Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Cactus festival 2012 : dimanche 8 juillet

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Après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le festival, la veille, les organisateurs ont mis tout en œuvre pour rendre le site praticable, tout au long de la matinée du dimanche. Et franchement, le résultat est surprenant. De quoi leur tirer un coup de chapeau. Pourtant, en pénétrant dans l’enceinte, la plupart des spectateurs scrutent le ciel, en implorant peut-être Sainte Claire de leur épargner un remake de samedi. Et finalement, si quelques averses vont encore arroser le Minnewaterpark, au cours de l’après-midi, elles vont carrément cesser, en début de soirée.

On ne va pas trop s’attarder sur le set électro-pop-wave de Sx, alias Stefanie Callebaut, pour se pencher sur celui de Wovenhand. Dave Eugene Edwards a une carrière déjà bien remplie. Notamment au sein de 16 Horsepower. Notre prédicateur est soutenu par un nouveau backing group. Seul le drummer est toujours au poste. Plus de tabouret, de banjo ou de bandonéon, mais de l’électricité. Même les compos intimistes et sobres de son Ep, « Black of the ink » crépitent d’intensité électrique. Du rock pur et dur, mais rituellement aussi rude et sinistre, qui devrait alimenter son futur elpee. Un véritable orage sonore qui n’a toléré qu’une seule accalmie, « Kingdom of ice ». Epatant !

Un bain de soul/funk/r&b pour votre serviteur ! Pas vraiment ma tasse de thé, même si je dois reconnaître que le public est ravi de sa performance. Un paravent de plexi protège le drummer des vibrations produites par les musiciens, parmi lesquels le trompettiste et le saxophoniste se mettent particulièrement en évidence. Le show d’Aloe Blacc s’achève par « I need a dollar », que la foule reprend en chœur.

Blonde Redhead compte près de 20 années d’existence. A la barre les frères jumeaux Amadeo et Simone Pace, ainsi que Kazu Makino. Les deux premiers sont d’origine italienne, la vocaliste japonaise. Amadeo siège derrière les fûts, Simone et Kazu se partagent les guitares et les vocaux. Encore qu’au fil du temps, Simone a également recours aux bidouillages électroniques. Leur répertoire réunit une majorité de titres issus de leur back catalogue. Probablement les meilleurs. Ceux au cours desquels on pense le plus à Sonic Youth. A cause de cette électricité conflictuelle, bourdonnante, nerveuse alimentant des mélodies aventureuses, astucieuses voire extatiques. Le tout traversé par les vocalises acérées de Kazu ou celles plus fluides de Simone, et agité par les drums terriblement efficaces d’Amadeo. Dont la manière de tenir les baguettes est surprenante. De la main gauche, il frappe ses fûts, en glissant son stick entre le majeur et l’index. Le set est entrecoupé de morceaux plus ambient, presque trip hop et même d’une chanson réminiscente de Moby. Anecdotiques. Car le plus intéressant procède des compos les plus intenses, élaborées en crescendo, au cours desquelles Blonde Redhead est vraiment au sommet de son art…

Le succès d’Absynthe Minded a largement dépassé les frontières (?) de la Flandre. Faut dire que Bert Ostyn peut s’appuyer sur d’excellents musiciens. Mais aussi parce que son style jazzyfiant, swinguant, a été complètement digéré par la pop. Et le nouveau single « Space », en est certainement le plus bel exemple...

Quatre percussionnistes disposés à gauche et à droite de la scène, habillés de noir, un foulard rouge sur le bas du visage impriment le tempo. Ils ont chacun deux caisses à leur disposition et vont les marteler tout au long du set en cadence, un peu comme des automates. Croisant parfois leurs sticks en synchro. Ou les combinant avec la boîte à rythmes. Derrière, une toile de fond reproduit des motifs de peau féline (NDR : une panthère ?) Six gros spots illuminent la scène pour mettre en exergue le show des Kills, soit le guitariste Jamie Hince, tout de cuir vêtu, à la guitare, et Alison Mosshart au chant et régulièrement à la basse. Le set est percutant, teinté de glam (pensez à Garry Glitter voire à Adam & The Ants). L’énergie dispensée explosive. Alison déménage de long en large sur les planches. Parfois même lascivement. Une ballade quand même au cours de laquelle, elle va jouer du clavier. Mais en conclusion, un chouette show accordé par VV, Hotel et sa troupe…

Chris Cornell c’est avant tout le chanteur de Soundgarden, même s’il a sévi chez Temple of The Dog et Audioslave. Sans compter son aventure en solitaire. C’est d’ailleurs en solo qu’il se produit ce soir. En acoustique. Six grattes sont alignées derrière lui, de quoi lui permettre de ne pas perdre de temps à les accorder entre les morceaux. Il a toujours une superbe voix, puissante, vulnérable, languissante aussi. Et sa setlist est plutôt bien équilibrée entre les différentes époques de sa carrière. Il reprend même « Imagine » de Lennon (pas vraiment une réussite) et « A day in the life » des Beatles. Cette cover est par contre excellente. Il interprète également une ballade, en s’appuyant sur un piano, diffusé par une bande. Enregistrement immortalisé auprès d’une amie défunte… Dommage que son récital n’ait pas vraiment été programmé à la bonne heure. Plus tôt dans la journée, on aurait sans doute mieux apprécié…

C’est en compagnie de Black Dub que Daniel Lanois a accompli sa dernière tournée. Un backing group au sein duquel figurent le drummer de jazz, Brian Blade, le bassiste Daryl Johanson et la chanteuse/multi-instrumentiste Trixie Whitley (NDR : c’est la fille de Chris Whitley !) Outre sa notoriété forgée à la production (U2, Neil Young, Peter Gabriel et la liste est loin d’être exhaustive), Lanois est également guitariste et chanteur. Quand il en a encore le temps. Aussi, lorsqu’il part en tournée, il vaut mieux ne pas le manquer. C’est en formule trio que le groupe monte sur les planches. Pas de trace de Whitley, cependant. Mais comme elle se produisait vendredi au même endroit, elle viendra apporter sa collaboration aux vocaux sur deux ou trois morceaux, en cours de set. Les drums de Brian sont secs, arides mais percutants et déconstruisent littéralement les normes du blues et du rock. La basse de Daryl gronde et libère énormément de groove. Quant à la gratte de Daniel, elle est triturée à la manière d’un Neil Young. En outre, il possède une belle voix. Falsetto, éthérée, délicate même. Lanois se réserve un instrumental atmosphérique à la steel, simplement épaulé par le drummer. Les trois musicos sont de véritables virtuoses et vont nous offrir un superbe concert chargé d’une intensité électrique vivifiante et pourtant chargée d’émotion… Au cours du rappel, Lanois va nous interpréter son « Jolie Louise », en acadien… Ouf, aujourd’hui on a été épargné par la pluie. Et pourtant, à 1heure du matin, le site était à-moitié vide. Ou plein, selon…

(Organisation Cactus)

 

Ardentes 2012 : samedi 7 juillet

Flots incessants arpentant les sentiers longeant la Meuse, présences synthétiques et absences éthyliques, frénésies sacramentelles et dévotions païennes, averses météorologiques et canicules publiques, brèves de pissoir et traumatologies de comptoir, ce millésime ardent voit s’éteindre les dernières braises sur la plaine incandescente de la Principauté, avec dans le rétroviseur, un bilan de quatre jours en ces lignes fidèlement relaté…

Samedi 07 juillet

Les allures de routier en panties eighties et roubignoles zébrées de Big Moustache Bandits ne peuvent laisser indifférent. Tout comme le rock bariolé de Romano Nervoso préparé à la sauce spaghetti. L’efficacité est pourtant aussi au rendez-vous. Mais c’est dans la douce mélancolie de Dan San que s’évaporent les récentes émanations d’alcool ingurgité jusqu’alors.

Comme de subtiles bulles s’élevant dans le ciel on commence à bien connaître ces Liégeois au talent plus que confirmé en nos terres et sur le bord des frontières. Le public en tombe même sous le charme.

Absynthe Minded confirme tout son talent à travers un show héroïque (quelle présence !) et Joshua tout le foin que l’on fait autour d’eux.

Rappelés à l’ordre dans les Halles, par un Jonathan Wilson dont le folk daté ressuscite quelques souvenirs d’illustres aînés à peine envisageables et rhabille ces fantômes de parures bien plus enviables, on est distrait par le hype Pony Pony Run Run. Cependant, c’est The Experimental Tropic Blues Band qui allait distiller la première décharge véritablement électrique de la journée dans le corps évanescent de votre paire de chroniqueurs alanguis.

Salaces et sauvages comme des étalons en rut, les trois compères subjuguent une assistance pourtant rôdée à l’incandescence de leurs performances. Et ce malgré l’absence d’un Jon Spencer qu’on rêvait pourtant de voir s’acoquiner avec ses jeunes protégés.

Divine confirme son audace et la maîtrise de son flow, quant aux Brigitte, elles oscillent entre douceur (« Je veux un enfant ») et prise de risque maximale, se fendant de leur reprise de NTM quelques minutes à peine avant l’entrée d’un Joey Starr, plus star que Joey.

The Jon Spencer Blues Explosion se fend d’un set fidèle à ses préceptes plus punk que blues, et ce même si, ladies and gentlemen, le Bluuuuuuuuuues is number one.

En résumé, ce show était tellement bien fait qu’il est devenu ennuyeux à souhait. « Damage » comme Jon le dirait lui-même. Vraiment « Damage ».

Le moment fort de cette troisième journée sera sans conteste la performance certes tout en contrôle, mais parfaitement calibrée de Death In Vegas. Hypnotique et puissant, leur subtil mélange de rock et d’électro ne cesse de prendre forme physique tout au long cette heure de jeu, au cours duquel les hymnes « Dirge » et « Aïcha » se révéleront les moments forts de leur prestation.

50 Cent enfin assure plus que l’essentiel. Sa gouaille et un son professionnel jusqu’au bout des ongles vont mettre à genoux plus d’un curieux. Prouvant qu’être une superstar du rap US n’implique pas toujours l’aspect raclure, prétentieuse et je-m’en-foutiste. L’homme a pris du plaisir sur scène et est parvenu à captiver l’assemblée malgré les trombes d’eaux. Un joli pied de nez à celles et ceux qui se moquaient de la pertinence de sa présence aux Ardentes.

Le reste de la nuit se déclinera sur platines, entre Kavinsky, Mr Oizo, au rythme des fesses qui claquent et des cuisses qui s’entrechoquent.

Loin des envolées raffinées de leurs débuts respectifs, seul l’interlude sorti du film Drive offre un semblant de répit aux nombreux spectateurs venus assister à ce carnage auditif.

(Organisation Les Ardentes)

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Cactus 2012 : samedi 7 juillet

Écrit par

Ce samedi 7 juillet, le Cactus va se vivre au rythme des précipitations. D’abord éparses, elles vont finir par repousser l’affiche au second plan, rendant même la fin de la journée pénible. Faut dire que lorsqu’on est trempé de la tête aux pieds, malgré les parapluies et les kawés, on a plus vite tendance à chercher un abri pour se protéger des caprices du temps que de se concentrer sur un spectacle…

Et pour arriver au Minnewaterpark, c’est la galère. Les travaux du ring contournant Bruges m’ont conduit de l’autre côté de la ville. Moralité, je suis arrivé un peu tard pour assister aux deux premiers concerts. Tout d’abord celui de Kurt Vile & The Violators qui a ouvert les hostilités. Puis de Christopher William Stoneking, flanqué de son nouveau groupe, le Primitive Horn Orchestra.  

C’est donc par Low que le festival de votre serviteur a commencé. Un trio qui nous vient de Duluth, dans le Minnesota, un groupe au sein duquel militent mari et femme. Soit le guitariste Alan Sparhawk et la drummeuse Mimi Parker. Tous deux se partagent le chant et la composition. Le line up est complété par un bassiste, Steve Garrington (NDR : il glisse parfois aussi aux claviers). Il est présent depuis 1997. C’est le quatrième depuis les débuts de la formation. A l’origine, leur musique était qualifiée de slowcore. A cause du tempo indolent qui balisait la plupart des compos. Aujourd’hui ce tempo peut encore se révéler lent, mais également binaire, plus marqué ou même tribal, rappelant les Indiens d’Amérique. Et paradoxalement, c’est à cet instant que j’ai pensé à Neil Young. D’autant qu’il arrive à Alan de torturer sa gratte comme le Canadien, pour en sortir des tonalités abrasives, puissantes, si caractéristiques. Lors des titres les plus atmosphériques, on est comme suspendu dans un climat visionnaire, ténébreux, troublant, à peine perturbé par les chuchotements de leurs voix. Des voix en falsetto, limpides, susceptibles de se conjuguer délicatement en harmonie... Dommage qu’une partie des spectateurs soit restée plutôt indifférente à leur prestation, préférant tailler une bavette avec son entourage…

Le Zita Swoon Group a fait peau neuve. En fait, Stef Kamil Carlens aime se remettre en question. Il a ainsi décidé de frotter sa pop à la world. Et tout particulièrement la musique traditionnelle mandingue d’Afrique de l’Ouest. De cette rencontre est d’ailleurs né un album, intitulé « Wait for me », paru début de cette année. Sur les planches ils sont 8. Dont Stef (NDR : surtout à la gratte résonator), le balafongiste (NDR : un xylophone africain) Mamadou Diabaté Kibié et la vocaliste Awa Démé, ces deux dernier issus du Burkina Faso. Deux percussionnistes figurent également au sein du line up, dont une blanche particulièrement excitée sur ses fûts. Claviériste, bassiste, guitariste complétant l’ensemble. Le collectif va créer une superbe ambiance en se dépensant sans compter sur le podium. Vêtue d’une longue robe bleue, Awa possède une belle voix aérienne. Carlens excelle également dans ce domaine. Mais les échanges vocaux entre les deux artistes ne sont pas toujours très complémentaires. Probablement une question de rodage qui devrait se régler au fil de leurs concerts…

La pluie s’est remise à tomber. Et ce ne sont plus quelques gouttes éparses, mais une véritable rincée. C’est face à un public complètement trempé que Grant Lee Buffalo va se produire. Reformé en 2001, le trio yankee a toujours la pêche. Les sonorités produites par la guitare à douze cordes de Grant-Lee Phillips m’ont toujours impressionné. D’une gratte sèche électrifiée, il parvient à libérer des accords ‘fuzzy’ incroyables. Le trio joue avec la même urgence que s’il devait promotionner un nouvel album. Et pourtant, il privilégie les compos issues de « Fuzzy » (93) et « Mighty Joe Moon » (94). Un superbe set que j’ai dû abandonner, trempé jusqu’aux os… Pour me changer…

Il pleut toujours et une multitude de marres d’eau parsèment le site du Minnewaterpark. Black Box Revelation est un duo belge (guitare/batterie) qui jouit d’une réputation internationale. Il pratique une forme de blues/garage/rock dans la lignée des White Stripes et surtout des Black Keys. Le guitariste Jan Paternoster a enfilé une sorte de kawé semi-transparent orangé. C’est le seul artifice que se paie BBR. Pas de glamour, de tape-à-l’œil ou de show inutile. Simplement une musique qui prend aux tripes. En dispensant le plus de morceaux possible au cours du laps de temps qui leur est imparti. Voix râpeuse, riffs rageurs, percutants, drums solides et puissants, sans pour autant négliger le sens mélodique. Du bonheur pour celles et ceux qui raffolent de ce style de musique généreuse en décibels.

John Hiatt aura bientôt 60 balais. Ses chansons ont été reprises par une multitude d’artistes. Et pas des moindres. Jugez plutôt : Joan Baez, Eric Clapton, Joe Cocker, Ry Cooder, Willy DeVille, Bob Dylan, Dave Edmunds, Emmylou Harris, Jeff Healey, B.B. King, Nick Lowe, Iggy Pop, Bonnie Raitt, Linda Ronstadt, et j’en passe. A son compteur 18 albums studio et deux live. Son dernier, « Dirty Jeans and Mudslide Hymns », il l’a publié l’an dernier. Et pourtant, il va nous proposer un répertoire essentiellement puisé dans son back catalogue, ne concédant quelques morceaux de son dernier opus, « Dirty Jeans and Mudslide Hymns ».

Quand Yeasayer est monté sur l’estrade, une grande partie du public avait déserté le site. La formation new-yorkaise aurait mérité un meilleur sort. Mais la météo en a décidé autrement. Leur cocktail raffiné de world orientale, exotique, de néo psychédélisme et d’électro-wave 80’s aurait dû permettre à la foule de se dégourdir les muscles sur la plaine. Mais elle était devenue apathique. Le groupe va quand même nous réserver quelques titres de son prochain opus, « Fragrant World », des morceaux apparemment davantage plongés dans l’electronica. Un groupe passionnant à revoir dans de meilleures conditions, c’est une certitude…

(Organisation Cactus)

 

Ardentes 2012 : vendredi 6 juillet

Flots incessants arpentant les sentiers longeant la Meuse, présences synthétiques et absences éthyliques, frénésies sacramentelles et dévotions païennes, averses météorologiques et canicules publiques, brèves de pissoir et traumatologies de comptoir, ce millésime ardent voit s’éteindre les dernières braises sur la plaine incandescente de la Principauté, avec dans le rétroviseur, un bilan de quatre jours en ces lignes fidèlement relaté…

Vendredi 6 juillet

Une première salve de bon augure, sur le coup de quinze heures, en compagnie de BRNS (prononcez brains, pensez burnes), petite sensation déjà relevée de-ci de-là (et notamment aux ‘Heures Indé’) mais dont l’envergure semble considérablement s’élargir, au fil des mois.

Première surprise, mais de taille, ensuite. Un succès phénoménal attendait le jeune groupe local Kennedy’s Bridge, dont le quart d’heure de gloire promis par Andy Warhol s’est étendu tout au long de leur prestation énergique et enjouée, pour le plus grand plaisir des amis, familles et camarades de Lycée venus en masse les encourager.

Faudra quand même qu’on nous explique comment de telles jeunes pousses sont parvenues à acquérir une telle maîtrise et confiance en eux, en si peu de temps. Chapeau !

Après avoir vu les Halles de foire se transformer en Hall Of Fame, le temps d’un concert, la scène belge est encore à l’honneur en compagnie des surmédiatisés The Hickey Underworld avant qu’un trio hexagonal ne prenne le relais, à l’intérieur des murs encore moites de chaleur Juveniles.

Juveniles, c’est leur patronyme. Trois Bretons qui dispensent des airs fleurant bon une certaine pop teintée de noir. Et pourtant, ils transpirent l’été, le soleil et la bonne humeur. De quoi retaper les plus méchantes gueules de bois des festivaliers restés jusqu’alors de marbre.

De retour en ces lieux, dans une formule personnelle, Gaz Coombes ex-leader des regrettés Supergrass déçoit. Composé de chansons passablement mornes et sans relief, son répertoire semble déteindre sur le personnage lui-même.

Ce dont les fans de Marilyn Manson de plus en plus nombreux ne semblent avoir cure.

Amassés et agglutinés devant la grande scène, ils narguent le soleil sous leurs atours mortellement risibles.

Pendant ce temps, Great Mountain Fire est passé par là, comme du reste il passe un peu partout cet été.

Ed Kowalczyk nous rappelle que son nom est imprononçable. Mais aussi ses envolées lyriques horripilantes, copies conformes de son passé chez Live.

Et Twin Shadow prouve, quant à lui, sa transparente effervescence.

Booka Shade propose le même set live depuis deux ans. Manifestement le groupe est à bout de souffle. Housse de Racket surprend agréablement, malgré un début de parcours laborieux. Et ce redressement miraculeux va même sauver les Frenchies de la débâcle dont le concert s’achèvera en véritable apothéose.

La journée était placée sous la bannière de la jeunesse. La fratrie Carbon Airways, du haut de ses respectivement quatorze et quinze ans, impose son outrageuse maîtrise, tandis que Far East Movement fait tâche au sein de cette belle affiche.

En termes de pyromanie jouissive, Balkan Beat Box s’impose comme de sacrés allumés, et leurs performances comme d’immanquables frénésies musculaires. Le son des Baltiques, assené dans un cocktail explosif, c’est ce qui devait ravir l’ombre pesante de l’homme vivant dans le froid et le noir ou plus communément appelé Marilyn Manson qui s’apprête à prendre possession de la scène, non sans un retard de quarante cinq minutes, à peine prévisible. Prévisible comme son numéro de bête de foire, d’ailleurs.

Toujours aussi efficace, travesti de ses apparats grotesques de Freak (mention spéciale au micro déguisé en couteau), MM joue et surjoue de ses ficelles qui agitent les fidèles absolument absorbés par cette surenchère de mauvais goût parfaitement calculée, étudiée, et qui paradoxalement, en fait un produit de masse.

Cirque ambulant au devant comme à l’arrière de la scène, la caravane Marilyn Manson s’en est allée, laissant un parfum de souffre sur ses pas.

Enfin, The Magician était chargé d’enfiévrer une nuit, qui ne faisait que commencer.

(Organisation Les Ardentes)

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Ardentes 2012 : jeudi 5 juillet

Flots incessants arpentant les sentiers longeant la Meuse, présences synthétiques et absences éthyliques, frénésies sacramentelles et dévotions païennes, averses météorologiques et canicules publiques, brèves de pissoir et traumatologies de comptoir, ce millésime ardent voit s’éteindre les dernières braises sur la plaine incandescente de la Principauté, avec dans le rétroviseur, un bilan de quatre jours en ces lignes fidèlement relaté…

Jeudi 05 Juillet

13h, les portes s’ouvrent. Rendez-vous immanquable pour les mélomanes amateurs de houblon et de rencontres improbables. Le temps de déambuler sur les lieux, de déguster la première mousse et de discuter avec quelques vieilles connaissances croisées sur la route des saveurs (lieu de rencontres inopinées numéro un du festival liégeois) que les New Yorkais de Here We Go Magic, déjà remarqués lors de leur passage en 2010, allument les premières brindilles sous le toit en tôle des Halles, à l’aide de leur pop métissée. Ils laissent ensuite la place à School Is Cool, nouvelle coqueluche issue au Nord du pays. Ce band éveille un semblant d’intérêt auprès d’un auditoire encore parsemé et toujours assoupi.

Mais les premiers émois et frissons de cette édition seront réservés aux échines alignées devant le podium où se produit Birdpen. Envolées et lovées dans les cordes vocales de Dave, moitié cérébrale d’Archive, les chansons du combo prennent corps et habillent ces premières minutes d’une aura charnelle, prouvant au passage que ce projet a l’étoffe de ses ambitions. Malheureusement, après ces quelques minutes prometteuses, on redescend vite, trop vite, sur terre. Dressant le tableau d’une coquille vide, jolie certes, mais une simple coquille abandonnée dans une nature morte.

Les compos de Sallie Ford & The Sound Outside s’égrènent sur la plaine du Parc Astrid, avant que celles somme toute classiques et dénuées de toute fulgurance de Shearwater ne déçoivent quelque peu. Même podium que Birdpen, même public, même semi-déception.

Au contraire d’un Maverick Sabre bien dans ses bottes et dont les accents soul titillent les tripes (hop).

Charmante et drôle, touchante et fraîche, Soko attire les curieux et régale ses fans, tandis que les premières averses se transforment aussi vite en déluge et trempent la foule au point de gâcher l’entrée en matière d’Edward Sharpe & The Magnetic Zeros.

La première claque (et quelle claque !) éventre le ciel lors du passage remarqué des Warpaint, croisées quelques minutes plus tôt aux côtés de Soko, en apogée de son set. Un son, une présence, une prestation qui définitivement, lance les hostilités.

The Ting Tings est en grande forme. Le duo boute le feu au paysage marécageux dessiné par l’orage de début de soirée. Débordant d’énergie, ce set rend le sourire à des festivaliers pris en tenaille entre certitude et incertitude du temps. « Shut Up And Let Me Go », incontournable, non contourné, incontrôlable machine à danser, ainsi que d’autres hymnes assénés par le groupe mancunien ravissent le public bien compact.

Mais dans les Halles, l’ambiance prend une consistance métaphysique, dès l’apparition de Patti Smith. Immuable égérie du Punk et prêtresse du Rock, la grande dame distille son répertoire (puisé essentiellement dans au sein de son dernier elpee) et mue l’émotion en particules d’air palpables. Un frisson universel caresse la foule recueillie à ses pieds. Au summum de sa forme, elle gratifie le public liégeois de nombreuses poignées de main sur fond d’un « Gloria » tout droit sorti du paradis. Déjà un des moments forts de cette édition.

The White Lies ne parvient pas à gommer toute trace de scepticisme à l’égard d’un show certes d’une grande maîtrise mais incapable d’éviter le piège du romantisme nauséeux, à l’instar du dernier opus, se contentant du minimum syndical. Le temps d’errer brièvement sur l’allée des saveurs, dans le vague espoir de se sustenter, et se profile l’enchaînement infernal.

Dionysos a déjà débuté son concert exalté et ô combien enflammé, et abreuve les fans de son nectar.

La grande interrogation du jour viendra ponctuer de trois points de suspension dubitatifs après la performance d’un Morrissey, certes hautement professionnelle, mais d’un ennui profond. Fidèle à lui-même, Big Mouth ne choisit pas l’évidence et se concentre sur les recoins obscurs de son répertoire plutôt que sur ses hits solo ou issus de la gloire des Smiths.

Allant jusqu’à livrer ces derniers comme une vulgaire aumône au parterre de fans transis par la pluie mais réchauffé dans leurs cœurs.

L’extrémiste végétarien de Manchester ne parviendra jamais réellement à convaincre l’assemblée. La faute à une météo digne du cap Horn et à son indéniable orgueil.

Reste l’indéniable présence et l’incroyable voix de ce monstre sacré, à qui, finalement, on s’habitue de tout pardonner.

Se clôture alors cette première journée dans l’ambiance endiablée de Caravan Palace et de son jazz manouche balayé de rythmiques électro, véritable remède à la morosité pour tout qui veut se laisser emmener, à l’exception de vos deux chroniqueurs chéris préférant de loin les bras musclés de Morphée aux accords chaloupés de ces Django du dancefloor.

(Organisation Les Ardentes)

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100% Silk Tour 2012 (L.A. Vampires) : mercredi 30 mai

Écrit par

Ce mercredi 30 mai, l’Ancienne Belgique faisait la fête au label 100% Silk. Une structure encore relativement confidentielle au vu du nombre de mélomanes ayant effectué le déplacement, mais menée d’une main de maître(sse) par Amanda Brown. La tête pensante des labels Not Not Fun et 100% Silk a réuni quatre de ses poulains (Magic Touch, Ital, Maria Minerva et Peaking Lights) avant de clôturer les festivités par son propre projet, LA Vampires.

Arrivée tardive, pas de Magic Touch pour votre serviteur, malheureusement. A l’heure de pénétrer au sein de l’ABClub, l’antre du label 100% Silk pour un soir, ce sont les beats d’Ital qui tapent fort, tandis que le bonhomme se secoue dans tous les ses sens au-dessus de ses manettes. Des baffles s’échappent des sons deep house auxquels on se serait volontiers abandonnés s’ils ne souffraient pas de l’usage excessif d’effets que Daniel Martin-McCormick, aka Ital, martèle par-dessus la couche la plus excitante de ses compos. Celles-ci évoquent largement les morceaux qui étayent « Decade », le nouvel Ep à tendance House du duo post-punk de San Francisco, Mi Ami, dont McCormick représente l’hémisphère électronique. Le DJ assène une bonne demi-heure de beats ravageurs mais un peu mal à-propos un mercredi soir à l’ABClub, devant une salle remplie à la moitié de sa capacité. Un lieu comme le Fuse aurait été tout à l’avantage du jeune homme et de son set assourdissant.

A peine une petite dizaine de minutes après la fin de la prestation de son prédécesseur, Maria Minerva prend place sur l’estrade. Rien d’exceptionnel dans la disco pop de la jeune Estonienne dont la voix ne dégage rien de plus transcendant. Calée devant l’écran qui diffuse des montages insipides en noir et blanc, Minerva interprète ses morceaux avec la grâce d’un caneton estropié. Timing parfait pour aller s’en jeter une à l’extérieur.

Peaking Lights, estampillé ‘special guests’ ce soir, est un duo de bidouilleurs de pop électronique. Indra Dunis se réserve le micro tandis qu’Aaron Coyes se charge de créer des paysages sonores en adéquation avec la voix de sa comparse. Manifestement les plus attendus de la soirée, Peaking Lights enchaînent les morceaux de leur nouvel opus intitulé « Lucifer », en manifestant un flegme qui va de pair avec la nonchalance estivale des nouvelles compos. Contrairement aux deux projets qui l’ont précédé, le couple propose de vraies mélodies au potentiel hautement hypnotique.

Un peu à la manière d’Amanda Brown, dont le concept L.A. Vampires, auquel est venu se joindre ici Octo Octa, referme la marche. Ensemble, ils présentent « Freedom 2K » un Ep collaboratif goth-house hautement addictif. Dans la salle, ne reste plus que quelques quidams motivés, à l’image de Brown qui sautille inlassablement sur ses morceaux. Complètement décalée, la jeune entrepreneuse s’amuse malgré un parterre relativement clairsemé. Elle parvient sans trop de difficultés à entraîner dans ses farandoles les enthousiastes des premiers rangs, avant de les inviter à monter sur le podium auprès d’elle. Elle prévient : ‘on filme tout pour un reportage, si la caméra s’arrête sur vous, continuez à danser comme si de rien n’était’. Mais elle ne devait craindre aucune inhibition de la part d’un public belge enivré par les beats ensorceleurs de son projet ‘LA Vampires by Octo Octa’. Un excellent final.

Magic Touch + Ital + Maria Minerva + Peaking Lights + LA Vampires

(Organisation : AB)

 

Les Nuits Botaniques 2012 : samedi 19 mai

‘Un rêve blanc et aérien’: une phrase qui décrit parfaitement le concert accordé par Charlotte Gainsbourg et Connan Mockasin, au Cirque Royal. ‘Blanc’ tout simplement parce que la scène est décorée par une série de panneaux blancs et la tenue de tous les musiciens est immaculée. ‘Aérien’ car la musique est légère, acidulée, portée par les voix fragiles des deux protagonistes principaux.

On remarque le rôle, important, pris par l'artiste néo-zélandais dans le projet de Charlotte. Mockasin est bien plus qu'un collaborateur ; il marque de son empreinte la tonalité de toutes les chansons et se réserve même deux de ses propres compositions.

Mais reprenons le fil de la soirée. C'est par "Terrible Angels", tiré de "Stage Whisper", que commence le spectacle. Le choix de placer cette chanson, caractérisée par ses accents électro, en lever de rideau, est discutable. Nous aurions préféré qu'elle figure en fin de parcours et serve d’apothéose. Mais ne boudons pas notre plaisir ; même jouée 'à froid', elle n'en reste pas moins une excellente compo, d'une modernité remarquable!

Après cet OVNI électro, Charlotte aligne une série de titres plus 'classiques', embrassant différentes périodes de sa carrière. A l’instar de "Greenwich Mean Time" et "Me And Jane Doe" (« IRM »), "Jamais" (« 5:55 ») et même le très rétro "Ouvertures Eclairs", que Charlotte présente comme ‘un morceau composé par son père, il y a 25 ans’.

Charlotte est comme d’habitude très discrète, voire même maladroite comme quand elle laisse tomber son micro sur l’estrade ou qu'elle avoue avoir oublié son instrument de percussion. Mais ces petites faiblesses ne font qu'ajouter à son charme fragile et naturel. Elle a aussi gagné en assurance vocalement, tant en justesse que dans l'étendue de son timbre. Tranquillement, assise sur un tabouret ou debout les mains dans les poches, elle nous berce de sa voix douce. On pense tour à tour à Suzanne Vega, Heather Nova ou encore Bat For Lashes, sans oublier, bien sûr, la référence à Jane Birkin.

"All The Rain" vient ensuite nous rappeler que  le dernier elpee recèle de véritables pépites. "Got To Let Go" en est un autre exemple, marqué par la référence à Nico et au Velvet Underground, mais Mockasin ne parviendra que partiellement à y reproduire la voix très ‘Reedesque’ de Charlie Finck.

Après un "Heaven Can Wait" efficace, Charlotte s'installe à la batterie pour accompagner Mockasin sur une première compo du blondinet des antipodes: "It's Choade My Dear", issu de "Forever Dolphin Love". Affichant un look angélique, Mockasin nous emmène dans son univers onirique, baigné par la douceur tropicale. Sa voix est suave et les sons de sa guitare émeraude, tout en chorus et flanger, réverbèrent des accents hawaïens. Charlotte reprend sa place devant pour attaquer, en toute logique, "Out Of Touch", la chanson que Mockasin lui a écrite, celle qui ‘leur a permis de se rencontrer’.

"Time for a cover", annonce Mockasin ! Et c'est parti pour une longue reprise d'"Ashes To Ashes" de David Bowie. Un moment marquant du concert, au cours duquel Charlotte se débrouille plus qu'honorablement au xylophone.

"Forever Dolphin Love" est une seconde chanson très psychédélique prélevée au répertoire de Mockasin et le band achève sa prestation par le très vintage "Dont Forget to Forget Me", également signé, il y a 25 ans, par Serge Gainsbourg.

En guise de rappel, Charlotte interprète le superbe "Memoir", écrit en compagnie de Conor O’Brien, avant d'enflammer la salle grâce à un très funky "Paradisco", un hit potentiel dû au génie de Beck.

Les lumières se rallument. Dommage, pas de trace de morceaux comme "Anna" ou "White Telephone" de "Stage Whisper" ou de titres plus anciens tels "The Song That We Sing", sur la setlist. On comprend la grande complicité qui existe entre Charlotte Gainsbourg et Connan Mockasin ; mais c'est pour voir Charlotte que les spectateurs ont payé leur ticket. Il convient de le rappeler...

Quoiqu'il en soit, le public est enchanté, aux anges même, d’avoir pu assister à un concert rêvé en blanc, flottant dans un univers intimiste, aquatique et mélancolique. Un concert tout en douceur, à pas feutrés... Encore une histoire de mocassins... (P.B.)

Regardez ici l'interprétation du dernier morceau du concert : "Paradisco": 

Charlotte Gainsbourg et Connan Mockasin

(Organisation: le Botanique)

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Avant-dernière soirée pour les Nuits Botanique. Une édition particulièrement réussie, il faut le souligner. Ce soir, alors que le Chapiteau va vibrer sous une pluie de décibels propulsée par la formation courtraisienne Goose, dans le Grand Salon, l’ambiance sera bien plus paisible. Et pour cause, s’y produiront Peasant et Siskiyou, soit le projet de l’artiste insulaire Damien De Rose et celui de deux Canadiens, réunissant un ex (Colin Huebert) et un actuel (Erik Arnesen) membre de Great Lake Swimmers.

Le Salon est à moitié rempli ou vide, selon, pour accueillir Peasant. Le groupe s’installe au milieu de la salle. Damien De Rose, est soutenu par un bassiste et un drummer. Pas de guitariste ; il a été récemment victime d’un accident. Le set s’ouvre par quelques compos issues du nouvel elpee, paru en avril dernier, « Bound For Glory ». Puis le backing band se retire pour laisser la place à De Rose. Il interprète plusieurs morceaux, en s’accompagnant uniquement à la gratte acoustique. Quoique fluette, sa voix est bien maîtrisée et étonnante. Mais son récital manque de punch, et peu à peu, l’auditoire sombre progressivement dans l’ennui. Heureusement, en fin de parcours, son backing band refait surface. De quoi sauver les meubles d’un set finalement guère transcendant.

A 21h, Siskiyou prend le relais. Signé sur le label montréalais Constellation, le groupe avait publié un excellent second opus, il y a quelques mois. Fondé à Vancouver, le combo s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la nouvelle scène canadienne. Pas pour rien que ses influences oscillent d’Arcade Fire à Silver Mount Zion en passant par Great Lake Swimmers. Ce qui n’est pas étonnant en ce qui concerne la bande à Tony Dekker, pour les raisons évoquées dans l’intro. Outre ses deux leaders, Siskiyou a entraîné dans sa tournée deux autres musicos. Et pas des manchots. D’ailleurs, ce sont tous des multi-instrumentistes à la technique impressionnante. Passant notamment de la gratte au banjo, de la basse au mélodica ou encore, et à plusieurs reprises, des drums à la guitare, sans la moindre difficulté. Sans oublier les vocaux qu’ils maitrisent à merveille. Et quand ils se conjuguent en harmonie, on en attrape la chair de poule. La setlist est constituée de titres issus du dernier elpee, « Keep Away The Dead » ; mais tout au long du concert, Siskiyou va avoir le bon goût d’alterner titres plus ‘expérimentaux’ et chansons davantage mélodiques, à l’instar des splendides « Fiery Death » et « Revolution Blues ».

Et si ce deuxième acte s’est déroulé devant un auditoire presque vide, les quelques personnes présentes au set de Siskiyou n’ont pas regretté le déplacement. Que du bonheur !!! (B.)

Peasant + Siskiyou

(Organisation Botanique)

 

Les Nuits Botanique 2012 : vendredi 18 mai

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Les organisateurs nous proposent une affiche très éclectique ce soir! Elle propose des talents confirmés, comme, par exemple, Absynthe Minded mais aussi des découvertes intéressantes, particulièrement Rover.

C'est Roscoe qui monte le premier sur les planches dans un Chapiteau déjà bien rempli. Il faut dire que le premier album de ce groupe belge ("Cracks") est en 'heavy rotation' sur PureFM et de nombreuses stations de radio. En toute simplicité et sans fioritures, les musiciens vont installer une ambiance très calme et douce, une pop aérienne élégante et remarquablement bien arrangée. En termes d’influences, on citera The National, Tindersticks, Coldplay (période acoustique) ou encore Elbow. Les musicos ont un look très nature et jouent sur scène de façon très décontractée. Notons que, par moments, l'intensité montera d'un cran, particulièrement pendant "Things To Solve", un brûlot dont les accents sont empruntés à Muse. Pour le reste, on retiendra surtout l'excellente interprétation du hit "Ennemies", mais aussi du magnifique "Moment Of Grace". C'est en effet un moment de pure grâce que nous a offert ce combo très attachant! Regardez ici un extrait de leur interprétation d'"Ennemies". (http://youtu.be/rNZed7H3DMw )

Mais il est temps de changer de salle pour aller voir Rover dans l'Orangerie. Egalement un poulain de l'écurie Pias, Rover a suscité un 'buzz' important, principalement suite à l'impressionnant showcase privé donné à l'Archiduc de Bruxelles. Nombreux étaient ceux qui étaient impatients de découvrir ce ‘nouveau Bowie’. Français expat' répondant au nom de Timothée Régnier, il a littéralement enchanté son auditoire. Tout d'abord, il y a son look unique. Un visage de gros bébé joufflu un peu espiègle, des cheveux en bataille et un gabarit taillé dans une armoire à glace. Mais c'est surtout sa voix qui étonne. Aussi à l'aise dans les graves que les aigus, son timbre évoque en effet Bowie, mais également Dylan et Matthew Bellamy (Muse), tout en révélant d'emblée une très forte personnalité artistique.

La musique est le fruit d’un mélange torturé et hypnotique entre folk et rock, plongé au cœur d’une ambiance mélancolique et un peu sombre. Le premier morceau est interprété seul à la guitare mais ensuite, il est rejoint par une formation complète et des petites perles telles que "Queen Of Fools" ou "Aqualast" acquièrent ici une dimension nouvelle. Entre deux chansons, il confesse adorer jouer en Belgique. ‘Je me sens un peu Belge: j'aime la vie...’ Une fan crie alors ‘... et les frites!’ ; ce à quoi Timothée répond avec humour: ‘Ca se voit!"’ en référence à son imposant gabarit...

Plus tard, Rover s’assied derrière le piano pour interpréter en solitaire une magnifique version de "Silver". Le concert se termine ensuite de la meilleure manière, grâce un "Tonight" très énergique. Au vu des réactions enthousiastes du public, on peut dire que Rover a fait mouche! Ce 'grand corps sensible' est bien parti pour devenir un 'grand' tout court et nous pourrons dire que nous avons assisté à ses débuts! Regardez ici "Tonight", un superbe moment! (http://youtu.be/TyrvLjhb2yg)

Pendant ce temps-là, sous le Chapiteau, Stereo Grand, un groupe belgo-écossais, assure de jolie façon la transition entre Roscoe et Absynthe Minded. Stereo Grand réunit des musiciens issus d'univers aussi différents que le métal, le rock, la pop et la techno. Evoluant au sein d’un univers pop-rock électro, il me rappelle Bowie (encore) mais aussi Oasis, Radiohead ou encore Daan. Jean-Philippe Risse, le 'frontman' a d'ailleurs un petit côté Daan, vu son look : lunettes noires, costard et pantalon blanc. Rodger Hughes, l'Ecossais de la bande, est un multi-instrumentiste talentueux et l'ensemble du collectif est d'un très bon niveau. L'ambiance générale est assez festive et c'est bien évidemment leur hit "Yeah Yeah", tiré de leur premier Ep "I'm Coming Home", qui aura le plus d'impact sur le public. Voyez l'enregistrement vidéo ici. (http://youtu.be/aSDU1M977JY) Au vu des inédits interprétés, notamment "Invisible Room", on est impatient de découvrir leur premier album, qui devrait sortir dans les prochaines semaines.

Un rapide coup d'œil dans l'Orangerie pour assister à la fin du concert d'Ewert and The Two Dragons, quatre Estoniens qui proposent des compositions pop-folk chaleureuses et entraînantes, une sorte d'indie-folk. Leurs cheveux blonds et leurs yeux très clairs leur confèrent une physionomie bien nordique. La musique évoque Hothouse Flowers et donne envie de découvrir leur nouvel opus : "Good Man Down".

Il est 22 heures et sous le Chapiteau, c'est l'heure de la tête d'affiche, Absynthe Minded, un groupe belge au talent déjà bien confirmé, qui vient présenter son nouvel album: "As It Ever Was". On remarque immédiatement cinq imposantes lampes de photographe disposées au dessus de la scène. L'ambiance est électrique et l'on sent bien que la foule très compacte est venue pour découvrir le nouveau spectacle de ce prodige de Bert Ostyn.

Après une intro électro aux sonorités arabisantes, le groupe déboule sur scène pour interpréter leur mélange si particulier de rock aux accents manouches, voire même jazz. Les influences vont de Led Zeppelin à Frank Zappa et la voix de Bert, cristalline, évoque tour-à-tour Bob Dylan ou Tom Petty. Mais ce qui fait surtout la signature du groupe, c'est l’utilisation d’instruments acoustiques (violon, contrebasse…) et un son carrément vintage, voire lo-fi, comme sur le très gypsy "Crosses". "Picture In A Frame" baigne au cœur d’une ambiance bluesy et on pense au "Moon Of Alabama" des Doors: fun! On passe ensuite à l'excellent "Envoi", caractérisé par son riff à la Dylan.

Le son est parfait et le public réagit très bien, même si Bert est un showman relativement discret. Sur "Plane Song", le son devient plus 'heavy' et, juste pour me contredire, Ostyn se fend même d'un solo de guitare au bord de la scène. Place ensuite au nouveau single, "Space", qui s'ouvre par une ligne mélodique au piano immédiatement reconnaissable: un hit assuré! Regardez ce moment dans la vidéo. (http://youtu.be/FFwR01rX95Y) "End Of The Line" est tout aussi immédiat et le concert se termine sur la plage titulaire du dernier elpee. Le groupe reviendra pour jouer deux chansons en rappel et clôturer une prestation en tous points exemplaire. Absynthe Minded est au sommet de son art et ce sont les absents (les Absynths?) qui ont eu tort!

Un dernier tour du côté de l'Orangerie pour les deux dernières chansons du concert de Revolver, un groupe français très sympathique, qui propose des mélodies aux accents rock, pop et folk. Fait intéressant, la présence d'un violoncelle, qui communique une note davantage romantique aux morceaux plus calmes. Justement, la musique en live est, semble-t-il, plus musclée, plus énergique que sur disque ; et si on se réfère à la fin du concert, le groupe a réussi à mettre une très bonne ambiance, comme en témoigne la vidéo du dernier morceau, leur hit "Wind Song". (http://youtu.be/Ya0ef0Hi9uw)

Ainsi se termine une excellente soirée, illuminée par la musique de formations très attachantes: à nouveau une programmation impeccable de Paul-Henri Wauters et son équipe. Le Bota, t'es beau, toi!

(Organisation Botanique)

Roscoe + Stereo Grand + Absynthe Minded (Chapiteau)

Rover + Ewert + The Two Dragons + Revolver (Orangerie)

 

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