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Miossec simplifie…

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Sziget Festival 2013 : jeudi 8 août

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L’invité surprise de cette édition 2013 restera indiscutablement le soleil de plomb cognant sur le site de ses 40 degrés. Une chaleur caniculaire invitant à la sieste et au farniente. Fort heureusement, l’île richement boisée nous réserve une multitude de zones d’ombres et de repos. Zones sur lesquelles les szitizens profitent de moments de pause indispensables avant d’affronter les parterres des scènes où le soleil darde sans répit ses rayons. Une solution ingénieuse avait été trouvée par les organisateurs pour lutter contre cette vague de chaleur infernale sur les deux Main Stage (pop-rock et world). Une solution consistant à tirer des tubes de refroidissement de la régie jusqu’à la scène projetant de la vapeur d’eau qui retombe sur le public pour rendre l’atmosphère plus supportable. Par contre, les chapiteaux, transformés en vivarium pendant la journée, étaient à la limite du fréquentable.

Le soir tombé, les festivaliers, passant d’un podium à l’autre, profiteront de la fraîcheur de l’île pour se perdre sur les chemins et allées sur lesquels ils croiseront des créatures et des personnages sortis d’univers improbables. Pas le temps de laisser respirer ses sens. Moment où ils tomberont nez-à-nez avec les troupes du Théâtre de Rue Géant venues d’Australie, d’Inde, de Chine, d’Europe ou d’ailleurs. Lesquelles mettront en scène des productions interactives monumentales et émouvantes. La nuit tombée, les rues d’Óbuda se transforment alors en un monde parallèle et passent dans une réalité alternative, étrange et poétique. Le monde du théâtre envahit l’espace et sublime l’ordinaire.     

Autre acteur majeur et féérique de cette vingtième édition : la lumière ! Omniprésente, celle-ci occupe 20 hectares de forêt et se transforme en art. Lampions, arbres illuminés, le Disco Park et le Freak Park éclairent la nature avec des lumières d’ambiance, des stroboscopes et des machines à fumée créant une atmosphère fantastique en plein milieu de la forêt. Le Luminarum, le Tarot Labyrinth, le Cökxpon, la rue des Lampions et les théâtres de rue offrent au Sziget une ambiance unique. Un vrai régal pour les yeux !

Démonstration en image : http://www.youtube.com/watch?v=GsL_GX1kOOw#at=67

Toute une mise en scène extraordinaire qui en ferait presque oublier l’essentiel, la musique. Témoignage de l’éclectisme du festival : nous commençons la journée par Regina Spektor et l’achevons par une séquence de clowns, après le concert de Bad Religion. 

La chanteuse américaine Regina Spektor est née à Moscou et réside à New-York. La bande sonore de « 500 Days Of Summer » lui a servi de tremplin pour se faire connaître dans le monde entier. Son engagement au sein d’organisations militant pour les droits des gays, lesbiennes ou transsexuels ainsi que sa prise de position en faveur du Tibet et sa défense de causes diverses lui confèrent forcément un statut d’artiste clairement engagée. Une licence et une aisance qui lui permettent de faire à peu près ce qu’elle veut sans perdre de son flegme. Son concert sera correct. Sans plus. Á vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Parfait pour sonoriser un bon repas et passer un agréable moment à table.

Dizzee Rascal nous a plongés dans un moment de folie. Son mélange de hip-hop, UK garage, R’n’B et de tout ce qu’il faut pour que le public s’abandonne corps et âme dans la chaleur ardente et étouffante, a fait sensation. Quelle ferveur ! Oubliées les températures torrides… Tout baigne dans l’huile effervescente. L’assistance vibre aux accents du chanteur londonien. Sans rien qui pose ou se soucie de l’apparence. Les festivaliers sont uniquement là pour faire la fête et le reste s’efface.

Ska-P. Qu’en est-il de Ska-P?  Existe-t-il seulement encore? Il nous en reste de vagues souvenirs adolescents. Un groupe anarchiste qui s’est battu sur tous les fronts et a vécu son heure de gloire. Et puis s’est estompé ou effacé de la mémoire. Nous ignorons tout de son succès en Europe. Une scène principale et un horaire préférentiel, celui de la plus haute audience, dans le festival sans doute le plus prestigieux d’Europe, ce n’est pas donné au commun des mortels. Leur succès, ils le doivent à l’Italie et à l’Europe Centrale. Ils y sont bien plus connus que dans leur propre pays. Quelque chose comme une version espagnole de Mireille Mathieu ou de Charles Aznavour en son temps. Il ne manquait plus que ça. Son concert m’a fait une impression étrange et paradoxale de souvenirs d’adolescence transférés au présent en un lieu improbable, hors contexte, côtoyant un public totalement étranger à ce passé. Bref, pour des festivaliers venus essentiellement participer à la fête, les moments consacrés à la parole et à la sensibilisation politique…, quel ennui ! Sans compter une pointe de provocation gratuite et du plus mauvais goût qui n’a pas manqué d’offusquer une partie de l’audience, contrairement à d’autres styles musicaux apparemment plus éclairés et plus révolutionnaires. Passons !

Même les plus âgés des ‘locaux’ ne se souviennent pas d’avoir assisté à une représentation de Rachid Taha. Serein, l’Algérien peut encore squatter dignement les planches pendant 90 minutes et livrer un concert plus que correct, soutenu, il est vrai, par un groupe qui lui épargne bien de faux pas pendant la durée du show. Armé d’un répertoire plus proche du rock que par le passé mais non exempt du raï de ses racines algériennes et méditerranéennes et d’un luthier spectaculaire, il parvient à faire danser le public sur les accents orientaux de son Rock El Casbah.

Et pour clore la soirée, Bad Religion. Un groupe de légende. La mémoire vive et vivante du punk. L’un des concerts les plus attendus de la journée. Puissant, spectaculaire, le combo a livré un concert sans fausse note et n’a pas démérité. C’était clean. Le son était parfait, la mise en scène soignée et techniquement irréprochable. Mais… est-ce vraiment ce que l’on attend d’un concert punk ? Chacun se fera son opinion.

Cependant, deux prestations ont tout naturellement attiré notre attention : le stoner rock des Anversois de Triggerfinger dont les échos ont été majoritairement positifs (un concert qui, malheureusement, se déroulait en même temps que celui de Regina Spektor) et la pop éthérée des délicieux Courtraisiens de Balthazar. Ces derniers se produisaient sous une Party Arena noire de monde où de nombreux drapeaux noir/jaune/rouge témoignaient de la présence massive de Belges sur le site. Une pop de très haute voltige, balisée par des harmonies vocales d’une limpide luminosité qui extasie le public. Tous les éléments concourent, convergent pour créer une symbiose extatique. Et la nature elle-même s’en mêle : les éclairs glissant sur la toile, mêlés, mixés à la musique et à la voix du groupe électrisent la foule. Une ambiance irréelle, sur le fil létal de la haute fréquence. Tout juste sublime : à la limite vertigineuse de l’extase, sur la ligne de clivage hautement improbable du beau et du terrible. Un grand frisson qui nous parcourt encore l’échine.  

L’île de la Liberté : un excellent tremplin pour projeter ces deux groupes sur les scènes internationales.      

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Sziget Festival 2013 : mercredi 7 août

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Day 1.

La programmation du Sziget se veut globalement éclectique et tente de satisfaire le plus large auditoire possible. Elle ignore l’uniformité musicale et propose un éventail ample, tout le spectre visible de la musique contemporaine. Une volonté délibérée de se démarquer des festivals européens dont le line-up se marche souvent sur les pieds.

Pourtant, cette année, les grosses têtes d’affiche ne sont pas exclusives (Blur, Nick Cave & The Bad Seeds, Editors…) ou sont forts commerciales (David Guetta, Mika, Zaz…)

La programmation 2013 demeurera certainement le point faible de ce vingtième anniversaire. Une faiblesse certainement due au nombre important de groupes annoncés qui, pour diverses raisons, ne sont pas venus compléter l’affiche finale. Comparez-la avec celle de 2012, vous verrez vite la différence.

Finalement, peu importe cette vitrine, l’expérience Sziget réside moins dans ce type de détail qu’en un sentiment global de communier à un tout artistique d’exception. Organique et orgasmique, unique et indivisible. Une machinerie parfaitement huilée qui transcende chaque son, chaque image, chaque saveur et porte n’importe quel univers musical à son paroxysme, lui offre une apogée. Une organisation qui frôle la perfection.

Surprise du Sziget 2013, des températures proches de 40°C nous plombent. L’ombre est prisée par les festivaliers, surtout vers 16h00, moment auquel débutent les concerts. Il faudra souffrir pour apprécier le beau. Cette année, plus que jamais, pour rejoindre le ciel de l’Art, ce sera à la sueur de notre front.

C’est par Skunk Anansie que s’ouvre le Sziget. Une véritable débauche d’énergie à laquelle s’est livrée sans compter sa chanteuse fétiche Skin dans un mouvement perpétuel envahissant la scène, le tout amplifié encore par un haut-parleur haut-perché et vrombissant permettant au public de la capter sans qu’elle ne cesse de chanter. Bien que le groupe ne traverse pas son meilleur moment de popularité, il conserve néanmoins la puissance et les crocs qui lui permettent de livrer un set des plus appétissants.

Dans la foulée, sur la Scène World Music, se produit le combo espagnol de la journée, La Pegatina (énième formation intégrée dans ce que l’on a appelé le ‘Barcelona Sound’, un mouvement qui a tant inspiré Manu Chao, Macaco, Muchachito, El Tío Carlos et bien d’autres…) Pendant sa prestation, l’île se transmute littéralement en un une immense place de village bigarrée où un public déchaîné danse à la folie sur cette étrange mixture d’airs à la fois propres et étrangers que leur offre le groupe catalan. Si le seul objectif que s’était fixé le band, c’était de régaler l’assistance d’un bon moment, on peut dire que la mission a été accomplie avec brio et au-delà des espérances.   

Changement de podium pour le show de Flogging Molly, un groupe qui combine punk et musique celtique. Scène A38 archicomble. Au cours de la production, on peut voir voler des objets aussi hétéroclites qu’inattendus : souliers, récipients et contenu de bière ou de vodka. Entre autres. Sziget prouve que le punk is not dead ; mais nous verrons bien, la nuit prochaine, si Bad Religion le confirme.

Et pour finir en beauté, place à la prestation du jour et du festival : Nick Cave and The Bad Seeds. Reproduisant un répertoire pratiquement identique depuis le début de cette tournée, il réussit la performance de rendre littéralement fous les spectateurs par sa seule présence. Cette fois, l’approche du public produit un effet érotique moins intense qu’à Barcelone ou à Werchter, mais plus soutenu et continu, déchaînant l’hystérie des premiers rangs. Curieux de constater que les chœurs des aficionados en front de scène, reprennent plus souvent les chansons de son dernier disque que des grands succès tels que « Tupelo », « The Mercy Seat », « Into My Arms » ou encore « From Her To Eternity ». Mais, comme je l’ai déjà évoqué précédemment, la logique hongroise diffère manifestement de celle du reste de l’humanité. Cerise sur le gâteau, le généreux Nick va nous régaler d’une double portion de « We Real Cool », en bissant le morceau.

‘Il ne suffit pas d’avoir du talent, encore faut-il être Hongrois’ (Robert Capa)

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Sziget Festival 2013 : mardi 6 août

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Károly Gerendai, cofondateur du Sziget, nous confie, une pointe de nostalgie dans la voix, ses ambitions pour la vingtième édition du désormais célèbre festival hongrois : ‘Il y a 20 ans, nous formions un groupe de jeunes enthousiastes ayant envie d’une semaine non-stop de fun, ensemble dans un endroit où tout est possible et rien n’est obligatoire. C’est ainsi que l’île de la Liberté est née, en 1993. Cette année nous aimerions accentuer ces souhaits et libérer l’imagination de nos festivaliers plus que jamais’. Un projet qui marque une intime volonté de se ressourcer dans le passé pour saisir le présent et s’ouvrir à la modernité, de préserver le souffle, si libertaire et dru, des origines et le canaliser vers les Arts contemporains… Un vent d’anarchie qui ne serait pas révolu et suivrait les courants incessants du Danube pour vivifier tous les méandres et embrasser toutes les cultures. Une belle utopie qui se matérialise et à laquelle communient plus de 362 000 festivaliers (szitizens) affluant de 69 pays différents (outre d’Europe, ils nous viennent d’Australie, d’Argentine, d’Aruba, du Bahreïn, d’Ethiopie, de Gambie, d’Inde, du Kenya, du Mali, du Pakistan, de Singapour, d’Afrique du Sud, d’Uruguay…). Cet Island of Freedom, ‘endroit où tout est possible et rien n’est obligatoire’, prend corps sur la magnifique île d’Óbuda, située au centre de Budapest. 78 hectares de pur bonheur où les musiques du monde se croisent et s’entrecroisent, se jettent vers l’estuaire mouvant d’une pléthore d’activités culturelles issues de tous les horizons : arts de la scène (danse, théâtre, cirque…), arts graphiques (peinture, sculpture, photo…), architecture… Une organisation titanesque qui s’articule autour de 50 scènes sur lesquelles vont se dérouler plus de 400 concerts à raison de 12 heures de live quotidien et accueillir 200 spectacles pendant une semaine. Le Sziget n’est pas seulement un événement musical, c’est également un rassemblement d’artistes venus du monde entier. Un voyage culturel unique qui a d’ailleurs été élu Meilleur Grand Festival d’Europe par les prestigieux European Festival Awards, en 2012. Et c’est franchement pas volé !

Un statut légitime que les organisateurs devaient confirmer pour fêter dignement le 20ème anniversaire du plus grand festival ‘open air’ d’Europe. Ainsi, l’édition 2013 s’est parée encore de plusieurs nouveautés inédites et originales et a acquis le statut officiel d’île de la Liberté. Une organisation qui a décidé d’accentuer encore cette notion originelle de liberté tant sur le plan artistique qu’individuel. Le nouveau concept du Sziget 2013 est une redéfinition de ces souhaits originaux : l’île de la Liberté est née, elle devient une république le temps d’une semaine, imposant ses propres règles et arborant son propre drapeau. D’ailleurs, dès son arrivée, chaque visiteur reçoit la copie exacte d’un vrai passeport faisant de lui un authentique ‘Szitizen Of The Island Of Freedom’. Un document précieux comprenant toutes les informations permettant à chaque festivalier de passer un excellent séjour (line up, plan, activités, animations, soirées…) Une fois complété et estampillé au Sziget Immigration Office, on vous remet une Sziget Green Card faisant de vous un membre officiel de l’île de la Liberté (une opération totalement symbolique et facultative). Plus que jamais, cette année, la nouvelle République indépendante constitue une expérience multiculturelle qui met l’accent sur la défense des droits de l’Homme et la justice sociale. Un objectif commun : ‘L’île de la Liberté est une république démocratique sans leader où chaque membre, aborigène ou immigrant, a les mêmes droits et les mêmes devoirs’.

Alors que les discriminations ne cessent de grandir et frappent, chaque jour, de plus en plus fort à nos portes, deux podiums présents sur le site sont à saluer :

La ‘Yenki Raki Roma Tent’ existe depuis 11 ans et reste certainement l’une des scènes les plus festives et les plus conviviales. Lieu incontournable du festival, cet espace pluriculturel fait danser, s’enlacer et suer des dizaines de nationalités différentes sur les plus belles musiques tziganes jusqu’au bout de la nuit. Bras dessus, bras dessous, la foule fait corps et se laisse emporter, comme un seul homme, dans un voyage exceptionnel aux rythmes envoûtants de ce monde magique de la culture gitane venus des quatre coins de l’Europe (Lituanie, France, Bulgarie, Espagne, Roumanie, Pologne, Serbie, Pays-Bas…) Un espace exceptionnel totalement réservé aux musiques tziganes dont le sol ne s’arrête jamais de vibrer et transcende âme et corps. Une expérience et un moment de fraternité uniques. Ici encore, les Szitizens nous confirment que l’événement est plus qu’un festival : un véritable concentré de cultures !

Intolérance zéro ! Alors que l’homophobie fait rage dans de trop nombreux pays du monde, l’espace ‘Magic Mirror’ nous offre sans complexe un bel éventail de la culture gay et lesbienne européenne. Au programme : cabarets, débats, projections de la Berlinale, films du festival international de Berlin, talk-shows thématiques, soirées disco-funky-beat et spectacles de danse jusqu’au petit matin. Le lieu le plus gay et le plus haut en couleurs du Sziget !

Il est évidemment impossible de décrire chaque endroit tant la diversité des activités proposées est importante. Soulignons toutefois quelques dernières initiatives intéressantes comme la présence de nombreuses ONG, le Sziget Civil, traitant de façon ludique et informative des thèmes majeurs tels l’écologie, la santé, la prévention drogue ou SIDA, l’HANDIPARC, parc d’aventure interactif. Un environnement ludique ouvert à tous contribuant à faire évoluer l'attitude sociale des gens à travers des expériences qui font appel à l'odorat, à l'ouïe et au toucher... Et, finalement, le ‘Culture Zone’, un cadre extraordinaire pour la scène polyvalente, la Fête Foraine d’Europe de l'Est, le Quartier des Musées, le Labyrinthe, le Parc de Lecture, les installations ‘Bonjour le Bois’ et le workshop beaux-arts de l'Agora. On rencontre ici du théâtre contemporain, de la danse contemporaine, des projets d'art appliqué, du design, de la musique classique, du jazz de nuit, du slam, du stand-up, des acrobates, des jongleurs, mais aussi des stages de recycling design, des tables rondes, des workshops, des flashmobs, du yoga, du tai-chi, des ateliers de massage… Une zone qui va occuper sans relâche les journées et les nuits des festivaliers hyperactifs.

Parmi les nouveautés majeures, les organisateurs ont également fait la part belle à l’univers magique du cirque, du théâtre et de la lumière, l’un des grands acteurs de cette dernière édition. Sans oublier l’aménagement d’une plage artificielle installée sur les rives du Danube.  

Le monde du cirque est l’invité d’honneur de la vingtième édition du Sziget Festival. Onirisme et poésie sont les hôtes quotidiens de la Cirque Sziget, une nouvelle scène spécialement dédiée à la fine fleur des saltimbanques.

Ainsi, on pourra se régaler les sens, en avant-première, sur ‘Recirquel’, la dernière création époustouflante de Vági Bence qui met en scène une troupe exceptionnelle dont les acteurs principaux sont issus du célèbre Cirque du Soleil. Un spectacle à vous couper le souffle qui s’amuse à mixer les atmosphères uniques des théâtres ambulants typiques des représentations de la fin du XIXème siècle à l’aide d’une musique et une mise en scène résolument modernes. Ajoutez-y le talent de la costumière Kasza Emese qui réinvente avec bonheur l’imaginaire rêveur de Tim Burton et le spectateur est emporté pour un long moment de pure poésie en mouvement. Extrait : http://www.youtube.com/watch?v=ExRC7BPeRzk

Outre ces représentations exceptionnelles, le nouvel espace mêle structure hors-normes, haute-voltige, acrobaties et trapèze : https://www.youtube.com/watch?v=ccNFxsd467E

Day 0

Un jour avant l’ouverture officielle du festival, la mécanique infernale du Sziget est finement rôdée pour accueillir les premiers festivaliers. Et quel accueil !

Dès l'entrée du pont-K, et jusqu'à la Main Stage, les visiteurs sont plongés dans le monde fantastique de Lewis Carroll. En immersion totale dans le pays des merveilles du Sziget, ils sont invités à louvoyer entre cirque, acrobaties, théâtre visuel, littérature, concerts acoustiques, musiques du monde, danses folkloriques et poésie avant de rejoindre la Main Stage où les attend leur premier rendez-vous musical. Une première journée spécialement dédiée à la musique hongroise et, principalement, aux deux groupes nationaux cultes : Quimby et Muzsikás.

Après la thématique Carroll, la première performance scénique se déroule sur la Pop-Rock Main Stage et met en exergue les stars du rock alternatif hongrois. Quimby, les Noir Désir locaux (NDR : comparaison reposant sans doute sur la légère ressemblance physique des deux chanteurs), accompagnés d’un combo de cuivres et de deux danseuses à tutu rouge, vont transmettre effectivement une énergie digne d’une fanfare affolée dont, personnellement, je ne possède pas tous les codes.

Par contre, la musique traditionnelle magyare de Muzsikás qui résonne plus tard sur la World Music Main Stage surprend l’ouïe dès les premières notes et vous plonge spontanément dans les contrées d’Europe centrale. Célébrant les 40 ans d’existence du groupe en signe de bienvenue ce concert d’ouverture invite l’âme au voyage et nous oriente, nous aimante vers le cœur même de la Hongrie. En effet, Muzsikás est soutenu par des virtuoses tels Alexander Balanescu au violon ou le groupe Amadinda aux percussions, mais aussi de musiciens et de chanteurs amateurs originaires de petits villages indigènes qui insufflent une authenticité touchante aux mélodies colorées. Soulignons également la générosité du groupe rock américain Wovenhand venu tout droit des Etats-Unis souffler la chansonnette et les 40 bougies de ce groupe légendaire hongrois.

Ce premier bref aperçu est une parfaite indication de ce qui nous attend pendant cinq jours consécutifs. Aussi nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous demain pour l’ouverture officielle du vingtième anniversaire du Sziget qui s’annonce totalement déjanté…

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Micro Festival 2013 : samedi 3 août

Pour la seconde journée du Micro festival, nous savons déjà que Holograms a déclaré forfait. La formation suédoise a été remplacée par un band catalan : Mujeres. Du froid du grand nord, on passera donc à la chaleur méditerranéenne. Et de chaleur, il en sera encore question toute la journée…

A peine séchés, la tête encore embuée, nous sommes accueillis dès 15h15, par la pop 60's des Generationals. Les mélodies sont jolies, les voix agréables mais on ne voit pas ce que le live apporte par rapport au récent et très recommandable album « Heza ». On sent le groupe pas encore tout à fait à l'aise sur les planches. Est-ce de la timidité ou juste un cruel manque de charisme ? Seuls les morceaux où les mélodies synthétiques dominent le sujet décollent vraiment (« Put A Light On », « You Got Me »). A revoir quand il aura acquis un peu plus de bouteille.

Arrive alors Frank Shinobi et son math-rock alambiqué, mais non rébarbatif pour autant. Le quatuor s’amuse à conduire les auditeurs, encore parsemés, dans les méandres d’un bruit blanc et sec comme la plaine de l’espace 251 Nord, brûlé par le soleil.

Au menu de cette conduite en état d’ivresse mais sans ébriété ; s’arrêter net sur la bande d’arrêt d’urgence pour un Sirtaki, et flirter avec un moudjahidine de l’Amour.

Héros sans visage et musique au final sans étiquette, le combo liégeois s’affiche comme à l’accoutumée, sans prétention mais en affichant un savoir-faire grandissant.

Présentant au passage quelques nouveautés à découvrir prochainement, les protégés du label Honest House remuent les premiers membres engourdis par ce climat digne du Zoulkistan.

En parlant Zoulk, petit détour au sortir de la tente devant les enceintes du Sound System qui nous abreuvent de doucereux larsens sous la houlette du magnifique DJ Kool Strings, nous rappelant l’importantissime mission qu’il s’est donné sur les ondes de 48 FM.

Avalanche de noise et cascade de delay pour conduire nos sens au mur du son où nous attend le trio Peter Kernel. Son post-punk minimaliste ne va pas faire l'unanimité, mais reconnaissons au groupe helvético-canadien le mérite de chercher l'interaction avec le public, connexion qui manquait un peu jusque-là. L'humour et la gentillesse du couple, qui restera par la suite de longues heures à discuter et boire en compagnie des festivaliers, feront oublier les imperfections techniques.

Soulignons néanmoins le mérite du batteur que nous apercevrons plus tard devant Die ! Die ! Die ! arborant timidement sa main fracturée.

L’après-midi se tasse et nous abreuvons nos canalisations sèches sur une pente diagonale dont la bande-son est assurée par Christophe Showstar, autre crème locale.

Et nous attendons.

De fait, on attendait peut être trop des Berlinois de Camera. Leur album « Radiate » renouant avec la grande tradition du kraut, Neu et Can en tête. Malheureusement, quelques problèmes techniques et l'arrivée impromptue d'un inspecteur du son tatillon vont en décider autrement. L'occasion de constater que nos oreilles martyrisées par des années de concert exigent plus de décibels que les 90 autorisés. Est-ce pour ces raisons que le groupe a paru extrêmement énervé (le batteur quittant la scène pendant plusieurs minutes et le groupe ne daignant même pas saluer à la fin du set) ? Ce qui s’est soldé par un concert en dents de scie émaillé de larges plages ambient - post-rock évoquant plus le label Kranky voire le Tortoise des premiers albums que la trance krautienne. Un goût de trop peu donc. Il faudra attendre le prochain passage du trio allemand pour se faire une idée (il se chuchote que l'on ne devrait pas patienter trop longtemps...)

La soirée prend ses quartiers et les premiers regards embués commencent à scintiller quand la vague déferlante néo-zélandaise débarque avec force et fracas sur l’estrade.

Si l’on excepte un énième problème technique ; en l’occurrence le pédalier d’Andrew Wilson, le charismatique leader, qui vient à faire défaut d’une manière impromptue –quoique brillamment suppléé par ses deux acolytes– le set ne souffrira d’aucun temps mort ! Mort ! Mort !

La tension est palpable et les pogos qui sentaient la cour de récré viennent à prendre une tournure plus menaçante, la faute à une paire de trous-du-cul.

Dans cette effervescence testostéronisée et heureusement canalisée, les morceaux de Die ! Die ! Die ! s’exécutent rageusement et, descendant à plusieurs reprises dans la foule, le chanteur finit d’instaurer une ambiance abrasive mais au demeurant résolument positive.

Une décharge d’ions qui ébranlent nos sens et nous met en appétit pour les Espagnols de Mujeres. Ils assurent la partie festive de l’affiche, mais broutent rapidos les testiculos de la nombre d’entre nous.

Après cinq morceaux qui n’auraient pu n’en être qu’un seul nous laissons les remplaçants d’Hologram (Ô déception !) finir comme ils ont commencé. Au loin, nous entendons une cover du « Run Run Run » du Velvet, ce qui semble une brève embellie dans la brume ibérique et nous apercevons le chanteur surfant sur une vague d’incompréhensible engouement.

Enfin, on ne s'étendra pas trop sur la prestation de The Suicide Of Western Culture. Il est pertinent de terminer un festival par des sonorités électroniques et les compositions sur album du duo catalan, même si elles sombrent parfois dans le pompier, ne sont pas inintéressantes pour peu qu'on aime un tantinet le monde de M83, par exemple. Mais avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de défendre le live proposé. Structures de morceaux peu compréhensibles, sonorités de fête foraine et utilisation franchement loupée de la saturation nous poussent vers la sortie. La tente se vide d'ailleurs au fil des morceaux, expulsant par petites grappes des spectateurs aux commentaires plutôt caustiques. Fin décevante pour un festival qui dans son ensemble ne l’a pas été. Et qui déjà profile sa silhouette sur les pavés de deux mille quatorze.

Même heure, même endroit ?

Organisation : JauneOrange.

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Esperanzah ! 2013 : vendredi 2 août

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Selon le manuel du parfait petit snobinard en jeans noir et cuir laminé (NDR : autrement dit ma bible), je m’apprête donc à pénétrer en terre exotique, un territoire absolument dénué de toute hostilité, où l’autochtone, paré d’un saroual, chaussé de sandales et riche d’une gourde en peau de chèvre, viendra m’accueillir.
Ensemble, nous irons traire les chèvres, adopter l’un ou l’autre enfant du tiers monde, avant d’aller fumer du chanvre dans les allées d’une abbaye au passé foisonnant.
Au détour, nous discuterons malbouffe, société de consommation, et tenterons de freiner l’élan rotatif du consumérisme à outrance.
En passant, nous nous délecterons de saveurs Bio, boirons de la pisse de houblon et discuterons le coup en contemplant quelques charmantes amazones se déhanchant voluptueusement aux sons de fanfares venues du monde entier.
Imagerie fantasmagorique ?
Pas si sûr, tant l’image baba cool et l’esprit altermondialiste colle à ce sympathique festival depuis ses débuts.
Mais si je n’y ai jamais mis les pieds, c’est simplement parce que la programmation ne m’a jamais vraiment passionnée.
Au diable les considérations de tout ordre si ce ne sont celles musicales, car cette année, l’affiche propose bien plus qu’un condensé (qui a dit dansé ?) de World Music.
En route pour une journée au bout du monde !

Bon ! Le petit manuel n’avait pas tort sur la tenue vestimentaire de rigueur ici. 73 degrés à l’ombre, des senteurs de fennec se propagent et pas un souffle de vent. Aussi, je commence à me demander si Floreffe se situe dans la zone chaude intertropicale, lorsqu’un étrange petit être barbu et surmonté de dreadlocks plus hauts que sa taille me propose de m’abreuver en sa compagnie.

Par politesse, j’accepte et l’eau rafraîchissante me fait gagner cinq points de vie.

Je suis donc au mieux de ma forme pour apprécier le set de seize heures tapantes.

Soit les onze (11, comme une équipe de foot !) membres de The Peas Project.

Beaucoup de positif à retenir de ce moment en compagnie d’une des valeurs sûres du syndicat de la bonne humeur.

D’abord l’enthousiasme est communicatif.

Si je reste impassible sous le soleil de plomb (on ne change pas un rebelle farouche de mon espèce avec de l’eau minérale), tous autour de moi semblent trouver matière à danser et faire la fête.

Et c’est vrai que Marc Zinga et sa chanteuse tirent habilement les ficelles.

Bien sûr, le vieux renard que je suis ne tombe pas si facilement dans le panneau.

La connivence entre les musiciens est évidente et leur jeu de scène parfois stéréotypé. On arrête la musique, on stigmatise le public et on repart de plus belle. Une recette éculée mais certes toujours efficace en pays conquis Néanmoins, le savoir-faire est indéniable et force même mon respect.

Les rythmiques tribales secouant « Question Of Death Or Life » (NDR : en fait, je n’ai pas la moindre idée du titre vu que j’ignore la discographie du groupe et suis trop paresseux et/ou débordé pour me renseigner) mettent une partie de mes neurones en fête tandis que les autres préfèrent opter pour la mode veille (NDR : afin d’éviter toute éventuelle surchauffe du système).

Un rappel (à cette heure ci ?) soulève un sourcil étonné (le droit, car le gauche est noyé depuis longtemps).

Quittant le côté cour, je me lance donc à l’attaque de l’ascension du jour qui doit me mener au sommet des jardins de cet endroit que je me dois de qualifier de superbe écrin.

La particularité de ce festival veut donc qu’en chemin, je croise un coiffeur botaniste exerçant ses ciseaux sur de volontaires cobayes qui ne rechignent pas à ressembler à des pots de fleurs, un cinéma niché dans une alcôve de fraîcheur, et quelques militants pour mille et une causes communes comme des fosses.

Une chorale de Noël chantant des psaumes arabes ou encore une tribu africaine martelant furieusement des troncs de séquoia.

Manifestement, c’est super chouette ces activités prévues pour les bobos.

Mais elles manquent cruellement de mascara et de cheveux crêpés ; car l’étranger, ici, c’est moi.

Donc, placé à côté d’un quidam endimanché comme Jack Sparrow pour le mariage de sa tante, je décide de reluquer The Soul Jazz Orchestra.

Le soleil étincelle et ruisselle sur le cuivre des instruments, et c’est comme si les notes s’y baignaient.

Consonances Afro Jazz Funk qui devraient me saouler mais qui au contraire me Soul.

Clin d’œil appuyé à James Brown par ci, petit air de Reggae par là, tout finit par se ressembler ; mais bon, je ne suis un expert du genre.

Je m’allonge alors et écoute la fin de ce sett qui se termine, ami lecteur, si toi tu es connaisseur, par « Mister President », un titre vachement entraînant.

Redescendant le long des remparts, je m’arrête au coin des saveurs ; en fait, un vrai village.

J’échange mes euros contre quelques jetons de monnaie locale et me décide à aller voir le Teuton Patrice qui, comme son nom ne l’indique pas, n’a rien d’un blanc-bec français.

Ce petit gars qui a travaillé notamment en compagnie de Cameron McVey (Massive Attack) présente donc « The Rising Of The Son », son album pressé dernièrement, un disque dont la sortie est prévue pour la fin du mois ; le septième de sa discographie étalée sur quinze années de carrière, excusez du peu.

Un Vibe très Roots mais mâtiné d’un esprit Punk, c’est ce qui pourrait résumer l’univers de Patrice.

Une casquette orange fluo comme couvre-chef et des jambes élastiques qui le mèneront sur les rebords du mur longeant la scène, emmenant dans son sillage quelques paires de jambes elles, plutôt extatiques. Du punch à revendre et des morceaux au Dub canaille, ces quelques recettes assureront le succès de celui qui s’était illustré par la reprise de Nina Simone, « Ain't Got No (I Got Life) ».

La présence sur les planches d’une miniature à son effigie (peut être son fils ; mais j’étais placé un peu loin pour définitivement statuer sur cette hypothèse aventureuse) et quelques passages mid tempo parfaitement placés finiront de fixer mes attentes (fort peu nourries au demeurant, mais largement comblées).

L’heure de la remontée venue (mais pourquoi n’y a-t-il pas de téléphérique ???) et le moment de grâce arrive enfin.

Les corps déchirent la nuit, triomphalement. Les chérubins se pressent dans les cieux pour contempler le spectacle.

C’est que le projet Woodkid a tout sur disque pour faire craindre sur scène une grandiloquence prétentieuse et pompeuse (voire pompière).

Ramené à une formule simple en festival (il ne reste que tambours et trompettes), l’équipage de Yoann Lemoine garde fière allure mais va d’emblée rassurer sur l’envergure de sa musique sans sombrer dans la gaudriole.

Alors que colonnes et troncs d’arbres se marient dans le fond en images projetées (le visuel a une part prépondérante dans l’univers Woodkid, support évident quand on connaît le talent de vidéaste de sa tête pensante), le vent souffle de plus belle sur la plaine, comme pour insuffler une dimension encore plus tragique à la pièce qui se déroule sous nos yeux.

Le navire fend les océans et trouve son rythme de croisière dès le troisième titre, celui qui donne son nom à l’album.

« The Golden Age ». Comme le vestige d’une époque qui aurait été (vague souvenir mélancolique) mais appelée à ne plus jamais être, se rappelle à notre délicieux souvenir.

Un peu cabotin, Yoann nous réserve une vraie-fausse déclaration ensuite, nous livrant « I Love You » avant de ressortir de ses valises « Brooklyn » et de définitivement larguer les amarres.

Bien sûr, le show est rôdé et laisse peu de places aux éventuelles surprises.

La chorégraphie consacrée à « Iron » est un copier-coller sur chaque date de la tournée et on y voit le génial auteur enfourcher comme monture l’un de ses musiciens (rien de sexuel, néanmoins).

Mais ce serait là faire la fine bouche (et la mienne est enflammée par un met thaï un rien épicé).

Scandant son nom sur un air de foot (tiens, c’est pas conforme aux préceptes du hippie campagnard ça, si ?) la foule gagnera deux rappels, dont un « Run Boy Run » au galop enivrant.

La messe est dite, mais une bien belle messe, célébrée dans un cadre monastique lui allant à ravir.

Enfin, fourbu mais pas repu, je dégringole les allées pavées qui finissent d’abîmer mes pauvres chaussures (où ai-je rangé la paire de tongs que Jack Sparrow m’a offertes ?) et finis les quarante-six tickets boissons qu’il me reste en compagnie d’éleveurs de bétail du Larzac ; et nous nous délectons de jus de prune équitable tout en restant attentif au set des Français de Rocky.

Un retour aux années 80, version back to life, mais pas back to reality puisqu’il m’est encore offert de contempler quelques joyeux aborigènes sapés comme pour la Bar Mitzvah d’un boucher cubain sédentaire.

Des influences certes datées mais savamment égrenées qui confèrent un côté House à des compositions plutôt Pop, dans un mélange bien dosé.

Le son vintage des claviers, le groove des guitares et la voix puissante et autoritaire d’une chanteuse aux allures de pygmée (effet semi-trompeur des autres musiciens, eux, placés sur des estrades) assurent une fin de spectacle et de nuit réussies.

Sans compter sur les drôles de poissons de Goldfish dont le DJ Set achèvera les zozos du coin, alors que votre serviteur quitte ce lieu exotique, un collier de fleurs de jasmins sur la tête et du tabac créole dans la pipe.

Organisation : Esperanzah.

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Micro Festival 2013 : vendredi 2 août

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Pour sa quatrième édition, le Micro Festival proposait une affiche particulièrement alléchante, malgré le désistement de dernière minute des Suédois d'Holograms, remplacés au pied levé par Mujeres. Et en dépit de quelques problèmes techniques, de sets pour la plupart un peu trop courts et d'un désastreux bouquet final, on a beaucoup apprécié ce festival à taille humaine, réputé pour son atmosphère familiale et décontractée.

Les hostilités s’ouvrent, alors qu'une chaleur accablante a transformé le Belge moyen en forme molle, rouge et suintante. Pas la température idéale pour s'exciter sur du rock. La majorité de barbus présents se demandent si c'était vraiment une bonne idée de suivre cette mode en été. Les premiers festivaliers rampent donc jusqu'au podium où malgré une première coupure de courant, Scrap Dealers fait son job en balançant son garage-rock à la Ty Segall. Rien de très original mais efficace et bien en place.

Prix de la patience à Shannon & The Clams qui après deux interruptions attendra une grosse heure que les organisateurs trouvent une solution aux problèmes d'électricité avant de reprendre son set en manifestant la même bonne humeur et la même énergie. L'imposante Shannon Shaw fait le show. Elle donne de sa personne mais la chaleur est définitivement trop accablante pour se remuer et la longue pause a un peu tétanisé l'assistance. La pop sixties aux relents garage de ces citoyens de San Francisco fait donc moyennement recette.

Metz est bien plus attendu par le public. La tente se remplit et l'atmosphère est suffocante. Alex Edkins, chemise roulée au dessus des biceps et tronche de nerd, hurle tant et plus, monte sur la batterie, dégouline de sueur et donne des grands coups de gratte rageurs. Un pogo se constitue. Il sent la testostérone. Le trio cherche avant tout l'efficacité et les quelques mélodies post-punk sont noyées sous une déferlante rageuse hardcore.

Les oreilles décapées, nous sommes prêts à accueillir Moon Duo. Ce sera un des grands moments du festival. Le concert démarre telle une séance d'hypnose qui contraste évidemment avec le shoot d'énergie que Metz vient de nous asséner. La voix chamanique de Ripley Jonhson suscitant fatalement plus la transe et la rêverie que le quasi screamo d’Edkins ; un climat sonore entretenu par une batterie kraut métronomique et ses tambourins très Spacemen 3. Mais progressivement, le groove de la basse du moog de Sanae Yamada nous rappelle que le plaisir n'est pas que mental. « Circles » et « I Been Gone » nous entraînent dans le space boogie qui a fait la réputation de ces cow-boys lunaires. La foule commence à dodeliner. Pas pour longtemps malheureusement. La formation, vu le retard accumulé en début de festival et la peur du gendarme, doit cesser après une petite quarantaine de minutes. Frustration du public, frustration des musiciens habitués à des shows bien plus longs. Mais à quoi bon râler ? On a passé un bon moment, les commentaires autour de nous sont élogieux et il est de toute façon grand temps de prendre une douche (NDR : on vous a dit qu'il faisait chaud ?)

Organisation : Jaune Orange

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Rivierenhof 2013 : samedi 27 juillet

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Comme pour souligner le fossé qui sépare le Nord et le Sud du pays en matière d’investissement consacré aux Arts et à la Culture, Anvers accueillait à nouveau, ce samedi soir, dans le (magnifique) cadre du domaine provincial de Rivierenhof, les Tindersticks, alors qu’en fin de nuit, j’assistais aux funérailles du Fiacre, un des derniers endroits dédié à ces disciplines, dans le centre de Liège, disloqué par les mâchoires stupides du pouvoir en place.

Sans revenir sur ce débat, je constate tout simplement, en m’asseyant dans les travers de ce petit amphithéâtre, que tout est prévu pour nous permettre d’assister, dans les meilleures conditions possibles, à quelques concerts de très, très bonne facture.

Même les orages retiendront leur souffle jusqu’à la note finale d’un spectacle majestueux, comme c’est souvent le cas pour ce groupe fêtant bientôt ses vingt et un ans de bouteille et nos vingt années d’ivresse, depuis la sortie de leur premier opus éponyme.

« If You’re Looking For A Way Out » entame donc le set, sous la moustache frémissante de Stuart Staples, enchanté de se retrouver à nouveau dans ce cadre seyant si bien à son groupe.

Tout semble être en harmonie avec la musique ce soir.

Le ciel, chargé mais tout en retenue, l’air, les arbres qui surplombent la scène, et le public, attentif et respectueux.

La formation ne s’y trompe pas et marque son plaisir dans chaque intonation.

Avant de s’atteler à des représentations spéciales marquant les 20 ans de la sortie de « Tindersticks », et qui passeront le mardi 22 octobre au Cirque Royal dans le cadre de l’‘Across Six Leap Years Anniversary Tour 2013’, le band revient principalement sur les titres de son dernier opus en date, « The Something Rain ».

Oui, une pluie, qui jusqu’au bout, se contiendra dans les lourds nuages menaçants au-dessus de nous.

Un premier rappel ponctué du frissonnant « Tiny Tears », un second entamé par un « If She’s Torn » dédié aux nombreuses femmes enceintes de l’assistance (cette chanson a été écrite en pleine grossesse de l’épouse de Stuart) et un « Goodbye Joe, éclairé par les flashes de plus en plus nombreux des anges au firmament.

Enfin, le déluge pouvait s’abattre, ainsi que nous tentions de rejoindre nos véhicules.

Qu’importe ! Bientôt, les Tindersticks seront de retour.

Tindersticks

(Organisation : Openlucht Theater Rivierenhof)

 

Francofolies de Spa 2013 : dimanche 21 juillet

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Sonnez au Roi, résonnez bals musette !
En ce jour National de couronnement altier, dernier du quintuple exercice de style qui me voit revenir inlassablement (quoique...) sur ces terres, trois noms se détachent du peloton dans un sprint final engourdi par la fatigue et la chaleur et dopé à la clameur de la liesse populaire.
God save the King !

Rapidement, le premier candidat au titre de concert du jour perd du terrain.

Axel Bauer est le prototype même du Poulidor musical.

Une carrière discrète, rehaussée de deux victoires d'étape en ont fait, à défaut d'une référence, au moins un nom.

Le « Cargo de Nuit » de 1983 (une année où nombre d'entre vous n'étaient même pas nés!) et une échappée en duo avec Zazie en 2001 pour « A ma place ».

Pour le reste, respecté dans le milieu, il n'en demeure pas moins un second couteau au parcours en dents de scie.

J'étais donc curieux de voir le bonhomme sur les planches.

Si les deux premiers morceaux devaient me laisser une impression honnête m'incitant à me pencher un peu plus sur sa discographie, force est de constater que la suite allait fortement me décevoir.

« Elle et SM » par exemple, écrite pour lui par Brigitte Fontaine manque de le faire choir dans le fossé du ridicule béant mangeant sa roue de devant, tandis qu’« Éteins la lumière » incite juste à munir Axel d'une lampe torche afin qu'il puisse voir les dangers d'une route sinueuse qui semble vouloir le happer au tournant.

Tel un vieux rocker qui veut sonner jeune (horrible!) et dont les gimmicks semblent piqués à Placebo, l'artiste, affable, y va de quelques joyeuses banderilles sur le couronnement Royal (‘Vous avez un roi !’ s'exclame-t-il, et personne dans l'assistance n'a alors le culot de lui rétorquer que ça fait quand même 182 ans que c'est le cas). Bauer et son groupe pataugent entre deux eaux boueuses et s'enlisent au long d'une heure de concert.

Pire ! Galvanisé par des applaudissements polis (mais loin d'être enthousiastes) du public, il s'obstine à faire durer les choses, maladroitement.

C'est que sa version de « Cargo d'ennui » tenait relativement bien la route sur la dernière ligne droite. Mais il a fallu qu'il revienne à la charge, contre l'avis des organisateurs et qu'il joue les prolongations inutiles de son morceau phare qui après avoir épuisé ses piles, n'éclairera même plus sa voie de garage.

Il est clair que je préfère avoir assisté à cette péripétie qu'à l'intronisation, la veille, de Quentin Mosimann en tant que roi des gueux, mais bon...

Amputé d'une marche, mon podium du jour voit alors se profiler le vainqueur haut la main.

À l'ombre, mais éclaboussant de leur lumière, les Stereo Grand vont durant une heure me convaincre de leur réel potentiel, déjà aperçu l'an passé.

Outre les singles du groupe (« Yeah Yeah » et « Stereo » un rien fédérateurs), une très convaincante reprise d'Archive (« F*** You ») et un « Buddy Fisher » qui rappelle Bowie et Arctic Monkeys à la fois, tous les titres présentés ce dimanche ont fini de me convaincre de la force de frappe de ces talentueux Belgo-écossais qui semblent avoir laissé de côté l'impact visuel et s'être recentré sur ce qu'ils font le mieux, à savoir d'excellentes chansons.

Et si le pantalon blanc du chanteur semble avoir essuyé pas mal de concerts récemment, ce côté un peu négligé leur sied à mon sens nettement mieux à présent.

Reste que pour juger de leur dauphin, il me faut traverser la ville en diagonale afin de rejoindre la grand place où se produisent, jugez vous même de l’éclectisme, Malibu Stacy avant... Les Gauff (au suc' de la région liégeoise) les infâmes Suarez et le Grand Jojo qui paré de sa toge de Roi du rire, devrait nous faire succomber à son irrésistible candeur de supermarché.

Pour leur dernier concert à jamais, les Visétois s'emparent donc du grand podium, et si je regrette d'avoir manqué la première moitié, je me réjouis d'assister à la seconde, car il est tout de même préférable de voir le fin du fin d'une fin en soi.

Ainsi, comme annoncée sur leur page Facebook, la setlist comprenait de beaux moments de bravoure comme « Sex In Malibu » ou encore « Los Angeles », leur reprise des Bangles (« Walk Like An Egyptian ») et en final, entre émotion retenue, remerciements divers et fournis et humour omniprésent, le furieux « General Thijs », le tout sous le regard attendri de Spiderman déguisé en fils du chanteur.

Un concert festif, un rien décalé, devant un parterre de gens pas tous venus pour eux, mais qui a assurément accentué le regret de les voir partir dans des aventures différentes.

Malibu Stacy, c'était quand même vachement bien. Mais voilà, Malibu a mis les bouts et nous on reste assis... Rêveurs et pensifs, en attendant la suite.

Mais certainement pas ici, où le reste des festivités risque de me donner la nausée.

En fait, j'ai fait le tour de la question.

Il ne me reste plus rien à voir, ni plus rien à boire, après ces cinq journées éprouvantes.

Même plus le courage de m'en aller voir Jean Lou Hallyday qui comme chaque année fait tanguer une tonnelle en bord de festival, chaque sacro Sainte soirée.

Non, pas aujourd'hui mon p’tit Lou, même si ça va faire mal ce soir...

Je m'en vais retourner dans mon royaume et reprendre mes esprits loin d'ici.

Organisation Francofolies

 

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