Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Open’er Festival 2014 : samedi 5 juillet

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Difficile de se remettre en route pour ce quatrième soir d’affilée. Comme de nombreux Belges présents sur place, j’accuse le coup suite à la défaite de nos Diables en coupe du monde, dans un match bien tristounet. Du coup, ma soirée débute plus tard que prévue, mais la consolation viendra là où je ne l’attendais pas (ou plus).

Et quand j’écrivais, il y a quelques jours, que les groupes chevronnés ont toujours la cote en Pologne, Faith No More corrobore ce point de vue. Bien que la formation californienne n’ait plus rien publié depuis 1997, elle est programmée, ce soir, sur la grande scène. Un podium dont l’avant est truffé de pots à fleurs. Des fleurs dont on ne distingue pas trop si le caractère est funéraire ou marital. Et les musicos accentuent cette intrigue en déboulant sur l’estrade dans une tenue vestimentaire de couleur blanche, que n’auraient pas reniée les adeptes de Hare Krishna. Le set s’ouvre par le titre maître de l’album « Real Thing », une œuvre parue il y a 25 ans déjà (NDR : ce qui ne nous rajeunit pas). Les 8 minutes d’intro de ce morceau tribal me paraissent néanmoins interminables. A cet instant, je crains de revivre un concert aussi plat que celui accordé dans le cadre du festival de Dour, en 2010. Heureusement, la suite va se révéler bien plus excitante. Des sirènes retentissent pour annoncer « From out of nowhere ». Le refrain du tube « Epic » est repris en chœur par les spectateurs des premiers rangs. Les musiciens débordent d’énergie ; mais à l’instar de Mike Bordin, derrières les fûts, elle est bien maîtrisée. Et la voix de Mike Patton n’a rien perdu de sa superbe. Même si le personnage fait toujours un peu peur. Ne jamais prendre l’ascenseur en sa seule compagnie. Il pourrait tomber en panne…

Autant je m’interroge sur le choix de la grande scène pour Faith No More, autant Warpaint méritait sans doute mieux que la ‘Tent stage’. Pourtant, ici aussi je restais sur une prestation en demi-teinte exécutée quelques semaines plus tôt, au Primavera. Mais ce soir, les Californiennes (NDR : c’est la soirée ouest américaine) ne vont plus se contenter de faire de la figuration. Et quand Theresa Wayman chante, on pourrait entendre les mouches voler (NDR : et tout particulièrement tout au long de « Love is to die » et « No way out »). Pas étonnant que James Blake ait craqué pour cette belle muse. Et le light show est tout aussi voluptueux. L’image de la pochette du dernier elpee est projetée en 3D sur le fond de la scène.  « Elephant » en version maxi, clôture un set bien plus agréable que prévu. Le quatuor féminin reviendra fin novembre à l’Aéronef de Lille ainsi qu’au Cirque Royal de Bruxelles.

Le reste de la soirée est essentiellement destiné aux midinettes. Place donc à Bastille, la nouvelle coqueluche londonienne. Leur album « Bad blood » (NDR : le titre maître est joué en ouverture) caracole au sommet des charts insulaires. La voix du leader, Dan Smith, constitue une chorale à elle seule. Devant un parterre réunissant principalement des jeunes demoiselles conquises à leur cause, le band se contente de restituer les plages de leur long playing. Un disque qui recèle une pléiade de tubes comme « Things We Lost In The Fire », « Flaws » ou encore « Pompeii », interprété en final. Et pour retenir toutes ces jeunes filles (NDR : euh pardon son public) jusque la fin de son concert, le combo va leur réserver un mash-up de « The Rhythm of the Night » (de Corona) et « Rhythm Is a Dancer » (Snap!), particulièrement dansant. Mais bon, dans l’ensemble, la pop de Bastille est on ne peut plus banale…

Et ce n’est pas Phoenix, programmé en finale du festival sur la grande scène qui va relever le niveau. Le groupe français ne prend d’ailleurs aucun risque et entame son set par le tube « Entertainement ». Le son est impeccable. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet et remuent bien sur les planches. Le leader Thomas Mars se dandine, glisse quelques mots flatteurs à l’auditoire, en français ou en anglais. Il l’invite à frapper dans les mains. Manifestement, il est en mode séduction. Les morceaux s’enchaînent. La seule étincelle rock’n’rollesque nous vient quand même de Thomas, lorsqu’il se lance dans la foule pour s’y déplacer en crowdsurfing. Sans quoi, il faut avouer que la musique de Phoenix s’adresse surtout aux ados bien sages. Encore que lorsqu’on connaît mieux le répertoire du combo, on peut regretter qu’il n’ait pas eu l’audace de tenter des arrangements plus aventureux, de proposer des versions plus vivantes, plus sauvages de ses compos…

Il se fait tard, et cette pop aseptisée commence à me gonfler. Et puis, moralement, la défaite de nos Diables me reste toujours sur l’estomac. Bref, vu le contexte, je préfère ne pas poursuivre mes prospections et en rester là pour ne retenir que la quintessence de ce festival. Un festival qui vu ses spécificités et son cadre spacieux, mérite quand même le détour…

(Organisation Open’er)

Open’er Festival 2014 : vendredi 4 juillet

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Alors que la pluie arrose plus que généreusement la Belgique (et notamment Werchter), le soleil baigne à nouveau le Nord de la Pologne. Les tenues sont plus légères, et les surprises nombreuses, en cette belle soirée.

Et elle commence plutôt bien, par les Wild Beasts. J’avais déjà eu l’occasion d’assister à leur set, au Sziget, en 2012. Leur dernier album, « Present tense », sorti cette année, marque un véritable tournant au sein de leur discographie. Il fait suite aux sublimes « Smother » et « Two dancers ». Et en ‘live’, le rôle prépondérant des claviers va confirmer le virage électro. A charge pour la basse et les guitares de donner davantage de relief aux compos. La voix de Hayden Thorpe est reconnaissable entre mille. Bien maîtrisée, elle exerce même une certaine fascination sur le public. Celle de Tom Fleming est plus grave et évolue davantage dans le registre baryton. Et finalement, les deux organes se conjuguent parfaitement, permettant ainsi plus facilement à la setlist de glisser des compos les plus introverties aux plus électriques. A l’instar du final, au cours duquel le tube « Wanderlust » a glissé sans temps mort vers « All the king’s men ». Une belle claque !

Jack White est considéré par le magazine Rolling Stone comme un des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps. Il est classé à la 70ème place, devant John Frusciante et Robert Johnson. Mais en ‘live’, on ne sait jamais sous quel angle, il va attaquer son répertoire. La set list alterne titres de son dernier opus « Lazaretto » et morceaux des White Stripes. On a quand même droit à une compo des Raconteurs, « Steady as she goes ». Bref, une prise de risque minimale ! D’autant qu’en finale, il nous balance le plus que notoire « Seven nation army ». Réaction, la foule bondit sur toute la plaine. Maintenant, il faut reconnaître que les morceaux de John Anthony Gillis (NDR : c’est son véritable nom) passent bien mieux la rampe lorsqu’ils sont interprétés par un band complet, que sous la forme d’un duo avec Meg White à la batterie. Enfin, pour ce concert, il était difficile de s’approcher à moins de 100 mètres du podium. Le light show constitué d’une majorité de teintes bleues, ne m’a pas permis d’y voir plus clair. Bref, c’était un méga show aperçu du bout de l’horizon. Des conditions qui permettent rarement d’apprécier l’artiste et ses nombreux musiciens à leur juste valeur…

Le show de Banks sous la ‘Tent stage’ devrait se dérouler dans une ambiance un peu plus intimiste. Alors qu’elle n’a même pas encore gravé son premier elpee (NDR : il est attendu pour septembre 2014), Jillian Banks fait déjà le buzz. Elle est programmée dans les plus grands festivals, comme le Coachella ou le Roskilde. Décrochant même au passage le titre d’‘Artist To Watch’ par Fox Weekly. Ce soir, elle va limiter sa set list à 10 titres. Plutôt jolie, Jillian affiche un petit côté fashion qui évoque Lanna Del Rey. Elle est même capable de semblables envolées vocales ; mais lorsque son timbre se charge de douceur, c’est plutôt à Lykke Li que je pense. Une chose est sûre, elle a des planches, car elle est parvenue à mettre son public en poche. Reste à savoir si on est en présence d’un feu de paille ou du début d’une grande carrière…

Et pas de changement radical d’ambiance, puisque la soirée s’achève par Lykke Li. La Suédoise soigne également son image et son jeu de scène. Caractérisé par ses lumières tamisées, le light show est plutôt sombre. Pour y distinguer quelque chose, il est préférable de s’installer aux premiers rangs. Et puis, marre de voir tous ces jeunes qui pensent immortaliser l’événement à l’aide de leur GSM. On se croirait sur la place Place Tian'anmen, quand les militants communistes brandissaient leur petit livre rouge en pleine période maoïste. Manifestement, Lykke a une belle voix. Emouvante aussi. Mais elle bénéficie également de backing vocaux impressionnants. Illuminant même un titre comme « No rest for the wicked ». Dommage cette set list qui n’incluait qu’une seule plage du premier elpee, « Youth novels » (« Little bit »). Parce que la majorité des morceaux issus du dernier opus sont plus que soporifiques (« Never Gonna Love Again »). Bref, encore un show très pro et formaté programmé sur cette ‘Main stage’. Finalement, les bonnes surprises, on les rencontre sur les petites scènes annexes.

(Organisation Open’er)

Open’er Festival 2014 : jeudi 3 juillet

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Sommes-nous bien en juillet 2014 ? Vu les têtes d’affiche –Pearl Jam, Afghan Whigs, etc.– je suis en droit de me poser la question. Maintenant, il est vrai qu’en général, les grands festivals peinent à en dénicher de nouvelles accroches ou à les renouveler. Ce qui explique pourquoi les organisateurs engagent des big bands qui ont marqué les décennies précédentes, afin d’attirer la foule. Mais il n’y a pas que les artistes qui ont pris de l’âge. Les transports en commun, aussi. Tout comme en Belgique, les retards de train sont légion. Aussi, au lieu de 30 minutes de déplacement prévu par l’horaire, je me tape 1h30 de trajet avant de débarquer sur le site… 

Raison pour laquelle je n’assiste qu’à la fin du set de MGMT. Après avoir entamé sa carrière en boulet de canon, la formation étasunienne (NDR : elle est issue du Connecticut) semble éprouver d’énormes difficultés à retrouver son second souffle. Ce qui explique pourquoi elle est programmée si tôt en journée. Les compos sont pourtant variées et la voix d’Andrew Vanwyngarden se révèle tantôt lancinante, tantôt ‘crooneuse’, comme sur le long « Siberian Breaks », mais demeure toujours aussi savoureuse. Bien sûr, le tube « Kids » parvient à faire danser la foule ; d’ailleurs les jolies Polonaises (NDR : oui, oui, vous pouvez me croire…) grimpent sur les épaules de leurs copains. Et elles sont toutes ravies d’être filmées et de passer sur écran géant. Le concert s’achève en douceur par Alien days » et « Congratulations ». Un reproche ? Les sonorités de basse sont beaucoup trop puissantes. Un regret ? Que le spectacle ne se soit pas déroulé au moment du crépuscule, de manière à bien mettre en exergue un light show, qu’on pourrait qualifier de kaléidoscopique ou psychédélique, selon. Bref, un combo à revoir dans de meilleures conditions ; même s’il devait être sevré de jolies Polonaises…

Changement d’atmosphère sous la ‘Tent stage’ (NDR : à la manière de Louis Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’, on verrait bien Greg Dulli nous lâcher ‘Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?’) Afghan Whigs fait son come-back. Le concert qu’il avait accordé au Cirque royal, en juin 2012, ne m’avait pas particulièrement emballé. Mais ce soir, il débarque pour défendre un nouvel opus intitulé « Do to the beast », un disque paru en avril 2014. Et la setlist fait d’ailleurs la part belle à ce dernier elpee. « Parked outisde » et « Matamoros » ouvrent le show. « On the corner » nous rappelle l’aventure de Greg Dulli chez les Twilight Singers. Les fans les plus anciens vibrent en écoutant « Gentlemen », « My enemy » ou le très remuant « Miles Iz Ded », combiné en fin de parcours à un plus paisible « Into the floor », qui achève la prestation…

Je décide de zapper d’un concert à l’autre, ensuite. Mø (NDR : de son vrai nom Karen Marie Ørsted) chauffe l’‘Here and now stage’ (NDR : c’est en plein air !) en deux temps trois mouvements. Pas de pause. Pas de sous-vêtements, non plus. Fin mars, La Danoise avait fait un tabac au Botanique. Entre hip-hop mainstream et rock indie, elle assure. Et en extrapolant, on pourrait définir son style comme un mix entre CocoRrosie et sa voisine Lykke Li. Elle conclut par le très paradoxal « Don’t wanna dance », au cours duquel elle est acclamée par un public chaud boulette. De quoi faire oublier quelques moments plus faibles, comme une reprise des Spice Girls ou ces titres inutilement gorgés de beats électros répétitifs…

Finalement, j’aurai peut-être dû aller voir et surtout écouter le concert de Jagwar Ma. Il est beaucoup plus raffiné. Le spectacle se déroule sous le chapiteau de l’Alter stage. L’auditoire est enthousiaste. Les jolies Polonaises (NDR : c’est comme les indiens de Carlos, il y en a partout, finalement) se déhanchent. Le plancher vibre sous le déferlement de beats et de riffs dispensés par le band aussie. Mais comme je débarque en fin de parcours, je vous renvoie au compte-rendu rédigé par mon collègue Redouane (voir ici) pour mieux vous faire une idée du show. Un groupe à suivre, c’est une certitude. Et qui risque de mettre le feu aux festivals auxquels il participera cet été ; comme celui de Dour, où il se produira ce samedi…

La tête d’affiche de cette journée est incontestablement Pearl Jam. Raison pour laquelle bien avant le début des hostilités, les spectateurs sont déjà agglutinés près du podium de la ‘Main stage’. Après son dernier passage à l’Open’er, en 2010, l’auditoire rêve d’un remake. Et il ne va pas être déçu. Eddie Vedder est vêtu d’un vieux jeans et d’un t-shirt à l’effigie ‘peace & love’. Grungy ! Bouteille de vin à la main (NDR : et en réserve), il déboule sur l’estrade un grand sourire aux lèvres. Et dès « Go » et « Corduroy », les pogos (pourtant rares jusqu’alors) se déclenchent. Des tubes comme « Even flow » ou « Jeremy » semblent ne pas avoir pris une ride. Et les nouvelles compos issues du dernier LP « Lightnining Bolt » s’intègrent plutôt bien à l’ensemble. Eddie interprète la cover du « Public Image Limited » de P.I.L. à la manière de John Lydon. Epatant ! Et juste avant le rappel « Rearview mirror » nous en met plein les oreilles. Un ‘encore’ particulièrement généreux, puisque in fine, la prestation va dépasser les 2 heures. « Better man » est repris en chœur par les fans massés aux premiers rangs. Et l’énorme « Alive » constitue manifestement le clou de la soirée. Avant qu’Andrew Vanwyngarden ne vienne se joindre aux chœurs. Eddie s’empresse de vider son stock de vin, et le partage avec ses comparses ou quelques spectateurs, qui entrent alors quasiment en transe. Sympa ! Et la reprise du « Baba O’Riley » des Who résume finalement bien l’esprit du band. Cette chanson commence par les mots ‘I don't need to fight to prove I'm right’. A cet instant, il se confirme qu’il n’a pas besoin de forcer son talent pour s’imposer. Malgré un décor sobre (NDR : autre retour à une forme de simplicité vécue au cours des 90’s), un son et un jeu de scène sans artifice, le concert a été remarquable. La maîtrise des musicos et leur sens de l’harmonie sont intacts. Ce qui explique aussi pourquoi, Pearl Jam nous a permis de vivre un des moments forts de ce festival.

(Organisation Open’er)

Open’er Festival 2014 : mercredi 2 juillet

Écrit par

Pourquoi se farcir 1 300 km pour assister à un festival qui se déroule au Nord de la Pologne, quand on peut voir les mêmes artistes à Werchter, en Belgique ? Tentatives de réponses ci-dessous.

L’avion Bruxelles-Gdansk transporte une majorité des festivaliers. Il y a même une Louvaniste qui a grandi au rythme de notre festival national, mais elle souhaite changer d’air. Convaincue, tout comme votre serviteur, pour y avoir déjà participé, l’an dernier, que celui proposé en bord de mer Baltique, se distingue par bien des spécificités.

La route est pourtant longue pour arriver aux portes du site de Gdynia. Un site implanté sur un aérodrome qui confère un espace gigantesque. Et un sentiment d’évasion, de propreté et de liberté à la fois. Vu son étendue, il n’y a ici pas vraiment de mouvement de foule, ni de bruit constant. Ni même de brassages de mauvaises odeurs. Le point négatif, ce sont les deux kilomètres qui séparent les deux scènes. Raison pour laquelle, les festivaliers les plus insatiables (NDR : ceux qui veulent voir un maximum de groupes) n’hésitent pas à courir entre les podiums. Heureusement, le terrain est bien entretenu, et ressemble plus à un terrain de football foulé en division supérieure qu’à un champ de patates, en Belgique.

Autre règle susceptible de déstabiliser : la discipline. On croise de très nombreux vigiles aux quatre coins du secteur et on est soumis à une fouille minutieuse dès l’entrée. Avec une tolérance zéro pour les drogues, y compris douces (NDLR : même votre paquet de cigarettes est inspecté de fond en comble). Néanmoins, vous ne verrez ici personne urinant où bon lui semble, allumant des feux intempestifs ou poussant des cris de barbare (style ‘Boeeeren’). Une (trop ?) grande quiétude qui permet d’apprécier les concerts sans être continuellement interrompu par des fêtards ou des parasites. 

Interpol se produit en fin d’après-midi. Toujours aussi peu loquace, Paul Banks parvient à glisser au micro, juste avant de commencer le set du band, un ‘we can enjoy the sunset’. « Say hello to the angels » ouvre logiquement le concert. « Evil » embraie et réveille la foule. Suivi de « C’mere », une nouvelle compo fort intéressante. Elle figurera sur le prochain elpee, « My Desire ». Un titre qui s’achève par des riffs dispensés en crescendo. De quoi briser un peu la monotonie d’un répertoire qui aligne une majorité de compos sculptées dans le post punk ou balisées par une ligne de basse new wave. Malheureusement, le second inédit, « Anywhere », nous replonge dans ce climat monocorde. En outre, son refrain est répétitif et pompeux. Il faut attendre la fin du show pour que le public (et moi-même je l’avoue) s’emballe à nouveau à l’écoute de « PDA » et « Slow hands ».

Vu la critique favorable dont bénéficie le dernier opus de Metronomy, « These songs go places Metronomy never have before, and they do so spectacularly », il était presque obligatoire de vérifier le bien fondé de cette opinion. Hum, non, je ne vois pas pourquoi cette formation bénéficie d’un tel engouement. Les fans d’electro britpop ont bien sûr le loisir de taper dans les mains ou de balancer les bras de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon). Mais laissons ce plaisir aux ados insulaires et aux hipsters qui glorifient leurs remixes. Bien sûr, le band tente parfois de s’éloigner de son électro kitsch pour embrasser un profil rock plus chaleureux. Mais ces bonnes intentions sont de trop courte durée, et invariablement le style retombe dans une forme mainstream acidulée, peut-être second degré, mais finalement irritante.

Bref, mieux vaut retourner sur la main stage, pour savourer du rock, du vrai, du tatoué ! Certes, les Black Keys nous en mettent moins la vue, sur une scène qui semble même deux fois trop grande pour eux, mais bien plein les oreilles. Dès les premiers accords, Dan Auerbach met tout le monde d’accord (y compris votre serviteur) en balançant ses riffs incisifs sur « Dead and gone ». Il me fait d’ailleurs penser à un autre prodige de la gratte, Jack White. Coïncidence, l’ex-leader des White Stripes est aussi à l’affiche de cette édition. Oscillant d’un folk US à un rock plus psychédélique, le set connaît cependant des hauts et des bas. Il faut même attendre la deuxième partie, et le long rappel, pour que le groupe retrouve tout son éclat. « Fever », le tube incontournable « Lonely Boy » ou encore « Little Black Submarine » remettent les pendules à l’heure. Et plus intéressant encore « I got mine » se révèle particulièrement audacieux. Un titre issu de leur cinquième LP, « I Got Mine », sorti en 2008. Soit avant « Brothers », et bien entendu « El Camino », deux opus peuplés de tubes en puissance, et à la sensibilité mélodique plus pop. Ce qui leur a permis de faire la tête d’affiche des plus grands festivals. Car, qu’on le veuille ou non les Black Keys sont devenus une machine bien trop huilée. Il semble loin le son garage, un peu crade, qui me mettait dans un état proche de l’Ohio.

Changement de podium et changement de style, pour accueillir trois sœurs dans le vent : les frangines Haim (prononcez Hy-im). C’est qu’elles ont également enchaîné de gros festivals, comme Glastonbury ou le Primavera, juste avant d’atterrir en Pologne. Recueillant les faveurs de nombreux médias, comme artistes à découvrir absolument. Vu le type de public captivé, j’ai d’abord été tenté d’écrire qu’il s’agissait d’un groupe de jeunes filles jouant pour des jeunes filles. Mais passé cette première impression, il faut avouer que les trois artistes féminines se débrouillent plutôt bien en front de scène, éclipsant par conséquent leur propre drummer. Un mâle ! En affichant une aisance presque désinvolte, les Californiennes alignent leurs tubes, cassant cette image pop juvénile qui leur colle à la peau. Elles s’excitent sur leurs grattes et n’hésitent pas à changer de registre, en affichant une belle maîtrise. Ce qui m’autorise à penser qu’elles ont un bel avenir devant elles, même si leur soft rock n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Je clôture cette journée par un autre band californien, Foster The People. Il est venu défendre son deuxième opus, fraîchement sorti, « Supermodel ». Le premier elpee, « Torches » regorgeait de hits, un disque qui leur avait permis de décrocher quelques ‘Grammy awards’. Cependant, quand on a gravé un tel disque, difficile de faire mieux. Et on va rapidement s’en rendre compte. Le light show est impeccable. Sur l’estrade, le combo déborde d’énergie. Mais la voix de Mark Foster est un peu trop fluette à mon goût, à tel point que parfois elle devient aussi irritante que celle de Mika. La journée a déjà été bien longue, et je préfère prendre un peu de repos (mérité), sans attendre le final dansant de leur set, « Pumped Up kicks »…

 

 

Graspop Metal Meeting 2014 : dimanche 29 juin 2014

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Votre serviteur a passé l'âge des trois-quatre jours en tente, boîte de cassoulet sur le réchaud, pieds dans la bouillasse, odeur d'urine croissante et sommeil syncopé ! Il sélectionne ses jours de festival, oui, vieux festivalier mais festivalier quand même ! Et toc !

J'avais, cette année, jeté mon dévolu sur le dimanche du Graspop. Midi, heure de l'apéro. En attendant de voir les joyaux qui avaient fait briller mes yeux à la lecture de l'affiche, je décide de profiter de l'investissement en piquant dans la liste un des groupes que youtube m'avaient laissé paraître intéressant. Crossfaith sera donc le premier de la journée. On peut toujours s'attendre à des surprises au Pays du Soleil Levant. Pas vraiment des débutants puisqu’ils comptent trois albums à leur actif depuis 2006, trois disques sculptés dans un joyeux mélange d'électro et de métal. Première claque visuelle, on comprend mieux pourquoi Marilyn Manson est vénéré tel un dieu par les Nippons : look androgyne, émo torturé, j'ai même dû aller vérifier dans les bios si c'était une fille à la batterie. Hé bien, non, je me suis fait avoir... La Jupiler Stage est alors envahie par une énergie communicative, du jumping de masse. Ca sautille sur scène, ça grimpe dans le décor, ça oscille souvent entre Slipknot et Prodigy. Un bon moment !

Je zone et profite un peu de Suicide Silent, grosse machine de Nuclear Blast, en promotion pour leur quatrième album « You can't stop me », et moment de test pour leur nouveau chanteur Hernan Hermida. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il passe haut la main cette épreuve. Ce gaillard n'a pas une voix mais deux, trois, parfois quatre ! Sa gamme entre l'hyper aigu et l’outre-tombe est digne d'une université deathcore. Le show est un peu plat mais on en prend plein les oreilles.

J'évite Bring Me The Horizon, je ne vous dirai pas pourquoi. Si je vais vous le dire : c'est un peu les boys band du métal. C'est juste un problème de look, pas de musique. Quoique...

Il est temps de me préparer psychologiquement au premier joyau qui fait briller mes yeux : Alice In Chains. On est toujours un peu curieux de voir en live des albums qui nous ont accompagnés durant notre adolescence. Les festivaliers hollandais massés devant l'écran qui diffuse le match de huitième de finale ont raté le spectacle. Pur bonheur. Drapés rouges en fond, décor épuré, on ne se consacrera qu'à l'auditif. Pas de mise en scène, uniquement le plaisir de revivre pleinement les titres léchés de ces grands du pré-grunge. Fascination du début sur "Them Bones", une larme à la fin sur "Would?" et c'est déjà fini. Trente-sept minutes montre en main, c'était court mais de qualité !

Changement de scène pour se placer aux avant-postes de Paradise Lost. Presque vingt-cinq ans depuis la sortie de "Gothic" que je considère, et je ne dois pas être le seul, comme une référence du doom. Troisième rang, je suis sûr que la foule ne bougera pas. Charismatiques sur les planches, leur set est contemplatif. Entre vert d'eau et bleu nuit. Le chant est impeccable. La basse fait vibrer mon slip. Question existentielle : comment Greg Makintosh se débrouille pour ne pas se prendre les dreads dans les cordes ? Ca tourne les tentacules de pieuvre à n'en plus finir!  Guitares et basses à raz de sol, ils nous font vivre toutes les facettes de leur histoire musicale. Réflexe malheureux, j'évite les baguettes du batteur au lieu de tendre la main pour les attraper. Bête type...

Pause déjeuner, je regrette amèrement la cambuse du ‘Roots and Roses’ de Lessines!

Patience, patience, le meilleur est à venir ! L'heure fatidique approche. Pas prévu dans mon programme, je passe un excellent moment en compagnie de Rob Zombie. J'espérais juste les grandes machineries mais elles sont restées à l'entretien apparemment. Pourtant il y a à voir. Une chose est sûre, on ne verra pas Rob sur les prochaines campagnes de prêt-à-porter ! Fidèles aux grands de ce monde (ou de l'outre-tombe) chez les morts-vivants, on nage en plein film d'horreur, on vit leur passion pour le gore et les comics. Dans ce grand cirque déjanté, les rythmes sont entraînants, on se prend au jeu de "Dragula", "More Human than Human" ou de "Living Death Girl". C'est rôdé, bien huilé, ça passe tout seul. 30 ans de carrière, on va pas lui faire à l'envers le Robert !

Je trépigne, dix minutes de pause, il est temps ! La nuit tombe, on cherche le vol des chauves-souris. Ce sont des démones ailées qui nous accueillent dans l'antre de Black Sabbath. Petite pensée pour le ‘Rock à gogo’ de Jacques de Pierpont qui m'a tiré de mon grand néant musical pour me faire entendre le mysticisme de la bande à Ozzy. Je m'attends à une entrée en matière sur fond d'orage et sinistres coups de cloche du fin fond des ténèbres et nous sommes accueillis par un ‘coucou!’ enfantin. Le rideau tombe. Ils sont enfin là. Sirènes hurlantes, "War pigs" ouvre le bal. Mais stupeur et tremblements, gesticulant, courant d'un bout de la scène à l'autre tel Gollum hors de sa caverne, scandant inlassablement un ‘Clap your fuc*ing hands’ chevrotant, Ozzy semble fort amoindri. Il demande constamment de baisser ou de monter son micro, bateau ivre paraissant oublier les paroles de ses titres les plus célèbres. Il n’est plus qu'une pâle copie de ce gamin qui a enflammé les planches des festivals, il y a quarante-cinq ans avec quatre enceintes et un décor Lollipop... Juste figuratif, il ne gâchera pas, malgré tout l'extraordinaire performance de son band, Tony Iommi en tête qui nous montre qu'il n'a rien perdu de son talent... lui. Les compos s'enchaînent : "Snowblind", "Black Sabbath", "N.I.B.". On espère toujours que sa voix va se remettre, qu'il va rajeunir d'un coup, satisfaire les rêves de milliers de festivaliers venus juste pour le voir mais pas de Docteur Emmett Brown à l'horizon, rien n'y fera. "God is dead?", "Children of the grave", je craque. Je ne verrai pas le rappel qu'Ozzy provoquera lui-même au vu du peu de réaction de la fosse. Je rentre, j'écouterai "Paranoid" dans la voiture pour rêver encore un peu.

Dimanche de vieux...

(Organisation Graspop)

Couleur Café 2014 : dimanche 29 juin

Écrit par

Presque toute la famille Marley est déjà passée par Couleur Café. Presque toute sauf Bob, puisqu’il est décédé en 1981, alors que la première édition du festival s’est déroulée en 1989. Damian, Stephen et Ziggy y ont déjà goûté. Ne restait donc plus que le petit dernier, Ky-Mani. Et il va ouvrir les hostilités, ce dimanche 19 juin, sur la scène Titan. Malheureusement, la pluie est à nouveau au rendez-vous. Pas pour trop longtemps, car l’esprit de Robert Nesta a certainement dû chasser les nuages, et nous permettre de vivre un beau dimanche sur le site de Tour & Taxis.

Un peu d'histoire, Ky-Mani a vu le jour le 26 février 1976. Il n’avait que 5 ans lorsque son père s’est éteint. Au cours des années 60, le mythique auteur/compositeur/interprète a connu sa période ska. C’est ce style de musique que le fiston apprécie au cours de sa jeunesse. Il n’entame sa carrière qu’à l’âge de 20 ans. Il devient alors rasta et se laisse pousser les dreadlocks. En 1996, il enregistre son premier album, « Like Father Like Son ». Des chansons du père Marley qu’il a réarrangées avant de le interpréter. Cinq autres albums suivront, dont le dernier en 2012 : « Evolution Of A Revolution » ; et puis plus rien. Bien que frappée du sceau de la Maison Marley, la musique de Ky-Mani est teintée de roots, de rock, de rap et de hip hop ; et c'est ce qui différencie Ky-Mani de ses frères. Quand il reprend les chansons du paternel, on est frappé par la similitude du timbre et des inflexions de la voix. La vibe est alors totale entre l’artiste et le public nostalgique. Un bon début de festival.

Protoje and The Indiggnation nous viennent également de Jamaïque. Ils se produisent sous la tente 'Univers'. J’avoue que je connais très peu cette formation, et je pars donc dans l’inconnu. Bref, le combo pratique quand même du reggae. Fallait s’en douter. Mais un reggae plus contemporain. Protoje bouge énormément sur les planches. Il est parfaitement soutenu par deux choristes dont la stature en impose. Ses textes sont engagés. Et on ressent d’ailleurs une belle osmose entre le leader et les aficionados…

C’est sous le 'Titan' que je vais retrouver mon premier coup de coeur : The John Butler Trio. En live, ce trio est véritablement magique. Je l’ai découvert en 2008, lors du festival de Werchter. John est australien et attire instantanément la sympathie. Mais ce qui m’a toujours frappé, c’est la longueur de ses ongles qu'il lime parfois pendant le concert. Et cet après-midi, il va s’y résoudre à trois reprises. Une manucure à la fois impressionnante et exceptionnelle, surtout quand y assiste en front stage. John est coiffé d’un bonnet rouge, semblable à celui du Commandant Cousteau. Il est soutenu par Byron Luyters à la basse et à la contrebasse (de couleur noire !) et Grant Gerathy à la batterie. Un drummer qui affichera un grand sourire tout le concert. Très appliqué, John change de gratte à chaque chanson, passant de l’électrique à l’acoustique avec une aisance déconcertante. Il se réserve même le banjo pour deux morceaux, moment qui va déclencher une véritable hystérie dans l’auditoire. Intense et empreinte d’une grande sensibilité, la musique de ce groupe mêle rock, bluegrass, blues et country. La marée humaine qui s’est agglutinée devant le podium boit littéralement les notes dispensées par le groupe. Ce qui explique sans doute pourquoi, j’ai eu l’impression que le set a passé très vite…

La musique reste un plaisir et dans un festival, surtout quand il y a trois scènes, il faut faire des choix ; et il est établi depuis longtemps. Gabriel Rios et Asian Dub Foundation font partie de mes priorités. Et j’attends leur prestation impatiemment…

Je fais l'impasse sur Youssoupha pour me rendre vers le podium 'Move', afin d’assister au show de The Soul Rebels. En fait, il s’agit davantage d’une fanfare que d'un groupe. Ils sont huit sur l’estrade, dont une majorité de cuivres et de percussions. Le collectif yankee est originaire de la Nouvelle-Orléans et a déjà joué en compagnie de Metallica et Green Day. Pas très connu en Europe, il a cependant apporté sa collaboration à des artistes notoires comme George Clinton, Cee-Lo Green ou Kanye West. Leur setlist est composée de reprises : « Sweet Dreams (Are Made Of This) » d'Eurythmics, « Hard Knock Life (Ghetto Anthem) » de Jay Z, « Happy » de Pharell Williams, « Get Luky » de Daft Punk et quelques autres. Les fanfares ne sont pas très souvent programmées lors des festivals. C’est donc une belle opportunité de découvrir The Soul Rebels, dont la musique oscille entre funk, jazz et soul, tout en communiquant de bonnes sensations. D’autant que les musicos remuent pas mal sur le podium. Et si leur musique est essentiellement instrumentale, les rares parties chantées sont soignées et résolument soul.

Le soleil est toujours de la partie pour accueillir le légendaire Alpha Blondy. Il monte sur les planches du ' Titan'. Quatre décennies que Seydou Koné pratique son reggae à coloration africaine. Il est aussi responsable de lyrics politiquement engagés. Notamment. Ce n'est pas la première fois que je vois l'artiste en concert. « Psaume 23 », le hit « Jerusalem », « Massaya », « Cocody Rock » et « Peace In Liberia » figurent dans sa set list. Il chante aussi bien en français, en anglais ou en dioula, un dialecte parlé en Afrique de l'Ouest. Il compte 17 albums à son actif. Paru en 1981, son premier s’intitule « Jah Glory ». Et son dernier, « Mystic Power », l’an dernier. Les backing vocaux assurés par les deux choristes sont puissants, voire imposants. Pourtant, le résultat final manque de vigueur et finit par traîner en longueur…  

Direction le chapiteau 'Univers' que je ne compte plus quitter. Et pour cause, Gabriel Rios y est programmé. Or je souhaite me réserver une place de choix. Dix ans plus tôt, son pop/folk/rock métissé avait mis le feu au Coul’Caf’. Je croise les doigts pour qu’il remette le couvert. Gabriel est aux vocaux et se sert d’une guitare acoustique électrifiée. Il est soutenu par Ruben à la contrebasse et Amber au violoncelle. Mais également par une section de cuivres : trompette, bugle et cornet à pistons… Gabriel est venu défendre son futur opus, « This Marauder's Midnight ». Il débarque seul sur les planches et attaque le « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix à la six cordes. Et dans son style très personnel. Une entrée en matière plutôt musclée. Ruben et Amber le rejoignent sur l’estrade et attaquent le single « Straight Song », une plage issue de l’elpee, « The Dangerous Return » publié en 2011. Mais en version dépouillée. Gabriel avait signalé sur les réseaux sociaux que sa voix lui posait pour l’instant quelques problèmes, et s’en excusait. Franchement, ce soir, elle était irréprochable. Plus doux, « City Song » permet un peu au band de souffler. Et si la contrebasse et le violoncelle communiquent la puissance, la voix de Gabriel rassure. En outre, bien équilibrés les cuivres apportent manifestement un plus aux compos et constituent la cerise sur le gâteau. Gabriel se plaint de douleurs dans la main qui tient le manche de sa guitare. Miracle : les incantations du public –conquis– vont le guérir de ses souffrances. La setlist nous réserve quelques nouvelles compos : « Angelhead », Madstone », « Burning Song », « Song n°7 », « Work Song » et l'irrésistible « Gold », un titre envoûtant et qui vous prend aux tripes. Du vrai bonheur ! Le public et les artistes entrent en communion. Gabriel prend soin de ses fans en les remerciant après chaque chanson. Après une heure de spectacle –qui m’a également paru passer à la vitesse de l’éclair– le publie semble ravi, mais en réclame encore. Gabriel revient interpréter « Beast In Me », seul à la guitare, puis un dernier titre latino, « El Carretero ». Une excellent prestation que John Rohan, le chanteur d'Arsenal, présent dans l’auditoire, semble avoir également appréciée. Et je partage entièrement son point de vue…

Direction le 'Titan' pour vivre le set de Bootsy Collins and The Funk Unity Band. Evidemment à la lecture du patronyme du groupe, vous vous doutez bien qu’on va avoir droit à du funk. Et il sera de haut vol ! Bootsy se consacre à la basse. Et c’est un virtuose. Il est soutenu par une douzaine de musiciens sur les planches, y compris les choristes. Tout ce petit monde est déguisé. Bootsy a côtoyé les plus grands du style ; et notamment James Brown ainsi que George Clinton. Vous avez dit James Brown ? Pour entamer leur prestation, les musicos attaquent un titre du maître de la soul. Collins se lance également dans des acrobaties et manque de se péter la figure. Plus de peur que de mal…

L’'Univers' accueille des fidèles de Couleur Café. Ce sera d’ailleurs leur seule date en Belgique, cet été. En vingt années d’existence, ils se produisent pour la 6ème fois au Couleur Café. Formation de musique électronique alternative, Asian Dub Foundation nous vient de l’Albion. Leur cocktail déjanté de dub, hip hop, dancehall, drum'n'bass, ragga, jungle, bhangra et rock est irrésistible. Steve Chandra Savale (Chandrasonic) se charge de la guitare. Il campe à l’extrême gauche du podium. Particularité : il parvient à faire sonner sa gratte comme un sitar. Aktar Ahmed (Mc Aktarvata) en est le lead singer. Il est capable de mettre le feu à la foule en l’incitant à jumper et danser. Et pour accomplir cette tâche, il est bien aidé par Ghetto Priest, l’autre préposé au chant. Le batteur n’est guère démonstratif, mais la frappe sur ses fûts est précise et puissante. Enfin le bassiste doit appartenir aux marsupiaux, car on lui a littéralement greffé des pattes de kangourou. Dès « Riddim I Like », le premier morceau, l’auditoire se déchaîne. Pendant 60 minutes, la formation va aligner ses hits : « History Of Now », « La Haine », « Flyover », « Naxalite », etc. Mais également quelques extraits du dernier opus, « The Signal and The Noise », paru en 2013, et en particulier « Zig Zag Nation », « The Signal And The Noize » et « Stand Up ». Le rappel sera consacré à deux standards : « Fortress Europe » et « Rebel Warrior ». J’ai éprouvé énormément de plaisir à revoir ADF en concert. De quoi clôturer mon Couleur Café en beauté.

(Organisation Couleur Café)

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Festival Couleur Café 2014 : samedi 28 juin

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Le Couleur Café est un rendez-vous incontournable au début de l'été. Il annonce aux étudiants la fin des examens et le début des vacances. C'est avant tout un festival familial où il fait bon vivre et bien manger. Depuis sa première édition qui s’est déroulée aux Halles de Schaerbeek jusqu’à son déménagement sur le site de Tour et Taxis, il faut reconnaître que l’évolution a été constante. Et le festival fête cette année ses 25 années d’existence. L’affiche de ce samedi 28 juin est alléchante et éclectique. Votre serviteur a notamment épinglé les concerts de Veence Hanao, de Laura Mvula en guise de découverte et puis des légendes du reggae The Gladiators et Burning Spear ; de quoi nous replonger à Kingston, comme à la belle époque du défunt et mythique Bob Marley…

Veence Hanao est un artiste qui se fait rare sur les planches. Et j’éprouve toujours un grand plaisir à le revoir. Il est le premier à monter sur le podium du 'Move'. Son hip hop est original et intelligent. Engagé, également. Il a recours aux rimes et calembours pour faire passer son message, celui –très réaliste et parfois sombre– de la vie de tous les jours. Je ne suis pas très réceptif au rap, mais celui de Veence me botte et m’interpelle. C’est comme celui tout aussi poétique de Makyzard, qui mérite un grand respect. Son second elpee, « Loweina Laurae », est paru en février 2013. « Chasse et Pêche », « Mickey Mouse », « Stéréoide Man » et « J'espère et J'exècre » sont un véritable régal pour les oreilles. C’est la deuxième fois que votre serviteur assiste à un set de l’artiste, et il est de plus en plus convainquant sur les planches.

Direction la scène ' Univers' pour assister à la prestation Laura Mvula, une chanteuse britannique à la voix soul véritablement sensationnelle. Au sein de son backing group, pas de guitariste, mais un contrebassiste/bassiste (son frère), une harpiste, une violoniste (sa soeur), un violoncelliste et un drummer (Troy Miller, qui a notamment bossé aux côtés d’Amy Winehouse). En ‘live’, Laura chante et se sert d’un synthétiseur. Elle a publié un premier opus très remarqué en 2013 : « Sing The Moon ». Un disque dont le climat baigne dans le jazz et la néo-soul et qui met parfaitement en exergue la voix de Laura, une voix empreinte de douceur et de candeur, mais chargée de spleen, une voix littéralement envoûtante qui vous conduit à l’extase, au nirvana. En écoutant, « Green Garden », on a les tripes complètement retournées. Après Amy Winehouse (NDR : qui nous a quittés en 2011) et Janelle Monáe, une troisième diva est née. Monumental !

Grosse drache nationale pendant plus d'une heure. Dilemme ! Que faire ? Attendre sous le chapiteau, c'est peut-être une bonne idée. Pourtant j’aurais voulu aller voir et écouter Keziah Jones. C’est le déluge ! Le public bat en retraite et son spectacle doit être interrompu. Dommage ! J’ai rendez-vous en salle presse pour réaliser l'interview de Veence Hanao. Faut donc affronter les éléments. Tu sors de la tente, et tu prends 50 litres d'eau sur le dos. Plus besoin de prendre une douche. Mais pour la bonne cause, il faut se décider…  

L’entretien terminé, je pique un sprint pour rejoindre le chapiteau 'Univers' (NDR : j’ai essayé de passer entre les gouttes, mais sans succès) où l'on est plus ou moins au sec pour assister au concert de vieux de la vieille. Des monuments venus tout droit de Kingstown : The Gladiators. Quand ces vieux renards du reggae rencontrent Droop Lion, un jeune loup de la scène montante, il y a de la dynamite dans l’air. Un parfum de Ganja aussi. Les drapeaux rasta sont déployés. Et les fans coiffés de dreadlocks sont nombreux... Les vétérans roulent leur bosse depuis 1967 et comptent à leur actif plus de 25 albums ; et celui qu'ils vont défendre aujourd’hui s’intitule « Back On Tracks ». Enregistré sous la houlette de Droop, il est sorti il y a peu. Le gamin (NDR : qui est également le neveu de David Weber, un des fondateurs des Gladiators) arpente le podium de long en large. Il chante d’un timbre plus ou moins soul. Et finalement, le set accordé est de bonne facture.

Petite accalmie dehors. Il est temps d'aller de restaurer : au choix on peut manger asiatique, latino-américain, camerounais, ghanais ou congolais. Perso, je ne résiste jamais longtemps au poulet moambe accompagné de bananes plantains grillées. Tout en se restaurant au sec, on assiste de loin au spectacle du légendaire Burning Spear. Ce samedi, la Jamaïque se taille la part du lion. Un retour aux sources pour le Couleur Café que le public le plus fidèle souhaite le plus métissé possible.

Et la pluie recommence à tomber. J’affronte cette nouvelle drache pour me rendre sous le chapiteau où se produit Chance The Rapper, une autre révélation que les organisateurs avaient à cœur de programmer. Il est à peine âgé de 21 printemps et sa carte de visite mentionne déjà de fameuses collaborations : Lil' Wayne et James Blake, notamment. Une belle interactivité se noue entre le public et l’artiste. Mais après les trois premières chansons, toute la presse doit évacuer le Front Stage. Si jeune et déjà des caprices de star. Mwouais, pas mal, mais pas transcendant, non plus. J’ai été suffisamment arrosé aujourd’hui. Et ces intempéries finissent par vous épuiser. Trempé mais quand même content de la journée. Veence Hanao m’a bien plu et Laura Mvula m’a ébloui. Pour Ben Howard et les déjantés The Subs, ce sera pour une autre fois. A demain ! En espérant que le temps soit plus clément…

(Organisation Couleur Café)

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Couleur Café 2014 : vendredi 27 juin 2014

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Clap 25e pour Couleur Café ! L’évènement revient en plein cœur de Bruxelles pour donner le ‘La’ de la saison des festivals. Depuis quelques années maintenant, CoulCaf’ ratisse large au niveau de sa programmation. C’est donc sans grand étonnement que se côtoient à nouveau sur ses 3 scènes des artistes aux univers totalement différents : Bootsy Collins, Basement Jaxx, Morcheeba, Ben Howard, Alpha Blondy, Puggy, Tricky, Laura Mvula, The Subs... De quoi faire grincer les dents aux plus fidèles, sans pour autant déplaire au jeune public ou celui qui découvre le festoche. Mais, cette année, plus que le manque de cohérence de l’affiche ou l’accentuation de l’exiguïté du terrain de jeu, c’est la pluie qui a fait une apparition surprise peu appréciée.

Encore raisonnablement clément à l’entame, consacrée au retour sur les planches de Dilated People, trio hip hop/rap de L.A. qu’on avait perdu de vue depuis 2006, le ciel n’a pas eu de pitié pour Dizzee Rascal qui, dès 18h45, a dû (et su) draguer les plus courageux et les rassembler au son de ses vieilles tueries Grime et ses nouveautés un peu plan-plan. Le parterre plus que clairsemé danse, sautille aux pieds d’un Rascal guilleret. On aurait aussi envie de se démener sur ses « Fix Up Look Sharp » ou « Bonkers » mais c’est du côté du chapiteau ‘Univers’ qu’on trouvera notre salut sur les rythmes chauds de Morcheeba et la douce voix de Skye, qui n’a pas changé d’un iota. La formule trip hop/ pop du trio permet d’oublier la grisaille, le temps de quelques morceaux.

Allez, on ne se laisse pas miner, et direction le Move où le quatuor hollandais et sud-africain Skip & Die se démène chaleureusement. Catarina Dahms, la chanteuse, est affublée d’une combinaison fleurie et de mèches roses à la Katy Perry. Musicalement, on est sur un autre terrain, puisque la formation se distingue par un mélange de rock, d’électro et de rythmes afrobeats complètement percussifs et percutants. Ici aussi, on danse, malgré la pluie et les énormes graviers qui jonchent le parterre. La bonne surprise du jour.

Le même podium accueille ensuite les Amstellodamois de De Jeugd Van Tegenwoordig, qui font le même effet que leurs prédécesseurs, devant un auditoire clairement rajeuni. « Watskeburt?! », joué en début de set, met le feu aux poudres et assèche le ciel pour une petite heure.

Honte à moi, je fais la semi impasse sur les deux ténors de la scène rock belge à l’affiche ce soir. A savoir Girl In Hawaii, qui gravit son « Everest » sous l’‘Univers’, suivi directement, sur le Titan, de Puggy qui profite de l’accalmie pour rassembler un large public. Mais la faim et la soif ont un effet plus important sur ma volonté. Comme l’an dernier, les stands victuailles sont rassemblés au sec, dans un antre forcément bondé. Et même rituel, il faut au moins une bonne demi-heure pour arrêter un choix sur le repas du soir. Il faut dire que l’odeur des épices des spécialités de chaque stand met l’eau à la bouche !

Une fois repu et après deux ou trois échauffements sous la tente ‘Univers’, occupée par les Autrichiens du Parov Stelar Band et leur electroswing sympathique mais pas exceptionnel, direction le Titan où Basement Jaxx effectue son grand retour sur les planches, à l’occasion de la sortie prochaine de « Junto ». Les nouveaux morceaux, très orientés House, se mêlent parfaitement aux classiques « Good Luck », « Jump N’ Shout », « Romeo », « Red Alert », un « Do Your Thing ? » festif qui fera décoller les pieds du public, l’excellent « Fly Life » en clé de voûte d’un set haut en couleurs et un « Where’s Your Head At ? » en guise de climax.

Au final, la pluie n’a pas gâché grande chose de cette grande fête annuelle à laquelle on continue de croire, malgré quelques petits points rouges.

(Organisation : Couleur Café)

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