La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Cactus 2009 : samedi 11 juillet

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Pour  ma première participation au Cactus, je dois avouer être tombé sous le charme de ce festival. Ambiance décontractée, cadre sympathique et programmation à la hauteur. Que demander de plus ? A contrario du Main Square d’Arras, auquel j’avais assisté la semaine précédente, celui de Bruges a le mérite de rester à dimension humaine. Mais malgré cet aspect convivial, l’édition 2009  a tout de même battu son record d’entrées, en enregistrant plus de 27.000 spectateurs !

Après avoir fait l’impasse sur la prestation de Joe Gideon & The Shark, pour cause d’arrivée quelque peu tardive ; c’est avec joie que je retrouve 65daysofstatic. Fabuleux groupe de scène, les Anglais font honneur à leur réputation en dispensant, à mes yeux et mes oreilles, le meilleur concert de la journée ! L’énergie, la puissance scénique et les compositions, tout y est pour séduire un public déjà présent en masse. Leur mélange de post-rock rageur et d’électro fait des ravages. C’est un véritable mystère que ces natifs de Leeds peinent à percer hors des frontières anglaises et belges…

Grosse pression pour le groupe suivant après une prestation si solide ! The Black Box Revelation y parvient pourtant haut la main. Une semi-révélation (!!!) pour ce duo flamand considéré comme un excellent groupe de scène. Jan Paternoster possède des qualités vocales indéniables. Leur rock ’n roll est énergique à souhait et impressionne un public qui en redemande. Il n’est pas trop éloigné de celui des White Stripes. Au vu de leur prestation, on comprend pourquoi dEUS les avait choisis comme première partie lors de leur dernière tournée et pourquoi le tandem a récemment gagné l’Humo Rock Rally.

Davantage de douceur lors de la prestation de Joan As Police Woman. Le début du set de la très séduisante New-yorkaise est un peu poussif et plat ; mais la compositrice américaine relève joliment la barre lors de sa deuxième partie de parcours. Ses qualités vocales sauveraient de toute façon un concert, même moyen.

Les Cold War Kids sont en retard. Des soucis de soundcheck ! Heureusement ces problèmes ne vont pas les empêcher de livrer un show plus que convenable. L’émotion se dégageant de leurs chansons est toujours aussi omniprésente et palpable. Leur rock teinté de soul écorche et séduit en même temps. J’assiste néanmoins à leur prestation en dilettante, afin de visiter quelque peu les lieux. Etape nécessaire et indispensable lors d’escapades festivalières.

Un nombre impressionnant de spectateurs se sont agglutinés devant le podium. Supergroupe américain formé par les vétérans Mark Lanegan et Greg Dully, The Gutter Twins va bientôt monter sur les planches. Pour l’occasion, les jumeaux se produisent en trio (le guitariste Dave Rosser les accompagne). Pendant une bonne heure, leur set acoustique comble les fans mais séduit aussi le reste de l’audience. Les Gutter Twins ont même droit à une ovation lorsqu’ils entament « God’s Children ». Le groupe entame à Bruges leur première date d’une mini-tournée des festivals européens. Leur prestation est excellente. Faut dire que les magnifiques voix des anciens leaders d’Afghan Whigs et des Screaming Trees se conjuguent parfaitement en harmonie. Bien sûr, leur musique s’exprimerait probablement encore mieux en salle. Rien de neuf à l’horizon ; c’est une remarque récurrente lors des festivals !

La star flamande Novastar s’est fendue d’une prestation honorable. A l’image de sa musique : relativement ennuyeuse. Joost Zweegers honore toutefois son répertoire de très belle manière. Le public brugeois apprécie ; mais je ne connais pas suffisamment les compos de ce combo pour pouvoir adhérer complètement à son show. Certaines chansons comme « Mars Need Woman » ou « Never Back Down » sortent néanmoins du lot.

A l’issue du concert de la star flamande, la fin de soirée approche à grand pas pour votre serviteur. Et je n’ai pu malheureusement suivre attentivement la prestation du ‘Modfather’, Paul Weller ! La journée avait été un peu trop arrosée… Dans ces conditions, difficile de rédiger un compte-rendu objectif. Heureusement Sam veillait au grain…

Paul Weller n’a pas déçu. Flanqué d’un backing group, il a joué avec sa dose habituelle et nécessaire de ferveur pour interpréter les compos de son dernier et brillant opus, « 22 dreams ». Il a également puisé dans le répertoire de Style Council dont un « Shout to the top » plein d’âme et celui de Jam, en concédant un « Eton rifles » percutant et vigoureux. Parmi ses compos les plus anciennes et ouvertes à l’impro on retiendra surtout « Porcelain gods » et l’inévitable « Changingman ». Le classique intemporel « Wildwood » a été imprimé sur un tempo plutôt original. Ses interprétations sont imprévisibles mais talentueuses. Il n’est jamais sur pilotage automatique. C’est ce qui fait sa force et ce qui explique pourquoi on aime Weller. Ainsi ce soir, il n’a pas opté pour une setlist de « Greatest hits ». Et les véritables aficionados ont vraiment apprécié sa démarche. Weller était la tête d’affiche de cette soirée, et il a remarquablement défendu son statut. Un des meilleurs concerts du festival, assurément ! (Sam De Rijke ; adaptation B. Dagnies)           

 

Ardentes 2009 : samedi 11 juillet

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Un samedi soir dans la cité ardente. A l’image du vendredi, ce samedi 11 juillet s’annonce très festif. Cependant, plus encore que les jours précédents, c’est une programmation sensiblement plus bigarrée qui s’offre aux visiteurs. Du son pour toutes les oreilles et pour toute la nuit : rock, pop, trip-hop, électro/house, dubstep, drum’n’bass… Les influences se côtoient, puis s’associent et s’entremêlent. Dans l’espace qu’elles creusent, elles se lovent et s’épousent, distillent subtilement, dans cette nuit sonore qui s’égrène, des nectars les plus sombres aux sucs les plus radieux, des sèves les plus douces aux crus les plus rythmés. L’âme s’apaise, les cœurs bondissent. Chaque musique a ses couleurs. Délicates ou explosives, brusques ou nuancées. Ici, très mystérieusement, le plus subtil rejoint le plus bruyant à la lisière du sublime.    

Trois membres du collectif liégeois Jaune Orange étaient conviés à ouvrir le chemin musical de cette troisième journée. Tandis qu’Airport City Express et les très prometteurs Malibu Stacy gravissent la scène de l’Open Air, Dan San se charge, par la caresse, de réveiller avec tendresse l’à peine endormie HF 6, de sa pop acoustique et très mélodieuse.

L’écrin électro/pop s’ouvre très rapidement dans la soirée sur les talentueux John & Jehn. Le duo fait son cinéma, et ça marche ! Les french-lovers dandys exilés à Londres nous immergent subrepticement au sein d’un univers sombre. Atmosphère éclipsée par des stroboscopes aveuglants qui plongent le spectateur dans des eaux troubles et sombres d’un  film en noir et blanc. Comme le décor granuleux d’un film de Cassavetes, l’image s’imprime sur la scène de l’HF 6. On en revient donc à la description développée lors de ma chronique de leur album éponyme, le 7 juillet dernier : ‘Elle, Camille Berthomier, clavier, voix, basse. Lui, Nicolas Congé, chant, guitare, basse. Le couple, à la ville comme à la scène, affiche une attitude sombre, stylisée et sensuelle. A l’image de The Kills, le couple s’harmonise; le son et les voix s’épousent, s’entrelacent, fusionnent en pop. Malgré les influences évidentes du Velvet Underground et de Joy Division, John & Jehn parviennent à créer leur propre monde musical. Minimaliste et puissant. Une musique magnétique et sensuelle affichant un romantisme désabusé. Un rock garage crasseux aux riffs qui montent en colère pour atteindre le larsen et parfois effleurer la noisy’. Et cette intelligente fusion est soutenue par une boîte à rythmes omniprésente et efficace. Hormis quelques imperfections de jeunesse, John & Jehn est indéniablement un groupe en devenir.

A peine le temps de traverser le sentier des saveurs, pour y découvrir Triggerfinger. Le trio anversois ronronne sans complexe et nous assomme d’un rootsrock puissant. Une voix forte, des riffs furieux et une basse hyper puissante soutenue par une batterie qui frappe en rythme. Un rock classique sans tâche qui révèle trois excellents musiciens sur scène. Le public tombé par accident face au trio explosif se laisse facilement porter par le son énergique du groupe. Pari gagné par les trois Anversois. 

Quand la voix casse, rien ne passe ! Celle de José Reis Fontao, leader de Stuck in the Sound, devait déclarer forfait à la dernière minute. Heureusement, Hollywood P$$$ Star n’avait que quelques marches à gravir pour fouler la scène de l’HF 6. Soulignons quand même l’efficacité et la disponibilité de la formation liégeoise. Alors que le groupe prépare son cinquième album, l’excellent quatuor belge nous livre une prestation sans complexes. Pas de vacances pour HPS ! Les locaux nous offrent un set puissant et électrique. Electricité qui vibre encore sur le personnel de sécurité monté sur scène pour transformer le quatuor en quintette. Performance qui nous donne envie de découvrir le cinquième opus au plus vite. 

Les groupes liégeois et le collectif Jaune Orange sont décidément à l’honneur ce samedi. The Experimental Tropic Blues Band  illustre de nouveau l’étendue musicale qui réside au sein de la scène de la Cité Ardente. Les volcaniques Dirty Wolf, Boogie Snake et Devil Inferno  nous plongent dans l’enfer sulfureux de leur très particulier boogie/blues/punk-rock ! Guitares en avant et batterie omniprésente, le trio incendie véritablement la foule. Difficile de rester passif face à une prestation aussi explosive. Au fil du temps, The Experimental Tropic Blues Band se forge, à coup de riffs tranchants, une place incontournable dans la scène rock belge.

Pas de répit pour les tympans : les incendiaires Peaches déboulent sur la plaine ! Festivalier convaincu ou non, les pyromanes canadiens vous embrasent de leurs délires électro punk/rock. Au plus grand plaisir des festivaliers, Merril Beth Nisker, ‘reine trash de l’électro-clash’, ne compte pas perdre sa couronne. Sexe et provocation sont omniprésents. Showgirl impulsive, Nisker plonge soudainement sur la foule et se lance dans un interminable stage diving qui la mènera des planches à la régie. Elle marche radicalement sur la foule. C’est alors que la guitariste prend place au centre de la scène. Equipée d’un bustier, de porte-jarretelles et de cuissardes noires, la belle blonde longiligne nous offre des solos guitares électriques. Pas de temps de pause chez les pompiers pyromanes de Toronto. Certainement l’un des plus excentriques et décalés concerts des Ardentes 2009.

La nuit tombe sur un Parc Astrid qui descend progressivement en décibels. Les festivaliers encore subjugués par la performance de Peaches attendent sereinement la venue de Tricky.  Le soundcheck annonce lentement la venue d’Adrian Thaws. L’ancien membre du collectif Wid Bunch et de Massive Attack fait partie des valeurs sûres de la première génération trip hop. Malheureusement, l’attente débouche sur une déception ; et la prestation ne va exclusivement plaire qu’aux oreilles fatiguées. Thaws se conforte dans le coton et nous offre une setlist qu’il ressasse depuis 2 ans, sans enthousiasme. Trop introspective, cette valse de 2 ans s’enlise dans le confort feutré du déjà entendu mais souffre terriblement de cet autisme et ne rencontre que peu d’échos. Le public en mal de sensations fortes tombe rapidement dans l’ennui. Un Tricky trop linéaire qui a tout intérêt à se renouveler d’urgence, sous peine d’extinction…

Désertant progressivement l’HF 6, la foule prend lentement la direction du gazon. NTM ou demi-NTM, les lascars de la Seine-Saint-Denis restent, malgré les années et les générations, un événement rap incontournable. Absent pour sculpture sur voiture, Joey Starr laisse le soin à Kool Shen et ses invités (Salif et Lord Kossity) d’assurer le spectacle. Bruno Lopes use intelligemment  de son expérience et de son professionnalisme pour offrir un service minimum à des fans conquis depuis longtemps. Mettre le feu sur la plaine était dès lors un jeu facile. Resservir un petit « Pass Pass Le Oinj » ou « Ma Benz » devenait un exercice aisé. Bref, peu importe la substance musicale, le résultat prime. Par contre, il me semblait parfaitement inutile de ‘victimiser’ notre ‘ami’ Didier Morville. Au lieu de faire de la démagogie de comptoir, Kool Shen aurait dû se contenter de nous servir quelque mauvaise reprise de Suprême NTM. Lorsqu’il harangue les spectateurs, prenant voix pour Joey Starr, lors d’un merveilleux : ‘Les gens comme nous (entendez ‘les stars du showbizz’) sont en justice défavorisés !!!’, j’explose… de rire ou d’indignation.

Tom Barman aux commandes de Magnus clôture la soirée open air dans un joyeux bordel ! Quand le leader de dEUS s’amuse, il ne le fait jamais seul. Le monstre anversois livre un set électro fidjet maladroit mais essentiellement généreux qui invite le public à envahir la scène,  transformant ainsi la totalité de la plaine en une prodigieuse free party…

Merveilleuse invitation à poursuivre les festivités en indoor.

(voir aussi notre section photos) 

 

Ardentes 2009 : vendredi 10 juillet

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15 mille visiteurs vont traverser les portiques d’entrée pour cette deuxième journée… Vu le line-up en ‘spotlight’ sur le podium rap/hip-hop et électro/techno, les festivaliers étaient venus en masse pour faire la fête sur les bords de la Meuse. Pour accueillir ce flux massif de fêtards, les organisateurs avaient prévu d’agrandir la scène indoor d’un très festif Aquarium. Salle en prolongation de la HF 6 ouverte pour 2 jours (vendredi et samedi) et fermant ses portes à 6h00. Hormis quelques exceptions, la configuration générale invite clairement le visiteur à venir écouter du rap sur l’Open Air et à participer à une grand messe électro/techno dans les sulfureux HF 6 et Aquarium jusqu’à l’aurore.

En début d’après-midi, l’Open Air accueille la sensation pop française du moment : Sliimy. Après une première partie de Britney Spears ce 6 juillet à Paris, le jeune Stéphanois foule timidement les planches des Ardentes. Dans une configuration classique (chant, guitare, basse et batterie), le quatuor nous livre un pitoyable spectacle où seuls la veste mauve et le gant orange jureront d’excentricité. Quelques sourires idiots et quelques gambades de cabri  viendront épicer une performance exsangue et sans grand intérêt. Le ‘Prince’ de la génération lol n’aurait jamais dû déserter son monde virtuel. On s’ennuie fermement.

Formé à Londres en 2003 autour de Matthew Swinnerton et Jamie Hornsmith, The Rakes représentait l’un des rares groupes pop/rock du jour. Le quintette britannique venu nous présenter son dernier opus « Klank », sorti le 23 mars dernier, devait affronter une foule venue massivement découvrir d’autres horizons sonores. La nouvelle sensation britannique nous livre un set soigné et élégant mais souffrant cruellement d’une carence de puissance. Une setlist trop linéaire et sans âme. Le charme n’opère pas auprès du public. Pas de connivence. Aucune interaction. Le groupe n’arrive jamais à convaincre.

Il faudra attendre 19h30 pour que la plaine du Parc Astrid connaisse ses premières envolées musicales. Déjà présents sur le site en 2007, les Etasuniens de !!! (Chk Chk Chk) remettent le couvert et nous invitent à danser sur leur joyeux bordel. Leur dance-punk-groove-électro… agite un public resté jusque là amorphe. Nick Offer parvient très vite à transmettre sa folie contagieuse. Il est présent sur scène et hors scène. La bête Offer (héritier de la scène hardcore) se réveille et plonge dans la foule, excite ses fans… La machine à danser est lancée et personne ne l’arrêtera. Le plaisir d’être sur scène se communique et il le fait à merveille.

La plaine à peine sortie de sa léthargie s’apprête alors à accueillir les deux phénomènes hip-hop américains de la journée : Q-Tip et Method Man & Red Man. Genre musical qui indéniablement attire les foules et pousse au beat time.

Intolérable !!! Non pas tant le retard d’une heure de Method Man & Red Man que la désinvolture affichée par les deux hommes. Le duo new-yorkais livre cependant un gangsta rap extrêmement efficace face à un public préalablement acquis et pas rancunier. Pour le reste, no comment !

Accompagné d’un combo jazz-funk, Q-Tip nous offre à entendre un rap généreux parsemé   de soul et de groove. Figure importante du hip-hop US, le rappeur new-yorkais ne recevra cependant pas les clameurs méritées d’un public déjà secoué par le set mordant des deux phénomènes rap US du moment.

Une foule bouillante attend impatiemment l’un des autres phénomènes musicaux de la journée : Gossip. Toujours armée de son humour décapant et de ses paroles de féministe militante, la reine underground de Portland continue sa campagne contre la dictature de la maigreur. Une véritable performance. Son rock terriblement efficace secoue littéralement la plaine et sa voix la traverse sans obstacle. Pas de stage diving pour Beth Ditto mais une énergie folle et une sensualité débordante. Résultat explosif !  

Le très Français Etienne de Crecy vient alors porter le coup fatal à la main stage. Un live électronique aux sons et lumières impressionnants envahit un parc Astrid déchaîné et noir de monde. Bonne entrée en matière pour annoncer une soirée totalement dédiée à l’électro dans les 2 salles indoor. 

(voir aussi notre section photos)

Ardentes 2009 : jeudi 9 juillet

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Les portes de la quatrième édition de l’électro rock festival de Liège se referment sur les 57.000 visiteurs du bord de Meuse. Malgré le sismographe arrêté, des effluves de musiques mêlées ondulent encore sur les vagues du fleuve. Jeune festival aux ambitions grandissantes, les Ardentes affichent un bilan 2009 globalement positif. Les caprices météo et les annulations en série n’ont pas réussi à jeter des ombres sur l’événement : la diversité sonore et l’originalité de la programmation ont séduit un large public. Entre groupes accomplis et découvertes, les Ardentes 2009 nous offrent à entendre un large éventail musical s’ouvrant et se fermant de 13h00 à 06h00.

Faisant fi de tout clivage musical, le festival invite sur scène des formations aux univers divers, quelquefois divergents, qui se conjuguent et s’entremêlent sur un site et trois scènes. Ainsi, la HF 6, scène indoor tamisée de clairs-obscurs aux atmosphères moites, nous invite à fouler le pavé romain du sentier des saveurs pour nous plonger dans les ambiances lumineuses de l’Open Air. La nuit tombée, le public serpente massivement vers le brumeux Aquarium où se noient, à foison, images et sons électro. La cité ardente ne dort jamais et le festival en est le reflet.

La  programmation 2009 surprend par son éclectisme et conjugue un public de tous les  horizons musicaux. Cette diversité sonore est certainement à l’origine du succès précoce rencontré par le festival liégeois. Sans afficher complet, les genres musicaux se distillent intelligemment sur les quatre jours, et l’affluence s’équilibre en fonction des goûts musicaux. On observera principalement deux catégories de public : les festifs et les amoureux de la musique. Ce phénomène peut aisément se lire en filigrane sur la grille de programmation.

Ainsi, le vendredi et le samedi aux horaires insomniaques mettront, très à propos, l’accent sur une scène Rap et électro délibérément entraînante invitant les festivaliers à la danse. Un souffle sonore se promènera sans interruption de l’Open Air jusqu’à l’Aquarium de 13h00 à 06h00. Jours interminables qui érodent souvent l’attention du spectateur lors des performances de l’après-midi.

Le deuxième axe –jeudi et dimanche– se focalise davantage sur la qualité des groupes programmés. Une dense concentration d’artistes confirmés fait subtilement place à la découverte. Pas d’étiquette pour les Ardentes : Julien Doré se glisse discrètement entre Sharko et Supergrass tandis que Kid Cudi affronte Emilie Loizeau et Mogwai introduit le Grandmaster Flash !          

Le succès du festival repose précisément sur cette diversité des genres où se côtoient rock, electro, hip-hop, house, techno, drum'n'bass, soul, chanson française, folk, pop… Ce brassage peut déplaire aux puristes mais porte ses fruits. Les Ardentes se portent de mieux en mieux et affichent une sérénité digne des grands festivals de l’été et, cela, après sa quatrième édition seulement. Fabrice Lamproye porte d’ailleurs un regard serein sur l’événement : ‘malgré une conjoncture difficile, des annulations sur lesquelles nous ne reviendrons plus et une météo capricieuse, le bilan est positif’. Bilan qui justifie amplement les investissements opérés par les organisateurs et le remaniement des infrastructures.

Jeudi 9 juillet.

13h10 : le festival ouvre ses portes et accueille les premiers visiteurs sous le son cuivré de 40 tubas et trombones. Le site accueillera onze mille festivaliers pour ce premier jour. Au menu principal : Thomas Fersen, Mogwai, Emiliana Torini, Grandmaster Flash…   

The Bony King of Nowhere ouvre tendrement les hostilités. Digne représentant de la prolifique scène gantoise, le groupe chatouille de sa plume douce et aérienne la plaine et les oreilles des premiers arrivants. Les jeunes Gantois aux visages de poupon nous livrent en toute élégance et simplicité une pop tout en douceur. Le groupe est venu confirmer, de la sorte, ses performances préalablement remarquées à l’Ancienne Belgique et lors des Nuits du Botanique en mai dernier.

Malgré la polémique suscitée autour d’Orelsan et sa déprogrammation des Francofolies de la Rochelle, le nouveau rappeur français en vogue est bien présent sur la scène principale des Ardentes. Ses textes, aux relents misogynes et souvent de mauvais goût, n’empêchent pas le moins du monde les ados, présents en nombre sur la plaine, de ‘jumper’ sur les airs du jeune Caennais.    

Deux heures ont suffi pour imprimer le ton dominant des Ardentes 2009 où s’entremêlent pop/rock, rap et électro. Ainsi, la programmation nous invite à investir la HF 6 pour y découvrir les excellents Get Well Soon. Remarqué lors d’une première partie de Calexico à l’Ancienne Belgique, le groupe berlinois compte vraisemblablement parmi les révélations électro/pop de l’année 2008. Projet musical articulé autour du surdoué allemand Konstantin Gropper, il nous convie à découvrir son premier elpee « Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon ». La formation nous entraîne vers des eaux troubles mais hypnotiques. Une atmosphère éclipsée par des stroboscopes blancs qui plongent le spectateur dans le décor grenu et sombre d’un bon film en noir et blanc. Une substance musicale atmosphérique traversée par des éclairs de guitare en colère qui finissent par électriser la salle de sons noisy stridents. La voix de Gropper aux inflexions multiples, oscillant de Thom Yorke à Leonard Cohen, nous livre les clefs d’une pop/rock furieusement lyrique, tragiquement romantique. La HF 6 rencontre d’emblée l’un des meilleurs moments électro/pop de ce festival.  

Après un Herman Dune insipide et un Joshua sans éclat, la délicieuse et pétillante Emily Loizeau gravit les marches à son tour. Du haut de son perchoir et vêtue d’une magnifique robe blanche, l’ange franco-britannique nous livre un set qui vous caresse les oreilles et vous invite à quelques jolies balades champêtres. Une image pleine d’élégance et de sagesse comparable à celle d’une Camille endolorie. Un peu trop sage peut-être…

La nuit tombe sur l’inclassable Thomas Fersen. Vêtu de sa plus belle robe de mariée, le chanteur fou nous engage à pénétrer son univers surréaliste. Affichant son habituelle nonchalance ‘surjouée’, le poète du quotidien nous abreuve de paroles sur des airs de variété française ingénieux. Fidèle à lui-même, il distille des mots acides et verse dans l’autodérision avec beaucoup de talent. La chanson française est à la fête et s’accompagne d’ukulélés, de tambourins, de contrebasses... Rien de sérieux, en somme. C’est là la touche personnelle de Thomas Fersen et cette légèreté insolente touche.

Pas le temps de terminer la dernière valse Fersen. Le son guide irrépressiblement nos oreilles vers la HF 6 préalablement chauffée par Metronomy. Sur scène, rien de moins que les talentueux Ecossais de Mogwai. Valeur sûre de la scène post-rock qui nous avait, néanmoins, déjà déçus par le passé en affichant des sets trop atmosphériques virant parfois à l’ennui. Ce jeudi soir, les Glaswegiens avaient résolument décidé de faire exploser tous les sismographes liégeois. Le voyage électrique commence et nous plonge dans un univers de sons d’une pureté enivrante. La collision des sons est jugulée, la substance sonore distillée savamment. Guitare en avant, la gifle noisy s’élève crescendo,  en bourrasque, brisant les mélodies les plus calmes pour s’élever à un degré de saturation parfaitement contrôlé et justement dosé. Le spectateur en lévitation vibre de sueurs électriques, le mur Marshall lève encore de la voix pour un final explosif. Mogwai, une expérience vivement déconseillée, voire interdite, par tout ORL qui se respecte.

C’est le cerveau embrumé et les tympans dévastés que nos corps prennent la direction de la plaine où Emiliana Torrini est chargée de remplacer la très attendue Lauryn Hill et de clôturer la soirée Open Air. La chanteuse islandaise nous livre un set tout en douceur aux inflexions vocales propres aux chanteurs scandinaves qui invitent subtilement au voyage. Sous une pluie battante, le groupe scandinave prend des allures féériques. Un trip hop délicat et léger qui berce nos sens dans la magie pure du son. Un final agréable mais bien trop calme pour la main stage.

On retrouve très rapidement la foule qui avait déserté Emiliana Torrini, dans l’HF 6 où, parallèlement, le mythique groupe new-yorkais de Grandmaster Flash est tout simplement occupé de mettre le feu au dance floor. Un indoor comble et volcanique aux têtes sautillantes sur les ‘tubesques’ morceaux de Joseph Saddler, pionnier du rap, du hip hop, du scratch et du remix. Enfin, Sonar envahit à son tour une salle déjà incandescente pour clore cette première journée.

Ce jeudi 9 juillet se referme sur un paysage musical kaléidoscopique éclairé principalement par trois prismes : les talentueux Allemands de Get Well Soon, les très électriques Ecossais de Mogwai et le volcanique Grandmaster Flash… 

(voir aussi notre section photos)

Couleur Café 2009 : dimanche 28 juin

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Troisième jour. La prise de risque a été payante. Pas une goutte de pluie. De quoi pleinement profiter du festival, de son marché, de sa scène ‘open air’ ou encore de son inévitable ‘Rue du Bien Manger’ et de ses délices multiculturels. Petit bémol, la visibilité du village ONG est, cette année, insuffisante…   

Zap Mama a ouvert les festivités du dernier jour sur le ‘Titan’. Marie Daulne y a présenté « ReCreation ». Lors de la confection de ce dernier opus, elle a reçu le concours de pointures comme G. Love, Bilal ou encore Vincent Cassel (!). Sur les planches, c’est le frangin Jean-Louis Daulne et les quatre chanteuses originelles de la formation qui accompagnent la Belgo-congolaise. Après son étape à Couleur Café, celle-ci s’envolera en juillet vers la Nouvelle Orléans. Elle se produira également dans le cadre du prestigieux festival Lollapalloza, à Chicago. Ca marche plutôt bien pour la belle.

Plus loin, sous le chapiteau ‘Univers’, le grand Solomon Burke prend place sur un trône s’élevant au milieu de la scène. Réduit à la station assisse pour des raisons médicales, l’homme n’en reste pas moins un véritable showman. Après un départ un peu quelconque, le chanteur de blues invite le fantôme d’Otis Redding et change la donne. La foule se rassemble devant lui à une vitesse exponentielle. Il invite sa fille pour un increvable « I Will Survive », avant d’être rejoint sur le podium par quelques veinards des premiers rangs. Des filles en majorité, of course ! Elles se déchaînent devant le roi qui, de son trône, semble se régaler. Sa voix est puissante, mais Burke calme les ardeurs de certaines en entonnant un sympathique « Stand By Me » avant de leur balancer un petit « Proud Mary » qui les mettra sur les genoux. Les invités inopinés risquent bien de se rappeler longtemps de leur visite au festival !

La grâce de l’âge. Cesaria Evora, qui avait fait faux bond au festival l’an dernier, par ordre de la faculté, est de retour dans la capitale. Elle est en forme. Son vécu se lit sur le visage de la grande dame tandis qu’elle enchaîne les rythmes chaloupés de sa discographie dont le meilleur est rassemblé sur le best of « Radio Mindelo », sorti l’an dernier.

Bénabar lui succède sur les planches de la même scène. Une chose est sûre, que l’on soit fan ou pas, on ne peut pas prétendre que Bruno Nicolini ne sait pas chauffer une salle. Le Français sautille de gauche à droite. Il se plaint tour à tour de la ‘fille qui habite chez lui’, de Muriel qui veut par dire ‘oui’ à son pote désespéré, du mec qui se la pète alors que ‘pas du tout’, des ‘dîners’ imposés ou encore de ‘l’effet papillon’ qui fout la merde du Cambodge au Val-De-Marne. Loin d’être ‘infréquentable’, le jeune homme s’approprie les lieux comme s’il y vivait. Le tout, avec humour et dérision.

Au final, ce sont près de 78.000 personnes qui se sont rassemblées l’espace de trois jours sur le site de Tour & Taxis. Un bien bel anniversaire, si l’on fait fi de la disparition de l’Electro-World et des régies son et vidéo de la scène ‘Titan’, bien sûr. Qu’on se le dise, le festival et son tout nouveau camping urbain réservé aux non-Bruxellois prendront à nouveau leurs quartiers l’an prochain à Tour & Taxis. Après une telle édition, on y sera plutôt trois fois qu’une !

Organisation : Zig Zag.

Couleur Café 2009 : samedi 27 juin

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Deuxième jour. Le soleil est toujours aussi présent, accompagné de temps à autre d’une agréable petite brise. Le festival Couleur Café bat son plein à Tours & Taxis et accueille pour son deuxième jour des pointures comme Arno, The Skatalites, Alpha Blondy et Emir Kusturica. A l’instar du premier soir, le festival Couleur Café affichait la pancarte ‘sold-out’ à son entrée. Les festivaliers étaient donc nombreux à venir applaudir les artistes ainsi que le traditionnel feu d’artifice.

Tandis que les increvables The Skatalites ouvrent le bal sur le podium de l’‘Univers’ (anciennement ‘Titan’), devant un public déjà nombreux, la curiosité du jour nous vient de la scène ‘Fiesta’ qui accueille Gori Ka Dance Orchestra. Le collectif déballe un melting-pot de nombreuses influences musicales puisées aussi bien dans les sonorités balkaniques que mariachis. Sur les planches, on n’est jamais loin du burlesque. Un chanteur affublé d’un costume de cheval à fanfreluches s’égosille péniblement. Des danseuses et un danseur vêtus de costumes indiens traditionnels lui succèdent. Leur prestation est amusante et pathétique à la fois. Imaginez des recalés du casting de Bharati s’essayant à des pas de danse ‘Bolywoodiens’ sur un morceau semblant tout droit sorti d’un western… Un mélange osé ; mais qui, bizarrement, fonctionne assez bien.

Le ‘Titan’ (ou l’ancien ‘Univers’, pour les habitués) s’est ouvert sur le très attendu ‘Stoemp!’ d’Arno, un projet qu’il présentera à Ostende, cet été, à l’occasion du festival « Theater Aan Zee ». Le show est précédé de la prestation d’une chorale gospel pas particulièrement douée, qui tente d’attirer la foule durant une interminable demi-heure. Soutenu par dix-huit musiciens originaires de Belgique, d’Afrique du Nord et du Sud ou encore d’Europe de l’Est, Arno parvient facilement à faire oublier son erreur de casting. Mais pas les problèmes de son et d’images rencontrés par la régie depuis la veille, sur le ‘Titan’. L’Ostendais prend clairement son pied sur scène en y présentant son nouveau répertoire ainsi que certains classiques, réunis aujourd’hui sur un triple ‘best of’. Le public reprend en chœur les refrains des ultimes « Putain Putain » et « Les Filles Du Bord De Mer », clôturant un spectacle faisant honneur aux valeurs du festival.

Après un set haut en couleur d’Alpha Blondy, la grande scène accueille le cinéaste et musicien Emir Kusturica. Après 20 minutes de retard, le Serbe débarque sur le podium, coiffé comme au réveil. Il est accompagné de son fidèle No Smoking Band dirigé par Kelle Karajilic, un chanteur semblant tout droit sorti de l’une de ses productions cinématographiques. Sa combinaison bleu pastel, parée d’ailes de chauve-souris, lui confère un air de super-héros maladroit à la fois ridicule et comique. Ici, on ne se prend pas au sérieux. Le groupe parvient à remuer un très large pan de la foule ; ce qu’aucun autre artiste présent à Couleur Café n’était parvenu à faire jusqu’ici.

Au terme de la petite heure de déflagrations balkaniques, les explosions ont pris le chemin du ciel dans le cadre du feu d’artifice traditionnel. Mais 20 ans, ça se fête et les organisateurs ont marqué le coup en mettant les petits plats dans les grands. Sur le ‘Titan’, les Los Van Van prennent place pour un spectacle de percussions retentissant. Pourtant, pendant un petit quart d’heure, il ne se passe pas grand-chose au dessus de Tour & Taxis. Quelques crépitations par-ci par-là, mais rien de spectaculaire. Les visages se croisent, interrogateurs : ‘c’est tout ?’. Mais non, imbécile ! Couleur Café ne se fout pas la gueule de ses visiteurs et balance, après une petite vingtaine de minutes, un long et spectaculaire feu d’artifice, comme il se doit. Peut-être bien le jeu de lumières aériennes le plus coûteux de l’histoire du festival.

Après en avoir pris plein les yeux, ce sont les jambes qui se paient une tranche de plaisir sur les beats electro de Shameboy. Les petits belges se sont dégotés un emplacement de choix sur la scène ‘Univers’. Un « Rechoque » dans la tronche et c’est parti jusqu’au bout de la nuit.  Le chapiteau s’emplit lentement mais sûrement par un public jeune qui, au bout de près d’une heure et demie en redemandait encore. Pas d’inquiétude les gars, Couleur Café nous réserve encore un jour de fête…

Organisation : Zig Zag

 

Couleur Café 2009 : vendredi 26 juin

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A l’occasion de son vingtième anniversaire, Couleur Café a frappé un grand coup. Tout d’abord à cause de son affiche, très certainement la plus prestigieuse depuis quelques années. Ensuite, en repensant le site. Le festival bruxellois inaugurait cette année une grande scène en plein air et une zone de camping qui a fait le bonheur des festivaliers résidant loin de la capitale. De plus, la chance à souri à la manifestation musicale la plus métissée du pays. Malgré des prévisions météo pessimistes, le ciel n’a pas bronché un seul instant au-dessus de Tours & Taxis. Des conditions idéales pour fêter un anniversaire inoubliable !

Les organisateurs de Couleur Café ont bien caché leur jeu. Pour fêter dignement les 20 ans de leur bébé, ils ont réservé une surprise de taille aux fidèles spectateurs. Exit la scène ‘Univers’. A l’emplacement réservé jusqu’ici à la tente de capacité moyenne, se dresse aujourd’hui un grand podium en plein air. Le ‘Titan’ donne désormais au site de Tours & Taxis des airs d’événement rock. La capacité du festival en est certainement quelque peu décuplée. Mais, à en entendre les commentaires du public, certains habitués regrettent déjà la proximité qu’offrait le chapiteau installé autrefois à cet endroit.

L’affiche du vendredi a réuni des artistes tels que Ben Harper, Ayo, Keziah Jones et Babylon Circus. Autant dire que la soirée était placée sous le signe de la guitare. Des guitares, il y en avait quelques unes sur les planches de la scène plein air ‘Titan’. Laquelle a eu l’honneur d’être dépucelée par les attachants Amadou & Mariam. Ce qui frappe dans la prestation du couple, c’est sa complicité. Les Maliens respirent l’amour et le partage avec le public, de « Welcome To Mali » aux irrésistibles pièces de résistance, « Sambali » et « Un Dimanche à Bamako ». Amadou gratte sa guitare avec une aisance prodigieuse tandis que le bassiste signe le premier hommage à feu Michael Jackson, en introduisant subtilement quelques notes de « Billie Jean », en plein cœur de l’un des morceaux du duo.

La scène ‘Fiesta’ accueille, de manière générale, un public assez disparate. Cette année, Nneka y a remédié, provoquant très certainement le premier véritable succès de foule sous ce chapiteau. Au terme du concert d’Amadou & Mariam, la belle a déjà envoûté le public présent depuis un petit quart d’heure. Quasi impossible de se faufiler dans la cohue, mais la voix de la Nigérienne porte loin. Les hymnes de son « No Longer At Ease » parviennent à capter l’attention des badauds stationnés autour de la ‘Fiesta’, laissant imaginer que la demoiselle aurait largement mérité de se produire sur un podium plus conséquent.

Aussi belle soit-elle, la nouvelle scène principale souffre d’un son médiocre et d’une régie vidéo à la masse. Deux défauts qui la poursuivront durant toute la durée du festival. Pas l’idéal pour profiter pleinement de la prestation d’une Ayo communicative. A fleur de peau, Joy Ogunmakin évoque, entre deux larmes, son hospitalisation ; et offre un vibrant hommage au roi de la pop en délivrant une excellente reprise du « I Want You Back » des Jackson 5. Son répertoire n’est pas en reste puisqu’elle fera mouche grâce à ses petites capsules euphoriques, de « Get Out Of My Way » à « Down On My Knees ». 

Le troisième hommage à ‘Wacko Jacko’ viendra de Keziah Jones qui, entre deux morceaux de blues funky, dédicace son concert à la légende. Jones plaît aux filles et le sait. La chaleur bruxelloise lui fait tomber la chemise ; un geste que ses admiratrices ne manquent pas d’acclamer.

Ben Harper lui aussi plaît aux filles mais préfère garder sa chemise. Bien qu’il soit accompagné des vibrants Relentless7, ses nouveaux partenaires, Harper reste fidèle à lui-même. L’homme, assis sur sa chaise, ne lance que de très rares regards à un public qui en attendait plus. Même la reprise du « Under Pressure » de Queen & Bowie n’arrive pas à provoquer un sursaut de vie de la part de l’interprète. Bien pâle par rapport aux prestations de ses prédécesseurs…

Organisation : Zig Zag   

 

Les Nuits Botanique 2009 : samedi 16 mai

Même si le Cirque Royal n'affichait pas complet samedi soir pour le concert de Christophe, la salle était bien garnie ; et il suffisait de compter les photographes accrédités pour se rendre compte qu'un concert de Christophe, malgré l'âge du bonhomme, demeure un évènement populaire.

Séparés par un entracte d'une bonne demi-heure, les deux chapitres du spectacle ont montré des visages radicalement différents du personnage.

Le premier a fait la part belle aux compositions récentes, dont de nombreuses issues du dernier album, assez électronique et très surprenant. Je confesse que je n'avais pas pris le temps d'écouter cet opus avant le concert ; je l'y ai donc découvert. Je le savais fort électronique ; ce sera bien le cas en ‘live’. Pour preuve, l'Ensemble Musiques Nouvelles, venu apporter sa touche symphonique à la prestation, est souvent retourné en coulisses, le style musical adopté par le noctambule se prêtant mal à cet accompagnement. Après trois-quarts d'heure, notre hôte de la soirée nous invite à aller prendre quelque rafraîchissement et/ou fumer une cigarette, lui-même en ayant apparemment ressenti le besoin.

De retour sur le podium du Cirque, Christophe va offrir une vision diamétralement opposée de son répertoire proposé en début de parcours. Plus proche de ce qu’on attendait de lui. Alors que ses interventions, lors du premier acte, trahissaient un côté mécanique (NDR : ou automatique, si vous préférez !), c'est en manifestant davantage de spontanéité qu'il va se concentrer exclusivement sur les titres de son ancien répertoire. Au sein duquel on aura droit aux inévitables "Mots bleus" et autre "Marionnettes". Et c'est flanqué du groupe andalou Los Flamencos, qu'il nous réserve une version digne de la meilleure bodega de "Señorita". Ce morceau sera d’ailleurs été repris une seconde fois, tant cette version était émouvante. Il n’a bien sûr pas omis d’inclure "Les paradis perdus" dans son répertoire de la seconde moitié de la soirée ; et après avoir présenté ses collaborateurs au grand complet, dont la superbe Ellena Noguera, invitée à chanter le premier titre de chaque tranche du show, la soirée s’est achevée par une version d'"Aline" qui aurait arraché des larmes à un rocher, tant l'émotion dégagée par Christophe et ses musiciens était intense.

Le personnage se fait rare, les occasions de le voir sur scène également ; et même si comme votre serviteur, on n'est pas un fan absolu de Christophe et de ses chansons, le voir sur scène est un moment unique qu'il serait dommage de ne pas partager au moins une fois, dans sa vie. A bon entendeur...

Bernard Hulet

Christophe

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Pour clôturer cette édition 2009 des Nuits du Botanique, l’Orangerie accueillait Akron/Family, Sharon Von Etten, The Acorns ainsi que Great Lake Swimmers.

A 20h00, Sharon Von Etten ouvre le bal. Issue de Brooklyn, cette jeune Américaine avait déjà assuré le supporting act pour Beirut et Shearwater. On espère donc une bonne surprise, afin de commencer cette soirée en beauté. La salle est loin d’être comble. Les spectateurs préfèrent siroter leurs dernières consommations dans les jardins tout en profitant des derniers rayons de soleil. Ils ont raison. Et pour cause, la songwriter enchaîne ses chansons, en s’accompagnant à la guitare, sans grande passion. Faute de rythme et de vitalité, son set en solitaire devient rapidement ennuyeux. Elle achève sa prestation à 20h35. Bien vite Akron/Family !

L’Orangerie est à présent pleine à craquer. Le concert est même sold out ! Les musiciens d’Akron/Family débarquent sur les planches. Je me demandais quand même comment le trio américain allait se débrouiller pour reproduire la folie présente sur leurs disques, depuis le départ de Ryan Vandehoof, un des quatre membres fondateurs. En une bonne demi-heure, les gars de New-York nous invitent à voyager aux quatre coins du globe, en explorant tous les recoins du spectre musical. Leur set commence par une compo percussive. Le bassiste a délaissé sa quatre cordes pour rejoindre le drummer afin d’entretenir des rythmes afro-tribaux particulièrement excitants. Le public est à deux doigts de commencer à danser. L’expression sonore nous entraîne également sur les îles océaniennes, dans un style proche des Néo-Zélandais de Ruby Suns. Une multitude de genres sont revisités, depuis le rock progressif à la country en passant par le métal. En outre, les harmonies vocales du trio sont de toute beauté. Mission parfaitement accomplie pour Akron/Family. Un bémol ? Le manque de réaction du public.

The Acorns nous vient du Canada. La formation a joué en première partie de la dernière tournée de Bon Iver. Le line up réunit trois guitaristes, un bassiste, un percussionniste et un batteur. Le son est nickel. Les arrangements irréprochables. Les mélodies fort bien ficelées ; et le timbre vocal du chanteur rappelle un peu celui de Bruce Springsteen. Rien de bien exceptionnel, mais un set fort agréable à voir et à écouter. Sans plus. Mais il vrai qu’il n’était pas facile de succéder à Akron/Family et de précéder Great Lake Swimmers.

A 23h00, Great Lake Swimmers monte sur le podium. Très attendu, Tony Dekker est soutenu par un drummer, un guitariste ainsi que d’une claviériste/vocaliste. Après deux morceaux, ils sont rejoints par le contrebassiste. Dès les premiers mots chantés par le natif de Toronto, on est émerveillé. Le son est aussi nickel que celui de l’elpee. L’ambiance est également parfaitement retranscrite. Et c’est un fameux défi quand on sait que le combo canadien prend un malin plaisir à enregistrer dans des endroits aussi insolites que des églises ou des silos à grains.

L’atmosphère est détendue. Le temps semble s’être arrêté sur le Botanique. Great Lake Swimmers nous offre une grande leçon de simplicité. Dekker pioche dans l’ensemble de ses quatre albums. Il se réserve également l’interprétation de quelques compos en solitaire, uniquement flanqué de sa guitare. Il ne reste plus qu’un quart d’heure. Le groupe est à nouveau au complet pour attaquer « Your Rocky Spine ». Les dernières notes de guitare retentissent déjà… les spectateurs quittent peu à peu l’Orangerie. Les Nuits du Botanique se clôturent d’une bien belle manière. Vivement l’année prochaine !

Béber

Sharon Von Etten + Akron/Family + The Acorns + Great Lake Swimmers

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Dernière soirée d’un festival à la programmation respectable et dernière affiche plus qu’alléchante sous le chapiteau. Malgré un temps frais et une météo capricieuse, les marches du jardin sont bondées et l’ambiance est au beau fixe. Mais trêve de bavardage relatif à la pluie et au beau temps ; ce soir les occupants du chapiteau ne réclament qu’une seule chose, des beats, des beats et rien que des beats !

C’est donc un Thunderheist ponctuel qui ouvre la soirée. Le public s’avance timidement vers le podium sur lequel se produit le duo canadien, avant de finalement succomber aux flows énergiques de la féline Isis. Bien que leur hip-hop ‘bateau’ aux sonorités ‘dance’ laisse perplexe, on retiendra surtout le charme et le dynamisme de la emcee plutôt que le travail fictif de son acolyte, responsable d’un bidouillage circonstanciel de ses machines. On reste sur sa faim mais le public est manifestement en jambes !

Kap Bambino monte à son tour sur les planches. Son style est radicalement différent. Le duo frenchy punk trash est à la hauteur de sa réputation. Ses beats ravageurs font monter la température de quelques degrés. La rythmique tourne à plus de 140 BPM. Faut dire aussi que la chanteuse (NDR : imaginez une Els Pynoo, la vocaliste de Vive La Fête, sous ecsta) y est pour quelque chose. Les cris perçants et à la limite hystérique de la blondasse, conjugués à une mise en scène exceptionnelle, excitent tous ces mâles en manque de testostérone. Kap Bambino était bien, ce soir, un signe fort d’électro trash !

Pas le temps de s’en remettre qu’autoKratz monopolise la scène. Dans un autre état d’esprit mais en assénant des beats bien lourds et percussifs. Le set du duo anglais me laisse néanmoins un sentiment mitigé. Pourtant découvert par le label Kitsuné, autoKratz est une véritable révélation sur disque. Mais sur les planches, rejoints de temps à un autre par un chanteur à l’allure malade tripotant sa guitare, les deux ‘plantons’ restent figés derrière leurs laptops. Un seul titre parviendra réellement à faire décoller le show, celui qui les a propulsés : « Pardon Garçon ». Une déception !

Un godet pour écouler les vingt minutes d’attente et Yuksek, tête d’affiche de la soirée, fait son apparition. Nouveau chouchou et producteur en vue de la ‘French Touch 2.0’, le Français assure tout simplement ! Seul derrière ses claviers, l’électronicien vacille de droite à gauche en y ajoutant ses interventions subtiles au vocodeur. Il a à peine entamé les premiers accords de « Tonight » que le public est déjà conquis. Un light show efficace et le tour est joué. Bref, Pierre-Alexandre Busson n’a dû faire qu’acte de présence pour satisfaire son public. C’est sûrement ça ce que l’on appelle l’effet hype !

Le Chapiteau se vide progressivement de ses spectateurs. Certains d’entre eux en profitent pour passer un dernier moment dans les jardins, alors que les autres foncent vers le Recyclart ; car cette nuit, Kap Bambino donne une after party. Déchaînement garanti ! Et la nuit sera longue…

Antoine Verhoeven

Thunderheist + Kap Bambino + autoKratz + Yuksek

(Voir aussi notre section photos)

 Organisation Botanique

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