Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Banane Metalik

Vivre ou revivre, au sein d’un univers macabre…

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Pour la deuxième fois cette semaine, votre serviteur opère un retour au sein de l’antre du rock alternatif bruxellois, le Magasin 4. Il y a déjà 21 ans que l'institution privilégie une programmation undergound. Ce soir, on y fête –sans doute–  Halloween avec 5 jours de retard. Banane Metalik est une formation rennaise responsable d’un style qu’elle a créé début des nineties, et qu’elle pratique depuis plus d’un quart de siècle : le gore'n'roll. Soit un punk/rock dont la forme théâtrale est mise au service de l’épouvante.

La soirée est presque sold out. Parmi l’auditoire on y croise des vieux punks, toujours aussi tatoués et les cheveux en crête. Ils peuvent impressionner, mais ne craignez rien, ils ne mordent pas. Mais aussi des métalleux aussi bedonnants qu’inoffensifs. Sans oublier les curieux de tout poil, qui recherchent des spectacles susceptibles de leur communiquer de bonnes sensations. Votre serviteur n’a cependant pas croisé de fantômes, ni de zombies. Faut dire que la crémation devient de plus en plus souvent la norme, dans le monde contemporain…

Le supporting act est assuré par Pipes and Pints. Un quintet issu de Prague réputé pour ses prestations ‘live’ bordéliques, sculptées dans un punk/rock/metal celtique. Pas de kilt, cependant, mais des cornemuses et des grattes explosives. Des tatouages aussi, mais ce n’est pas vraiment un scoop… 

Il est 19h30 pétantes, lorsqu’un musicien, le crâne rasé, surmonté d’une plume d'Iroquois, vêtu d’un jeans déchiré et d’une parure d’indien, monte sur le podium, armé d’une cornemuse.  Il est suivi d’un bassiste (NDR : gaucher comme Macca !), un guitariste (NDR : la casquette retournée, il a un look de rappeur) et enfin d’un vocaliste… tatoué. Il dispose de deux petites estrades qui, éclairées par un gros spot led, le rendent mystérieux. Car lorsqu’il n’y est pas juché, il se multiplie aux quatre coins de la scène. Festive, la musique de Pipes and Pints se célèbre le plus souvent dans les pubs où la bière coule à flots. Aussi, tout au long du set, les ‘round circles’ et les ‘circles pits’ vont se succéder. Et on est rapidement contaminé par cette ambiance entretenue par 20 morceaux aussi courts qu’intenses. Ils ne dépassent d’ailleurs jamais les 2 minutes. Une bonne mise en jambes ! 

Setlist : « Intro, Let' Go » / « City By The Sea » / « Calling Me » / « Stereo » / «Live And Thoughts  » / « One Connection » / « Fear Is First A Feeling » / « She'S The One » / « Different Way » / « Right Or Wrong » / « Run Away » / « Found And Lost » / « Bad Times » / « Never Let You Done » / « We Are Pipes And Pints » / « Brave Hearth » / « Heaven And Hell » / « USA » / « Warpath 82 »

Changement de matos. Les roadies apportent des cercueils (NDR : au dessus desquels des cierges seront allumés) qui dès leur ouverture vont laisser apparaître des amplis ‘Marshall’. Les micros sont affublés de membres humains qui pendouillent. Des crânes humains sanguinolents jonchent le plancher. Une imposante contrebasse est déposée devant la batterie. Deux grosses boîtes sont posées sur les énormes baffles disposés à chaque extrémité de la scène. Sur la première est mentionné le mot 'Gore' en rouge, et la seconde, 'Roll' en bleu.

Banane Metalik est une formation bretonne. Depuis septembre elle est en tournée pour 35 dates. Un périple qui transitait donc par le Magasin 4. Et chaque concert est rapidement décrété sold out. Ce soir, elle va certainement nous présenter des extraits de son nouvel Ep, « The Gorefather ».

Le line up implique le chanteur Ced666, les guitaristes Boris XxX et Yann Ripper, le contrebassiste Rico et le drummer PunkyBones. Hormis le vocaliste, tout de noir vêtu et dont les bretelles permettent de retenir son futal (NDR : soutien indispensable, sans quoi il terminerait à hauteur des chaussettes), les musicos portent des costumes rayés digne de l’époque 'prohibition' et sont coiffés de borsalinos.

La messe des morts-vivants peut commencer. Et elle va durer plus de 75 minutes. Venue d’outre-tombe, l’intro vous glace le sang, alors que « Les Enfants Des Ténèbres » vous remue les tripes. Ced666 demande de monter le son et de fermer la tenture destinée à masquer la porte d'entrée. A l’instar de Vincent, chez Aqme, la voix de Ced est hurlée, mais plutôt mélodieuse. Il chante également dans la langue de Voltaire. Il est partout à la fois : devant, derrière, sur les côtés, dans la foule. Les sonorités de grattes sont graisseuses et incisives. La section rythmique (contrebasse/ batterie) est solide. Mais surtout, le band donne tout ce qu’il a dans le ventre. Et le public réagit au quart de tout. Dans la fosse, la folie devient communicative. Les spectateurs sautent, jumpent, pogotent ou forment des ‘circle pits’… Ced666 remercie les responsables du Magasin 4 de leur avoir permis de caler une date au sein de cet endroit magique. Il signale également avoir récupéré le patrimoine français, à savoir Serge Gainsbourg et France Gall. Et notamment en leur consacrant une chanson à la danse. Ajoutant que les filles ne sont pas des putains de potiches. Avant d’attaquer une version au second degré du célèbre « Poupée de cire, poupée de son ». Les filles sont invitées à monter sur le podium, dans un chaos invraisemblable. Et personne n’est capable de les empêcher de grimper sur l’estrade. « Pussycat » est un morceau de punkabilly énervé, vitaminé et énergique. « Ride In Peace » est interprété dans la langue de Cervantès.

Un nouveau titre : « Funeral March ». De quoi réveiller les défunts. « Viva Gorr'N'Roll » est un véritable brûlot, susceptible de nous incinérer. C'est probablement leur hymne à la joie. Les punks, les skins et les métalleux devraient se reconnaître à travers cette chanson. Le setlist prévoit un rappel mais, le band enchaîne sur « The GoreFather » et ponctue finalement sa prestation par « Zombie ».

Lors d’un spectacle de Banane Metalik, le public n’est pas que spectateur ; il en fait également partie intégrante. Une forme de célébration, au cours de laquelle il devient un acteur privilégié. Et finalement, au sein de cet univers macabre, il se sent vivre ou revivre…

(Organisation : Magasin 4)

Charlie Winston a quelque chose à dire au sujet des réfugiés…

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Le nouveau single de Charlie Winston, « Say Something » (NDR : c’est une nouvelle version) vient de sortir ce 30 octobre. Il bénéficie également d’une superbe vidéo. Une compo issu de son troisième opus, « Curio City ».

Charlie Winston est un Hobo au grand coeur. Il l'a déjà prouvé maintes fois. Cette vidéo a pour thème la crise migratoire en Europe. Les images ont été en partie tournées auprès des migrants bloqués à Calais. Notamment lors d'un concert qu’il a accordé ce 19 septembre et au cours de la marche organisée en solidarité avec eux.

Elle montre des images de ces être humains qui traversent le Vieux Continent, depuis les rives de la Méditerranée jusqu'à la 'jungle' de Calais, un camp toléré par l'Etat français, installé aux abords du centre d'accueil Jules-Ferry.

Charlie signale qu'il avait emporté sa guitare, en compagnie d’une équipe de tournage. Il raconte avoir joué avec les réfugiés dans les camps berlinois, à la frontière grecque et dans la jungle de Calais, où il a bien sûr manifesté et chanté. Les montants récoltés par cette compo seront intégralement reversés à la Croix-Rouge, qui a reçu le soutien de sa Fédération Internationale, de l’ONU et d’AVAAZ.org

De nombreux artistes ont collaboré à la confection de cette vidéo : Peter Gabriel, Sting, Michelle Rodriguez, Adriana Karenbeu, Matthieu Chedid et bien d'autres. Charlie est un tout grand bonhomme. Il partage sa musique généreusement avec son public et il n'est pas insensible aux actions caritatives. Un nouveau Messie nommé Charlie est peut-être né…

https://youtu.be/a6clIPEOcSc

 

 

Jozef Salvat

Sans grand relief…

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Après avoir accordé un premier concert, en mars dernier, à la Rotonde du Botanique, Jozef Salvat est programmé à l’Orangerie. Progression logique pour cet Australien dont le succès est croissant. Et pourtant, au départ, il devait se produire au Bar à Chicons. Mais vu l’engouement pour ce spectacle, une salle mieux adaptée était vraiment nécessaire, même s’il ne manquait que quelques spectateurs pour qu’elle soit sold out. Il est venu défendre son premier elpee, « Night Swim », paru ce 23 octobre 2015.

Le supporting act est assuré par Two Kids On Holiday, un trio issu de la Cité Ardente. Enfin, sur les planches ; car en studio, le line up est réduit à un duo. C’est-à-dire le drummer/chanteur Gil Chevigné et le chanteur/claviériste Julian Arlia. Le troisième larron n’est autre que Romain Cruppa, également impliqué dans un autre groupe issu de la Cité Ardente, Leaf House. Les artistes hébergés au sein du collectif Jaune/Orange n’hésitent pas à s’entraider ou apporter leur collaboration, c’est connu. Pas beaucoup de place pour le matos des 3 Liégeois. Ils s’installent donc en triangle, à l’instar de BRNS. Ce qui permet de resserrer les liens entre les différents musicos. Il s’agit du dernier concert accordé sous la forme d’un trio (NDR : Gil l’a annoncé sur son Facebook). Mister Alex est derrière les manettes. Donc le son sera nickel !

Depuis que les White Stripes et The Black Box Revelation ont pérennisé la formule guitare/batterie, de nombreux duos ont adopté un même principe. Mais des duos qui optent pour la combinaison batterie/synthé, c’est plus rare. Hormis Cats On Trees, je n’en connais guère d’autres.

« Aloha » sert de mot de bienvenue. Un mot hawaïen qui se traduit par affection, amour, compassion, pitié, au revoir ou bonjour. On comprend mieux pourquoi de petits palmiers (NDR : en plastique) entourent le drummer. Les harmonies vocales conjuguées par les trois musicos sont remarquables. Une compo pop à la mélodie sucrée caractérisée par des accords de gratte lo fi, des interventions subtiles de claviers et des bruits de clochettes. « Future Is Bright » est un morceau destiné à séduire le public féminin. Faut dire que la voix de Romain est très susceptible de faire chavirer le cœur des filles. « The Leaves Are Falling » vous incite à esquisser quelques pas de danse ; mais il y a peut-être un peu trop de monde pour pouvoir s'extérioriser. « Pirate » est dynamisé par des beats électro. Et si « Sunset » rencontre l’assentiment général de l’auditoire, c’est surtout « The Waves » qui se révélera le titre le plus ravageur du set.

A 21 heures pétantes, Jozef Salvat grimpe sur l’estrade. Son regard est perçant. Son nez effilé. Il rejoint son backing group déjà en place. Et la troupe entame les hostilités par « Night Swim », le titre éponyme du premier elpee. Les accords de gratte son limpides. Jozef ferme les yeux, comme s’il voulait s’évader dans un monde de rêves…

« Paradise » (Le Paradis Nous Trouvera) est davantage électro. Si les déplacements sur les planches de Jozef sont parfaitement exécutés, sa chorégraphie semble très inspirée de Michael Jackson. Son chant est clair. Son timbre chaud. Ses intonations sont irréprochables. Une voix empreinte d’émotion, qui émeut surtout la sensibilité féminine. Jozef remercie le public. Il est content d’être là aujourd’hui et le signale. Nonobstant son refrain entraînant, « Constant Runners  » ne parvient pas à accrocher. Il attaque « Secret » et « In The Audience », au piano. C’est mieux, mais pas encore transcendant. Sa reprise du « Diamonds » (NDR : elle figure sur l’Ep « In My Time ») de Rihanna est magistrale. Bien mieux que la version originale. Un bon point ! Les trois musicos qui accompagnent Salvat sont excellents. Mais définitivement, je ne parviens pas à me plonger dans le climat du set. Sans grand relief, il faut le reconnaître. En fait, le problème procède de la construction des compositions. Elles adoptent presque toutes un même schéma. Ce qui rend le concert monotone. D’autant plus que les chansons manquent cruellement de punch. Il y aura bien un rappel de trois morceaux, pour un show qui aura duré en tout 70 minutes ; mais franchement, ce soir, hormis lors de la prestation accordée par TKOH, votre serviteur s’est fermement ennuyé. 

(Organisation: Botanique)

Destroyer

Pro jusqu’au bout des ongles…

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La dernière fois que Dan Bejar s’est produit au Botanique, c’était il y a plus ou moins un an. En compagnie de The New Pornographers, super groupe impliquant notamment Carl Newman et Neko Case. Et le set avait été sauvé par sa présence, alliant à la fois classe et désinvolture. Il revient donc, mais à la tête d’un autre projet, Destroyer. « Kaputt », son avant-dernier album a fait forte impression. Il vient, en outre, d’en publier un nouveau, « Poison Season ». De quoi espérer un set live conséquent de la part du collectif canadien. D’ailleurs, le public est nombreux pour accueillir la formation. La Rotonde est même sold out.

La première partie est assurée par une jeune compatriote. Egalement torontoise. Jennifer Castle est venue défendre son dernier elpee baptisé « Pink City ». Difficile de se faire une idée correcte du potentiel de cette artiste, quand on n’assiste qu’à la fin de sa prestation. Mais vu le peu d’engouement manifesté par l’auditoire –encore dispersé à cette heure– il faut croire que son set n’a guère convaincu. Faut dire qu’assurer seule, armée d’une gratte, un supporting act est plutôt casse-gueule…

Un peu après 21 heures, Destroyer monte sur l’estrade. Arborant une barbe de plusieurs jours –comme d’habitude– Dan est soutenu par un septuor. Trois ans déjà que le line up du natif de Vancouver demeure stable. Ce qui explique sans toute pourquoi la musique du groupe est de plus en plus homogène. Au sein du backing group figurent un drummer, deux guitaristes, un claviériste, un bassiste, un trompettiste et un saxophoniste. Les arrangements réalisés en studio, les musicos parviennent à les reproduire en ‘live’. Ce qui n’est pas une sinécure, quand on connaît leur subtilité. Surtout ceux des deux derniers opus. Autrement dit, Destroyer ne triche pas sur la marchandise.

L’excellent « Bangkok » ouvre le set. Tout est parfaitement mis en place. Jamais le son ne souffrira de la moindre faiblesse. Et l’interprétation des morceaux est impeccable. Le trompettiste et le saxophoniste impressionnent. La voix du Canadien transpire de sensualité et de désinvolture. La setlist est essentiellement puisée au sein du dernier LP ; à l’instar de « Times Square » ou encore « Force from Above ». Ce qui n’empêche pas Bejar de puiser au sein d’une imposante discographie constituée de onze albums. Il va ainsi notamment repêcher « Chinatown » (« Kaputt ») ou encore le splendide morceau maître de « Rubies ». La qualité des titres proposée est donc au rendez-vous. Pour l’ambiance, il faut reconnaître que Dan n’est guère extraverti. Et ce n’est pas ce soir qu’il va changer de comportement. D’autant plus qu’on vient de lui annoncer qu’il souffrait d’une pneumonie. Le plus souvent, il se contente de poser ses textes, le micro entre les mains et les yeux fermés, avant de s’accroupir pour laisser le champ libre à son équipe. Hormis deux mots de remerciements, il n’est pas très loquace et surtout ne respire pas la joie de vivre. Néanmoins, son attitude n’altèrera jamais la prestation d’ensemble de la formation. Faut dire qu’elle est drivée de main de maître par un professionnel jusqu’au bout des ongles…

(Organisation : Botanique)

Le petit Guillaume a devenu Grand !

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Bien sûr, il y a la voix. Une voix minérale, une voix de tempête et de rocaille qui saisit l'auditeur dès les premières mesures. Mais l'originalité ne réside pas que là. Car ses chansons sont à la mesure de leur interprète : un tourbillon d'émotions où se mêlent passion et fureur, sentiments et ressentiments.

Guillaume s'est entouré du réalisateur Jean-Fabien Ekodo (qui a réalisé son premier album), de son complice Sylvain Rabbath, pianiste, arrangeur et co-réalisateur. On retrouvera aussi les batteries puissantes et raffinées du talentueux Philippe Entressangle, présent depuis ses débuts, et le bassiste Aurélien Fradagrada, qui forme avec Sylvain le groupe Electro-Funk HEAD ON TELEVISION. Un écrin musical dense et lyrique plus rock, pour des chansons au diapason, impétueuses et tumultueuses.

Une voix, un cri, un style, un talent. Comme son patronyme le laissait pressentir, Guillaume est devenu grand.

Découvrez le clip de "Mes yeux ne font pas semblant" en cliquant ici .

 

Le soleil s'est caché !

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Sunless tire son nom d’une oeuvre du réalisateur Chris Marker, Sans Soleil.

Sunless, ce sont des synthétiseurs, des guitares, des basses, des batteries et des voix. A l’unisson.

C’est une musique compacte, chargée et solidaire. Un bruit collectif.

Après un premier EP sorti gratuitement en septembre 2013, une trentaine de concerts et une encourageante définition des Inrocks, pour qui «Sunless se place tranquillement parmi les plus beaux espoirs de l’Est français», le groupe reçoit le soutien de l’Opération Iceberg, la SMAC La Vapeur (Dijon), et du Conseil Général de Côte d’Or. En 2014, le single Daydream est placé en synchro d’une campagne pub (monde) de Disney.

En septembre 2015, Sunless sort un nouvel EP 5 titres «THE HIDDEN», en digital, cd et vinyle.

Comme le premier opus, «THE HIDDEN» est enregistré à Sore, dans le studio de Denis Barthe (Noir Désir). Mais cette fois, les compositions sont plus denses et les batterie plus lourdes, les nappes numériques et les voix s’entremêlent dans des paysages rappelant peut-être The Acid, martelés par Breton.

Guillaume Farley attend un heureux événement !

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Guillaume est un show-man inclassable... Et s’il brouille les pistes, ce n’est pas par esprit de contradiction mais bien par infidélité aux différentes familles musicales.

Avant d’être chanteur et parolier, ce musicien d’exception a côtoyé les plus grands en tant que bassiste, guitariste ou compositeur, tels que Juan Rozoff, Sandra Nkaké, Grand Corps Malade, Paco Sery, Richard Gotainer, Youssou n’Dour, Matthieu Chedid ou encore Michel Fugain. 

 En 2007 il travaille sur son premier projet de chanson française : Naturalibus. Quatre ans plus tard, il récidive avec un premier album en solo entre chanson française et musique noire américaine « En Guise de Bonjour ».

Cet automne, Guillaume revient avec un nouvel opus dans lequel il trimballe sa bonne humeur déprimante. Ecrit et composé en collaboration avec son ami Roch Havet, « J’attends un événement » sortira en janvier 2016 (Autruchons Productions).

En attendant, c’est sur scène que Guillaume défoule son trop plein de rythmes, muni de ses machines et guitares.

On rit, on pleure, on chante ! Ce show-man nous raconte des histoires d’amour en tous genres, réelles, urbaines, sans victime ni coupable. Ça tangue, entre premier et second degré, entre gravité et légèreté, entre paillettes et charentaises.

Si vous souhaitez voir l'étendue de son talent, cliquez ici .

Beach House

Une setlist un peu trop déséquilibrée…

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Pour la troisième fois d’affilée, Beach House est accueilli par une Ancienne Belgique sold out. La dream-pop séduit manifestement le public belge ; et tout particulièrement celui issu du Nord du Royaume ; d’ailleurs, en débarquant au sein de la mythique salle bruxelloise, on entend surtout parler le néerlandais.

En guise d’apéritif, c’est le jeune Dustin Wong qui monte sur les planches. En solitaire. Un choix qui peut sembler étonnant ; et pourtant le garçon ne manque pas de talent et renvoie une image fort sympathique. Le jeu de guitare est calme mais fort agréable. L’artiste passera d’ailleurs de nombreuses minutes au stand merchandising, pour essayer de vendre ses disques. Pas sûr que son commerce ait été couronné de succès…

Car c’est pour Beach House que la foule s’est déplacée. Avant le début du spectacle, elle sait très bien que le climat risque d’être paisible et planant, dans le plus pur style de ces Américains. La suite montrera que c’était à moitié vrai. En tout cas, on s’attend à de nombreuses nouvelles chansons. Beach House a en effet publié deux albums au cours des trois derniers mois ! « Depression Cherry », fin août, et « Thank Your Lucky Stars », en octobre. Et à mon humble avis, le second est certainement le meilleur. Bref, nous allons pouvoir juger plus précisément de ces deux œuvres durant ce show.

A l’origine limité à un duo, le line up est devenu quatuor suite au recrutement de deux musiciens supplémentaires ; et ce afin de proposer une expérience live digne de ce nom. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que Victoria Legrand et le reste de la troupe monte sur les planches. Plage d’ouverture de « Depression Cherry », « Levitation » ouvre les hostilités. La progression crescendo du titre est parfaite pour une entrée en matière, introduisant une des spécialités des citoyens de Baltimore : le synthétiseur. La plupart des morceaux sont en effet construit sur une base simple, de quelques notes sur cet instru. L’autre particularité, et certainement la plus caractéristique, c’est cette voix androgyne de Legrand. Elle est proche de la perfection ; d’ailleurs le chant sera un des points forts du concert. Une telle qualité vocale est tout simplement stupéfiante.

Malheureusement, le set souffre de quelques faiblesses. Tout d’abord, la setlist privilégie un peu trop les compos des deux derniers elpees. Il faut attendre six chansons, avant d’entendre un titre moins récent. Pour mieux rentrer dans le show, il aurait sans doute été préférable d’y inclure « Silver Soul » (« Teen Dream »), bien plus tôt.

Et c’est bien là le problème, « Depression Cherry » est un album décevant et en extraire 7 pistes sur 17, c’est beaucoup trop ! Surtout que la formation est déjà responsable de 6 long playings. En outre, le volume sonore est excessif. Encore que ce travers finisse par se transformer en avantage, tout au long de « 10 Mile Stereo ». Le meilleur morceau du répertoire. Caractérisé par le rythme élevé du chant et imprimé par des drums ultra puissants, il prend sur scène une dimension supérieure…  

Autre bon point, les guitares sont bien présentes en ‘live’ ; ce qui n’a pas toujours été le cas. « Sparks » prouve en tout cas que le groupe sait également y faire avec des cordes. « Myth » clôt première partie du spectacle de bien belle manière.

Pour le rappel, le quatuor opte d’abord pour « Salwater ». Un choix surprenant car il s’agit du tout premier morceau écrit par Beach House. Et qu’il a très mal vieilli… Heureusement que l’ennui ne dure que trois minutes… M’enfin, cette parenthèse semble avoir plu à Victoria.

« Majorette » relance quelque peu le tempo, avant qu’« Irene » ne vienne mettre tout le monde d’accord. Caser cette remarquable composition de près de sept minutes en fin de parcours, c’est une excellente décision. Le son est dense et le refrain addictif (‘It’s a strange paradise…’) Clairement un morceau qui donne encore envie d’écouter leur musique, le concert terminé.

Beach House n’a pas une musique taillée pour les représentations. Les Yankees s’en sortent néanmoins assez bien car l’ensemble du show est fort bien exécuté et particulièrement atmosphérique. Mais le groupe se met également un petite balle dans le pied en négligeant dans sa setlist certains de ses meilleurs morceaux comme « Wishes », « New Year » ou « Gila » pour y intégrer d’autres, soit trop anciens ou sans grande consistance. Votre serviteur a donc été frustré de n’avoir pu savourer la plupart de ses compos préférées. Mais a aussi été scandalisé par le prix exorbitant des vinyles au merchandising. En général, après un concert, j’en achète un. Mais à 25€, non merci !

Quoique d’honnête facture, la prestation de Beach House a surtout convaincu un nouveau public plutôt que les fans de la première heure. Dommage !

(Organisation : Toutpartout + AB)

 

 

Battles

Un concert unique en son genre…

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Ce mercredi 3 novembre, le Botanique accueillait Battles. Et manifestement, l’Orangerie grouillait de monde, avant qu’il ne monte sur les planches. Quatre ans après avoir publié son deuxième elpee (« Gloss Drop »), le trio établi à New York est reparti en tournée pour défendre son dernier opus, « La Di Da Di ». Un disque auquel Tyondai Braxton n’a pas participé, puisqu’il a quitté le band pour des divergences artistiques. Ecouter un album de Battles est toujours une expérience en soi. Inclassable, sa musique navigue –pour schématiser– entre math-rock et électro. Votre serviteur avait donc hâte de découvrir cette formation qui jouit d’une solide réputation en ‘live’.

Le supporting act est assuré par un artiste bruxellois, répondant au nom de Laurent Baudoux. Il a choisi pour pseudo Lawrence Le Doux. Le Belge a gravé deux albums électro sur le label VLEK. Après une bonne demi-heure, il tire sa révérence pour laisser la place à la tête d’affiche, tant attendue…

Le concert accuse dix minutes de retard. Enfin, les lumières s’éteignent et le bassiste/guitariste Dave Konopka monte sur l’estrade et se plante du côté gauche. Il a la lourde tâche de mettre l’ambiance. Il tripatouille ses pédales et superpose les nappes de sons. Tout semble fonctionner à merveille jusqu’au moment où il se rend compte que certains branchements dysfonctionnent. Un technicien est donc appelé à la rescousse ; et, heureusement, après ce faux départ, les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Ian Williams (ex-Don Caballero), guitariste/claviériste, rejoint son comparse sur la droite, bientôt suivi par John Stanier (ex-Helmet, Tomahawk). Ce dernier s’installe derrière ses fûts et sa splash qui a la particularité de surplomber sa tête d’un petit mètre. Une fois en place, le trio ne perd plus de temps. Le combo enchaîne les morceaux issus de ses trois albums. Dont on épinglera les excellents « Futura», « Ice Cream » ou encore, en rappel, « The Yabba ». Sans oublier le premier tube, « Atlas », au cours duquel la voix de Braxton a été remplacée par une bande son (NDR : le seul petit bémol à relever, s’il ne fallait qu’en en citer un). Rapidement, on prend conscience de la maîtrise technique de nos hôtes. La vélocité de Williams est impressionnante tout comme la capacité de Stanier à jouer du synthé et de la guitare simultanément (oui, oui, c’est possible). Mais au-delà de ces considérations, ce sont les aptitudes des musicos à adapter leurs morceaux sur scène, en extirpant des sonorités invraisemblables qui impressionnent. Et comment est-il possible de s’y retrouver dans ce joyeux bordel ?

Quoiqu’il en soit, Battles a accordé un set d’une bonne heure, au cours duquel l’intensité n’a jamais baissé d’un cran. D’ailleurs, quand les trois artistes ont tiré leur révérence, ils étaient complètement trempés. Comme prévu, ce groupe complètement décalé est donc parvenu à nous réserver un concert unique en son genre…

(Organisation : Botanique)

 

 

Pascal Obispo le retrouvera t-il ?

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Intime, élégant et poétique, le nouvel opus de Pascal Obispo, fruit d'une collaboration avec Jean-Claude Petit, paraîtra en février 2016.

"Le secret perdu" est le premier extrait de cet album intense qui s'annonce comme une nouvelle étape dans sa riche discographie.

L'écoute en streaming est possible, en cliquant ici .

Hugo Race

L’esprit d’équipe…

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Il y a bien un an que votre serviteur n’a plus mis les pieds au Magasin 4. C’était lors d’une soirée organisée dans le cadre de ses 20 années d’existence. Ce soir, Hugo Race se produit en compagnie de son groupe, The True Spirit. Personnage sympathique, cet Australien a sévi brièvement au sein des Bad Seeds, le backing group de Nick Cave. C’était en 1984. C’est d’ailleurs lui qui se consacrait à la guitare, lors des sessions d’enregistrement de l’album « From Her To Eternity ». Mais il souhaitait développer ses propres projets. Et tout particulièrement en montant The True Spirit. Ensemble, ils ont publié 15 elpees de 1987 à 2015. Belle preuve de fidélité ! Ce qui ne l’a pas empêché de participer à quelques autres aventures, aux quatre coins de la planète. Et notamment Sepiatone en Italie, Dirtmusic en Slovénie, Transfargo en Suisse, The Merola Matrix en Sicile et The Wreckery en Australie. Sans oublier son dernier, Long Distance Operators, au sein duquel milite la jolie violoniste, Catherine Graindorge.

Joe Speedboat sert de supporting act. Il est censé nous dispenser un garage rock teinté de grunge. Malheureusement, le gratteur/vocaliste aligne des riffs de guitare sans conviction ni motivation. En outre, il chante faux. La drummeuse semble s’ennuyer ferme. Seul le bassiste semble prendre un certain plaisir sur l’estrade. Pas de quoi rameuter la foule devant le podium, cependant. Qui est même plus que clairsemée, pendant cet hors d’œuvre sans grande saveur. Réaction, ma foi, logique…

Il y a pourtant du monde dans la salle. Mais elle s’est déplacée pour la tête d’affiche. Et en attendant, préfère squatter le bar. Hugo vient rendre visite à la Belgique, tous les ans, depuis pas mal de temps. Son backing group implique Brett Poliness (drums, backing vocaux) Bryan Colechin (basse), Nico Mansy (claviers/guitare) et Michelangelo Russo. Préposé aux moogs, à l’harmonica et à la trompette, ce denier (NDR : encore un barbu !) est également responsable des variations et bidouillages du son, y compris celui de sa voix ou de son harmo, qu’il filtre à travers un micro américain. Hugo se plante au centre de l’estrade. Devant son microphone, of course. Il se consacre également à la six cordes. La troupe est venue défendre son dernier opus baptisé tout simplement « The Spirit ». Mais aussi son futur Ep, « False Idols », dont la sortie est prévue ce 6 novembre. C’est d’ailleurs par ce titre que s’ouvre le set. Singulièrement électriques, les interventions de grattes sont incisives, alors que Michelangelo triture délicatement les sonorités, à l’aide de ses machines.

La voix de Hugo se fait tendre pour le lancinant et bouleversant « Elevate My Love », un extrait du dernier opus ; une compo qui s’aventure dans l’indus et au cours de laquelle Michelangelo souffle dans son harmonica, qu’il amplifie à l’aide de son microphone yankee. Une technique qu’il va reproduire régulièrement tout au long du spectacle. Et ce dernier est encore à la musique à bouche pour « Man Check Your Woman ». Il passe à la trompette pour « The Information », un titre balisé par les ivoires. La section rythmique est solide et permet aux longues parties instrumentales de se développer. Faut dire qu’on sent les musicos particulièrement soudés. Blues lent, « Sleepwalker » macère dans les marécages du Delta. Dans un même registre, « Dollar Quarter » s’avère plus classique. Un morceau visionnaire ? « Poor man ». A cet instant, votre esprit vagabonde au cœur du désert australien...

Caverneuse, envoûtante, la voix de Hugo me rappelle celle de Johnny Cash sur le plus country « Bring Me Wine ». Et le concert de s’achever par l’excellent « Higher Power », encore une plage issue du dernier opus. Un rappel de deux titres, mais pas renseigné sur la setlist, clôt ce set qui, manifestement, a ravi les aficionados de Hugo Race et de ses True Spirits

(Organisation : Magasin 4)

Axelle voit rouge !

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Axelle s’est replongée dans son large répertoire et y a sélectionné ses plus beaux titres, qu’ils aient été des singles ou non. Elle les a complètement réarrangés avec son arrangeur de toujours : Lester Snell, originaire de Memphis et qui a travaillé avec Isaac Hayes, Mavis Staples, Alicia Keys et bien d’autres.

L’essence des chansons, les arrangements et la couleur qui les définissaient ont été métamorphosés et traduits en nouvelles versions acoustiques, riches en instruments sur lesquelles la voix d’Axelle occupe la place centrale. Ce recueil de 24 titres laisse transparaître la puissance et les côtés multiples de l’écriture d’Axelle.

"The Songs (Acoustic)" a été enregistré entre décembre 2014 et mars 2015 dans les studios ICP à Bruxelles avec Erwin Autrique à la console, Lester Snell, son fidèle pianiste Dominique Vantomme au piano acoustique, Mark Plati (qui a travaillé avec David Bowie, Robbie Williams, et co-réalisateur du dernier album d’Axelle « Rouge Ardent »). On y retrouve aussi Wigbert Van Lierde à la guitare acoustique, qui avait travaillé sur le tout premier album d’Axelle « Sans Plus Attendre ». D’autres musiciens ayant déjà participé à de précédents albums d’Axelle ont répondu présents : Sola Akingbola aux percussions ;  Alexia Waku et Stefy Ryka aux chœurs ; Serge Plum, Elize Erkap et Tom Verschoren aux cuivres. C’est Mark Plati et Axelle qui ont mixé l’album aux studios ICP.

Consultez l'agenda des concerts en cliquant ici !

Ni téléphone, ni GSM ...

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C’est devenu un rituel quasi obligé ! Prenez un groupe célèbre qui refait parler de lui, et ni une, ni deux, des chanteurs venus d’horizons divers emboîtent le pas et sortent un tribute.

TELEPHONE n’échappe pas à la règle ! Les plus grands titres du groupe sont repris par la scène montante ou confirmée : OLIVIA RUIZ, SUPERBUS, ZAZ, SKIP THE USE, GAETAN ROUSSEL, VIANNEY, MADEMOISELLE K, TETE, …

« Ca, c’est vraiment nous » déjà dans les bacs !

Koen De Bruyne refait l'actualité

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A partir du vendredi, le 6 Novembre l’album réimprimé, légendaire et cult ‘Here Comes The Crazy Man!’ de Koen De Bruyne, sera disponible.

L’album réunit des titres issus de l’album HCTCM!, collector, ainsi des titres inédits du compositeur, arrangeur, pianiste et synth wizard, Belge, Koen De Bruyne.

Kurt Vile

De plus en plus près du succès, de plus en plus loin de ses fans…

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Le dernier elpee de Kurt Vile est paru ce 25 septembre. Intitulé  “b'lieve I'm goin down”, il privilégie le country/folk voire l’americana. Tout en se révélant davantage mélancolique aussi. Il s’agit de son sixième. De quoi se demander si le concert de ce soir n’allait embrasser une forme acoustique. Bref, une chose est sûre, le succès du Pennsylvanien est en constante progression. En décembre 2013, il se produisait encore à l’Orangerie du Botanique et aujourd’hui, il est programmé à l’AB. La salle est comble et il faut craindre ou espérer (biffer la mention inutile) que dans un futur proche, il se retrouvera à l’affiche de Rock Werchter et de festivals du même calibre…

En débarquant à l’AB, Lower Dens vient d’entamer le dernier titre de sa prestation. Opter pour les transports en commun, c’est une bonne alternative pour ne pas s’engluer dans les embouteillages de Bruxelles. Encore faut-il qu’ils soient ponctuels… Le band de Baltimore (NDR : c’est dans le Maryland) a également publié son dernier long playing, en mars dernier (« Escape from Evil »). Après avoir écouté un seul morceau, le final en l’occurrence, difficile d’en dire davantage… 

Suite à une brève intro (NDR : toujours celle d’une compo des Happy Mondays), Kurt Vile et ses Violators montent sur l’estrade. Et le band attaque directement l’allègre « Dust bunnies », un titre issu du dernier opus. De cet elpee, la set list va d’ailleurs proposer 7 plages, rappel y compris. Mais pour la plupart en version plus électrique. Sauf le plus ‘bluegrass’« I’m an outlaw », au cours duquel Vile troque sa gratte contre un banjo qu’il joue remarquablement en picking. Et lors du rappel pour « All in a daze work » du dernier LP ainsi que « Baby’s arms » (« Smoke my funny halo »). Et si Vile se consacre à la sèche sur « Stand inside » et « Wild imagination » (« b'lieve I'm goin down »), le torturé « KV Crimes » (« Walkin on a pretty daze ») ainsi que « Freeway » (« Childish prodigy »), il est quand même soutenu par son trio (basse, guitare, batterie, claviers) et parfois par une boîte à rythmes. Parmi les morceaux les plus électriques, on épinglera cependant, le plus offensif « He’s alright » et le crazyhorsien « Walking on a pretty day ». Un style que votre serviteur apprécie. Sans oublier le dernier titre du set, « Freak train ». Puissant, percutant, enlevé et chargé de feedback, il est enrichi d’un saxophone et imprimé sur un tempo ‘motorik’, rappelant quelque part Hawkwind. Quelquefois, surtout dans ses inflexions les plus laconiques, la voix de Kurt évoque celle de feu Lou Reed. Kurt peut s’appuyer sur un excellent backing group, c’est manifeste. Le drumming du batteur est ample et précis. Le guitariste et le bassiste sont loin d’être des manchots. D’ailleurs, ils échangent régulièrement leurs instruments, quand le premier ne se consacre pas aux claviers. Ou tire carrément son épingle du jeu, en se servant en même temps d’un bottleneck et du vibrato, comme sur « Wheelhouse ».

Kurt Vile est un excellent guitariste, tant en picking qu’aux accords plaqués. Il change d’ailleurs pratiquement de gratte (NDR : une Fender Jaguar, quand elle est électrique) à chaque compo. Mais il n’est pas un bon entertainer. Il parle très peu entre les chansons et ne suscite pas d’engouement ni de réaction enflammée au sein de la foule. Qui a sans doute espéré l’étincelle qui n’est jamais venue. Elle applaudit pourtant à la fin de chaque morceau ; mais en restant sur la réserve. Tout comme Vile, d’ailleurs. Il semble vivre dans son monde. Sa longue chevelure lui cachant très souvent le visage. Pourtant, vu l’affluence, il ne fait aucun doute que sa musique est devenue accessible au grand public. Et que l’Américain est prêt à écumer les grands rassemblements estivaux. Où vous ne le verrez plus à 3 ou 20 mètres, mais peut-être à 100 voire 200 mètres. Il s’éloignera donc des fans de la première heure…

Setlist :

1. Dust Bunnies
2. Pretty Pimpin
3. Jesus Fever
4. I'm an Outlaw
5. Wheelhouse
6. KV Crimes
7. Freeway
8. H
e's Alright
9. Stand Inside
10. Wakin on a Pretty Day

11. Freak Train

 Encore:

12. Wild Imagination
13. All in a Daze Work (with b'lieve i'm going down in the outro)

14. Baby's Arms

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Chelsea Wolfe

Les lentes vagues d'un post-metal lancinant…

C'est une double affiche d'enfer que nous propose l’AB pour Halloween. Au programme, deux formations américaines qui explorent un univers très 'dark'. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même. Les 'anciens' de Low, chantres du 'slowcore', et la ‘petite jeune’ Chelsea Wolfe, étoile montante d'un style qu'on pourrait qualifier de 'doom-folk', vont se succéder sur le même podium. Les deux bands son réunis pour cette seule date ; un évènement unique qui souligne une admiration réciproque. La salle est en configuration ‘box’ (sans les étages) et le programme commence tôt, car deux longs sets sont annoncés.

C'est donc à 19h30 que Chelsea Wolfe monte sur les planches. A ses côtés, on retrouve son comparse Ben Chisholm (basse, synthés), Dylan Fujioka (batterie) et une guitariste. Tout de noir vêtue, à l'exception un patch blanc cousu sur son pantalon, la jeune Californienne focalise tous les regards. Elle porte au cou un superbe collier affublé d'une croix carrée. Etablie à Los Angeles, Chelsea Wolfe est responsable, à ce jour, de cinq albums de très bonne facture. Aujourd'hui, elle vient présenter le 'petit dernier'. Paru récemment sur Sargent Records. « Abyss » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse et envoûtante, déroulant les lentes vagues d'un post-metal lancinant... Le son est puissant, et la guitare de Chelsea, très saturée, donne à l'ensemble une tonalité presque noisy. Après le spectacle, Chelsea nous confiera avoir rencontré des problèmes pour régler l'ampli, loué pour l'occasion.

Après trois titres tirés de « Abyss » (« Carrion Flowers », « Dragged Out » et « Iron Moon »), elle opère une incursion dans « Pain Is Beauty », le chef d'oeuvre sorti en 2013, en interprétant « Kings ». Ici, la musique devient plus complexe, s'autorisant des touches de trip-hop et d'électronique, un peu comme si Dead Can Dance faisait un boeuf avec  Portishead. « We Hit A Wall » propose un mur... du son sur lequel nos tympans viennent se fracasser pour notre plus grand bonheur. « After The Fall » (« Abyss ») constitue peut-être le point culminant de la prestation. D’abord fragile, plaintive, la voix de Chelsea devient déchirante, lors du final particulièrement bruitiste, survolant un maelstrom de guitares et de percussions. Un grand moment, à (re-)découvrir ici

Pendant « House of Metal », Chelsea Wolfe abandonne sa guitare, empoigne son micro et vient au devant de l’estrade. Que de chemin parcouru depuis le début de sa carrière où, trop timide, elle se cachait derrière des voiles noirs et restait statique sur scène. A l'origine, « House of Metal » figurait dans le répertoire du projet électronique de Chelsea Wolfe et Ben Chisholm, Wild Eyes, un projet finalement intégré dans 'Chelsea Wolfe', en 2013. Comme la plupart des compositions, ce titre acquiert une toute nouvelle dimension en 'live'. On est comme hypnotisés par le balancement de la rythmique et les mélodies.   

Après le paisible « Simple Death », c'est par « Survive », une longue plage de près de 6 minutes, que la formation achève sa prestation ; et en affichant une belle maîtrise ! Quasi-tribal, ce final atteint un sommet de puissance et d'intensité. Les musiciens se retirent après une heure de concert et, oh surprise, les lumières de la salle se rallument. L’auditoire est étonné, déçu même, de ne pas pouvoir bénéficier d'un rappel. Un problème d'organisation ?

Setlist : Carrion Flowers, Dragged Out, Iron Moon, Kings, We Hit a Wall, After the Fall, Maw, House of Metal, Simple Death, Survive

A 21h, c'est au tour de Low d’investir des lieux. Alan Sparhawk et Mimi Parker, membres fondateurs de la formation américaine, sont accompagnés par Steve Garrington à la basse et au synthé. Formé en 1993, en pleine vague grunge, Low s'est démarqué d'emblée, en pratiquant une musique tout en retenue, à contre-courant, articulée autour d'harmonies vocales et de rythmes lents. Son style est alors taxé de 'slowcore'.

Venu présenter son dernier opus, « Ones and Sixes », publié cette année, le trio va en proposer pas moins de 8 plages. La qualité des compos montre, si besoin en est, que Low n'a rien perdu de son inspiration. Assise derrière ses fûts, qu'elle caresse doucement de ses baguettes, Mimi Parker chante à la perfection. Sa voix est très classique, dotée d'un très beau tremolo, dans la tradition des chanteuses américaines folk/pop, oscillant entre Joan Baez et Jennifer Warnes. Alan Sparhawk évoque plutôt Neil Finn (Split Enz, Crowded House), surtout lors des chansons les plus pop, comme « Plastic Cup » ou « What Part of Me ».

L'atmosphère générale suscite une certaine forme de recueillement. Le public, venu en grande majorité pour Low, écoute religieusement. On entend les mouches voler pendant la plupart des morceaux. Seuls deux titres permettent à Sparhawk d'enclencher l'overdrive sur sa guitare. « On My Own » et « Landslide » lorgnent en effet judicieusement vers le doom et dans ces moments, trop rares à mon goût, on a bien senti la filiation entre les deux combos à l'affiche.

Bref, on a passé une superbe soirée, baignée dans un univers ténébreux, spectral et proche de l’ensorcellement ; mais également d'une terrifiante beauté...

(Organisation : Ancienne Belgique)

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Low

A écouter religieusement, sans plus…

C'est une double affiche d'enfer que nous propose l’AB pour Halloween. Au programme: deux formations américaines qui explorent un univers très 'dark'. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même. Les 'anciens' de Low, chantres du 'slowcore', et la ‘petite jeune’ Chelsea Wolfe, étoile montante d'un style qu'on pourrait qualifier de 'doom-folk', vont se succéder sur le même podium. Les deux bands son réunis pour cette seule date ; un évènement unique qui souligne l'admiration réciproque. La salle est en configuration ‘box’ (sans les étages) et le programme commence tôt, car deux longs sets sont annoncés.

C'est donc à 19h30 que Chelsea Wolfe monte sur les planches. A ses côtés, on retrouve son comparse Ben Chisholm (basse, synthés), Dylan Fujioka (batterie) et une guitariste. Tout de noir vêtue, à l'exception un patch blanc cousu sur son pantalon, la jeune Californienne focalise tous les regards. Elle porte au cou un superbe collier affublé d'une croix carrée. Etabli à Los Angeles, Chelsea Wolfe est responsable, à ce jour, de cinq albums de très bonne facture. Aujourd'hui, elle vient présenter son tout dernier, « Abyss », paru récemment sur Sargent Records. « Abyss » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse et envoûtante, déroulant les lentes vagues d'un post-metal lancinant... Le son est puissant, et la guitare de Chelsea, très saturée, donne à l'ensemble une tonalité presque noisy. Après le spectacle, Chelsea nous confiera avoir rencontré des problèmes pour régler l'ampli, loué pour l'occasion.

Après trois titres tirés de « Abyss » (« Carrion Flowers », « Dragged Out » et « Iron Moon »), elle opère une incursion dans « Pain Is Beauty », son chef d'oeuvre sorti en 2013, en interprétant le sublime « Kings ». Ici, la musique devient plus complexe, s'autorisant des touches de trip-hop et d'électronique, un peu comme si Dead Can Dance faisait un boeuf avec Portishead. « We Hit A Wall » propose un mur... du son sur lequel nos tympans viennent se fracasser pour notre plus grand bonheur. « After The Fall » (« Abyss ») constitue peut-être le point culminant de la prestation. D’abord fragile, plaintive, la voix de Chelsea devient déchirante, lors du final particulièrement bruitiste, survolant un maelstrom de guitares et de percussions.

Pendant « House of Metal », Chelsea Wolfe abandonne sa guitare, empoigne son micro et vient au devant de l’estrade. Que de chemin parcouru depuis le début de sa carrière où, trop timide, elle se cachait derrière des voiles noirs et restait statique sur scène. A l'origine, « House of Metal » figurait dans le répertoire du projet électronique de Chelsea Wolfe et Ben Chisholm, Wild Eyes, un projet finalement intégré dans 'Chelsea Wolfe', en 2013. Comme la plupart des compositions, ce titre acquiert une toute nouvelle dimension en 'live'. On est comme hypnotisés par le balancement de la rythmique et les mélodies.

Après le paisible « Simple Death », c'est par « Survive », une longue plage de près de 6 minutes, que la formation achève sa prestation ; et en affichant une belle maîtrise ! Quasi-tribal, ce final atteint un sommet de puissance et d'intensité. Les musiciens quittent l’estrade après une heure de concert et, oh surprise, les lumières de la salle se rallument. L’auditoire est étonné, déçu même, de ne pas pouvoir bénéficier d'un rappel. Un problème d'organisation ?

A 21h, c'est au tour de Low d’investir des lieux. Alan Sparhawk et Mimi Parker, membres fondateurs de la formation américaine, sont accompagnés par Steve Garrington à la basse et au synthé. Formé en 1993, en pleine vague grunge, Low s'est démarqué d'emblée, en pratiquant une musique tout en retenue, à contre-courant, articulée autour d'harmonies vocales et de rythmes lents. Son style est alors taxé de 'slowcore'.

Venu présenter son dernier opus, « Ones and Sixes », publié cette année, le trio va en proposer pas moins de 8 plages. La qualité des compos montre, si besoin en est, que Low n'a rien perdu de son inspiration. Assise derrière ses fûts, qu'elle caresse doucement de ses baguettes, Mimi Parker chante à la perfection. Sa voix est très classique, dotée d'un très beau tremolo, dans la tradition des chanteuses américaines folk/pop, oscillant entre Joan Baez et Jennifer Warnes. Alan Sparhawk évoque plutôt Neil Finn (Split Enz, Crowded House), surtout lors des chansons les plus pop, comme « Plastic Cup » ou « What Part of Me ».

L'atmosphère générale suscite une certaine forme de recueillement. Le public, venu en grande majorité pour Low, écoute religieusement. On entend les mouches voler pendant la plupart des morceaux. Seuls deux titres permettent à Sparhawk d'enclencher l'overdrive sur sa guitare. « On My Own » et « Landslide » lorgnent en effet judicieusement vers le doom et dans ces moments, trop rares à mon goût, on a bien senti la filiation entre les deux combos à l'affiche.

Setlist Low : Gentle, No Comprende, Monkey, The Innocents, Plastic Cup, On My Own, Holy Ghost, Spanish Translation, Lies, Into You, Pissing, DJ, What Part of Me, Will the Night, Landslide. Encore : Murderer

Bref, on a passé une superbe soirée, baignée dans un univers ténébreux, spectral et proche de l’ensorcellement ; mais également d'une terrifiante beauté...

(Organisation : Ancienne Belgique)

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Dave Weld

Slip into a dream

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Dave Weld est né à Chicago, en 1952. Avant de succomber définitivement au blues, ce guitariste écoutait surtout les Rolling Stones, Eric Clapton et John Mayall. Puis, il s’est intéressé aux légendaires Howlin' Wolf, Lightnin' Hopkins et BB King ! Mais la claque, il la prend en découvrant Hound Dog Taylor, le maître incontesté de la slide primaire et sauvage. Dave fréquente de plus en plus le quartier Westside, à Chicago. Un autre grand de la slide locale, J.B Hutto, le prend sous son aile. Son neveu, Little Ed, monte alors sa propre formation, les Blues Imperials. Il y intègre Weld comme second guitariste. Quelque temps plus tard, Dave fonde son propre groupe, Dave Weld and The Imperial Flames. Il a publié son premier elpee, "Roughrockin' in Chicago", en 1988, sur le label brugeois, Parsifal. Il a également participé aux sessions d’enregistrement d’autres artistes. Son LP personnel, "Burnin' love", remonte à 2010. Le line up de ses Imperial Flames réunit le drummer Jeff Taylor, le bassiste Dave Kaye, le pianiste Harry Yaseen et la chanteuse Monica Myhre.

"Slip into a dream" entre immédiatement dans l’univers du Chicago Westside. Nous ne sommes pas loin de Magic Sam. Flamboyante et plutôt agressive, la guitare colle parfaitement au style. La voix est rejointe par celle de Miss Monica Myrhe. Le rythme s'affole sur le très rock'n'roll "Sweet rockin' soul". Boosté, le piano de Yaseen pousse la slide dans ses derniers retranchements. Monica signe et chante "Too bad, so bad" et "Looking for a man", une piste qui adopte un style semblable. Mr Bobby Rush souffle dans son harmonica. Weld est toujours aussi déchaîné sur sa slide. Son bottleneck est au bord de la combustion. Dynamique, "Take me back" baigne dans le R&B cuivré. "May be right, may be wrong" opère son retour au cœur de Chicago, un shuffle puissant au cours duquel le Canadien Graham Guest (Sue Foley Band) –invité pour la circonstance– siège derrière le piano, alors que Dave nous a pris à la gorge et ne semble pas prêt à desserrer son étreinte. Monica chante devant les cuivres et le piano de Guest, sur l’intermède soul, "Sweet love (Dulce amor)". Encore une plage frénétique. "Louise" est un boogie rock'n'roll furieux. Miss Mihre est très excitée. Piano, slide et le saxophone de Sax Gordon accentuent cette frénésie. Gordon demeure aux cotés de Weld pour alimenter un nouveau brûlot, "Tremble". Monica est au micro pour le blues lent attendu, "Walk on down". Et le batteur Jeff Taylor lui succède sur "Dorothy Mae", un funk au cours duquel Graham Guest se consacre à l'orgue et Sax Gordon prend son envol sur son sax ténor. Dave cède le poste de soliste à Greg Guy, le fils d'un certain Buddy Guy ! "20% alcohol" est une plage empreinte d’émotion. Et pour cause, elle est issue de la plume du mentor de Weld, J.B Hutto ; et c'est Bobby Rush qui se charge de l’harmo. En finale, on a droit à une version différente de "Slip into a dream", titre qui ouvre le long playing. Dave Weld déborde d’énergie, à l’instar de Hound Dog Taylor et Little Ed, dynamisme qui manque quand même au blues contemporain…  

 

The Tallest Man On Earth

Dark Bird Is Home

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L’univers particulier de The Tallest Man on Earth est très souvent un terreau fertile pour la confection de disques magnifiques. Mais dans un même style. Et depuis ses débuts, Kristian Matsson semble s’y conformer. Alors, question existentielle, allait-il tenter de se renouveler en publiant « Dark Bird Is Home », son –déjà– 4ème essai ? Changer de direction est souvent un pari risqué, quand ce n’est pas carrément casse-gueule… Et susciter l’ennui est parfois préférable que carrément décevoir…

Bref, le Suédois n’est pas encore prêt pour la révolution. Ce clone vocal de Bob Dylan a quand même le bon goût de varier subtilement ses compos et même d’étoffer l’instrumentation ; à l’instar des quasi pop « Timothy » et « Sagres », d’un « Darkness of the Dream » enrichi de cordes ou du plus léger « Darkness of the Dream ». Entre ces petites récréations, l’autoproclamé ‘Plus Grand Homme du Monde’ propose des morceaux folk classiques et intemporels, comme d’habitude. Orfèvre en mélodies pastorales, ce véritable chantre parvient une nouvelle fois à faire fondre les cœurs, à l’aide de ses compositions bouleversantes et introspectives, dans la plus pure tradition ‘dylanienne’, à l’instar de « Beginners » ou « Singers ». Au lieu de retourner sa maison de fond en comble, Kristian Matsson a plus sagement décidé de la rafraîchir… et c’est dans doute bien mieux ainsi !

 

Kevin Selfe

Buy my soul back

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Kevin Selfe est originaire de Virginie, aux States. A l’âge de 23 ans, il intègre le Fat Daddy Band qui décroche une place de finaliste à l'International Blues Challenge de Memphis. Nous sommes alors en 1997. Le band grave trois albums. En 2003, Kevin rejoint Little Rodger and The Cheap Thrills ; puis, en 2005, fonde son propre groupe, Kevin Selfe and The Tornadoes. L’équipe publie "Selfe Contained", en 2006. En 2007, Mr Selfe émigre au bord du Pacifique, du côté de Portland, dans l'Oregon. Il monte une version locale des Tornadoes, et publie "Playing the game", en 2009. Ce chanteur/compositeur/guitariste/harmoniciste signe sur le label Delta Groove en 2013. Et dans la foulée, il grave "Long walk home", un disque qui rencontre un franc succès chez les passionnés de blues. Faut dire que pour concocter cet opus, il a notamment reçu le concours d’invités de marque, dont le pianiste Gene Taylor, l'harmoniciste Mitch Kashmar et le claviériste Doug James. Un LP paru sur l’écurie dynamique, Vizztone. Tout au long de ce long playing, il se réserve le chant et la gratte. Lors des sessions il a, en outre, bénéficié de la participation du drummer notoire Jim Bott, et de son pote Allen Markel –un ex-Tornado– à la basse. En outre, de nombreux guests ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Roseleaf Recording, à Portland.

"Picking empty pocket" ouvre l’LP. Une plage rythmée soutenue par une section de cuivres. Brad Ulrich s’autorise un premier billet de sortie sur son saxophone baryton, suivi rapidement par un envol de Selfe, particulièrement saignant sur ses cordes. Jim Bott (drums), Willie J. Campbell (basse acoustique) et Mitch Kashmar (très inspiré à l'harmo) dominent le shuffle entraînant, "Fixed it til it's broke". Enrichie par la section de cuivres, "Buy my soul back" concède des accents soul proches du Memphis blues, un blues enlevé au cours duquel James Pace siège derrière l’orgue et Lisa Mann (NDR : issue de Portland, cette chanteuse n’est autre que l’épouse du bassiste, Alan Markel) participe aux chœurs. Parcimonieuse, l’approche de Kevin sur ses cordes lorgne vers Robert Cray. La voix devient autoritaire sur le bluesy "Digging my own grave". La sonorité de la slide est impeccable. R&B lent, "All partied out" est le théâtre d'une superbe envolée de Selfe. Excellent, "Keep pushing or die trying" est encore imprimé sur un tempo soutenu. Steve Kerin se consacre au piano, alors que transcendé, Kevin se déchaîne à la manière d'un Jimmie Vaughan au sommet de son art ! "Bluesman without the blues" est une autre tranche de Memphis Blues. Orgue et cuivres tirent leur épingle du jeu ; mais surtout la gratte lumineuse réminiscente d’Albert King. "I'm on fire" est sculpté dans la roots. Une piste ‘unplugged’ à laquelle participent Kevin à la slide, Mitch Kashmar à l’harmo et Don Shultz à la batterie. Les ivoires de Gene Taylor sont jazzyfiantes tout au long de "Don't tear me down". Sa guitare, hantée par Omar Dykes, nous entraîne dans les bayous louisianais. Impressionnant ! Davantage roots, "Virginia roots" permet à Kevin de nous rappeler ses racines. Après l’instrumental "Pig Pickin'", le long playing s’achève par "Staring up at the Bottom", un morceau souligné par les chœurs gospel et tapissé par l’orgue… 

 

Mighty Mike Schermer

Blues in good hands

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Mike Schermer est un guitariste de blues notoire. Il chante et compose également. Au cours de sa jeunesse il apprend à jouer de la guitare, la trompette et la clarinette. Mais il succombe au blues à l’écoute du ‘Master of the Telecaster’, le Texan Albert Collins! Ce dernier le guide vers T-Bone Walker. Ce qui provoque un nouveau déclic chez l’artiste. Aujourd'hui, à l’instar de Duke Robillard et Roy Gaines, on le considère comme celui qui a le mieux assimilé le style de Walker. Il développe son univers sonore, en y intégrant du r&b et du jazz. Il monte The Soul Drivers, une formation californienne qui se forge une solide réputation, à la fin du siècle dernier. Il fonde ensuite son Mighty Mike Schermer Band. Le combo publie "1st Set" en 2000, "Next Set" en 2005 et "Live Set" en 2008. En 2009, il quitte la baie de San Francisco pour se fixer à Austin, au Texas. Rapidement, il rejoint le backing group de la chanteuse/pianiste louisianaise, Marcia Ball. Ce qui ne l’empêche pas de mener en parallèle, une carrière personnelle. Pour concocter "Blues in good hands", il a reçu le concours de ses musicos. Soit le drummer Paul Revelli et le bassiste Steve Ehrmann. L'enregistrement a été réalisé au sein du studio Greaseland de Kid Andersen, à San José, en Californie. Des sessions au cours desquelles, il a bénéficié de la participation d’invités talentueux. Schermer signe pratiquement seul, les treize plages.

Soutenu par l'orgue de Tommy Stead, le piano d'Austin Delone et des chœurs féminins, "Baby don't stop" ouvre la plaque. Le rythme est entraînant. Terry Hanck se réserve le premier envol, sur son sax ténor. Il est rapidement relayé par les cordes de Mike. "Heaven's on the other side" est un funk blues qui tourne au ralenti. La section rythmique épaule parfaitement Schermer. Les accords de gratte sont parcimonieux mais efficaces. La voix de Mike est très expressive, tout au long d’"It's a pleasure", une ballade à la mélodie particulièrement riche. "One tear at a time" opère un petit détour par le reggae. Blues aux inflexions jazzyfiantes, "World gone crazy" lorgne vers l’atmosphère d’un Steely Dan. Soul/blues, la voix fait mouche devant le saxophone de la charmante san-franciscaine Nancy Wright. Avant que la piste ne tourne au délire. Le titre maître est un bon blues. Impeccable, la voix bénéficie des excellentes répliques féminines formulées par Shelley King et Carolyn Wonderland, avant que ne débarque le honky saxophone de Terry Hanck qui prépare la plus belle sortie de cordes de l’opus. Lorsque l'harmonica montre le bout du nez, le blues n'est jamais bien loin. A l’instar de "Wait on me woman" et "Take my hand", deux plages au cours desquelles Greg Izor (NDR : il est issu d’Austin !) souffle admirablement dans sa musique à bouche. Et il apporte une coloration texane à la compo portée par une section rythmique particulièrement efficace, assurée par Damien Llanes et Johnny Bradley du Gary Clark Jr Band. Elle apporte encore son concours sur "Stop crying", un autre blues brûlant au cours duquel les guitares de Mighty Mike et Tommy Castro s’échangent de superbes échanges, au cœur d’un climat Chicago Westside. Balisé par les ivoires d’Austoin Delone, "Most people" baigne dans une ambiance davantage néo-orléanaise. Comme "Barkin' up the wrong tree", un morceau qu’enrichissent les pianos de Delone (électrique) et son amie, Marcia Ball (conventionnel). Un régal pour les oreilles ! Shuffle texan, "Baby be kind" est un autre sommet de l’LP. Et c’est le talentueux Californien John Nemeth qui souffle classieusement dans son harmo. D’excellente facture, ce long playing s’achève par le plus cool "Hear me calling him Baby"…