La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Micro Festival 2012 : vendredi 3 août

C'est le soir... Jésus est entré dans un jardin où il allait souvent prier... l'espace 251 Nord, logé au pied des collines, jadis couvertes de vignes gorgées de raisins.

Et là... il a commencé à être très triste... Pourquoi ?... Parce qu'il voyait tous les péchés des hommes... Jésus est Dieu... Il sait tout... Il voyait tous les péchés que les hommes avaient fait depuis le commencement du monde... tous les péchés que nous ferions... tous les grands et vilains péchés que les hommes feraient... Il voyait que beaucoup d'hommes iraient en enfer... et il en ressentait une très grande peine.

Puis Judas, son grand pote est arrivé, entouré de tous ses amis. Ses vrais amis. Ses faux amis. Même ses amis Facebook. Il a regardé Jésus, lui a filé quelques amphétamines, payé quelques bières et lui a roulé une pelle.

Et soudain, Jésus a tout compris...

Vendredi 3 août

Pour ce troisième rendez-vous consécutif en autant d'années, une soirée apéritive nous est offerte. Cool, j'adore faire la fête. Entouré de mes potes et de super méga gonzesses qu'on croirait toutes sorties de Playboy où je ne sais trop quel magazine érectile, je pénètre l'enclave où bientôt, l'ambiance bon enfant tournera en délire orgiaque. J'embrasse à tout va et bonimente gracieusement en compagnie d’un parterre de visages tous plus connus les uns que les autres.

Sous la tente, dans une première giclée de sang irriguée vers la tête d'un membre violacé, les premières tensions se font palpables, avant même d'être palpées. Taïfun sourde à mes tympans. Le son est puissant. Le set monte en puissance comme la sève dans le tronc. Point de vociférations inutiles mais un math rock intelligent et non dénué de sens(ualité). De quoi remuer la queue de Lucifer, vaguement attentif à tout ce bruit, trop occupé à reluquer les jeunes donzelles si légèrement vêtues.

Quelques lampées alcoolisées plus tard, sous la caresse des derniers rayons du soleil, et le diable au corps, Bloodshot Bill envahit l'espace. Frénétiquement. Seul sur le strapontin, mais allumé de milliers de démons sévissant en son sein, le Canadien livre sa vision d'un certain Elvis qu'on jugerait damné pour l'éternité.

Au loin, j'aperçois la silhouette de Jésus, qui erre comme une âme en peine. Je le rejoins et l'écoute divaguer. Je trouve quelques substances capables de l'aider. Et m'en retourne contempler.

Troisième et dernier groupe du jour, The Chap soulève plus de questions que d'enthousiasme.

Je matte le bassiste dans son short moulant et son petit t-shirt cintrant sa bedaine. Je tourne ma langue perfide sept fois dans la bouche et finis par proclamer ce groupe anglais, le moins sexy de tous les temps.

Au dehors, les étoiles s'évaporent dans les volutes cendrées d'une longue nuit qui commence. Je choisis de les imiter.

(Organisation JauneOrange)

 

Fancofolies de Spa 2012 : dimanche 22 juillet

Écrit par

Cent soixante sept participants, quinze scènes, une myriade de badauds à voir (souvent badaud du tout).

Des jeunes talents, de fiers étalons, des pointures et autant d’anonymes.

L’ombre de Pierre Rapsat toujours omniprésente, au panthéon de la culture spadoise. Sorte de Victor Hugo local. Aux lettres de noblesses s’inscrivant en or sur chaque rempart.

Un esprit familial, convivial, mais qui confère à la foire au boudin.

Des musiciens des rues, d’autres complètements à la rue.

Occasion pour toute une ville de se retrouver, de communier, de s’impliquer.

Les Francofolies restent un festival à part. Pas très Rock & Roll, mais baigné d’une atmosphère légère.

Somme toute, un village de vacances, rythmé aux sons de moins en moins francophones mais toujours aussi francophiles.

Dernière étape des pérégrinations de Cheval Maure, plus mort que jamais.

Abandonné à la fougue juvénile des Von Durden, ballotté par l’émotion d’un Roscoe au faîte de la gloire ou bercé et alangui par les sonorités organiques de Great Mountain Fire, Cheval se balance ostensiblement entre le vide et l’infini.

Sans grande attente et simplement ravi d’être présent.

La faune locale habillant le décor, la flore au fusil.

Cheval respirer air frais, avaler soleil, danser avec les oiseaux.

Contemplant l’ombre de Benjamin Miam Monster Schoos défier l’absurdité d’une scène ‘jeunes talents’ dans un costume de catcheur étriqué, sous le regard amusé de deux lions amarrés à un pavillon Chinois.

Avant de plier genou face à Catherine Ringer. Incroyable performance transfigurant à elle seule cinq jours sans grand éclat…

Sillonnant son parcours discographique avec un entrain époustouflant, grande dame Catherine assène une grande claque à Cheval, comme du reste à la majeure partie du public qui a eu le flair de se rendre devant elle.

Emmenant Cheval dans son univers, lui glissant quelques messages subliminaux à l’oreille le temps d’une chanson réveillant les soupçons de ce vieux canasson quant à l’existence d’un improbable complot digne du Trueman Show.

Généreuse, coquine et formidable Catherine, entourée d’une équipe de choc, titillant les talons d’un certain Fred Chichin, parti faire des claquettes au paradis.

Après avoir franchi victorieusement le dernier obstacle, Cheval repartait la poitrine gonflée et les yeux emplis de paillettes, s’en allant retrouver pour une dernière fois, Jean Lou Hallyday et ses Johnnettes retenant la nuit…

 

Fancofolies de Spa 2012 : samedi 21 juillet

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Cent soixante sept participants, quinze scènes, une myriade de badauds à voir (souvent badaud du tout).

Des jeunes talents, de fiers étalons, des pointures et autant d’anonymes.

L’ombre de Pierre Rapsat toujours omniprésente, au panthéon de la culture spadoise. Sorte de Victor Hugo local. Aux lettres de noblesses s’inscrivant en or sur chaque rempart.

Un esprit familial, convivial, mais qui confère à la foire au boudin.

Des musiciens des rues, d’autres complètements à la rue.

Occasion pour toute une ville de se retrouver, de communier, de s’impliquer.

Les Francofolies restent un festival à part. Pas très Rock & Roll, mais baigné d’une atmosphère légère.

Somme toute, un village de vacances, rythmé aux sons de moins en moins francophones mais toujours aussi francophiles.

Cheval Mort commence à être fatigué.

Cheval Maure supporte difficilement Suarez à dix-huit heures quarante-cinq du matin.

Cheval trouver ce spectacle insipide, incolore, et mièvre et se demander pourquoi tant d’engouement.

Mais dans le fond, Cheval s’en moque.

Par contre, Jean Louis Murat se transfigure dans l’écrin du Dôme, espace clos et intime qui sied à ses chansons.

‘Pas de pitié pour Cheval’ scande-t-il, emporté par la fougue de ses quelques printemps.

Et d’emmener avec lui un public acquis à sa cause.

Là où Cali a failli quelques instants plus tôt, Murat s’impose comme une figure incontournable d’une certaine scène hexagonale.

Cheval récolter indices qui mènent à sentier de lumière. Cheval lancé au galop. Cheval trouver trace partout de l’indicible complot. A moitié schizophrène, ce qui en fait un être entier.

Il ne fait guère chaud, mais Yuksek se charge de rehausser la température.

De retour deux après un premier passage remarqué, les Français font plus qu’assurer l’essentiel et donnent quelques couleurs à une affiche malgré tout assez terne.

Enlevé dans d’autres sphères, Cheval dodeline de la tête, la crinière au vent.

Ce soir, Cheval sait qu’il a rendez-vous, un incontournable rendez-vous, avec celui pour lequel il porte de plus en plus un regard attendri.

Devant l’entrée du tipi, Cheval aperçoit l’ombre d’un Johnny plus Jean Lou que jamais.

 

Fancofolies de Spa 2012 : vendredi 20 juillet

Écrit par

Cent soixante sept participants, quinze scènes, une myriade de badauds à voir (souvent badaud du tout).

Des jeunes talents, de fiers étalons, des pointures et autant d’anonymes.

L’ombre de Pierre Rapsat toujours omniprésente, au panthéon de la culture spadoise. Sorte de Victor Hugo local. Aux lettres de noblesses s’inscrivant en or sur chaque rempart.

Un esprit familial, convivial, mais qui confère à la foire au boudin.

Des musiciens des rues, d’autres complètements à la rue.

Occasion pour toute une ville de se retrouver, de communier, de s’impliquer.

Les Francofolies restent un festival à part. Pas très Rock & Roll, mais baigné d’une atmosphère légère.

Somme toute, un village de vacances, rythmé aux sons de moins en moins francophones mais toujours aussi francophiles.

De l’éducation musicale d’un jeune auditoire enseignée par les Chilly Pom Pom Pee au travers d’un set revisitant l’histoire du rock, à la Pop Scintillante de Can D en version plus acoustique, cette troisième journée promet d’être placée sous l’égide de la joie et de la bonne humeur.

Cheval Maure s’installe donc dans ses habitudes, maugréant sur la relative pauvreté de la programmation du jour.

Dan San et leurs envolées lyriques caresse les étoiles, sous le regard d’un public généreusement amassé à leurs pieds, alors que Danakil n’étonne personne.

The Subs fait monter la température, tandis que Selah Sue.

Mais c’est définitivement la scène liégeoise qui soulève le cœur de Cheval en cette fin de soirée.

De retour après une longue errance, Superlux revient sur les sentiers de la guerre, là où Cheval ne les attendait plus.

Virevoltants et mus par une énergie nouvelle, le combo offre en exclusivité pour ces Francofolies, un aperçu de ses nouvelles compositions en cours d’enregistrement.

Cheval ravi, sourire à pleines dents.

Cependant, Cheval pas au bout de ses surprises.

Cheval découvrir club de pétanque perdu au milieu du site.

Mais surtout repérer Hollywood Porn Stars au sommet de son art.

Cheval touché par la puissance des morceaux, Cheval bluffé par la maîtrise, Cheval subjugué par l’authenticité d’un set sans bavure.

Ponctué de moments de grâce, et, cerise sur le gâteau d’anniversaire de la maman d’Anthony, de moments de réelles complicités, HPS réveille l’engouement de Cheval et du public ravi de ce retour aux affaires d’un groupe parfois trop occupé à se disperser dans d’autres projets parallèles.

Cheval s’en aller vers d’autres plaisirs. Jambes de Cheval savoir où mener lui.

Là, à l’orée de la ville, où il suffit d’une étincelle pour que le tipi s’embrase…

 

Fancofolies de Spa 2012 : jeudi 19 juillet

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Cent soixante sept participants, quinze scènes, une myriade de badauds à voir (souvent badaud du tout).

Des jeunes talents, de fiers étalons, des pointures et autant d’anonymes.

L’ombre de Pierre Rapsat toujours omniprésente, au panthéon de la culture spadoise. Sorte de Victor Hugo local. Aux lettres de noblesses s’inscrivant en or sur chaque rempart.

Un esprit familial, convivial, mais qui confère à la foire au boudin.

Des musiciens des rues, d’autres complètements à la rue.

Occasion pour toute une ville de se retrouver, de communier, de s’impliquer.

Les Francofolies restent un festival à part. Pas très Rock & Roll, mais baigné d’une atmosphère légère.

Somme toute, un village de vacances, rythmé aux sons de moins en moins francophones mais toujours aussi francophiles.

Revenu en ces terres où une eau limpide coule depuis la nuit des temps, Cheval mort arrête sa course où bon lui semble.

Le Folk rayonnant de Gaëtan Streel finit de dessiner de lumineux sourires sur le visage de certains, qu’ailleurs, à quelques encablures, la Disco Mafia se charge d’envahir les premiers organismes moites d’une onde d’adrénaline.

Cheval, lui, erre et se délecte. Bois et fume, danse et affronte les éléments du ciel. Bientôt, de vieux réflexes ancestraux le verront se camoufler, épouser la couleur du vent.

Pour l’heure, il avance, clopin-clopant.

La nuit lui appartient. Le jour, il déambule.

Tel l’aigle au regard perçant et l’ouïe fine, il survole la plaine et reste aux aguets.

Il aperçoit la silhouette non claudicante de Hugh Laurie, pas plus Docteur House que digne d’intérêt. Il devine au loin les intonations mièvres de Nolwenn Leroy. Se cabre devant Eiffel qui nous joue là un bien mauvais tour. Découvre la splendeur orgasmique d’un Julien Doré, paré d’une couronne à l’aura étincelante. Enluminures majeures et second degré dévastateur.

Cheval sous le charme de l’éphèbe faussement désinvolte.

Cheval s’envoler, car cheval est laid.

Dans le crépuscule de l’ennui, Soldout bat aussi de l’aile. Insipide, le duo distille quelques hits, égrène quelques nouveaux morceaux. Mais sans soulever plus de poussière que la brise de terre.

Cheval regretter avoir loupé cousin Hippocampe Fou et la talentueuse Seesayle.

Puis vient souffler le froid.

Les ombres descendues du ciel, bien vite envelopper Cheval.

Cheval s’en retourner. Mais cette fois, s’arrêter devant tipi, là où la veille, les clameurs l’appelaient.

Pénétrant l’attente, il se glisse dans une masse houleuse qui tangue devant un ersatz de Johnny Hallyday.

Cheval sourit. Cheval moqueur. Cheval cynique. Cheval découvre Jean Lou Hallyday. Cheval plus jamais oublier Jean Lou…

 

Fancofolies de Spa 2012 : mercredi 18 juillet

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Cent soixante sept participants, quinze scènes, une myriade de badauds à voir (souvent badaud du tout).

Des jeunes talents, de fiers étalons, des pointures et autant d’anonymes.

L’ombre de Pierre Rapsat toujours omniprésente, au panthéon de la culture spadoise. Sorte de Victor Hugo local. Aux lettres de noblesses s’inscrivant en or sur chaque rempart.

Un esprit familial, convivial, mais qui confère à la foire au boudin.

Des musiciens des rues, d’autres complètements à la rue.

Occasion pour toute une ville de se retrouver, de communier, de s’impliquer.

Les Francofolies restent un festival à part. Pas très Rock & Roll, mais baigné d’une atmosphère légère.

Somme toute, un village de vacances, rythmé aux sons de moins en moins francophones mais toujours aussi francophiles.

Cheval mort va errer sur les chemins. Arpenter routes sinueuses. Arriver aux portes de la ville. Grande fête se dérouler.

Au détour d’un sentier, il croise un troubadour, du nom de Dany Des Rues. Son chant rappelle Renaud et Hughes Auffray. Aubert, aussi. Il se perd dans une indifférence de mauvais ton, car ses chansons recèlent un brin de magie et d’humour subtil.

Plus loin, la foule se presse devant l’entrée principale.

Se campant droit sur ses jambes, Cheval Maure va pénétrer dans l’enclave et se mélanger aux autochtones.

Cheval mordre dans cette ambiance particulière qui hume des odeurs de nourriture, senteurs de houblon, parfums d’interdits.

Il balaye l’horizon du regard.

Le vieil Indien a quitté ses terres et les sentiers maintes fois parcourus pour atterrir ici, terre insolite, à mille lieues de ce qu’il avait coutume de fréquenter.

Cinq jours d’abandon aux colorations multiples et aux intonations en dents de scie.

Il n’aspire qu’à découvrir, jouir et profiter de cette escapade dans le temps.

Et cette aventure commence maintenant.

Les éclairs sauvages d’Experimental Tropic Blues Band se sont éteints sur les planches, laissant comme une traînée de souffre derrière eux. Au loin, le cabaret d’Anaïs perpétue son chant sous un ciel clément. Cheval avance prudemment. Se mélange au milieu des couleurs, se dilue dans l’air. Skip The Use, déjà remarqués aux Heures Indé réveille les ardeurs d’une assistance jusque là amorphe. A l’aide de son tonitruant mélange de styles, il instaure une certaine effervescence qui génère un enthousiasme contagieux.

Ping-pong scénique oblige, les jambes de Cheval le transportent devant le grand podium du village Francofou, où les vibrations métissées d’Amadou et Mariam s’éparpillent sur un public s’agglutinant en grappes.

1995 montre ses limites et assassine « Killing In The Name Of », Shaka Ponk abreuve le parterre d’un mélange de genres indigeste, dont le seul mérite procède de son énergie et de l’aspect visuel qui, du reste, confère à l’attraction foraine. 

Dégoûté, Cheval s’en aller. Tel le papillon, lui butiner de places en places.

Prêtant une oreille distraite au chant d’un Ours aux chansons boisées, comme une vielle souche.

S’égarant instinctivement, accompagné par d’agréables augures, il trotte au milieu de la foule.

S’arrêtant au gré de ses envies. Puis se posant dans les jardins enveloppés d’Electro.

La nuit tombe, un vent de fraîcheur descend comme un banc de brume, les sons s’estompent.

Cheval reprendre chemin du retour. Absorbé dans ses pensées, il longe un tipi où résonnent des cris de liesse. Il ne prête pas encore attention. Pourtant, son destin est en marche.

Il sourit au vent, s’arrête sous un réverbère, embrasse la lumière.

Cheval avoir retrouvé chemin.

 

Dour festival 2012 : dimanche 15 juillet

Allez ! Aujourd’hui on fait un petit effort. On ne traîne pas les pieds. Dernier jour, dernière épreuve. La route entre le camping et l’entrée du site n’a plus de secret pour les festivaliers. Ce qui pose principalement problème, c’est cet affreux passage qui démarre au poste de gardes zélés situés à l’entrée du site des concerts et s’achève après le marché, juste avant la Last Arena.

Troisième fausse bonne idée de l’édition : ne rien avoir prévu au sol à cet endroit, sachant que le scénario a été le même l’an dernier. Ce chemin tortueux où le festivalier se doit d’être méticuleux dans tous ses gestes. Ce parcours où de sombres idiots ont passé toute leur journée du dimanche, immobiles, à se gausser des chutes des moins prudents en les incitant à emprunter le tronçon le plus dangereux de la route. A chacun son festival…

Non mais quelle idée, non mais quelle idée ! Quatrième et dernière fausse bonne idée de l’organisation : le combat des neuneus entre deux concerts à la Last Arena. Ce combat, c’est celui que se livre depuis quelques éditions le stand Jupiler ou Joe Piler pour les intimes, et celui de Coca. Des sponsors absolument insupportables, distancés de quelques dizaines de mètres seulement. Et c’est à celui qui sera le plus tapageur. S’arrêter quelque part entre les deux échoppes, c’est assister à un spectacle drôle et affligeant à la fois tant ce duo antagoniste est ridicule. Ce qui n’est manifestement pas de l’avis de tout le monde, certains quidams restant plantés là, à admirer les non-évènements de la Joe Piler Crew. Avoir le choix entre six scènes différentes n’est manifestement pas suffisant.

Après une bonne drache sur la tronche, t’es pas mécontent de retrouver le Club Circuit. Il est 14h30 lorsque les six garnements de Team Me y font leur apparition. Leur premier LP, « To the Treetops ! », l’une des bonnes surprises de l’année, est retranscrit sur les planches avec énergie et bonne humeur par les Norvégiens. On notera même quelques passages de toute beauté, essentiellement sur les 20 dernières minutes du set, qui se clôture en grande pompe par l’ultra-addictif « With My Hands Covering Both Of My Eyes I Am Too Scared to Have A Look At You Now » et sa saveur d’Of Monsters & Men.

Idem pour Givers, qui suivait le sextet de près, sur les mêmes planches. Quelques rayons de soleil illuminant la demi-heure qui sépare les deux formations. Une éclaircie salvatrice quand t’as les os mouillés. Des os secoués par la pop euphorisante de ce quintet louisianais. Les cinq musiciens sont à fond. Plus particulièrement la petite demoiselle de la bande, déchaînée derrière ses instrus interchangeables. Les « Ceiling Of Plankton », « Saw You First », « In My Eyes » et l’imparable « Up Up Up» sont autant d’appels au soleil qui, décidément, ne montrera pas plus que le bout de son nez cet après-midi.

Au menu rap d’aujourd’hui, le collectif parisien Sexion D’Assholes. Ca jumpe, ça fait le malin, ça rassemble pas mal de monde mais le résultat est le même : ça n’a aucun intérêt.

Disiz ou Disiz La Peste ou Peter Punk, c’est selon, propose, lui, un show relativement plus décalé et enthousiasmant sous la Magic Soundsystem.

Toutefois, l’artiste le plus intéressant de la journée militant dans le genre, sera Orelsan. Le rappeur de Caen va mettre tout le monde d’accord à l’aide de morceaux relativement bien foutus. On passe sur le flow moyen du gars. Néanmoins, on a un peu zappé Dope D.O.D. et Assassin.

Un peu avant d’aller faire un stop du côté de Raelsan, il a fallu couper court à la Last Arena. The Flaming Lips, le groupe qu’on attendait comme le messie, a fait quelques étincelles, mais pas assez que pour mettre le feu à la machine de la plaine. Wayne Coyne lui-même n’a pas été jusqu’au bout de sa traditionnelle petite promenade en bulle, préférant se contenter d’un court instant de crowdsurf. La fête, qui a démarré en trombe par « Race For The Prize » et « The Yeah Yeah Yeah Song », se déroule davantage sur le podium que dans les champs d’eau et de terre. Grenouilles géantes, imagerie psychédélique défilant non-stop sur l’écran, lâcher de ballons et de confettis, … du Flaming Lips pur jus.

 La longue aventure s’achève par le set incontournable de The Rapture, qui répond présent pour la quatrième fois en un an sur le sol belge. La prestation est quasiment identique à celle présentée deux mois auparavant sous le Chapiteau des Nuits Botanique. « In the Grace Of Your Love » en guise d’entame, suivi d’une panoplie de tubes en puissance dont « Get Myself Into it », « Never Gonna Die Again », « Olio », « House Of Jealous Lovers » et un « The Coming of Spring » acclamé comme ze tube ultime, depuis qu’il a été popularisé par la série Misfits. Luke, Gabriel et Vito clôturent leur show ubber-efficace par « How Deep is Your Love? », notre chant du cygne en ce qui concerne cette édition.

Allez, soyons fou. Un petit tour très rapide du côté de la Magic Soundsystem, histoire de vérifier que C2C n’a rien perdu de son panache. D’un coup d’œil, le résultat semble plus mollasson qu’aux Nuits Botanique. Mais après 4 jours de boue dans les jambes, on ne jure plus de rien.

C’est l’heure. T’es complètement HS quand tu tires ta révérence à la Plaine de la Machine à Feu au bout de quatre journées pareilles. Avec quelques regrets, principalement dus à la limitation des possibilités de déplacements. Mais également, et surtout, des souvenirs plein la tête, comme d’hab’, à Dour !

(R.S.)

 

De violents orages ont éclaté tout l’après-midi. Je prends alors la route vers Dour. Arrivé à destination, sur le site, la boue a laissé place à une masse liquide. Et c’est parfois jusqu’aux genoux que les spectateurs s’enfoncent lors de leurs déplacements. Mais qu’importe, l’affiche proposée ce dimanche rivalise avec celle du Pukkelpop (NDR : ce qui n’a pas toujours été le cas, lors des éditions précédents).

Et tout d’abord, un groupe à ne manquer sous aucun prétexte : Chairlift. Il est d’ailleurs programmé dans les plus grands festivals (Primavera, Lollapalooza, …) Faut dire qu’il est responsable d’un somptueux opus en 2012. Intitulé « Something », je le réserve déjà pour mon top 20. Le set débute d’ailleurs par les deux plages qui ouvrent le dernier elpee : « Sidewalk safari » et « Wrong opinion ». Les différentes compos nous invitent à traverser les trois dernières décennies. Un zeste de shoegazing, de l’électro pop à la Stereolab et la voix de la charmante Caroline Polachek rappelant Harriett des Sundays. Bref un set qui confirme tout le bien que l’on pouvait penser de la formation de Brooklyn. Pas étonnant qu’Arte ait immortalisé ce concert (http://liveweb.arte.tv/fr/video/Chairlift_Festival_de_Dour/).

Et les bonnes surprises vont s’enchaîner sous le Club-circuit Marquee, puisque Baxter Dury va aussi assurer un max. Son dernier album, « Happy soup », était déjà une bouffée d’air frais dans le paysage pop anglais stéréotypé et/ou aseptisé. Sur les planches, il affiche une attitude désinvolte et décontractée. Il est vêtu sobrement d’un costume gris (dont il laissera tomber la veste en fin de parcours), et il a noué sa chemise d’une cravate noire. Il picole également entre les morceaux. Très british, n’est-ce-pas ? Droit comme un ‘i’, derrière son micro, on lui prête un petit air à la Neil Hannon (Divine Comedy). Ou encore au showman Ed Harcourt, surtout lorsqu’il s’énerve derrière les claviers. A moins, que ce ne soit carrément à son père Ian, quand il faisait le clown dans les shows télévisés des 80’s, comme sur « I want to be straight ». La claviériste ne manque pas de charme. Elle assure également les backing vocaux. Son timbre est empreint d’une grande douceur, et contraste ainsi avec la voix de baryton du leader, apportant davantage de piment aux harmonies vocales. Si la grande foule n’était pas présente, il s’agissait du meilleur show ‘pop’ de ce festival. Suivant l’adage : les absents ont eu tort !

Les fans de reggae sont un peu moins gâtés cette année à Dour. Mais Tiken Jah Fakoly va largement compenser cette situation. C’est le moment choisi par le soleil pour apparaître derrière la scène de la Last Arena. Le set de l’Ivoirien est toujours aussi coloré. Il balance ses textes revendicatifs, dans l’esprit de son dernier opus (« African revolution »). Même son t-shirt est séditieux. Il rend hommage à Patrice Lumumba. Pour l’histoire, il s’agit d’une des figures emblématiques de l’indépendance de Congo belge, assassiné à l’âge de 36 ans par des responsables de l'État du Katanga, avec la complicité de la sûreté d'État … belge ! Parmi les autres discours suscitant la polémique, on épinglera ‘Vous venez quand vous voulez en Afrique, mais ce serait bien que les Africains puissent aussi venir dans votre pays’. Heureusement, deux charmantes choristes adoucissent le ton des ses messages. Et puis, il y a la section de cuivres qui communique davantage de puissance et de chaleur à sa musique. Bref, un excellent concert qui vous réconforter du temps maussade présent lors de toute l’édition de ce festival.

Autres habitués à Dour, The Subways. Les musicos bondissent d’un côté à l’autre de la scène. C’est leur show ! Déjà conquis d’avance, l’auditoire laisse éclater sa bonne humeur sur « Rock’n’roll queen », interprété en milieu de set. Et en fin de parcours, Billy ose même un plongeon acrobatique dans la foule.

Pour mettre l’ambiance les Flaming Lips n’ont de leçon à recevoir de personne. Avant même que le concert ne débute, alors que Ponpon annonce le spectacle, Wayne Coyne déboule déjà sur le podium et invite le public de se rapprocher. Faut dire que malgré le retour du soleil, il est plutôt clairsemé ce dimanche. En fait, vu la météo, découragés, de nombreux festivaliers ont replié leurs bagages en cours de journée. Rapidement, la plaine de la Machine à Feu va se transformer en Plaine de jeux. Une pléiade de pom-pom girls (NDR : lisez bien pom-pom et plus Ponpon) recrutées sur le site, sont réparties de chaque côté de l’estrade. Des ballons et des confettis sont projetés sur la foule. Wayne se glisse dans son habituelle boule de plastique géante, et part se balader au-dessus des trente premiers mètres de l’assistance. Pas plus ! Le tout, sur fond sonore d’un « On the run » de Pink Floyd, revu à la sauce électro. Sans oublier le light-show arc-en-ciel et les projections vidéo sur grand-écran. Mais malgré cet énorme show, ponctué par l’interprétation de tubes, dont « The Yeah Yeah Yeah Song » (deuxième titre de la set list), le concert n’est pas vraiment exceptionnel…

Comme je le soulignais dans mon compte-rendu du samedi, c’est du côté de la Cannibal stage que l’ambiance est explosive. Et les vétérans du hardcore, Suicidal Tendencies, vont le démontrer une fois de plus. Malgré le départ de Robert Trujillo (NDR : il a milité chez Infectious Grooves et Black Label Society, collaboré avec Jerry Cantrell et Ozzy Osbourne, avant de rejoindre Metallica en 2003), on a toujours l’impression de voir débarquer un gang issu de Los Angeles. Points d’orgue de la prestation : « Pledge your allegiance ». A la fin du morceau, la foule commence à scander ‘S-T’ tout en dessinant ces deux lettres à l’aide de leurs mains. Et puis lorsqu’une bonne centaine de fans sont invités à monter sur le podium, invités par le leader Mike Muir, afin de célébrer une grande communion punk/hardcore, en famille.

Autre place, autre ambiance. Après avoir accordé un concert sold out au Cirque Royal, dans le cadre des dernières Nuits Botanique, The Rapture s’empare du Club circuit Marquee. Après un début en force (« Get Myself Into It », « The devil »), le set manifeste quelques signes d’essoufflement. Pourtant, leur funk dansant, agrémenté d’une petite touche électro 80’s à la P.I.L. et balayé par les interventions entraînantes du saxophoniste, a toujours tout pour plaire. En se produisant un peu plus tôt, et sur la grande scène, comme en 2007, l’ambiance aurait certainement pu monter d’un cran.

Car il est déjà près de minuit. J’aurais aimé revoir pour la troisième fois à Dour, Atari Teenage Riot. Mais le groupe est programmé de 1h30 à 2h30. Au bout de 4 jours de festival vécus dans des conditions climatiques difficiles, on est au bout du rouleau. L’heure est aux bilans. 158.000 personnes ont rallié la Plaine de la Machine à Feu. Nombreux se souviendront de cette 24ème édition. D’abord à cause de la boue et mauvais temps. Mais aussi parce qu’ils ont assisté à quelques bons moments dans une ambiance toujours aussi festive…

(S.L.)

Voir aussi notre section photos ici

 

Dour Festival 2012 : samedi 14 juillet 2012

Debout mes petits Français de Dour! Votre fête nationale, c’est sous la drache belch’ que vous la vivrez. Service minimum ce samedi de la part du festivalier qui a déjà deux jours d’exploration de marécages boueux dans les jambes.

Arrivée sur site vers 19h. Le set mollasson de Nada Surf sur la Last Arena ne donne pas vraiment envie d’y enfoncer les pieds. C’est donc sous le Club Circuit que tu cours ; enfin, tu te traînes, histoire d’être au sec, mais surtout en prévision du retour sur les planches de l’un des plus grands groupes hip hop old school.

Les Californiens de The Pharcyde débarquent sur le coup des 20h pour un vrai, grand live. Enfin, croisons les doigts pour que ce soit le cas. Ce ne peut pas être pire que Doom ou MF Doom ou whatever you wanna call him. Pas de masques, pas de Karaoké. The Pharcyde se la jouent 100% live. Un peu trop. Du coup, tout ce qu’on retient du set, outre une énergie indéniable et des tubes qui n’ont pas vraiment pris un quelconque coup de vieux, ce sont les incessants appels au public à la ‘When I say Phar, you say Cyde’, qui entrecoupent quasiment tous les morceaux du spectacle. Ok, les gars, on est bien là et on bien retenu votre nom !

21h, Bon Iver sous un ciel gris et dans des bottes qui pataugent dans la vase, ça donne pas envie. Mais vraiment pas. Les travaux de Justin Vernon sont de ceux qui vous dressent les poils de bras, vous filent une bonne chair de poule et vous donne envie de vous agripper bien fort à son âme sœur. Sauf qu’à la Last Arena, en l’état, on s’agrippe bien fort à son âme sœur mais pour d’autres raisons. « Perth » s’échappe des baffles et toi, t’es là, tu ressens rien. Rien du tout.

Y’a du Shantel dans la caravan palace à 22h. Le Shantel de l’occasion, celui qui va nous réchauffer un peu, c’est Parov Stelar. Sa caravan palace d’une heure, c’est le Dance Hall. Une musique festive, un peu électro, un peu retro, amalgame des deux formations précitées. Et si d’ordinaire, en période de chaleur tropicale, on ne s’y serait peut-être pas arrêté, le dance Hall se transforme en abri idéal. La Grand-Messe du Parov Stelar Band va faire plus d’un adepte, d’autant plus que le chapiteau est rempli à ras-bord. Musicalement, la prestation manque fortement de solidité mais dans ces circonstances, rien à battre.

Circulez, entre 23h et minuit y’a rien à voir. On se cale donc gentiment dans le Club Circuit en attendant la paire de Shoes. Et The Shoes, ils vont t’en mettre, de la claque ! T’avais bien entendu ici et là qu’ils n’étaient pas trop mauvais en live. L’euphémisme. Le duo, ici flanqués de quelques potes, histoire de bien battre du fût, t’ont retourné le chapiteau en cinq minutes chrono. Probablement la meilleure surprise de l’édition 2012. Même un morceau plus calme comme « Wastin’ time » prend une dimension autre sur scène. Le duo de Reims à tapé dans le mille, au moment où le public en avait le plus besoin. Une petite montée d’adrénaline sur le désormais classique « Time to Dance » et un énorme set, visible en intégralité sur le site du festival, via Arte.

Un peu de Club Cheval pour suivre. Le quatuor, en mission DJ Set, bourre dans le tas avec des beats grossiers. Aucune importance. Plutôt danser que d’envisager la longue route du retour. Un cheval ? Ouais, ce serait pas mal, là…

(R.S.)

 
Pour votre serviteur, cette journée est la plus ‘pauvre’ en matière de programmation. A contrario du jeudi ou du dimanche, il faut parfois se gratter la tête pour élaborer son planning…

C’est la tournée d’adieu de Marcel et son Orchestre. Ils se produiront pour la toute dernière fois, cependant, dans leur fief, à l’Aéronef de Lille. En attendant, la bande de gais lurons s’arrêtaient à Dour, le jour de fête nationale française. Etonnant, leurs tenues de scène sont particulièrement sobres. Et le début de leur set est tout aussi réservé. Un premier acte au cours duquel les Ch’tis vont nous livrer une prestation plus cabaret. Avant d’en revenir à leur ska rituel dont l’impétuosité va inciter les premiers rangs d’un Dance hall bien rempli, à se remuer…

Autre lieu, autre style. La Petite maison dans la prairie accueille The War On Drugs. Le sombre chapiteau convient bien à l’ambiance psychédélique cultivée par le groupe. De nombreux spectateurs sont d’ailleurs assis sur le plancher. Bien que le combo soit issu de Philadelphie, il émane un parfum d’Ouest américain, tout au long de leur set. Les aficionados de Neil Young devraient apprécier. Epurées, les mélodies d’Adam Granduciel sont aventureuses. Mais certaines compos tirent un peu en longueur. Faut dire que l’ombre de Kurt Vile plane toujours au-dessus de la formation. Et ce n’est que dans quelques heures qu’il fera son apparition, flanqué de son nouveau band, The Violators.

Peu d’ambiance face à la Last Arena en ce début de soirée. Nada Surf est venu défendre son septième opus, « The Stars Are Indifferent To Astronomy ». Excellent, par ailleurs. Mais le public reste de marbre. Il faudra attendre les dix dernières minutes de la prestation pour que la foule se réveille. Et pour cause, le combo aligne ses vieux tubes. Dont le college hit « Popular » et un « Always love » interminable. Nada Surf serait-il devenu uniquement une vieille gloire issue des 90’s ? En tout cas c’est toujours l’impression que me laisse le groupe yankee, chaque fois que je le revois en ‘live’…  

A l’instar de Grizzly Bear et de Fleet Foxes, Bon Iver et incontestablement un des fers de lance de la nouvelle vague pop/rock étasunienne. La foule se masse devant la grande scène. Malheureusement, si leur prestation est techniquement irréprochable, elle est tout bonnement soporifique. Un titre de leur set résume le set : « Holecene ». Parfaitement interprété, ce titre, on n’en voit jamais la fin. Le type de concert qui s’apprécie confortablement assis, au Cirque royal, en plein… hiver. Faut dire que leur light show n’est pas de nature à bousculer la galerie. Quelques lampes et bougies, placées en front de scène, entretiennent un univers paisible. Même « Skinny love », traduit en tube après la cover opérée par Birdy, ne parvient pas à déclencher l’étincelle…

Pour enfin assister à un auditoire qui déménage, ‘the place to be’ est incontestablement la Cannibal stage. Le temple des fans du métal et du hardcore. Devant le podium, une mini-estrade a été installée afin que les slammers puissent s’en donner à cœur joie. Passé le combo noir/jaune/rouge Do or Die, Heaven Shall Burn secoue littéralement le cocotier. On se souvient encore de leur set accordé sur la Plaine de la Machine à Feu, en 2008. Depuis, le band allemand n’arrête plus de propager le feu, partout où il passe. Comme lors de la dernière édition du Groezrock. Des conditions optimales pour réitérer leur performance. Le set commence sur des chapeaux de roue –ou plutôt des roulements de tambour– par « Counterweight ». Les pogos et autres ‘circle pits’ sont cependant adoucis par les discours ‘straight edge’ du sympathique chanteur.

Le meilleur moment de la soirée nous a été accordé par Kurt Vile and The Violators. Pour rappel, le collectif a publié son premier elpee chez Matador. Un label notoire chez qui ont transité ou militent encore Mogwai, Superchunk, Interpol ou Yo la Tengo. Une fameuse référence. Le band nous réserve ses « Jesus fever », « Baby’s arms », « On tour » et « Ghost town ». Le décor est ainsi planté. Au beau milieu d’un désert américain. Lieu de rencontre entre le folk rock naturellement hérité de leur passé et le grunge de leurs grands frères. Cependant, sur les planches, Kurt Vile se comporte comme Jay Mascis (NDR : c’est le leader de Dinosaur Jr. !), la veille. On est en plein univers shoegazing. Sourire ou tentative de communication sont aux abonnés absents. Le chanteur dissimule son visage derrière sa longue chevelure bouclée. Mais on s’en fout, car ses lyrics tiennent parfaitement la route. Kurt a aussi une bonne voix. Enfin, Vile est un excellent songwriter qui marche tout simplement sur les traces de Bob Dylan et de Lou Reed…

Après avoir vécu ce grand moment du festival, je retourne à la Cannibal Stage. Avec des pieds de plomb (NDR : ou plus banalement les godasses couvertes de boue). A l’affiche, Punish Yourself. Ben oui, c’est du déjà vu et entendu. Pas de révolution majeure dans leur show. Les tenues fluo sont toujours de rigueur. La danseuse fétichiste cherche à allumer la foule, tout comme les quelques effets pyrotechniques. Pas étonnant d’ailleurs qu’un pompier soit attentif au déroulement des événements, près de l’estrade. Musicalement, pas de grande révolution. La musique baigne au sein de l’indus, mais l’électro(cardiogramme) demeure malencontreusement plat. Un show plus agréable à voir qu’à écouter. A cet instant, la foule commence à envahir le site…

Les clubbers du samedi soir rendent la circulation entre les podiums de plus en plus difficile. C’est donc l’heure de rentrer au bercail, d’autant plus que demain devrait être riche en découvertes…

(S.L.)

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