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Bernard Dagnies

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jeudi, 07 février 2019 09:33

The return of Jesus Christ

Valerie Solanas est une féministe radicale qui avait tenté d’assassiner Andy Warhol, en 1968. Violée par son père, elle s’était prostituée pour achever ses études en psychologie, puis avait rédigé un manuscrit intitulé « Up your ass », qu’elle avait soumis à l’artiste de pop art, sans avoir de retour de sa part. Mobile de sa tentative de meurtre. Elle est décédée le 25 avril 1988 à San Francisco. Elle est surtout connue pour son pamphlet ‘SCUM Manifesto’, un appel à la lutte violente contre les hommes et à la libération des femmes.

The Valerie Solanas, c’est ce patronyme qu’a choisi cette formation anversoise qui nous propose son quatrième opus, « The return of Jesus Christ », dont les paroles du titre maître, reprises dans la bio, sont sujets à controverse…

Mais venons-en à cet opus. Musicalement, les compos naviguent allègrement entre pop, (free) jazz, rock, country, cabaret et prog ; mais la grande originalité procède des interventions de flûte dispensées par le chanteur Michael Brijs. Elles nous entraînent au sein d’un univers sonore complexe, presque prog, à la croisée des chemins des Doors, des Moody Blues circa « To our children’s children’s children » et du King Crimson première mouture (« Lizard », « Islands ») ; et notamment tout au long de « The statuette », « Walk me through » et « 4th dimension », les trois plages les plus longues. Enfin, le baryton de Michael est un véritable caméléon, capable d’emprunter les inflexions ou le timbre, selon, de Bowie, Jim Morrison, Frank Sinatra, Matt Berninger (The Natinaol), Neil Diamond ou encore Neil Hannon (The Divine Comedy). L’opus recèle également une chouette valse bien électrique baptisée « Can’t grow up » et surtout en « Winter blossom » (voir clip ici), une superbe chanson pop. Romantique et arty, cette vidéo met en exergue le talent du cinquième membre du groupe, le graphiste Bert Lezy, invité régulièrement à exercer ses talents de dessinateur, lors des sets live, un peu dans l’esprit de feu Bruce Geduldig, mais dans un autre registre, chez Tuxedomoon. Un album très riche qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur.

Le release party se déroulera 21/02 dans la grande salle de l’Arenbergschouwburg à Anvers.

 

mercredi, 06 février 2019 10:52

Possible dust clouds

« Possible dust clouds » constitue déjà le dixième elpee solo de Kristin Hersh. Et quand on analyse sa discographie complète, en tenant compte de ses aventures vécues au sein de Throwing Muses et de 50 Foot Wave, elle doit en avoir enregistré une quarantaine, en tout.

Au fil du temps, il faut reconnaître que la voix de Kristin a changé ; elle est devenue plus âpre. Mais sa musique est demeurée complexe, qu’elle soit acoustique ou électrique. Complexe, mais particulièrement vivifiante. Et c’est à nouveau le cas sur ce nouvel opus, tout au long duquel elle explore, en général, sa face la plus électrique, un peu comme à l’époque des Throwing Muses. Pas étonnant, quand on sait que Fred Abong et Dave Narcizo, deux ex-membres de ce band figurent dans le backing group. Parfois, le spectre des Pixies se met quand même à planer, à l’instar de la valse bruitiste « Loudmouth ». Ou encore celui des Breeders, sur l’implacable « Lax », une plage soulignée de chœurs féminins. Bruitiste donc bien noisy, comme sur le crépusculaire « Breathe in » ainsi que le glorieux « Halfway home », malgré un début plus acoustique et des voix en couches, un peu comme un exercice de polyphonie vocale, un morceau caractérisé par un drumming profond. Celui du Led Zeppelin rôde également, mais sous sa forme la plus acoustique. Dans l’esprit de l’elpee baptisé « III », si vous préférez. Et tout particulièrement sur « Lethe » ainsi que le titre final « Lady Godiva », une piste empreinte paradoxalement de délicatesse et de férocité. Une basse menaçante hante le tranchant « Tulum », alors que « Gin » est un chouette hymne pop qui aurait pu figurer au répertoire de Dandy Warhols. Reste ce « Fox point », piste curieuse, percutante et dérangée, qui navigue quelque part ente Sonic Youth et les Beatles sous acide.

Et on n’en en oubliera pas pour autant ce sens mélodique et ces harmonies imparables, tout en ne négligeant pas les textes qui traitent de sujets existentiels, comme la difficulté de vivre seul ou en couple…
Excellent !

mercredi, 06 février 2019 10:50

Finklestein

David et Hamish Kilgour sont les membres fondateurs du mythique The Clean, une formation qui a marqué de son empreinte la scène indépendante néo-zélandaise, à partir de la fin des 70’s, que l’on a baptisée ‘Dunedin Sound’ et qui a révélé d’autres groupes comme JPS Experience, Able Tasmans, The Verlaines, The Bats, The Chills ou encore Bailter Space, des combos alors signés sur le label Flying Nun. A l’origine drummer, Hamish s’est exilé à New York, début des 90’s, fondant notamment The Mad Scene.
« Finklestein » constitue seulement son deuxième elpee solo, un disque qui fait suite à « All of It and Nothing », paru en 2014. Les prémisses de cet LP procèdent d’un conte né de son imagination relatant l’histoire d’un roi dont l’or commençait à lui manquer, une sorte de fable destinée à son fils âgé de 12 ans. Puis au fil du temps, au contact de Gary Olson, l’ingénieur du son et chanteur de Ladybug Transitor, qui a également participé et activement à l’instrumentation tout au long de cet opus, les compos ont pris une toute autre orientation. Finalement s’il reste encore la trame de ce projet dans les lyrics, c’est surtout le dessin de la pochette qui nous rappelle ce dessein.

Musicalement, Kilgour et Olson nous entraînent au cœur d’un psychédélisme cher à feus Kevin Ayers (« Whatevershebringswesing ») et Syd Barrett (voire du Floyd circa « More »). Mais si l’ensemble trempe dans le psycho/folk, l’instrumentation peut se révéler très riche (saxophone, vibraphone, pedal steel, etc.) et même adopter un profil krautrock circa Can (« Strange angel ») ou encore s’enfoncer dans le free jazz (« Silver dollars », « Brasilia 666 »). En fait, la sèche sert de fil conducteur aux différentes plages ; et si l’une ou l’autre se confine dans le minimalisme, la plupart s’enrichissent par couches, suivant l’inspiration…  

De ce chouette elpee, on épinglera quand même l’excellent « Gold », digne de The Clean et un « Mary sunshine » très dream pop californien dont la jolie mélodie évoque Wilco. Parmi les quelques invités, Alessandra Maria Iavacone, amie de Kilgour, vient poser la voix sur « Under the moon ». Une excellente surprise !

mercredi, 06 février 2019 10:48

Moaning

Issu de Los Angeles, Moaning est un trio fondé il y a une dizaine d’années, mais qui à ce jour n’avait publié que quelques singles et Eps. Cet opus éponyme est donc le premier. Et il a bénéficié du concours d’Alex Newport (At The Drive-In, Bloc Party, Pissed Jeans) à la mise en forme.

Ténébreuses, tendues, les compos naviguent quelque part entre shoegaze, noisy, cold wave et post punk, frôlant, tour à tour, les univers sonores fréquentés par Joy Division, Slowdive (« Tired »), My Bloody Valentine (« Somewhere in there » et ses vertiges électriques), Bauhaus (« Artificial »), A Place to Bury Strangers (« Does this work for you ») ou encore Sad Lovers & Giants (NDR : le mélodieux et remarquable « The same »). Cordes guitares tranchantes, caustiques ou angulaires, basse caoutchouteuse, claviers insidieux, voix claire mais monotone alimentent une solution sonore qui véhicule des textes traitant de questions existentielles, de problèmes relationnels et des angoisses de nos enfants face au passage à l’âge adulte.  Dans le style, c’est un must !

mercredi, 06 février 2019 10:46

Digital garbage

Il est loin le temps où les musiciens de Mudhoney se préoccupaient surtout de leurs matos et de leurs casiers de bières. C’était en 1988, lorsque le groupe est né. Inspiré par les Ramones et les New York Dolls, le combo ne se prenait alors pas très au sérieux. Pourtant, il deviendra une des figures emblématiques du grunge, dès le début des 90’s, à l’instar de Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden et Alice in Chains. Sans pourtant en récolter un même succès, il faut le préciser. Ce n’est qu’en 2006, que la pensée sociopolitique de la formation s’est éveillée, l’album « Under a Billion Suns » révélant cette nouvelle prise de conscience. De garage/punk primaire, sa musique aura donc baigné dans le mouvement grunge qui a baigné Seattle, avant de se reconvertir au garage/punk engagé, davantage inspiré par les Stooges voire le MC5. Depuis, il respecte une même ligne de conduite à travers des lyrics aussi critiques qu’ironiques. Et ce « Digital garbage » en est une belle démonstration. Les textes dénoncent le régime néo-capitaliste qui sévit aux States, un système sanctifié par Donald Trump. Ils stigmatisent également la détention des armes responsable, à leurs yeux, des tueries de masse (« Please Mr. Gunman »), le suprématisme des blancs (« Next mass extinction »), les gourous profiteurs du désœuvrement (« Messias’s lament »), les chrétiens qu’ils jugent, pour la plupart, incapables de faire preuve de charité (« 21st century Pharisees ») ou encore les dérives des réseaux sociaux (« Kill yourself live »). Parfois, la démarche est très susceptible de rappeler The Clash. Bref, si vous appréciez la musique proposée par Mudhoney depuis un peu plus d’une décennie, vous n’aurez pas de mauvaise surprise ; elle est toujours aussi solide, sauvage, menaçante, bien métallique, même si on y croise des interventions aussi inattendues d’harmonica ou de farfisa…

mercredi, 06 février 2019 10:35

Blue Spaces

Human Song c’est le projet de Jane Lake, une chanteuse/pianiste de nationalité française. Etablie à Strasbourg, elle est épaulée par le bassiste Matthew Corner, et lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, elle a reçu le concours de quelques musiciens de studio, dont l’un ou l’autre drummer. Hormis sur le titre maître, pas de guitare, mais des machines pour élaborer une musique qui sous son profil le plus aventureux, est très susceptible d’évoquer Archive.

« Blue spaces » constitue son second long playing. Il fait suite à « The birth of seven crows », gravé en 2013, et un Ep baptisé « Live au centre de la terre », enregistré 70 mètres sous terre dans le gouffre de Poudrey (Doubs). Sur les onze plages de cet LP ne figure qu’un seul instrumental, le sauvage et expérimental « Hunter’s procession » ; mais si la voix de Jane est aussi éthérée qu’angélique, elle n’exprime que rarement des mots ou alors à travers des discours déclamatoires, incantatoires, un peu comme Anne Clark, privilégiant les envolées lyriques, mélancoliques et dramatiques qui finissent malheureusement par lasser. Et si « This is not a song for war » s’enfonce dans le doom après 7 minutes de long cheminement funèbre, on regrettera surtout ces interminables vocalises gothiques pour ne pas dire cisterciennes… Dommage !

Anouk, Skunk Anansie et John Butler Trio sont venus s’ajouter à la programmation, et rejoignent ainsi notamment Bon Jovi et John Fogerty.


https://www.twclassic.be/fr/

 

Pour ce mois de février, le Botanique à Bruxelles vous propose de gagner 2 x 2 entrées pour 4 concerts différents. En l’occurrence :

- dimanche 10 février 2019 - The Sore Losers, Black Leather Jacket - Rotonde - 20h ; réponses avant le 7 février2019

- mardi 12 février 2019 - Bodega , Gong gong gong - Rotonde - 20h ; réponses avant le 9 février2019

- dimanche 17 février 2019 - Dez Mona - Rotonde - 20h ; réponses avant le 14 février2019

- lundi 18 février 2019 - Jonathan Jeremiah - Orangerie - 20h ; réponses avant le 14 février2019

Comment vous les procurer ? Complétez le formulaire ci-dessous et répondez à la question suivante avant la date de clôture.

Les gagnants seront avertis personnellement et recevront leurs tickets par e-mail.

Participez

http://www.botanique.be

 

mardi, 22 janvier 2019 18:20

The church of simultaneous existence

Ed Kuepper a donc décidé de reformer The Aints, en lui collant un point d’exclamation à la fin. Une formation qui a sévi de 1991 à 1995, mais dont le line up, hormis le leader, ne recèle plus d’autres membres originels, mais le bassiste des Sunnyboys, Peter Oxley, le batteur Paul Larsen Loughhead (The Celibate Rifles, The New Christs), le pianiste de jazz Alister Spencer, ainsi qu’une section de trois cuivres impliquant l’arrangeur Eamon Dilworh (trompette, tuba, bugle), Rafael Karlen (clarinette, sax ténor et alto) ainsi que Kyrie Miskin (trombone). Et c’est Tim Pitman (Hard Ons) qui se charge de la coproduction ! Après la séparation des Saints, Ed avait monté une nouvelle formation. Baptisée The Laughing Clowns, elle a sévi de 79 à 1985. Et il ne faut pas oublier sa carrière solo, riche en albums. Sans oublier qu’en 2008, il a remplacé Mick Harvey au sein du backing group de Nick Cave, The Bad Seeds. Mais venons-en à cet elpee, dont les compos datent de plus de quarante ans, certaines même remontant à 1969, lorsqu’il était encore au lycée. Mais pas question de compilation, car tous les morceaux sont interprétés par le nouveau line up.

Bien cuivré, l’opus s’ouvre par l’enlevé « Red Aces », un titre qui aurait pu figurer sur un album des Aints. La plupart des plages sont d’ailleurs bien rythmées, à l’instar de « You got the answer », une piste caractérisée par un zeste de claviers rognés et des accords de piano ‘plink plonk’, le bien punk « Elevator (a song for Barking Lord Jeff) » ou encore le punk roots « SOS ‘75 ». Ballade mid tempo atmosphérique, « Country song in G » aurait pu figurer dans le répertoire classique de l’Australien, au cours des 90’s. Entraînant, « Winters way » avait déjà été adapté par les Laughing Clowns, en leur temps. La voix de Kuepper est particulièrement sombre tout au long du filmique « You’ll always walk alone », une déclaration antagoniste au célèbre hymne des Reds de Liverpool. Elle est proche d’Iggy Pop, notamment dans les intonations, sur « Demo girl », une plage au cours de laquelle les interventions de basse de Pete Oxley sont énigmatiques, celles du piano, graciles, et de cuivres, jazzyfiants. Hypnotique, parfois psyché/garage, « Goonight ladies (I hear a sound without) » est une longue piste qui autorise d’excellentes digressions de guitare, tout en baignant au sein d’un climat réminiscent de Hunters & Collectors. Et le long playing de s’achever par le ludique « The rise and fall of Hoopnoch Eefill”, qu’on aurait pu imaginer naître d’une rencontre hypothétique entre Ringo Starr et les Monthy Python, et pas seulement à cause du sifflotement insouciant et contagieux qui musarde en cours de chanson.
Ah oui, un deuxième cd propose les versions instrumentales de tous ces morceaux.  

Bref un excellent album pour cet artiste injustement méconnu qu’on espère voir en concert, flanqué de ses Aints, bientôt en concert, près de chez vous…

mardi, 22 janvier 2019 18:16

Memory Drop

Le dernier elpee de Oi va Voi, « Travelling the Face of the Globe », remonte à 2009. Un bail ! Depuis, le groupe a recruté la chanteuse Zohara Niddam, qui se réserve le micro sur 6 des 11 plages de « Memory drop ». Et sa voix limpide, éthérée, colle parfaitement à une musique essentiellement orchestrale, illuminée par la clarinette de Steve Levi, qui chante également sur les autres titres. Violon et trompette enrichissent également cette expression sonore qui mêle klezmer et pop occidentale au sein d’un climat romantique. Deux pistes adoptent un profil davantage cold wave. Tout d’abord « Big Brother » ; à cause de ces interventions de guitare inspirées de Cure. Puis « Searchlight », à la section rythmique très caractéristique. Et si « Empty boxes » lorgne vers Calexico (NDR : cette trompette !), « Shelter », piste finale, nous transporte au cœur d’un univers stratosphérique, réminiscent de Dead Can Dance. Bref, un album plutôt agréable à écouter, pas révolutionnaire, et qui prend vraiment toute sa dimension sur les plages les plus enlevées…