La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Suede 12-03-26
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

28.03.19
Finale Sound of Sprouts

01.04.19
Ashley Henry

16.04.19  |  Gratuit
Gabriel Kahane

21.04.19
Ron Gallo

17.05.19
Boogie Belgique / Poldoore

http://www.abconcerts.be

 

 

mercredi, 13 février 2019 12:38

Hidden Floor

Cinquième album pour Coffee or Not, un duo réunissant la claviériste Soho Grant et le drummer/guitariste Renaud Versteegen, les deux musiciens assurant également les vocaux, à tour de rôle ou en harmonie, des vocaux limpides qui confèrent à la musique un aspect particulièrement atmosphérique.  Mais la force du tandem, c’est de réaliser le parfait équilibre entre musique électronique (NDR : y compris les boucles) et organique. Pas de ‘tchack, tchack, boum’, d’expérimentations gratuites ou de recours à l’électro, parce que c’est dans l’air du temps. Ici tout entre en osmose pour conduire à une expression sonore bien personnelle. Bien sûr, on y décèle des influences, mais elles sont parfaitement digérées. On pense ainsi à Archive pour la rythmique sur « Slo-Mo », une piste de plus de 10’, et puis surtout tout au long de « Relapse », un superbe morceau construit en crescendo (instrumentation en couches successives, tempo), même si l’intro est hanté par le spectre de Nico. Ensuite Blonde Redhead, pour cette instrumentation qui épouse la voix sur le mélancolique « Sleepless run » et tout au long de « Dear earth », mais des vocaux dispensés en arpèges. Et si « Salento », morceau hanté par Godley & Creme, met en exergue la basse d’un certain Jiří Grešák (NDR : seul invité lors des sessions), une autre ligne de basse bavarde parcourt l’épatant et cinématique « Hiddenfloor », un peu comme chez Tuxedo Moon (NDR : une pensée émue pour feu Peter Principle).  On soulignera encore le soin apporté aux arrangements et la mise en forme réalisée par Rudy Coclet.

mercredi, 13 février 2019 12:34

The roots of her soul

Sweet Jane, c’est le projet de Christel Mignolet et « The roots of her soul » constitue son quatrième elpee, un disque qui fait suite à « Little bird », paru en 1999, « Full moon », en 2003 et « Time away », en 2014. Le thème de cet opus ranime les souvenirs de son voyage accompli en Australie. Elle s’est ainsi inspirée des couleurs et des parfums de ce pays antipodal afin d’y raconter l’histoire d’une jolie aborigène au parcours initiatique (NDR : c’est dans la bio !).

Ce nouvel album recèle 10 titres ; et la première chose que l’on retient c’est la voix de Christel. Douce, claire, parfois sinusoïdale, elle évoque Elizabeth Frazer lorsqu’elle devient angélique, notamment sur « Tightrope walher », une valse bercée par des accords de piano, et puis Jane Birkin lorsqu’elle se mue en chuchotement, comme sur « Love is a long way to go » ; mais en général, cette voix rappelle plutôt Joni Mitchell. Pas étonnant quand on sait que la musique de Sweet Jane baigne dans le pop/folk, même si certains titres sont particulièrement riches, à l’instar de « Southern cross » ou de « Tell me when we go », une plage dont les claviers vintage ondoient. On a même droit à un zeste de synthé sur « Wauba debar », un des deux morceaux les plus enlevés du long playing. L’autre, « In the ray of light » nous plongeant dans une forme d’insouciance qu’accentue un sifflotement désinvolte. Car la plupart des compos sont duveteuses, légères et propices aux ballades, même si le titre maître est stimulé par une superbe ligne de basse. Un album, finalement, très agréable à écouter…

Pour enregistrer son dixième elpee studio, The Smashing Pumpkins a réuni son line up aux trois-quarts, puisqu’il y manque la bassiste D'arcy Wretzky, qui s’est retirée de la scène musicale depuis l’an 2000. Jeff Shroeder assurait le rôle de lead guitariste, depuis 2008. Mais lors du retour de James Iha, il a repris celui de bassiste.

On ne peut pas dire que les albums de Smashing Pumpkins aient été fracassants, depuis le début du millénaire. Et la carrière de Billy Corgan en solitaire ainsi que chez Zwan ne s’est pas avérée davantage brillante.

Alors quoi ? Quid de ce “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun”? Et bien, a contrario de ce que prétend la presse spécialisée, il est intéressant. Bien sûr, il n’atteint pas le statut de l’album culte de, Mellon Collie and the Infinite Sadness », mais il renoue avec un passé glorieux reflété par « Siamese dream » et « Adore ». Pas sur tout l’album, mais grâce à quelques compos bien torchées, comme le contagieux « Silvery sometimes (Ghosts) », le bien grunge « Solara » ainsi que « Marchin’ on », un titre percutant qui aurait pu figurer au répertoire de Metallica. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que c’est Rick Rubin qui a produit le long playing. Enfin, pas long, plutôt court, puisqu’il ne dure que 33’. N’empêche les interventions de James Iha, à la gratte, valent leur pesant de cacahuètes, et puis Jimmy Chamberlin, malgré ses problèmes récurrents d’addiction, est un fameux drummer. Il étale même toute sa virtuosité sur la ballade épique mid tempo « Alienation », le single « Solara » ainsi que lors de la finale, « Seek and you shall destroy », une piste caractérisée par une bien jolie mélodie. Enfin, l’opus s’ouvre par une drôle de compo, une autre ballade alimentée par un synthé et enrichie de chœurs gospel. On en oublierait presque la voix de Billy Corgan qui est… égale à elle-même. Et si “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun” n’est pas l’album de la décennie, il a au moins de mérite de retrouver ses fondamentaux. Alors à l’instar des citrouilles, pourquoi ne pas s’éclater. En espérant que le second chapitre soit encore de meilleure facture…

 

mercredi, 13 février 2019 12:32

Get Tragic

Cinq longues années déjà que Blood Red Shoes n’avait plus sorti d’album. Et le duo a failli jeter l’éponge, épuisé par plus de 10 années de tournée. Finalement, en se brisant fortuitement le bras, suite à un accident de vélo, Laura Mary Carter a été forcée de prendre une pause. Elle est alors partie aux States, abandonnant Steven Graham Ansell, pour y bosser en compagnie de producteurs. Et en même temps s’est mise à composer… au synthé. Ce qui explique sans doute pourquoi le cinquième elpee de B.R.S. laisse une bonne place à l’électronique, pour embrasser un style qu’on pourrait qualifier d’électro/rock.

Et à première écoute, hormis la voix de Laura, bien différente de celle Shirley Manson, on ne peut s’empêcher de penser à Garbage. Surtout pour les titres les plus percutants, même si le lancinant « Beverly », auquel participe Ed Harcourt, lorgne plutôt vers The Kills, « Anxiety », les Black Keys, et « Howl », Lamb, sous a forme la plus organique. L’opus recèle cependant des morceaux plus atmosphériques, comme le spasmodique « Nearer », au cours duquel la voix plaintive de Laura rappelle celle de Beth Gibbons et puis surtout « Find my own remorse » réminiscent de Naked Eyes (NDR : souvenez-vous de sa version du « Something there to remind me » en 1983, une compo signée Burt Bacharach et Hal David, mais popularisée par Sandy Shaw, en 1964… un bail !)

Bref, « Get tragic » est un album plutôt agréable à écouter. Mais a-t-on besoin d’un nouveau Garbage, en 2019 ?

En concert dans le cadre des Nuits Botanique ce 25 avril 2019.

mercredi, 13 février 2019 12:31

I saw the megahertz

Curieux, l’album solo de Paddy McAloon, « I saw the megahertz », sorti en 2003, vient d’être réédité sous le patronyme de son groupe, Prefab Sprout. Opération marketing ? Peut-être, vu que cet opus paraît également en vinyle. Et puis que la musique symphonique contemporaine semble attirer de plus en plus d’adeptes, même dans le clan des mélomanes qui ne jurent que par la pop ou le rock. Un engouement suscité par les Moody Blues, fin des sixties et Barclay James Harvest, début des seventies…

Presque exclusivement instrumentales, les compos mettent en exergue des sections de cordes et de cuivres, dans un style bien plus proche de Ravel voire de Debussy que de Prefab Spourt, dont le chanteur/guitariste/claviériste/compositeur britannique nous avait alors habitués à ce jour.

Pour votre info, sachez que Paddy est occupé d’écrire de nouvelles compos pour un futur opus qui s’intitulera « Femmes mythologiques. Prévu pour septembre, il proposera des chansons qui parleront des femmes célèbres, comme Eve, Hélène de Troie, Cléopâtre ou encore la reine de Saba.

mercredi, 13 février 2019 12:29

First Flower

Pour enregistrer ce deuxième elpee, Molly Burch a notamment reçu le concours de Dan Duszynski ainsi que son compagnon, Dailey Toliver, à la mise en forme, ce dernier assurant, en outre, la plupart des parties de guitare. Etablie à Austin, la chanteuse/compositrice/interprète possède une voix particulière, sensuelle, aussi lascive que celle de Marilyn Monroe, mais lorsqu’elle monte d’une octave, on ne peut s’empêcher de penser à Kate Bush. Dans ses lyrics, elle traite de sujets comme la dépression, l’anxiété ou des relations amoureuses éphémères, des compos qu’elle interprète sur une musique rétro où se mêlent, surf (la guitare), americana, soul vintage, jazz et influences latines comme la bossa nova, le tango, la rumba ou le paso doble. A écouter, de préférence, confortablement installé dans un sofa…

mercredi, 13 février 2019 12:26

I’ve tortured you long enough

« I’ve tortured you long enough » constitue le second opus de Mass Gothic et fait suite à un éponyme paru en 2016. Première constatation, Noel Heroux et sa compagne Jessica Zambri se partagent bien plus équitablement les rôles que sur le précédent elpee. Le duo écossais nous y propose une musique alimentée par des guitares, percus et synthés, une forme d’électro/rock parfois contaminée par l’indus, sur laquelle viennent se poser les voix claires de Noel et/ou Jessica ; et ce sont, en général, ces voix qui tissent la mélodie au sein d’un climat ténébreux et romantique. On regrettera cependant une uniformité de ton, dû au recours trop envahissant à l’électronique, qui finit par lasser. Si c’est bien dans l’air du temps, pour l’originalité, faudra repasser…

mercredi, 13 février 2019 12:19

Spencer sings the hits

On connaissait Jon Spencer à travers le Jon Spencer Blues Explosion, The Honeymoon Killers, Pussy Galore, Heavy Trash ainsi que Boss Hog. Il vient de graver son premier elpee solo. Enfin pas tout à fait, puisqu’il est soutenu par Sam Coomes aux synthés et M. Sord aux drums. Et nonobstant son titre, cet album n’est pas une compilation, mais bien un LP studio.

Découpé en 12 plages, qui ne dépassent jamais les 3’, « Spencer sings the hits » s’ouvre par l’offensif « Do the trash can ». Libérant un fameux groove il est digne des Cramps. D’autant plus que Spencer nous réserve déjà un premier cri primal. D’ailleurs on retrouve régulièrement ses onomatopées caractéristiques tout au long de cet elpee, et bien sûr son style vocal déclamatoire inimitable, qui emprunte même un flow presque hip hop sur « Hornet » ainsi que l’implacable « Wilderness ». Les deux plages les plus blues, « Cape » et « Love handle », entrecoupées de brèves interruptions, rappellent l’admiration que porte Jon à R.L. Burnside. Des breaks qui sont encore plus fréquents tout au long de « Fake ». « Time 2 be bad » est gorgé de fuzz poisseux ainsi que de riffs sales et fiévreux alors que « Alien humidity » est aussi aride que spasmodique. Un titre plus rock voire même grunge : le single potentiel « I got the hits ». Enlevé, « Beetles boots » aurait pu figurer au répertoire des B52’s, mais sans Katie Pierson et Cindy Wilson, la voix de Jon adoptant cependant les mêmes inflexions que celle de Fred Schneider. Plus eighties, « Ghost » – qui porte bien son titre – baigne au sein d’un climat dark, menaçant, alors que « Overload » se distingue par des couplets inspirés de Depeche Mode, les quelques bidouillages électroniques, accentuant cette impression.

Jon Spencer se produira ce 1er mai 2019 dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines.

jeudi, 07 février 2019 14:42

There’s a riot going on

Yo La Tengo a intitulé son 15ème opus, “There's a Riot Goin' On”, soit le même titre que celui choisi par Sly & The Family Stone, en 1971. La musique est bien sûre bien différente, entre les deux groupes, nés à des époques différentes, mais le message politique est aussi revendicatif. En fait, les lyrics traitent de l’inquiétude existentielle, née de l’insécurité provoquée, notamment, par Donald Trump, dans leur pays. Mais le plus paradoxal, c’est que le nouvel elpee est sans doute le plus contemplatif et probablement le plus expérimental, concocté par le trio de Hoboken (NDR : c’est dans le New Jersey), depuis ses débuts. Il lui a quand même fallu trois longues années pour le réaliser.

Les 15 plages de cet album baignent au sein d’un climat atmosphérique hanté par des harmonies vocales éthérées et alimenté par une expression sonore qui oscille entre psychédélisme et électro, en passant par le folk, la bossa nova, l’ambient, le jazz et même la lounge. Tour à tour, on pense à Damon & Naomi, Syd Barrett, Ducktails, le Floyd circa « Meddle », Robert Wyatt et même Brian Eno. Il y a même un peu de doo-wop sur « Forever », une compo dont la ligne de basse passe en boucle. Sans quoi, si le mélomane lambda épinglera surtout les pistes psyché/folk (« She may, she might », « Dream dream away ») ainsi que les deux compos les plus accessibles (le très sixties « Shades of blue » et le power/pop « For you too »), il faut reconnaître qu’il faut vraiment avoir l’esprit totalement serein pour se laisser emporter par ces longs développements instrumentaux ondulatoires et brumeux, souvent propices à la méditation, à l’instar du particulièrement mélodieux « You are here », un morceau contaminé par le drone flou et hypnotique… mais lorsqu’on y parvient, on a envie d’y rester…

En concert ce 16 février à l’Aéronef de Lille (réservations ici)