Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Gary Numan
Festivals

Francofolies de Spa 2014 : vendredi 18 juillet

Écrit par

Une belle journée s’annonce, ce vendredi à Spa. Il y a du soleil et c'est la fête à la musique pendant 5 jours. Déjà 20 ans que l'organisation est sur pied ; et depuis, elle a acquis une fameuse expérience. Mais la chanson française a toujours le dernier mot. Ce qui n’empêche pas une programmation particulièrement éclectique. Qui oscille de la pop au hip hop, en passant par l’électro. Une scène particulière lui est même réservée. De quoi contenter un large public. Je débarque une heure avant le premier concert programmé au 'Village FrancoFou'. Direction l'Hôtel Radisson Blu Palace, le centre névralgique de l'organisation pour retirer mon sésame. Une petite reconnaissance et cap sur ce 'Village FrancoFou' où se produit le premier groupe de la journée : les R'Tardataires.

Les R'Tardataires ont la tâche ingrate d’ouvrir les hostilités sur un des 3 podium du Village : la ' Ice Watch'. Les 2 MC's : Ced (Cédric Chiappe) et Max (Maxime Lacroix) sont prêts à mener la danse. Vous faire vibrer et vous chauffer les zygomatiques. Ils sont épaulés par le bassiste Benoît Lesage, le claviériste Andréa Monticciolo, le drummer Aurélien Weynant, le guitariste Sébastien Hogge et enfin du préposé aux ‘scratches’, DJ Nsk. Le collectif a déjà remporté quelques prix prestigieux. Lauréat du Franc'Off 2013 et finaliste de la Biennale de la Chanson Française en 2013, il arpente depuis plus de trois ans, les planches de notre Royaume. Il vient de sortir un premier album intitulé « Mieux Vaut Tard Que Jamais », et est bien décidé à le défendre.

Les Liégeois sont de véritables showmen. Des entertainers ! Dès le premier titre, le courant passe instantanément entre l’auditoire et le band. Il l’incite à participer activement au spectacle. Les compos sont sculptées dans un hip hop déjanté ou plus exactement du rap teinté de ska, reggae, ragga voire de rythmes latino. La setlist nous réserve une adaptation de la « Pêche Aux Moules » totalement déroutante. Ced et Max se sont éclipsés quelques instants pour enfiler un gilet pare-balles, afin d’attaquer un « 22 Fais tourner » particulièrement consistant. La troupe tente de faire passer ses messages. Des messages ironiques, mais à prendre au second degré. Les lyrics parlent de la vie de tous les jours, mais également montent en épingle les dérapages de la justice et de la police…  

La reprise du « Kiss » de Prince est plutôt funkysante. « Belle Au Naturel » trempe dans le ska. « Le P'tit Dylan » nous plonge dans la musique manouche. « On Remet Les Pendules A l'Heure » est contaminé par le raggamuffin. Bref, le crew ratisse large. Pas étonnant qu’on rencontre dans l’auditoire, des spectateurs de tous les âges. La piste de danse est spacieuse, mais elle est déjà très bien garnie. Les R'Tardataires ont bien rempli leur rôle malgré le soleil de plomb et sont parvenus à faire monter l’ambiance d’un cran…

Pour Soan, c'est sa première Franco à Spa. Chanteur atypique de la scène rock hexagonale, il a été finaliste de la Nouvelle Star en 2009. Pour affronter la foule (NDR : et le soleil), il s’est coiffé d’un chapeau noir mou et a enfilé des ‘baggy trousers’. Il est épaulé par deux gratteurs, un bassiste et un batteur. Leur dernier elpee, « Sens Interdits », est paru en 2013. Je fais l'impasse. Je le revois au festival des Barges de Scène-Sur-Sambre, à Thuin, dans un mois.

Lors des Francos on fait toujours des découvertes. Mais celle qui va marquer le plus ce festival est canadienne, montréalaise plus précisément, et s’appelle M'Michèle. Elle s’y produit tous les jours. Cinq fois sur le podium 'Red Bull Elektropedia' et une fois sur celui du ‘Pierre Rapsat’. Aujourd’hui, elle a investi la RBE. Elle joue de la harpe et est épaulée par un bassiste à qui on a greffé des pattes de kangourou ainsi que d'un bidouilleur, dont les machines colorent l’ensemble de beats et de loops. Ils fonctionnent constamment dans l’impro ; et c’est tout à fait novateur. Son Ep « Magnolia » symbolise la vie, sa force, sa fragilité et sa beauté. Elle nous retranscrit ces thèmes avec autant de sensibilité que de passion à l’aide de sa harpe, dont elle triture les sonorités à l’aide d’une pédale de distorsion. Le titre maître est chanté sur disque, comme le signale l'artiste ; mais afin de permettre aux mélomanes de mieux saisir les subtilités de la compo, la version sera instrumentale. Le set est court : 45 minutes. Mais intense. A son issue, de nombreux spectateurs vont complimenter le trio. Ce qui est amplement mérité. Dès que M'Michèle est à l’affiche d’une de nos salles, je suis de la partie…

Direction 'Ice Watch' pour assister à la prestation des petits frères français des R'Tardataires : Bigflo et Oli. L’animateur les présente comme la nouvelle sensation de l'année. Il s’agit de deux frères, MC's, qui ont fréquenté le Conservatoire de Toulouse. L'un y a appris à jouer de la batterie et l'autre, la trompette. L'album « L'Ecole Du Micro D'Argent » d’IAM constitue une référence majeure pour le duo. Leur premier clip posté sur la toile a comptabilisé 180 000 vues sur YouTube, en moins de trois semaines. Et leur dernier, "Monsieur tout le monde", repris dans la setlist, en a totalisé 1 100 000 vues, en une seule. Ce sont également leurs premières Francos à Spa. Agés respectivement de 21 et 17 ans, les frangins apportent une certaine fraîcheur dans l’univers du rap français. Leur premier Ep, « Le Trac », est paru en avril dernier. Il est découpé en 5 pistes.

Un violoncelliste et un préposé aux machines montent les premiers sur l’estrade. Suivent ensuite la fratrie MC’s qui en débarquant harangue immédiatement la foule. Et les invite notamment à se rapprocher du podium. Il fait de plus en plus chaud. A l’instar des R'Tadartaires, ce sont d’excellent entertainers capables de communiquer leur bonne humeur. Et puis également des musiciens qui se servent de la basse et de la trompette pour personnaliser leur rap. Ironiques, les lyrics sont bourrés de jeux de mots. A mon humble avis, le tandem est promis à de grandes salles ; aussi, tant qu’il est accessible en petit comité, il ne faut pas manquer leur show…

Marie Warnant, c’est un peu mon coup de coeur. Il y a quelques mois, Marie était encore pour moi une parfaite inconnue. C'est un ami qui me l’a fait découvrir.

Marie rencontre le Gantois Mirko Banovic, le bassiste d'Arno et d'Arsenal. Il l’invite à enregistrer son nouvel elpee, « Nyxtape », dans son studio. Lors des sessions, elle reçoit le concours du batteur Pieter De Wilde (Raketkanon, Raveyards, Sioen) et du guitariste/ingénieur du son Frédéric Segers (Stadt, Sioen). Dans la mythologie grecque, ‘Nyx’ est la déesse de la nuit. Elle est reproduite sur la pochette, par un chat à trois yeux. ‘Tape’ se réfère aux cassettes audio qui servent, en quelque sorte de laboratoire à sons. Le résultat baigne au sein d’un climat manifestement plus anglo-saxon. Electro, également. Des spécificités qu’on ne rencontrait pas sur « Ritournelle ».

Et c’est cet album que Marie va nous proposer sur la scène ‘Proximus’, en compagnie de ses collaborateurs gantois. Non seulement, elle est talentueuse, mais elle sait ce qu’elle veut. « Melopee » ouvre le bal. Un premier extrait de « Nyxtape ». Belle entrée en matière. Elle embraie par « Le Souvenir Des Siens », « Exit », « Trip Atlantique », « Make Love », « Sous l'Epiderme », Point De Suture », « Les Eaux De Mars » et « Danse ». « Sous l'Epiderme » est une chanson d'amour qui interpelle. Douce et bien maîtrisée, la voix de Marie nous charme. Elle se sert tantôt de sa guitare, tantôt de ses machines pour y mixer les sonorités enregistrées sur les fameuses K7 audio. Mirko bosse pour Arsenal et on ressent sa vision électro dans les compos. Cette ouverture d’esprit rencontrée chez les artistes du Nord du Pays est une aubaine pour renouveler sa création artistique. « Les Eaux De Mars » nous parle du Brésil, une chanson qui avait d'ailleurs été reprise, en son temps, par Georges Moustaki. Marie y a gommé les effets latino pour les remplacer par ses expérimentations. On aura encore droit à « La Vie Est belle », une plage extraite du premier elpee, « De un à dix » et « Ca Finira A L'Eau », issus de « Ritournelle » ; sans oublier « Bruxelles », pour ne pas trop perturber les aficionados de la première heure, ainsi que « Foutue mémoire », en guise de finale.  

Pas de Saint André pour votre serviteur, Les R'Tardataires m'attendent à l'Hôtel Radisson Blu Palace pour une interview. Je me demande quand même ce qu'ils vont me raconter…

Entretien terminé, je me rends au 'Café de l'Europe' pour un set semi-acoustique de Bagdad Rodéo. J’avais découvert cette formation parisienne, ma fois fort sympathique, il y a deux mois, dans le cadre du festival 'La Vie En Rock', à Dour. En règle générale le band envoie du lourd, du rock bien carré et énergique. Sans jamais se prendre au sérieux. Il est assez cocasse de voir ces cinq musicos se partager un espace de deux mètres carrés. Le batteur est à l’arrière et doit se contenter d’une caisse claire et un tom basse. Le concert est déjà commencé, quand je débarque, mais je prends énormément de plaisir à les revoir. Je me répète, mais il fait tropical. Pas un seul souffle d’air frais. Sous cette chaleur étouffante, chanter donne soif. Et le vocaliste –barbu, par ailleurs– réclame quelques bonnes bières belges pour se désaltérer. Il s’agit de MSR De La Tourette, un personnage un peu fêlé. Il est épaulé par le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d'un chapeau de cow-boy, Romain aux percussions ainsi que Houston, pour la circonstance également à la gratte. Yayo a quitté le bateau récemment pour tenter une nouvelle aventure. Il est remplacé par un pt'it nouveau préposé à la six cordes acoustique. Le quintet ne manque pas d’interpréter « Quand Je Serais Mort ». Même acoustique, l’énergie libérée est phénoménale. Mais pas dévastatrice, comme sous leur format électrique. C'est la deuxième fois que nos cinq joyeux lurons se produisent en Belgique. Ils vont réitérer leur set unplugged pendant cinq jours aux Francos, mais chaque fois dans des endroits différents. « J'aime Pas Les Filles » passe à la moulinette. Christobal a empoigné un ukulélé pour abordé le countrysant « Dis Moi Papa », au cours duquel le refrain 'On suce des bi*es' est judicieusement remplacé par 'On Suce Des frites'. Il ne manque plus que la mayonnaise. Mais elle risque de fondre. « Mon Pote Jésus » achève leur show.

En attendant de réaliser la seconde interview en compagnie de Sold Out, qui clôture la programmation sur la 'Ice Swatch', j’en profite pour me restaurer et prendre un peu d'ombre. L’entretien terminé, retour vers la scène 'Proximus' pour assister à la prestation de vieux de la vieille de la scène belge, Machiavel. Il y a pas mal de monde pour voir et écouter ces dinosaures. Le groupe a pondu un douzième album, baptisé « Colours », l’an dernier. Et il le promotionne depuis sa sortie. Après avoir accordé un concert mémorable au Cirque Royal en décembre dernier, mais moins percutant qu’en 1978, il est de retour aux Francos. Ce dernier long playing n’est certainement pas leur meilleur. Dans ces conditions, je ne compte pas trop m’attarder. Et, malgré la distance qui me sépare du podium, je constate que Marc Ysaye n'est pas calé derrière les fûts. Pourtant, son remplaçant se débrouille plutôt bien. J’écoute « Feel the sun », un extrait d'« Eleven » ; et comme le clame Mario, c'est de rigueur. Il imite un oiseau qui flotte dans l'air. Mais quand il chante, j’ai l’impression que sa voix a perdu de sa puissance…

Troisième rencontre de la journée en compagnie de Marie Warnant. Une entrevue à bâtons rompus comme je les aime. Je souhaite rejoindre la scène 'Pierre Rapsat', où se produit Julien Doré. Mais vu la foule compacte, il est quasi impossible d’approcher l’estrade. Je tente quand même de me faufiler. Ce qui me permet d’entendre de très loin « Kiss Me Forever », une plage qui figure sur l'album « Bichon » et « Femme Like You ». Le confort d’écoute, mais surtout de situation devient de plus en plus précaire. Je fais donc demi-tour. Julien revient à l’AB. J’y serai. Et les conditions seront certainement nettement meilleures.

Je décide donc de retourner vers le podium 'Ice Watch', pour assister au concert de Grand Corps Malade. Pas de chance, le parcours est identique. C'est le problème du Village FrancoFou quand il y a trop de monde. Sous cet effet de serre, on se sent oppressé. Je tends l’oreille, et perçois leur musique de loin…

Il faut faire des choix. Les déplacements deviennent de plus en plus difficiles. Je préfère abandonner le combat, je reverrai cet artiste une autre fois. Au 'Village Acadien', il y a beaucoup moins de monde. On peut s'asseoir et respirer un peu. Je me pointe à la fin de la prestation de Marcie, une jeune auteur/compositeur/interprète canadienne. Elle est seule sur scène, et chante en s’accompagnant à la guitare. C'est la meilleure manière de découvrir un artiste, en acoustique. On y décèle les forces, les faiblesses, les émotions et surtout le talent. Elle a une jolie voix et manifestement s’inspire de Brel, Barbara et Gilles Vigneault.

Caroline Savoie a 19 ans et est Canadienne. Elle nous vient du fin fond du New Brunswick ; et c’est une collègue à Lisa Leblanc. On assiste à son soundcheck. Elle s’était illustrée dans le cadre du festival Interceltique de Lorient, en 2013. Une jeune prodige dont on entendra encore parler, c’est une certitude. Elle s’exprime en acadien. Et pas toujours facile de comprendre son dialecte. Mais une chose est sûre, il vous traverse l’âme, comme un rayon de soleil. 

Sur les planches, Caroline est épaulée par un guitariste, au style plutôt blues, un bassiste et un gars au cajón (NDR : petite caisse en bois rectangulaire amplifiée par un microphone). « Si Tu Savais », le titre maître de son opus, est à la fois dynamique et enchanteur. L’émotion nous étreint quand elle nous parle d’« Henri ». Caroline raconte qu'elle reçoit des lettres destinées à Henri qui a habité sa maison pendant 50 ans, avant son 'chez soi'. La voix est chaude et sensuelle. Il émane un tel charisme de Caroline qu’on la suivrait bien dans rue, avec ou sans sa guitare. On la guiderait volontiers pour retrouver sa route du « Chemin Perdu ». Caroline a participé à 'The Voice France' où elle a impressionné tout son monde. Logique ! Certains artistes vous marquent l’esprit, on ne sait pas trop pourquoi et c’est le plus souvent le fruit du hasard. J’ignorais même l’existence de cette Caroline, mais une intuition m’a poussé à aller voir son concert. Et je ne le regrette certainement pas.

Duo électro/rock, Soldout vient de publier son nouvel album. Et il s’intitule « Puppylove ». En fait, il s’agit de la musique d’un film réalisé par la Belge Delphine Lehericey. Y figure leur nouveau single, « It's A Sin », une brillante reprise de Pet Shop Boys que Charlotte Maison et David Baboulis se sont totalement réappropriés. 

Il y a du peuple devant l'Ice Swatch'. La réflexion est facile : c’est sold out. Le décor est dépouillé. Rien que les synthétiseurs et machines (boites à rythmes, séquenceurs) ; et en avant-plan une banderole sur laquelle est imprimé leur patronyme. Charlotte a chaussé des lunettes fumées. Sa voix passe bien la rampe. Dès le début du set elle se déhanche sur les beats électro et entraîne progressivement le public à danser. Le dancefloor est immense, mais peu enclin à de tels exercices. Même des sardines ne pourraient pas se libérer de leur boîte. Bien rôdée, la setlist nous réserve cependant de nouveaux morceaux, mais c’est la reprise de Pet Shop Boys qui fait un tabac. Charlotte jumpe sur le rythme de « To The Ocean ». Et l’ambiance monte encore d’un cran, lorsque le combo attaque le standard « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte termine à genoux, au pied de ses machines… Un des meilleurs concerts de Soldout auquel j’ai pu assister depuis longtemps.

J’ai loupé Girls In Hawaii. Pas de souci, je revois la formation dans 10 jours, à Lokeren. Et puis je les avais déjà visionnés dans le cadre du dernier 'Couleur Café'. On me rapporte qu’il a décroché un disque d'or. Félicitations, c’est tout à fait mérité.

Un dernier crochet par l'Hôtel Radisson Blu Palace pour réaliser ma dernière interview, celle des Namurois de Fastlane Candies. Pendant leur entretien, quelqu’un passe près de nous et lâche 'Bonjour M'ssieurs, Dames!!!' C’était Mathieu Chedid. Sans sa perruque, ne l'avais pas reconnu. Une belle et longue journée vient de s’achever ; mais j'ai encore deux heures de trajet à me taper pour le retour. Rendez-vous en 2015 !

(Organisation Francofolies de Spa)

Voir aussi notre section photos ici

Dour Festival 2014 : jeudi 17 juillet

Écrit par

Le soleil vient très tôt nous réveiller en ce jeudi matin. Un ciel sans nuages nous annonce une journée des plus chaudes. On profite de notre pass pour visiter le site avant que les festivaliers n'y entrent. Outre le terril, une autre scène a fait son apparition cette année : le Dub Corner. Quelques artistes tirent parti de ce moment de calme pour effectuer les derniers tests. Retour au camping en attendant le début des festivités.

Un peu après 18h c'est au Dance Hall que le public et Chet Faker ont rendez-vous. De son vrai nom Nicholas James Murphy, l'Australien arrive sur le podium au cœur d’une tente bouillante. La chaleur est insupportable mais l'artiste nous transporte dès les premières notes. Il aligne quatre morceaux en se servant uniquement de sa voix, accompagné d'un beat qu'il lance au fur et à mesure. Cette ambiance électronique adoucit quelques peu le côté mélancolique et folk de ses albums. Son guitariste et son batteur le rejoignent ensuite pour le reste du concert. Son tube " No Diggity" n’exerce pas tellement d'effet sur le public, sûrement assommé par la température. Le chanteur annonce sa dernière compo et met fin au concert après seulement 35 minutes. C'est un peu décevant mais il nous a livré un live de qualité qui, ne l'oublions pas, doit primer sur la quantité.

21h, l'air se refroidit enfin. On se dirige vers la Last Arena pour y voir Détroit. Le soleil se couche sur la plaine lorsque Bertrand Cantat et Pascal Humbert lancent leur "Droit dans le soleil". Les musiciens les rejoignent ensuite pour "Ma muse", "Horizon" et "Au creux de ta main", trois plages de leur premier album. L'ambiance est un peu plate jusqu'à ce qu'ils reprennent quelques titres de Noir Désir, notamment "Lazy", "Le vent nous portera", "Fin de siècle" et "Tostaky". Le public est enfin plus motivé. La voix de Cantat, si familière, ensorcelle les fans du début à la fin. Ce poète des temps modernes, aidé par le rythme rock'n'roll des guitares n'a rien perdu de sa superbe.

Hésitant entre Darkside et The Subs, nous nous décidons finalement d’aller voir et écouter ces derniers. Comme d'habitude, le trio fou nous offre le mix parfait entre électro et show totalement déjanté. Le groupe commence sa performance derrière un filet qui s'étend de part et d'autre du podium. Le décor est transparent à effet kaléidoscope. "The face of the planet", "Fuckt hat shit", tous leurs tubes y passent. Le chanteur, Jeroen De Pessemier se jette dans la foule, se balade sur sa scène mobile. On en prend plein les yeux même s’il y a déjà quelques années que The Subs propose le même genre de spectacle. Une valeur sûre pour continuer la soirée, après avoir fait le plein d'énergie.

Direction Bonobo. On en profite pour manger et s'asseoir, le pro de la downtempo a attiré la foule, mais c'est un peu trop calme à mon goût.

Une heure à tuer le temps nous permet ensuite de faire un vif passage par DJ Hype, Gui Boratto, Bauuer et Mac Miller. On s'imprègne de chaque style, de chaque ambiance.

Le très attendu Gramatik et ses sons éclectiques mettent le feu à la petite maison dans la prairie à partir d'une heure. Au fil des rencontres, je décroche un peu (l'ambiance était pourtant au rendez-vous). On profite de ce temps pour discuter, boire un verre. C'est ça aussi Dour.

Un regain de peps nous pousse jusqu'à Flosstradamus ! Leur musique sent bon l'Amérique, le hip-hop se mêlant à la trap. Ce duo nous incite à danser jusqu'au bout de la nuit. On assiste au début du set de Mr. Carmack avant de partir pour d'autres horizons... La fête continue au camping !

(Organisation Dour Festival)

Voir aussi notre section photos ici

 

Dour Festival 2014 : mercredi 16 juillet

Écrit par

Le camping ouvre ses portes. Une fois les tentes installées, direction ‘le terril’, un nouvel espace dédié aux arts visuels. Pour la première fois, le festival a préparé une Warm-Up, histoire, pour les campeurs, de commencer la fête un jour plus tôt. C'est le collectif ‘Albalianza’ qui a inauguré les lieux. La scène, composée d'immenses bâches blanches, est animée par des projections de lumière. Incroyable mais vrai, même le terril voisin est le support d'une œuvre graphique. Des lignes parcourent la terre créant un effet à la fois reposant et psychédélique. Côté musique, les DJs se succèdent toute la soirée, dans des styles électro-dub très variés. La première soirée se termine déjà, il est temps pour nous de retrouver les joies du camping.

(Organisation Dour Festival)

Voir aussi notre section photos ici

 

Cactus 2014 : lundi 14 juillet 2014

Écrit par

L'affiche traditionnelle du vendredi soir a donc été déplacée vers le lundi. Faut dire que c’était la seule solution pour que Massive Attack, programmé la veille aux Ardentes, accepte de se produire au Cactus. Et il y en avait du monde pour assister aux concerts de Mogwai et Massive Attack. Près de 10 000 festivaliers. Ce qui doit être un record pour le Cactus.

Bref, la soirée avait commencé par Austra et Banks, mais pour apprécier les sets des deux têtes d’affiche, j’ai préféré faire l’impasse.

Mogwai, c’est l’archétype du post rock. En arrière-plan de la scène on remarque la présence de logos représentant la pochette de « Rave tapes », dernier album du groupe écossais, paru en février dernier. Des logos qui vont ce charger de nuances lumineuses, tout au long du show. Le band écossais monte sur l’estrade. Stuart Braithwaite va se poster à l’extrême droite du podium. Le line up implique deux autres guitaristes, un bassiste, un drummer et un préposé aux claviers/synthés. Lors du titre d’entrée, il est enrichi d’un musicien de couleur noire, qui se charge du violon. Ce même multi-instrumentiste pose sa voix sur la seule compo chantée ; et puis à deux ou trois reprises, il va se charger des percus, afin de donner une belle dynamique au tempo. Stuart est toujours aussi laconique, entrecoupant ses morceaux de ‘Thanks ! Cheers’. Il vient s’asseoir face à son ampli orange lors d’une des compos les plus intenses du set. Certains titres un peu plus électro nous plongent curieusement dans la new wave. Tantôt celle de New Order. Plus tard d’Anne Clark. Mais les meilleurs moments du concert émaneront des envolées d’électricité, des envolées chargées d’intensité, ‘transiques’ ; et tout particulièrement sur le tout dernier morceau, au cours duquel j’ai parfois eu l’impression d’entendre des bribes du « One of these days » du Floyd, moment choisi par le préposé au light show pour inonder le podium de lumières bleues et blanches singulièrement chatoyantes…

« Heligoland », le dernier opus de Massive Attack est sans doute le plus faible de leur discographie. Il remonte déjà à 2009. Invitée, Martina Topley-Bird était revenue participer aux sessions d’enregistrement. Et depuis elle a réintégré le collectif.

Quand le combo de Bristol monte sur l’estrade, on est immédiatement fasciné par le spectacle visuel qui nous est proposé. Différents messages se succèdent sur les écrans, disposés en arrière-plan. En anglais, en français ou en néerlandais. Mais y sont également projetés des logos publicitaires. Sans oublier ces chiffres qui défilent à une vitesse vertigineuse. Le message vise clairement la politique, les guerres et l’escalade médiatique. Et suscite inévitablement la réflexion.

Véritable machine de guerre, Massive Attack se lance donc dans un show parfaitement huilé, mais terriblement efficace. Deux drummers se font face aux extrémités du podium. De petite taille, et la tête complètement rasée, le bassiste claque des notes percutantes. Et le mot est faible. Quant au guitariste, si en début de parcours ses interventions s’avèrent plus ou moins conventionnelles, en fin de set elles vont littéralement déchirer l’atmosphère. Robert Del Naja et Grant Marshall complètent le line up de base. Ce sont aussi les leaders. Il se chargent des énormes synthés/pupitres sis au milieu de la scène, légèrement en retrait, et se réservent aussi de temps en temps les vocaux. Tous les autres musiciens interviennent par intermittence. Que ce soit Martina Topley-Bird (NDR : elle est vêtue d’une grande cape de couleur/bleu-vert et s’est maquillée les yeux en forme de masque de couleur rouge), l’icône du reggae Horace Andy ou l’autre vocaliste Deborah Harry. Ce qui n’empêche pas la parfaite osmose entre les différents membres du combo. Au fil du spectacle, l’intensité est de plus en plus palpable, et elle se fait même parfois menaçante. Mais elle est terriblement excitante et enthousiasme la foule.

Après une heure vingt de prestation, MA vide le lieux ; mais revient accomplir les quelques minutes qui restent afin de prester l’heure trente prévue pour leur concert. Mais lors d’une apothéose qui risque de rester longtemps dans les mémoires.

Serait-ce de la magie noire ? Aucune idée ! La quintessence du trip hop ? Il n’y a pas photo ! Mais une chose est sûre, votre serviteur a pris une fameuse claque !

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Ardentes 2014 : dimanche 13 juillet

Écrit par

Jour J, jour de final(e).
Retransmise dans la salle Aquarium réservée à cet effet, la grande messe du football n’allait en rien éclipser la prestation fantastique de Massive Attack, au sommet de son art.
Agrémentée d’une découverte merveilleuse, cette dernière journée va sonner la fin de cette neuvième édition de fort belle manière.
À l’heure des bilans, nouveau succès d’estime pour ces Ardentes encore et toujours grandissantes.
Et coup de chapeau spécial à l’organisation irréprochable de boue en boue.
Massive Attack en apothéose, c’est un peu comme un couscous royal après quatre jours à manger des tartines enduites de margarine.
Allemands et Argentins se chargeant à l’autre bout du monde de retarder l’heure du feu d’artifice, le public s’amasse sous un ciel bien plus clément qu’initialement prévu.
Une météo qui a eu la décence de nous épargner ce dimanche, choisissant la prestation la plus mièvre pour abattre quelques hallebardes sur des ponchos cirés.

La petite Banks dispose certainement d’un joli minois, d’un ventre plat et d’un organe vocal chaleureux, mais pour le reste, difficile de comprendre l’engouement autour de sa petite personne.

Proclamée étoile montante, son aura paraît bien faible, malgré la noirceur des cieux chargés de nuages, qui tout comme elle, pleurnichent dans un effort vain.

Maniérée, agaçante dans ces interventions du bout des lèvres colportant des messages ornés d’une tranche d’humanité (sans doute pour mieux faire passer la soupe populaire qu’elle nous sert), la jeune fille au regard triste semble plus absente que plongée dans ses états d’âme.

Finalement, le single « Warm Water » définit assez bien sa musique : soit une mélasse faussement chaudasse, dans laquelle elle s’embourbe avec une mine toute déconfite et une pathos de tragi comédienne débutante.

Soit à l’exact opposé du spectre émotionnel où par pur bonheur, quelques heures plus tôt, Benjamin Clementine nous a pris par la main.

Absolue révélation de ces Ardentes, millésime 2014, ce chanteur anglais d’origine ghanéenne possède pour tout bagage une voix divine et des doigts d’ivoire, qu’il appose ci et là sur des pianos de passage.

Pourtant, ce qui au départ amène à froncer les sourcils, à savoir une biographie courte relatant les énièmes pérégrinations d’un jeune étranger ayant quitté sa mère patrie anglaise pour tenter l’aventure dans les souterrains parisiens, où par chance, son extraordinaire talent lui a permis de subsister, s’avère être un simple accident de parcours.

Car bien loin des clichés misérabilistes et des contes de fées marketing, l’histoire vécue par ce Benjamin tient simplement de celle d’un homme. Un homme sachant raconter des histoires, en se penchant sur la sienne.

Propulsé dans les étoiles dès son décollage du tremplin des Trans Musicales de Rennes (ou d’autres avant lui, dont un certain Stromae, ont appris à caresser le soleil), le jeune homme a des reflets d’ébène, mais plus que la couleur de sa peau, c’est de son âme dont il est question ici.

Transformant une recette de base piano/voix en cantique sacré, c’est le regard habité et les cordes vocales solidement  amarrées qu’il trace son chemin jusqu’au cœur d’une assistante quasi à genoux.

Un de ces rares instantanés où tous ceux présents ressentent à fleur de peau l’intensité d’un moment fort qui se matérialise comme par enchantement.

Le jeune homme qui cite William Blake comme référence, possède ce quelque chose d’un peu sorcier, ce don inné qui lui permet d’aller puiser au plus profond de lui-même, de s’isoler totalement dans sa musique, quel que soit l’endroit, et de restituer ses émotions de façon tellement palpable, qu’il serait presque possible de les voir s’échapper de son âme pour venir se déposer sur nos poils frémissants.

Et si d’aventure, vous me demandiez dans quel genre le classer je vous répondrais que cette démarche est impossible si on ne redéfinit pas le mot Soul music rien que pour lui.

En terme d’émotions, mes oreilles de rechange me soufflent que Cascadeur s’est chargé d’en distiller un certain ratio dès le début de la journée.

Soutenu par un line up de fort jolie facture (on aura reconnu la voix de notre Sharko national sous le masque de catcheur), le Français affublé de son inséparable casque accorde un concert, certes prévisible, mais à la hauteur des attentes du public.

Les morceaux un peu plus enlevés retenant les attentions distraites occupées à s’échapper du HF6.

HF6 qui alterne le bon et le meilleur, à l’exception du pire, au fil d’une affiche rachitique qui voit les festivaliers les plus courageux faire d’incessants allers-retours entre la main stage et le hangar.

Le meilleur ayant déjà été souligné, reste à surligner la prestation particulièrement convaincante de Daughter.

Si ce n’est pas une surprise, on épinglera tout de même leur set comme l’un des beaux moments de ces quatre jours.

Entre la douceur pastel d’Elena Tonra et les récifs sonores d’Igor Haefeli, le tout contrebalancé par une rythmique impeccable de bout en bout, les protégés du label 4AD vont offrir un spectacle serti de dizaines de carats aux fans et curieux rassemblés sous la coupole de leurs sonorités vaporeuses à souhait.

Le tout servi avec cœur et passion, le sourire aux lèvres.

Un sourire qui ne devait pas quitter les visages enchantés par la performance de Ben L’Oncle Soul, manifestement très en verve, et qui a séduit son public, mais aussi tous ceux ayant bravé leurs a priori. Ce que l’idiot de snob que je suis avait bien sûr omis…

En mon absence, restait de même à user de la présomption d’innocence envers Dany Brown, qui semblait après coup ramasser tous les suffrages au titre d’abomination du jour et supposer de la qualité indéniable des prestations de Leaf House, ainsi que du Magnus de Tom Barman et CJ Bolland, devant un parterre clairsemé.

Ces derniers proposant un set résolument Rock à l’heure où La coupe du monde hésitait encore à savoir dans quelles mains elles se déciderait à choir.

Celle-ci, après avoir choisi, comme tout le monde le sait à présent, les mimines teutonnes, s’éclipsait alors pour laisser la place à un autre final, bien plus sombre celui-là.

Avec vingt minutes de retard, le trophée footballistique enfin remis au valeureux capitaine allemand, les premières basses filtrent dans l’obscurité.

L’air se charge d’électricité ainsi que « Battlebox 001 » se répand sur la plaine.

Nouveau titre initialement conçu comme un nouveau projet par Robert Del Naja, fil conducteur au sein de Massive Attack, lançant idéalement le début de la fin et générant un enthousiasme croissant.

Habilement, sur une heure trente de concert, MA prouve une fois de plus sa théorie du chaos.

Basée sur une équation binaire (son et visuel) et une osmose parfaite entre ses membres.

Si Robert 3D semble le chef d’orchestre, les interventions successives de Martina Topley-Bird, lovée dans un col au plumes de couleur jais, Horace Andy, dont la voix et la classe intrinsèque restent de fabuleux laissez-passer pour le paradis, et la noirceur ténébreuse qui émane de la gorge de Daddy G, donnent tout trois corps à un univers à nul autre pareil.

Sans oublier les deux interventions de Deborah Miller, qui, si elle n’est pas la voix originale, donne substance, et ce depuis quelques années, au « Safe From Harm » et surtout au « Unfinished Sympathy » de l’album ‘cultissime’ « Blue Line ».

Le public exultant quand la voix se lâche dans un final exceptionnel donnant lieu à penser que ce groupe tient vraiment une place particulière dans la structure de l’univers.

Certains découvraient ainsi la puissance de feu du groupe de Bristol, tandis que pour les autres, ce n’était là que confirmation logique, mais néanmoins époustouflante, de la magie noire de ce collectif.

Reflétant les différents messages qui se succèdent sur les écrans d’un visuel remarquable, tous les yeux rivés scintillent d’admiration.

Ce qui n’empêche pas le groupe d’afficher ouvertement ses opinions politiques et prendre ouvertement parti contre l’hypocrisie militaire ou la surenchère médiatique.

Bref, loin d’être simplement divertissante, la machine pousse à la réflexion et son impact en est d’autant plus remarquable.

Au sortir de cette expérience, tous les avis convergent en un seul et même point, culminant loin au dessus du ciel, à la verticale du Parc Astrid.

Un point incandescent dont la lumière n’est que le reflet d’un instant qui vient de s’écouler, alors que 3D et ses compagnons de vol sont déjà à des années lumière.

Si cette année encore, les Ardentes ont attisé le feu de la critique, aucune voix ne pouvait s’élever contre cette apothéose magistrale.

Et comme au foot, à la fin, qu’importe la manière, c’est le résultat qui compte.

Rideau donc, sur cette neuvième édition.

Un cru certes pas exceptionnel, mais très bon tout de même et qui a drainé septante six mille personnes dans la boue sans les départir de leurs sourires et de leur bonne humeur.

Et on fait quoi maintenant ?

(Organisation Ardentes)

Voir aussi notre section photos ici

 

Cactus 2014 : dimanche 13 juillet

Écrit par

Si hier, j’ai éprouvé les pires difficultés pour atteindre le parking de la gare de Bruges, suite à un trafic anormalement dense, ce dimanche, il est d’une fluidité élémentaire, même si en cours de route, je traverse quelques averses. Qui semblent avoir arrosé Bruges, quand je débarque dans le Minnewaterpark. Il y règne alors une chaleur quelque peu amazonienne. De quoi nous rappeler que ce soir, il y a la finale de la Coupe du Monde. Mais sans les Diables Rouges, ce n’est plus une priorité. D’autant plus que vu ce que l’équipe d’Argentine nous a montré jusqu’alors, le choix est vite fait…

En débarquant sur le site, Johan me signale que pendant le set de Jungle By Night, il est tombé une solide drache. Ce qui explique la présence de flaques d’eau dans les allées qui séparent les pelouses du parc.

A contrario de Tinariwen et Tamikrest, Bombino n’est pas un groupe touareg, mais un artiste touareg. Nigérien et non malien. En live, il est cependant soutenu par un backing group. Son cocktail de blues, roots, world et rock projette dans notre esprit des images du désert saharien. Sa voix nasillarde n’est pas transcendante, mais suffisamment distincte pour s’imposer face à une musique à la fois hypnotique, puissante et même très électrique ; une voix qui véhicule des lyrics particulièrement engagés… 

School is Cool est un sextuor qui fait un énorme tabac dans le Nord du pays. Au cours des deux dernières années, il a d’ailleurs tourné à travers toute l’Europe ; et en particulier, participé aux festivals Werchter et Pukkelpop. Paru en 2011, « Entropology », le premier elpee a été mis en forme par Reinhard Vanbergen de Das Pop. Leur second, « Nature fear » a été autoproduit. Et il en émane une juvénile innocence. Johannes Genard en est le leader, mais également le chef d’orchestre, le chanteur et le guitariste. Combinant arrangements baroques, percussions ethniques dans un esprit punk, le combo libère une belle énergie sur les planches. En fin de parcours, il va même recevoir le concours de Mauro Pawlowski (dEUS, Evil Superstars). Sympa mais pas vraiment transcendant.

Conor Oberst vient donc de publier un album solo, « Upside Down Mountain ». Outre sa carrière individuelle, il est surtout connu pour son projet Bright Eyes, qu’on qualifierait d’introspectif. Mais en parallèle, il drive également Deparacidos, destiné à véhiculer ses idées sociopolitiques et The Mystic Valley Band. Sans oublier sa participation à Monster of Folk, au sein duquel le line up fonctionne davantage comme une démocratie. Et puis Dawes, un quatuor (basse/batterie/guitare/claviers) qui assure le backing group de sa nouvelle tournée. Un band californien, issu de Los Angeles, très exactement. Souvent considéré comme le nouveau Dylan, Conor va nous proposer un set plus électrique que sur son elpee. Il alterne régulièrement gratte sèche et électrique. Une ‘électrique’ que joue également Taylor Goldsmith. Il aura même droit à son titre solo, Oberst en profitant pour prendre une courte pause. Bref, par rapport au disque, le set est bien plus énergique. Faut dire aussi qu’Oberst a inclus dans sa setlist des morceaux de Bright Eyes. On oubliera les quelques interventions au synthé pas trop judicieuses, pour celles plus généreuses et surtout chaleureuses de l’orgue. Conor porte un gilet de costume de couleur noire, sur une chemise blanche. Il s’installe pour deux titres au piano électrique. Et le show s’achève par une compo country & western plutôt enlevée. Bref, une prestation plutôt réussie pour un artiste qui ne souhaite plus accorder d’interview pour l’instant. Si on peut comprendre qu’il ne tient pas à revenir sur certains litiges judiciaires, il est dommage qu’il refuse de s’exprimer sur ses textes particulièrement profonds, souvent autobiographiques, parfois ésotériques, et qui mériteraient de plus amples explications…

Intergalactic Lovers est une autre formation issue de Flandre dont la popularité y monte en flèche. Mais également aux Pays-Bas. Drivée par la gracieuse Lara Chadraoui, le band dispense une musique extrêmement soignée, raffinée même, très susceptible de produire des hits sur la bande FM. Leur nouvel opus, « Little Heavy Burdens », est paru en février dernier. Sur les planches, le combo manifeste un bel enthousiasme. Lara est une excellente show woman. Elle arpente le podium de gauche à droite et de droite à gauche. Et se tortille avec beaucoup d’expression autour de son mini-ordinateur. Parfois sa voix me fait penser à celle de Nina Persson des Cardigans. Le groupe est solide, les musicos sont excellents, les compos passent bien la rampe. Il ne manque plus à Intergalactic Lovers que le petit plus, l’originalité, qui puisse leur permettre de se démarquer de ses (nombreux) concurrents et ainsi de s’exporter. C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

Il faut avouer que les deux derniers sets de Mark Lanegan auxquels j’ai assisté m’ont laissé sur ma faim. En 2011, il s’était produit en compagnie d’Isobel Campbell et j’ai failli m’endormir. En 2006, c’était au Pukkelpop, et là il avait tenté de sauver la prestation des Twilight Singers. Mais en deux morceaux, c’était peine perdue. Bref, suivant l’adage, nous l’attendions de pied ferme. Bonnet enfoncé sur le crâne, il monte sur l’estrade, flanqué d’un véritable backing group. Section rythmique et claviériste/organiste y compris. Il s’installe devant son micro et ne bougera quasiment plus de cette place pendant tout le show. Sa voix est toujours aussi râpeuse, nicotinée, ravagée par l’alcool et autres excès. Mais elle tient bien la route, surtout dans un contexte bien électrique, puisque le line up implique également deux gratteurs qui mettent la gomme comme à la belle époque des Screaming Trees. Et surprise (NDR : ou pas surprise, puisqu’il se produisait dans la foulée), Greg Dulli le rejoint sur l’estrade pour partager l’interprétation de deux morceaux, « Hit the city » et « Methamphetamine Blues », avant que tout ce beau monde ne tire sa révérence. Pas le concert du siècle, mais un bon concert !

Afghan Whigs vient donc de sortir un nouvel opus, « Do the beast », et on ne peut pas dire que la critique soit dithyrambique. Pourtant, cet elpee me botte bien, même s’il souffre quelque peu de l’absence du guitariste soliste Rick McCollum. Avant le show, en prenant le pouls autour de moi, je commence même à m’inquiéter. La voix de Greg Dulli ne serait plus à la hauteur… il aurait même recours à des tas d’artifices pour la maintenir à flots. Pas que de bonnes nouvelles. La troupe débarque sur le podium. Un sextuor : Greg au chant, un violoniste, un bassiste, un drummer et deux guitaristes. Perso, je me dis que ce n’est pas mal pensé. Vu les critiques relatives à l’absence du gratteur originel, rien de tel que de le remplacer par deux sixcordistes. C’est le crépuscule. Et le set peut commencer. Première constatation, la voix de Dulli tient parfaitement la route. Elle est éraillée, savoureuse, trempée dans la soul ou le blues, selon. Il y livre toute son âme, tout son corps. A deux titres près, le combo va interpréter l’ensemble de son dernier long playing. Sous ce line up, les compos prennent une autre dimension. Les guitares crachent le feu, crépitent, éclatent. Le violon virevolte. En outre, la setlist a le bon goût d’alterner nouveau et ancien répertoire. Et dans ce contexte, « Gentlemen », « My enemy » ou « Going to town » font absolument merveille. Retour d’ascenseur, Lanegan rejoint Afghan Whigs le temps de « Stations », reformant le temps d’une chanson, Gutter Twins. Et en finale, le band rend un bref hommage à Bobby Womack, en incluant « Across 110th street » au cœur de son « Faded ». Un grand moment !

Caribou, c’est le groupe dont tout le monde parle, pour l’instant. Daniel V. Snaith, de son véritable nom, est accompagné par trois autres musicos/bidouilleurs. Vêtus de blanc, le quatuor fait bloc au milieu de l’estrade. Manifestement leur électro ne manque ni de punch ni de groove. Et puis surtout leurs harmonies vocales sont superbes. Le site est balayé d’une multitude de faisceaux au laser. Bref, le light show est impressionnant. Mais après avoir vécu un concert comme celui d’Afghan Whigs, difficile de faire le vide dans son esprit. Je préfère donc rentrer au bercail. Demain, il y a Mogwai et surtout Massive Attack…

(Organisation Cactus)

Voir aussi notre section photos ici

Ardentes 2014 : samedi 12 juillet

Écrit par

En mode récupération après l’effort, votre sympathique envoyé spécial avait décidé de mandater quelques espions à sa solde, mais aux solides épaules, pour assurer la première partie du festival. Ainsi, arrivé frais et dispo avec plus de deux heures de retard, je récolte illico les premières impressions pour vous les livrer comme si vous et moi y étions.
Mes artères ainsi ménagées me permettent alors de tirer le meilleur party (sic!) de certaines prestations de haut calibre.
D’humeur lézardante au début, mais les jambes fourmillantes au final, troisième jour au travers du prisme de mes dizaines d’yeux et d’oreilles.
Mis en jambe par une programmation montant en puissance au fil des jours, mais freiné dans mon élan par une condition physique réclamant un certain ménagement, je délègue donc le début de la journée à ces paires d’yeux et d’oreilles que je prends soin de laisser traîner chaque soir sur le site.

Malheureusement encore encrassées de boue, aucune de celles-ci n’est disposée à me souffler la retranscription du set de Boogarins, combo brésilien bien plus inspiré que leur équipe nationale de futobal.

Loin des clichés Samba ou Bossa Nova, leur Psychédélisme Pop tout droit issu de la mouvance Tropicalismo (un mouvement né à la fin des années soixante et ancré dans l’esprit révolutionnaire de l’époque) promettait en effet de lancer ce troisième jour de manière idéale.

Les Fastlane Candies ont quant à eux répondu présents et au pied levé pour combler les vides béants que les désistements tardifs de Palma Violets et Archie Bronson Outfit avaient laissés comme autant de lézardes dans le mur de la programmation initiale.

Chamboulements d’horaires agencés de main de maître par une équipe de fins stratèges du Tetris et qui propulsent MLCD en début de soirée plutôt qu’en fin d’après-midi ; décalant par la même occasion le reste de l’affiche.

Concrètement et en toute honnêteté, si je n’ai jamais été fan de My Little Cheap Dictaphone, pas plus que de Hollywood Pornstars, autre fleuron de la scène liégeoise où milite une phalange commune aux deux groupes, je suis toujours resté admiratif devant le travail et l’abnégation de ces membres, et en particulier face à l’acharnement de Michaël Larivière, alias Redboy, de tracer la voie de ses rêves.

Et malgré une paire de bras ostensiblement croisés sur ma poitrine, me conférant un air sceptique, j’apprécie à sa juste valeur le travail de ce combo qui ose croire en son potentiel (et qui aurait tort de s’en priver).

MLCD n’a rien inventé ; d’ailleurs, il ne se revendique pas créateur. Par contre, les musicos apportent constamment un soin particulier aux détails, et leur démarche artistique est irréprochable.

Et si les poses d’adolescents singeant ses idoles devant la glace peuvent parfois agacer, il faut y voir, non pas un désir pédant de se la jouer, mais simplement la matérialisation d’images d’Épinal qui longtemps ont sommeillé dans la tête de ces jeunes gens rêveurs, et qui au fil du temps, se sont concrétisées.

Toutes proportions gardées, n’en déplaisent aux détracteurs jaloux, MLCD possède la carrure d’un groupe de stade.

Certes, plus à l’aise au stade du Payray qu’à Wembley, par la force des choses, il a définitivement l’étoffe des grands noms belges.

En témoignent cette énergie, cette fougue et cette foi qui déplace les foules et génère, sinon des émotions fortes, tout du moins un plaisir hautement contagieux.

Le public ne s’y trompera pas ce soir, et je suis curieux, voire même impatient de les revoir dès ce mois d’août, au Pukkelpop, sur des terres moins promises.

Saluons au passage le travail de l’ingé son, qui est parvenu à nous faire oublier qu’on se trouvait dans le HF6, une sorte de hangar dont le nom de baptême se réfère au bassin sidérurgique liégeois, l’acoustique n’ayant rien à envier à un haut fourneau en activité. Une prouesse !

Sans oublier de mentionner l’introduction magistrale de Brian Carney (Mr Android 80’s) déguisé cette fois en Aladin Sane (avec une pointe de « Lionheart » de Kate Bush).

Un régal visuel !

Un petit coup d’œil dans le rétroviseur permet de constater qu’on a certainement vécu une des meilleures prestations de ces trois derniers jours, tandis qu’un rapide regard dans les heures futures conclut que le set de MLCD figurerait dans le top des groupes les plus plébiscités.

Un applaudimètre qui avait fort à faire en ce jour.

D’abord pour Les R’tardataires, lors d’un accueil populaire et très régional. Ensuite à l’égard de The Bots qui peut se targuer d’avoir accordé une prestation cinq étoiles.

Devant un parterre enthousiaste, la première fratrie du jour (Madensuyu leur emboîtant le pas quelques heures plus tard) taille le son en pièces et irrigue les tympans présents de son manifeste talent.

Mais seule la politesse reste de mise, par contre, à l’heure d’applaudir Fanfarlo, dont la Pop pourtant enlevée sur disque semble manquer de peps au grand air, s’essoufflant rapidement dans le cornet d’une trompette enrhumée.

Quelques dizaines de têtes dodelinantes se chargeant de donner un semblant de consistance à un public pour la majeure partie déjà sous anxiogène.

Pendant ce temps, The Van Jets tente encore mettre le feu au HF6, mais cet incendie sera rapidement circonscrit.

Mon attention, quant à elle, s’est depuis le début promise à Au Revoir Simone.Alignées en rang d’oignons derrière leurs claviers et machines, les trois New-yorkaises comptent bien faire montre de leurs meilleures intentions.

Lo-fi électronique de qualité, servie sur un plateau de franche camaraderie, sertie de sourires radieux et le tout accompagné d’un son irréprochable, c’est ce qui me convient parfaitement en ce début de soirée.

Leurs jolies jupettes tournoyant gaiement sous mes yeux et leurs mélodies s’accrochant à mes lobes d’oreille pour y susurrer quelques rêveries candides.

Ravi, j’en oublie presque la magnifique prestation de Timber Timbre qui s’est déroulée dans ce même aquarium une heure plus tôt.

Classe, élégante, tout en retenue, soit le contraire de l’attitude loufoque de son leader Taylor Kirk en tout début de nuit, quand celui-ci s’en prend malheureusement à plus fort que lui au sein de l’assistance réunie autour de Caribou.

Matérialisant ainsi ses ‘cauchemars de soie’ (dixit Les Inrocks), il ramasse son dentier et ses derniers cheveux dans le caniveau et finit ainsi tristement sa tournée, la mâchoire disloquée.

Imperturbables (mais aussi absolument pas au faîte de ce qui se trame en arrière plan), Caribou, justement, prend son élan en tenant fermement les rennes de la nuit.

Dan Snaith et son équipage, vêtus de blanc pour mieux accaparer la lumière, la reflètent dans chaque note dansante, ondoyante et chatoyante.

Une spirale colorée et inspirée où « Can’t Do Without You », le dernier titre en date, extrait du futur elpee (« Our Love »), dont la sortie est prévue pour octobre, glisse suavement sur le dancefloor de nos imaginations.

Rôdé à la scène, le combo canadien maîtrise admirablement bien son sujet, et si les subtilités de leurs morceaux s’étranglent dans l’espace sonore de ce cube de tôle, l’énergie ‘galvanisante’ de leur show se charge d’électriser la foule.

La virée nocturne se chargeant alors de néons fluorescents.

Factory Floor délivre un set résolument plus electro que prévu où les delays et les ondes inquiétantes et mystérieuses de leur opus éponyme se griment en évidences un peu décevantes.

Mais bien sûr, avant tout cela, l’évènement Stromae a mis tout le monde d’accord sur son phénoménal potentiel de showman unique, que seul peut se disputer, du moins en Belgique, au titre d’ambassadeur, un plat de moules frites.

Dans le même laps de temps, M.I.A. donne beaucoup d’elle même, allant jusqu’à inviter les fans sur scène.

Peu après, Madensuyu étale également tout son potentiel énergétique.

Le duo se déchaîne sur le podium de l’Aquarium pour effacer toute trace de doute sur l’efficacité d’un simple duo guitare/batterie.

Celle-ci se montrant très démonstrative dans ce registre et semblant accaparer toute la force d’un set souffrant néanmoins quelque peu d’un manque de relief.

Exit donc de ces lignes I Am et ses chaînes en or qui brillent, le Marc Lanegan Band, dont la voix éraillée peine à enflammer le parc aux alentours de l’heure du souper, Joan As A Police Woman, absorbée par une absence de cohésion espace-temps dans ma propre organisation ou encore Melanie De Biasio, Todd Terje, The Sore Losers, The Feathers, et entre autres Julia Holter pour de multiples raisons entre choix pertinents, et erreurs de placement.

Il me fallait à présent recharger mes accus pour le dernier jour, promis à un final étincelant de noirceur.

(Organisation Ardentes)

Voir aussi notre section photos ici

 

LaSemo 2014 : samedi 12 juillet

Écrit par

Ma journée a commencé dès 6h00 du mat’. Raisons professionnelles. Mais votre serviteur est heureux de savoir qu’il va assister à la seconde journée du festival LaSemo ; un festival qui se déroule donc dans le magnifique parc du Château d'Enghien. Bref, pas tellement loin de mon domicile. Cependant, pour obtenir le sésame qui lui donne accès toute la journée, tu dois attendre minimum, 40 minutes au guichet d’entrée…

Je me dirige vers la scène 'Pavillon' pour y découvrir Marty and the Magic Minds, un quatuor qui pratique une sorte de pop rock teinté de jazz et de delta blues. Fondé en 2010, le quatuor réunit la jolie Vovk aux vocaux (NDR : elle chante dans la langue de Shakespeare), Martin Seghers (alias Marty) à la guitare, Lionel Pothin à la basse et le Kevin Aubry aux drums.

Le combo propose toute une série de chansons paisibles, en début de set. Les voix de Sasha et de Martin sont complémentaires. Mais je n'accroche pas trop. Trop calme pour votre serviteur. Et je décroche après 10 minutes.

Un autre quartet. Tourangeau. As de Trèfle. Leur aventure a débuté en 1996. Dans un garage… A ce jour il a écoulé un peu plus de 80 000 exemplaires de ses 5 albums. Des disques autoproduits. Et dans ce créneau, il a réalisé les meilleures ventes au cours de l’année 2 000, décrochant même une présélection aux Victoires de la Musique, dans la catégorie album découverte. Il a accordé plus de 800 concerts à travers toute la France et l’Europe. Et finalement, s’est forgé une certaine notoriété grâce au bouche-a-oreille.

Caractérisé par une irrésistible énergie rock rappelant la scène alternative hexagonale des 80’s, dont les regrettés VRP, leur musique véhicule des textes solides à l’humour grinçant. Le premier album « Haut les Nains », remonte à 1999. Il y a du rock. Du folk aussi. C’est déjanté, complètement loufoque ; mais surtout ce long playing sème un grain de folie sur la scène rock française, alors moribonde. Un opus qui recèle déjà quelques perles, comme « Haut les mains », « Chanson d’Amur » ou « Jessica ».

Le band fonde son propre label, La Charrette Productions, et vu le succès de l’opus signe un contrat sous licence avec BMG.  

Le deuxième elpee, « Sans les mains », paraît en 2003. Il est très bien reçu par la critique, mais également le public. En outre, le combo acquiert une solide réputation de groupe de scène, suite à ses prestations qualifiées de survitaminées.

Il se produit à la même affiche que d’autres ténors, comme Sergent Garcia, les Têtes Raides, Benabar, Jacques Higelin, Matmatah, les Wampas, La Tordue, Babylon Circus, Lofofora, Eiffel, High Tone, Les Wriggles, Percubaba, La Rue Ketanou, Hubert Felix Thiefaine, Les Hurlements d’Léo, Les Skatalites, Mass Hysteria, Max Romeo, et bien d’autres…

En 2005, il publie « Merci, Bonsoir », un Dvd live. De quoi faire le bonheur des fans de la première heure. Immortalisé dans son fief, à Tours, il confirme tout le bien qu’on pense du band sur les planches…

Après trois longues années de tournée, le combo grave le très attendu « Houlala ». Nous sommes alors en 2008. Un disque enregistré sous la houlette de Terence Briand. La popularité de la formation monte encore en flèche. Et étonnant, leur premier single issu de cet elpee, « A l’oreille de ta femme », parvient à faire une entrée fracassante sur les ondes radiophoniques, outre-Quiévrain.  

Plus ou moins150 concerts plus tard, accordés dans le cadre du ‘Houlala Tour’, en France mais aussi en Allemagne, Suisse et Tchéquie, périple au cours le band va croiser Shaka Ponk, Skip the Use, Les Ogres de Barback, Elmer Food Beat ou encore Zenzilé, As De Trèfle décide de pérenniser le dernier concert de ce périple, lors de son dernier show, exécuté de nouveau at home, à Tours. A l’Escale, très exactement. Un événement reproduit sur un Cd (mixé par Fred Norguet) et un Dvd (réalisation Les Films du Réel), sobrement intitulé « Houlalive ». Il paraît chez l’Autre Distribution, été 2010.

As De Trèfle est venu défendre son dernier elpee, « Pas Comme Tout Le Monde ». Et en live, il faut reconnaître que leurs compos véhiculent une véritable énergie rock. Pourtant, Géraldine, la violoniste attitrée, a cédé son archet à Smad. Mais ce dernier s’est rapidement intégré à l’ensemble, n’hésitant pas à colorer les compos de ses interventions stridulantes.  Parfois, leur folk/rock me fait quand même penser à celui de Louise Attaque. Même si leur expression sonore est parfois teintée de reggae. D’ailleurs, le chanteur a une vraie tête de rasta. Il épice ses lyrics de tas de calembours, des textes qui peuvent se révéler ravageurs ou atteindre le comble de la dérision. Ce qui ne l’empêche pas de solliciter l’auditoire pour reprendre les paroles en chœur.

« Bonjour A Tes Parents » ouvre le concert. On s’éclate à l’écoute de « Ça Ou D'La Merde » et « Tes Mains ». Burlesque, « Chanson d'Amur » fait pourtant la part belle aux grattes et au violon. Vieux standard du groupe, « Haut Les Mains » vous incite à jumper. Outre le fait de lever les bras en l’air. Un chouette spectacle à prendre au second degré, mais qui a surtout permis au public de faire la fête…

On ne peut pas dire que Fastlane Candies ait musardé en route, aujourd’hui. Ce matin, il se produisait aux Ardentes. Puis, il a mis le cap sur Enghien. Il est programmé sur le podium ‘Pavillon’. Et rien que pour le soundcheck, le public est déjà conséquent. Il s’agit de la quatrième fois que j’assiste à un de leurs sets. Et la toute première, c’était en supporting act de Wampire. Déjà, à l’époque, j’avais pris une véritable claque.

Fastline Candies est un autre combo liégeois signé par le label Jaune/Orange. Et dans l’espace rock francophone, c’est un gage de qualité. Après avoir publié un Ep 6 titres en 2011, baptisé "Cold Cold Caribbean", il vient de graver son premier opus, "Telenovelas", un elpee réalisé au Studio 5 (NDR : c’est aussi à Liège) et produit par Xavier Guinotte (My Little Cheap Dictaphone) ainsi que Raphaël Wynands.

Outre le chanteur/guitariste Alexis Alvarez (aka El Niño), l’autre gratteur Laurent Boutefire (aka Krispy Velours), le bassiste Baptcha et le drummer Jrm, le line up est enrichi d’une choriste, également préposée aux maracas, Sandy C. (aka Cheesy Cliché). Caractérisée par leurs superbes harmonies vocales, la pop acidulée du band ne manque pas de charme. Dès "Nothing At All" l’esprit est rivé par cette mélodie contagieuse. Un hit potentiel. Et si les guitares s’imposent, les percus trament le fil conducteur pendant que les voix caressent vos tympans. La setlist puise dans leurs deux essais : "Waiting", "Second Hand Boyfriend", "Girls", "Wound Me", "I Still", le premier single "Let Yourself Go", l’entraînant "Telling Stories" ; sans oublier le superbe "Telenovelas", titre maître de l’opus. Pas de claviers sur "La Chica", mais les vocaux féminins y mènent la danse. Le set s’achève en beauté par "Behind My Back" et le terrible "Summertime's Away". Excellent !

 

 

Direction grande scène pour aller applaudir un phénomène : Baptiste Lalieu aka Saule. Deux ans déjà qu’il étrenne son elpee « Géant », sur toutes les scènes des festivals. En produisant son album, Charlie Winston lui a ouvert les portes du circuit international. Et lui a aussi permis de prendre une autre dimension sur les planches. Ainsi, depuis, Baptiste n’hésite plus à haranguer les foules, mettant littéralement le feu partout où il passe. Pas étonnant qu’une grande amitié soit née entre les deux artistes.

Le set s’ouvre par l’incendiaire « Home Sweet Home». Ce sera le point de départ d’une hystérie collective déclenchée par « Chanteur Bio ». Il y a une belle interactivité entre  Baptiste, ses musiciens et le public. Si on jumpe sur « Un Type Normal », « Vieux » concède quelques instants de douceur. Un zeste de reggae nous propulse quelque part du côté de Kingston. Un extrait du premier opus destiné à ne pas trop perturber les fans de la première heure. « Dusty Man » constitue le cœur du spectacle, même si la voix de Charlie est remplacée par celle du bassiste, également préposé aux quatre cordes au sein du backing group du Britannique. C’est la sixième fois que j’assiste à un show de Saule. Un spectacle toujours aussi endiablé et enchanteur. Pourtant, il serait peut-être temps que Baptiste se décide d’écrire de nouvelles compos, ou tout au moins, de les inclure dans sa set list. Et s’il souhaite augmenter son capital sympathie, il serait peut-être bien inspiré en accordant une interview à Musiczine. C’est un appel du pied. J’attends impatiemment sa réponse…

Sur le podium ‘Pavillon’ se produit le ‘Régional’ de l’étape, en l’occurrence le très affable Cédric Gervi. Il est en pays conquis. Il exerce la profession d’enseignant à Enghien, sa ville d’origine. Ses aficionados sont venus en masse. Il y a d’ailleurs un monde fou sur la plaine. A l’instar de Jean-Luc Fonck, Cédric est un artiste atypique. Ses textes sont engagés, subtils et surtout truffés de calembours. Mais c’est un soliste, et il chante en s’accompagnant uniquement de sa guitare. Etonnante mais excellente initiative, une intermédiaire reproduit les textes de l’artiste en langage des signes. J’avais déjà eu l’occasion d’assister à ce type de relais, lors d’un concert de Kiss And Drive. Et même pour les personnes qui ne sont pas malentendantes, le spectacle est exceptionnel. D’autant qu’on ressent une complicité extrême entre l’artiste et l’intermédiaire. Cédric nous signalera quand même avoir dû adapter son spectacle pour faciliter le travail de la traductrice. Il a ainsi exhumé quelques anciennes perles, issues d’un répertoire qu’il avait délaissé.

La prestation de Cédric est terminée et je tire ma révérence en faisant l’impasse sur le concert de Patrice. Votre serviteur se lève très tôt demain matin et la fatigue commence à se sentir. Bref, l’édition 2014 de LaSemo est une belle réussite et je vous donne déjà rendez-vous en 2015. 

(Organisation LaSemo)

 

 

 

(Organisation LaSemo)

 

Page 40 sur 77