Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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L'album « Reggae Veterans » remasterisé.

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« Reggae Veterans » a été enregistré au Channel One Studio et produit par le mythique label ‘Jamaïcan Midnight Rock’ entre 1980 et 1984. Cette compilation, à laquelle avait notamment participé SuperCat, U-Brown, Al Campbell, Buro Banton, Jah Thomas, Early B et Carlton Livingston, a été entièrement remastérisée. Les riddims sont interprétés par les Roots Radics,  Sly And Robbie et le Midnight Rock Crew.

Un disque sur lequel vous retrouverez les classiques du reggae jamaïcain, comme « Visit Of The King Selassie » de Early B., « Walk A Ton »  de SuperCat, « Dance Hall We Deh » de Sugar Minott et enfin « Entertainment » de Triston Palmer.

Pour le teaser, c'est ici  

https://briganterecords.bandcamp.com/album/reggae-veterans-remastered

 

 

Nevski hors de la carte…

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Nevski, c’est la première signature du label indépendant Out of Map. Le groupe vient de publier son premier Ep 4 titres, un disque enregistré et mixé par Léonard Mule au Studio du Poisson Barbu de Paris. Pratiquant une pop très bien ficelée, la formation réunit Rodolphe Binot (guitare, piano, voix), Quentin Leclère (guitare, voix), Simon Barret (drums) et Léonard Mule (basse). Les compos sont signées par les deux vocalistes.

Tracklisting

« En Angleterre »
« Alligator »
« Les Rives De La Volga »
« Le Jardin ». 

https://soundcloud.com/nevskitheband/alligator

https://nevski.bandcamp.com/track/alligator

https://instagram.com/nevskitheband/

https://www.youtube.com/watch?v=8t5cNOYIqqQ

 

 

3 000 € pour la lutte contre le cancer du sein !

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Le Hard Rock Café a récolté 3 000 €, le 30 octobre dernier, lors du concert accordé par Beverly Jo Scott et Natalie, au Théâtre du Vaudevillle de Bruxelles, montant qui a été remis à Pink Ribbons, association qui lutte contre le cancer du sein.

Pour voir les photos de cette soirée, c’est ici 

 

 

Of Monsters And Men

En cherchant à s’infiltrer, à travers les méandres de nos âmes…

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En dépit des événements qui secouent le monde actuellement, Of Monsters and Men a accepté de se produire dans l’arène de Forest National, ce dimanche 15 novembre. Après avoir transité par Rock Werchter cet été, la jeune formation indie folk est venue défendre les compos de son deuxième album. Un disque intitulé « Beneath the Skin ». Malgré une sécurité renforcée par une présence policière à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, la tension était, néanmoins, palpable. La salle n’est pas comble, elle est remplie aux deux tiers. Ce qui n’a pas empêché le groupe de conquérir l’auditoire en douceur.

La première partie est assurée par un autre band islandais, dont les membres semblent du même âge que la tête d’affiche. Pendant quarante-cinq minutes, Mammút s’est approprié la scène et a enflammé une partie de l’auditoire. Le temps a paru long pour certains, se demandant si les héros de cette soirée n’avaient pas disparu dans les abysses des coulisses. (Voir section photos ici)

Puis, discrètement, les projecteurs diffusent une lumière tamisée sur le plateau. Les quatre lettres ‘M’ aux couleurs du drapeau français s’illuminent. Le message est clair. Les neuf musicos veulent rendre hommage aux victimes parisiennes. Le set commence par un angoissant « A Thousand Eyes ». Le timbre de voix plus aigu de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir se marie délicatement à celui plus grave de Ragnar ‘Raggi’ Þórhallsson, les deux principaux chanteurs du combo. La première chanson s'appuie sur une présence massive du tambour et de la grosse caisse. Une bonne partie du public est secouée par ce premier titre.

La suite s'annonce plus allègre, même si certaines compos s’avèrent plus mélancoliques, à l'instar de "Empire", présenté il y a quelques semaines lors du show américain d'Ellen DeGeneres ou de « Slow life ». Il faut dire que la troupe a enregistré son deuxième opus chez elle, dans son fief natal ; mais également en Californie, dans les locaux de l’Eldorado Recording Studios. Nanna et Ragnar ont préféré prendre leur temps pour écrire leurs nouvelles chansons. La célébrité soudaine construite autour de leur premier LP ne leur a laissé aucun répit. Les tournées se sont enchaînées sans relâche. On comprend mieux la raison pour laquelle les musiciens sont repartis chez eux, près des leurs, dans leur île natale, afin de retrouver de l'amour, beaucoup d’inspiration et du calme. Une accalmie après la tempête, en somme.

Le public est conquis et tout doucement, les artistes sentent que la tension a disparu. Ils arborent des sourires, échangent quelques regards entre eux et demandent à l’auditoire de chanter à l’unisson. Les extraits de leurs précédents elpees comme « King and Lionheart », « Mountain sound » et « Lakehouse » côtoient les nouveaux titres tels que « Black Water », « Human », « I Of The Storm », « Backyard », « Crystals », « Wolves  Without Teeth » ou « Hunger ». D’un morceau à l’autre, la guitare électrique et acoustique, le glockenspiel, le tambour et la batterie se partagent des interludes musicaux plus sombres et parfois plus solennels. Parfois on se demande, si le groupe n’essaie pas de s’infiltrer, à travers les méandres de nos âmes… Malgré le spleen de leurs compos, l’assistance est sous le charme, subjuguée par les voix angéliques des deux interprètes.

La fin de parcours se révèle plus optimiste, surtout grâce au concours de la trompette, du trombone et de l’accordéon. Le refrain notoire de leur tube planétaire, « Little Talks », est chanté en chœur en compagnie de la foule. La chanteuse Nanna déambule sur l’estrade, poussé par un désir irrésistible de partager sa joie sur le podium. Cependant, avant de conclure ce concert, les deux acolytes, touchés par l’épisode parisien, délivrent un message de paix à travers les trois derniers fragments musicaux intitulés « Organs », « Dirty Paws » et « We Sink ».

Of Monsters and Men est un groupe talentueux qui a mûri au fil du temps. L’insoutenable légèreté du premier opus, symbolisé par une jeunesse insouciante, a laissé la place à une gravité de la réalité, tout au long de son dernier elpee…  (Voir aussi notre section photos )

Setlist : A Thousand Eyes – Empire – King and Lionheart – Black Water – Mountain Sound – Slow life – Human – Backyard – Crystals – Hunger – Little Talks – Six weeks – Organs – Dirty Paws – We Sink.

(Organisation : Live Nation)


 

 

 

 

Une petite pirouette et puis s'en va !

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Vickie Chérie et Leo Bear Creek des Pirouettes reviennent avec un nouveau single Je nous vois et sa face B Soleil Rare, deux titres qui apparaîtront sur leur premier album prévu pour 2016. On retrouve dans Je nous vois et Soleil Rare, la grâce mélodique du duo. The Pirouettes poursuivent leurs explorations synthétiques dans une veine pop toujours élégante et moderne. Après Je nous vois, voici le clip de Soleil Rare, réalisé par Victor Poullain.

Le morceau Soleil Rare est à télécharger gratuitement sur le site officiel de The Pirouettes. Cliquez ici !

 

Simple Minds

Un enfer pavé de bonnes intentions…

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Simple Minds se produit presque chaque année, en Belgique. Et en 2015, il est programmé pour le 14 novembre, à Forest National. Le groupe écossais y transite, dans le cadre de sa tournée ‘Big tour music’. Et demain, elle s’arrêtera au Lotto Arena d’Anvers. Le concert est bien sûr sold out. Et les abords de la salle sont bien quadrillés par les forces de l’ordre. De quoi rassurer une foule encore traumatisée par les événements tragiques qui se sont déroulés à Paris, la veille, et notamment au Bataclan. Une fouille est exécutée à l’entrée, et le public se plie de bonne grâce à ces désagréments.

« Theme For Great Cities » a été choisi pour introduire le show. Il est 20h15 et il est décrété une minute de silence en hommage aux victimes de la veille. Les cinq musiciens et les deux choristes s'avancent ensuite en ligne, d’un pas solennel. Ils sont émus. Jim nous salue. Il est applaudi chaleureusement par un auditoire qui ne fait qu'un avec les artistes. Jim prend la parole : 'En général, c’est cool d’être chanteur dans un groupe de rock, mais parfois c’est très difficile quand comme ce soir on doit s’exprimer et qu’on ne trouve pas les mots… Je vous demande de respecter une minute de silence pour tous ceux qui ont perdu la vie hier à Paris, et après nous jouerons !' Un drapeau français est affiché sur les deux 2 écrans placés derrière le combo.

Les musiciens originels ont vieilli physiquement et en particulier le chanteur Jim Kerr, le guitariste Charlie Burchill et le drummer Mel Gaynor. Le bassiste Ged Grimes, également (NDR : il est né au début des 60’s, mais n’a intégré le band qu’en 2010). Le line up est complété par le claviériste Andy Gillepsie, la choriste/claviériste/guitariste Catherine Anne Davies, et à partir de la deuxième partie du set, la très jolie Sarah Brown.

Pas de supporting act. Le spectacle est divisé en deux parties. La set list réunit 28 morceaux. Quatorze pour la première, onze pour la deuxième, sans oublier les trois titres du rappel. Et un entracte de 15 minutes sépare les deux premiers actes, d’une durée de 75 minutes chacun. La part belle est faite au dernier elpee, « Big Music », sorti l'an dernier.

Jim déambule sur l’estrade de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, pour ne pas froisser les partis politiques…), au bord du podium, élevant toujours son micro de manière aussi caractéristique. Il va au contact des premiers rangs pour donner et partager sa musique. Il s’accroupit régulièrement, fait le grand écart ou s’agenouille, suivant un même rituel. Pas besoin de lever les mains, la foule applaudit chaleureusement le premier hit : « Waterfront ». Les cordes de guitare sont étincelantes et les claviers généreux, tout au long de cette chanson ténébreuse. Pendant « Up on the Catwalk », des spots de couleur jaune balaient la scène. Par rapport à la version originale (NDR : parue en 1984), la nouvelle est enrichie de claviers particulièrement electro. Le light show passe au bleu et au rose pour « See The Lights » (« Real Life »), une compo plus paisible balisée par le tandem basse/guitare. Placée sur une petite estrade, Catherine Anne Davies a les cheveux roux. Elle est vêtue d’une robe fuschia scintillante et de bas collants verts. Elle a empoigné sa gratte électro-acoustique et se réserve le chant. Sa voix est puissante, mais ne manque pas de charme. Jim en profite pour changer de costume, en coulisses. Dans la foulée, Charlie, lui, troque sa gratte acajou pour une autre de couleur blanche. Et elle adopte des sonorités davantage funkysantes. Le light show déborde du podium et balaie la salle. Une adaptation écourtée de « Promised You a Miracle » (« New Gold Dream ») plus tard, les spectateurs ont de plus en plus de fourmis dans les jambes. Pendant « Mandela day » (« Street Fighting Years »), qui rend hommage à feu Nelson Mandela, Jim tourne son micro vers l’auditoire qui reprend les paroles en chœur. Le chanteur affiche alors un large sourire…

Le premier volet du concert s’achève par  « Don't You (Forget About Me) ». Pour meubler l’entracte, Mr. Kerr nous conseille d'aller goûter des chocolats.

Un petit medley (« Five to One / Book Of Brilliant Things ») annonce le retour de S.M. Catherine s’y consacre aux claviers. A la fin du pot-pourri, Jim remonte sur l’estrade. Il a enfilé sa veste écossaise en tweed. Le combo nous réserve une reprise des Doors : « Five To One ». Bouleversant ! Compo mythique, « Someone Somewhere in Summertime » est un véritable brûlot en ‘live’. Et pourtant, l’enfer y est pavé de bonnes intentions. Surtout celles au cours desquelles Simple Minds et le public entrent en communion. Il ne faut pas oublier que c’est en Belgique que la formation a récolté ses premiers succès. Ravi, Jim lâche un ‘Fucking Forest National’. Ce qui reflète la magie du show vécu ce soir. Jamais l’intensité n’a faibli. Faut dire que le public était chaud boulette…

La pression retombe d’un cran pour « All the Things She Said », un titre remarquablement enrichi par les chœurs. « Let It All Come Down » termine le deuxième acte. Jim remercie longuement l’auditoire.

En rappel, « Big Music » amorce le débarquement des pompiers. Micro placé bien haut devant lui, Jim invite tout simplement la foule à le suivre, une dernière fois. « Sanctify Yourself » clôt ce très chouette concert. Mais en sortant de Forest National, on ne peut s’empêcher de penser aux victimes du Bataclan…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

 

Bianca Casady

Un spectacle de transformistes, mais pas seulement…

Écrit par

La moitié féminine et tête pensante du duo infernal américain CocoRosie s'offre une parenthèse en solo lors d’un spectacle original et atypique, mêlant musique et performance scénique dont toute l'attention va se focaliser, tout au long du show, sur un danseur talentueux. Le spectacle est prévu pour 20 heures. Il accuse 15 minutes de retard ; le temps de laisser les retardataires, coincés dans les embouteillages, parvenir à destination. Il a fallu 75 minutes entre Halle et Bruxelles, au lieu des 45 nécessaires en temps normal, pour que votre serviteur atteigne la capitale. Faut dire que le match de football entre les Diables Rouges et l’Italie était également programmé au stade Roi Baudouin. D’ailleurs en début de concert, l’Orangerie est à moitié pleine (NDR : ou vide selon…)

Une immense toile est tirée devant le podium. Elle le dissimule. D’autres –et on ne le verra que plus tard– sont tendues sur cette estrade. Y sont reproduits des clowns d’une autre époque. Tout un décor destiné à entretenir un climat de mystère. Torse nu, un homme vient se planter à l’extrême droite de l’estrade. Il se ventile la tête à l’aide d’une aile d'oiseau. C’est lui le fameux danseur. Son nom ? Biño Sauitzvyi. Il va successivement se transformer en clown, en cheval échappé d'un théâtre Nô japonais, en ballerine déglinguée, en disciple du butō nippon (NDR : une danse avant-gardiste, underground, imaginée par le Japonais Tatsumi Hijikata, dès 1959), en Pierrot néo-romantique (NDR : pensez au « Scary Monsters » de Bowie), en Joker (‘Batman’) ou encore en esprit d’Halloween (NDR : rappelez vous la série d’épouvante, ‘Scary Movie’).

A gauche, un piano à queue a été installé. Il est destiné à Bianca ou à Jean-Marc Ruellan. A côté de cet instru, on remarque la présence de petits amplis vox et de machines. Un matos destiné à passer la voix de Casady au vocodeur. Elle est vêtue d’une chemise de nuit surannée et porte un bonnet, surmonté d’un chapeau melon de couleur noire. Le line up est complété par Michal Skoda (drums), Takuya Nakamura (synthés, trompette, basse) et Doug Wieselman (Antony And The Johnson). Elégant dans son smoking, ce dernier assure les backing vocaux, la guitare, la flûte traversière et les cuivres (clarinette, sax alto, baryton et soprano). Au bout de trois morceaux, l’équipe est rejointe par la choriste, vocaliste et performeuse, Laerke Grontved, accoutrée comme Charlie Chaplin, dans ses films muets. Tout ce petit monde constitue le backing group de Bianca, The C.I.A.

Cocktail subtil de jazz, blues, électro et hard rock, la musique est expérimentale. Elle est hantée à la fois par Berthold Brecht, Tom Waits voire Frank Zappa. Et devrait alimenter les compos de son futur album, dont la sortie est prévue pour 2016.

Bianca chante, slamme ou récite des textes tout en triturant les cordes d’un violon. Elle semble mal à l’aise dans ses frusques. Des images de personnages aux visages blancs défilent sur la tenture, en avant-plan. On dirait qu’elles ont été tournées dans un cimetière. A moins que ce ne soit depuis l’enfer. Le danseur se métamorphose régulièrement ; mais discrètement. Dos au public, il devient une shiva masquée. En remuant les épaules, une déesse. Avant que la toile tombe, il s’est à nouveau transformé. Il grimpe sur un tabouret, puis se jette au sol ; et tel une poupée désarticulée rebondit alors que ses gestes épousent le tempo imprimé par les cuivres, dont une trompette équipée d'une sourdine. On souffre pour lui. Pourtant, malgré ses mouvements apparemment incontrôlés, sa chorégraphie est étudiée. Marlène Dietrich s’est réincarnée en Bianca. A la fois fasciné et stupéfait, j’entre progressivement dans ce ‘cabaret’ surréaliste.

Takuya et Doug sont de fameux musicos ; ils changent d’ailleurs constamment d’instruments, sans la moindre difficulté. La voix de Bianca devient diaphonique, une technique adoptée régulièrement chez les Tibétains. Faut dire qu’elle est fascinée par l’Asie. De temps à autre, elle se plante au milieu du podium, pour permettre à Biño d’opter pour un autre look, tranquillement, dans son coin. On entre alors dans un climat cauchemardesque entretenu par une forme de cacophonie, au cours de laquelle l’expression sonore s’emballe. Bianca s'est à son tour changée. En fait, elle a enlevé sa chemise de nuit, pour laisser apparaître un corps moulé dans un collant noir, sur lequel elle a enfilé un calbute trop large, digne du caricaturiste Reiser. Si elle a conservé le chapeau melon sur le crâne, elle a placé une chaîne à grosses mailles autour de son cou, au bout de laquelle est fixée une corde de chanvre. La musique vire alors à l'électro et au hip hop. Un piano désaccordé, un sax baryton et une trompette soutiennent les évolutions de Biño. Devenu funambule masqué et coiffé d’un haut-de-forme, il garde l’équilibre sur un fil imaginaire, en s’aidant d’un vieux parapluie tout déglingué.

Biño nous invite ensuite à Munich. A la fête de la bière. Mais, malgré ses couettes rousses, il ne va pas pasticher le 'Frida Oum papa' d’Annie Cordy. En fait il ressemble plutôt à un épouvantail, abandonné dans au milieu d'un champ de petits pois. D’une durée de 70 minutes, le show est ininterrompu. Attentif, mais interloqué, le public n'applaudit pas. Il apprécie le show, mais ne veut pas en perdre une goutte. En fin de parcours, Bianca Casady présente sa troupe qui est chaleureusement acclamée.

Franchement, je ne m’attendais pas à un tel spectacle. On a vécu un mix entre musique, cinéma (NDR : muet ou sonore, mais datant du début du XXème siècle), théâtre, comédie musicale et transformisme. Et je dois avouer qu’il m’a franchement subjugué. Après un petit rappel, on peut vider les lieux, des petites étoiles plein les yeux.

Mais en sortant du Bota, c’est la douche froide. On apprend ce qui s’est produit à Paris. Et tout particulièrement au Bataclan, lors du concert accordé par Eagles Of Death Metal. Il y a encore des barbares qui au nom d’une religion, se permettent d’assassiner gratuitement des êtres humains. Et notamment des passionnés de musique sans défense. On se croirait revenu au Moyen-âge…

En rédigeant ce compte-rendu, j’ai aussi voulu ne pas oublier les familles éprouvées par ces drames. Je leur adresse donc une pensée émue…

(Organisation : Botanique)

Festival inRocKs Philips 2015 : jeudi 12 novembre

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Le trajet entre Mons et Tourcoing ne nécessite, en général qu’une heure de route. Néanmoins, transiter par Lille pour se rendre au Grand Mix n’est jamais une bonne idée ; et votre serviteur est pourtant tombé dans le piège. Lorsque le périphérique est engorgé, il faut prendre son mal en patience. En outre, il faut reconnaître que la signalisation relative aux déviations, suite aux travaux, est absolument catastrophique. Si vous avez le malheur de manquer une bretelle, vous vous retrouvez en pleine agglomération ou alors carrément dans la nature...

Ce qui explique pourquoi, il ne m’a pas été possible d’assister au set Bo Ningen. En débarquant au Grand Mix, la formation japonaise venait de le terminer… 

A peine le temps de s’hydrater, et Wolf Alice monte sur l’estrade. Un groupe britannique au style très particulier. Le son est clairement rock mais la voix de la très charmante Ellie colle plutôt à la pop. Si on souhaite définir le genre, il faut donc plutôt parler de rock alternatif. Les Anglais libèrent énormément d’énergie en ‘live’. Dans ce domaine, on ne peut pas leur reprocher grand-chose. Néanmoins, les compositions sont très brouillonnes et il est difficile de distinguer une mélodie de l’autre. Ce qui explique pourquoi toutes les compos se ressemblent. Dans ce contexte, l’ennui guette… Seul l’excellent gratteur Joff Oddie sauvera l’ensemble du naufrage de la prestation de son band.

Après seulement 35 minutes sur les planches, le combo se retire et cède le relais à The Districts. Immédiatement, on tombe sous le charme de la voix du chanteur de ce band yankee. Elle (NDR : la voix !) a un potentiel impressionnant et il (NDR : le chanteur) s’en sert assez bien. Le hic procède du manque de constance entre les morceaux. Certains sont excellents, mais d’autres sont totalement anecdotiques, ne permettant pas au concert de prendre son rythme de croisière. Il va cependant s’achever sur une bonne note. Grâce à l’épatant « Young Blood la foule pendant plus de dix minutes, s’autorisant un pont mémorable à la mi-parcours. Votre serviteur reste néanmoins légèrement sur sa faim. Peut-on vraiment parler de bon concert, si seul la moitié des morceaux valent la peine ?

Place ensuite à la curiosité de la soirée. Qui prend place sur l’estrade, une demi-heure plus tard. Fat White Family jouit d’une réputation de band insolent et un peu dingue. Et pourtant, il va nous réserver une parodie de spectacle. Considéré parfois comme le dernier groupe de vrai punk, il grimpe sur le podium dans un état d’ébriété déplorable. Certes, il est 22h30 ; mais ce n’est pas une excuse. Le chanteur, qui s’est forgé une réputation de personnage excentrique, va passer l’entièreté de son temps à réquisitionner les bières des spectateurs, les enfilant presque cul sec. Le bilan n’est pas brillant… Après moins de 25 minutes de titres pourtant très bons, le combo anglais vide les lieux. Et les assistants sont clairs : les musicos ne reviendront pas. Pas besoin d’aller chercher une raison très loin. Lias Saoudi, le vocaliste, est trop saoul pour continuer. Et d’autres membres du groupe sont dans le même état. Ce manque de respect à l’égard du public est inacceptable. C’est, certes, l’image que veut se forger le groupe mais il ne faut pas abuser. La foule qui s’est déplacée en attendait davantage…

C’est donc avec une grande déception que je reprends la route vers Mons. Le Festival les inRocKs Philips n’est pas une réussite, ce jeudi soir, à Tourcoing. Wolf Alice et The Districts se sont débrouillés plus ou moins correctement ; mais s’il persiste dans cette voie, Fat White Family risque bien de se voir fermer les portes de la France et peut-être même de l’Europe entière…

(Organisation : Inrocks + Grand Mix)

Indochine remet le couvert !

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Le 26 juin 2010, Indochine entrait dans l’histoire en étant le premier groupe français à remplir le stade de France. 4 ans plus tard, le groupe réitère cet exploit avec cette fois-ci deux shows exceptionnels, les 27 et 28 juin 2014  les Black City Concerts. 

57 semi-remorques qui achemineront les décors et la technique, plus de 700 techniciens mobilisés, 550 m² d'écrans, 450 m² de surface mapping et 25 000 Watt de puissance de son. Sans oublier une scène inédite de 80 m de large et pénétrant sur la pelouse sur 50 m, ainsi qu’une cascade d'effets spéciaux et inédits.

Filmés les deux soirs, de jour, de nuit, sous la pluie, une scène en forme de ville du futur et qui prend vie petit à petit,  un dispositif de caméras innovant, intime sur scène et dans le public ou spectaculaire avec une spider cam traversant tout le stade, les black city concerts c’est 2H30 de show, agrémentés de menu interactifs, un making of inédit qui font de ces 2 concerts la clôture en apothéose d’une tournée de plus de 80 dates devant plus de 800 000 spectateurs.

« Avec le public que l'on a et ce qui s'est passé lors de notre premier stade en 2010, alors oui, on peut rendre des concerts dans un stade incroyablement forts et émouvants. Que l'on soit sur la pelouse derrière devant près ou loin, le public entier du stade sera en communion » a déclaré Nicola Sirkis.

Formats disponibles : 2CD / 2DVD / 1BLU RAY / 4LP / BOX DELUXE

Cliquez ici pour découvrir le teaser!

 

 

 

Loud evenings

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Le LOUD Program est un dispositif d'accompagnement dédié au secteur métal/rock dur sous toutes ses formes. A l'issue d'une sélection, 4 groupes ont été retenus par les équipes de programmation de salles du réseau Club Plasma : Silence is the Enemy pour l'Alhambra, Thorax pour le Magasin 4, Electric)noise(Machine pour l'Atelier Rock et Wolves Scream pour l'Entrepôt.

Pour déterminer les différents aspects à travailler en résidence, des rencontres ont ensuite été organisées entre les programmateurs et les groupes retenus. Ceux-ci vont à présent se frotter aux équipes des salles durant 2 à 3 jours en vue d'améliorer les aspects techniques et scéniques de leurs sets live.


Nous vous invitons à venir vous-même juger de leur travail lors des LOUD Evenings, une série de concerts qui vous permettra de découvrir chaque groupe sur la scène de la salle qui lui a ouvert ses portes !

 

13/11 - Silence is the Enemy (+ Leeway) @ Alhambra, Mons
18/11 - Thorax (+ Zu et Mette Rasmussen / Pak Yan Lau Duo) @ Magasin 4, Bruxelles
20/11 - Electric)noise(Machine (+ Firedown) @ Atelier Rock, Huy
21/11 - Wolves Scream (+ Suasion et Prelude to Disaster) @ L'Entrepôt, Arlon

 

Et pour retrouver les 4 groupes sur scène lors d'une soirée commune, rendez-vous le 19/12 au Botanique pour le LOUD FEST !

Plus d'infos en cliquant ici !

IAMX

La résurrection du petit prince de l’électro/rock...

Chris Corner, alias IAMX, a failli mourir. A cause d’une grave dépression, dont il a souffert il y a un an et demi et qui aurait pu l’emporter. Le musicien anglais, surtout connu du grand public pour son hit ‘Spit It Out’, a subi le contrecoup de longues années de tournée et d'un style de vie très ‘rock'n roll’. Heureusement, après une thérapie et un suivi médical, il est parvenu à remonter la pente, s'est installé à Los Angeles et s'est remis à composer. Aujourd'hui, il est de retour à l'AB de Bruxelles pour présenter son (excellent) nouvel album, ‘Metanoia’. Votre serviteur le suit à la trace depuis ses débuts, il y a dix ans ; aussi il n’a pas hésité de répondre par l’affirmative, quand on lui a demandé d’interviewer le petit prince de l'électro-rock.

Le premier sujet de l'entretien concerne bien entendu son nouvel opus. Chris nous confie qu'il s'agit sans doute de sa production la plus honnête, la plus spontanée. « J'ai voulu parler de la période difficile que j'ai traversée et des expériences vécues. Ce qui explique pourquoi ‘Metanoia’ est très intime, très proche de ce que je suis au fond de moi. Dans la production également, j'ai recherché l'authenticité, la simplicité. C'est juste un homme avec un ordinateur, dans une pièce. »

Manifestement, il a voulu retourner aux sources de son art, aux racines de son inspiration. Ce qui n’a pas été apparemment facile. Au point qu'il a même envisagé d'arrêter sa carrière. « Durant la période la plus difficile, je vivais comme un reclus. Je ne voyais même plus mes amis. J'avais cessé de créer parce que je croyais que mon art était devenu mon ennemi et qu'il me détruisait aussi bien psychologiquement qu’émotionnellement. C'était une charge trop lourde à porter. Je me suis posé la question de savoir si je voulais continuer à faire de la musique. Il a fallu un certain temps pour retrouver le goût, et pour réaliser qu’elle ne me faisait pas souffrir ; mais au contraire, me nourrissait. »

Dans ce processus de revalidation, le support des aficionados a joué un rôle prépondérant. « En effet ! J'ai commencé à parler de mon évolution sur un blog et je me suis rendu compte de leur support inconditionnel. C'est ce qui m'a rendu confiance pour revenir. » Le passage à vide lui a également permis de se replonger dans les disques qu'il écoutait lorsqu’il était jeune. Et l'artiste qu'il désigne comme son ‘idole’ et sa source d'inspiration majeure, c'est David Sylvian, le leader de feu le mythique Japan, dont l’aventure en solo est aussi discrète qu'attachante. « C'est mon oncle qui m’a fait découvrir Sylvian », poursuit Corner. « Il m'endoctrinait véritablement, dans le bon sens du terme. Il écoutait aussi beaucoup de musique minimaliste, comme Philip Glass et Steve Reich. Je l’avais négligée depuis longtemps, parce que j'étais concentré sur mes productions ; et, d'une certaine manière, celle des autres me faisait peur, sans savoir pourquoi. L'an dernier, j'ai senti le besoin de me replonger dans celle de ma jeunesse. »

L’elpee le plus notoire de David Sylvian est incontestablement ‘Brilliant Trees’ ; mais c'est surtout ‘Secrets of the Beehive’ qui a séduit Corner. Etonnant, mais il aimait également Frankie Goes To Hollywood. Ainsi, sa sœur lui avait offert le simple ‘Relax’, dans les années 80. Il ne peut s'empêcher de s'esclaffer en évoquant ce souvenir. Je lui confie comprendre cette influence, surtout à la lumière de certaines chansons très ‘hot’, qu'il composera plus tard, pour IAMX. 

Mais c'est bien entendu David Sylvian qui a déclenché en lui le souhait de devenir musicien professionnel. « Il m’a aussi incité à ne pas me laisser entraîner au sein du créneau commercial. Il m'a insufflé énormément de confiance pour rester en dehors de la pop. Voir quelqu'un comme lui construire une carrière en se limitant à la musique très alternative, a été un stimulant. Flood est également quelqu’un qui m’a marqué. Regarder sa manière de travailler a eu une grande influence sur ma création et mon développement dans la production. Il a mis en forme de nombreux chefs-d'oeuvre. On a eu l’occasion très tôt de bosser ensemble, sur le premier album Sneaker Pimps. Il était capable de réaliser des tas de choses différentes. Ce qui m'a incité à devenir un producteur et un artiste solo, en essayant d'acquérir toutes les compétences nécessaires pour concevoir un disque. » 

Picasso a dit : ‘Les artistes médiocres copient, mais les vrais artistes volent’. Cette phrase, à laquelle je recours régulièrement pour faire réagir les artistes, trouve un écho positif auprès de Corner. « Voler, nous le faisons tous. En musique, surtout dans le genre que je pratique, tout a déjà été fait. Mais une bonne musique, c'est toujours un reflet de l'unicité de l'individu. Si vous pouvez emprunter quelque chose qui existe et parvenir à le faire sonner comme vous le souhaitez, alors le résultat sera toujours unique. La seule chose unique dont nous disposons, c'est l'individu et sa singularité. Donc, c'est explorer l'individu qui est intéressant. Si vous n'avez rien à dire, on le ressentira dans votre création. Par contre, si vous avez cette personnalité unique, vous pourrez créer le rock'n’roll le plus simple possible, il sonnera bien et aura une âme. »

En effet, quand on écoute IAMX, on identifie de nombreuses références : d’un point de vue musical, Depeche Mode, Placebo, Ladytron, Interpol, Radiohead en sont certainement des majeures ; et en ‘live’ Prince, Bowie, T.-Rex, mais également bien d'autres sont très susceptibles de vous traverser l’esprit ; cependant, toutes ces influences sont transcendées par la personnalité unique du musicien, rendant le tout foncièrement original. 

Pour réaliser ‘Metanoia’, Chris Corner a eu recours au financement participatif, via pledgemusic.com. Depuis le début de sa carrière, il est parvenu à développer un lien particulier, très émotionnel, avec ses fans. Grâce à l'appel aux fonds, ces derniers ont la possibilité de précommander ses œuvres sous différents formats : du simple compact disc au package complet incluant CD et LP signé, mention sur la pochette, meet-and-greet en compagnie de l'artiste. On peut même lui proposer de produire un de ses propres morceaux ou de tourner un clip vidéo. Une approche novatrice mais indispensable si on veut survivre aujourd'hui. « Quand on a la chance d'avoir une longue relation et un grand soutien de ses fans, la transparence est toujours la meilleure approche. Il faut avouer qu’on ne pourrait pas enregistrer un album si on n’était pas financé. Il est devenu impossible de faire de la musique sans soutien. C'est la vérité. Et ils savent qu'on ne le fait pas pour le fric. On n'est pas des accros à la notoriété. On n’est pas intéressé de devenir riche et célèbre ! En plus, la relation avec eux est tellement gratifiante ; c'est une communication très pure et très profonde. Il est difficile de connaître ce type de relations dans la vie normale. Donc, je suis très privilégié de bénéficier d’une telle situation. Maintenant, il faut garder une certaine distance : je ne peux quand même pas inviter tout le monde pour une orgie ! » (rires)

De retour en Belgique, Chris Corner confirme entretenir une relation particulière avec notre pays. C'est un des premiers où IAMX a rencontré un certain succès à ses débuts. « Oui, je vous dois beaucoup, les gars ! Et c'est tellement agréable de revenir. Je suis assis ici, je regarde la bouteille de vin et je pense à tous ces visages que je vais voir ce soir. Au final, cette pause dans ma carrière a été très bénéfique. Je me sens comme ressuscité. Elle m'a permis de voir ce qui est important pour moi et faire de la musique, c'est ma passion. La Belgique m'a beaucoup aidé dans ma carrière : je vous suis reconnaissant pour ce soutien. »

Mais pourquoi ne convie-t-il plus les fans à monter sur le podium en fin de spectacle, comme lors de ses débuts ? S’il lançait à nouveau cette invitation à ses fans ce soir, à l'AB, sûr qu’ils seraient heureux de faire la fête avec lui sur la scène. « Chiche ! », me répond-t-il. Quelques heures plus tard, à l'issue d'un concert mémorable (voir compte-rendu ici), votre serviteur sera invité à grimper sur l’estrade pendant « Your Joy Is My Low », en compagnie d’une vingtaine d'autres admirateurs... Un souvenir inoubliable !

Pour commander « Metanoia », c’est encore ici

 

 

 

 

Allen Toussaint

R.I.P. Allen Toussaint

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Allen Toussaint était un des musiciens les plus notoires de sa génération à la Nouvelle Orléans. Pianiste, compositeur et producteur, il pratiquait le New Orleans R&B. La musique de Professor Longhair était son influence majeure.

Il est décédé ce 10 novembre 2015 à Madrid à la suite d'un concert. A l’âge de 77 ans. Parmi ses compos les plus connues, on épinglera "Ride your pony", "Working in the coal Mine", "Fortune teller" et "Get out of my life, woman". 

De nombreux artistes et groupes ont popularisé ses chansons, dont les Rolling Stones, The Doors, Little Feat, les Yardbirds, Lee Dorsey, Devo, etc.

 

Steve Von Till

A life unto itself

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Lorsque Steve Von Till prend congé de Neurosis pour embrasser une carrière solo en parallèle, ce n’est certainement pas dans l’apaisement ni la détente. Et pour cause, son œuvre en solitaire ne respire jamais la joie de vivre. Elle baigne même dans une atmosphère sombre et mélancolique. Et « A life unto itself », quatrième opus de l’Américain, ne déroge pas à la règle.

Dès « In Your Wing », morceau qui ouvre la plaque, le ton est donné. Sculpté dans des cordes ténébreuses, l’americana de Von Till est à la fois douloureux et minimaliste. Un paradoxe ! Le violon d’Eyvind Kang (vu notamment aux côtés de John Zorn) et la pedal steel de Jason Kardong (Band of Horses) soutiennent parfaitement la voix rauque de Steve. Les percussions sont quasi-inexistantes. Bref, le climat entretenu tout au long de cet LP serait très susceptible de rendre dépressif le plus heureux des hommes. 

Steve Von Till est donc demeuré fidèle à sa ligne de conduite, et poursuit en version dark-folk ce qu’il avait entamé, au sein de Neurosis.

Stolen Hearts

Dirty Southern Soul – vol 1

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Stolen Hearts est un couple sur scène comme dans la vie. Issu de la Caroline, il partage la passion pour le blues et la soul. Le duo s'est formé en 2014. Pam Taylor et Robert Johnson Jr. se consacrent aux vocaux et à la guitare. Multi-instrumentiste, ce dernier joue également de la basse, la mandoline et la guitare. C’est un homonyme du légendaire chanteur du Delta Blues ; mais il n’existe aucun lien de parenté. Il est aussi blanc que la légende issue du Mississippi était de couleur noire. Pam et Robert signent leur répertoire, dans un style qu'ils qualifient de dirty southern soul, c’est-à-dire du folk rock aux accents blues et jazz. Auparavant, Pam drivait son propre blues band qui avait d’ailleurs gravé un elpee baptisé "Hot Mess".

Le premier LP de Stolen Hearts a été enregistré au sein de différents studios, sis au sein des Etats de Caroline, Nord et Sud. Pour la circonstance, le couple a reçu le concours d’un tas d’amis et autres connaissances.

Très offensive et tonique, "The dream" ouvre l’elpee. Tous les instruments sont bien en place. Si la guitare s’impose, le saxophone de Mike Taylor et la voix puissante de Pam ne manquent pas de présence. Robert Jr chante d’une voix très expressive "Carolina days", un folk roots au cours duquel Jason Atkins siège derrière l’orgue. Les grattes sont bien mises en exergue et les répliques vocales particulièrement soignées. Faut dire que la mise en forme y est certainement pour quelque chose. Sa voix domine encore le sujet sur "Do you no harm", un blues roots sculpté dans les sèches. Blues classique, "All I got left" évolue sur un tempo indolent. Miss Taylor se consacre au micro sur cette piste au cours de laquelle les cordes de Kyle Phillips et le saxophone de Mike Taylor tirent leur épingle du jeu. "Werewolves (Make lousy boyfriends)" se signale par sa construction et ses arrangements plus complexes. La voix de Robert se révèle plus autoritaire sur cet excellent morceau de rock, caractérisé par une gratte plus aventureuse. "Bring you love" est imprimé sur un tempo lent. Les sonorités d’orgue dispensées par JoJo Starr servent d’écrin aux excellentes interventions des cordes acoustiques. Et elles illuminent encore "My Johnny" (NDR : en y incorporant celles de la mandoline) une ballade folk roots que chante Pam d’un timbre limpide. Toujours aussi nonchalant, "C'mon baby (I got your shoes)" met en exergue les percussions de Michael Rone et les cordes de Joe Miller. Excellent blues, "Ain't no man" est proche du Delta. Les sonorités de la Resonator sont métalliques tout au long de ce morceau plus rythmé. Chargée de feeling, la voix de Johnson est rejointe par les chœurs. Et après s’être détachée, elle est relayée par les sonorités dispensées par le bottleneck ainsi que l’harmo. Sans aucun doute, une des meilleurs compos de l’opus ! Le disque recèle deux bonus tracks. Tout d’abord "Already alright". Cristalline, soutenue par les cordes acoustiques, la voix de Pam est impressionnante. Superbe ! Et enfin la finale. La seule et unique reprise. Soit le hit d’Etta James, "I'd rather go blind", le succès d'Etta James. Enrichi par l’orgue Hammond de James Pace et le sax de Taylor, la version, tout en dirty southern, soul, s’étale sur près de 9'…

 

Rose Windows

Rose Windows

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En 2010, Chris Cheveyo se lasse du post rock qu’il pratique au sein de son groupe. Il décide donc de monter une nouvelle formation. Et fait appel à quelques potes –également musiciens– pour réaliser ce projet. Mais le line up n’est pas encore définitif. Et pour cause, un peu plus tard, il intègre la chanteuse Rabia Shaheen Qazi, qui va devenir la pièce maîtresse de Rose Windows. Puis un claviériste (un colocataire de Cheveyo !) ainsi que deux autres connaissances. Le sextuor publie la même année, son premier elpee, « The Sun Dog », chez Sub Pop. Un disque qui bénéficie du concours de Randall Dunn (Earth, Sunn O))), Akron/Family), à la mise en forme. Et il est à nouveau aux commandes pour cet opus éponyme. Manifestement, dès le départ, la formation a été bien encadrée.

A l’instar du précédent LP, Rose Windows nous entraîne dans un univers psyché/rock réminiscent des 60’s. Et comme chez Black Mountain, la voix féminine est puissante et bien mise en exergue. Dès « Glory, Glory », un plage aux accents particulièrement métalliques, elle affiche d’ailleurs toute sa maîtrise. Un potentiel que le band exploite à la perfection. Ainsi, sur « Strip Mall Babylon », la flûte traversière, le clavier et les chœurs soutiennent judicieusement son chant. Bien sûr, la formule est parfois prévisible, mais elle fonctionne parfaitement. D’autant plus que les compos du long playing sont variées. Il y a des grattes électriques, mais également acoustiques, comme sur « Come Get us Again ». En outre, le combo tente une incursion dans le blues/rock, à travers « The Old Crow ».

Pendant une bonne demi-heure, Rose Windows parvient à nous replonger dans l’atmosphère du psyché rock californien. On ne va donc pas cracher dessus. Profitez d’ailleurs bien de ces neuf morceaux. Ce seront les derniers, car Cheveyo a en effet décidé récemment de dissoudre le groupe, dont la carrière aura été brève mais intéressante…

 

Mass Hysteria

Matière noire

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Il y a maintenant six ans, Mass Hysteria opérait un virage musical plus sombre et plus mature, en publiant l’album « Faille », virage confirmé en 2012 par un excellent « L’Armée des Ombres ». La barre était donc mise très haute, en attendant la sortie du troisième opus, mystérieusement intitulé « Matière Noire ». Pari relevé ?    

Avant toute écoute, penchons-nous sur l’artwork. Très épuré, il affiche un visage féminin quasi-intégralement recouvert d’une substance épaisse et sombre, une obscure et goudronneuse ‘matière noire’ (un détail exploité dans la version limitée de l’opus, car il est emballé dans un fourreau insérant une pochette translucide de liquide noir). Une ligne graphique qu’on retrouve tout au long du livret, réunissant les paroles des onze pistes. Inimaginable en effet que le groupe n’y insère pas ses lyrics tant Mass Hysteria symbolise autant une puissance musicale que lyrique. La verve engagée, révoltée et progressiste de Mouss, vocaliste de la formation, est en effet une des clés de la réussite du quintet français.

« Chiens de la casse », titre d’ouverture de ce huitième elpee, ouvre la brèche. Les premiers riffs, typiquement colorés Mass Hysteria, sont suivis d’une déferlante de batterie amplifiée par des effets sonores dramatiques. ‘Vous avez pris notre tolérance, pour une faiblesse ! Souffrez que votre impatience, vous blesse !’, clame vindicativement Mouss. Le doute n’a été que bref : les Français sont de retour, remontés à bloc. Une nouvelle cuvée marquée par un changement de line up à la guitare, Nicolas Sarrouy annonçant son départ l’été dernier pour vaguer vers d’autres cieux (NDR : un nouvel élan bien malheureusement terni par un grave accident, plongeant le musicien dans le coma ; oscillant entre la vie et la mort, la force de vivre a finalement pris le dessus et Nicolas est actuellement en centre de revalidation). C’est Frederic Duquesne, connu notamment pour avoir milité chez Watcha et Empyr, qui se consacre à présent à la seconde gratte. Un proche du combo, vu qu’il est également leur producteur depuis huit ans. On reste en famille.

Comme évoqué un peu plus haut, cet LP est la suite logique du précédent (et c’est tant mieux !) ; mais il recèle son lot de petites perles. En témoigne l’intervention totalement inattendue de sonorités d’harmonica sur « Vae Soli », conférant à la piste une profondeur mélancolique non négligeable. Ou encore « L’enfer des dieux », à l’architecture atypique et à l’ambiance lourde, autant musicalement parlant que par le message véhiculé, à l’éternelle relation ambivalente entre déité et humanité.

Redoutable parolier, Mouss offre une fois de plus son lot de ‘punchlines’ positives, où il tente, bien souvent avec succès, d’insuffler une énergie positive afin de sortir d’un merdier poisseux. S’extirper tant bien que mal d’une matière noire ? 

‘Je suis donc je pense. J’ai choisi la joie comme vengeance, vae soli’ ou encore ‘Soit tu votes blanc, soit tu restes à la maison, matière noire, masse manquante dans le débat, je ne vois aucun nouveau Jaurès à l’horizon, où sont les vrais hommes venus d’en bas ?’ Deux flèches décochées parmi d’autres, terminant généralement leur course au cœur de la cible.

En vingt-deux années d’existence, Mass Hysteria a pris plaisir en goûtant à différents styles. Mais le message semble à présent clair : les Français comptent plus que jamais jouer la carte du Metal. Preuve en est lors de l’hymne « Plus que du Metal ! », véritable plaidoyer pour les amateurs de la note du diable. Nul doute que ce morceau a été taillé pour être joué en live et provoquer, comme est scandé ‘L’unité dans l’ivresse…’ Car même si ce long playing constitue certainement une des plus grosses sorties cette année dans l’univers du Metal français, il sert surtout de tremplin à Mass Hysteria pour décupler en live la puissance de ses compositions. Ce n’est plus un secret pour personne : les musicos sont devenus, au fil des années, d’incontournables bêtes de scène.

Un petit bémol pour la forme ? On regrette parfois l’une ou l’autre instru un peu trop ‘foraine’, comme par exemple ce bruit de flipper sur « Vae Soli » ou cette sirène qu’on pourrait retrouver en boîte, tout au long de « L’espérance et le refus ». Mais c’est bien là un des seuls points faibles de « Matière Noire ». Une étoile de plus sur leur maillot, qui ne fait que confirmer leur aura, travaillée au corps depuis plus de deux décennies. Car outre sa capacité à envoyer généreusement des giclées d’adrénaline salvatrices, Mass Hysteria suscite la réflexion et la remise en question, tout en poussant à l’émancipation. Compte tenu du contexte sociétal actuel, cette impulsion positive est tout, sauf dérisoire.

 

Chris James & Patrick Rynn

Trouble don't last

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Etablis à San Diego, au sud de la Californie, Chris James et Patrick Rynn constituent un duo bien soudé. Pourtant leur style musical nous entraîne au cœur de la Cité du blues, Chicago. Chris chante et se consacre à la guitare, Patrick à la basse. Leur collaboration remonte déjà à 1990, lors de leur première visite au sein de la Windy City. Leur coopération a déjà débouché sur la confection de trois elpees, "Strop and think about this" en 2008, "Gonna boogie anyway" en 2010 et "Barrelhouse stomp" (NDR : pour lequel le tandem avait bénéficié du concours de 3 pianistes) en 2013. Ils sont tous parus chez Earwig, mais les deux premiers sont épuisés. Changement de crèmerie pour "Trouble don't last", puisqu’il est publié sur le label très dynamique, Vizztone. Lors des sessions, la paire s’est entourée de musiciens remarquables ; et tout particulièrement le batteur June Core ainsi que les harmonicistes Rob Stone et l'Indien Aki Kumar.

L’opus démarre en force par le rythmé "Shameless", un morceau pour lequel le duo est renforcé par la présence de leur ami Rob Stone, à l'harmonica. Signé par le citoyen de Detroit, Calvin Frazier, "Lily Mae" évolue sur un tempo lent. Le spectre de Muddy Waters plane tout au long de ce titre qui baigne au sein d’une ambiance réminiscente du quartier Southside de Chicago. Les interventions d'Aki Kumar à l'harmonica sont saturées d'émotion. "Lonesome whistle blues" est une plage popularisée au début des 60s par Freddie King. La nouvelle version évolue à un niveau particulièrement élevé. Les deux souffleurs s’échangent des soli exceptionnels, alors que Chris James démontre tout son talent sur les cordes. "Going down to the ocean" nous emmène dans le Chicago Westside. Tout en rythmique, l'envol exécuté par Chris est brillant. Faut dire que la section constituée de Patrick Rynn et June Core est irréprochable. Country/blues, "Trouble don't last" adopte le tempo du chemin de fer. Le "Don't drive me away" de Robert Curtis Smith est contaminé par le blues du Mississippi. Rob et Aki tirent à nouveau leur épingle du jeu à l’harmo sur l’instrumental "Steady goin'on", une plage au rythme vivace assuré par Chris James. Et finalement, ne tenant plus en place, ce dernier se lâche sur ses cordes. Sa voix se détache sur "A good idea at the time", un blues lent, indolent qu’il interprète face à un accompagnement minimaliste, dont celui de Rob Stone, empreint d’une grande sensibilité. Aki Kumar se déchaîne sur "Hard to keep a dollar", un solide Chicago shuffle qui démontre une nouvelle fois l’étendue de son talent. De toute bonne facture, cet opus s’achève par l’enlevé "Roll, tumble and slip", une compo issue de la plume de feu Sunnyland Slim, pianiste notoire issu de Chicago. Une nouvelle occasion pour autoriser un beau duel entre les deux souffleurs, destiné à nous transporter vers les sommets… 

 

Goodbye Diana

Goodbye Diana

Écrit par

Au bout de presque cinq années de silence, Goodbye Diana opère son retour. Il nous propose ainsi un nouvel opus. Une résurrection qui est un sujet de satisfaction, car son passé était brillant. Originaire de Montpellier, ce trio pratiquait un excellent math rock. Et apparemment, le pratique encore. L’expression sonore semble ne pas avoir pris une ride. Le combo est même parvenu à le raffiner.

Enregistré sous la houlette de Serge Morattel (Year of No Light, Ventura, Knut), cet elpee éponyme va au-delà de la simple démonstration technique à laquelle trop de formations math rock se bornent à exécuter. L’art des Montpelliérains consiste à créer une harmonie entre les moments rapides et les plus atmosphériques, entre les exercices de style techniques et les éléments empruntés au post-rock. Le tout en soignant le sens mélodique.

Bref, ce long playing est plus qu'abouti. On s’y accroche du début à la fin sans jamais se lasser. En espérant ne plus devoir attendre aussi longtemps avant de voir naître une suite discographique…

 

Bill Fay

Who is the Sender?

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Redécouvert plus de 40 ans après avoir publié « Time of the Last Persecution » (NDR : une œuvre inclassable influencée par la lecture de Pierre Teilhard de Chardin, devenue culte), Bill Fay enregistrait « Life is People » en 2012, une collection déchirante de bout en bout, exécutée le plus souvent simplement en s’accompagnant au piano. Une belle récompense pour cet Anglais qui avait fait ses débuts en 1971. Il avait sans doute oublié qu’il était capable d’écrire des compositions intemporelles. Il s’était même reconverti dans le jardinage, ignorant –sans doute– que des artistes tels que The War on Drugs, Okkervil River ou Wilco prenaient régulièrement plaisir à interpréter ses chansons… 

Le vétéran nous propose aujourd’hui « Who is the Sender? », un nouvel opus qui devrait l’inscrire dans la lignée des songwriters de génie… A l’aide de son orgue Hammond, de quelques accords de piano, de cordes discrètes ou de chœurs célestes (« Bring It On Lord »), le septuagénaire tisse des mélodies souvent simples et paisibles mais toujours profondes (« Who is the Sender ? »), qu’il interprète d’une voix cabossée. Et il semble encore avoir en réserve quelques messages à faire passer au monde contemporain… Et si c’était lui le messager?

 

Shemekia Copeland

Outskirts of love

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Dans l’univers du blues contemporain, Shemekia Copeland est assurément l'une des les plus populaires. C’est la fille du regretté bluesman texan, Johnny Copeland. Née à Harlem (New York), elle n’affiche encore que 36 ans. Et pourtant, sa carrière est déjà bien remplie. En 1998, elle signe un contrat sur le label chicagoan, Alligator. Elle y sort son premier opus, "Turn the heat up!", la même année. En 2008, passe chez Telarc International et y grave "Never going back", l'année suivante. En 2012, elle est couronnée ‘New Queen of the blues’ lors du Chicago Blues Festival. La couronne lui est remise par la fille de Koko Taylor, qui avait décroché ce titre, l’année précédente. Pour publier son 7ème opus, elle a décidé de revenir sur son écurie originelle, Alligator. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au sein des studios de Nashville, sous la houlette d’Oliver Wood. Le leader des Wood Brothers, se consacre également à la guitare. Elle a également reçu le concours d’autres collaborateurs, dont Jano Rix à batterie et aux claviers ainsi que Lex Price à la basse.

Shemekia ne signe qu’une seule chanson. Le reste est quasi-intégralement constitué de compositions dévolues à Wood et son manager John Hahn, mais également de reprises. Plutôt blues/rock, les deux premières plages sont issues de la plume de Hahn et Oliver Wood. Tout comme l’excellent titre maître. Un morceau bien nerveux au cours duquel le chant de Shemekia passe en puissance, alors qu’Eric Fritsch tapisse l’ensemble de son orgue pendant que Will Kimbrough (NDR : il est issu de l'Alabama) se distingue à la gratte. Et si "Crossbone Beach" évolue dans le même registre, c’est la steel guitare de Robert Randolph qui y tire son épingle du jeu. Puissante, la voix de Shemekia déchire l’écran sonore sur "Devil's hand", une composition écrite par son père. Homogène, "The battle is over" est un morceau popularisé il y a un bail, par Sonny Terry et Brownie McGhee. Caractérisée par sa rythmique proche des Rolling Stones, l’adaptation vire davantage au rock. Les choses sérieuses commencent dès "Cardboard Box", un titre cosigné par John Hahn et l'Anglais Ian Siegal. Miss Copeland est épaulée par le célèbre bluesman californien Alvin Youngblood Hart, au chant et à la guitare. Et la conjugaison naturellement autoritaire des vocaux est très réussie. "Drivin' out of Nashville" incarne bien le style de la Music City du Tennessee, une piste de country/rock, balayée par la pedal steel de Pete Finney et fréquentée par la six cordes de Guthrie Trapp, un des requins de studio locaux. Shemekia chante enfin "I feel a sin coming on", un blues popularisé jadis par Gene Watson et surtout Solomon Burke. Enrichie par la participation de Matt Glassmeyer au saxophone, la version est superbe, alliant, passion, expression et détermination. Jess Winchester est considéré comme un spécialiste de la country. Il signe "Isn't that so", une plage dynamisée par les percus néo-orléanaises. Jano Rix siège derrière le piano et très inspiré, Oliver Wood se consacre aux cordes, sur ce morceau qui démontre l’amplitude de styles abordés sur ce long playing. Shemekia s'attaque alors à un des classiques de ZZ Top, "Jesus just left Chicago", une plage figurait sur l’LP "Tres Hombres", gravé en 1973. On y ressent bien le climat originel institué par le trio texan. La voix transpire de vécu ; mais bonne surprise, Billy Gibbons –dont les sonorités de gratte son bien identifiables– y apporte son concours. Miss Copeland poursuit sa lecture blues d'un passé glorieux, en abordant le "Long as I can see the light" de John Fogerty, une chanson qui figurait sur le "Cosmo's Factory" de Creedence Clearwater Revival, un elpee paru en 1970. L'émotion est intense. L'intervention aux cordes de Will Kimbrough constitue un morceau de bravoure. Place ensuite à la cover funky du "Wrapped up in love again" d'Albert King, auquel participe son ami, Arthur Neilson, à la guitare. Le "Lord, Help the poor and needy" de Jessie Mae Hemphill (NDR: une blueswoman issue de Mississippi) clôt cette plaque. Emouvante, dépouillée, cette finale trempe dans le gospel le plus pur…

 

Ava Luna

Infinite House

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Ava Luna n'est définitivement pas un groupe comme les autres. Originaire de Brooklyn, ce quintet se fiche éperdument des codes et se plaît même à transgresser les règles. Touchant à la fois au post-punk, à la pop, au rock, au funk voire au hip hop, la musique d'Ava Luna regorge d'idées qui vous sautent à la figure sans crier gare. Il est tout bonnement impossible d'y coller une étiquette. Chacun des onze morceaux a son propre univers. Les vocalistes et l'instrumentation varient sur chaque titre. Jamais l’ennui ne guette. Les changements de rythme son légion, à l’instar de "Company". Les chants (ou le phrasé sur "Steve Polyester") ne sont pas vraiment ce que l'on peut appeler des harmonies vocales. Des sonorités électroniques apparaissent inopinément. Comme sur "Tenderize ». La basse caoutchouteuse constitue le fil rouge d’« Infinite House ». Mais également –même si elle est en filigrane– une mélodie qui finit toujours par éclore.

Alors bien évidemment, à premier abord, l'écoute de "Infinate House" (troisième elpee des New-yorkais) peut exaspérer. Mais au fil des lectures, on commence à entrer dans cet univers sonore. D’abord acceptable, il finit par devenir agréable, et même au final dynamique….