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Dour Festival 2013 : vendredi 19 juillet

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Le soleil est généreux. Conséquence, un nuage de poussière plane au-dessus de la Plaine de la machine à feu. Cette deuxième journée de festival s’annonce chaude, très chaude même. En route pour un nouveau zapping musical !

En toile de fond, sur la Last Arena, se dresse un drapeau sur lequel le patronyme de Danko Jones est inscrit en lettres majuscules, couleur rouge sang. Pas de doute le trio canadien s’apprête à balancer du lourd. Et il y a plus de 17 ans que leur mélange de punk et de métal, légèrement teinté de blues, fait recette. Les vocaux sont puissants. Les riffs de gratte percutants. Mais le public semble encore assoupi, en cette fin d’après-midi.

Changement d’atmosphère sous la Petite maison dans la praire. Dan Deacon mobilise la foule. Et il va parvenir à la faire danser. Suivant un mécanisme, dont il est le seul à détenir le secret. Dès le troisième titre, il demande à l’audience de s’écarter, afin de former un dance-floor, où les battles/contests vont pouvoir se dérouler. Elles se succèdent en respectant le principe des farandoles, au cours desquelles les deux adversaires choisissent les deux suivants qui vont ensuite s’affronter. Un peu plus tard, une nouvelle chorégraphie improvisée démarre au milieu du parterre et s’étire sur toute l’aile gauche du chapiteau. L’électro de Dan est toujours aussi déjantée, souvent au détriment des vocaux, mais le concours de deux drummers communique une pêche d’enfer au set…

Je n’étais pas trop disposé à aller voir et écouter Mark Lanegan. Faut dire que les derniers concerts auxquels j’ai pu assister, m’ont presque plongé dans un état de léthargie. En fait à l’instar de son pote Greg Dulli (NDR : l’ex-leader d’Afghan Whigs et le boss de Twilight Singers), tout dépend du pied sur lequel il s’est levé. Et il faut croire qu’aujourd’hui, il a choisi le bon côté du lit, car il va nous dispenser une prestation en tous points remarquables. Même que la presse sera unanime pour la saluer. Il faut dire qu’il s’est entouré de musiciens talentueux, dont certains sont belges. Pourtant, pendant une bonne heure, Mark Mark ne va pratiquement pas bouger de posture. Droit, un pied légèrement en avant, le regard plongé dans le vide, il fait même presque peur. Il faut s’approcher du podium pour observer son visage rongé par les excès. Car il exige que seule une lumière rouge l’éclaire, pour bien dissimuler son faciès. Un lightshow qui se transforme rapidement en cauchemar pour les photographes. Mais malgré cette mise en scène, le set est de toute beauté. Les compos se succèdent dans un style qui me rappelle Lou Reed voire un Leonard Cohen, au début de sa carrière. Le songwriter est plus crooner que chanteur, malgré l’intensité électrique véhiculée par sa musique. Pas pour rien qu’à une certaine époque, il a milité chez Queens of The Stone Age. Un des grands moments du festival et finalement une grosse surprise, au vu des prestations inégales accordées, en général, par l’artiste.

Retour face à la Last Arena, où la grande foule n’a pas encore décidé d’installer ses quartiers. Et pourtant, ce sont The Vaccines qui vont bientôt monter sur l’estrade. Caractérisée par sa déferlante de basse, la longue intro est plutôt étourdissante. De quoi décider les retardataires et les curieux à rejoindre l’auditoire. Le band londonien entame les hostilités, sans en faire trop. Directes, mélodieuses leurs compos trempent dans la pop, mais une pop susceptible d’exploser à tout instant. Malheureusement les premier titres sont un peu trop brouillons ou alors carrément crades. Au fil du temps, l’ingénieur du son trouve ses marques, et « Ghost town » permet au set de monter d’un cran. En milieu de parcours, leur tube « Post break-up scene » incite les premiers rangs à remuer. Les musicos se démènent comme de beaux diables. Mais ce qui me frappe toujours autant, c’est la voix si particulière du chanteur. Qui est également le leader du combo. Justin Hayward-Young possède un timbre nasillard qui n’est pas sans rappeler Pete Fijalkowski (du défunt Adorable) et même parfois celui de Richard Ashcroft. En fin de show, la formation insulaire aligne les inévitables « Bad Mood », « If you wanna », « I Always Knew » et « Nordgaard ». Elle semble ravie de jouer ce soir. Faut dire que l’accueil qui lui est réservé est chaleureux. Leurs ‘Oh oh come on’ sont repris en chœur par un public ado qui balance les bras de gauche à droite et semble alors manifestement passer un bon moment…

Il est un peu plus de minuit et les concerts cèdent le relais aux DJs sets. Une fois n’est pas coutume, je décide de prolonger la soirée jusqu’aux petites heures, histoire de vivre un peu plus ce festival de l’intérieur.

Je me laisse donc guider par mes amis clubbers, et me retrouve sous le Dance Hall en compagnie d’Amon Tobin. C’est également un fidèle du festival. En 2005, il avait été rejoint par Mike Patton sur la Red Frequecy. Sa discographie, essentiellement publiée sur le célèbre label Ninja Tune, est impressionnante. Pour la circonstance, c’est son projet Two Fingers (DJ set) qu’il a décidé de mettre sous les feux de la rampe. Ce projet a connu un regain de popularité, en 2013, en signant le thème musical de la série TV nord-américaine, ‘Orphan Black’. Très éclectique, le public est au rendez-vous. Des plus jeunes qui commencent seulement à se réveiller jusqu’aux quadras qui sont venus exclusivement pour le Brésilien. Les compos sont assez variées. Elles oscillent aisément du dubstep à la techno circa 90’s, mais n’hésitent pas à surfer sur le drum’n’bass. Son set d’une petite heure paraît, du coup, trop court. Le public en redemande mais il ne reviendra plus.

Place alors à Sub Focus sur la Last Arena. Derrière ce patronyme se cache Nick Douwma, dont le cv est particulièrement impressionnant. Il affiche ainsi déjà 10 années au compteur. Mais j’avoue humblement n’avoir regardé sa prestation que de (très) loin. Le bar est situé à une bonne cinquantaine de mètres, à l’arrière de la scène. Ce ne sont pas des notes mais plutôt des bières blanches qui vont défiler devant votre serviteur, mais cela aussi c’est vivre le festival de l’intérieur…

(Voir aussi notre section photos ici)

Dour Festival 2013 : jeudi 18 juillet

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Certains événements qui se déroulent au cours de l’année me font toujours prendre conscience à quel point le temps passe vite. Il y a toujours les dates d’anniversaires, les réveillons, mais aussi pour votre serviteur, le festival de Dour (NDR : à propos d’anniv’, c’est le 25ème). Assidûment, depuis plus de deux décennies, je remets le couvert. Et si on parle de temps, cette année, il est particulièrement ensoleillé. Bonne nouvelle donc, pour cette édition, car on ne devra pas s’imposer le port d’un k-way ni jouer à l’équilibriste sur un tapis de boue…

Mais j’ai toujours besoin d’un moment d’adaptation quand j’arrive sur les lieux. Lorsque je pénètre sur la Plaine de la Machine à Feu, je me demande toujours dans quel monde je viens d’atterrir. Il faut dire que les festivaliers purs et durs eux, ont déjà débarqué, pour la plupart, la vieille, et ont déjà passé une nuit (blanche ?) dans un des plus grands campings d’Europe.

La mode est aux lunettes solaires aux montures colorées, mais également aux revolvers à eaux. Et Dour n’y échappe évidemment pas. Bien que le chiffre (record) de 40 000 spectateurs soit annoncé, devant les différents podiums, l’assistance est encore clairsemée, en ce début de soirée.

On ne se bouscule d’ailleurs pas devant la Last Arena, pour voir et écouter la prestation de The Aggrolites, dont les musicos sont tout de noir vêtus. Il faut dire que leurs ska/reggae n’est pas très inspiré. La ligne de basse et la boîte à rythmes finissent même pas me casser les oreilles. Dans leur style, la présence d’une section de cuivres aurait certainement était judicieuse. Pourtant ils se démènent sur les planches, et j’ai même chaud à leur place… Mais un set bien plus intéressant m’attend sous la Jupiler X Marquee.

Est-ce dû à la chaleur encore étouffante qui règne sous ce chapiteau ? Ou parce que la plupart des jeunes glandent au camping ? Mais pour assister au concert de The Horrors, il n’y a que quelques centaines de personnes. Toujours fidèle au poste, Jacques de Pierpont (alias Ponpon) nous rappelle qu’ils s’étaient déjà produits, à Dour, en 2007 et 2009. Je me souviens d’ailleurs très bien de la première fois, à une époque où ils bénéficiaient d’une certaine hype. Ils avaient d’ailleurs été sélectionnés pour participer au ShockWaves NME Awards Tour 2007. Pourtant, outre le côté kitsch de leur déco puisée dans les films de série B, leur spectacle avait plutôt déçu. Six ans plus tard, ces artifices visuels ont disparu. Le combo devrait sortir son quatrième elpee en septembre. Et on sent que ses membres ont acquis de la maturité, en ‘live’. Ce qui donne une autre dimension au groupe. Pourtant le début de parcours est chaotique. Faut croire que les réglages et les balances sont opérés au cours des deux premiers titres. Pire encore, ces cafouillages vont même durer trois-quarts d’heure. Le public quitte alors progressivement les lieux, et il ne reste sur place qu’une centaine de persévérants. Qui seront récompensés par un final de toute beauté. Un « Moving further away » (NDR : issu de l’elpee « Skying », paru en 2011) de 10 bonnes minutes. Le band sort alors du climat nonchalant et ténébreux au sein duquel il était plongé (NDR : et nous avait plongés) pour atteindre le point de rencontre parfait entre Mogwai et les Dandy Warhols au sommet de leur forme. Faris Badwan et sa bande vont (enfin) lâcher toute leur intensité au cours de ce morceau construit en crescendo et transpercé, en son cœur, d’un superbe solo de guitare. (Setlist : Mirrors Idaye – Who Can Say – Scarlett Fields – Endless Blue – First Day Of Spring – Sea – ? – Elixir Spring – Still Life – Moving Further Away)

Retour sur la Last Arena pour Tomahawk. La grande foule n’est pas encore au rendez-vous, mais les premiers rangs sont occupés majoritairement par des trentenaires et quadragénaires. Manifestement la présence de Mike Patton suscite un intérêt certain, auprès de cette génération. En outre, on doit admettre qu’il y a des atomes crochus entre l’ancien leader de Faith No More et le festival. Que ce soit au sein de groupe phare, Fantomas ou de Peeping Tom, ses apparitions ont toujours été remarquées voire même remarquables. Les cheveux gominés, Mike s’excite sur sa boîte à rythmes et son microphone. A l’instar d’Audioslave ou de Velvet Revolver, Tomahawk et un super groupe, puisqu’il implique des membres de Jesus Lizard, Melvins ou encore Helmet (NDR : la batterie sonne d’ailleurs très 90’s). L’ensemble tient la route. Une route toute tracée au milieu des terrils, sur fond de coucher de soleil, à l’Américaine. Mais après avoir suscité un légitime sentiment de curiosité, le set nous laisse sur notre faim. Pas de surprise ni d’éclat. Le côté déjanté est parfaitement maîtrisé. Reste bien sûr une question à se poser : ‘Patton est-il toujours fou ?’ ‘Oh oui’ titrait un confrère photographe.

Quand un festival propose différents spectacles sur plusieurs scènes, il y a toujours des moments où il faut faire des choix cornéliens. Ainsi sur le coup de 22 heures, Bonobo et Trentemøller entrent en concurrence. Je jette un premier et rapide coup d’œil au sein du dance hall. Il est saturé de monde pour accueillir le trip-hop hype de Bonobo, fleuron du non moins label ‘tendance’, Ninja Tunes. Autour du DJ Simon Green, gravitent pas moins de quatre musiciens, dont un surprenant saxophoniste, et suivant les circonstances, la chanteuse black à la voix somptueuse, Szjerdene. Dans un style électro proche des Cinematic Orchestra.

Mais mon cœur penche résolument vers Trentemøller. Première surprise, la Jupiler Marquee est noire de monde, alors qu’elle était désespérément vide lors du concert de The Horrors, exécuté une heure auparavant. Les jeunes se réveillent-ils plus tardivement ? Ou les beats dispensés par le leader danois Anders ont-ils le don de rameuter le peuple ? Après avoir assuré plusieurs opening acts pour Depeche Mode, au cours de ces derniers mois, Trentemøller semble bien rôdé pour réaliser un grand show. Le décor est indus. L’electro baigne davantage dans une forme d’ambient progressive. Mais la cerise sur le gâteau est posée par la chanteuse, Marie Fisker. Atypique, sa voix évoque Channy de Poliça et son physique, Jehnny des Savages. Et la finale, tapissée sur fond de « Lullaby » du Cure et mixée à d’autres sonorités oldies réminiscentes d’Hithouse, va nous confirmer que cette prestation était bien une des meilleures de cette journée.

Les Yeah Yeah Yeahs étaient donc la tête d’affiche de ce jeudi. Mais les têtes d’affiche sont-elles nécessaires à Dour ? Perso, je pense qu’elles ne collent manifestement pas à ce festival... La formation est également programmée sur la Last Arena. Et elle est très attendue. Après avoir gravé un chouette premier LP (« Fever to tell »), elle s’est produite en Belgique, au Bota, au Pukkelpop, puis à Werchter en 2009. Une belle progression ! Sur le podium, en arrière-plan, une bannière affiche trois lettres ‘Y’. Et elles sont gigantesques. Les musiciens montent discrètement sur l’estrade. Ils ont quelques minutes de retard. Suit alors l’excentrique vocaliste Karen O.. Elle est d’origine polonaise et asiatique, et cette ascendance se lit sur les traits de son visage. Son look est toujours aussi extravagant. Chaussée de Converse et exhibant des chaussettes roses, elle est vêtue d’un jeans et d’une veste blanche à paillettes et porte sur le nez, une paire de lunettes ‘mouche’. Paradoxalement, elle ouvre son set par « Mosquito », le titre maître de son dernier opus. Le public est conquis et entame rapidement quelques pas de danse ou se lance dans l’un ou l’autre pogo. Surtout lorsque le band attaque le tube « Heads will roll ». Karen se déhanche, fait le grand écart, crie, avale son micro ou le dissimule près de ses parties intimes. Mais ses frasques finissent par lasser. Pourquoi en fait-elle autant ? En outre, la musique souffre de l’absence d’un véritable claviériste. Comme chez les Ting Tings, le synthé rythme la plupart des titres. Mais il n’y a personne pour occuper ce rôle sur les planches, et on a la pénible impression de se farcir une bande préenregistrée. Heureusement, « Maps », dispensé pour clôturer le set, va quelque peu me consoler. A cause de cette déferlante de riffs de gratte. Le groupe semble avoir pris un réel plaisir en ‘live’. D’ailleurs, le guitariste a régulièrement pris des clichés de l’auditoire. Et le public semblait heureux de leur prestation. Mais j’en reviens à ma question : est-ce que des formations de ce calibre sont vraiment taillées pour ce festival ? Est-ce que ces ‘têtes d’affiches’ correspondent bien à l’esprit de Dour ? Réponse sans doute, d’ici quelques jours…

(Voir aussi notre section photos ici)

Francofolies de Spa 2013 : jeudi 18 juillet 2013

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Journée chahutée puisque je suis appelé sur un autre front au moment où deux des artistes que je souhaite voir et écouter en ‘live’ (et ils sont rares) vont se produire dans le village (ces scènes placées dans l'enclos cerné par les bâtisses de la ville).
Me reste donc un vague sentiment de solitude face à ce qui ressemble à un vide sidéral.

Heureusement, Mademoiselle Nineteen est là pour égayer ce début de journée.

La Pop rétro de cette charmante Liégeoise, qui séduit partout où elle est de passage, est fraîche comme une limonade aux bulles couleurs chewing-gum.

Fille illégitime de France Gall et Nancy Sinatra, mais authentique ‘rejetonne’ de Marc Morgan, elle s'approprie l'univers Scopitone de nos aïeux en le contrebalançant d'un je ne sais quoi de swing qui fait CLIP ! CRAP ! Des BANG ! Des VLOP ! Et des ZIP ! SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

Saint Tropez s'invite sur la plage de Spa quand elle interprète « Je ne vois que vous » ou « Quelle importance ? », les années yé-yé s'approprient le vingt et unième siècle l'espace d'une heure et le soleil de juillet ne brille plus par son absence mais bien d'un rayonnant éclat qui transpire la bonne humeur.

Composé de petites sucreries irrésistibles, son répertoire rehaussé de reprises dont un « These Boots Are Made For Walkin' » plus Nancy que Dominique Michel, interprété pour l'occasion en compagnie de la chanteuse du nouveau projet dont on ne fera plus que parler d'ici peu (j'ai nommé La Plage), Juliette Wathieu a les pieds qui brûlent, mais ses bottes sont faites pour marcher, et l'emmener loin, loin, loin d'ici.

Un début de journée plein d'entrain pour...

Pourquoi au juste ?

Je dois m'absenter de dix sept à vingt et une heures.

Je fais donc une croix sur Benjamin Biolay, dont l’élégante Pop se conjugue en ce jour à un aspect plus Rock qui semble en avoir déstabilisé plus d'un dans cette assistance, il est vrai, partagée entre fans et curieux badauds.

Exit aussi la prestation de Daan, toujours aussi élégant dans son costume marron sous un soleil de plus en plus écrasant.

À mon retour, j'ai donc droit à des Puggy en forme face à un large, très large public venu faire la fête.

Une sensation d'agoraphobie s'empare de votre serviteur, tandis que la Pop bien propre sur elle de ces petits protégés des stations FM assure l'essentiel.

Efficace et jouée avec entrain, certes, mais dénuée de tout intérêt.

Le public est réceptif, je suis pour ma part bien plus rétif.

Ailleurs, à quelques pas de là, sur la grand place, Ozark Henry, Saez ou encore Black Box Revelation ont échauffé les sens avant que Martin Solveig n'enterre cette journée.

Organisation : Francofolies

 

Francofolies de Spa 2013 : mercredi 17 juillet 2013

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Un climat estival qui vire au tropical dans une jolie ville thermale, une programmation éclectique exécutant le grand écart entre Electro Bling Bling et musique électronique de choix, entre Rock à paillettes et esprit sauvage déluré, entre finesse Pop et kermesse de barakies, pas de doute, cette vingtième édition des Franco, placée sous la bannière patriotique en final ‘grandjojozant’ avait réuni assez d'éléments pour attirer la toute grande foule.
Une foule bigarrée, où le quidam en bermuda et sandales, croise le rebelle tout de noir vêtu suffoquant au soleil, où le kéké des plages, le hipster aux chaussettes montantes ; bref, un festival qui se veut depuis ses débuts familial, et qui à l'aube de son 21ème anniversaire vire au grand rassemblement populaire.
Compte-rendu de votre envoyé spécial qui souvent se demandait que faire...
Premier constat, et non des moindres : le nombre de groupes ou d’artistes suscitant mon intérêt, voire ma curiosité, se résume à tout au plus une poignée perdus dans la masse de cette affiche 2013.

Ajoutant à ma frustration, dès ce premier jour, je me vois contraint de manquer les excellents BRNS, et pour cause, je me rends au même moment dans les installations de l'Hôtel Radison pour réaliser l'interview de Jeronimo, bientôt disponible sur notre site.

C'est donc sous un soleil radieux, mais pas encore cruel que je m’installe face à la scène Proxitruc, pour mater ce qui sera une des rares apparitions de Jérôme Mardaga cet été.

Lui qui avait mis un terme (non pas à Spa) à l'aventure Jeronimo après trois albums accueillis avec enthousiasme tant par le public que par la presse, mais pas à la hauteur des attentes de son auteur, a publié cette année une petite perle Pop, répondant au nom de « Zinzin ».

Pop, c’est sans doute ce qui dérange le plus le Liégeois ; car il se voit de plus en plus en marge de ce cadre formaté.

Mais avant de continuer ‘frondeusement’ sa quête d'une musique en marge des codes, la promotion de son petit dernier l'amène à renouer un temps avec ces anciennes chansons tellement attachantes et à proposer au public ces dernières compositions.

Un public qui se montre très réceptif, enchanté de retrouver cet habitué des lieux.

Entre douceur, poésie et humour, passage au peigne fin d'une discographie nourrie d'indie anglo-saxonne et qui tend doucement à présent vers un Folk Americana apaisé mais aux accents toujours bien belges.

En témoigne « Pieds nus dans l'aube » ou « Irons-nous voir Ostende », qui contrebalancent subtilement l'ironie des textes de « John Lennon s’est suicidé », chanson contestataire grinçante ou encore « La mort solitaire de Franck Vandenbroucke », hommage appuyé à l'une de nos gloires nationales dont les lamentables frasques l'ont conduit à une fin à la fois triste et incongrue.

Mais les sonorités Shoegaze ne sont pour autant pas rangées au placard, et les guitares savent encore crépiter quand entre deux chansons, Jérôme nous réserve quelques transgressions hors du format chanson.

Enfin, retenons les mains tremblantes d'un public venu pour faire la fête mais communiant joyeusement son plaisir intact de retrouver un enfant chéri du plat pays.

Pour le reste, entre les élucubrations baignées de vodka d'un Joey Starr fidèle à son image de racaille des salons bourgeois VIP et l'humour radio Contact (et encore, avec un certain manque de tact) de DJ Didjé venu amuser la populace, en passant (zappant) le savoir faire (?) de Daddy K, il ne me restait qu'à entraîner mon sourcil droit à se soulever dubitativement face à la liesse générale déclenchée par Orelsan, dont  je reconnais volontiers plus de talent que l'immonde « La Terre Est Ronde » ne me l'avait laissé présager.

Bref, vous avez compris, vous qui lisez ces lignes, que je ne pouvais guère trouver mon salut et rechignais à faire la file devant la soupe populaire.

Néanmoins, soulignons la joyeuse prestation d'une Olivia Ruiz, drôle comme d'accoutumée, énergique et sympathique, mais qui et aussi capable de laisser transparaître une certaine sensibilité dénuée de sensiblerie au travers de certains titres introduits pudiquement par quelques mots touchants.

Un petit bout de femme chocolat qui rehaussait cette journée, comme le dessert, un frugal repas.

Organisation : Francofolies.

 

 

Ardentes 2013 : dimanche 14 juillet

Retour à un rythme cardiaque normal, voire parfois, mis en veille…
La journée familiale prend des allures de thé dans le jardin.
On se (re)pause et on profite du bon temps.
Avant de prendre une sacrée gifle qui laisse une marque en forme de M.

Le set écourté pour cause de problème technique du très attendu Jacco Gardner ne déstabilise pas l’assistance, pas plus que ce dernier, qui au final, insuffle, en compagnie de ses acolytes, un petit air de Bandas (si, si !).

An Pierlé rebondit avec brio et humour sur son énorme ballon devant une foule de spectateurs alanguis au soleil.

Bien entendu, la pertinence de placer cette artiste en début de journée, seule derrière son piano à queue, dans le grand espace du parc Astrid laisse songeur.

Mais le contraste flagrant entre la candeur de ses interventions (notamment quand elle s'adresse à de nombreuses reprises, d’un air malicieux, à ce jeune technicien du son pour lui demander de revenir nu au prochain problème technique) et la profondeur dramatique de ses interprétations habitées, elle instaure une sorte de magie, qui, si elle ne parvient pas à redresser les carcasses ramollies, a le mérite de réveiller l'émotion abandonnée ici même hier par Lou Doillon.

En contrepartie à ces deux prestations où règne un sentiment de calme et de quiétude, Hanni El Khatib répond par de saignantes salves de son Blues habité et quelque peu écrasant, alors que les Raveonettes délivrent les premières et seules vagues de guitares tranchantes de l’ensemble de ces quatre jours.

Trixie Whitley n’éveillant pas mon intérêt, j’assiste d’un regard détaché la prestation de Hooverphonic qui se révèle être de haute volée.

Dans un registre symphonique (oui, avec cordes et grand piano), les Portishead du riche comme on aime à les appeler nous proposent une relecture (?) de leur répertoire, forts de leurs hits en puissance joués à la façon ‘ bande originale de James Bond’ ; mais le tout rend très bien et manifestement plaît au public.

L’apothéose approche à grands pas.

Si la question s’était jamais posée de la pertinence d’accueillir M en tête d’affiche finale des Ardentes, la prestation cinq étoiles de Mathieu Chédid va faire taire ses détracteurs.

Il serait mal venu de notre part d’encenser le concert en question, vu que nous nous sommes surtout penchés sur la joie palpable qui émanait du public.

Mais si musicalement, nous ne nous retrouvons absolument pas dans le registre de ce drôle de loustic, incroyablement modeste par rapport à la somme de son talent, on ne peut que s’incliner face à l’incroyable force motrice génératrice de sourires d’un répertoire enjoué et rehaussé de frasques scéniques follement imaginatives.

Une sacrée leçon de positivisme donnée aux plus sceptiques qui s’est achevée en chorégraphie lumineuse sur le « Baïa » du dernier album, livré pour la seconde fois ce soir.

Enfin, il reste à Arno à réveiller nos consciences patriotiques (ah, les fesses de Paola !) et d’assurer comme lui seul sait le faire.

Fidèle à lui même, généreux et électrique, il délivre une énième prestation de haute voltige, assénant ses coups de gueule comme ses bons mots à l'encontre de la Dynastie, du marasme social ou réveillant l'engouement pour l'arrière-train de la plus italienne des Belges dans cette partie de la Belgique, berceau de l'immigration transalpine.

Finissant son set comme à l'accoutumée par ses versions de « Oh La La La » et « Putain Putain », repris en chœur par un public décidément chaud, chaud, chaud, avant un rappel brièvement sollicité.

Enfin, avant que Compuphonic ne laisse tomber le voile sur cette huitième édition, la dernière migration vers l'Open Air croise les premières vagues de festivaliers repus.

Demain est un autre jour, et déjà, on parle des Ardentes 2014.

Mais dans la tourmente, la cuvée 2013 se sera révélée d’excellente facture pour tous ceux dotés d’un minimum d’ouverture d’esprit, curieux et autres vrais fans de musique.

À l’année prochaine les Ardentes !

(Organisation Ardentes)

Voir notre section photos ici

 

 

 

Cactus 2013 : samedi 13 juillet

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En cette deuxième journée, le soleil est au rendez-vous. Je suis encore sous le charme de la délicieuse soirée vécue la veille et bien conscient qu’une telle situation se répète rarement deux jours de suite, lors d’un festival. Quatre excellents groupes d’affilée, il y a de quoi pavoiser. Mais aujourd’hui, il y a Calexico. Ce sera la 3ème fois que j’assiste à un de leurs sets, en 10 mois. Et à chaque prestation, la qualité va crescendo. On verra donc de soir…

En rentrant vers 2h30, la veille, un temps de récupération plus long s’imposait pour votre serviteur. Aussi, je n’ai pas assisté aux prestations d’Isbells et de Ghostpoet, et débarque au moment ou celle des Raveonettes commence. C’est en 2003 que je les avais interviewés, dans le cadre du festival des Inrocks. Sune Rose Garner et Sharin Foo drivent toujours le band et sont soutenus par un drummer qui se charge également de la boîte à rythmes. Le début de parcours est un peu brouillon et privilégie la puissance sur le dynamisme. Aussi, il faudra 4 à 5 morceaux avant que le trio ne trouve la bonne carburation. Mais à partir de cet instant, la sauce va commencer à prendre. Sune et Sharin sont chaussés de lunettes fumées. Le premier est coiffé d’une casquette de baseball. Devant eux, on remarque la présence d’un impressionnant éventail de pédales de distorsion. Les deux musiciens changent ou s’échangent leur gratte presque à chaque morceau, pour donner davantage de relief à chacune de leurs compos. Sharin, dont la coloration des cheveux en blonde patinée commence à s’estomper à la racine, opte aussi parfois pour la quatre cordes. Les sonorités bourdonnantes produites par les grattes rappellent le plus souvent Jesus & MaryChain, même si elles empruntent parfois une coloration plus surf. Réverbération, feedback, rien n’est épargné au traitement électrique, mais toujours sur un même ton, et en couches, pendant que le drummer frappe métronomiquement ses fûts, un peu comme Nick Knox, quand il sévissait chez les Cramps. La conjugaison des deux voix sont superbes, angéliques, et rappellent les Everly Brothers voire les Ronettes. Sympathique !

Vers 18 heures, Depedro accorde un set acoustique en backstage. En fait, il s’agit de Jairo Zavala, guitariste qui accompagne régulièrement Calexico, en ‘live’. Il vient de sortir son album « La increíble historia de un hombre bueno ». Il est parfois soutenu par Jacob Valenzuela, à la trompette. Une petite demi-heure, ma foi, rafraîchissante.

Michael Kiwanuka et son band débarquent sous la même configuration que l’an dernier dans le cadre des Inrocks. Il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il possède une voix remarquable. Très soul. Les musicos de son backing band sont manifestement talentueux. Et plus énergique que la dernière fois, la première partie du spectacle, lorgnant parfois vers Booker T., ne me déplaît pas trop. Puis à mi-parcours, les compos retombent dans les ballades mielleuses. Pas vraiment ma tasse de thé !

Bonnie Raitt est âgée de 63 balais. Aussi bien en photo qu’en live, on est d’abord impressionné par sa chevelure rousse, même si aujourd’hui, une mèche grise lui traverse la crinière. Plus de 4 décennies qu’elle roule sa bosse. Au cours de sa carrière, elle a décroché 10 Grammy Awards. Socialement et politiquement engagée, elle est considérée par le magazine Rolling Stone comme une des 50 meilleures chanteuses et 100 meilleur(e)s guitaristes de l’histoire du rock. Pour sa nouvelle tournée, elle est soutenue par de grosses pointures. Soit l’ancien membre des Beach Boys, Ricky Fataar aux drums, les fidèles George Marinelli à la guitare (dans le passé, il a quand même bossé pour Bruce Hornsby et Art Garfunkel) et Hutch Hutchinson (son cv est ahurissant ; il a ainsi notamment côtoyé Bryan Adams, Ryan Adams, Jackson Browne, The Chieftains, Joe Cocker, Crosby, Stills, Nash & Young, The Doobie Brothers, Al Green, Etta James, Ziggy Marley, Willie Nelson, les Neville Brothers, Ringo Starr, Brian Wilson et Link Wray…) à la basse. Sans oublier la collaboration du légendaire claviériste Mike Finnigan, spécialement invité pour ce périple ; un vétéran au curriculum vitae tout aussi impressionnant, puisqu’il a notamment participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Jimi Hendrix, « Electric Ladyland ». Et il a amené son Hammond ! Fallait s’y attendre, l’auditoire à cet instant est essentiellement composé de soixante-huitards. Jean-Claude, notre spécialiste en blues, aurait certainement été mieux inspiré que votre serviteur, pour décrire ce concert. Les musiciens sont extrêmement brillants. Leur hybride de blues-folk-soul-rock-r&b (le vrai, le millésimé !) est irréprochable. La voix de Bonnie est âpre, chaleureuse et sensuelle. La setlist regorge de reprises consacrées à des classiques : Gerry Rafferty (“Right Down the Line”), John Hiatt (“Thing called love”), Bob Dylan (“Million Miles”), et bien d’autres. Entre les morceaux, Raitt raconte quelques anecdotes. Parfait ! Sauf que votre serviteur n’est pas parvenu à accrocher. Désolé !

Pour la troisième fois que j’assiste à un concert de Calexico en 10 mois, j’avais un peu envie de participer à la fête et me suis approché du podium. Une bonne idée, car le show du groupe a carrément été exaltant. Première constatation Paul Niehaus, le jouer de pedal steel est absent. Il tourne en compagnie d’un autre artiste. Et est remplacé par Jairo Zavala. Ce dernier a sans doute enfin compris son rôle, car au lieu de booster les compos de sa gratte électrique, et d’en remettre chaque fois une couche, comme à l’AB, il va les affuter, les bichonner, en se consacrant davantage à la steel guitar. Joey est en forme, et harangue la foule. Sa voix est empreinte de douceur et de ferveur. Wenk et Valenzuela caressent régulièrement l’expression sonore de leurs cuivres mariachi pendant que John balaie le tout de ses drums, alors que régulièrement, le claviériste/pianiste se lance dans de belles envolées cubaines. Wenk semble de plus en plus à l’aise au sein du combo et vient régulièrement jouer de l’accordéon en front de scène. Quant au contrebassiste/bassiste, il pulse le tout de ses accès convulsifs. Ne m’en demandez pas plus, j’ai été pris dans cette ambiance latino et ne me suis pas occupé des morceaux proposés. C’est rare, mais ça arrive et je ne m’en plains pas. Une chose est sûre, ils s’emboîtaient à merveille. Et pas de quoi reprocher au combo de ne pas avoir accordé de rappel, puisque leur set a débordé de dix bonnes minutes… Olé !

Ozark Henry ? Je me souviens qu’à ses débuts, Daniel B. m’avait filé son tout premier album. Et j’avais alors pris de soin de souligner le talent et la créativité de Piet Goddaer, alors illustre inconnu, à travers une chronique. Depuis il a fait du chemin et n’intéresse plus qu’un public mainstream. Et puis comme je ne voulais pas gâcher le plaisir pris après le show mémorable de Calexico, j’ai préféré m’éclipser…

Organisation : Cactus Club (Bruges)

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Les Ardentes 2013 : samedi 13 juillet

Enfin une journée où nous pouvons nous dédoubler.

Mais avant que dEUS ne nous la joue ‘grande fête du peuple’, sur le coup de minuit quinze, il s’en est passé des événements intéressants…

Et ils commencent tôt. Par les Elvis Black Stars qui moulinent des bras (ils aiment bien ces gestes) en propageant un Rock structuré et bien ficelé. Les petites têtes sont bien carrées et correctement coiffées. Et leur set est bien couillu pour un début de journée. Si leurs poses de mécanos de calendrier sont vite exaspérantes, on retiendra de réelles qualités à une musique loin d’être originale mais qui assure l’essentiel.

Les musicos de Pale Grey affichent leur candeur avec panache mais un peu trop de politesse.

Se présentant dans une tenue identique, ils proposent les chansons de leur premier (et encensé sur notre site) premier album « Best Friends », mais peinent à vraiment captiver une assistance, il est vrai encore en quête d'énergie, tant la météo se montre plutôt propice au farniente.

Néanmoins, les protégés du label Jaune Orange réussissent à flanquer la banane et notamment par l'entremise de leur irrésistible single « Seaside » qui fait battre la mesure aux premiers pieds téméraires.

Ensuite, place à Compakt Disk Dummies. Un duo, dont les membres sont âgés de vingt et dix-huit ans. De véritables bestioles de scène !

Ces dignes héritiers de Goose peuvent donc envisager l’avenir en manifestant un optimisme certain au vu de la forte impression laissée sur un public chauffé à blanc, à l'abri du corps astral, là, sous les tôles ondulées du plafond du HF6.

Des solos de guitare à genoux et un petit bain de foule qui fleurent bon l'esprit Rock d'un groupe aux influences majoritairement Electro.

On en reparlera certainement à la rentrée car à l’instar de leurs petits camarades de classe de School Is Cool, ils devraient fort logiquement se dégager du lot.

Les choses s’emballent sur le coup de seize heures quarante, puisque The Maccabees vient nous rappeler tout ce qui nous avait déjà séduits en deux mille neuf ; les charmants sourires collés au bord des lèvres témoignant de leur plaisir intact.

D'abord, il y a toujours la voix d'Orlando Weeks qui se pose en avant et mène le navire à bon port, là où chavirent les cœurs de quelques fans venus communier avec ce groupe au nom à consonance religieuse, mais qui jure ses grands Dieux ne prêter aucune signification particulière à la religion.

Et puis, il y a ce savoir faire tout britannique pour vous ficeler des morceaux d'une singulière efficacité tout en arborant un détachement pince sans rire.

L'album « Given To The Wind » trouve donc tout naturellement ses marques dans la discographie des Maccabees et lors de ce set rehaussé bien entendu des immanquables « Love You Better » « No Kind Words » et « Can You Give It ? » mais également du tout aussi efficace single « Pelican ».

Un concert qui s'achève par « Grew Up At Midnight » et qui place un peu plus haut la barre des exigences des amateurs de Pop et de Rock.

La Place réservée à Lou Doillon est donc des plus délicates.

Mise en avant par la grâce d'un album subtil, mais desservie par des liens familiaux étouffants, elle est attendue au tournant.

Cependant, la petite heure passée en sa compagnie aura l'avantage de démêler la pelote de scepticisme cynique qui entoure ses débuts.

Franchement à l'aise et très humble, l'artiste pluridisciplinaire redresse les poils calfeutrés sur les nuques moites de chaleur et distille quelques frissons dans une assemblée tombée sous le charme.

Balançant deux reprises enthousiasmantes mais qui font pâle figure face à ses propres chansons au pouvoir subtil.

Laissant derrière elle la sensation d'avoir assisté à l'avènement d'une grande dame du Rock international.

Rien de moins.

Alors arrive l’avènement des Kaiser Chiefs.

Entertainer hors pair, Ricky Wilson ne se ménage pas pour conquérir la foule. Elle est à ses pieds, et il n’est pas étonnant, au vu du rythme effréné qui nous tient en haleine pendant une heure, qu’il ait perdu tant de poids.

Alignant ses hits, dont « I Can’t Believe » et « Ruby », repris en chœur par la foule surexcitée, le show est un peu bourrin, certes, mais bon enfant, et se révèle un des chauds moments de cette année.

La poésie d’Oxmo Puccino, le savoir-faire de Soldout ou l’énorme talent de la petite Raving George derrière les platines dépose définitivement le label de qualité sur cette journée, sans même parler de la prestation hyper professionnelle de dEUS dont personne n’ose dire de mal.

Pourtant, à mon sens, le groupe de Tom Barman n’apporte plus rien à la scène belge, constat navrant dans la mesure où ce groupe était non seulement pionnier en nos terres, mais aussi parce que son génie excentrique était reconnu bien au-delà des frontières…

Une chape de conformisme qui semble s’être abattue sur la créativité de ce band qui n’hésitait pas à prendre le risque de se planter lamentablement à ses débuts ; mais qui s’avérait le plus souvent absolument fantastique.

Mais bien sûr, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et dEUS n’est sans doute plus tout à fait maître de son succès. Ce qui l’oblige à revoir sa vision de l’extravagance, au point de faire monter le public ‘on stage’ dans un grand happening final fleurant quand même le populisme.

Avant de clôturer cette avant-dernière journée, revenons quelques instants sur le set de La Femme, annoncé par beaucoup comme la sensation du moment.

Rêve de hipster bobo parisien mouillant son caleçon Calvin Klein en émettant un petit cri aigu, ce combo autoproclamé bipolaire nage effectivement entre deux eaux.

Entre Taxi Girl et Les Inconnus version « Isabelle », le combo est à deux doigts du pitoyable tout en restant cohérent.

Une attitude surfaite et des compositions empruntées qui sonnent comme autant de reprises du « Bob Morane » d’Indochine en font un hype incontournable dont le talent reste quand même à prouver.

À suivre…

(Organisation Ardentes)

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Cactus 2013 : vendredi 12 juillet

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Il s’agit déjà de la 32ème édition du festival Cactus. Un festival qu’on savoure d’autant plus quand le temps est clément. L’an dernier, sous la pluie, qui s’est abattue presque continuellement les deux premiers jours, personne n’avait vraiment envie de rigoler. Ni les artistes, ni le public et encore moins les organisateurs. Ce week-end on annonce du soleil. Donc l’affluence devrait dépasser les 20 000 âmes. Suffisant pour un événement convivial, limité à une seule scène, chaque prestation étant séparée par une pause d’une demi-heure, et le dernier concert s’achevant à 1 heure du matin. Bref, cette année, votre serviteur a choisi de se rendre à Bruges, le vendredi et le samedi. Et place d’abord au premier jour. Il fait un peu frisquet, mais pas de flotte, c’est l’essentiel…

En débarquant vers 18h45, je ne pouvais assister au set de Blaudzun. Et celui de Pinback vient de débuter. Pour bien connaître cette formation californienne (issue de San Diego, pour être plus précis), il faut être un véritable aficionado. Fondé en 1998, le band compte 5 albums et une volée d’Eps, à son actif. Mais participe également à de multiples projets. Et il y en a tellement qu’on éprouve parfois des difficultés à s’y retrouver. D’autant plus qu’une belle volée de musiciens a également transité par le line up du band. Mais Pinback c’est avant tout Armistead Burwell Smith IV et Rob Crow (ce dernier s’est élagué la barbe !) Compositeurs, chanteurs et multi-instrumentistes. Sur les planches, Smith se charge de la basse et Rob de la guitare. Et ils sont soutenus par Chris Prescott, aux drums. Leurs morceaux sont saupoudrés d’effets électroniques judicieusement dispensés. Sur disque, l’aspect rythmique est moins évident et la musique s’avère assez complexe. Mais en ‘live’, si la solution sonore demeure élaborée, le concours d’un batteur énergique et la conjugaison des superbes voix, rend les mélodies plus contagieuses. Des voix qui sont parfois soulignées par les cordes, un peu comme Rory Gallagher le faisait chez Taste. En fin de parcours, Crow (NDR : qui doit avoir vidé un demi bac de bières et bien entamé une bouteille de gnole), descend dans le public et fonce jusque la table de mixage. Le fil était trop court, sans quoi, il courait jusqu’au canal pour se rafraîchir. Une belle entrée en matière, donc…

Daan a donc décidé de chanter dans la langue de Molière. Et en particulier sur son dernier album, « Le Franc Belge », sur lequel il lui réserve (NDR : le français !) une majorité de compos. C’est la première fois que j’assiste à un concert de l’ex-Dead Man Ray. Il est accompagné d’un backing group. Un violoncelliste/bassiste (Jean-François Assy), un trompettiste/claviériste, un guitariste soliste (NDR : il a milité au sein du backing group d’Arno), un claviériste ainsi qu’une drummeuse (NDR : en l’occurrence Isolde Lasoen), également préposée aux backing vocals. Et franchement ses interventions vocales sont superbes. La voix de Daan est rocailleuse. Parfois elle me fait penser à Bashung. Tout comme certaines de ses compositions. Encore que lorsqu’elles baignent dans un climat plus jazzyfiant, le spectre d’Yves Montand se met à planer. Sous une forme plus kitcsh, elle lorgne alors vers Divine Comedy et plus structurée, cinématique, elle nous renvoie aux Triffids voire à Calexico, sans l’aspect latino. Bien équilibré, le concert est presque irréprochable. Un bémol ? Oui, le recours au synthé que tripatouille Jeroen Swinnen. Pas toujours une bonne idée. A contrario des rares solos de trompette dispensés par Jo Hermans, de toute grande classe. Les sonorités d’orgue ou de piano collent bien mieux à la musique de Daan. Alors pourquoi ne pas davantage les explorer ? Lors du rappel, alors on comprend mieux, car le band va enflammer le public à l’aide de deux titres électro-dance, « Swedisch Designer Drugs » et « Housewife ». Manque pas grand-chose pour que Daan suive les traces d’Arno…

Thurston Moore et Kim Gordon se sont donc séparés ; ce qui risque fort de mettre un terme à l’aventure de Sonic Youth. D’autant plus qu’il a déjà monté différents projets depuis. Le dernier en date ? Thurston Moore & Chelsea Moving Light. Un quatuor dont le line up ressemble fort à celui de son groupe mythique. Il y a même une bassiste. Cependant, elle ne chante pas. Et elle doit mesurer à peine 1m50. La formation a publié un disque éponyme, le printemps dernier. Paraît qu’il est assez calme. Ne m’en demandez pas plus, il est sans doute réservé à l’élite médiatique. Mais venons-en au set. Moore semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. On a l’impression qu’il a repris les choses là où il les avait laissées, 25 ans plus tôt. Pensez à « Daydream nation », paru en 1985 voire à « Dirty », gravé en 1992. Ou alors à son elpee solo, « Psychic hearts », qu’il avait commis en 1995. Sur les planches, les deux grattes libèrent des sonorités crépitantes, bringuebalantes, distordues, malsaines, vivifiantes, chargées de feedback mais qui rattrapent constamment le fil mélodique au moment où on pense qu’il est définitivement perdu. Quant à la section rythmique, elle fédère toute cette énergie pure et sans concession. Elle vous percute de plein fouet et électrise tous vos sens. Une remarquable prestation au cours de laquelle on épinglera une cover du « Empire of time » de 13th Floor Elevators ; sans oublier le petit rappel, que le quatuor va consacrer à une nouvelle compo et un titre que Samara va parcourir de son violon, après avoir abandonné sa quatre cordes…

Plus d’une vingtaine de musiciens (NDR : peut-être 25) montent sur l’estrade. Très classe, il faut le reconnaître. Chemise blanche, cravate et costard noirs pour les hommes. Robe de même teinte mais gaufrée, pour Noémie Wolf, particulièrement élégante dans cette tenue. Elle s’installe au milieu de la scène. Et puis on va vivre un moment empreint de magie, né de la rencontre entre les musiciens plus pop/rock (basse, guitare, drums, percus) et l’orchestre symphonique (violons, violoncelles, cuivres). Bien sûr, Hooverphonic revisite ses plus grands tubes (“Jackie cane”, “Mad about you”, “2 wicky”, “Eden”, “World is mine”, “Sometimes”, “Vinegar & salt”, etc.), mais ces versions prennent une toute autre dimension, sous cette forme. Anecdote cocasse, le moment au cours duquel les violonistes se mettent à chanter dans leur instrument. Bref, le travail opéré par Rayond Geerts et surtout Alex Callier mérite un coup de chapeau, tant les arrangements sont soignés, et mettent en exergue la superbe voix de Noémie. On ferme les yeux et on laisse couler la musique, comme un long fleuve tranquille. Beau !

Il est 1h10 du mat’ et il est temps de rentrer, d’autant qu’il y a une petite heure de route à se farcir. A demain !

Organisation : Cactus Club (Bruges)

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