont l’ambiance est digne de feu Léonard Cohen, ou du judicieusement intitulé « Irony ». Le tout en affichant une attitude désinvolte qui doit autant à Adam Green qu’au légendaire artiste Canadien… qui porte le même patronyme, mais sans établir le moindre lien de famille. Entre folk (« Wall About A Window ») et psyché (« Shine »), l’Américain tisse constamment des mélodies contagieuses… Espérons simplement que Tim Cohen puisse rencontrer le même succès que ses comparses de la côté Ouest. Mais deviendra-t-il pourtant un homme chanceux ?

 

Michael Chapman

50

Écrit par

Ce folk singer anglais est originaire de Leeds. Sa musique a traversé plusieurs générations. D’une voix instantanément identifiable, enchanteresse, ce gratteur classieux avait entamé son parcours, à la fin des années 60. Dès 1967, il se produit alors dans les clubs de folk, à Londres. Et il publie son tout premier elpee, "Rainmaker", en 1969, chez Harvest.

L’an dernier il a donc célébré ses 50 années de carrière. Il est considéré comme un des artisans du développement de ce style musical insulaire, volontiers progressif, aux côtés de John Martyn et Roy Harper.

Son dernier opus est tout simplement baptisé "50". Il a souvent traversé l'Atlantique pour enregistrer. Et c’est à nouveau le cas pour ce nouveau long playing. Qui a été réalisé au sein du studio Black Dirt, sis dans l'état de New York. Lors des sessions, il a reçu le concours de Steve Gunn (NDR : il est issu de Brooklyn). A la gratte et au chant. Ce jeune musicien de folk/rock américain assure également la production. Mais aussi de la collaboration de redoutables musicos, dont le bassiste Jimy Seitang, le batteur/banjoïste/claviériste Nathan Bowles et le guitariste/pianiste James Elkington…

"Spanish incident" se distingue par son exceptionnelle richesse sonore. Forgée par le temps, la voix colle parfaitement au style folk. Elle se détache des cordes acoustiques de la sèche et du banjo au son si métallique. "Sometimes you just drive" intègre des percussions et se distingue par la présence de cordes électriques aux sonorités floydiennes, réverbérées, en arrière-plan de la trame acoustique. Chargée de réverb, cette électricité est d’une grande pureté, presque magique même, tout au long de "The Mallard". Ce doigté me rappelle le Television de Tom Verlaine ou encore Felt, un groupe anglais de rock alternatif au sein duquel militait le talentueux gratteur insulaire, Maurice Deebank. Michael et l'Anglaise Bridget St John conjuguent leurs voix en harmonie. Superbe! Une formule qu’on retrouve lors de la finale, "Navigation". Folk song, "Memphis in Winter" décrit le mal-être éprouvé dans la grande ville du Tennessee, lorsque les conditions climatiques ne prêtent guère à sourire. Au bout de quatre minutes, les cordes électriques se détachent sur fond d'orgue. Elles entretiennent alors un climat d'épouvante, digne du Louisianais Tony Joe White. Epoustouflant ! Et la compo qui suit est aussi superbe. Une ballade intitulée "The Prospector", au cours de laquelle la voix de Michael fait merveille, alors que largement amplifiée, l’intensité électrique atteint la quintessence crazyhorsienne de Neil Young. D’ailleurs, la fin de cette longue plage laisse libre cours aux débordements de plusieurs guitares qui s’enchevêtrent… "Falling from Grace" opère un retour au folk/rock traditionnel. Un titre empreint de douceur, de beauté, et parfois tellement dépouillé. Country/folk, "Money Trouble" s’illustre par son refrain accrocheur. La voix de Michael est devenue grave et posée pour attaquer "That time of night", un morceau qu’il chante en harmonie avec Bridget St John, alors que les sonorités de la gratte empruntent celles d’une pedal steel. Très jolie piste instrumentale, "Rosh Pina" nous entraîne dans un trip acide entretenu par des grattes électriques et acoustiques. Et on soulignera encore l’excellent travail de mise en forme…

Blackest Sunset

Kingdom of Sorrow

Écrit par

Autant le savoir à l’avance : Blackest Sunset a l’intention de nous balancer, mais gentiment, un pavé dans les dents. Une courte intro mystique, ponctuée de voix psalmodiées en arrière-plan, déroule assez brusquement un tapis noir pour « Kingdom of Sorrow », la plage titulaire de l’elpee. La voix puissante de Thibault Brassart, tantôt gutturale, tantôt hurlée, vient s’y poser et domine le paysage. L’air est saturé, la pression est constante, le Deathcore des Montois vous attrape par la gorge dès les premiers riffs et ne desserre jamais l’étreinte. Une mise sous étau qui nécessite dès lors plusieurs écoutes afin d’en apprécier réellement la saveur, sous peine de passer à côté d’une recherche musicale assez impressionnante pour un premier effort. En effet, Blackest Sunset use des codes du Deathcore, mais sans s’y empêtrer, en y insufflant d’autres influences musicales ; à l’instar du thrashy « This Darkest Night », « Forever Empty » ou encore « Ascension of Evil », des morceaux subtilement saupoudrés de Black Metal. Les onze pistes de cet opus vous entraînent au cœur d’un tourbillon de violence, au bout duquel, machiavéliquement bousculé, vous terminerez à bout de souffle. Pour être sincère : il ne faut pas trois plages pour comprendre où le quintet veut en venir. Mais alors que la formation pourrait, à la première écoute distraite, laisser l’impression qu’elle creuse sans cesse les mêmes sillons, les musiciens parviennent néanmoins à s’en extraire à plusieurs reprises, que ce soit par des breaks très intelligents ou par des sorties de route totalement imprévues. Un album très prometteur, où la richesse se niche définitivement dans les détails.

 

Worry Dolls

Go get gone

Écrit par

Worry Dolls est une formation britannique drivée par deux jeunes femmes : Zoe Nicol et Rosie Jones. La première se charge du banjo et de l’harmonica. La seconde de la guitare. Elles se partagent le chant. Au départ, Zoe avait était engagée comme mandoliniste et choriste. Le tandem est soutenu par un backing group. Et toute l’équipe s’est envolée vers Nashville pour mettre en boîte ce premier opus intitulé "Go get gone". Vu la musique proposée, le choix de la cité musicale de Nashville était judicieux. Les deux Dolls chantent le plus souvent en harmonie suivant des formules répétées. Les compos oscillent entre le bluegrass et la country. La plupart des plages de cet LP baignent au sein d’une douceur certaine, des ballades entretenues par une instrumentation principalement acoustique (dont bien entendu, le banjo et le violon). Pourtant "She don't live here" constitue la meilleure piste de ce long playing, alors que les accords au piano et les superbes interventions à la pedal steel entretiennent une profonde mélancolie. Et puis, lorsque les compos élèvent quelque peu le tempo, la musique prend une autre dimension. A l’instar de "Bless your heart", une plage entraînante au cours de laquelle les percus et les cordes électriques sont bien mises en exergue. Sans oublier le plus rythmé "Light Oh light, et tout particulièrement lorsque le violon entre en effervescence.

 

Les Nuits Botanique 2017 : mardi 16 mai

Pour cette sixième soirée des Nuits Botanique 2017, le soleil est au rendez-vous. Les jardins sont bondés. Il n’y a plus une place de libre sur les marches de l’escalier centrale et la file au bar ne désemplit pas. Il faut dire qu’outre ce temps estival, ce mardi soir, le festival accueille de grosses pointures comme Shannon Wright (Orangerie) et Sleadford Mods (Chapiteau). Votre serviteur a cependant opté pour un spectacle qui est loin d’être le plus populaire. Pourtant, les artistes qui vont se produire au Grand Salon ne sont pas nés de la dernière pluie. D’abord, Clément Noury a bossé en compagnie de Marc Ribot et puis quelques artistes ou groupes locaux tels que Nicolas Michaux et Joy As a Toy. Puis Esmerine est une formation canadienne au sein de laquelle militent la violoncelliste de Silver Mt.Zion, Rebecca Foon, et le percussionniste de Godspeed You Black Emperor !, Bruce Cawdron. Soit la crème de la scène post rock du pays à la fleur d’érable.  

Vers 20h, Clément Noury grimpe sur le podium, armé de sa guitare. Il est suivi de près par le Monolithe Noir qui s’installe derrière ses machines. Le Grand Salon est loin d’être comble ! Le Français (exilé à Bruxelles) va donc poser ses lignes de guitare sur des nappes sonores, dispensées par son acolyte d’un soir. Le premier morceau s’étale sur une bonne dizaine de minutes. Clément se réserve ensuite deux titres minimalistes en solitaire, à la gratte. Il faut attendre une petite demi-heure avant que les choses sérieuses ne commencent. Marti Melia (saxophone basse) et Louis Evrard (batterie & guitare) apportent alors leur concours. Dans le cadre des Nuits Botanique, les trois musiciens ont choisi de revisiter « Under the Reefs », un elpee paru en octobre dernier. Le concert prend alors une autre dimension et surtout affiche davantage de profondeur. Hypnotiques, les titres défilent. Le public est conquis. Jazzyfiants, les accords de grattes sont impeccablement soutenus par les interventions du saxophone basse qui parviennent à faire trembler les murs de la salle. Un peu avant 21h, ils vident les lieux, sous les applaudissements. Une belle entrée en matière…

Le temps de se réhydrater (NDR : on ne peut rien boire à l’intérieur de la salle…) et il est temps de rejoindre le Grand Salon pour accueillir Esmerine. Le band est venu défendre son dernier et excellent opus, « Lost Voice». La salle n’est toujours pas comble. On a donc tout le loisir de s’installer sur un tabouret afin de se laisser bercer par les cordes. Bruce Cawdron se plante derrière un marimba (sorte de long xylophone aux touches de bois qui se joue à l’aide de deux baguettes dans chaque main), à gauche de l’estrade. Et Rebecca Foon, armée de son violoncelle, de l’autre côté. Le duo est soutenu par un drummer (qui prêtera également main forte au marimba), un contrebassiste ainsi qu’un violoniste/trompettiste/guitariste. Ils sont installés en retrait. Est-il, par ailleurs nécessaire, de préciser qu’il s’agit tous d’excellents musiciens.

Le set s’ouvre par un morceau atmosphérique, au cours duquel les cordes mènent la danse. Instantanément, on ne peut que penser aux différents projets qui relèvent du label montréalais Constellation. Le groupe enchaîne alors plusieurs morceaux énergiques sur lesquels la batterie ainsi que la guitare ont davantage d’emprise. Epaulé par le drummer, Crawdon nous réserve une belle démonstration de virtuosité au marimba. Et exotiques, ces sonorités se marient parfaitement à celles, mélancoliques, du violoncelle. Ce combo canadien est passé maître dans l’art du crescendo. On se laisse transporter par ce post rock à la fois intimiste et chatoyant. Et surtout on prend le temps de l’apprécier…   

Finalement, en optant pour ce spectacle, les mélomanes n’avaient pas le droit d’être déçus. Clément Noury et Esmerine sont parfaitement parvenus à reconstruire leur univers musical, pourtant si particulier. Et ce au sein d’un vase clos, celui du Grand Salon, bien loin de toute agitation extérieure…

Clément Noury-Esmerine + Esmerine

Béber

 

 

Soirée particulièrement éclectique, ce soir, au Cirque Royal. Trois artistes à l’affiche. Tout d’abord, ShitKid, une Suédoise considérée comme une anti-pop star ou une icône de la subversion. Puis Halehan, un grand blond (sans chaussures noires), dont la voix puissante est bien mise en exergue par son habileté instrumentale. Sa technique est d’ailleurs vraiment impressionnante. Et enfin, la nouvelle sensation islandaise : Asgeir. Bref une soirée qui s’annonce ‘XXL’, au vu des artistes proposés…   

Il fait chaud au sein de l’hémicycle. Le poulailler a été condamné par un immense rideau rouge. ShitKid, aka Åsa Söderqvist, serait donc une anti-pop star, une icône de la subversion. Enfin c’est ce que racontent certains médias. Allégation fausse, respiration ou plutôt un autre moyen de rappeler que le rock était loin d’être une affaire sérieuse à ses origines ? La question mérite d’être posée. Issue de Gothenburg, cette jeune fille (NDR : elle n’a que 23 printemps) à la chevelure de jais, n’a pas froid aux yeux. Ni aux guiboles. Et pour cause, ce petit bout de femme monte sur l’estrade, vêtue d’une robe extra mini. Elle s’installe derrière ses claviers. Et entame son set par « Whyte ». Le synthé alimente une ligne de basse redondante, des percus insidieuses et des sonorités de gratte légèrement désaccordées. La voix est lancinante. Cette gonzesse est vraiment intrigante. Elle abandonne ses claviers et empoigne une guitare électrique pour interpréter le très punk/garage « 666 », un extrait de son Ep. Les cordes sont incisives. La voix semble hantée par Siouxsie Sioux. Une autre fille, mais aux cheveux blonds –très jolie par ailleurs– vient se planter derrière les claviers. Elle va également se charger des backing vocaux. Nonobstant ses accords de gratte lo fi, « Poo Brain » est un titre manifestement électro-pop. Les claviers dominent également « Oh Please Be A Cocky Cool Kid ». La voix est traitée au vocodeur. Et la rythmique synthétique est vraiment percutante. Véhiculant des accents 80’s, « I Wanna Go To L.A. » incite à esquisser un pas de danse. La voix évoque Blondie. Et la compo s’emballe en fin de parcours. Accrocheur, langoureux, son timbre colle parfaitement à « Alright », un autre morceau de rock/garage. « Sugartown » baigne au sein d’un climat hawaïen. A cause de la six cordes (NDR : Moutain Bike devrait apprécier…) Åsa dépose sa gratte sur le sol et commence à lui taper dessus. Elle (NDR : la gratte !) agonise. Après un signe de la main, les nanas s’éclipsent…(Pour les photos, c'est ici)

Halehan est également blond (NDR : et ne porte pas, non plus, de chaussures noires, mais blanches). Il est belge, mais paradoxalement, s’exprime dans la langue de Shakespeare. Hormis ses pompes, il est quand même vêtu de noir. Ce n’est pas Pierre Richard. De son véritable nom Alexandre Lambrecht, il est issu de Linkebeek, une ville flamande coincée quelque part entre Bruxelles et Waterloo. Il vient de publier « Temple Of Maia », un Ep 5 titres, en février dernier. Ses influences sont multiples et oscillent de la world à la folk (tant insulaire que yankee), en passant par la bossa nova, la pop, le psychédélisme, l’électro, le rap (Romeo Elvis ?) et le jazz. Dans son expression sonore on retrouve la mélancolie de Norah Jones voire de Chet Baker, la spontanéité de Mac deMarco et un songwriting digne de Ryan Adams.

Il grimpe d’abord seul sur l’estrade, armé de sa gratte semi-acoustique. Particulière, hantée, sa voix possède un grain qui évoque Alex Colombie (Oscar & The Wolf). A l’issue du premier morceau, il reçoit le concours d’un backing group, réunissant deux choristes, un gratteur, un bassiste et un drummer. Ils sont tous habillés de noir (NDR : décidément !) Le set va nous réserver de larges extraits de son Ep. Les choristes soutiennent parfaitement le vocal d’Alexandre. Et s’il est doué en mode guitare/voix, il faut reconnaître qu’épaulé par son team, les morceaux prennent une autre dimension. Conquis, le public applaudit chaleureusement sa prestation…(Pour les photos, c'est )

Asgeir assure donc la tête d’affiche. Agé de 21 ans, cet Islandais bénéficie du concours de son paternel, âgé de 74 balais, pour écrire les textes. Devenu incontournable, son premier elpee, « In The Silence », avait d’abord été interprété dans la langue natale, avant d’être réédité, dans celle de Shakespeare. C’est la troisième fois qu’il se produit dans le cadre des Nuits Botanique. L’artiste est venu défendre son second opus, « Afterglow », un disque qui a nécessité 3 longues années de gestation. Et qui recèle de nombreuses perles de culture. A l’instar de « Afterglow » et « Unbound », devenus de véritables hits.

L’artiste est également épaulé par un backing group ; en l’occurrence trois guitaristes/claviéristes (machines et synthés y compris) et un bassiste. Asgeir chante et se consacre à la gratte électrique. Aux machines également. Le light show est composé d’une multitude (NDR : et le mot est faible) de lampes led dont l’intensité est modulée par les percus. Magique ! Morceau de folk dépouillé, « Hærra » ouvre le concert. Il est interprété dans l’idiome local. Ce qui n’empêche pas percus et ivoires d’enrichir l’expression sonore. Une très belle pièce d’orfèvrerie ! Pendant « Here Comes The Wave In », la voix d’Asgeir monte très haut dans les aigus, alors qu’il bidouille ses machines. Le jeu de lumières devient carrément aveuglant. Et la musique est aussi jouissive que viscérale. Caractérisé par ses beats irrésistibles, les deux hits, « Afterglow » et « Unbound », vont bien sûr mettre le feu au dancefloor. Réservé, voire timoré, l’artiste parle peu entre les chansons. Il remercie parfois l’auditoire d’un timide ‘Thank You’. Pourtant, son périple électro/folk est exécuté sur des pentes accidentées, volcaniques, qui n’attendent que l’éruption finale. Précis mais puissant, son set est construit en crescendo. Et sa voix est très susceptible de faire fondre les glaciers ainsi que de réveiller les cratères. Un seul rappel. Mais quelle belle soirée ! La meilleure depuis le début de cette année pour votre serviteur… (Pour les photos, c'est ici)

Didider Deroissart

Asgeir + Halehan + ShitKid

(Organisation : Botanique)

 

 

 

Les Nuits Botanique 2017 : lundi 15 mai

Pour la cinquième Nuit Botanique, l’affiche au sein du chapiteau, est à nouveau diversifiée. Elle propose d’ailleurs Whispering Sons, Agar Agar et Magnus. On ne le répètera jamais assez, ce sont ces associations originales de styles qui créent l'attrait de ce festival. Quand on achète un ticket pour un projet connu, pour le même prix, on à l’opportunité d’en découvrir deux autres.

Malheureusement, il n’y a guère de monde, à 19h30, pour accueillir Whispering Sons. Le sacro-saint couvre-feu décrété à 22h30 provoque, pour triste effet, un 'schedule' qui commence très tôt, beaucoup trop tôt ! Vainqueur de l’édition 2016 du Humo Rock Rally, Whispering Sons mérite pourtant une attention particulière. Cette formation de post-punk est en effet en pleine ascension. Issue de Houthalen-Helchteren, dans le Limbourg, elle s’est établie depuis peu à Bruxelles, où les musiciens poursuivent pour la plupart leurs études. Sa musique s’inspire des pionniers du rock 'dark' : Sisters of Mercy, Bauhaus, Siouxsie et Chameleons, mais également d’un projet plus contemporain comme The Soft Moon, un des fers de lance du renouveau 'wave'. Sur le podium, pas de séquenceurs ou de backing tracks : ils y a cinq musicos, et c'est du 100% live ! De gauche à droite, on reconnaît Kobe à la guitare, Sander aux claviers, l'autre Sander aux 'drums pads' et à droite, le nouveau bassiste, Tur. Au devant de la scène, focalisant tous les regards, Fenne fascine par sa voix grave, sépulcrale, comme une version féminine d’Andrew Eldritch. Le visage auréolé de sa chevelure blonde, elle ondule comme une prêtresse hantée par les mélodies sombres et les musiques caverneuses. Parfois, elle éructe et entame une danse macabre, comme pour exorciser ses démons.

Dans la setlist, le combo limbourgeois privilégie les nouveaux morceaux : il y en a pas moins de quatre sur huit : « Alone », « Skin », « Hollow » et « White Noise » (NDR : merci Fenne pour cette information). Ce dernier fait très forte impression auprès des aficionados. « Performance », « Strange Identities » et surtout « Wall », probablement le titre le plus emblématique, tout comme « Insights », le titre final qui clôture le show en force sont, par contre, mieux connus. Une formation à suivre, pour celles et ceux qui ignoreraient encore, son existence… (Pour les photos, c'est ici)

En ce qui concerne Agar Agar, c'est plutôt votre serviteur qui est dans l'ignorance. En consultant le programme, on apprend qu'il s'agit d'un duo français impliquant Clara, au chant, ainsi qu’Armand aux claviers et boîtes à rythmes. Même si cette musique n'est pas ma tasse de thé, il faut reconnaître que la prestation est excellente. Le style ? De l'électro-pop aux sonorités rave issues des années '90, enrichies par des touches 'synthwave' typiquement années 80. Le recours au célèbre MS-20 de Korg et au synthé Roland explique, sans doute, cette impression. En outre, acides, les lignes de basse adoptent un son ‘early warp’. Bref, l’expression sonore lorgne manifestement vers Daniel Maloso, Black Devil Disco Club voire Ariel Pink. Encore qu’à l’écoute de « Prettiest Virgin », on ne peut s’empêcher de penser à Everything But The Girl. La voix de Clara est superbe, claire et chargée d'émotion. Sa spontanéité et son énergie font mouche. Vêtue d’une chemise large de type bûcheron et d’un jean bleu savamment déchiré, son look est plutôt relax. Le public a maintenant presque investi complètement le chapiteau. Il est sous le charme et réagit très positivement, surtout lors du final électro qu’on pourrait qualifier d’endiablé. Cette musique ne laisse pas 'hagard'... Hum... Jolie découverte, en tout cas ! (Pour les photos, c'est )

Après une dégustation de cidre, il est temps de revenir sous la tente, pour assister au concert de Magnus, la tête d'affiche. Début du millénaire, Tom Barman avait mis son dEUS, entre parenthèses pour fonder Magnus en compagnie du DJ anglais Christian Jay Bolland (CJ Bolland). Le projet compte deux elpees ainsi qu’une flopée de singles et d’Eps dans sa discographie. On apprendra lors du concert, qu’un nouveau disque est en cours de production et devrait voir le jour en septembre.

En attendant, on peut raisonnablement affirmer que Magnus a parfaitement rempli son contrat aux Nuits Botanique. Un Tom Barman, très en forme, très efficace au chant et virevoltant sur le podium, a convaincu un public enthousiaste. La musique proposée est issue du fruit d’un 'crossover', assez original, entre électro, funk, synthpop et wave, autorisant même quelques incursions dans le métal. Sur les planches, le duo est soutenu par Tim Vanhamel (guitare, chant), Joris Caluwaerts (claviers) et Christophe Claeys (batterie). 

Dans la setlist, comparable à celle réservée au concert accordé dans le cadre de l’édition 2016 du Pukkelpop, figurent « Regulate », « Catlike », « Soft Foot Shuffle », « Puppy » et bien sûr, « Singing Man ». Sur ce dernier morceau, une 'backing track' remplace malheureusement Tom Smith. Il est bien évident que la présence du chanteur des Editors aurait apporté une autre dimension à la compo ; mais en son absence, l'utilisation d'une bande-son ne peut que semer le doute : où est le live et où est le play-back ? D’ailleurs, au cours du set, le recours à d’autres bandes laisse perplexe. Une erreur, de casting, à mon humble avis.

Mais en ‘live’, la force de Magnus repose sur la gestion, magistrale, de la dynamique. Tant Barman que Bolland sont des DJ orientés electro ; donc ils sont rompus aux progressions ainsi qu’aux variations de volume et de son. Chaque titre est traduit en remix et les arrangements sont impressionnants. Parfois, le Nine Inch Nails live de la période « With Teeth » me traverse l’esprit. L'énergie et la gestuelle de Barman ne sont d'ailleurs pas sans rappeler celle de Trent Reznor.

Bref, nonobstant les réserves émises pour le recours aux supports magnétiques, cette prestation s’est révélée hypnotique, passionnante et de stature internationale. Tout en libérant un 'groove' irrésistible ! Magnus, c'est tout simplement... grand.(Pour les photos, c'est ici)

Philippe Blackmarquis

Magnus + Agar Agar + Whispering Sons


Pas de nuit belge cette année. Cependant, sur les 11 artistes ou groupes programmés ce soir, 7 sont issus du pays. Ils vont se partager les podiums des Nuits, au Botanique. Le chapiteau fait le plein. Normal, Agar Agar et Magnus sont à l’affiche. Et les autres salles seront également quasi-combles. L’Orangerie accueille Aliocha, Barbagallo, Pale Grey et Noa Moon. Une soirée qui va embrasser différents styles : la pop, le rock, le folk et l’électo. Compte rendu.

Pas grand monde pour applaudir Aliocha Schneider, un jeune auteur/compositeur/interprète (NDR : il est également comédien) né à Paris et établi au Canada. Il publiera son premier elpee, « Eleven songs », en juin prochain.

Aliocha est accompagné, en ‘live’, de son frère, Volodia, aux drums, de Christian Sean (guitare, claviers, glockenspiel) et de Tom Tartarin (basse). L’artiste puise ses racines dans le folk, l’americana et le rock (NDR : parfois même le grunge). Sa musique évoque tour à tour Bob Dylan (surtout), Elliott Smith, Nick Drake ou Scott Matthews. « Ping Pong Club » traverse les plaines du Far West. « Virtue » n’est pas une chanson d’amour. Suivant l’artiste, elle est destinée à Donald. Pas celui de Walt Disney, mais au nouveau président des Etats-Unis, le méchant Trump. Titre radiophonique, rythmé, voire dansant, « Sorry Eyes » lorgne carrément vers Beck. De délicates sonorités de glockenpiel amorcent « Crystal Plane », un morceau de folk atmosphérique qui navigue quelque part entre l’univers de Simon and Garfunkel et d’Iron & Wine. Meilleur moment du set, « Flash In The Pan » est attaqué en picking. Folk vaporeux, « Jamie » est une chanson émouvante écrite pour un ami qui traverse une mauvaise passe. Et paradoxalement, « The Start » clôt le show. Un langoureux récit électrifié du désir de liberté d’un homme, face à celle, parfaite, d’une femme émancipée…(Pour les photos, c'est ici)

De 2008 à 2012, Julien Barbagallo a assuré les drums chez Tahiti 80. Depuis, il a rejoint le groupe australien, Tame Impala. Ce Toulousain est revenu en France, le temps d’enregistrer son premier album solo, « Grand chien ». Et puis il est parti en tournée pour le défendre. L’artiste propose des ballades solitaires, dans la langue de Molière… ce qui m’incite à rejoindre la taverne, pour y déguster une bonne bière (ça rime !)… 

Pale Grey s’est largement converti à l’électro. Il vient de publier « Ghosts », un Ep 4 titres qui précède la sortie d’un futur elpee. Vu le style proposé, votre serviteur ne parvient pas à accrocher et décide de retourner au bar, en attendant le set de Noa Moon…

Il y a 3 ans, presque jour pour jour, Noa Moon foulait les planches de l’Orangerie. Pendant toute cette période, Manon a pris le temps de se consacrer à l’écriture de son second LP, « Azurite ». Dont elle va nous réserver de larges extraits, ce soir. Un album introspectif qui a reçu le concours de Daniel Offermann (Girls in Hawaii) à la mise en forme. Récemment, l’artiste aux yeux bleus avait occupé une résidence de 3 jours, au Salon de Silly. Depuis la sortie du premier album, « Let Them Talk », gravé en 2013, il ne reste plus que le drummer Fabio Zamagni au sein du line up de son backing group. Qui implique aujourd’hui, les claviéristes Laetitia Collet (NDR : elle milite également chez Dan San) et Aurélie Muller (NDR : également préposée à la basse et à la clarinette). En outre, elles assurent les chœurs.  

Armée de sa gratte semi-acoustique, Manon est habillée d’un pantalon et d’une veste de couleur noire. Son sourire est radieux. Comme le soleil qui brille tout au long de « Let It Shine », une compo pop sucrée et sautillante, dynamisée par des percus africaines.   

Retour en Baie de Somme pour « The sea ». Le sable est chaud. On s’allonge sur la plage. A l’écoute du bruit des vagues. Les embruns marins vous titillent les narines. Sur son nouvel elpee, Manon aborde régulièrement le thème de l’eau. La sirène est recouverte d’écailles et plonge au cœur de l’« Ocean ». Elle s’y berce langoureusement, alors que les harmonies vocales éthérées, conjuguées à trois voix, vous envoûtent. « Call My Name », c’est un cri du cœur. Le « Paradise » est-il à Kingston ? Imprimé sur un mid tempo, la version est plus lente que l’originale, mais elle est parfaitement reconnaissable. Pour « Azurite », Manon délaisse sa gratte. Ballade teintée de pop et de soul, « Kaleidoscope » est manifestement un hit potentiel. Electro, « Alive » est un titre plus dansant. Le public frappe dans les mains. La reprise du « Lean On » de Major Lazer aurait pu naître d’une rencontre entre Nicki Minaj et MØ. Manon s’attaque au blues à travers « Nightwalk », un morceau (NDR : dévoré par les alligators ?) qui nous entraîne dans le Delta. Place ensuite au single « Sparks », un autre titre dansant. Le concert s’achève par le plus paisible « Just A Song ». Fabio abandonne ses fûts et se consacre aux synthés, alors qu’Aurélie a opté pour la clarinette.

En rappel, « My City » est interprété comme une chorale. Les musicos de Pale Grey s’installent à droite et toutes les filles, à gauche. Et le résultat est magistral.

En se produisant dans le cadre des Nuits Botanique, Noa Moon en a profité pour célébrer la ‘release party’ de son nouvel album, « Azurite ».

Didier Deroissart

Noa Moon + Pale Grey + Barbagallo + Aliocha

Organisation : Botanique

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Les Nuits Botanique 2017 : dimanche 14 mai

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En débarquant sur le site du jardin du Botanique, on est toujours autant assourdi par les infra-basses qui se propagent depuis le chapiteau. Même que les structures métalliques des verrières se mettent à trembler. Direction la Rotonde pour assister, sans doute, à la soirée la plus barrée des Nuits. Gruppo Di Pawlowski a désormais pris congé de dEUS et a recommencé son aventure en solo. Et il vient de publier un nouvel elpee complètement déjanté…

Cocaine Piss devait assurer le supporting act, mais suite à des problèmes de santé rencontrés par un des musicos, il a dû déclarer forfait. Et c’est un combo tournaisien, Sects Tape, qui le remplace au pied levé… Il prétend appartenir à une secte religieuse. Hormis le chanteur, dont le masque est plutôt démoniaque, les autres membres portent des capirotes (NDR : ces fameux chapeaux en forme conique !), comme les disciples du Ku Klux Klan ; mais ces déguisements sont de couleur rose.

Le band a signé sur le label Rockerill qui héberge notamment La Jungle, Miss Tetanos et Petula Clarck. Et la liste est loin d’être exhaustive. Le line up réunit un chanteur (The Guru), un bassiste (The Hairy), un drummer (The Tall) ainsi que deux gratteurs (The Fat et The Skinny). A son actif, un premier elpee. Baptisé « We’re all pink inside » il est paru en février dernier et fait suite à deux Eps.

Une bande préenregistrée précède la montée sur les planches de ce clan. Et on est directement plongé dans une ambiance chamanique. Les membres de la caste sont à la fois statiques et dynamiques. Derrière ses fûts, le drummer se démène comme un beau diable. Et les cordistes s’affrontent régulièrement en duel, manche contre manche. Des percus tribales et sauvages amorcent « Commitment », alors que torturées, les cordes alimentent un climat noisy. Elles sont même carrément ravagées tout au long de « Cursed ». Un peu de temps est nécessaire, avant d’entrer dans l’univers du band. Le son est excellent. Brèves, les compos sont excitantes. On ne comprend rien ce que le chamane raconte, mais on s’en balance (NDR : KDB aurait eu une réflexion plus grivoise). Ce gourou (?) s’autorise un bain de foule et salue d’un signe de la tête la plupart des spectateurs. Assisterait-on à la réincarnation d’un dieu ? Ces frères de sang s’embrassent sur la bouche. Un grand gang bang serait-il en préparation ? Une ligne de basse ronflante écorche « Blessed », mais ce sont toujours les grattes guerrières qui ont le dernier mot. « Virgin Iceland » dérive dans le délire punk. Et les compos deviennent de plus en plus frénétiques. Les musicos quittent chacun leur tour le podium, les cordistes après avoir abandonné leur instrument sur le sol. Puis les lumières s’éteignent. Un set déroutant !(POur les photos, c'est ici)

Et la suite le sera tout autant. Bienvenue dans le monde merveilleusement décalé de Mauro Pawlowski. On ne compte plus les projets auxquels il a participé ou participe encore : depuis dEUS à Evil Superstars, en passant par Maurits Pauwels, The Groomset et Gruppo di Pawlowski, probablement le plus déjanté du lot. A ce jour, il a publié « Neutral Village », en 2014, et tout récemment, « In inhuman hands ».

Mauro grimpe sur l’estrade. Seul. D’un air ahuri, il marmonne quelques mots dans son micro. Il le jette violement au sol. Danse comme un sorcier indien. Il chante, vagit et invective la foule. Il agite une maraca. Il déambule sur les planches comme s’il entrait dans une transe chamanique (NDR : encore !) On se demande d’ailleurs ce qu’il fabrique. Mais c’est lui le catalyseur du show. En fait, il s’agit d’une mise en scène minutieusement préparée. Qui va durer plus ou moins cinq minutes. Ses musiciens le rejoignent alors sur la scène. Et immédiatement saturées, bruitistes, stridulantes les grattes entrent en distorsion. La section rythmique est particulièrement syncopée. La basse ronfle, un peu dans l’esprit des groupes de metal, alors que le drumming s’emballe. Et le tout est saupoudré d’effets électroniques aventureux, parfois envahissants. Le light show est aveuglant. La voix de Mauro devient parfois hantée, surnaturelle. Il s’éclipse régulièrement derrière le rideau sis à droite avant de réapparaître. Il se jette alors sur le sol en prononçant, à nouveau, des mots abscons.

Pendant une bonne heure, Gruppo di Pawlowski a proposé un set énigmatique, diabolique, jouissif, explosif, expérimental, chaotique, déroutant, inhabituel et donc underground. Et s’il s’est affalé –volontairement– sur les planches, il est parvenu à emprunter ces chemins de traverse, sans se casser la figure. Et c’est un fameux exploit ! (Pour les photos, c'est )

Gruppo Di Pawlowski + Sects Tape

(Organisation : Botanique)

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Les Nuits Botanique 2017 : vendredi 12 mai

Dans le cadre des Nuits Botanique 2017, Camille est venue présenter son nouvel album au Cirque Royal. Son titre ?  « Ouï ». Un mélange tonitruant. Décodage d’une partition bien ciselée.

Camille rime avec poésie. Sa force ? Des rythmes endiablés. Sa prouesse ? Tenir sur le fil la voix, le corps et les enchaînements percussifs. L’art de jouer ou de déjouer les rythmes corporels provient, sans doute, de son éducation musicale initiée très tôt par son père musicien. La percussion est inscrite à l’encre rouge sur sa peau. Omniprésente, elle ne laisse aucun répit. D’ailleurs, elle s’invite dès le premier acte.

Sur les planches, des draps recouvrent les musiciens. Le regard est aussitôt attiré par une couleur adoptée par les trois choristes, le claviériste, les deux percussionnistes et la chanteuse. Le bleu indigo inonde la scène du Cirque Royal. Selon la psychologie des couleurs, le bleu symbolise la relaxation, la détente physique et mentale. Elle procure un sentiment de sécurité et de confiance. Dans l’hindouisme, le bleu est la couleur de Krishna qui incarne l’amour et la joie divine. Sûre d’elle, Camille ose reprendre le « Blue » de Joni Mitchell. Sa voix transperce l’arène.

Peu à peu, à mesure que les morceaux s’enchaînent, les draps indigo disparaissent pour laisser la place aux musiciens. Les titres issus de son nouvel opus alimentent la première partie de son set : « Sous le sable », « Fontaine de lait », « Twix », « Nuit debout », « Je ne mâche pas mes mots » et « Langue ». Camille peut tout faire avec sa voix. Elle a l’art de transporter les mélomanes dans un autre univers. Son univers. Depuis sa plus tendre enfance, la musique a toujours été présente. Pour elle, chanter est naturel. Elle a hérité du talent de son père, lui-même chanteur. Son plaisir ? Transformer une soirée pour qu’elle devienne magique. A cappella ou à la guitare. Cette énergie, il l’a transmise à sa fille. On comprend, sans doute, l’engouement pour cette artiste hors norme. L’auditoire est conquis après chaque prestation.

La suite alterne anciennes compos (« Ilo Veyou », « Paris ») et nouvelles (« Les loups », « Fille à papa) ». Le rythme ne faiblit jamais. Les roulements de tambour invitent l’auteur-compositeur à interpréter l’un des derniers titres de son nouvel opus. « Seeds » est un hymne contre la morosité, le désespoir. Il faut continuer à lutter et semer l’espoir. Pour rappel, certains morceaux ont été écrits pendant la période des attentats de Paris.

Pour clôturer cette soirée, Camille et ses acolytes descendent dans la fosse pour une ronde, tambours battants et sous les applaudissements du public. Par cette démarche, elle s’affranchit des barrières qui cloisonnent les artistes et les mélomanes. Généreuse, elle reprend son célèbre titre « Ta douleur » et invite quelques passionnés à monter sur l’estrade, afin de chanter avec elle. Trois femmes, trois hommes. Une petite fille est hissée sur le podium par son père. Une des choristes la prend sous son aile.  L’ambiance est bon enfant. La foule est conquise.  Avant de tirer sa révérence, Camille entame une déclaration d’amour à Bruxelles, son cirque et son public ‘Bruxelles, ma belle, [..], I love you, I love you et c’est toujours royal de chanter dans ton cirque…’

La richesse des compositions de Camille l’a rendue atypique. Sa large tessiture et sa maîtrise du rythme lui permettent de s’aventurer dans des sphères harmoniques que peu d’artistes osent emprunter. Cependant, les percussions sont quelquefois envahissantes et gagneraient à être plus discrètes, si ce n’est pas encore le cas.

Le nouvel opus paraîtra ce 2 juin 2017.

Ngu Chan Tung

Camille

 

 

Deuxième jour des vingt-quatrièmes Nuits Botanique. En débarquant, il semble y avoir moins de monde que les années précédentes. De désagréables et redondantes infra basses font trembler les structures vitrées de l’institution. Direction bibliothèque pour retirer son sésame. Ce soir, à la Rotonde, Jesca Hoop (une Américaine !) assure le supporting act de The Big Moon (des Insulaires !)

Votre serviteur avait croisé Jesca en septembre dernier, lors d’un set au cours duquel elle se produisait en compagnie de Sam Beam (Iron & Wine). Le tandem avait enregistré un album intitulé « Love Letter Fire », en 2016. Même si elle s’est installée en Grande-Bretagne, Jesca Hoop fait partie des ‘New Weird Americans’. Tout comme Devendra Banhart. Un mouvement folk atypique apparu dans les années 2000 qui entend repousser le format étriqué du folk pour en enrichir la palette sonore. Une chose est sûre, que ce soit au sein d’un répertoire acoustique ou électrique, la voix particulière de Jesca met tout le monde d’accord.

Pendant les 40 minutes qui lui sont imparties, elle va nous présenter des extraits de « Memories Are Now », son sixième opus solo. Le début du set accuse un retard de quelques minutes. Elle est soutenue par un drummer, partagé entre percus organiques et électroniques, un claviériste/bassiste et un guitariste. Jesca se consacre également à la gratte et bien sûr au chant. Son déguisement bouffant de couleur noire me fait penser à une geisha.

Le concert s’ouvre par le très atmosphérique « Song Of Old ». Jesca se la joue en solo. Et « Animal Kingdom Chaotic » est tout aussi vaporeux. Manifestement, le répertoire de Jesca n’est pas destiné aux adeptes du dancefloor. « Peacemaker » nous raconte une histoire de coeur. Jesca Hoop et son guitariste interprètent « Tulip », à deux voix. Et en couches, les harmonies vocales sont superbes. Les musicos se retirent pour laisser Jesca seule sur l’estrade pour chanter « Pegasi », uniquement armée de sa gratte. Au beau milieu de la chanson, elle s’interrompt, se rendant compte, qu’elle a perdu son oreillette droite. « The Coming » est un morceau empreint de douceur. Nouvelle interruption. Pourquoi tu tousses Jesca ? Jesca raccorde sa gratte et meuble le temps en bavardant en compagnie des spectateurs. Ce qui déclenche des rires dans l’auditoire. « Memeries Are Now » clôt cette prestation qui prend enfin son envol. Un peu d’énergie au cours de ce show un peu morne. Le folk peut être génial, pourvu qu’il passionne...

The Big Moon est un ‘girl band’ qui affole les charts insulaires depuis plus d’un an. Excitant, énergique, son rock garage, contaminé par le grunge et le punk, évoque tour à tour Blondie, Girlschool, Runaways, les Ramones ou les Bangles. Ce quatuor britannique réunit la chanteuse/guitariste Juliette Jackson, la seconde gratteuse Sophie Nathann, la bassiste Celia Archer et la drummeuse/claviériste Fern Ford. A son actif, un premier Ep intitulé « The Road », gravé en 2016, et un elpee, baptisé « Love In The 4th Dimension », publié en avril dernier. Paradoxalement, le combo n’a pas encore de label. Juliette, la chanteuse/guitariste, constitue la colonne vertébrale du combo.

Dès les premiers accords du très vivifiant « Silent Movie Susie », la fosse entre en ébullition. Le climat est d’ailleurs rapidement torride. Les morceaux sont courts et hyper vitaminés. Titre étonnant pour l’époque, « Happy New Year » nous réserve une superbe harmonie à trois voix mise au service d’une très jolie mélodie.

Les gonzesses carburent à la ‘duvel’ ! Les claviers envahissent « The Road ». Pendant « Cupid », Juliette et Célia s’affrontent en duel manche contre manche et face à face. « Love In The 4th Dimension » monte dans les tours. Les sonorités de grattes saturent. Plus surprenant encore, la cover basique, voire punk, du « Beautiful Stranger » de Madonna...

Ballade, « The End » marque une pause. Un type apparemment bien imbibé dans la foule, demande le numéro de GSM à Juliette. De quoi déclencher l’hilarité chez les filles. Un peu de douceur berce « Pull The Other One » et « Something Beautiful ». « Bonfire » reprend son envol. Dans un style bien rock garage. Les filles viennent au contact du public. Et le set de s’achever par un « Sucker » chargé de testostérone. Il s’agissait de la dernière date de la tournée ; et il faut l’avouer, les nanas ont donné tout ce qu’elles avaient dans le ventre. Pour le plus grand plaisir du public...

Didier Deroissart

The Big Moon + Jesca Hoop

(Organisation : Botanique)

Les Nuits Botanique 2017 : jeudi 11 mai

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La première journée qui marque l’ouverture de l’édition 2017 des Nuits Botanique est déjà bien chargée. Ainsi DAAN remplit bien le chapiteau situé en plein cœur du parc, tandis que la nouvelle dream-pop du duo parisien Isaac Delusion fait vibrer l’Orangerie.
Mais de notre côté, nous optons pour l’intimité du Grand Salon. Si le lieu semblait propice à la chanson française intimiste d’Albin de la Simone, nous déchantons toutefois rapidement.
Arrivés il est vrai quelques minutes en retard, nous devons, comme beaucoup d’autres spectateurs, attendre quelques minutes supplémentaires à l’extérieur de la salle. Les exigences des artistes français nous surprennent souvent. Dans ce cas-ci, il était imposé de ne pénétrer dans la salle qu’à la fin de chaque titre. Pourtant une imposante porte, puis un rideau, puis encore une paroi nous séparent de l’auditoire concentré en masse devant la petite scène.
La chaleur est étouffante, et le public un peu trop massé (accroupi ou assis) devant l’artiste. (NDR : ce qui rend d’ailleurs l’exercice de notre photographe très périlleux).

Albin de la Simone est resté une bonne dizaine d’années dans l’ombre comme musicien ou parolier (pour des artistes de prestiges comme Vanessa Paradis ou Miossec). Avant de publier quatre albums studio entre 2003 et 2013. Et de revenir en 2017 pour un opus rafraîchissant baptisé « L’un de nous », décrivant de nombreuses scènes d’amour et de la vie de tous les jours.

Sur l’estrade, ce soir, l’instrumentation est assez dépouillée. Notre chanteur reste assis derrière son clavier, et ne se lève que pour se détendre les jambes (NDR : comme il ironise). Anne Millioud-Gouverneur l’accompagne au violon et parfois au chant, pendant qu’une autre souriante jeune femme, Maëva le Berre, se concentre sur son violoncelle. Sur la gauche, un percussionniste –aux interventions très minimalistes– switche parfois vers la guitare.

Plutôt discrète, la première partie du set est résolument acoustique et propose des titres comme « Mes épaules », « Il pleut dans ma bouche » ou « L’un de nous ».

Il faut attendre « La fleur de l’âge » pour que notre frontman se livre un peu plus à son auditoire. Lui expliquant comment il a été amené à écrire ce titre, après qu’une ophtalmologue lui ait signifié qu’après 45 ans, il y avait une dégringolade.

La seconde partie du set (étouffée par deux rappels) est, elle, bien plus légère voir loufoque. Les protagonistes se rapprochent de la foule, se lancent dans des compos et chorégraphies plus déjantées. En terminant même par un poème émaillé de quelques touches paillardes.

Un show bobo, agréable malgré tout, mais destiné à un public proche de celui de Vincent Delerm. De quoi, sans doute, apporter certain vent de fraîcheur à la chanson française… (Voir notre section photos ici)

Albin de la Simone 

(Organisation : Botanique)

Dans la cuisine d'Eric ...

Écrit par

Le quatrième EP de l'année pour eric in the kitchen est disponible sur bandcamp. Il fait partie du Calendar Project : un EP par mois en 2017. Celui ci est à tendance slowcore / indie rock

Vous pouvez le télécharger en cliquant ici .

 

 

 

Un trèfle à quatre feuilles pour Cloé !

Écrit par

Pour la réalisation de l’album "Entre l'infime et l'infini", Cloé du Trèfle a eu la chance d'être épaulée par les violoncellistes Thècle Joussaud et Céline Chappuis.

Les musiciens Paul Bertrand, Charlotte Maison (Sold Out), Arnaud Fleurent-Didier, Nicole Bongo Letuppe (Askani, Karavan,...), Fanny van Hammée (Faon Faon), ont également participé d'une manière ou d'une autre à cet album.

Partez à la découverte de l’univers de cette artiste hors du commun en cliquant ici .

 

Anna & Roby par Bertier !

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Bertier c’est un collectif belge né en 2014.  Des musiciens, venus de la pop, du rock ou encore du classique, qui créent des mélodies autour des mots de Pierre Dungen.

Parmi eux, du beau monde : Yan Péchin (Bashung, Brigitte Fontaine, Thiéfaine, Rachid Taha…), Gil Mortio (Joy as a Toy), Florent Le Duc (Festival Francofaune), Jean-François Assy (Daan, Yan Tiersen, Bashung, Christophe, Benjamin Schoos…)…

C’est à la photographe Lara Herbinia (également choriste dans le projet) que Bertier a demandé d’imaginer le visuel accompagnant les chansons sur scène.

Après le Dandy amoureux de la sirène Baby Lol (Dandy), opus aquatique sorti en 2015 et remarqué par la critique, voici «Anna & Roby», dédié au thème de l’air.

«Roby aime Anna, d’un amour de dingue, dans notre monde étouffant. Roby est un monte-en-l’air, un bandit so British. Anna est une petite parisienne, amoureuse de papillons et d’oiseaux»

Découvrez l'histoire d’Anna & Roby, avec le clip qui annonce un 2ème album aérien en cliquant ici . Faites le virevolter !

 

Une cérémonie plus belle que jamais !

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C É R É M O N I E raconte des histoires. Des histoires de déambulations, d’interrogations, d’amour et d’abandon.

Ses histoires, C É R É M O N I E les raconte à deux voix. L’une féminine, l’autre masculine. Deux voix qui chantent des textes écrits en français. Cette langue qui porte les membres du groupe depuis plusieurs années déjà.

Quant à la musique de C É R É M O N I E, elle forge un univers typé qui évoque à la fois New Wave, Synth Pop et Twee Pop. Un son dans lequel s’enchevêtrent et se répondent une guitare ample gorgée d’échos, des basses vibrantes et saturées et une batterie minimale et directe, parfois organique parfois synthétique.

Le premier single qui s’intitule « La Chute Des Corps » est disponible ici .

Elle (Sandor) pas !

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SANDOR est une artiste découverte aux Transmusicales. Son premier single "Rincer à l'Eau" sorti en novembre 2016 est directement repéré par les Inrockuptibles,

Elle se situe dans l'univers synthpop des années 80, mais avec une vraie touche actuelle.

Ses mélodies sont puissantes et envoûtantes. Ses textes en français ambigus et ciselés.

Elle jouera aux Nuits Botaniques > ce jeudi 11 mai : Marquee (chapiteau) de 19h30 à 20h10

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voiciun extrait de "Rincerà l'eau ".

 

Johnny Mastro

Never trust the living

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Johnny Mastrogiovanni est un chanteur/harmoniciste originaire de Long Beach, près de Los Angeles. En 1994, il avait fondé son groupe, The Mama's Boys. A partir de 1996, le combo devient résident au sein d'un des meilleurs clubs de L.A., le Babe's & Ricky's. Depuis, les Boys ont aligné de nombreux albums dont les superbes "Pinch that snake", en 2001, et "Chicken & Waffles", en 2003. Ils tournent sans arrêt et ont déjà accompli une trentaine de périples, à travers l’Europe. Leur musique se distingue par un son primaire, cru, volontairement lourd et dur. Au cours des dernières années, Johnny s'est progressivement entiché de la Nouvelle Orléans. Il vit désormais au sein de cette cité musicale. Ce dernier opus y a été immortalisé ‘live’, au sein du studio Musicshed, lors de l’été 2014. Johnny est soutenu par le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le batteur Rob Lee.

"Snake doctor" ouvre l’opus en force. Un condensé du style musical proposé par les Mama's Boys. La voix de Johnny est à la fois atmosphérique et offensive. Ecrasante, la slide de Smoke reflète une forme de mal-être, alors que la section rythmique imprime un tempo d'acier. Un coup de maître pour ouvrir les hostilités. Ce combat se poursuit tout au long de "Whiskey". Ravagée, la voix plane au-dessus d’un backing group à la fois soudé et déterminé. "Judgement day" est une plage signée par Snooky Pryor, en 1956. Lente, la version s’enfonce profondément dans le psychédélique, un trip alimenté par les cordes au bord du délire, alors que l’harmonica finit par émerger au cœur de cette aventure dantesque. Le quatuor est sur les rails et ne desserre jamais l’étreinte. Mais si le climat est généralement ténébreux, le blues sert de fil rouge. A l’instar de "Monkey man", Walking" et du flemmard "The sad night owl", la cover d’un titre méconnu de Freddie King. "Don't believe" sert d’oasis au beau milieu de cet univers sauvage ; un blues lent qui baigne dans une certaine forme de sérénité et laisse percevoir les qualités ‘roots’ de Mastro sur son instrument de poche ! L’adaptation du traditionnel "The house of the Rising Sun" est également très réussi. Elle ose une brusque accélération, favorise l’envol des solistes, avant d’en revenir au thème familier. Le titre maître est sculpté dans le boogie. Et il est de bonne facture. "Bucksnort Annie" offre une petite tranche de rock'n'roll bien saignante ! Et en finale, "Ingrid Cold" replonge au cœur de ce climat malsain, entretenu par les Mama's Boys.