L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Les Nuits Botanique 2012 : vendredi 11 mai

Chaque année, les Nuits Botanique proposent, au sein de la programmation, un projet création. Pas de rencontre avec le Mons Orchestra cependant en 2012, mais un concept qui y ressemble fort. En l’occurrence le concert de Dominique A, soutenu d’un collectif de 9 musiciens, dont un quintet à vent, soit l’équipe qui a participé aux sessions d’enregistrement de son dernier album, « Vers les lueurs ».

En fait en montant sur les planches, Dominique nous explique immédiatement que le show sera divisé en deux parties. Une première au cours duquel il va se produire en formule trio pour interpréter son elpee « La Fossette », puis après un entracte, une seconde réservée aux compos de son dernier opus.

Le Cirque Royal n’est pas sold out, mais bien garni, pour accueillir se spectacle. En fait, le parterre concentre le public debout, et l’enceinte (pas le balcon pratiquement vide !), l’auditoire assis. En général, il est aussi le moins jeune…

Lors de ce premier acte, Dominique Ané (NDR : vêtu de noir) est uniquement épaulé par Thomas Poli à la guitare et aux synthés ainsi que le pianiste/accordéoniste Nicolas Méheut. Il revisite ainsi son deuxième long playing (NDR : pas son premier, c’était « Un disque sourd »), dans l’ordre du trackslisting, un exercice de style d’une durée de 45 bonnes minutes, qu’il va opérer de manière un peu moins austère et minimaliste que sur ce disque paru 20 ans plus tôt. A l’instar du tango électrique « Va t’en », de « Mes lapins » et de « La folie », tout en crescendo. Mais de ce tracklisting, on épinglera bien sûr, toujours, le merveilleux « Le courage des oiseaux »…

Pour ce deuxième volet, le quintet à vent s’installe sur des chaises hautes, au fond de l’estrade. Quatre préposés se consacrent à la flûte, à la clarinette, au saxophone et au hautbois. Une au basson. Poli s’installe de nouveau à gauche, pour assurer la gratte et les bidouillages. Derrière lui, Sébastien Buffet prend place à la batterie et à droite, c’est David Euverte en personne (l’arrangeur) qui siège derrière les ivoires ; mais on le voit de dos. Et du même côté, mais au-delà du piano, Jeff Hallam (on ne voit parfois que sa tête) se charge de la basse et de la contrebasse (NDR : probablement une double basse, puisqu’il va s’en servir, épisodiquement, comme d’un violoncelle, à l’aide d’un archet).

Le set s’ouvre par « Contre un arbre », comme sur l’album « Les lueurs » et déjà on sent que l’osmose entre le groupe, le quintet à vent et le piano est parfaite. Le son est limpide mais fort ! Le lightshow est sobre. Cinq carrés sont placés au-dessus de l’équipe et reflètent des lumières chaudes et douces. Mais leur mouvement me fait penser aux enseignes lumineuses des grandes villes. Le morceau « Quelques lumières » nous rappelle le thème central du dernier opus. Et « Ostinato », le goût de Dominique pour les valses lentes. Lorsqu’il s’attaque à « Parce que tu étais là », il s’arrête après quelques mesures. Il juge la compo insoutenable et la reprend à zéro, confessant qu’il ne recommencera plus. Dominique parle peu. Remercie souvent son public et sort de temps à autre une petite vanne, sans plus. Il est même très étonné quand une partie de la foule commence à entonner un ‘Joyeux anniversaire’ (NDR : il est né le 6 octobre 1968 !) Dominique garde constamment une certaine distance entre lui et ses autres collaborateurs. Phénomène de scène ? Son début de carrière en solitaire ? Probablement ! Mais cette remarque a aussi une signification artistique. On est en présence de Dominique A et d’un backing group.

« Vers le bleu » et surtout « Close West » se révèlent plus rock, plus percutants. La basse gronde. Les drums claquent et les guitares crépitent. Lorsqu’il ne gratte pas sa guitare, Dominique balance le bras droit avec élégance et en mesure. Que ce soit à la basse ou à la contrebasse, Jeff ne tient jamais en place. C’est même une véritable pile électrique. Il reprend son bastringue pour aborder le paso doble « Loin du soleil ». Place à « J’entends des cris ». Une angoisse commence à nous envahir, lors de cette chanson dont le final est littéralement déchaîné. Et « Mainstream » titre bonus du dernier essai ne l’est pas moins. Il y une violence intérieure chez Dominique et une puissance inouïe, qu’il met au service de superbes mélodies. Une valse lente, en l’occurrence le douloureux « Ce geste absent », et le tourmenté « Rendez nous la lumière », plus tard, on passe aux plats de résistance. Tout d’abord « Possession », un morceau hypnotique », intense, au sein duquel on ressent à nouveau cette angoisse monter. Splendide ! C’est le moment choisi par Dominique pour interpréter « Le convoi », ce long titre annonciateur de l’apocalypse qui s’élève en crescendo, pour s’achever dans un final épileptique et étourdissant, le quintet à cuivres accentuant même l’intensité du morceau. L’apothéose ! Les cinq musicos se retirent alors sous les acclamations nourries des spectateurs. « Par les lueurs », également dernier titre de l’album, achève la prestation. Une compo mi-ambient, mi shoegaze, destinée sans doute à faire redescendre la pression.

Lors du rappel, A revient tout d’abord uniquement en compagnie de Nicolas Méheut à l’accordéon, pour concéder le bouleversant « Le sens ». Puis Sebastien, Poli et Jeff les rejoignent sur l’estrade et nous balancent quelques titres plus décapants, plus rock si vous préférez, dont « En secret » et « Le métier de faussaire ». Belle ovation, sauf d’une partie du public assis, qui semble cloué sur sa chaise. La chaleur probablement ! Qu’importe, les nombreux aficionados sont ravis. Dominique A rappelle tous ses musiciens pour saluer la foule, bras dessus-bras dessous. Tout bonnement, un spectacle lumineux ! (B.D.)

(Organisation Botanique)

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Dominique A (Cirque Royal)

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Triple affiche de très haut niveau dans le chapiteau du Bota, où les organisateurs ont programmé trois groupes aussi variés qu'intéressants : Milagres, Great Mountain Fire et The Rapture.

Les cinq New-Yorkais de Milagres sont les premiers à monter sur l’estrade devant un public assez clairsemé. Emmené par le chanteur Kyle Wilson, Milagres (‘miracle’ en portugais) propose des chansons intimistes et planantes aux sonorités tantôt électro, tantôt plus acoustiques. Dès les premiers morceaux, "Here To Stay" et "Lost In The Dark", la référence à Coldplay s'impose, mais la musique rappelle également Elbow, The National ou Arcade Fire. Les musicos ont un look très discret et affichent un comportement très réservé sur scène. Aucun effet particulier, toute l'attention est concentrée sur la musique et la création d'une atmosphère. La plupart des morceaux sont tirés de l'excellent dernier opus du groupe, "Glowing Mouth". "Gone" baigne dans les accords saccadés d'un Fender Rhodes et rappelle Supertramp. Le suave "Gentle Beast" cède le relais à "Halfway" ; probablement, leur morceau le plus personnel. "Fifty Fourteeners", extrait de l'elpee "Seven Summits", séduit par sa rythmique hypnotique. Après le très calme "To Be Imagined", Milagres clôture son set par la plage titulaire de leur dernier elpee. Imprimée sur un tempo relativement lent, la chanson se développe et atteint son point culminant lorsque Kyle Wilson exécute une véritable prouesse vocale (Regardez ce moment unique dans la vidéo ici ).  ‘Merci Beaucoup’, conclut Wilson avant de quitter la scène. Dans l'ensemble, on est un peu resté sur sa faim, à cause du manque de présence et d'énergie en ‘live’ ; mais Milagres est un groupe dont on devrait certainement reparler dans le futur!

C'est ensuite au tour des Bruxellois de Great Mountain Fire (GMF) de monter sur les planches. Ils sont un peu les 'chouchous' des organisateurs ; et pour cause, programmés deux fois aux Nuits, ils sont proposés comme représentants au Printemps de Bourges. Il est vrai que leur premier opus, "Canopy", a fait l'effet d'une bombe dans le microcosme musical belge. Après un concert sold-out à l’Orangerie fin 2011, c'est donc en terrain conquis et ‘à domicile’ que la formation se produit, ce soir. L'ambiance monte clairement de plusieurs crans dès les premiers morceaux. Au contraire de Milagres, GMF déborde d'énergie sur scène. Dans une ambiance à la fois disco et funky, les compositions sont originales et complexes laissant une grande place à la section rythmique. Ils imposent un univers contrasté qui évoque Metronomy, M83 ou Franz Ferdinand, mais révèle une identité propre très attachante. Les morceaux-phare de "Canopy" se succèdent et l'interprétation est impeccable: "If A Kid", "Cinderella" ou encore "A Gypsy Father" sont efficaces à souhait. Un inédit, "Sudden Hush", fait forte impression et sur "Crooked Heart", le claviériste vient au devant de la scène pour frapper comme un malade sur un tom, pour le plus grand bonheur du public qui accorde au band un accueil enthousiaste. Une surprise ensuite. En l’occurrence une reprise de DEVO, "Jerkin' Back 'n' Forth" ; et pour finir, un second inédit "The Ark". Impressionnant ! En résumé, un excellent concert accordé par un combo qui respire la joie de vivre et possède une qualité rare : un son propre et reconnaissable entre mille.

Regardez leur interprétation de "A Gypsy Father" ici

Lorsque The Rapture déboule sur le podium, le chapiteau est plein à craquer et l'ambiance… électrique. Il faut dire que le buzz autour du concert des quatre New-Yorkais est énorme. Propulsé sur le devant de la scène par le label DFA, The Rapture a sorti deux albums mémorables "Echoes" et "In The Grace Of Your Love", produit par le Français Philippe Zdar, à qui l’on doit Cassius, le dernier Phoenix et le dernier Housse de Racket. Si le premier opus dévoilait des influences aussi diverses que Led Zeppelin, The Cure ou encore LCD Sound System, leur dernière plaque est une bombe disco/post-punk/funk d'une efficacité effarante.

C'est d'ailleurs par "In The Grace of Your Love" que s'ouvrent les hostilités et on est d'emblée étonnés par la puissance du son et l'aisance déconcertante du chanteur/guitariste, Luke Jenner. Il parvient sans effort à atteindre les notes plus aiguës tout en jouant des parties de guitare rythmiques extrêmement complexes. "Get Myself Into It" rappelle les Stereophonics et "The Devil", les rythmes postpunk de Gang Of Four. Après un "Killing" envoûtant, c'est "Whoo! Alright - Yeah... Uh Huh" qui enflamme le chapiteau. Pour y parvenir, un gimmick tout simple : une clochette de vache (cowbell), frappée par Gabriel Andruzzi, le percussioniste/claviériste/saxophoniste. Quand les beats électro du morceau sont mixés en live pour se fondre dans "House of Jealous Lovers", c'est carrément la folie au sein du public. Ce paroxysme se prolongera jusqu'aux derniers morceaux du set : "Olio", "Come Back to Me", "Sail Away" et surtout "Echoes", un brûlot qui rappelle clairement PIL.

En rappel, The Rapture nous réserve "Children", "Miss You" et l'incontournable "How Deep Is Your Love?", leur tout dernier hit. Mission accomplie et sans ratures pour The Rapture, qui s'affirme comme un des nouveaux super-groupes de la décennie.

Regardez l'interprétation live de "Echoes" ici

L'ambiance de folie se prolongera ensuite grâce à la soirée ‘after’ organisée avec Libertine Supersport dans le café Bota. Deux des musiciens de Rapture et Mickey, le résident, y ont fait danser une foule compacte jusqu'aux petites heures du matin! (P.B.)

Milagres + Great Mountain Fire + The Rapture (Chapiteau)

(Organisation Botanique)

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Roots & Roses 2012 : mardi 1er mai

Écrit par

Le festival Roots & Roses se déroule à Lessines, chaque premier mai, depuis 2010. En 2012, il fêtait donc sa troisième édition. Petit changement par rapport aux deux premières années, la programmation accueillait autant d’artistes ou groupes de blues que de musique actuelle, même si ces derniers y plantent toujours leurs racines (les roots !) Et vu les averses qui étaient tombées la veille, on aurait pu aussi planter les nôtres, tant le sol était détrempé. Pas de gadoue comme à Dour, vu le déversement de tonnes de sable, mais une surface meuble, spongieuse, sur laquelle il n’était pas toujours facile de se déplacer. Heureusement, les deux podiums étaient abrités par autant de chapiteaux ; de quoi préserver les festivaliers des éventuelles intempéries. Excellente initiative, un laps de temps de 5 à 10 minutes minimum sépare chaque concert, de quoi laisser le temps aux spectateurs de s’installer au sein de l’autre tente.

Arrivé vers 16h40, votre serviteur n’a pu assister qu’au dernier morceau de Dan Sartain. Dans ces conditions, impossible de vous donner un avis qui tienne la route, au sujet de la prestation d’un groupe responsable, il y a peu, d’un nouvel album, dont Taï avait effectué une excellente chronique, la semaine dernière…

Revoir les Fleshtones? Ben oui, c’est une des raisons pour lesquelles, j’avais effectué le déplacement. Ce groupe de rock/garage est né en 1976 et il a toujours la pêche en ‘live’. Pendant un quart de siècle, il a été considéré comme le meilleur groupe sur scène au monde. Pas question musique, mais spectacle. Physiquement, les musiciens ont pris un coup de vieux, mais franchement, ils assurent toujours sur les planches. Pas question de se prendre au sérieux, mais leur but est de communiquer leur fun et leur bonne humeur. En début de parcours, le son est un peu pourri, et on n’entend guère les interventions de Peter, au clavier farfisa. Mais au fil des morceaux, on entre dans leur cinéma, et on prend son pied. Les attitudes très 50’s, les rotations simultanées des musicos, y compris celles du drummer alimentent le spectacle visuel. Tout comme les deux bains de foule que s’est autorisé Zaremba. On a même eu droit à quelques pompes accordées en fin de parcours. Mais aussi à un pastiche du « Break on truth » des Doors et une cover instrumentale du « Day Tripper » des Beatles. Et si les balances étaient parfois un peu bancales, une chose est sûre, tout au long de leur show, on s’est bien amusé.

Barrence Whitfield & The Savages ? Désolé, mais je ne connaissais que de nom. Barrence est un chanteur de couleur noire qui drive un combo réunissant des blancs. De petite taille, trapu, chauve, chaussant des lunettes fumées sur le nez, il possède une voix hors du commun. Puissante, profonde, elle évoque, en mon fors intérieur, tour à tour James Brown ou Little Richard. Surtout ce dernier, quand la musique du combo prend sa forme la plus rock’n’roll. Et l’impression aurait été encore plus manifeste, si parmi les musicos, figurait un pianiste. Car sous leur aspect le plus soul, les morceaux sont hantés par feu Mr. Dynamite. Comme la plupart de ceux joués en début de show. Impressionnant, le saxophoniste baigne l’expression sonore de sonorités chaleureuses. Au sein du line up, militent également un guitariste, un bassiste et un drummer. D’excellent musicos, il faut le souligner. Mais j’ai toujours eu du mal à accrocher à cette forme de rhythm and blues. C’est à partir du moment où le répertoire va passer au rock’n’roll que le set va devenir le plus convainquant. Barrence se mue alors en véritable sauvage et se roule sur l’estrade, tout au long de compos percutantes, explosives et irrésistibles. Avant de clôturer sa prestation par un delta blues réminiscent de John Lee Hooker.

Le trio The Experimental Tropic Blues Band a donc publié son troisième album, sous la houlette de Jon Spencer. Intitulé « Liquid love », c’est probablement l’opus le plus sauvage que le combo liégeois ait concocté à ce jour. Et sauvage, c’est le terme qui convient le mieux à leur prestation. Le son est sale. Ca cogne dur. Boogie Snake porte une veste à franges. Son épaisse chevelure blonde lui cache le plus souvent le visage. Dirty Coq a enfilé un marcel. Il est très concentré sur son sujet. Devil d’Inferno frappe sec. Un tempo tribal qui fédère les compos. De temps à autre, Boogie Snake arrache des notes de son harmonica, notamment lors de l’interprétation de leur single, « Keep this love ». Il nous réserve aussi son morceau rituel, qu’il interprète au bord de l’essoufflement, puis n’oublie pas ce petit exercice de crowdsurfing si caractéristique. Dirty Coq se sert alors d’un jack de guitare pour attaquer la cover du « Human fly » des Cramps.  Classique ! Un bon set, mais trop ancré dans ses repères. Deux ou trois reprises supplémentaires et pourquoi pas chaque fois différentes, incluses dans leur répertoire ‘live’, devraient permettre au public de davantage accrocher. Un créneau que le trio aurait peut-être intérêt à creuser, pour ne pas provoquer une certaine lassitude chez les fans. Surtout quand on joue au sein d’un périmètre aussi restreint que celui de la Belgique…

Chez El Fish, milite Steven De Bruyn, un remarquable harmoniciste. Il monte sur l’estrade coiffé d’un superbe chapeau. Les quatre autres musiciens sont loin d’être des manchots. Sous son aspect instrumental et vocal, la solution sonore est parfaite. Mais musicalement, ce genre a le don de me pomper l’air en deux temps trois mouvements. En fait, il manquait notre spécialiste en blues, Jean-Claude, qui aurait été bien plus utile sur place pour jauger leur prestation…

C’était la troisième fois que j’assistais à un concert du Jon Spencer Blues Explosion ; et les deux premiers ne m’avaient pas particulièrement emballé. Mais dès les premières secondes du set, on sent que le trio est en forme. En outre, et ce phénomène est probablement une énigme : le son est impeccable, frôlant la perfection. Et pourtant la musique est âpre, viscérale, sans concession. Les guitares hurlent. Faut dire qu’elles sont deux, et la gratte de Judah Bauer, libère des sonorités aussi virulentes que celle de Jon. Bauer se réserve également le chant, sur l’une ou l’autre compo. Mais évidemment, c’est la voix de prédicateur shamanique de Spencer qui fascine le plus. Tour à tour indolente ou geignarde, elle nous assène régulièrement son slogan rituel ‘Bluuuuuuuues exPLOsieuuuuuuuun Babyyyyy !’ La frappe du drummer Russell Simins est implacable, entretenant ce climat de tension permanente. Bref les trois musicos me semblent tous très inspirés ce soir, et contribuent équitablement à l’élaboration de ce blues contemporain et furieux. On se rend compte aujourd’hui que sans le JSBE, il n’y aurait jamais eu de Black Keys, Jim Jones Revue, White Stripes et consorts. La classe ; même si au bout du set, il n’y a pas eu de rappel. Encore une bande de sauvages (merci Phil pour le bon mot !)

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PiaS Nites 2012 : vendredi 17 février

Trente années, c’est un âge des plus respectables pour un label, dans la conjoncture numérique de notre siècle hédoniste. L’occasion d’une belle fête déclinée en deux volets. Compte rendu de la seconde partie de ce diptyque.

Le ‘warm up’ de la soirée était confié à Raving George, djette originaire de Gand sans doute fan d'Armin Van Buuren et autres subtilités du style depuis sa plus tendre enfance. Il aurait sans doute été judicieux de lui signaler que faire saigner les tympans de l'assistance est une façon un peu radicale de les mettre dans le bain...

Mais continuons le viol auditif par le live de Toxic Avenger, plus proche d'un concert de Korn sur fond de guerres des étoiles et de chats coincés infiniment dans une essoreuse. L'effort était pourtant beau et louable.

A peine le temps de se reposer en buvant une bière à 3,75€ que le duo allemand de Modeselektor débute son live. Il est 23 heures et les choses sérieuses débutent enfin. A l'exception d'un horrible klaxon bombardé pour une obscure raison à intervalle régulier, la prestation est sérieuse, bien rôdée et agrémentée d'un visuel improbable mais classe. C'est donc avec tristesse que je me dirige vers la seconde salle, après trente petites minutes et ce, pour découvrir en direct, le phénomène de l'année 2011 : M83.

Nul besoin de faire de long discours, il s'agit simplement de la meilleure prestation de la soirée (et de ce début d'année au passage). Orchestré de main de maître par un Anthony Gonzalez survolté, la fête est totale lors du déjà légendaire "Midnight City".

Difficile donc de passer après un tel show, même lorsqu'on s'appelle 2 Many Dj's et qu'on mixe ‘à la maison’. Le principe est le même depuis maintenant 10 ans : une heure trente de mash up incessant, sorte d'énorme blind test programmé pour ravir les foules. La dernière représentation belge du concept "Under The Covers" se déroule donc sous les applaudissements d'un public tout acquis à leur cause. Les frères Dewaele sont contents, ils n'ont même pas dû se fouler pour récolter les lauriers.

Enfin, pour achever la soirée, Laurent Garnier et ses potes de LBS, tout juste revenus d'une tournée japonaise, seront autorisés à proposer un set de cinq heures. A l'instar de leur prestation cet été à Dour, le tout est excellent, bien huilé et parfois, à la limite de l'orgasmique. Laurent Garnier, dans cet exercice où il excelle tant, passe du coq à l'âne sans crier gare, laisse cogiter le spectateur quelques instants avant de le récupérer par on ne sait quel tour divin.

Une belle manière de clôturer ces Pias Nites, et puis surtout de déjà nous mettre l’eau à la bouche pour le trente et unième anniversaire.

A.F.

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La belle histoire de Play It Again Sam (PIAS) a commencé au début des années 80, quand Kenny Gates, un des deux co-fondateurs, se tapait des allers-retours Bruxelles-Londres, en Renault 5, pour importer les disques des groupes new-wave anglais, comme par exemple New Order (« Blue Monday! »), Gary Numan et les Legendary Pink Dots. Aujourd'hui, le label est devenu une véritable multinationale, qui emploie 200 personnes et héberge une palette extrêmement variée de groupes et de styles musicaux, comme en témoigne à nouveau la programmation des PiaS Nites de cette année.

Après une première soirée de jeudi plutôt consacrée aux musiques pop/folk intimistes, la nuit du vendredi est présentée comme la ‘mega party’ du 30ème anniversaire, au cours de laquelle une majorité de concerts et DJ sets electro et/ou techno vont participer. Le public est venu en grand nombre –parfois même on se bouscule ferme– pour suivre les shows prévus dans les deux salles de Tour & Taxis.

Après un set intéressant de la toute jeune (et au demeurant très mignonne) DJ gantoise Raving George, dans la petite salle (Fire Starter), c'est The Toxic Avenger, aka Simon Delacroix, qui accorde le premier show dans la plus grande. Ce Français se construit progressivement une solide réputation à l'échelon international, comme remixer (Ladytron, Peaches) mais aussi en tant qu'artiste à part entière, par le biais, notamment, de son Ep "Angst", publié l'an dernier.

Sur scène, sa musique prend une dimension très puissante, grâce à un batteur et un guitariste ‘live’. Cependant, le mixage manque d'équilibre, à tel point que les synthés et la voix sont parfois difficiles à entendre. On est dans un style techno assez varié, comparable à Vitalic voire Daft Punk et certains morceaux affichent une tonalité plus ‘dark’. Parfois, le passage d'un style à l'autre, à l'intérieur même des morceaux, est déconcertant et empêche le public de ‘décoller’. On regrettera aussi l'absence des titres plus ‘radiophoniques’. "Alien Summer", par exemple. Dans l'ensemble, ce concert est apparu trop bruyant et incohérent ; mais le groupe présente un véritable potentiel. Peut faire mieux!

Dans la Fire Starter Room, Mr Nô, encore un Français, venu d'Auvergne cette fois, a prouvé qu'il est aussi un talent à suivre. Et il possède des références: il a mixé à l'Hacienda de Manchester et c’est un pote à Peter Hook! Au niveau son, c'est une techno très inspirée des années '70 et '80, mais l'ensemble, elle manque encore de personnalité. A suivre!

Beaucoup de monde attendait Modeselektor, les petits préférés de Thom Yorke (Radiohead), qui avaient triomphé lors des ‘bozar nights’, en octobre dernier. Dès les premières séquences, on se rend compte qu'on se trouve face à du ‘lourd’. La musique des ces Berlinois est sauvagement diversifiée, remplie d'exubérance et foncièrement intelligente. Une sorte de chaos sonique contrôlé. Ils passent du hip-hop à l'électro avec une aisance déconcertante, le tout en adoptant une démarche très ‘punk’. Malgré quelques petits problèmes techniques, entre autres pendant "Evil Twins" et un klaxon intempestif, les deux comparses ont réussi à enflammer la Main Room, surtout sur "Black Block" et "2000007" (un rap en français). Regardez ici la vidéo filmée pendant "German Clap". > link : http://www.youtube.com/watch?v=cPvGHhmP4M0

Je le dis franchement: M83 était le groupe que j'attendais le plus. Il faut dire que le combo de l'Antibois Anthony Gonzalez a véritablement explosé en 2011, notamment grâce au hit mondial "Midnight City" et au très ambitieux et aussi réussi double LP "Hurry Up, We'Re Dreaming". Sur scène, Gonzalez est entouré de la chanteuse Morgan Kibby, mais aussi d'un guitariste et d'un batteur et pour la première fois de la soirée, on est en face d'un véritable ‘groupe’. Le décor et les lumières sont stellaires, quasi oniriques, un cadre idéal pour l'univers sonique puissant et aérien de la ‘galaxie M83’. La setlist fait la part belle au dernier opus, mais aussi à "Saturday = Youth". Le public reste étonnamment calme, captivé par le mélodique "Steve McQueen" ou le planant "We Own The Sky". La tension monte cependant de plus en plus, pour culminer lors du hit "Midnight City", qui est accueilli par des cris de joie... et un lâcher de ballons. Le groupe clôture son set par "A Guitar And A Heart", un instrumental très ‘prog’, que ne renieraient ni Porcupine Tree, ni Anathema. Gonzalez y abandonne ses claviers et sa console pour se déchaîner à la guitare. Un grand moment. En rappel, M83 proposera un voyage hypnotique dans le superbe "Couleurs", un morceau caractérisé par sa longue construction électronique. En un mot, un concert totalement convaincant, qui confirme le groupe comme une des valeurs sûres de l'electro-pop. Regardez les extraits vidéo du concert sur Youtube (Midnight City, Steve McQueen et Couleurs). > link http://www.youtube.com/philblackmarquis

En vitesse une petite chope, et hop, et on fonce pour assister à la prestation des rois du ‘mashup’: 2ManyDJs. La grande salle est comble pour vivre un set qui est en fait le premier du duo à Bruxelles et en même temps, le dernier de la tournée ‘Under The Covers’. Les frères Dewael ont conçu ce show comme un mashup audio-visuel: les musiques sont découpées et assemblées comme des samples et, sur les écrans géants, les animations basées sur les pochettes des disques suivent la musique en parfaite synchronisation: impressionnant! Tous les styles de musique sont passés à la moulinette electro, de Depeche Mode à Motörhead en passant par Front 242 et New Order, pour le plus grand bonheur d'un public en transe.

Mais, le ‘boss’, le grand maître de cette cérémonie, aura été, sans nul doute, Laurent Garnier. Si j'ai bien compté, c'est la 4ème fois que ce père de la techno rend visite à notre beau pays en un an! Le show "LBS" de Laurent propose un DJ set marathonien de 5 heures où sont revisités les moments forts de la –déjà– longue carrière du Français. La première partie suit un tempo downbeat, assez lounge. Une mise-en-bouche, en quelque sorte. Chaque plage est rallongée, adaptée, remixée en ‘live’ avec l'aide de Benjamin Ripper aux synthés et de Scan X aux machines (d'où l'acronyme LBS - Laurent+Ben+ScanX). Au fur et à mesure, le son monte en crescendo, s'amplifie et mélange judicieusement techno et influences jazz, house, dub, breakbeat et expérimentales. Laurent joue alors ses hits les plus connus, tels que "Crispy Bacon" et "The Man with The Red Face". Il affiche une maîtrise remarquable et une concentration sans faille. Traversée par des éclairs de pure adrénaline, l'atmosphère finit par devenir électrique. Aux anges, les spectateurs hurlent et dansent les bras en l'air. (Extrait video: http://www.youtube.com/watch?v=oAoEyDwLw70&list=UU0gR4Mo7HXdVqQoUz8_7Frg&index=5&feature=plcp)

Ce sont Etienne De Crecy et ATTAR! qui ont clôturé cette nuit d'anniversaire. Etienne De Crecy est un autre monument français des platines. Son mélange de techno minimale et de house a fait de lui un des leaders de la ‘French Touch’. Son show est très pro, soutenu par des vidéos de très bonne qualité, même si le style l’est moins à mon goût. Quant à ATTAR! (prononcez ‘Attari’) c'est le second projet solo de Renaud (Mustang) et il s’est révélé tout aussi convaincant.

On ne peut que féliciter PiaS pour ces deux nuits riches en découvertes et en sensations fortes, rassemblant sous une même bannière des artistes expérimentés et des jeunes pousses qui construisent la musique de demain. Happy Birthday, PiaS!

P.B.

(Organisation : PiaS)

 

PiaS Nites 2012 : jeudi 16 février

Écrit par

Trente années, c’est un âge des plus respectables pour un label, dans la conjoncture numérique de notre siècle hédoniste. L’occasion d’une belle fête déclinée en deux volets. Compte rendu de la première partie de ce diptyque.

Première nuit placée sous l’égide du son organique, voir ultra-sonique, ce jeudi voyait défiler quelques beaux fleurons de l’écurie.

Honneur aux couleurs locales en compagnie de Daan qui va éclabousser une nouvelle fois de son ébouriffante classe un parterre déjà bien garni sur le coup de vingt heures. En formule trio, comme sur son dernier album en date enregistré l’an passé, l’Anversois pose les jalons d’un trentième anniversaire célébré avec le bon goût dû aux égards réservé à cette quasi institution qu’est PIAS.

Un petit détour par l’autre salle me permet de vérifier tout le bien colporté au sujet de Roscoe, avant de retourner voir que la belle Agnès Obel ne s’est pas égarée dans des chemins de traverse. Toujours aussi sage, la musique de la Danoise se faufile poliment dans mon conduit auditif, telle une brise d’été.

Ce n’est pas le charismatique Tom Smith venu éprouver son répertoire en formule solo qui risquait de dénicher les toiles d’araignées jalonnant mon esprit. Cette tâche étant bien sûr confiée aux iconoclastes Ecossais de Mogwai. 

Bref, une première partie de soirée plutôt calme avant le déferlement furieux du combo de Glasgow, qui encore une fois va démontrer toute la puissance mais aussi la finesse de son jeu.

Une prestation tellurique pour clôturer cette première soirée aux accents contrastés.

Organisation : PiaS

Beljam Cup Clash 2011 : vendredi 2 décembre

Écrit par

Un clash flamand-wallon selon la tradition jamaïcaine!  

Ce vendredi 2 décembre, le Democrazy et reggae.be organisaient, pour la deuxième fois, le Beljam Cup, au Vooruit de Gand. Ce véritable clash des soundsystems entre le reaggae – ragga et le dancehall, mettaient en présence 1 collectif wallon et 3 flamands : Heartbreak Movement (Dilbeek), Jahwed Family (Comines), Daktari Sound (Gand) et Strange Fruit (Bornem). Qui parmi ces 4 candidats allait donc succéder à Mystic Breeze Collective et emporter la coupe en 2011 ?

Avant que commence ces rencontres, prévues en différentes manches de 10 minutes (les dublates) et la finale (dub-fi-dub), Irie Nation va nous régaler d'un warming up. Buda MC (de Civalize Foundation) a joué impeccablement son rôle de ‘guest’. Il a expliqué les règles, tiré au sort l'ordre de passage de la première manche et mis l'ambiance au sein du public. Les participants ont eu l’occasion de se présenter en dix minutes et personne n’a été écarté lors de cette première manche.

Jahwed Family ouvre les hostilités et enfièvre immédiatement l’auditoire lors d’un set très varié et énergique. Il était clair qu’il allait jouer un rôle important lors de ce clash. Contrairement au deuxième candidat, Strange Fruit, il a acquis une certaine expérience dans cet exercice de style. Par contre, les gars de Bornem prennent un mauvais départ à cause d'un manque de coordination entre le MC et le selector (DJ). Néanmoins, malgré ce contretemps, ils vont surprendre agréablement, tout au long d’une prestation très variée. Leurs supporters (NDR : qui s’étaient déplacés en car) ont fait monter la température de quelques degrés dans la salle! Quant à Daktari Sound, qui jouait son match à domicile, son set s’est avéré assez laborieux, également à cause de problèmes techniques. En outre, le MC, parfois incompréhensible et statique, ne parviendra jamais à maintenir l’ambiance dans la salle.

Il revenait à Heartbreak Movement de clôturer les débats. En un clin d’œil, leur professionnalisme va ramener la flamme. Solide, la cohésion entre le selector et la sale bouche du MC de D-Town Crew va permettre au concurrent d’accomplir un parcours impeccable. Manifestement, il ne pouvait que dominer la suite du clash, tout comme leurs confrères wallons de Jahwed. 

La deuxième manche est la première au cours de laquelle il a été procédé à une élimination. Grace aux commentaires progressivement caustiques et la sélection de leurs tunes, les gars de Jahwed Family et Heartbreak Movement ont confirmé l'impression laissée lors des préliminaires. Mais Strange Fruit et Daktari Sound ne sont pas parvenus à relever le niveau de leur prestation. Le vote effectué par le public a confirmé que l’un d’entre eux devait quitter l'arène. Les Gantois ont moins profité du soutien du public et, à l’instar de l’édition précédente, ont été les premiers à quitter le clash.

La troisième manche devait décider d’une place dans la finale (dub-fi-dub). Jahwed Family et Heartbreak Movement, les grands favoris, ont à nouveau dispensé un set de dancehall mortel, tandis que Strange Fruit a paru en panne d’inspiration. Cependant, lors du vote, après de nombreuses discussions, il a été décrété qu’il serait opposé à Jahwed Family, lors du dub-fi-dub. Faut dire que la meute de supporters qui avait accompagné Strange Fruit a fort influencé la décision finale ; ce qui n’était pas trop du goût des autres spectateurs.

En finale, chaque collectif a joué un tune, au terme duquel, un vote a chaque fois été émis. Lors des éditions précédentes, le gagnant était connu après dix tunes de chaque candidat ; mais aujourd’hui, le dub-fi-dub s’est terminé beaucoup plus tôt. Jouissant déjà d’une belle notoriété, Jahwed Family l’a emporté par le score sans appel de 5-0 face à l’inexpérimenté Strange Fruit. En se mesurant à Heartbreak Movement, la finale aurait probablement été plus disputée. Particulièrement originale, l'équipe de Comines est parvenue à maintenir le cap toute la soirée en dispensant des dubplates de qualité et tout à fait délicieux. Et il faut le reconnaître, tous les spectateurs se sont réjouis de leur victoire. Ici pas d'opposition communautaire, mais plutôt une ambiance de 'Beljam Unite'!! 

(Adaptation B. Dagnies)

Autumn Falls 2011 : dimanche 27 novembre (Bota)

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Du 21 au 27 novembre, ToutPartout a mis le grappin sur Bruxelles pour la deuxième édition de son festival indoor Autumn Falls. Alors que la première n’avait duré que trois jours, le tourneur belge a mis le paquet cette année, en investissant une semaine durant la plupart des salles de concerts bruxelloises, de l’AB au Bota en passant par le Magasin 4 ou le VK. Pour clôturer cette prestigieuse seconde mouture, ToutPartout a invité sur les planches du Botanique quelques beaux noms de la scène indie : My Sad Captains, Still Corners, A Winged Victory For The Sullen, Scott Matthew et, cerise sur le gâteau, la très réservée Marissa Nadler.

On ne se bouscule pas aux portes du Botanique en ce froid dimanche de novembre. C’est que le festival Autumn Falls a dû en épuiser plus d’un. Normal lorsqu’on propose une affiche réunissant des artistes aussi prestigieux que Metronomy, Low, Okkervil River, The Field, Matthew Herbert, Suuns ou encore The Experimental Tropic Blues Band. Ce soir, les organisateurs ont mis l’accent sur la découverte, en misant sur des artistes dont le succès demeure encore confidentiel.

A commencer par le grand Scott Matthew venu présenter son récent « Gallantry’s Favourite Son ». Un silence religieux envahit l’Orangerie tandis que l’homme interprète, en s’accompagnant à la guitare et soutenu par deux autres musiciens, certains de ses plus beaux morceaux. On se laisse emporter volontiers par cette voix envoûtante tandis qu’elle nous compte déboires amoureux et aléas de la vie. Entre deux chansons, Matthew plaisante avec l’assistance, peu nombreuse certes mais pas pour le moins chaleureuse, en retraçant le concert qu’il donnait une semaine auparavant, dans une église de Cologne, devant un parterre composé, entre autres, de dévots. Ça doit effectivement être bien drôle d’interpréter des chansons aux titres aussi évocateurs que « Buried Alive », « Sinking », « No Place Called Hell » ou « Amputee » face à des prêtres.

Still Corners enchaîne les festivités à la Rotonde. La salle est bien bondée, contrairement à l’Orangerie quelques minutes plus tôt. Tessa Murray et ses garçons viennent présenter pour la seconde fois cette année leur « Creatures Of An Hour » qui, s’il est impeccable au niveau des arrangements, est légèrement handicapé par les vocalises de son interprète. La voix de Murray est à apprécier avec modération. Derrière la formation britannique, un écran fait défiler des images chimériques se mariant à la perfection aux compos qui s’échappent des baffles. En occultant de temps à autre la voix de sa chanteuse, Still Corners parvient à susciter l’intérêt général. Le set du quintet se clôture donc sur une note positive.

A l’Orangerie c’est au tour des Ricains de A Winged Victory For The Sullen de prendre place. La salle est beaucoup plus garnie qu’une heure auparavant. Mais c’est toujours dans un silence immaculé que se poursuit la soirée tandis que Dustin O’Halloran et Adam Wiltzie prennent place derrière leurs instruments. Ils sont épaulés par une section de cordes pour donner à leurs compositions tout ce qui fait la richesse et la beauté de leurs morceaux : de belles envolées orchestrales ou au contraire, un minimalisme troublant. Le public est accroché aux moindres notes jouées par les deux hommes et leurs collègues. De toute beauté.

Et pour finir en apothéose, le festival se clôture sur une dernière danse accomplie en compagnie de Marissa Nadler. La Rotonde n’est pas aussi remplie que l’on avait imaginé. Et à juste titre, puisque ce n’est qu’à 23h que la jolie demoiselle prend possession des planches. Seule sur scène avec ses guitares, sa voix et ses doutes, elle interroge le public : ‘Vous vous amusez bien j’espère ? Je n’arrive pas à savoir…’ Tous lui répondent d’un large sourire tandis qu’elle reprend son set et offre aux derniers résistants les superbes mélopées que sont « Diamond Heart », « The Sun Always Reminds Me Of You », « Famous Blue Raincoat » (reprise de Leonard Cohen), « Baby, I Will Leave You In the Morning » ou encore « Silvia » pour clore en beauté sa prestation.

Malgré une fréquentation vue à la baisse pour son dernier jour, le festival Autumn Falls devient à présent l’un des événements majeurs de la saison. ToutPartout ayant plus d’un tour dans son sac, on peut s’attendre à une affiche 2012 encore plus alléchante. Patience, patience…

Organisation : ToutPartout

 

Autumn Falls 2011 : samedi 26 novembre

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La deuxième édition de l’‘Autumn Falls’ s’est donc déroulée, entre le 21 et 27 novembre 2011. Cet excellent festival indoor avait élu la salle de l’AB, ce samedi 26 novembre, pour y accueillir Metronomy, dont le troisième album, « The English Riviera », a rencontré un énorme succès. Un succès pas vraiment inattendu, vu l’engouement suscité par les deux précédents. Mais aujourd’hui, la formation insulaire a déjà largement dépassé le stade de la ‘hype’…

Pile à l’heure (on est à l’AB tout de même…), Joseph Mount et ses 3 acolytes montent sur une estrade décorée de peintures représentant naïvement les 4 membres du groupe. La rumeur voulait que le groupe anglais ne soit pas à la hauteur, en live… et les deux premiers morceaux confirment malheureusement cette opinion. Probablement à cause d’une balance pas encore bien réglée. Mais assez rapidement, le son s’améliore et retrouve même la netteté et la puissance qui font la notoriété de la salle bruxelloise.

Ce soir, le concert est sold out ! Le tracklisting est partagé entre anciens singles et nombreux hits issus de leur dernier opus. En toute simplicité, Joseph Mount communique énormément avec le public, en s’exprimant dans un français proche du délice. Malgré une longue tournée, le groupe semble heureux de se produire sur les planches de l’AB. Sa bonne humeur est communicative. Et le sourire arboré tout au long du set par le bassiste, Gbenga Adelekan, en est certainement la plus belle illustration. En outre, sur sa quatre cordes, il impressionne. Et ses accords funkysants font littéralement mouche. La musique proposée au cours de la soirée est d’ailleurs plus funk et même rock que sur disque, même si la bande du Devon ne néglige pas pour autant sa face électro et dansante. Qu’entretient, bien sûr, les claviers 80’s d’Oscar Cash, pendant que les drums d’Anna Prior, au charme toujours aussi discret, se chargent de baliser l’ensemble. Et certains morceaux plus pop, aux mélodies imparables comme « The Bay » et « The Look », finissent par enivrer une foule qui ne demandait qu’à passer un bon moment en compagnie du groupe. Franchement, ce soir, Metronomy était vraiment dans un bon jour. Que demande (de plus) le peuple ?

Metronomy

(Organisation : ToutPartout)

Autumn Falls 2011 : samedi 26 novembre (Vk*)

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Tel un pèlerin décidé à rejoindre Compostelle, je suis (enfin !) retourné dans cette salle mythique du VK, dont le destin m’avait tenu éloigné de trop nombreuses années. Jusqu’à la fin des années 90, cet endroit était presque devenu ma seconde résidence, tant l’affiche programmait mes groupes fétiches de l’époque. De Belly à Therapy, en passant par Ned’s Atomic Dustbin, les Cranes, The Verve, Adorable, Blur, L7 et j’en passe et des meilleurs. Que de souvenirs accumulés au sein de cette salle extraordinairement propice à ce genre de musique.

C’est donc le cœur chargé de nostalgie que j’ai retrouvé le chemin qui mène à Monlenbeek. Rue des Ecoles, très exactement. En ce soir particulièrement glacé de novembre. Et quel bonheur de voir que finalement, pas grand-chose n’a changé. Un cadre parfait pour une soirée placée sous la bannière d’un son burné teinté d’expérimentations diverses et forcément éclectique. Amis des boules Quiès, bien le bonsoir !

Alkerdeel est un combo gantois qui pratique du Droney Black Doom Metal. Il avait l’insigne honneur d’entamer les festivités. Votre serviteur s’est rapidement retrouvé sous une épaisse couche de basses écrasantes et de borborygmes lourdement assenées. Absolument pas coutumier à ce type de musique (NDR : ok pour le côté dark, au secours pour l’aspect ‘zombie souhaite ´Vicks Vaporub` dans les plus brefs délais’), il m’est difficile de statuer sur la performance d’un groupe au potentiel manifestement enthousiasmant, vu l’accueil réservé par un public sensiblement plus connaisseur que votre humble rédacteur. N’y voyant finalement pas plus de subtilités que dans l’étron canin jonchant le parvis d’une magnifique cathédrale gothique, je me suis finalement résolu à épargner mes tympans, au moins l’espace d’un instant. Et que Dieu me pardonne mon ignorance !

Perso, j’étais venu pour voir Part Chimp, dont le noise Rock imbibé fait immanquablement danser mes castagnettes depuis un certain nombre d’années (et la fin de Ligament, énième groupe de Tim-ex-Penthouse-et-Scarfo-Cedar et Jon-Drumm Chimp-ex-th’Faith Healers Hamilton en particulier).

Dernier concert en terres extraterritoriales pour le groupe londonien, je ne pouvais manquer cette ultime occasion de dodeliner de la tête sur ces rythmes lourds et obsédants qui remuent les tripes et nettoient le cerveau de toute impureté.

Onze années que ça dure. Puissant, obsédant, dévastateur, le son de Part Chimp, évoluant entre Métal couillu et Indie-Noise, ravage les tuyaux acoustiques et liquéfie le sang neuf d’un genre non balisé où les ersatz ne font guère légion.

Dispensant une énergie jamais prise en défaut, manifestant une sympathie et une humilité confondante, et affichant un talent savamment pourri par un son crunch proche du Grunge, ce combo avait tout pour devenir ce qu’il est devenu, à savoir le plus grand groupe mésestimé d’un genre méprisé (ou du moins ignoré).

Mélodies foutraques mais ô combien pernicieuses, rythmiques carrées et subtilement concassées, voix à la limite du juste mais sauvagement distillée, autant d’ingrédients qui font de ce groupe un incontournable du genre.

Allégés en matières grasses mais jamais avares d’un son où le Fuzz règne en maître sur les autres pédales d’effets, ces Anglais ont rapidement fait le tour d’une question encore non  élucidée : mais qu’aurait fait Black Sabbath si Ozzy avait lu l’intégrale des « Martine » ? Pas de hits potentiels, que des hits en puissance ! Pour (a)mateurs du genre, entendons-nous bien (ou plus, c’est selon !)

Un rappel de deux titres, dont l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 people », ponctuera ce set qui va récolter un succès hautement mérité, malgré une discographie somme toute succincte, mais combien jouissive.

Le roi Part Chimp est (presque) mort, vive le roi !!!

Dont la scène, à défaut du trône, était laissée à Chrome Hoof en cette fin de soirée. Orchestre philanthropique (j’entends par là dont la générosité n’a d’égal que le désintéressement lié à toute forme puérile de mercantilisme nauséeux), la formation londonienne (NDLR : encore !) est à elle seule un édifice érigé à la gloire de la démultiplication des genres.

Si le line up repose à l’origine sur un duo, il et décliné, dans un esprit hédoniste, par une cohorte hétéroclite de musicien(nes) au talent exacerbé par une imagination semble-t-il sans limites. D’ailleurs, l’univers fantasmagorique des ces suppôts de Satan côtoie aussi bien le Hard-Rock Opera de Papy que le Disco-Funk à Grand’ Ma.

A l’instar des compos du groupe, sans complexes et s’éparpillant tout azimuts, les costumes de scène –grandes capes noires cabalistiques ce soir– sont déconcertants et s’inscrivent dans un concept tout aussi déroutant.

Mais honnêtement, le set était éreintant. A force de s’égarer dans les genres et de déstructurer inlassablement ces morceaux, le groupe ne gagne guère en cohérence. Partant dans tous les sens, leur musique a tendance à égarer l’auditeur. A moins bien sûr d’être initié dès le départ, ce que je confesse ne pas avoir été.

Sorte de rituel organique et orgasmique pour fans en transe, ce concert avait les défauts de ses qualités, et à trop en faire, Chrome Hoof perd en évidence ce qu’il gagne en audace. Mais sans doute mon ressenti ne reflète que l’avis d’un païen non converti. Et à en juger par le public de connaisseurs, ce concert m’avait tout l’air d’un excellent condensé (et dansant).

Alors que la nuit froide et impalpable m’enveloppait au dehors sous ses noirs ramages, les prémices d’une soif intarissable conviaient les derniers amateurs au bar autour d’une bière fraîche, pour une fin de soirée assurée par DJ Cha ! Selektor

Quant à votre serviteur, je me promettais de bientôt remettre les pieds dans ce lieu, me rappelant tant de bons souvenirs.

Alkerdeel + Part Chimp + Chrome Hoof

(Organisation : ToutPartout)

 

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