Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

samedi, 20 janvier 2018 18:13

The Vaccines adeptes du sport de combat…

« Combat sport », c’est le titre du nouvel elpee des Vaccines qui sortira ce 30 mars 2018. Ce sera leur quatrième. Le dernier, « English graffiti », remonte à 2015. Le groupe assurera la première partie de la tournée européenne de Franz Ferdinand et tout particulièrement ce 28 février à Forest National. Single, « I can’t quit » est déjà disponible et est en écoute ici

Tracklist

Put It On a T-Shirt
I Can’t Quit
Your Love Is My Favourite Band
Surfing in the Sky
Maybe (Luck of the Draw)
Young American
Nightclub
Out On The Street
Take It Easy
Someone To Lose
Rolling Stones

http://www.thevaccines.com/

 

 

samedi, 20 janvier 2018 18:13

Benjamin Schoos en nocturne…

« All Night Every Night », c’est le titre du nouveau single de Benjamin Schoos. Enregistré entre Liège et Los Angeles, All Night Every Night est le fruit d’une nouvelle et récente collaboration avec le songwriter américain Dent May, signé sur le label d’Animal Collective. Benjamin y assure toute l’instrumentation, alors que c’est Dent May qui se consacre au chant. Ce single prélude la sortie d’un nouvel opus chanté en anglais, ce que le Liégeois n’avait plus fait depuis 2003. 

L'artiste se produira en concert au Reflektor ce 22 février 2018. Il partagera l’affiche avec Stef Kamil Carlens (Zita Swoon). Dent May sera prochainement en tournée européenne et Benjamin sera son invité à L’Olympic Café, à Paris, le 7 mars.

Pour écouter « All Night Every Night”, c’est ici

 


 

 

samedi, 20 janvier 2018 18:12

Une suite de clips pour Juicy…

Juicy, le duo belge réunissant Julie Rens et Sasha Vovk, devenu notoire pour ses concerts délirants au cours desquels ils reprennent des titres RnB des années 90/00, publieront ce 23 mars, un Ep baptisé « Cast a spell » ; et chaque titre sera doublé d’un clip d’animation.

Intitulé « Count our fingers twice », la première vidéo nous plonge au sein d’une forêt mystérieuse peuplée de gigantesques arbres et plantes sexués. Le tandem a bénéficié du concours du talentueux animateur Jan Schmicker, pour réaliser ce premier épisode. Et Gogolplex, Exonatif, Jan Schmiker, Lia Bertels ainsi que Romain Ferrand devraient se charger des suivants. C’est sous la forme d’épisodes que Juicy va nous entraîner au cœur d’univers plus loufoques les uns que les autres.

Le premier clip est à découvrir ici

 

 

 

samedi, 20 janvier 2018 12:44

Relatives in descent

Mis en forme par le Sonny DiPerri (Avey Tare, Dirty Projectors), « Relatives in descent » constitue le quatrième album de Protomartyr. Un quatuor issu de Detroit dont le post punk est enrichi de textes littéraires qui traduisent leur malaise face au monde et à son avenir (l'immensité de la civilisation moderne et les questions qui nous affligent telles que la pauvreté, la politique ou la procréation), et que chante ou surtout déclame, Joe Casey, à la manière de Mark E. Smith, Ian Curtis, Nick Cave voire Simon Huw Jones (And Also The Trees), même si sa voix emprunte parfois les inflexions à Hugh Cornwell (« Male plague »). Protomartyr puise manifestement ses références chez The Fall, Sonic Youth, Joy Division et même les Stranglers. Sa musique est sombre, sinueuse, allusive, dense, très électrique et parfois vertigineuse. Les drums sont particulièrement amples et complexes et les cordes de guitares tranchantes, grinçantes, incandescentes, torturées, spasmodiques, explosives ou grésillantes. Caoutchouteuse, la basse gronde, pulse. Un album incontournable de l’année 2017 !

 

samedi, 20 janvier 2018 12:42

Savage (Songs from a broken world)

« Savage » constitue le 21ème opus de Gary Numan en 40 ans de carrière, une sorte de concept album qui s’inspire de la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord climatique de Paris. Une œuvre au cours de laquelle, Numan imagine un monde post apocalyptique, consécutif au réchauffement de la planète. Il narre donc ces dangers comme une fiction dystopienne. Faut dire qu’au fil du temps, les disques du Londonien sont devenus de plus en plus sombres et menaçants.

Les 10 plages de cet LP tiennent parfaitement la route. S’ouvrant par le lugubre « Ghost nation » et s’achevant par l’épique « Broken », il puise ses sources à la fois dans l’électro, la pop et l’indus. Que ce soit le funk futuriste « My name is ruin », l’atmosphérique « An it all began with you », le goth disco « When the world comes apart », le minimaliste (IAMX ?) « Mercy », le majestueux « What god intended » ou le martial « Pray for the pain you serve ». Régulièrement, les synthés se teintent de sonorités arabisantes ; et des choeurs célestes, féminins viennent parfois soutenir l’ensemble. Quant à la voix de Gary, elle n’a jamais été aussi proche de celle de Dave Gahan (Depeche Mode).

 

samedi, 20 janvier 2018 12:41

Grooms

Travis Johnson est le chanteur/guitariste d’Exit Index. Le leader également. Il est le copropriétaire d’une boîte à Brooklyn, le Death by Audio Effects, depuis 2008, où on y fabrique des pédales de distorsion, en quantité limitée. Et il en a confectionné une neuve, au vibrato bien spécifique, avant d’enregistrer cet elpee. Le cinquième du trio. Le dernier disque enregistré au studio Magic Shop, avant qu’il ne ferme boutique.

Intitulé « Grooms », cet opus est découpé en 10 pistes qui baignent au sein d’une forme de dream pop atmosphérique, mélancolique, aventureuse, proche du shoegazing, mais déchirée entre climats sombres ou lumineux. Des plages élégantes, raffinées, éthérées qui réalisent pour la plupart, la fusion parfaite entre synthés et sonorités de guitare. Et comme les harmonies vocales sont vaporeuses, diaphanes, voire spectrales, on ne peut s’empêcher de penser à un Connan Mockasin, mais en plus dynamique.

On épinglera cependant le morceau d’entrée, « The directory », un titre caractérisé par sa mélodie contagieuse, le plus noisy « Some fantasy », et puis surtout la finale, « Thimble », une compo plus complexe, légèrement cuivrée, sorte d’expérience sensorielle psychédélique, colorée de cordes de gratte tintinnabulantes, abordée dans l’esprit de Kevin Ayers circa « Whatevershebringswesing »… Un chouette album !

 

samedi, 20 janvier 2018 12:38

The thread that keeps us

Le 9ème opus de Calexico a été enregistré au Nord de la Californie, au Panoramic House, une maison aménagée en studio baptisée ‘The phantom ship’ (Trad : le bateau fantôme), sous la houlette du fidèle Craig Schumacher. Et dans le but de promotionner cet album, Joey Burns et Jon Convertino ont accordé une interview à Musiczine (à lire ici). Penchons nous dès lors sur le contenu.

Le disque s’ouvre par l’excellent « End of the world with you », une piste qui aurait pu figurer au répertoire de Wilco et s’achève par « Music box », une chanson d’amour destinée à ses enfants afin de préserver les rêves dans une réalité troublée…

Bien électrique, « Voices in the field » est très typique du son Calexico. Caractérisé par ses riffs plaqués, « Bridge to nowhere » change de rythme entre couplet et refrain. Imprimé sur une boîte à rythme, « Under the wheels » adopte un tempo reggae, une plage dansante enrichie de cuivres. Des cuivres qu’on retrouve discrètement sur la ballade mid tempo « The town and Miss Lorraine ». Toutjours dansant, mais bien latino (NDR : ces cuivres !), « Flores y tamales » est interprété dans la langue de Cervantès. Tapissé par un orgue vintage, le complexe « Another space » emprunte le rythme réminisent du « Juke Box Baby » de Suicide avant de dériver dans le free jazz, les cuivres partant à l’aventure, un peu comme dans la musique de Miles Davis. « Unconditionnal waltz » est une valse, comme son titre le précise. « Girl in the forest » constitue une fable qui se dresse contre la déforestation. L’empreinte écologique est d’ailleurs le thème majeur de cet opus. La voix de Joey est aussi emphatique que celle de Richard Ashcroft sur « Eyes wide awake », alors que les guitares gémissent comme chez les Pixies. Elle devient même caverneuse sur le plus rock « Dead in the water ». Deux instrumentaux. D’abord le psyché visionnaire « Spinball ». Puis « Shortboard », où il n’y manque que la voix de… Jim Morrison…

A consommer sans modération !

 

samedi, 20 janvier 2018 12:37

You’re welcome

Sixième album pour Wavves, formation californienne (NDR: issue de San Diego, très exactement), dont le garage/pop sent bon le soleil, la plage et son sable chaud ainsi que le skate…

En 2010, « King Of The Beach avait marqué les esprits en proposant une musique qui aurait pu naître de la rencontre entre Green Day circa « Dookie » et le 13th Floor Elevator, soit entre le pop/punk et le psychédélisme le plus acide. Dans la foulée, le combo avait signé chez un major, pour qui il a publié deux albums peu inspirés. Il a donc décidé de revenir sur un label indépendant afin de retrouver sa muse. Sur lequel il a donc sorti ce « You’re Welcome », un disque de pop/punk/garage/surf assez agréable à l’écoute, mais pas vraiment révolutionnaire. Le spectre de Weezer est toujours bien présent, mais même les plages enlevées ne sont pas vraiment incendiaires. Les mélodies sont contagieuses, les harmonies vocales soignées et s’aventurent parfois dans le doo wop, le candide ou le burlesque. On a même droit à un morceau imprimé en 4/4, comme chez les Ramones (« Hollowed out »), alors qu’en finale, « I love you » adresse un clin d’œil plus qu’appuyé à feu John Lennon, la voix de Williams trempant alors dans la reverb. Un album bienvenu, mais pas la peine d’en faire des vagues…

 

Dolores O’Riordan est décédée ce lundi 16 janvier 2018, à Londres, où elle séjournait pour y enregistrer des sessions en compagnie de D.A.R.K., combo formé par l’ancien bassiste des Smiths, Andy Rourke.

Elle avait eu 46 ans en septembre dernier. Irlandaise, c’était la chanteuse des Cranberries, un groupe qui a rencontré un gros succès au cours des nineties, grâce à ses singles, « Dreams », « Linger », « Salvation », Zombie » et « She’s gone »… ce qu’elle vient de faire… Mais également ses albums, qu’il a écoulé à plus de 40 000 d’exemplaires, au cours du dernier quart de siècle. Mais le succès, il l’a récolté, surtout au cours des nineties. Parenthèse, la vocaliste s’était lancée dans une carrière solo entre 2003 et 2009, mais sans grand retentissement. Si bien que le band s’était reformé, enregistrant deux elpees, « Roses » en 2012 et « Something else », un LP réunissant des versions acoustique de son répertoire, enrichi de trois inédits, en 2017. Il était reparti en tournée, là où les tubes continuaient à enflammer les fidèles aficionados. Fait assez rare pour être souligné, le quatuor The Cranberries a toujours conservé le même line up, depuis sa fondation.    

Comparée à ses débuts à celle d’Harriet Wheeler, des Sundays, la voix de Dolores était quand même particulière, puissante, tour à tour âpre, désespérée, lyrique, sombre ou frénétique, mais surtout versatile et capable de traverser les octaves. Quand à la musique, si au début, celle des Cranberries était souvent comparés aux Smiths (NDR : faut dire que Stephen Street a souvent bossé pour la formation et même pour la chanteuse, en solo), malgré les accents celtiques, au fil du temps ce pop/rock alternatif est devenu davantage emphatique.

Née au sein d’une famille conservatrice, Dolores défendait des opinions qui ont régulièrement suscité la polémique, notamment quand elle prenait position pour la peine de mort, contre l’avortement ou encore quand elle remettait en question les dérives du féminisme, tout en assumant totalement le discours. Elle avait été mariée à Don Burton, le tour manager de Duran Duran. De cette union naîtront trois enfants. Une vie commune qui s’est achevée au bout de 20 années, laissant des traces psychologiques chez l’Irlandaise. Elle avait ainsi été diagnostiquée bipolaire en 2014. Elle sera inhumée en Irlande, près de Limerick, dans la région où elle est née…

RIP

 

Calexico publie son nouvel opus, « The Thread that keeps us », ce 26 janvier 2018. Il s’agit de son neuvième. Le groupe a voulu en revenir à une forme plus expérimentale, moins latino, tout en concentrant ses lyrics sur les problèmes de l’environnement. C’est dans l’air du temps. Mais également soulever la question de la perte de communication entre les êtres humains. Entre autres. Paradoxal, au vu du nombre d’outils technologiques, mis à notre disposition, aujourd’hui. Et bien évidemment, l’occasion était idéale pour discuter du contenu de cet LP. Mais quel bonheur de pouvoir s’entretenir en compagnie de Joey Burns et de John Convertino, tellement leurs conversations sont riches et leurs avis pertinents…

Vous avez enregistré votre dernier album, « The Thread that keeps us », en Californie, au studio ‘Panoramic house’. Mais pourquoi avoir baptisé cet endroit ‘The Phantom ship’ ?

Il ressemble, en quelque sorte, à un vieux rafiot. La coque est constituée de planches délavées et le studio a été construit à l’aide de poutres en bois de charpente. Il y a des hublots comme sur un bateau, à travers lesquels on s’imagine regarder vers l’océan. Il n’y manque que les voiles. Il y a la cave, la cambuse (NDR : le dessous de la ligne de flottaison). C’est là ou se trouve la salle de contrôle. Il y a même un nid-de-pie (NDR : poste de vigie) ; et ce poste d’observation est amusant. En fait, quand on enregistre, on a besoin de s’isoler afin de pouvoir se concentrer. C’est un studio éphémère. Les musiciens bossent sur le pont, où est installé tout comme le matos d’enregistrement. Ce bâtiment est le fruit de la vision d’un mathématicien ; et ce type l’a construit de ses propres mains. Il avait mis beaucoup d’amour pour l’échafauder. Et manifestement, les fondations sont solides, car il a survécu à deux tremblements de terre. Dans la maison, il y avait la photo du gars qui avait construit le bateau. Il est mort. On dirait qu’il hante les lieux. On sentait sa présence pendant les sessions.

Justement, le morceau intitulé « Lost inside », qui finalement n’a pas été repris dans l’opus (NDR : ‘Outtakes lyrics’), évoque une danse avec un fantôme. Il a été écrit dans ce contexte ?

Oui, on y parle de plusieurs revenants. On les a croisés. D’une part, il en existe des personnels et d’autres qui sont impalpables. Ils hantent l’album. C’est comme si on rencontrait le fantôme de son passé. Il pourrait s’agir d’un membre de sa famille. Le souvenir de quelqu’un ou de quelque chose…

Vous avez coproduit l’album en compagnie de Craig Schumacher. Est-il devenu incontournable pour ce job ?

Oui et non. Il est un peu considéré comme un membre de la famille. On l’adore. On se respecte. C’est incroyable ce qu’il a été capable de réaliser au cours de ces dernières années. Aurions-nous pu travailler en compagnie d’autres personnes ? La réponse est oui. Et pourrions nous continuer avec Craig ? La réponse est toujours affirmative…

« Girl in the forest » est une fable qui traite de l’état de notre planète. Et notamment de l’environnement et la déforestation. Elle fait référence à John Muir, un écrivain américain, né en Ecosse. Un des premiers naturalistes modernes, militant en faveur de la protection de la nature. Est-ce un personnage important pour vous ? Et un exemple à suivre ?

Absolument ! Le studio est situé au Nord de San Francisco et de l’autre côté du Golden Gate Bridge. Il existe un sentier baptisé ‘John Muir’ qui sert à la randonnée. On y voit son nom sur un écriteau. Et on l’emprunte pour se rendre au studio. On s’y est souvent baladé et on y a découvert ce qu’il a vu, il y a 100 ans. Quand on entend parler, aujourd’hui, de la réduction de la superficie de parcs naturels pour laisser la place à la prospection de gisements pétroliers, on a une envie urgente de les sauvegarder. Ce sentier est donc devenu un fil conducteur. Car derrière ce sentier, il y a cette réflexion…

Joey, pour ce morceau, tu as écrit les lyrics en compagnie de ta fille, Twyla. C’était la première fois ? Peux-tu en dire davantage ?

On a tous des enfants. Il se pourrait qu’un jour, on ait des petits-enfants. Et donc, il serait important de conserver ce sentier pour cette progéniture. Ce n’est pas si compliqué à réaliser. Il suffit de quelques changements. Et ils se sont produits au cours de l’histoire. Je t’invite à relire ce que John Muir a écrit et tu comprendras… Ma fille, Twyla a un esprit très créatif. Elle est en contact avec ce monde spirituel et elle possède cette imagination que beaucoup d’entre-nous ont perdue. Le plus souvent, c’est elle qui se réveille la première et je l’appelle le petit oiseau du matin (NDR : ‘early bird’). A partir de ce moment, toute la famille se lève aussitôt. Elle chante au saut du lit. De belles chansons qui évoquent chez moi, les choses les plus douces de la vie. Quand on est allé camper, dans le coin, en compagnie de mes filles jumelles, Genevieve et Twyla, elles m’ont dit, papa, ne pourrait-on pas vivre ici. Ce qui m’a brisé le cœur… J’avais la musique et la mélodie, et puis j’ai calé. Twyla s’est alors pointée et suite à nos conversations, j’ai visualisé une scène de protestation contre la déforestation. Et pas seulement pour blâmer ceux qui abattent les arbres, mais ceux qui vont faire main basse sur les richesses du sous-sol. Et je me fais, en quelque sorte, le porte-parole de ce combat… Cette chanson pourrait mettre en scène une fille qui parle aux animaux, mais aussi à la forêt… Twyla a contribué amplement à la création du morceau. Finalement, c’est son thème. Au début, dans le scénario, il existait deux personnages aux backgrounds différents. Dans une ville près de la Californie, sur la côte, le premier vivait dans une maison où on parle espagnol et l’autre, en anglais. Ils se sont associés pour sauver leur ville et se sont rendus dans la forêt (NDR : la Redwood, forêt peuplée de séquoias) à la recherche des secrets de l’univers qui y sont d’ailleurs toujours. Vous savez, cette nature qui a tant à nous apporter et qu’on ne connaît pas encore. C’est l’inspiration qui se trame derrière cette compo…

Joey, quelques titres de l’elpee sont plus psychédéliques. Comme le superbe morceau d’entrée « End of the world with you », dont la mélodie me fait penser à Wilco?

C’est un compliment ! J’adore Wilco. Quand Jeff chante, mais aussi lorsqu’il parle. Vraiment content qu’il soit sur cette planète ! Avant je rêvais de rencontrer les Beatles et maintenant, c’est Jeff Tweedy. Il incarne quelqu’un d’important pour moi. Pavement aussi. J’aime bien le sens de l’humour et sarcastique de Stephen Malkmus. Ses paroles. Ces gars-là sont mes héros. Par exemple, si je devais te présenter ma collection d’albums, je te montrerai ceux des artistes dont je viens de te parler… J’aime quand l’approche musicale est plus expérimentale. J’en ai marre d’entendre constamment les mêmes morceaux de rock ‘classique’. A la maison, des ouvriers bossent sur mon bâtiment et chacun ramène sa ‘boombox’. La plupart sont latinos et on entend toujours les mêmes morceaux hispaniques et atmosphériques. En fait je suis contraint à écouter de la musique que je ne connais pas et qui est plutôt céleste que terrestre…

Un autre personnage, James Turrell, est cité dans « End of the world with you ». Il est responsable des ‘Skyspaces’, expériences qu’il a menées entre lumière et espace. Est-ce un sujet qui vous passionne ?

Il faut toujours avoir conscience qu’on est petit, insignifiant même. La perspective est importante, bien que je n’ai pas lu beaucoup d’ouvrages de ce gars, il faut savoir qu’on est minuscule, mais que la lumière est importante ; car grâce à elle on entre dans un espace temps (NDR : on en revient quelque part, à Pascal…)

Autre morceau inhabituel, « Dead in the water ». Très offensif, frénétique même, et au cours duquel la voix est caverneuse, alors qu’une cloche revient régulièrement dans le parcours…

C’est le thème de l’antagoniste : Dr Evil (NDR : Dr Evil, alias Denfer, est un personnage de fiction joué par Mike Myers, dans une série au cours de laquelle il parodie les méchants dans les films de James Bond). C’est le guitariste qui joue de la cloche… et il en est fier !

« Another space » est également une plage audacieuse. Il y a cet orgue vintage. Ces rythmes hypnotiques qui me rappellent Suicide, et plus exactement le « Jukebox baby » d’Alan Vega ; et à la fin on entend des solos de trompettes jazzyfiants, rappelant Miles Davis. Calexico aborde rarement des titres aussi complexes, non ?

Oui, il y a longtemps. Et c’était amusant de s’y risquer à nouveau. En fait, on ignorait où cette expérience allait nous mener. Quand on a entamé la chanson, elle se limitait à une sèche, les drums et la boîte à rythmes des années 70. Finalement, il faut admettre que le studio est l’endroit où on crée la chanson. Le studio conditionne la chanson. Et la chanson est le produit du studio. On a ajouté du piano, du triangle, puis plein d’autres éléments.

« Shortboard » est un instrumental au cours duquel il ne manque qu’une voix. Celle de Jim Morrison aurait pu coller à ce titre atmosphérique, non ?

Peut-être. Ce qui aurait été marrant. C’est une impro. On pourrait imaginer Jim Morrison dans « The end »… lorsqu’il prononce (d’une voix caverneuse) ‘and he walked down the hall’... C’est une ritournelle, une boucle en quelques mesures…

Sur « Under the wheels » vous avez utilisé une boîte à rythmes et un peu d’électro. Il est dansant, amusant, et emprunte des rythmes latino, caribéens, et plus exactement jamaïcains. Presque reggae, même !

C’est ce qui arrive quand on fait l’impasse sur la guitare. C’est le claviériste qui a composé la musique (NDR : Sergio Mendoza). Il travaille bizarrement. Il invite des musiciens et enregistre sur un petit quatre pistes. Puis il part en forêt et médite sur le son. Et vraiment, sa démarche est à la fois intéressante et originale. Dans le passé, il avait déjà réalisé l’une ou l’autre démo. Et bien sûr, il me les propose. Ici, il s’agit d’une autre qu’on avait un peu abandonnée. Il se l’est réappropriée et c’est le morceau dont tu parles. Le thème ? Au cours des 15 dernières années, on a dépensé des milliards de dollars dans les guerres et il en est résulté des pertes incroyables en vies humaines et des divisions dans le monde. Cette chanson est une réponse à ces événements. Le sentiment, c’est qu’aujourd’hui, les gens se baladent en regardant le sol. Il se suffisent à eux-mêmes et ne vont pas l’un vers l’autre. Où est cette capacité à communiquer ? On en vient à se demander de quoi on va parler tellement, tellement il y a des sujets à aborder. Où est cette capacité d’écoute ? Ce terreau commun ?

« Flores y Tamales » devrait figurer dans la setlist de vos futurs concerts, je suppose ? Et y rester régulièrement dans le futur ?

Sans aucun doute. C’est une bande-son qui a été réalisée pour la sauvegarde des papillons monarques (NDR : ‘monarch butterflies’). Sa population est en diminution à cause de la déforestation. On les croise au Nord du Mexique où ils nichent. Le thème était intéressant. On a engagé un bassiste espagnol. Et c’est lui qui a composé les paroles. En outre, c’est un de mes morceaux préférés…

« Thrown to the wild » invite-t-il l’être humain à préserver les rêves dans une réalité tourmentée ? Mais laisse-t-il un quelconque message d’espoir ?

Même si ce morceau décrit des scènes sombres et délabrées de l’existence, il concerne peut-être une ville, votre ville, dans le monde, en état de transition. En peu de lyrics, il décrit à quel point la situation s’est dégradée. C’est le signal que la limite est dépassée. Il figurait parmi les incontournables du tracklisting. La deuxième partie vire au chaos. C’est noir. Comme une entreprise qui se crashe. C’est la direction prise par notre terre. Au départ, on voulait clôturer le disque par ce titre, mais il était vraiment trop sombre…

Joey, tu as déclaré qu’au lieu d’écrire des ‘protest songs’, tu préférais propager tes messages en racontant des histoires. Es-tu plus romancier qu’écrivain ?

C’est quelque part entre les deux. Je suis un ‘novellist’ (NDR : un auteur de nouvelles, dans le contexte des short stories, spécifiques aux Américains). Quand une chanson ne dure que 3’, les instruments jouent un rôle important. Il ne reste alors de la place que pour une histoire brève. Par contre, lorsqu’il n’y a pas trop de passages instrumentaux, j’ai tendance à écrire en vers…

Enfin, « The Thread that keeps us », quel est ce fil, finalement?

C’est la question ! Quand on examine cette réflexion, on pense à l’amour. Parce qu’il n’existe rien d’autre qui soit aussi puissant. Il y a bien cette image de fil. Il est ténu, mais assez solide pour nous relier…

Merci à Vincent Devos.