Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Pias Nites 2013 : samedi 16 février

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Une fois de plus, le label et distributeur belge Play it Again, Sam) investissait Tour & Taxis pour ses [Pias Nites]. Suivant la formule qui semble avoir fait ses preuves, le vendredi était réservé à l’électro et le samedi au pop/rock. Pari gagnant, puisqu’en début de semaine, toutes les places prévues pour le second jour étaient déjà écoulées. Il faut dire que les organisateurs avaient mis le paquet en programmant, notamment plusieurs de leurs fleurons, dont Jason Lytle, Balthazar et Alt-J…

Samedi, l’ambiance s’annonce plus détendue. A l’instar des éditions précédentes, l’affiche est alléchante. Néanmoins, on se demande quand même comment les songwriters vont parvenir à chauffer le public, dans un espace aussi imposant que celui de Tour & Taxis. Contrairement à la veille, il n’y a qu’une salle ouverte. Ce qui explique le début des hostilités fixé à 18h. Une certitude, cependant, le public a surtout effectué le déplacement pour assister aux sets de Jason Lytle, Balthazar et Alt-J. 

D’ailleurs, lorsque Champs ouvre le bal, l’auditoire est plus que clairsemé. Issu de l’île de Wight, la formation insulaire vient défendre son premier elpee. Mais difficile de jauger leur pop/rock lors d’une prestation limitée à 30 minutes, surtout quand elle est accomplie devant aussi peu de monde…

Lord Huron, alias Ben Schneider, prend le relais. La salle commence tout doucement à se remplir. Le Californien est entouré de son backing group. Sculpté dans le folk, son set est essentiellement puisé au sein de son premier elpee, « Lonesome Dreams ». Et il ne manque pas de charme. Malheureusement, le public est toujours aussi distrait…

Andy Burrows est une figure de proue du rock insulaire. Membre fondateur de Razorlight, il y a sévi comme drummer, de 2004 à 2009. Et milite au sein de We Are Scientists, depuis. Il se consacre également à de multiples projets, en parallèle. Dont le dernier, implique Tom Smith, des Editors. Mais c’est en solitaire qu’il se produit ce soir. Et sa pop, finalement, ne manque pas d’allure. Seule la configuration des lieux ne semble pas adaptée à ce style de récital.

Ce n’est véritablement vers 20h45, que la soirée à véritablement commencé. Pas pour rien que lorsque Jason Lytle monte sur l’estrade, la salle est presque comble. Après s’être illustré, lors de l’édition 2012 du Pukkelpop, en août dernier, l’ancien leader des regrettés Grandaddy est de retour sur une scène belge pour présenter son nouvel opus : « Dept. Of Disappearance ». C’est un rituel, lorsqu’il monte sur les planches, le Californien est coiffé de son inséparable casquette. Il est accompagné d’un musicien. Les deux artistes se plantent derrière leurs claviers et vont nous distiller une pop atmosphérique, réminiscente des grandes heures de Grandaddy. La superposition des nappes instrumentales est bien sentie et la voix de Lytle toujours aussi suave, mais la foule semble toujours aussi amorphe…

Balthazar prend le relais. Le combo courtraisien jouit d’une solide notoriété en Belgique, surtout au Nord du pays ; et pas seulement depuis la sortie de leur dernier opus, « Rats ». Ca se voit et ça s’entend. Dès leur arrivée sur le podium, les acclamations fusent. Le set est bien en place. Les morceaux de leur dernier long playing s’enchaînent. Les interventions des guitares et du violon virevoltent. Les rythmiques sont percutantes. Et miracle, le public commence enfin à se réveiller. Bref un très bon concert, pour lequel certains mélomanes n’ont pas hésité à oser la comparaison avec dEUS voire The last Shadow Puppets… et ces références semblent justifiées.

Vers minuit, la tête d’affiche entre en scène. Mais paradoxalement, la révélation de l’année 2012, n’est pas encore réellement parvenue à convaincre en ‘live’. Que ce soit au Pukkelpop ou à l’AB. Les Anglais sont donc attendus au tournant. Pourtant, dès le début de leur show, on se rend compte que le groupe n’aura aucun mal à conquérir un public entièrement voué à sa cause. Leurs tubes (d’une grande efficacité) s’enchaînent : « Mathilda », « Breezeblocks », … La combinaison du lightshow et du son est parfaite. Alt-J réalise un sans-faute. Les mauvaises langues leur reprocheront sans doute une trop grande rigueur et par conséquent un manque de folie. Je le reconnais, les morceaux sont joués exactement comme sur l’album. Mais lorsque l’on voit l’enthousiasme manifesté par le public, on en conclut que l’important est sans doute cette satisfaction collective… de vivre un bon moment.

(Organisation Pias)

 

Les Transardentes 2013 : samedi 26 janvier

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Pour sa sixième (et oui déjà) édition, le pendant hivernal et électro des ‘Ardentes’ avait mis les petits plats dans les grands et nous avait concocté une affiche plutôt alléchante, du moins sur papier. Pour celles et ceux qui l’ignorent, le festival se déroule dans quatre salles, synonymes de quatre styles et ambiances divergeant fortement. La plus grande fait la part belle à la ‘drum’n’bass / dubstep’ (Pyramid), une autre se veut ‘house’ (Sphere), la troisième fait honneur à la techno (Cube) et la petite dernière peut être vue comme un terrain de jeu pour jeunes talents, belges de préférence (Redbull Elektropedia). Au niveau des artistes présents, on notera l’effort conséquent des organisateurs de faire revivre (un peu) le mouvement techno, quasiment absent lors de l’édition précédente, effet de mode dubstep oblige.

Premiers pas sur le site sur le coup de 22 heures et premier constat, c’est grand, c’est jeune et ça sue déjà à pleines gouttes. Sans réelles attentes avant d’assister au set de Stephan Bodzin, j’oscille inlassablement entre les différents espaces scéniques deux heures durant, le temps de tendre l’oreille aux sonorités frénétiques de Kölsch, aux hymnes dubstep des Dirtyphonics et, enfin, aux derniers morceaux choisis par la ‘révélation’ Wankelmut. Ce dernier, (trop) sûr de lui, n’hésite pas à balancer un… Sean Paul pour conclure sa prestation au grand étonnement du public…

Drôle de manière d’annoncer Bodzin. Ce dernier embarque directement son audience dans un voyage envoûtant et déconcertant, jouant constamment avec nos sentiments. Visiblement dans une excellente forme, le Teuton passe aisément du coq à l’âne tout en gardant une totale maîtrise de son sujet, sujet d’une cohérence exemplaire.

Le temps défilant à une vitesse impressionnante, il est déjà trop tard pour assister au live de Disclosure (pourtant dantesque, selon les spectateurs qui avaient opéré un crochet via la Sphere Room) et je dois me dépêcher pour rejoindre la talentueuse Maya Jane Coles. A l’image de sa carrière, le set de la jeune anglaise monte en puissance, une deep house qui vous prend aux tripes et force vos membres fatigués à danser, sourire béat flanqués sur les lèvres et paupières mi-closes. Nul doute que cette demoiselle reviendra hanter vos nuits de clubbing durant les prochains mois, il ne peut en être autrement.

Chemin inverse pour la dernière escapade de la nuit, une heure trente en compagnie du fondateur du label Systemic, j’ai nommé Marc Romboy. Il va délivrer une prestation à la hauteur de sa réputation : carrée, cohérente et agrémentée de turbines étonnamment harmonieuse ; un beau pied de nez à tous ceux résumant la techno à un ‘boom boom’ répétitif et chaotique.

Au final, ces Transardentes sont à placer sous le signe de la réussite tant au niveau de la programmation que de l’engouement du public qui, à nouveau, avait répondu présent à hauteur de 12 000 personnes.

On pourrait néanmoins regretter une signalisation approximative, un vestiaire chaotique et le manque de respect généralisé du festivalier lambda, passé une certaine dose d’alcool dans le sang ; mais ce serait alors bouder son plaisir et chicaner sur des détails.

(Organisation Ardentes)

 

Concours-Circuit 2012 (finale Pop/Rock) : samedi 15 décembre

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La finale du Concours-Circuit se déroulait ce samedi 15 décembre au Botanique de Bruxelles, occupant alternativement l’Orangerie et la Rotonde. Et si ce n’était pas sold out, le public était quand même conséquent. Deux ans plus tôt, Kiss & Drive, alias Elisabetta Spada avait fait l’unanimité au sein du jury. Vu le nombre de concurrents inscrits (plus de 150 !) qui ont dû se départager lors des différentes éliminatoires, on pouvait espérer savourer une nouvelle belle découverte…

Il revenait à Soumonces (Le Roeulx) d’ouvrir les festivités. Les ‘Soumonces’ comme nous le rappelle le leader avant de commencer le set, sont des manifestations folkloriques qui débutent plusieurs semaines avant le carnaval, dans la région du Centre. Elles se déroulent au cours des mois de janvier et février. Les plus connues, sont celles de Binche. La prestation du quatuor est largement improvisée et ne proposera qu’un seul titre d’une trentaine de minutes. La panoplie d’instruments utilisés est impressionnante, aussi bien organique, technologique qu’insolite : guitare, basse, batterie, flûtes, harmonica, mélodica, accordéon miniature, cor de chasse et tutti quanti, sans oublier les multiples pédales de distorsion. En outre, le leader vocalise plus qu’il ne chante et joue –le plus souvent– de la guitare à l’aide d’un archet. On pense parfois au Floyd de Syd Barrett, à Sigur Rós ou encore à Gorky’s Zygotic Mynci, toutes proportions gardées. C’est extrêmement créatif, orignal, atmosphérique, psychédélique, noisy, etc., mais on ne sait pas trop où leur musique nous mène. Peut-être nulle part, finalement…

He Died While Hunting est un duo qui nous vient de la capitale. Il pratique une forme de folk electronica minimaliste bien dans l’esprit du label Morr Music. En début de parcours, deux figurants s’installent sur une chaise à chaque extrémité du podium, l’un coiffé d’un masque de hibou et l’autre de cerf. Ils s’asseyent ensuite sur le bord du podium, avant de s’éclipser, dès la fin du deuxième morceau. La musique de H.D.W.H. se veut champêtre et repose essentiellement sur deux grattes et un tas de gadgets électroniques. Un peu de xylophone et deux caisses de drums aussi, que l’un des protagonistes utilisera lors du dernier morceau. Le plus dynamique et celui qui permettra à la formation de finir sur une bonne note. Car si les deux musicos se partagent le chant, les harmonies vocales manquent de limpidité. Et si leur musique atmosphérique se révèle plutôt rafraîchissante, elle souffre surtout de sa forme, un peu trop monocorde…

Vu leur patronyme, Billions of Comrades (Tubize) ne pouvait que drainer de nombreux aficionados. Formation atypique, B.o.C. se singularise par la présence d’un vocaliste dont le timbre et les inflexions vocales sont carrément empruntées à Robert Smith (The Cure). Un personnage qui se sert en même temps d’un pupitre plutôt futuriste, responsable de sonorités particulièrement synthétiques et de beats percutants. Mais paradoxalement, leur musique lorgne surtout vers Rage Against The Machine, The Rapture voire T.V. on The Radio. Le point fort du groupe procède manifestement des interventions tintinnabulantes, chatoyantes, du guitariste (pensez à Kyp Malone). Quoiqu’original, l’ensemble manque encore d’homogénéité, un peu comme si les musiciens n’avaient pas encore totalement digéré leurs propres influences…

Encore un duo : Two Kids on Holiday. Le drummer est excellent, notamment dans l’amplitude de son jeu ! Il porte de longs cheveux et son look collerait parfaitement à un groupe de métal ‘old school’. Le claviériste joue de profil. Il utilise des synthés plutôt vintage et ne cesse de balancer son corps d’avant en arrière, comme s’il voulait ‘se faire’ son instrument (NDR : merci Nico pour la réflexion !) Manifestement sa voix est bien timbrée, mais il la massacre à travers un micro astatique. Le set est énergique, parfois vindicatif, mais manque de liant. Faut dire qu’essayer d’intégrer le drumming d’un métalleux à Orchestral Manœuvres in The Dark, est un pari audacieux !

Et en finale, For24lives (La Louvière) m’a paru le groupe le plus soudé. Leur set a certainement été le plus convainquant et mature. Techniquement les instrumentistes sont doués. Un quatuor qui réunit un drummer/xylophoniste, un bassiste et deux ‘sixcordistes’. Pas de temps mort. Beaucoup de relief dans leurs compos et de conviction dans leur interprétation. Mais pas de chanteur. Ben oui, For24lives est responsable d’une sorte de post rock, mâtiné de prog, voire de math rock, comme Mogwai le pratiquait, il y a plus de dix ans. Bref, si leur prestation était excellente, leur musique n’est plus dans l’air du temps…

Résultat des courses, le jury, composé de professionnels du secteur de la musique et de journalistes, a longtemps délibéré pour finalement attribuer le premier prix à Billions of Comrades et le second à Two Kids on Holiday. Votre serviteur participait également aux débats ; et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est pas dégagé d’unanimité pour désigner les lauréats. Ce qui explique sans doute pourquoi, de nombreux prix alternatifs ont été partagés entre les différents candidats. Et comme il y a 4 et 6 ans, je demeure très sceptique sur le futur parcours des finalistes. J’espère cependant me tromper…

L'ensemble du palmarès sera publié sur le site www.concourscircuit.be dès ce lundi.

Voir aussi notre section photos ici

Autum Falls 2012 : jeudi 29 novembre

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Les saisons se suivent et se ressemblent. Ainsi, l’Autumn Falls en est déjà à sa troisième édition.

Programmation éclectique et qualitative aux quatre coins de Bruxelles avec en toile de fond, une réelle collaboration entre les salles de la capitale.

De l’AB au Botanique, en passant par l’Atelier 210 et le VK, cette tournée des grands ducs opère un détour via le Magasin 4, un crochet par la Maison des Musiques et se réserve le pousse-café chez Madame Moustache, le tout entre le 26 novembre et le 2 décembre. Et s’apprécie tout autant pour son imposante affiche que pour son esprit d’indépendance.

Lancé par Toutpartout, agence de Booking et organisatrice de concerts dans le Benelux, ce festival doté du don d’ubiquité se révèle une des valeurs sûres parmi les événements de fin d’année.

Tandis que Luis Vasquez et ses deux acolytes traversent l’opaque écran de fumigènes et s’installent sur scène, le bruit continue de courir… Il se propage, telle la poudre, jusqu’au cœur de l’auditoire…

Nombreux sont ceux qui attendent impatiemment The Lumerians. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux attendent toujours le combo, à l’heure où vous lisez ces lignes.

D’autres plus courageux se sont déplacés dès le lendemain à Charleroi. Mais de concert bruxellois, il n’y aura pas.

Le groupe étant arrivé sur le coup de vingt heures trente comme sur celui de la déception.

Trop tard pour s’installer, sentiment que la frustration ne manque pas de faire, aussi bien dans les rangs du band, de l’organisation, que du public.

La faute à un incendie dans le tunnel joignant l’Ile Britannique à notre Vieux Continent.

Soupir las, que quelques sanglots longs volés à Verlaine ne pourraient adoucir, mais n’y voyez aucune facétie, tout au plus une espièglerie de notre amie la lune dont le disque phosphorescent baigne ce soir la nuit, comme un clin d’œil à l’affiche de ce soir.

Flash sur la scène, où The Soft Moon entend avec bravoure cisailler l’air de ses bruissements d’ailes aux relents très, très dark.

Le show est homogène, dense, monolithique et à vrai dire… chiant.

Les morceaux se succèdent, se déchaînent, la voix s’étrangle dans ces petits cris répercutés en échos lointains, gimmicks finalement lassants qui sont une des marques de fabrique du sieur Vasquez.

Le spectacle ( ?!?!?) va durer quarante cinq minutes tribales. Rappel compris.

Quarante-cinq minutes certes intenses, forgées dans le feu glacial et circulaire de ce revival eighties qui fait fureur de nos jours.

Une prestation qui ne souffre aucune critique et qui pourtant me laisse de marbre.

Peut-être la faute à cette guitare trop discrète ou tout simplement à la conjoncture des planètes ?

Quoi qu’il en soit, alors que « Want » tire un dernier trait de lumière crépusculaire derrière un voile de brumes abrasives, je m’enveloppe sous ma cape pour me préserver de ce mortel ennui.

The Soft Moon

(Organisation Toutpartout)

 

Autumn Falls 2012 : jeudi 29 novembre

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Quatre longues années que le crooner suédois, Jens Lekman, n’était plus passé par le Botanique. En septembre dernier, il a publié un nouvel opus intitulé « I Know What Love Isn't ». Il fait suite à un Ep, baptisé « An Argument With Myself », paru en septembre de l’année dernière. Et c’est dans le cadre du festival ‘Autumn falls’ qu’il se produisait, ce jeudi 29 novembre, à l’Orangerie.  

La première partie a été assurée par Raven & Chimes. Hormis le fait que le leader du groupe new-yorkais, Asher Lack, soit le fils de l’acteur et peintre canadien Stephen Lack, on ne s’attardera pas trop sur leur set, tout bonnement anecdotique.  

La frêle silhouette de Jens Lekman se profile sur l’estrade. Il est accompagné d’un batteur, d’un pianiste, d’une violoniste et d’une bassiste. Le Scandinave annonce d’emblée qu’il est malade et que son concert sera de brève durée. De toute évidence, il a le teint pâle, à la limite cadavérique. Ce n’est donc pas un mensonge.

Il entame sa prestation par quelques titres issus de son nouvel elpee. L’instrumentation y est plus sobre que sur le précédent long playing. Et, difficile de nier l’évidence, il a la crève. Malgré son état de santé, son timbre fragile est toujours aussi irrésistible. Sa voix me fait d’ailleurs parfois penser à Jonathan Richman. Ce véritable crooner a, en outre, le don de marcher constamment sur un fil ténu séparant humour décalé et extrême mélancolie. Et il parvient constamment à conserver l’équilibre. Ce grand romantique nous raconte des histoires qui vont droit au cœur. Son backing group tient parfaitement la route. Le lutin de Göteborg nous réserve ses nombreux hits, dont les inévitables « Black Cab », « Maple Leaves » et « The Opposite of Allelujah ». L’auditoire est clairsemé, mais apprécie le set dont les cordes, les mélodies contagieuses et les nombreux samples peuvent évoquer Belle and Sebastian. Quoiqu’affaibli, Jens parle énormément à son public. Après avoir fait le tour de son répertoire, il quitte la scène en promettant de revenir bientôt, pour un spectacle de plus longue durée. Il a cependant le courage de revenir pour un rappel. Il y interprète alors le grandiose et très drôle « A Postcard to Nina ». Pour un type souffrant, il s’est quand même bien tiré d’affaire. Faut croire que lorsqu’il pète la forme, il fait un véritable tabac…

Jens Lekman + Raven & Chimes

(Organisation Toutpartout)

 

Autum Falls 2012 : mercredi 28 novembre

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Les saisons se suivent et se ressemblent. Ainsi, l’Autumn Falls en est déjà à sa troisième édition.

Programmation éclectique et qualitative aux quatre coins de Bruxelles avec en toile de fond, une réelle collaboration entre les salles de la capitale.

De l’AB au Botanique, en passant par l’Atelier 210 et le VK, cette tournée des grands ducs opère un détour via le Magasin 4, un crochet par la Maison des Musiques et se réserve le pousse-café chez Madame Moustache, le tout entre le 26 novembre et le 2 décembre. Et s’apprécie tout autant pour son imposante affiche que pour son esprit d’indépendance.

Lancé par Toutpartout, agence de Booking et organisatrice de concerts dans le Benelux, ce festival doté du don d’ubiquité se révèle une des valeurs sûres parmi les événements de fin d’année.

Accueillis, engloutis même par une bête rampante au souffle râpeux, la horde dont votre serviteur fait partie, s’abandonne d’abord aux rites païens d’un félin aux mœurs décalées.

Si le ‘Dark Folk’ de Kiss The Anus Of A Black Cat s’accommode fort bien sur disque de beats martiaux subtilisés à une certaine ‘Cold Wave’ pornographique (au point parfois de se payer la « Figurehead » du Cure millésime 82), et si l’homogénéité de l’ensemble campe sur une solide mais froide ossature, force est de constater un ennui certain qui fige l’assistance.

Noyés sous les fumigènes et éblouis par un light show violent en arrière-plan, le groupe semble tout aussi guindé, à l’exception de son leader au regard transperçant.

Un rendu puisant mais pas tout à fait convaincant de l’imprononçable « Weltuntergangsstimmung », sorti cette année.

Quelques manœuvres entre la scène et les coulisses plus tard, nous sommes plongés dans une obscurité plus noire que… le trou de cul d’un chat.

L’atmosphère se drapant de la singulière discrétion de Lower Dens, groupe à l’image tellement effacée qu’elle en devient translucide.

Pour qui se souvient, le terme ‘Shoegaze’ a été créé inventé, à l’aube des années 90, par la presse insulaire. Une presse qui s’était montrée peu tendre à l’égard de cette attitude, se moquant ouvertement du manque total de jeu de scène de ces groupes dont la principale préoccupation était de regarder leurs pieds (pour mieux s’y retrouver dans ce fatras de pédales d’effets, étalées sous leur nez).

Et bien, Lower Dens pousse le concept encore plus loin, puisqu’il est nécessaire de manifester la plus grande des attentions, pour apercevoir un seul de leurs pieds…

Le reste des corps se gardant bien de sortir de la pénombre où ils se terrent timidement.

Certes, Jana Hunter, tête pensante du groupe, n’a pas le physique qui lui permet les plus audacieuses frasques ; et sans doute que sa garde-robe devrait faire fuir des légions entières de mites à la vue d’une telle austérité aux accents mormons.

Du coup, celle-ci, tapie derrière un clavier et sa guitare dans le coin le plus reculé de la scène donne corps aux chansons par la seule présence de sa voix.

Et c’est bien là que réside toute la force de ce groupe.

Invisibles, à peine habillés par quelques projections projetées en arrière-fond, ils délivrent le charme de leur musique, distillant le plaisir pur, par le biais de leur unité sonique.

Nulle mise en scène, quelques remerciements bredouillés du bout des lèvres, mais une présence de tous les instants.

Sans esbroufe, ce groupe placé exactement à l’opposé de Muse sur le spectre de la grandiloquence, reproduit avec application les morceaux de ces deux excellents albums.

S’offrant parfois sous un nouveau jour, osant parfois l’écart (le dissonant « A Dog’s Dick » qui clôture ici cette soirée très zoophile), toujours présent, même dans cette quasi-absence.

Une prestation qui définit les contours d’un groupe complètement flou, à entendre plus qu’à voir.

Kiss The Anus Of A Black Cat + Lower Dens

(Organisation : Toutpartout)

 

Crossing Border 2012 : dimanche 18 novembre

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Les barrières culturelles érigées par les hommes sont parfois aussi hautes que stupides. Et vouées aux mêmes lois de gravitation que les amas de gravas façonnés par leurs mains.

Dans cet esprit, rencontre-t-on encore quelques éclairés ou éclaireurs, pour braver l’obscurité de telles aberrations et emmener dans leurs sillages, une foule de déserteurs, rebelles face au manichéisme ambiant.

Le Crossing Border Festival, sans s’ériger en fer de lance d’une rébellion socioculturelle, affiche néanmoins l’ambition de brasser large en termes de culture, et permet au public de s’immerger au sein d’une atmosphère pluridisciplinaire oscillant de l’écriture aux arts visuels, en passant par la musique. Et bien entendu, en proposant une parfaite symbiose entre ces Arts, se transforme ultimement en voix criant une même soif d’expression(s).

S’installant au cœur de la métropole anversoise depuis quatre années, cet événement se scinde l’espace d’un long week-end.

Une frontière invisible et discontinue, comme un fil, reliant La Haye aux confins de l’Escaut. Une frontière dressée afin d’être franchie avec enthousiasme.

L’Arenberg est un magnifique théâtre et l’endroit idéal pour de telles festivités. Situé au centre d’Anvers, son architecture mêle habilement modernisme et académisme. Pas étonnant qu’il abrite pareille manifestation.

Gravissant deux à deux les marches qui mènent aux étages, je repère furtivement le nom des différentes salles où se déroulent, ce dimanche, les différentes prestations.

Direction le ‘Continental Upstairs’ où les Anglais de Toy semblent déjà occupés de lézarder les murs de cet espace semi-ouvert. Pétarade joyeuse entre Kraut, Psyché et Shoegaze, ce groupe semble avoir enfourché une bécane diabolique dont le pot d’échappement éructe et vocifère en s’engouffrant dans les abysses de l’enfer. Pour une première apparition en nos terres, ces jeunes pousses décident d’ériger un mur du son entre le public et eux. Pas forcément le bon choix, car en ces lieux, le son est brouillon et beaucoup, beaucoup trop puissant, pour en deviner les mélodies assassinées. Si adrénaline et potentiomètre dans le rouge peuvent en effet stimuler les neurones, ici, le résultat est accablant. Trop fort, éreintant, la puissance libérée n’a malheureusement pas servi ce band, auteur pourtant d’un des meilleurs albums publiés en 2012. A revoir dans d’autres circonstances.

Pas le temps de soigner nos tympans saignants, direction la Zona Rosa, où ce soir Spiritualized s’installe devant un parterre assis, mais déjà acquis à la cause de son leader charismatique, j’ai nommé Jason Pierce. Dans l’enceinte de ce théâtre dessiné en demi-cercle, bordé de hautes loges, les premières notes de « Sweet Jane », extrait du dernier album en date (« Huh ? »), enveloppent l’espace ; et bientôt, c’est une secousse frénétique et psalmodique qui virevolte dans l’air, avant de retomber dans l’« Electicity » ambiante. Stroboscopes et projections murales, montées et descentes fulgurantes ; oui, encore une fois, sous l’égide de Jason, ‘Ladies and gentlemen, we’re floating in space’. S’il est difficile d’entrer de plein pied dans ce type de concert, une fois nos séants si foutrement bien installés, force est de constater l’indéniable talent de Mr Pierce à communier avec lui. Et quand quelques bribes de « Can’t help falling in love with you » transparaissent, nimbé d’une aura Gospel par le chœur bicéphale situé dans le dos de celui-ci, un frémissement parcourt l’échine de chaque mélomane présent au sein de l’auditoire. Et standing ovation pour saluer cette performance.

Il faudra se passer de Hannah Cohen. C’est le seul bémol de ce festival. Faute de place et de don d’ubiquité, il faut parfois faire fi de toutes ses envies et choisir minutieusement les artistes que l’on souhaite voir, si on ne veut trouver porte close.

 Une petite soupe plus tard, First Aid Kit s’installe dans le club de Ville, au rez-de-chaussée.
Ambiance feutrée pour ces deux Suédoises aux allures ‘brontëennes’. Fidèles à elles-mêmes, déclinant leurs tristes complaintes sur un ton enjoué. Folk et si fleuri, qu’on s’attend à chaque instant à voir débouler sur l’estrade Laura Ingalls. Succès public incontestable.

Mais mes pas, mes yeux et surtout mes oreilles n’ont guère envie de s’attarder au sein de cet univers. Promenade au marchandising puis passage au bar d’urgence, et nous sommes invités à écouter un épisode croustillant de la vie sexuelle de Viv Albertine. L’ex-Slits se charge de lire en toute décomplexion un des épisodes les plus troublants de son parcours sentimental.

James Fearnly est venu faire la promo de son livre. Il consent à faire quelques révélations au sujet de son aventure vécue chez les Pogues. Manifestement, le comportement disloqué de Shane McGowan a ruiné bien des espoirs et trop souvent sapé le moral des troupes. Néanmoins, lesdites révélations ne nous apprennent rien de bien neuf ; mais face à un tel déballage, on est pris d’un léger malaise. Sans doute faudra-t-il en lire davantage pour se faire une idée plus précise de cet épisode.

Bref, l’heure tant attendue est arrivée. Je vais enfin pouvoir comprendre tout le bien qu’on dit de Poliça. A sa tête, Channy, joli minois mais surtout organe épatant. Tout en évitant d’en remettre deux couches, elle pose le spectre de sa voix sur des rythmiques sournoises et absorbantes, qui doivent autant au funk qu’aux expérimentations binaires. La belle de Minneapolis a (stupide jeu de mot !) de quoi alimenter les conversations autour des Polls de fin d’année. Envoûtante, et hybride, la musique de ce groupe qui selon la rumeur compterait Prince et Jay- Z parmi ses fans inconditionnels, réinvente la Pop mais aussi le R’n’B et en fournit une version neuve ; ce qui révèle quand même un sacré tour de force. Assurément groupe à suivre, à voir et revoir. Ça tombe bien, ils seront sur les planches de l’AB, ce 19 mars 2013. D’ici là, leur LP « Give You The Ghost » pourrait se targuer d’avoir changé la face du monde.

Et pendant ce temps, Gaz Coombes peine à susciter l’attention d’un public très clairsemé. Triste constat pour l’ex-Supergrass, dont la Pop devenue mièvre et pâle, n’émeut plus grand monde aujourd’hui.

C’est sous les envolées de violon d’Andrew Bird que s’est achevée cette édition du Crossing Border Festival, qui d’année en année, s’impose comme un rendez-vous incontournable.

(Organisation : Crossing Border en collaboration avec l’Arenberg Schouwburg)

 

Les Inrocks 2012 : vendredi 9 novembre

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Il est 19h30, et on dénombre encore moins de monde qu’hier à l’Aéronef. Heureusement, tout comme la veille, la salle va se remplir progressivement, n’atteignant cependant, en fin de soirée, que les deux-tiers de sa capacité. Faut dire aussi que l’affiche ne propose pas de hype comme The Vaccines. Tant pis ou tant mieux, on aura ainsi tout le loisir de faire des découvertes.

The Bots est un duo californien (NDR : de Los Angeles, très exactement) qui réunit deux frères, Mikaiah en Anaiah Lei. Le premier, c’est le plus jeune. Il est âgé de 15 ans et se réserve les drums. Le second en à 18. Il se charge de la guitare et accessoirement des bidouillages, à l’aide d’un mini-pupitre (NDR : c’est la mode !) Le plus amusant dans l’histoire c’est que si le batteur arbore une coiffure digne de Jimi Hendrix, c’est le gratteur qui semble hanté par le ‘sixcordiste’ mythique. La prestation est solide, mais Anaiah n’utilise pas suffisamment ses grosses cordes, comme Jack White. Et le résultat est bien trop aride pour vraiment convaincre. Moralité, il leur faudrait un bassiste… On épinglera quand même la performance de l’éclairagiste qui est parvenu à communiquer une impression de flamme aux rampes verticales du  light show. …

La jeune chanteuse Natalie Bergman et son frère Elliot, multi-instrumentiste, forment l’ossature de Wild Belle, une formation chicagolaise qui pour sa tournée à engagé un drummer, un bassiste et un claviériste/guitariste plutôt doué. C’est d’ailleurs souvent ce dernier qui va marquer la prestation de son empreinte. Mais on ne peut pas dire que les autres vont lui emboîter le pas. Blonde, Natalie est très jolie. Elle a une voix très douce, mais elle est mortellement statique. Son frère Elliot, joue aussi des claviers et du saxophone. Il a de très longs cheveux et des lunettes fumées, mais ce n’est pas John Helliwell. Encore que lors des premiers morceaux, j’ai parfois eu l’impression de replonger dans l’univers le plus pop de Supertramp. Ce n’est qu’en milieu de parcours que le band va enfin trouver sa vitesse de croisière, en dispensant une forme de reggae/dub bien plus convainquant. M’enfin, pas de quoi fouetter un chat, même sauvage…

Willy Moon, alias William Sinclair, est néo-zélandais. Il est né à Wellington, mais vit à Londres depuis quelques années. Son look est stupéfiant. Sa taille impressionnante. Costard noir en tergal, chemise blanche, il a les cheveux gominés. Il possède une voix de crooner très fifties. Et ce soir, il est accompagné d’un drummer, d’un préposé au (large) pupitre et d’une guitariste. Vêtue de noir, le pantalon hyper moulant, Marlies Dekker affiche une beauté mystérieuse, sensuelle, lunaire (?!?!), presque gothique. Sa guitare est par contre de couleur blanche. Tout un jeu de contrastes qui sied bien à leur musique, fruit d’un mélange improbable entre rockabilly et hip hop. Encore que ce hip hop soit dispensé de manière très judicieuse voire parcimonieuse. Au cours de son set, Willy nous propose une version plutôt malsaine de son hit, « Yeah Yeah », et puis un cover du célèbre « I put a spell on you » de Screaming Jay Hawkins. Confortant mon idée que ce show est quelque part hanté par les Cramps. Bref, la bonne surprise de ce festival et un artiste que je retournerai certainement voir en concert.

Michael Kiwanuka est chanteur/compositeur britannique. Sur scène, il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il est soutenu par un backing band extrêmement solide et talentueux. Il possède une voix remarquable. Taillée pour la soul. Et de soul, il en sera question tout au long de son set. Même quand il reprend le « May this be love (waterfall) » de Jimi Hendrix, musicien qu’il cite volontiers comme source d’inspiration. Encore que Bill Withers et Otis Redding me semblent des références plus évidentes chez cet artiste. Quant aux interventions rognées de l’orgue du claviériste, elles nous renvoient manifestement chez Booker T. Ce sont d’ailleurs les moments que j’ai le plus appréciés. Au vu de la réaction du public, les amateurs du style ont sans doute dû avoir vécu un concert de rhythm and blues, sous sa forme la plus pure. Mais difficile d’accrocher quand on est peu réceptif à la soul… (Setlist : « I’ll get along”, “Tell me a tale”, “Worry walks”, “Bones”, “May this be love”, “I’m getting ready”, “Rest”, “New tune”, “Home again”, “If you’d dare” + “Extra song”)

(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)

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