Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Komah

Flashing Nightmare

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Après avoir publié deux albums studio, accompli une tournée en compagnie de la formation (belgo)-américaine Pro-Pain, écumé les planches du festival de Dour en 2010 et 2012, sans oublier celui du Brussels Summer Festival et du Graspop, l’an dernier, Komah n’est manifestement plus un inconnu sur la scène Metal belge. Signé chez Spinal, le quintet francophone nous propose son troisième album, « Flashing Nightmare », un disque qui pourrait furieusement lui permettre de rejoindre les incontournables heavy bands du plat pays.

Tout en teintes de noirs et de rouges, le digipack (le jewel case devient aujourd’hui une espèce en voie de disparition) affiche en couverture, un homme qui, se relevant de son fauteuil de cuir, lutte contre le téléviseur, installé devant lui, pour ne pas se faire absorber par les ondes qu’il libère, malgré un masque à gaz qui recouvre l’intégralité de son visage. L’éternelle lutte du ‘je t’aime, moi non plus’ entre l’être humain et les médias. C’est d’ailleurs par le grésillement caractéristique, très cinématique, de chaînes de télévision, que débute cet LP, avant de tailler directement dans le gras à travers un « Bullets Replaced Words » qui, comme son titre l’évoque, entame déjà ses munitions. Pas le temps de s’échauffer, le rouleau compresseur prend directement sa vitesse de croisière. Les riffs sont lourds et accrocheurs, s’autorisant quelques envolées heavy sur certains morceaux. Les parties vocales alternent entre cris rageurs et chants plus lancinants. Le drumming est ravageur, insufflant aux compositions cette vitesse et cette puissance destructrices, pondérées par des breaks ou des passages plus lents qui permettent de reprendre son souffle afin de mieux repartir en guerre.

Komah a également eu l’intelligence, depuis ses débuts, de ne pas s’enfermer dans un style particulier. Ils font du Metal, point. Une liberté à double tranchant, que seul des musiciens chevronnés peuvent se permettre s’ils veulent tirer efficacement leur épingle du jeu. Des exemples ? Komah est un groupe qui puise notamment son inspiration dans une partie du Thrash. En témoignent les riffs groovy d’ouverture de « Walking Ghosts » que Dimebag Darrell de Pantera aurait très bien pu sortir de sa gratte, il y a plus de vingt ans. Pas étonnant par ailleurs que les Belges aient choisi ce morceau pour single, incontestablement la meilleure piste de cet opus. Celui qui ne ‘headbangue’ pas à son écoute ne peut avancer que deux justifications : soit il est sourd, soit il n’a rien compris ; et il ferait alors mieux d’éjecter le cd de son lecteur.

La Belgique, terre du Hardcore, fait également sentir ses influences. A l’instar de « Buried », au cours duquel le chant en est teinté, tant en lead que lors des ‘I’m constrained / I’m detained’ prononcés lors des refrains assurés en backing vocals, où apparaissent en filigrane des traces de Sick of it All, Madball ou autre Agnostic Front. Un dernier pour la route : le dixième titre, « So Sick ». Fermez les yeux. Je vous le donne en mille : l’image de la bande à Machine Head traverse votre esprit. Et c’est une fois de plus dans ces circonstances que le savoir-faire du groupe apparaît : s’en inspirer sans se laisser submerger. Est-ce donc un hasard ou parce qu’il cherche à adresser un clin d’œil, que Leny, le vocaliste de Komah, crie en fin de morceau : ‘Yeah !! Blackened !!’ ?

En publiant ce 3ème long playing, Komah semble avoir atteint un nouveau palier, confirmant un statut en Belgique, qui devrait lui permettre –et on l’espère franchement– de franchir, dans un futur plus ou moins proche, les frontières parfois fort étanches du pays. Tous les ingrédients sont en tout cas dans la marmite, il ne reste plus qu’à traduire l’énergie contenue dans ce « Flashing Nightmare », en live, sur les planches. Guidé par la bonne étoile, le destin devrait faire le reste…

Institute

Catharsis

Écrit par

Après avoir publié deux Eps dans l’anonymat, Institute propose son premier elpee, « Catharsis ». Un quatuor originaire d’Austin, au Texas, au sein duquel on retrouve le leader de Bush, Gavin Rossdale.

Le combo pratique une forme de punk/rock/garage lo fi, particulièrement énergique. Ce qui peut s’expliquer facilement, puisque tous les musicos ont sévi dans le passé au sein de formations locales de punk/hardcore. Pas la peine de rechercher de l’originalité, dans l’expression sonore. Soulignées par les cris ou les gémissements constants de Moses Broan, les 10 pistes sont dominées par les grattes savoureusement discordantes. Et le tout est balisé par une section rythmique à la fois solide et hypnotique.

Pas besoin de prise de tête, « Catharsis » reflète l’attitude profondément désinvolte, pour ne pas dire je-m’en-foutiste des musicos, qui prennent manifestement leur pied et invitent les mélomanes à en faire de même. Rien que pour cette raison, cet LP mérite de d’exister…

 

Mikal Cronin

MCIII

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Mikal Cronin est membre du backing group de Ty Segall. Il a notamment participé à la confection d’un opus monstrueux intitulé « Slaughterhouse ». En parallèle, il développe différents projets. Il a ainsi enregistré enregistré son troisième elpee solo, sobrement baptisé « MCIII » (pour « Mikal Cronin III »)… Dans un esprit bien moins garage que lors de ses piges accomplies en compagnie de Segall, cet LP privilégie davantage les mélodies que la fougue, manifestée par son compère. Mikal doit beaucoup aux Kinks et il nous le fait savoir… Son terrain de jeu, c’est le ‘power-rock’ ! Hormis les cordes –très présentes tout au long de ce long playing– il se réserve tous les autres instruments. Une instrumentation qui enrichit des textes autobiographiques souvent nostalgiques, mélancoliques même, contrastant avec la luminosité des mélodies… Dans la lignée de songwriters tels que Liam Finn, Ben Kweller ou Brendan Benson, il mêle rock nerveux et classique (« II) Gold »), en biberonnant ses compos à la pop des sixties (« Feel Like »). Il atteint même un sommet dans son écriture, sur le « I) Alone ». Vu la qualité des compos, je signerais à deux mains pour que Mikal Cronin prolonge sa discographie individuelle jusqu’au « MC5 »…

 

Throneless

Throneless

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Throneless vient de publier son premier opus ; et il est éponyme. Un trio établi à Malmö, en Suède, réunissant le chanteur/guitariste Johan Sundén, le bassiste Patrik Sundberg et le drummer Johan Burman. Son doom rock est plus écrasant que le Mjölnir de Thor (NDR : dans la mythologie nordique, c'est le marteau à manche court de Thor, le dieu de la foudre et du tonnerre).

Le Doom Metal puise ses sources chez Black Sabbath ; et tout particulièrement le premier long playing de la bande à Ozzy Osbourne. Throneless cherche à reproduire ce doom originel, un style à la fois puissant, lourd, graisseux et primaire…

Tout au long de cet elpee, le combo scandinave nous entraîne au cœur d’un périple plus redoutable qu'une excursion aux coeur de l’enfer… Une œuvre partagée en 4 pistes, pour 35 minutes, destinée à sortir les masses de cette lobotomie généralisée que l'on nomme le Système. (‘On s’ajuste tous à la vision qu’on nous impose de la vie, une vie dont seuls sont bénéficiaires ceux qui nous régissent. On nous apprend que la seule issue est de trimer sans dire mot, on gâche nos précieuses existences dans un job pourri, à mettre de l’argent de côté et acheter des amplis pour pouvoir au final nous exprimer et dire à quel point on hait tout ça’).

Le rouleau compresseur est prêt à vous écraser. Sous une forme volontairement monocorde, tout au long de « Masters Of  Nothing » (9:02). En se nourrissant de riffs écrasants empruntés au sludge et au stoner sur « Cavedrones » (8:02). Par son approche obsessionnelle, notamment en fin de parcours, à l’aide de « Thinning The Herd » (8:05). Avant qu’en finale, « Reaching For The Dead  » (10:13) n’émette une lueur salvatrice susceptible de faire émerger les âmes du tréfonds des ténèbres…

A conseiller aux fans de Conan, Yob, Bongripper et Ufomammut.

 

The Bloodhounds

Let loose!

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The Bloodhounds est un quartet issu de East L.A. Le line up réunit le chanteur/guitariste Aaron ‘Little Rock’ Piedraita, le gratteur/harmoniciste Branden Santos, le bassiste/banjoïste/ harmoniciste Johnny Santana et le drummer/percussionniste Mark Schafler. La formation pratique une musique qui mêle R&B, punk, country, blues et rock latino. Un peu dans l’esprit de formations issues des sixties, comme Count Five, Chocolate Watch Band, Sir Douglas Quintet et ? and the Mysterians… Pas étonnant que ce soit le producteur indépendant Arthur Alexander (NDR : il collabore régulièrement avec le label Bomp !) qui était aux manettes lors des sessions d’enregistrement.

"Indian Highway" macère dans le garage, même si la mise en forme est raffinée et qu’un piano s’invite dans le jeu de quilles. "Wild little rider" adopte le profil plutôt punk des garage bands, qui ont sévit lors de la British Invasion, comme Them ou les Pretty Things. Les interventions à l’harmo sont endiablées. Excellent, "Saint Dee" s’illustre par de superbes échanges de cordes. "Olderbudwiser" (NDR : enrichi de superbes harmonies vocales) et "Dusty bibles & silver spoons" rappellent les jug bands. Les percus sont rudimentaires (cuillers, washboard, kazoo, etc). Les guitares acoustiques. Et Levi Alvarez se sert d’une washtub basse, sur le second titre. La version du "Crackin' up" de Bo Diddley est plus pop. Les vocaux lorgnent vers la beat musique anglaise, et tout particulièrement celle des Kinks. Imprimé sur un tempo rock légèrement contaminé par le boogie, "They call'm The LSC" est un titre brillant. Balisé par la section rythmique, il permet à la slide guitare primaire de prendre son envol. Remarquable ! Le hurlement d’un loup introduit "The Wolf", avant que la piste n’adopte une rythmique hypnotique digne de Howlin' Wolf. Son "Smokestack lightning" est d’ailleurs une référence. Une chouette version sans la moindre prétention, caractérisée par des tonalités de cordes surannées, alors que la voix de Piedraita s’autorise les poses d'un Jagger. Avant que la compo ne subisse un grand coup d'accélérateur. L’énergie est alors débordante. Branden Santos en profite pour faire chauffer à blanc sa slide. "Hey Lonnie" nous entraîne au cœur d’un passé encore plus lointain. Le piano d’Alex Galvan est judicieusement désaccordé. Un frottoir sert de percussion. On se croirait revenu à l’époque du cinéma muet. La cover du "Security" d'Otis Redding est savoureuse. Une de ces petites perles des sixties, baptisée ‘nugget’. Elle avait été reprise par l'Australien Thane Russal, en 1966, qui l’avait gravée en 45tours. La nouvelle version restitue fidèlement celle, plus garage, de ce dernier. L’harmonica prend même son envol sur cette piste qui n'a pas pris une ride. R&B dansant, "Try a little reefer" baigne au sein d’un climat proche des Rolling Stones originels. L’osmose entre guitare, orgue et harmonica est parfaite. "Bottle cap blues" clôt l’elpee. Une belle tranche de punk rockin' blues. Bien découpée, elle est cependant dominée par l'harmonica, alors que la rythmique est encore profilée sur celle des Stones, à leurs débuts.

 

Webb Wilder

Mississippi Moderne

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De son véritable nom Webb Wilder, John Webb McMurry est acteur, chanteur et guitariste. Originaire de Hattiesburg, dans le Mississippi, sa musique est inspirée par l’americana, le rock'n'roll, le surf, le boogie, le british blues boom des 60’s ainsi que le roots et le southern rock. Il avoue également aimer la musique des Kinks et du Move. Il vit depuis bien longtemps du côté de Nashville, dans le Tennessee. Son premier opus, "It came from Nashville", est sorti en 1986, sur le label Landslide. "Mississippi Moderne" constitue son dixième. 

Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le drummer Jimmy Lester, le bassiste Tom Comet et le guitariste Bob Williams. Après la brève intro d’une plage réitérée en fin de parcours, Wilder attaque le rockabilly "Rough and tumble guy". Il enchaîne par "If it ain't broke", un titre coécrit en compagnie de Patrick Sweany. Un rock aux accents pop, enrobé de chœurs féminins, qui autorise de savoureux échanges entre les sixcordes. Cet aspect pop, plus léger, est encore exploré tout au long d’"Only a fool", une piste au cours de laquelle Tom Comet et Bob Williams se consacrent au sitar électrique. Fan des Kinks, Webb adapte le "I gotta move" de Ray Davies, dans un style garage sixties bien d'époque. Sa voix est percutante. Bob Williams injecte du fuzz dans ses accords de basse. "Too much sugar for a nickel" baigne au sein d’un climat rythmique digne des Stones. Un climat contaminé par la country/pop. Les cordes de guitares sont chargées de reverb et celles de mandoline, dispensées par Williams, de feeling. Une introduction majestueuse illumine "Lonely blue", une chanson rock qui aurait pu faire le bonheur des juke-boxes, il y a un demi-siècle. Soutenue par les chœurs doo-wop, la voix de Wilder est grave. Sculpté dans le southern rock de Nashville, "Yard dog" ne manque pas de punch, un morceau sur lequel collabore le gratteur local, Joe V. McMahan. Caractérisé par sa ligne mélodique limpide, "I'm not just anybody's fool" est découpé dans de subtiles cordes acoustiques, une ballade tapissée par les accords chaleureux de l'orgue Hammond, derrière lequel siège Micah Hulscher. Et surprise, Webb embraie par le "It takes time" d'Otis Rush, un blues rythmé et amplifié. Le chant est autoritaire. Libérées et généreuses, les grattes de Wilder et Williams opèrent des échanges. Blues primaire, le "Lucy Mae blues" de Frankie Lee Sims se nourrit aux sonorités grasses et largement amplifiées des cordes. Plutôt lent, "Who will the next fool be?" est un blues classique signé Charlie Rich, une piste au cours de laquelle Hulscher double piano et orgue. La cover du "I'm gonna get my baby" de Jimmy Reed est à la fois surprenante et excellente. La slide de Williams et les accords particulièrement rythmiques de Webb et George Bradfute parviennent à prendre leur envol. Epatant ! De toute bonne facture, cet LP s’achève par le "Stones in my pathway" de Robert Johnson, une compo qui s’inscrit dans l’esprit du blues d’avant-guerre, tout en rendant hommage à son auteur. Wilder la chante d’abord a capella, en y injectant une belle dose d’émotion, avant que le rythme, imprimé par des percussions sommaires, ne pointe le bout de son nez...

 

Tom Principato

Live and still kickin' (cd + dvd)

Écrit par

Originaire de Washington DC, Tom Principato est chanteur, guitariste et compositeur. Il est âgé de 63 balais. C’est en assistant à un concert de BB King qu’il chope le virus du blues. Il monte son premier groupe vers la fin des 70s, Powerhouse. Un combo qui grave le long playing "Night life", à cette époque. Il fonde ensuite The Assassins, en compagnie d’un autre gratteur, l’ex-Nighthawks Jimmy Thackery. La formation publie deux elpees : "No previous record" en 1986, et "Partners in crime" l'année suivante. Il embrasse ensuite une carrière solo. Au cours des trois dernières décennies, il a enregistré une bonne vingtaine d’albums. Pourtant, c’est en ‘live’ que sa musique prend toute sa dimension. Il a d’ailleurs immortalisé plusieurs opus, en public. A l’instar de "Live and still kickin'!", une œuvre cumulant un cd et un dvd et épinglant deux performances. La première remonte au mois de mars 2014, et s’était déroulée au Barn of Wolf Trap de Vienna (NDR : c’est dans la banlieue de Washington), en Virginie ; la seconde, deux semaines plus tard, au VIP, dans le cadre du festival Escales Saint-Nazaire, en France.

A Vienna, le line up est constitué de huit musicos, dont une section de trois cuivres et un ami invité, l’organiste Tommy Lepson. "Call the law" ouvre en force. La section rythmique est bien soudée. La voix de Principato, puissante et naturelle. Il libère ses cordes aux côtés du saxophone baryton aux dimensions imposantes de Chris Watling (NDR : c’est le leader des Grandsons). "Bo Bo's groove" est chargé de groove, une plage instrumentale tapissée par l’orgue, dynamisée par les congas et autres percussions de Josh Howell, et colorée de cuivres, parmi lesquels on épinglera la présence d’une trompettiste, Justine Miller. Le spectre de Santana plane. Coiffé d’un superbe Stetson, Tom se prend même pour Carlos. Il nous entraîne à la Nouvelle Orléans pour attaquer une reprise du "Hey now baby" de Professor Longhair. Percus et orgue servent alors de tremplin à un envol lumineux de la guitare. Largement cuivré, "Don't wanna do it" est imprimé sur un mid tempo. Lepson s’illustre encore à l’orgue. Tout comme sur le plus rythmé "Helping hand", un morceau inspiré d’un poème de Martin Luther King Jr. "In the middle of the night" véhicule des accents exotiques empruntés au reggae! Tom aborde un grand classique du Memphis blues, "Cross cut saw", une compo popularisée par le grand Albert King. Principato tente de faire revivre cette légende ! Josh Howell a abandonné ses congas et souffle classieusement dans son harmonica. "Sweet angel" est une ballade légèrement soul. Enfin, Tom achève sa prestation par "Return of the voodoo thing", une piste chargée d’intensité électrique qui rend manifestement un hommage à Jimi Hendrix.

Hormis le percussionniste Josh Howell, les musiciens qui se produisent au VIP sont différents. Et notamment la section rythmique. Le backing group est réduit. De nationalité française, Renaud Cugny se consacre aux claviers. La plaque est découpée en trois pistes, dont deux sont prélevées au dernier opus studio, "Robert Johnson told me so", un long playing gravé en 2013! La première plage est longue. Très atmosphérique, ce blues lent s’intitule "The rain came pouring down". L’orgue s’impose. Les cordes sont manifestement inspirées de David Gilmour. D’abord, parcimonieuses, elles prennent progressivement du galon. La voix baigne dans la sérénité. Le spectre du Floyd plane. Signé par l'ami David Kitchen, "If love is blind" monte en intensité rythmique. Une cover nerveuse entretenue par le piano roadhouse de Cugny. "Robert Johnson told me so" est un roots/rock cool. Une finale à l’ambiance néo-orléanaise, au cours de laquelle Josh Howell souffle dans son harmo alros que Tom se concentre sur sa slide.

 

Popa Chubby

Live Big bad and beautiful

Écrit par

Popa Chubby, alias Ted Horowitz, est âgé de 55 balais. Issu du Bronx, à New York, ce chanteur/guitariste à la mine patibulaire et couvert de tatouages colorés est considéré comme un artiste marginal. Quoique bluesman urbain, il faut reconnaître qu’il est particulièrement ouvert aux autres styles musicaux. Dont le rock, le funk et –de manière plus subtile– la pop. Il avoue pour maître, Jimi Hendrix. Ses débuts, il les a accomplis sur la scène punk de New York City. Sa carrière discographique s'étale sur une période de 25 ans. Son premier elpee, "It's Chubby time", remonte à 1991. S’il fait autorité dans la Big Apple, il faut reconnaître que c’est dans l’Hexagone qu’il a rencontré le plus de succès. Il a donc décidé d’y immortaliser ses prestations ‘live’, accordées en mars dernier, au sein de quatre endroits différents. Soit au Rockstore de Montpellier, au Bikini de Toulouse, aux Bourdaines de Seignosse et au Rocher de Palmer de Bordeaux. Il en résulte un double cd découpé en 27 pistes, qui s’étalent sur un plus de deux heures et demie. Pour la circonstance, il était épaulé par son backing group. En l’occurrence le chanteur/claviériste Dave Keyes, ainsi que les frères Beccaro, Francesco à la basse et Andrea à la batterie. Popa a une plume féconde ; aussi il signe la plupart des compositions.

Il chante d’une voix autoritaire "Working class blues". Imprimé sur un rythme bien soutenu, le titre constitue une ouverture idéale pour un concert de l'artiste. Qui idéalise toujours autant le funk. A l’instar de "Stoop down baby", plage au cours de laquelle la guitare sort de sa réserve. Keyes tire son épingle du jeu sur le boogie "One leg at a time". Tout au long de "69 dollars", Chubby démontre qu’il est à la fois un gratteur créatif, passionné et maître de son sujet. Deux reprises issue de la plume de Don Nix (NDR : il est issu de Memphis) : "Same old blues" et "Palace of the King". Il excelle à slide tout au long de la cover de Robert Johnson, "Love in vain". Il rend aussi hommage aux Rolling Stones, en adaptant successivement "Brown sugar" et "Wild horses". Composé par Johnny Guitar Watson, en 1961, "I was looking back" est curieusement attribué à Delaney Bramlett et Tony Joe White… Contrairement à la légende, Popa n’est pas un personnage imbuvable. Sur certains titres, ses interventions sont empreintes d’une grande sensibilité. A l’instar de "Life is a beatdown", qu’il déclame en rap ou encore le vigoureux "Daddy played the guitar and Mama was a disco queen". Puissante, chargée de feeling, sa voix est taillée pour chanter le blues. "Signed with heartache", "Rock on Blues Man" et "People's blues" en sont de belles illustrations. Sur la première plaque, en fin de parcours, il nous réserve un medley surf combinant le " Chubbfatha Medley" de Nina Rota et le "Miserlou" de Dick Dale. Un opus qui s’achève par une version de "Somewhere over the rainbow", une chanson qu’interprétait Judy Garland à la fin des années 30.

 

Th' Legendary Shack Shakers

The Southern Surreal

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Au départ, The Legendary Shack Shakers était un groupe de rockabilly. Il est né à Murray, dans le Kentucky, il y a une vingtaine d'années. Au fil du temps son style a évolué. En s’ouvrant au hillbilly, swamp, rock, punk, country et blues, il a été taxé de southern gothic. A la tête figure toujours le frontman, chanteur et harmoniciste, J.D Wilkes. "The Southern Surreal" constitue son huitième opus. Le line up implique aujourd’hui le drummer Brett Whitacre, le bassiste Mark Robertson et le guitariste Rod Hamdallah. Ces deux derniers participent étalement aux vocaux. Lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Woodland à Nashville, le quatuor a reçu le concours de l’ex-gratteur de The Jesus Lizard, Duane Denison. Difficile de déterminer, cependant, la nature de ses interventions…

Sur les quinze plages de l’elpee, trois n’atteignent pas la minute, à l’instar de l’introduction instrumentale,  "Cow tools". Déjà les sonorités de gratte sont enchanteresses. "Mud" lance les LSS sur une rythmique emballée, assez punk, mais dans un registre rockabilly roots. J.D Wilkes marque l’opus de son empreinte. Pas pour rien qu’il jouit d’une flatteuse réputation en ‘live’. "MissAmerica" est aussi musclé. L’instrumentation est épatante. La section rythmique est particulièrement solide. L'orgue de Mica Hulscher s’intègre parfaitement dans le rythme. Seule la six cordes vagabonde au gré des dérapages contrôlés. La voix de Wilkes est plutôt impressionnante dans sa modulation. Un instant, il adopte un timbre grave, le suivant puissant. Baignant au sein d’une atmosphère sombre, "Cold" en est un bel exemple. Caractérisé par ses tonalités métalliques, empruntées au surf, la guitare de Hamdallah suit cette voix à la trace. Un climat qu’on retrouve sur le plus latino "Dead bury the dead". Allègre, animée, la musique est propice au déhanchement. Lucy Cochran rejoint Wilkes pour chanter "The one that got away". La jeune femme se consacre également au violon tout au long de cette bande débridée. Caractérisé par les interventions dérangées des ivoires et celles de Ralph Carney au saxophone, le bref "Young heart, old soul" embrasse une dynamique punk. "Fool's tooth" est encore plus court. Un interlude de moins d'une minute qui permet à J.D de se défouler sur son harmonica. L'acteur Billy Bob Thornton déclame son texte sur "The Dog was dead", une piste dépouillée, éprouvée par une guitare désenchantée. Purement blues, "Down to the bone" marche sur les traces de Howlin' Wolf. A cause du timbre vocal de J.D, hanté par Jim Morrison des Doors, de la rythmique et puis de cette gratte très amplifiée qui n’hésite pas à déborder de son segment. Autre blues, "Christ alrighty" adopte le rythme du cheval au galop. Wilkes souffle comme un possédé dans son harmonica. Les cordes de Hamdallah macèrent dans le Delta. De bonne humeur, J.D siège derrière le piano pour aborder "Demon bun", une plage aux accents surannés. "The buzzard and the bell" baigne dans le country and western. Wilkes a empoigné un banjo. Les percus s’emballent et la guitare se révèle particulièrement bien affûtée. Surprise, le LSS nous réserve en finale, le "Born under a bad sign" de Booker T. Jones, un classique du Memphis blues, interprété en 1967 par Albert King. Personnalisée, la version entretient un climat lourd, claustrophobe. La basse est nonchalante. La voix semble émaner d'outre-tombe, se faufilant entre quelques gémissements d'harmonica et accords de gratte réverbérés. Un elpee, ma foi fort original. Pas étonnant que les Black Keys, Hank Williams III et Robert Plant sont devenus des fans de Legendary Shack Shakers…

 

James Leg

Below the Belt

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De son véritable nom John Wensley Myers, James Leg est âgé de 32 ans. Ce chanteur/pianiste de blues/rock est le fils d’un prédicateur évangéliste. Originaire de Port Arthur, au Texas, il s’est établi à Chattanooga, au Tennessee. Sa notoriété artistique remonte à 2004, lorsqu’il fonde le groupe Black Diamond Heavies, en compagnie du guitariste Mark Porkshop Holder et du percussionniste Van Campbell. Le trio a enregistré trois albums chez Alive, entre 2007 et 2009. Depuis, Leg a publié un opus solo en 2011, "Solitary pleasure", et l’année suivant, le LLC a gravé une collection de reprises baptisée "Painkillers".

Lors des sessions d’enregistrement, Leg a reçu le concours de quelques potes. "Below the belt" est découpé en 10 plages. James Leg tire largement parti des claviers. Sa voix est en permanence éraillée, torturée même. "Dirty South" ouvre la plaque. Andy Jody frappe nerveusement sur ses percussions. Déjantée, la guitare de Johnny Walker entretient un climat angoissant. Une voix lugubre envahit "Casa de Fuego", un titre rythmé qui baigne au sein d’une ambiance mexicaine. A cause de la trompette d'Andrew Higley et des multiples percus. James a recours à une belle panoplie de claviers : piano électrique et acoustique, mais c’est surtout l'orgue Hammond qui domine le sujet. La cover du "Up above my head" de Sister Rosetta Tharpe nous plonge dans le gospel. Des voix qui soutiennent celle, conquérante, de Leg. Johnny Walker souffle comme un possédé dans son harmonica à une vitesse vertigineuse. Walker est passé à la slide pour "Drink it away", une plage allègre qui reflète la bonne humeur ambiante. La voix est paisible, mais c’est le piano qui s’impose dans l’ensemble. "October 3rd" oscille entre blues et R&B. Andy Jody réalise un bon travail rythmique. Leg double orgue Hammond et Fender Rhodes. Leo Murcia souffle dans son trombone. Punk/blues/boogie furieux, "Glass jaw" est interprété en duo. Leg se consacre, bien évidemment, aux claviers, dont il extrait des sonorités particulièrement riches. Jody brille aux percus. Une fresque de l'épouvante ! Le tempo s’élève encore pour la cover du "Can't stop thinkin' about it" de Dirtbomb (NDR : un combo punk issu de Detroit). Un blues primaire, frénétique, sans concession, enlevé, que galvanisent les interventions de gratte déstructurées de Frederick Joe Evans IV. Un brûlot! La cover du "A forest" de Cure –un des meilleurs titres de la bande à Robert Smith– est originale et épatante. Dominée par la rythmique et appuyée par la basse de Paul Brumm, elle lorgne vers la période la plus ravagée des Stranglers et se révèle propice à la transe hypnotique. Enrichi par le violon alto de Sylvia Mitchell et la scie d'Andrew Higley, "Disappearing" emprunte une nouvelle direction. Surprenant et créatif, ce long playing s’achève par une plage soul intitulée "What more". Une composition agréable à l’écoute au cours de laquelle la voix graveleuse de Leg et celles, empreintes de douceur, de Beth Harris et Kristen Kreft, se complètent parfaitement ; alors que la sixcordes de Dwight Dyer épanche une belle dose de feeling…

 

Jimi Hendrix

Freedom : Atlanta Pop Festival

Écrit par

Jimi Hendrix s’est éteint, il y a 45 ans, déjà. Il n’avait que 27 ans et n’a connu que 5 années de succès. S’il a marqué son époque de sa flamme, il faut reconnaître qu’elle ne s’est jamais éteinte, malgré sa disparition. Faut dire que le moindre enregistrement posthume fait l’objet d’une gravure. Que ce soit en cd ou dvd. Au cours des dernières années, de nombreux concerts ou festivals auxquels il avait participé ont été exhumés. A l’instar de ceux de Woodstock ou de Miami. Ce « Freedom » immortalise celui de l’Atlanta Pop Festival. C'était au cœur de l'été 1970. Il s’agissait de la deuxième édition de cet événement organisé à Byron, au sud de Macon, dans l'état sudiste de Georgie. A la même affiche, figuraient quelques grosses pointures ; et en particulier The Allman Brothers Band, Cactus, Johnny Winter, BB King, Ten Years After ou encore Rare Earth. Le 4 juillet, plus de 200 000 personnes sont réunies pour accueillir la star Jimi Hendrix. C’était deux mois et demi avant sa mort...

Jimi monte sur le podium. Il est entouré de Billy Cox à la basse et de l'Anglais Mitch Mitchell à la batterie. "Freedom : Atlanta Pop Festival" propose une quinzaine de titres, connus et moins connus…

Jimi est en forme ; et on s’en rend compte dès l’ouverture "Fire", un morceau particulièrement dynamique. "Spanish Castle Magic" constitue son premier accès de folie. "Red House" et le fabuleux "Hear my train a comin'" (NDR : une piste hallucinante qui approche les 10') émargent au blues. Jimi était alors au faîte de sa créativité. "Message to love" et "Freedom" (NDR : cette plage qui figure sur "The Cry of love", elpee post mortem gravé en 1971, avait été enregistrée à cette époque) en sont de belles illustrations.

La seconde plaque est amorcée par le "All along the watchtower" de Dylan. Défilent alors les titres les plus notoires signés Hendrix : "Foxy lady", un "Purple Haze" totalement déjanté, l’incontournable Hey Joe", l'extraordinaire "Voodoo Chile" et enfin "Stone Free". A l'époque, aucun concert de Jimi ne pouvait se conclure sans le fameux "Star spangled banner", adaptation personnalisée de l'hymne national américain. Il se fond dans le final "Straight ahead", qui n'allait figurait que sur un autre elpee posthume, publié en 1997, "First rays of the new Rising Sun".

En bénéficiant sans doute de la technique de remasterisation, "Freedom : Atlanta Pop Festival" affiche une qualité de son, tout bonnement remarquable…

 

Buddy Guy

Born to play Guitar

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BB King disparu, Buddy Guy est devenu l’aîné des bluesmen célèbres encore en vie. Il fêtera ses 80 balais, en juillet prochain. Il n'appartient ni à la première, ni même à la seconde génération ; ce qui ne l’a pas empêché de se forger une notoriété. Et de susciter l’intérêt de labels majors. Malgré son âge, son remarquable guitariste déborde toujours autant d’énergie. C’est en 1957 qu’il s’établit à Chicago. Il y devient un fervent disciple de Muddy Waters. Son style et sa technique vont lui permettre d’établir un pont naturel entre le blues et le rock'n'roll. Ce qui explique pourquoi il est devenu une référence pour des gratteurs légendaires qui ont marqué les sixties, comme Eric Clapton, Jimmy Page et Jimi Hendrix. Sans oublier, mais un plus tard, Stevie Ray Vaughan. Enfin, Buddy Guy a publié une multitude d’albums, auxquels ont souvent collaboré de grosses pointures issues du blues contemporain.

Et c'est une nouvelle fois le cas pour ce "Born to play guitar"! Les sessions se sont déroulées au studio Blackbird, à Nashville, sous la houlette de Tom Hambridge. Ce dernier possède une plume féconde. Lorsqu’il ne signe pas les compos de cet opus, il les cosigne en compagnie de Buddy. En outre, il se consacre aux drums. Rob McNelley se réserve la rythmique. Issu de Nashville, cet ex-Tinsley Ellis et Delbert McClinton Band est un musicien de studio particulièrement prisé à Nashville.

Blues intimiste, voire autobiographique, "Born to play guitar" ouvre la plaque. Soutenue par le piano du fameux Kevin McKendree, la voix de Buddy est chargée d’émotion. Changement de cap pour "Wear you out", une plage caractérisée par un son primaire et sauvage, au cours duquel Billy Gibbons (ZZ Top) et Guy se partagent le chant et les cordes. De la pure dynamite! Plus classique, "Back up Mama" se consume lentement. Guy est dans son élément. Les tonalités de ses cordes sont à la fois superbes, frémissantes, accrocheuses et chargées de feeling. Il attaque une version explosive du "Too late" de Willie Dixon (NDR : un titre écrit en 1953 pour Little Walter), un classique qui met en exergue un des maîtres de l’harmonica, Kim Wilson. Ce dernier est encore au poste pour "Kiss me quick", un shuffle irrésistible au cours duquel ce dernier et Buddy rivalisent de brio. Tout au long d’une trilogie éthylique, Buddy et le Texan Doyle Bramhall II nous réservent des duels de grattes. Tout d’abord "Whiskey, beer & Wine", une plage tapissée par l’orgue Hammond de Reese Wynans. (NDR : cet ex-Double Trouble est également né au Texas). Puis "Crying out of one eye", un superbe blues cuivré par le Muscle Shoals Horns. Et enfin, "Thick like Mississippi Mud". L’adaptation du "You got what it takes" de Clyde Otis et Brook Benton me botte beaucoup moins. Malgré la présence de la chanteuse soul Joss Stone, le recours aux cordes synthétiques n’est pas vraiment judicieux. Un écart de conduire rapidement rectifié. Et dès "Turn me wild", une plage caractérisée par des tonalités de guitare traficotées. "Crazy world" est une ballade soul élaborée. "Smarter than I was" nous plonge dans l'atmosphère du Delta. Menaçante la guitare de Buddy est soutenue par la Resonator de Bob Britt (Delbert McClinton Band) et l’orgue Hammond de Kevin McKendree. Van Morrison chante le blues dépouillé et particulièrement mélodieux "Flesh & Bone". Sa voix est expressive. A travers l’envol opéré sur sa Stratocaster de 1957, Buddy rend hommage à son ami disparu, BB King. Et il en rend un autre ému à Muddy Waters, lors de la finale, "Come back Muddy", un morceau enrichi par la basse de Michael Rhodes et le piano de Reese Wynans, mais surtout alimenté par les cordes acoustiques de Guy et Bramhall. Un superbe album!

 

GospelbeacH

Pacific Surf Linel

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Les membres de ce quintet ont déjà tous participé à d’autres projets musicaux. Le line up implique trois chanteurs/guitaristes : Brent Rademaker (NDR : Floridien d’origine, cet ex-Beachwood Sparks se réserve le lead vocal), Neal Casal NDR : un ex-Chris Robinson Brotherhood) et Jason Soda. La section rythmique est constituée du bassiste Kip Boardman et du drummer Tom Sanford (NDR : également un ex-Beachwood Sparks). Brent, Jason et Scott Hackwith (NDR : un producteur qui a déjà bossé pour les Ramones et Spiritualized) se chargent de la coproduction. Lors des sessions, le combo a reçu le concours de quelques invités. 

Embarquement immédiat pour le "California Steamer", un train à vapeur qui assurait la liaison (NDR : elle était baptisée ‘Pacific Surf Line’) entre Los Angeles et San Diego. Ce country/rock mélodique se distingue par d’excellentes harmonies vocales, réminiscentes des Byrds dans leur période cowboy! Les cordes sont subtilement dispensées, et le tout est tapissé par l'orgue Hammond de Rademaker. Une douceur pop qu’on retrouve sur "Sunshine Skyway", un morceau susceptible de faire un malheur en ‘live’. Sculpté dans des cordes délicieusement country, il est parcouru par d’interventions de pedal steel. Caractérisé par sa conjugaison de cordes acoustiques et électriques, "Your freedom" est une ballade empreinte de tendresse. "Mick Jones" adopte le rythme du cheval au galop, une piste fréquentée circonstanciellement par un dobro et marquée par un envol de Casal sur sa gratte électrique. Tous les musiciens participent aux harmonies vocales. Particulièrement soignées, elles sont très susceptibles de rappeler les Eagles, le Buffalo Springfield et bien sûr Crosby, Stills, Nash & Young. Et c’est à CSN&Y qu’on pense à l’écoute de "Come down", une autre excellente ballade illuminée par l’envol déjanté de Neal Casal sur ses cordes, alors que Soda se concentre sur ses ivoires. L'intensité du soleil californien fige le rythme sur "Southern girl" ; ce qui n’empêche pas les grattes de sortir de leur réserve. Ainsi, la guitare ‘Leslie’ de Soda alimente des tonalités exceptionnelles, alors que le piano électrique (NDR : un Wurlitzer) de Kip se fond dans l’ensemble. Un climat très susceptible de rappeler le mouvement Paisley Underground qui a contaminé Los Angeles, début des 80’s. Les guitares de Casal et Soda se conjuguent sur "Out of my mind". Les vocaux sont à nouveau raffinées tout au long des compos alt country "Alone" et "Damsel in distress". Jason Soda s'active sur un ARP String Ensemble, un synthétiseur polyphonique responsable de sonorités majestueuses. Mais en même temps, il se consacre à l'orgue Hammond ou Lowrey, tout en s’autorisant un envol de guitare. La magie de l’overdubbing !

 

Datura4

Demon Blues

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Datura4 (NDR : Le datura est une plante aux propriétés psychotropes et hallucinogènes susceptible d’entraîner des effets comparables au delirium tremens ; et si elle est puissante, elle est surtout particulièrement toxique) est un quatuor australien réunissant les chanteurs/guitaristes Don Mariani et Greg Hitchcock (NDR : au cours des eighties, il a milité chez The Bamboos, avant de tenter de nombreuses expériences, parmi lesquelles on épinglera celles vécues au sein des New Christs, Neptunes, Dearhunters, Monarchs et You am I), le drummer Warren Hall ainsi que le bassiste Stu Loosby. Issu de Fremantle (NDR : une ville sise sur la côte occidentale de l'Australie, le long de l'Océan Indien, près de la grande cité de Perth), Dom Mariani est également producteur et compositeur. Agé de 57 ans, il a milité au sein d’une multitude de formations, dont la plus notoire répond au patronyme de The Stems. Pratiquant une forme de garage/rock, elle a d’abord sévi entre 1983 et 1987. Un premier cycle ponctué par la publication de l’album "At first sight Violets are blue". Le second s’est déroulé de 2003 à 2013. Mais dès 2008, Mariani fonde déjà Datura4. Le combo cherche à récréer l'atmosphère des groupes de hard rock des 70’s, en y ajoutant une large dose de psychédélisme. D’ailleurs, illustrée par Joshua Marc Levy, la pochette reflète parfaitement ce concept. Une femme nue sort de la fleur de datura… Il n’est ainsi pas très surprenant que Datura 4 ait signé chez le label indépendant Alive Natural Sound.

En ouverture, "Out with the tide" constitue déjà la première claque. Un rockin' blues chargé d’intensité, stimulé par la présence des deux guitares. Elles montent un véritable mur du son sur "You ain't no friend of mine". Un rock à la rythmique musclée, mais pas du tout métallique, au cours duquel les changements de rythme sont fort bien maîtrisés. La voix de Mariani colle impeccablement au style. Des vocaux tendres envahissent "Another planet", un  boogie rock atmosphérique. Rythmique, l’une des grattes dispense des sonorités réverbérées, alors que l’autre décolle. Mais si on y recèle une touche psychédélique, elle demeure légère, afin de permettre au climat boogie de se développer. Excellent! L'empreinte psyché s'intensifie sur "Journey home". Le tempo devient répétitif, hypnotique. Nonchalantes, les voix alimentent le caractère lysergique de l'ensemble. Et tout au long de ce voyage à l’acide, le quartet semble parfaitement à l’aise. Des riffs rythmiques implacables, écrasants, amorcent "Hoonsville". Et c’est au cœur de ce heavy blues âpre et autoritaire, que la slide trace sa voie, avant que la compo ne vire à la jam underground… Boogie/blues sans compromis, "Demon blues" est chargé d’électricité puisée au début des seventies. Transique, "Pissing up the wall" est à nouveau balisé par des riffs rythmiques accablants. Les musicos sont particulièrement soudés. Les vocaux deviennent caverneux. Les cordes montent crescendo. "Killjoy" adopte un profil semblable, peut-être davantage hanté par le Black Sabbath du premier elpee. Le chant est quand même moins lugubre ; et puis les grattes se relaient constamment. "Gravedigger man" réduit quelque peu la pression. "Love to burn" constitue la plus longue plage. Le spectre de The Cream plane. Mais celui de la période la plus allumée du trio anglais ("Disraeli Gears"). D’abord atmosphérique, cette composition vire au voyage psychédélique, sous l’impulsion des cordes de grattes acides. Les percussions de Warren Hall entament "Seven was Eleven", un titre instrumental qui s’achève cependant dans la douceur et le calme. Bienvenue dans le monde étrange de Datura 4 ! 

 

Boogie Beasts

Come and get me

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Solide formation, Boogie Beast réunit des musicos liégeois, limbourgeois et un chti (NDR : en l’occurrence Mathias Dalle, alias The Goon Mat). Elle aimé mêler delta blues et boogie, en y ajoutant un parfum emprunté aux collines du Nord du Mississippi, région qui a enfanté RL Burnside et le label Fat Possum. Un style dont les lieux de prédilection sont les Juke joints. Le line up implique le drummer/percussionniste Gert Servaes (Voodoo Boogie), l’harmoniciste Fabian Bernardo (alias Lord Bernardo) ainsi que deux chanteurs/guitaristes, Jan Jaspers (Voodoo Boogie) et Mathias Dalle (ex-Stinky Lou and The Goon Mat).

Le son des Boogie Beasts est primaire, brut de décoffrage. Et on s’en rend compte dès les notes d’ouverture concédées sur "Blast". La tonalité des cordes est surprenante. Lord Bernado s’autorise le premier envol. Un envol original et accrocheur qu’il concède à l’harmo. Une plage qui se fond progressivement dans "Calling my name". Réverbérées, les sonorités de cordes dispensées par Dalle macèrent bien dans le Delta. Primitives, les percussions introduisent le très rythmé "Shake 'em". Les deux vocalistes conjuguent leurs voix tout au long de ce funk irrésistible, obsessionnel, hanté en arrière plan par l’harmonica. Le tempo ne faiblit pas et devient même frénétique sur "Dig". Implacable, la section rythmique permet aux solistes de s'exprimer. "Coming home to you" baigne au sein d’une atmosphère mystérieuse. Cool, les voix communiquent un sentiment de douceur judicieux. Libres, les grattes nous invitent à vivre un voyage aux confins de la transe psychédélique. Inflexible, la rythmique reprend les rennes sur "Would you please shut up", une phrase répétée inlassablement par les vocalistes, alors qu’une guitare s’évade pour exécuter un solo créatif et complexe. Et si la basse bourdonne, l'harmonica ne tient plus en place! Les voix sont accrocheuses et changent de registre tout au long de "Do her thing". Le tempo est alerte. Une plage créative, au cours de laquelle la six cordes de Gert Servaes entre en effervescence. "Rainy day" monte progressivement en puissance, une gradation exploitée par l'harmonica. "On my own again" est également atteint de fièvre rythmique. Fabien en profite à nouveau pour décoller sur son harmonica. Ce juke joint blues ne souffre d’aucune faiblesse. Nerveux, percutant, "Soul keeps trying" aurait certainement mérité un traitement plus long. Car on atteint déjà la plage finale, "Like a fool". Une compo de 120 secondes qui macère dans une solution sonore étrangement mélancolique. Cependant, les guitares ont à peine le temps de s’installer, que la piste s’achève. Vous avez oublié votre cd dans le lecteur ? Bonne idée ! Au bout de 8 minutes de silence, on a ainsi droit à un bonus track. Soit une dernière tranche de psychédélisme à la fois planant et ravageur… Excellent !

 

Balkun Brothers

Balkun Brothers

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Responsable d’un blues/rock énergique, cette formation nous vient de Hartford, dans le Connecticut. Et elle compte déjà plusieurs albums à son actif, dont le précédent, "Redrova", figurait au sein du Top 20 de votre serviteur, en 2014. A cette époque, elle se produisait sous la forme d’un trio impliquant un bassiste. Depuis, les frères Balkun –le chanteur/guitariste Steve et le drummer/chanteur Nick– poursuivent l’aventure en duo. Encore que le pianiste Dave Reyes vient leur filer régulièrement un coup de main. Début 2015, ils rencontrent le célèbre bluesman new-yorkais, Popa Chubby. C’est lui qui va se charger de l’enregistrement, du mixing et de la production de cet opus éponyme, un disque paru sur Dixiefrog, le label français cher à Philippe Langlois, sur lequel le combo a signé. Il va également inviter les frangins à assurer le supporting act de sa première tournée européenne, en Belgique, Allemagne, France et aux Pays-Bas...

"Been drivin" ouvre la plaque. Un blues puissant imprimé sur un tempo enlevé. Nick sert de section rythmique à lui seul. Il domine l’espace sonore de ses fûts, alors que Steve chante d’une voix furieuse, libérant ses cordes dès qu’il en a l’opportunité. Elles deviennent très métalliques sur "I know what ya' did", une plage qui nous plonge dans le cœur du Delta. Il glisse sur son manche, son bottleneck bien fixé au doigt, en trahissant une rage à peine contenue. "She got it all" adopte un rythme plus cool. Steve laisse vagabonder sa slide. Il nous entraîne au sein d’un trip à la fois énigmatique, atmosphérique et psychédélique, avant que la compo ne s’achève par un galop délirant. Un riff profond balise "Control yourself", un power blues/rock solide et âpre au terme duquel, frénétique, la slide se débat dans des eaux tumultueuses. "Cold heart" nous expédie près de cinquante ans en arrière, dans un univers sonore institué par le Jimi Hendrix Experience, The Cream ou encoure Mountain. Une piste à la fois percussive et déjantée, au cours de laquelle Nick Balkun affiche tout son talent aux drums. La voix devient autoritaire sur le rockin' blues "Pawn shop". Une seule reprise : le "Mean town blues" de Johnny Winter ; et finalement, ce n’est guère étonnant. Et pour cause, Steve calque son dynamisme sur celui de l'albinos texan, tout en affichant la même rage dans la voix. La slide peut alors divaguer au sein des percussions tribales, martelées par le petit frère. "The painkillers" vire au hard/blues/rock. La guitare se révèle à la fois créative, obsessionnelle, débridée ou transique. Le spectre de Leslie West (Mountain) recommence à planer… Solide, "Bapadubap" répand des fragrances surprenantes. Le piano de Dave Reyes communique une certaine sérénité au blues lent "Jail bird". "Storm for the devil" opère un nouveau périple dans le delta. Puissante, dense, la slide épouse la voix qui manifeste beaucoup de détermination. Un des sommets de la plaque ! "Rainy day front porch blues" remonte à nouveau dans le temps (?!?!?). Il pleut. Des bourrasques secouent un rocking chair installé devant une vieille bâtisse en bois, non loin du Mississippi. Ce clin d'œil adressé au blues originel, est alimenté par une guitare resonator aux tonalités réverbérées et parcouru de percussions dépouillées. Les Balkun Brothers ont encore frappé fort !

 

Zora Young & Little Mike

Friday Night

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Originaire du Mississippi, Zora Young est une chanteuse de couleur noire. Il semblerait qu’elle soit une cousine éloignée du mythique Howlin' Wolf. Elle était encore très jeune quand sa famille s'est fixée à Chicago. Elle a publié plusieurs albums solos, dont trois sur le label notoire chicagoan, Delmark.

Little Mike, c'est le pseudo de Michael Markowitz, un harmoniciste originaire du Queens, à New York, mais établi en Floride depuis quelques années. En 1978, il avait monté son groupe, Little Mike and The Tornadoes. Le dernier elpee du combo, "All the right moves", date de 2014. Et début 2015, LM&TT avait déjà publié un ‘live’ en compagnie de Zora Young, "Live at the St. Augustine Bluzfest". "Friday Night" été enregistré dans le studio Eclipse de Ste-Augustine, sous la houlette de Markowitz.

"I've been a fool too long" ouvre l’elpee. Un blues puissant signé par Markowitz, au cours duquel parcimonieuses, les cordes de O'Melio sortent déjà de leur réserve, alors que l’ensemble est soutenu par le saxophone de Rick Johnson et la trompette de Gary Smith, pendant que Jim McKaba double piano et orgue. Quel panache ! Zora a du vécu ; ce qui lui a permis de forger son expérience. Naturelle, sa voix est chargée de passion et de feeling. Et "A fool's lament" en est une belle illustration ; un soul/blues flemmard, caractérisé par la première intervention à l’harmo de Little Mike. Les accords des ivoires vous entraînent à travers les rues de la Nouvelles Orléans sur le célèbre "44 blues" de Howlin' Wolf, une version étonnante et par ailleurs excellente. Le piano de McKaba est omniprésent tout au long du R&B "True love is hard to find", une plage colorée par les cordes parcimonieuses d'O'Melio. "I love Chicago" nous entraîne, bien évidemment, à Chicago, un blues que souligne de ses touches d’ivoire, Jim, manifestement inspiré par les mythiques Otis Spann et Sunnyland Slim, alors que Tony s’autorise distinctement un billet de sortie sur sa guitare. Rythmé et cuivré, l’épatant "Friday night" se signale par une sortie percutante et troublante de Little Mike à l’harmo. Zora ne boude pas le blues lent. Elle se délecte ainsi au chant de "Chains of love", un morceau issu de la plume de feu Harry Van Walls, un pianiste de couleur noire. Et bien sûr, c’est McKaba qui siège derrière le piano. Il occupe même l'avant-plan avant que Tony ne dispense ses accords de cordes bouleversants. En fin de parcours, Miss Young s'installe solidement à Chicago et nous réserve le "Just your fool" de Little Walter, une version au cours de laquelle Little Mike est impérial à la musique à bouche. L’opus recèle deux reprises d'Otis Spann, le génial pianiste du Muddy Waters Band : "Country girl" et l'instrumental "Spann's boogie". Enfin, toujours dans le même style, une autre de Bonnie Lee, chanteuse disparue en 2006, "I'm good". Un excellent album!

 

Rhum For Pauline voudrait quitter la Floride

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Rhum for Pauline dévoile son tout nouveau clip pour le titre « Florida », extrait de son premier album « Leaving Florida ». Et c’est ici

 

 

The Mountain Goats

Un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

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C’est l’automne… une saison propice à la chute des feuilles… C’est également la période au cours de laquelle se déroule le festival Autumn Falls. Un festival itinérant qui invite des groupes ou artistes émergents, à travers la Flandre et Bruxelles, à se produire au sein de différentes salles, dont le Trix d'Anvers, le M@Z de Bruges, le Trefpunt à Gand, le 4AD de Diksmuide, le Botanique et bien d’autres encore. Et un pass de 50€ vous permet d’accéder à tous ces concerts qui s’étalent du 20 octobre au 18 décembre. Ce soir le Bota accueille The Mountain Goats et The Weather Station.

Les tentures sont tirées à hauteur de la table de mixage, de manière à rendre la salle moins déserte. Lorsque The Weather Station entame son set, il y a plus ou moins 150 personnes, au sein de l’Orangerie.

The Weather Station n’est pas une station météorologique anglo-saxonne, mais une formation canadienne drivée par Tamara Hope. Auteur/compositrice/multi-instrumentiste, elle est également actrice. Elle a ainsi assuré le rôle principal dans la série télévisée 'Guenièvre Jones'. Son dernier opus, « Loyalty », est paru cette année. Un disque enregistré en étroite collaboration avec Afie Jurvanen (Bahamas) et Robbie Lackritz (Feist).

Tamara alterne entre guitare, banjo et claviers. Et propose une musique folk mélodieuse, intense, parcourue de lyrics à double sens, ambigus et chargés de métaphores complexes. Brefs, les amateurs de Steve Gunn ou encore Ryley Walker devraient s’y retrouver.

Armée de sa gratte électrique, elle attaque « Floodplain ». Dès la fin de son morceau, elle convie ses deux musicos –en l’occurrence un bassiste (barbu) et un drummer– alors backstage, à la rejoindre, en leur adressant un petit signe de la tête. La voix de Hope est claire, limpide, cristalline même. La section rythmique est au diapason de la musique, empreinte de douceur et de tendresse. Mais le répertoire manque cruellement de punch et un ennui certain commence à gagner votre serviteur. Si bien qu’il s’éclipse du côté du bar. Dehors, de nombreux véhicules des forces de l’ordre circulent sur les grands axes. Les trams et les bus sont à l’arrêt. Quatre policiers lourdement armés surveillent l’entrée du Botanique. L'ambiance est lourde…

The Mountain Goats vient de graver son quinzième elpee. Il s’intitule « Beat the Champ ». Un concept album qui s’intéresse au monde du catch professionnel, dont les combats se déroulent au Sud des States, une discipline qui fascine le frontman, John Darnielle. Il y dépeint parfaitement des personnages imparfaits, qui vivent au sein d’un monde à la fois déchirant et exaltant. Et les plages qui oscillent entre ballades mélancoliques (avant le combat) et titres énergiques (pendant le combat) reflètent les émotions ressenties par les athlètes, comme les doutes ou les peurs…

John Darnielle se consacre au chant, à la guitare et aux claviers. Il est soutenu par le bassiste Peter Hugues, le drummer Jonathan Patrick 'Jon' Wurster et le multi-instrumentiste Matthew Douglas. Ce sympathique barbu (encore !) est un fameux musicien. Il brille d’ailleurs aussi bien aux cuivres (saxophone alto, clarinette), qu’à la six cordes.  

Tendre, « Southwestern Territory » (« Beat The Champ ») ouvre le show. John est habité par son chant. Les cuivres sont magiques. Le tempo s’élève progressivement tout au long de « Cry For Judas » (« Transcendental Youth »), un morceau cuivré, stimulé par le piano, au cours duquel John se sert d’une gratte semi-acoustique. La set list privilégie quand même les titres folk/pop voire americana (« Animal Mask », « Heel Turn 2 », « Never Quite Free »), compos que tisse soigneusement John, parfois même comme de la dentelle (« Get Lonely »).

Les musicos quittent le podium pour laisser s’exprimer le frontman en solo. Et il va nous réserver une véritable démonstration à la six cordes électro-acoustique ou aux claviers, pendant 15 bonnes minutes. Sa voix est aussi à l’aise dans les graves que dans les aigus. Particulièrement interactif, il nous balance quelques vannes entre les morceaux. Une reprise : le « Going To Marrakesh » de The Extra Glenns.

Après cet intermède, ses acolytes remontent sur l’estrade. Deux guitares, mais pas de cuivres pour le rock plus classique « The Diaz Brothers » (« Transcendental Youth »). Caractérisé par son refrain accrocheur, « Foreign Object » (« Beat The Champ ») est une compo pop davantage sucrée.

Plus déclamatoire, « Stabbed To Death Outside San Juan » (« Beat The Champ ») est un titre plus expérimental, dont le climat ténébreux est entretenu par la ligne de basse. Atmosphérique, « Damn These Vampires » (« All Eternals Deck ») est dominé par les ivoires. Ce soir, les caprins (NDR : ce sont des chèvres des montagnes qui vivent dans les Rocheuses) nous ont apporté un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

(Organisation : Botanique + Toutpartout)

Alice on the Roof

Alice à l’AB des Merveilles…

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Dans une salle quasi-bondée, Alice on the Roof est venue défendre son prochaine album qui sortira le 22 janvier 2016. Son titre ? « Higher ». Vu les circonstances, les organisateurs de spectacles en Belgique, quels qu’ils soient, ont décidé de renforcer leurs mesures de sécurité. L’AB ne déroge pas à la règle. Des fouilles sont imposées à chaque visiteur. Ce vendredi 20 novembre, des policiers et des militaires arpentent le boulevard Anspach, armés de mitraillettes. Cette présence massive des forces de l’ordre ne parait inquiéter outre mesure les aficionados de la belle Alice.

Après ce qui paraît être une interminable attente, la jeune Montoise (NDR : elle n’a que 20 printemps) monte sur l’estrade. Si une gentille fée devait exaucer le vœu d'une petite fille qui rêve d'un ailleurs ou d’atteindre les étoiles, elle irait sans doute chez cette cendrillon de la chanson. Depuis son passage dans l’émission ‘The Voice Belgique’, où elle est arrivée jusqu’en demi-finale, la perle belge a fait du chemin. En préparant d’abord une démo avec Marc Pinilla du groupe Suarez, pour l’envoyer ensuite, sans trop y croire, à Tim Bran, producteur, entre autres de London Grammar. La magie opère. De cette collaboration va naître un Ep de cinq titres intitulé « Easy Come, Easy Go ». Le rêve n’est pas prêt de s’arrêter pour celle qui sera, le temps d’un soir, notre ‘Alice à l’AB des Merveilles’...

La soirée commence par un envoûtant « Like a dying rose ». Le charme opère dès les premières notes mêlant les sons électro et traditionnels du clavier. La reprise de « Princes » du groupe Oscar And The Wolf fait sensation auprès d’un public médusé par le timbre singulier de l’artiste. La suite laisse l’assistance sans voix, sauf pour certains fans qui scandent ‘On t’aime Alice !’. La ligne mélodique du violon de Nicolas Stevens résonne dans cet amphithéâtre. Parfois, il suffit de peu pour que la musique pénètre dans notre cœur et le fasse palpiter. Ces quelques secondes d’intro de ce qui semblait être le morceau « Race in the Shadows » est un pur moment de bonheur. Le violoniste s’insère ensuite dans cette composition très mélancolique intitulée « On the roof », jouée magnifiquement au clavier par la fée originaire de Saint-Ghislain. Après ces mélodieuses promenades, la scintillante interprète invite sur le plateau Sean Dhondt, animateur radio chez Qmusic, afin de partager le célèbre single de Major Lazer, « Powerful ».

Le set se poursuit par « Let me down » avant le très attendu « Easy Come Easy Go ». Le tube, qui l’a propulsée sur le devant de la scène, est chanté en chœur par une assistance complètement conquise. Le petit refrain notoire ‘Oooooo’, répété plusieurs fois, semble hypnotiser les mélomanes. Ils poussent la chanteuse à reprendre le morceau une deuxième fois.

Le concert se poursuit par de nouveaux titres comme le très groovy « Feel tonight » ou l’énigmatique « Walk the line ». Après une très courte pause, l’artiste entame la reprise du « Don’t Give Up » de Peter Gabriel et Kate Bush, qui, dit-elle ‘prend tout son sens aujourd’hui’, par rapport aux événements en cours.

La fin de la représentation est rythmée par des compositions qui font la part belle au synthétiseur (« Mystery Light »), à la batterie électronique (NDR : jouée de main de maître par Santo Scinta, le drummer, entre autres, d’Adamo) et le tambour utilisé par la vocaliste (« Lucky You », « Sound of Drums »).

Quelque part parmi les étoiles montantes de la chanson belge, Alice on The Roof mérite sa place dans ce ciel illuminé de talents prometteurs. Un petit soleil est né et n’est pas prêt de s’éteindre.

Setlist : Like a dying rose – Monopoly Loser – Princes – Race in the shadows – On the roof – Powerful – Let me down – Easy Come Easy Go – Feel tonight – Walk the line – Don’t Give Up – Mystery Light – Lucky You – Sound of Drums.

(Organisation : STLive – Dp Communications + Ancienne Belgique.

 

Raphaël revisite Manset !

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Après Gaëtan Roussel et Julien Doré, c’est au tour de Raphaël de se voir offrir la scène des Francofolies de La Rochelle pour présenter une création consacrée à un artiste de son choix.

Raphaël a choisi Gérard Manset, et son album « Matrice », dont l’unique opportunité de voir et d’entendre les titres joués sur scène est, en soi, un évènement. Le concert a été un des temps fort du festival, entre rock sombre et cordes aériennes, entre clair-obscur et lumière crépusculaire.