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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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Couleur Café 2008 : samedi 28 juin

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Du 27 au 29 juin et pour la 19e année consécutive, le festival Couleur Café a dignement fêté les musiques du monde, la diversité culturelle, la solidarité et l’égalité des chances. A l’affiche, quelques pointures telles que MC Solaar, Erykah Badù, Tiken Jah Fakoly, Bernard Lavilliers ou encore Jimmy Cliff. Le ciel, raisonnablement clément, a épargné le site de Tour & Taxis malgré des prévisions peu rassurantes, permettant ainsi aux milliers de visiteurs de profiter pleinement du festival et de toutes ses activités connexes, comme l’expo « Sex & Love », l’inévitable marché et le village ONG rebaptisé Solidarity Village, le spectacle des nombreuses fanfares mobiles, sans oublier une finale de foot sur écran géant.

28 juin : 2ème jour

Une journée qui commence fort, grâce à la prestation énergique de Omar Perry & The Homegrown Band, venu présenter leur premier essai. De quoi mettre tout le monde de bonne humeur avant de se diriger, plein d’appréhension, vers le ‘Titan’. Un sentiment provoqué par la présence de Bernard Lavilliers à l’affiche, artiste que l’on aurait, à priori, préféré voir aux Francofolies de Spa. Ces inquiétudes ont néanmoins été rapidement balayées par le baroudeur qui, l’air de rien, entame un set étrangement enthousiasmant. Une bonne surprise qui ne nous a pas empêchés d’aller jeter un œil du côté des produits du terroir sous le chapiteau ‘Fiesta’ où Monsoon présentait son « The King Of Eyes, Tits & Teeth ». Vraiment peu convaincant, ce set nous a incité à retourner vers le ‘Titan’, afin de profiter des dernières notes du concert de Lavilliers qui entonnait à notre retour le fameux « On The Road Again ».

A 20h, changement d’ambiance. « All U Need Is Zouk ! », tel est le message diffusé par les pionniers de ce genre musical. Et à voir l’ambiance sous le Titan, Kassav’ ne s’y est pas trompé. La formation antillaise a donc effectué son grand retour sur les planches de manière explosive. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du chapiteau, l’ensemble des festivaliers a secoué de l’arrière-train en synchro aussi bien sur les grands classiques de la formation (« Sye Bwa », « Kolé Séré »,…) que sur leurs derniers morceaux extraits de « All U Need Is Zouk ! ». Nostalgie…

Trois quart d’heure après la fin du set de Kassav’, le ‘Titan’ n’a pas désempli. Loin de là. Après s’être produit à deux reprises à l’Ancienne Belgique cette saison, Tiken Jah Fakoly, dans une forme olympique, a fait vibrer Bruxelles pour la troisième fois sur la grande scène du festival. Bondissant constamment d’un côté à l’autre du podium, la star du reggae a fait tourner les têtes de ces dames, sautiller ces messieurs et, surtout, ouvert les consciences sur le problème de l’immigration Nord-Sud, plus d’actualité que jamais comme en témoigne la situation du groupe congolais Konono n°1. L’Ivoirien a démontré en une heure et demie qu’il n’a vraiment pas volé son succès. Une véritable bête de scène.

On quittera cette seconde journée sur le site du festival quelque peu déçu par le set pâlot d’Arsenal, également victime d’un problème de son.

 

Couleur Café 2008 : vendredi 27 juin

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Du 27 au 29 juin et pour la 19e année consécutive, le festival Couleur Café a dignement fêté les musiques du monde, la diversité culturelle, la solidarité et l’égalité des chances. A l’affiche, quelques pointures telles que MC Solaar, Erykah Badù, Tiken Jah Fakoly, Bernard Lavilliers ou encore Jimmy Cliff. Le ciel, raisonnablement clément, a épargné le site de Tour & Taxis malgré des prévisions peu rassurantes, permettant ainsi aux milliers de visiteurs de profiter pleinement du festival et de toutes ses activités connexes, comme l’expo « Sex & Love », l’inévitable marché et le village ONG rebaptisé Solidarity Village, le spectacle des nombreuses fanfares mobiles, sans oublier une finale de foot sur écran géant.

27 juin : 1er jour

On ne se bousculait pas aux portillons du site Tour & Taxis cette année. En dépit d’une fréquentation vraisemblablement moindre, l’ambiance du festival n’a rien perdu de son authenticité. De très larges sourires se sont esquissés sur le visage des visiteurs qui, trois jours durant, ont secoué leur popotin sur les rythmes soul, reggae ou orientaux des 44 artistes à l’affiche.

Après un faux-départ provoqué sous le chapiteau ‘Univers’ par Kery James, dont le R’n’B s’est révélé particulièrement pénible, direction le ‘Fiesta’ où The Caroloregians, formation ska reggae dirigée par des membres de Moon Invaders, sont les premiers à faire danser la foule. Une heure plus tard se produit MC Solaar, sous le ‘Titan’. Très attendu par un public majoritairement ado, voire plus jeune encore, le rappeur français a réjoui les fans de la première heure à coups de tubes comme « Le Nouveau Western », « Qui sème le vent récolte le tempo » ou l’inévitable « Caroline », lancés ponctuellement entre un ou deux extraits de son dernier essai, « Chapitre 7 ». On évitera en revanche d’évoquer les chorégraphies à deux balles des choristes, ponctuées d’une danse du ventre approximative.

Du côté de l’‘Univers’, l’Orchestre National de Barbès a offert à son public un délicieux mélange de musique orientale traditionnelle, de dub, de ska et de rock. Après 5 ans d’absence sur scène, l’orchestre n’a rien perdu de sa pêche, comme il l’a prouvé sur la reprise insolite du « Sympathy For The Devil » des Rolling Stones. Retour ensuite au ‘Titan’ où s’est produit l’une des têtes d’affiche les plus attendues de cette édition. Mais Miss Erykah Badù s’est fait attendre. Si bien que les organisateurs et ses musiciens eux-mêmes ont décidé, pour faire patienter un public légèrement échauffé, de démarrer le concert sans l’interprète principale. On a donc eu droit à une longue intro instrumentale. Vêtue d’une robe argentée et coiffée d’une afro plutôt originale, la diva est arrivée sur scène une demi-heure en retard. Le public lui a tout de même réservé un accueil des plus chaleureux, tandis qu’elle présentait, sans cérémonie, quelques extraits de son nouvel essai, « New AmErykah, Part 1 : 4th World War ». Tout comme MC Solaar, Badù n’a pas oublié ses premiers fans en leur balançant des versions plutôt groovy de ses hits « On & On » ou « Apple Tree ». La princesse de la Nu-Soul s’est donc fait rapidement pardonner grâce à un set efficace et envoûtant.

Triste nouvelle annoncée quelques jours plus tôt, Konono n°1, programmé dans l’antre de l’‘Electro World’ à 22h15, n’était pas de la fête. En cause, un problème de visa qui a empêché le groupe de voyager et donc, d’assurer leurs nombreuses dates estivales. Un problème rejoignant tristement le thème « Clandestino ! » du Solidarity Village…

La journée s’est clôturée sur fond de hip hop cubain. Celui d’Orishas. Un set un peu plat, souffrant en outre, d’un léger problème de son. Sans trop s’essouffler sur scène, la formation n’a pas vraiment donné le meilleur d’elle-même. On l’a alors imitée en se dirigeant doucement vers la sortie, non sans passer par les ‘Rues du Bien Manger’, où les saveurs culinaires du monde entier se mélangeaient et donnaient l’irrésistible envie de tout goûter.

 

FestiNeuch 2008 : dimanche 1er juin

Dès onze heures, ce dimanche matin, des familles entières sont arrivées aux Jeunes Rives. Explication : pour la troisième année consécutive, le dimanche du festival est orienté ‘familles’. La musique s’ouvre davantage au grand public (des plus jeunes aux plus âgés). Et l’événement permet ainsi à papa, maman et junior de profiter des spectacles, tous ensembles, plutôt que d’abandonner quelqu’un à la maison pour se charger du baby-sitting. Au programme, une série d’activités spécialement conçues pour les enfants (NDR : du concert aux activités ludiques, en passant par les stands ‘découverte’ ou encore de grimage). Une formule qui semble fonctionner, vu le nombre impressionnant de ‘petits hommes’ gambadant un peu partout sur le site.

Mais le festival ne se limite pas à la tranche 5-12 ans. Heureusement pour nous. C’est au sein d’une ambiance de ‘musique du monde’ que s’achève donc cette huitième édition du FestiNeuch. Pour la circonstance les organisateurs ont programmé des groupes comme Elandir, Florence Chitacumbi, Robe ou encore Julien Revilloud Trio. Après deux journées bien remplies, la fatigue commence à se faire sentir. En outre, votre serviteur a attrapé la crève (NDR : avis aux imprudents, si vous sortez d’une after party à 4 heures du mat et que vous avez bien transpiré, n’oubliez pas d’enfiler un pull). Il se contentera de couvrir les concerts les plus importants, tout en jetant avec plaisir une oreille aux quatre coins du site.

Direction donc le ‘Chapiteau’ pour assister au collectif de ska suisse, I Skarbonari. Suisse sur papier peut-être, mais ses membres viennent d’horizons aussi divers que l’Italie, le Brésil ou encore le Canada. J’avoue avoir émis quelques ‘à priori’ sur ce show. C’est donc sans grand enthousiasme que je m’y suis rendu. Pourtant, Mirko et sa bande auront tôt fait de balayer tous mes doutes. Loin du ska classique, le combo propose une musique festive imprégnée d’influences italiennes et sud-américaines. Et pour l’occasion, le line-up est renforcé par une section cuivres, un batteur et une accordéoniste, afin d’éviter aux cinq membres de base de devoir changer d’instrument en cours de route. Ces permutations peuvent parfois être perturbantes pour un groupe ; mais elles ne semblent pas gêner nos musiciens, surtout pas le chanteur et guitariste Mirko Dallacasagrande, qui n’arrête pas de remuer. Il court d’un côté à l’autre de la scène. Il monte sur sa chaise –bien sûr, c’est pour mieux voir la foule de la haut– et parfois retourne s’y asseoir. Il alterne chansons et histoires traitant de voyages imaginaires autour de la terre ; et il invite les spectateurs à participer à ses aventures. Le groupe parvient à faire danser petits et grands, festivaliers, VIPs, membres du staff et presse dans la joie et la bonne humeur sur un ska tantôt proche d’une bossa nova, tantôt à l’aide d’une solution sonore proche du jazz ou du funk. I Skarbonari a donc transformé ce chapiteau en café-théâtre ; et déjà près de 7.000 personnes s’y sont rassemblées.

Rokia Traoré nous vient du Mali. Sa musique jette un pont entre l’Occident et l’Afrique. La chanteuse est soutenue par un orchestre composé de métis. Sa voix est séduisante, envoûtante. Pourtant, le public rencontre quelques difficultés à entrer dans la danse (c’est bien connu : rares sont les Occidentaux qui ont le rythme dans la peau). Tous souriants, les musiciens prennent leur pied. Ils tentent quelques petites chorégraphies, tout en soignant leur prestation. La bonne humeur qui règne fait vraiment plaisir à voir et donne envie d’en savourer davantage. Et immédiatement après le solo époustouflant du bassiste, la chanteuse et sa choriste enchaînent par une danse typiquement africaine. Un vrai régal ! En fin de parcours, l’artiste diffuse un message de réconciliation. Elle invite chacun à mettre le passé africain entre parenthèses (colonisation, esclavage, ...), afin de repartir ensemble. Du bon pied. En regardant vers le futur.

Wax Tailor a le privilège de clore les débats sur la Lacustre. Un Français considéré aujourd’hui comme une valeur montante. Il est épaulé par une chanteuse, une flûtiste et une violoncelliste. Le décor a été aménagé. Sur le plateau, deux énormes meubles en bois blanc, mais dans un style quelque peu ancien, ont été installés. Le DJ, bidouilleur incontesté, surfe entre le trip hop, le jazz, la soul, le funk et le hip hop. La rencontre entre la musique électronique et l’instrumentation basique est épatante. Le public est ébahi. De nombreux spectateurs demeurent immobiles. Les yeux écarquillés ils semblent envoûtés. Vêtue de son kimono noir et blanc, la chanteuse séduit par son style à la fois classique et glamour. Bien sûr, le combo ne bouge pas beaucoup sur les planches, mais son set d’une heure a tout à fait convaincu.

Malheureusement il faut choisir entre le concert de Wax Tailor et de Goran Bregovic. Enfin, entre la fin du set du premier et le début du second. Cette dernière option sera probablement la meilleure. En effet, alors que la foule, agglutinée au premier rang et les yeux rivés sur l’estrade, guette l’arrivée du compositeur et de son orchestre constitué de quarante personnes, c’est dans notre dos que le départ est donné. Un air de trompette et de cor retentit à l’arrière droit du chapiteau. Tout le monde se retourne. Que se passe-t-il ? Une réponse à gauche. On assiste ensuite à un jeu de questions/réponses musical entre les musiciens de gauche et de droite, qui se rapprochent petit à petit du podium en se frayant un chemin parmi la foule compacte. C’est l’ovation, le public est aux anges ! Pendant que la plupart des yeux (NDR : et des oreilles) sont tourné(e)s vers les acteurs de cette invasion, la chorale et les autres musiciens en profitent pour grimper discrètement sur scène. Quel début de concert ! Goran fait fort ; et pourtant, le spectacle ne fait que commencer. Vu la présence de 40 personnes sur le podium, une petite description s’impose. Tout d’abord en avant-plan, l’homme, sa guitare et son ordinateur. Il est accompagné, à sa droite, par un percussionniste et chanteur dont la joie et l’entrain donnent presque les larmes aux yeux tellement c’est beau à voir. Derrière eux, au centre, s’installe une chorale masculine. Ses membres sont fringués de costards et portent des nœuds papillon. Tout comme l’équipe des instruments à cordes (violons, violoncelles, ...), postés de part et d’autre. Entre la chorale et le maître évoluent les cuivres, vêtus de costumes traditionnels tsiganes. Enfin, sur la gauche et un peu en avant, on distingue deux choristes bulgares habillées également de tuniques folkloriques. Et comme une image vaut mieux qu’un long discours, n’hésitez pas à faire un tour dans la section des photos pour vous forger une idée plus représentative de l’orchestre. Pendant près de 120 minutes, les milliers de festivaliers présents seront bercés ou remués au son de musiques, tantôt solennelles et compositions personnelles signées par le chef de file, tantôt empruntées à la musique populaire, militaire (“Chargeeeeez!”), voire même à des slogans publicitaires (comme la pub consacrée à Haribo, par exemple). Responsable de plusieurs B.O. de musique de films, le boss est accompagné de son orchestre ‘Wedding and Funeral Orchestra’ (en français : orchestre de mariages et d’enterrements). Ils ont lancé l’assaut sur le FestiNeuch et ne s’arrêteront que deux heures plus tard, pour clôturer en beauté cette huitième édition par le traditionnel « Kalashnikov ». C’est une vague monstrueuse d’applaudissements que la foule réservera au collectif. Et le public n’en est toujours pas revenu de ce qu’il a vécu.

Il est environ 22 heures, quand le MC nous annonce la fin officielle du festival. Il invite les festivaliers à s’attarder sur le site jusque minuit pour éviter toute confrontation avec les supporters portugais. Ils sont venus nombreux (par milliers) ce soir à Neuchâtel, pour accueillir leur équipe nationale, en vue de l’Euro 2008.

On retiendra de cette édition l’excellente programmation internationale, la qualité des groupes suisses programmés, la sécurité présente, mais discrète et très aimable, les facilités pour les personnes handicapées, le site paradisiaque au bord de l’eau, l’accueil chaleureux des services bénévoles mais aussi la journée des familles. Une réussite pour le festival open-air de Neuchâtel qui a accueilli plus de 24.000 festivaliers sur trois jours, un nombre en constante augmentation depuis quelques années. Un conseil, si vous passez dans la région début juin, faites un petit crochet par ce festival, vous ne le regretterez pas.

FestiNeuch 2008 : samedi 31 mai

Lors de cette deuxième journée de festival, la météo est plus clémente. Il y a bien quelques nuages, mais le soleil est bien plus généreux. D’ailleurs, tout au long de cette journée, le tee-shirt est de rigueur. Résultat des courses, pour la première fois en huit années d’existence, le FestiNeuch affiche complet. Bien sûr, le temps n’est pas la seule explication de cette réussite. La programmation y est sans doute aussi pour quelque chose.

Dès 16h30, Regard du Nord donne le coup d’envoi. Une prestation essentiellement acoustique d’une soixantaine de minutes. Les compositions sont entraînantes et les lyrics plutôt surprenants. Les textes traitent ainsi de la vie des humains et même des animaux. Les musiciens invitent les spectateurs à les accompagner au chant, tandis que le bassiste se charge des bruitages et des onomatopées (‘cocorico’ du coq, aboiements de chien, etc.) Le public apprécie le spectacle. Et les spectateurs qui ne se prélassent pas dans l’herbe fraîche plantée autour de La Rive, manifestent leur enthousiasme.

Alors que Fleuve Congo (NDR : un ensemble suisse de ska festif) entame son set sur la Lacustre, de nombreux festivaliers se dirigent déjà vers le Chapiteau afin de se réserver une place de choix pour la suite du programme. C'est-à-dire Feist. Prévu à 18 heures 15, le spectacle commence avec une demi-heure de retard (NDR : les stars se font toujours attendre). Elle monte sur le podium affublée de lunettes de soleil peu discrètes. C’est le moins qu’on puisse dire. Elle est armée de sa guitare. Le début du concert est un peu mou. Et pour cause, elle interprète d’abord ses compos les plus paisibles. Puis le set va monter en puissance. Flanquée de son groupe, la Canadienne attaque alors son répertoire plus pop et plus dansant. Plus connu aussi. Enchantée, la foule lui réserve un accueil chaleureux. Sur les titres comme « 1 2 3 4 » et « I Feel It All », la communion est totale. Malheureusement, le concert a commencé en retard. Il n’y aura pas de rappel. Nous sommes en Suisse, pays de l’horlogerie ; donc on ne badine pas avec les horaires.

Il est déjà 19h30 et un choix s’impose. Se coltiner le reggae dub ska electro acoustique d’Open Season ou le country blues trash de Watchmaking Metropolis Orchestra, brass band gipsy particulièrement excitant. C’est vers ce dernier que le choix s’est posé. A La Rive. Le chanteur entame son show en solo. Il aligne quelques morceaux relativement calmes, pendant que les sept autres musiciens, bière à la main et clope au bout des doigts, assistent, mêlés à la foule, à sa prestation. Tiens serait-ce une émeute ? Ah non, le reste du combo a décidé de rejoindre son leader par le chemin le plus court, en escaladant la scène. Basse, batterie, saxophone, trombone, cor et j’en passe, l’orchestre est au complet. Et la fête commence réellement. Difficile de décrire leur musique, tant le mélange de styles est ample. Mais pour mettre de l’ambiance, il faut reconnaître que le collectif sait y faire. L’orchestre communique sa bonne humeur. Les vocaux sont interprétés dans un anglais incompréhensible (NDLR : du yaourt ?) ; à moins que ce ne soit de l’espagnol (?!?!?) Après quelques titres, la pluie opère son retour. Mais, ô surprise, au lieu de faire fuir les spectateurs, elle les aimante vers le podium. Pour aussi profiter de l’abri d’une petite aubette destinée à protéger les installations. Mais pas question d’arrêter de danser pour quelques gouttes ! Et The Watchmaking Metropolis Orchestra ira jusqu’au bout de son set pour le plus grand bonheur des spectateurs, conquis par leur combinaison détonante d’instruments à vent, de basse, de guitare et de percussions. Et tant pis si ce n’était pas une tête d’affiche ; l’important c’est que prestation ait plu ; d’ailleurs, c’est ce type de groupe qui tire son épingle du jeu lors des festivals.

Direction Chapiteau pour retrouver un artiste certes local, mais dont la célébrité est reconnue dans le monde entier : Stephan Eicher. En particulier grâce à ses hits “Déjeuner en paix” ou encore “Combien de temps”. L’artiste n’est plus tout jeune. Pour son set, il est uniquement épaulé par un drummer et un pianiste. Invitation au recueillement et aux murmures, son nouvel album, “Eldorado”, baigne au sein d’une quiétude certaine. C’est donc en douceur que l’homme commence son show. Il alterne la langue française, anglaise, mais également allemande. Minimaliste, le line up impressionne et en impose. Certains spectateurs en sont même bouche bée. D’autres reprennent les chansons en chœur. Malgré les rides qui sculptent son visage, Stephan Eicher n’a pas vieilli. Mûri bien sûr, mais vieilli, non. Lors de son spectacle, il retourne sa guitare blanche et chante à l’intérieur. Il se penche aussi sur son vieux modulateur –d’après les échos recueillis, il l’accompagne depuis ses débuts ; c’est-à-dire depuis plus de vingt ans, époque à laquelle il s’en servait dans la cave de ses parents. Le drummer participe également au spectacle. Et change de batterie au beau milieu de la chanson. Il doit même courir d’un bout à l’autre de la grande scène. Inévitablement, Eicher interprétera les deux grands succès de son répertoire. Qui ne laisseront bien sûr, personne indifférent. Même pas les enfants, pourtant alors –et c’est étonnant– nombreux sous le Chapiteau. Un set ponctué par une longue salve d’applaudissements amplement méritée. Et pourtant, malgré sa notoriété, la star est demeurée simple. C’est sans doute aussi ce qui lui permet de thésauriser un tel capital sympathie. Assurément un des meilleurs moments du festival.

Pour le public qui n’apprécie pas trop la variété française, la Lacustre accueille le groupe de hip hop français La Caution. En special guest Mouloud (Canal+) et Cuizinier (TTC). Le public est alors bien plus jeune. A l’aide de leurs beats hip hop bien marqués, mais aussi leurs lyrics intelligents (NDR : de nombreux congénères y accordent beaucoup moins d’importance) les rappeurs atypiques français sont parvenus à mettre le souk. Flanqués de leur DJ, les deux chanteurs entament le spectacle. Ils seront bientôt remplacés par leurs invités avant de revenir pour participer à la grosse fiesta sur scène ; l’équipe au grand complet s’impliquant lors des dernières chansons.

Alors que la foule se dissipe à la Lacustre, elle se densifie sous le Chapiteau. Antonin, un des organisateurs, annonce, la larme à l’œil, le premier sold out de FestiNeuch. Puis il présente l’artiste événement de la soirée : le rappeur britannique Mike Skinner alias The Streets. Il est épaulé par toute une troupe de musiciens. Dès qu’il débarque sur les planches, il déchaîne les passions dans la foule. L’ambassadeur du rap britannique entame son set par quelques chansons bien enlevées. Et le public n’a qu’une seule envie : ‘jumper’. D’ailleurs, l’artiste montre l’exemple. Tout comme son compère, Mike remue, bondit, court, arpente toute la largeur de la scène, exploitant tous ses recoins, même les rehaussements prévus peut-être à cet effet, mais essentiellement utilisés par les cameramen. Ils sont probablement branchés sur des piles Duracell (NDR : Mike et son pote, bien sûr !) Après un départ percutant, le spectacle va perdre en intensité. En cause –enfin, ceci est une question de goût– un recours trop systématique aux clichés claqués sur un style flairant le déjà vu, et surtout entendu. Un hip hop plus racoleur, mélancolique, uniquement destiné aux mecs qui ont envie d’embrasser leur copine. Dommage, toutes les conditions étaient réunies au départ pour vivre un concert unique.

Alors que DJ Luciano et MC Jiggy Jones chauffent le public pour Rahzel à la Lacustre, La Rive accueille Fantazio. Champion de l’endurance, ce contrebassiste français est entouré de ses musiciens. Le frontman stimule un public, avouons-le, un peu moins nombreux, mais tout autant motivé. Son secret ? Un mélange de styles bien dosé, dynamisé par des rythmes jazzyfiants. Il agrège ainsi culture issue des pays de l’Est, rock, punk et garage pour concevoir une musique finalement populaire. Et puis consomme une énergie folle dispensée sans le moindre temps mort. Les membres de la formation dégoulinent de sueur et n’hésitent pas à se décarcasser pour le plaisir de cinq ou six motivés, proche  de la scène, qui –comme hypnotisés– danseront sans relâche, pendant une heure…

Du côté de la Lacustre, DJ Luciano, MC Jiggy Jones et leur compère sont toujours d’attaque.  Rahzel, la star de la soirée programmée sur cette scène, est en retard. Aussi le trio suisse est invité à combler le vide, et surtout à faire patienter la foule. Pari réussi, même si d’humeur festive, le public y mettra aussi du sien.

Le roi du ‘beat box’ monte sur le podium. Il accuse un quart d’heure de retard. Il est accompagné par son dj, DJ JS-1. D’entrée de jeu, l’Américain s’excuse : il a mal à la gorge. Ce qui ne va pas l’empêcher d’étaler toutes les facettes de son talent et surtout d’émerveiller l’audience. Pendant la première partie du concert, son dj et complice diffuse quelques secondes d’un titre connu. Mais Rahzel coupe le souffle à tout le monde. Il reproduit musique et paroles en utilisant uniquement ses cordes vocales. Malgré ce début quelque peu chaotique –l’artiste passe allègrement d’un titre à l’autre–, le public est réceptif. Revisitant et remixant bon nombre de hits dans un style hip hop, le concert va se poursuivre sous cette forme pendant une bonne trentaine de minutes. On pensait avoir tout vu, mais la machine à son humaine décide alors de relancer l’intrigue. Il apporte sur scène un vase rempli de roses rouges. ‘Où sont les filles ?’ lance-t-il ? Il ne faudra pas plus de deux secondes pour que le public se déchaîne. Les filles montent sur le dos de leur copain, d’un ami voire même du premier voisin consentant. Objectif ? Recevoir une de ces roses. Tout au long de cette vague de furie fanatique, le chanteur s’offre une tranche de romantisme en dédiant quelques morceaux aux ‘Misses’ de l’audience. Les premières roses sont rapidement distribuées. Mais Rahzel tient une jolie blonde en haleine pendant près de cinq minutes, feignant lui donner la der des ders, mais se ravisant à chaque fois. Finalement, sa patience sera récompensée, deux titres avant la fin du set. Et pour finir en beauté, l’inventeur du beatbox prendra une photo souvenir du public. A cet instant, la foule est en délire. On pardonnera donc facilement le petit retard de Rahzel ; parce qu’il n’a pas déçu. Au contraire. Il a même impressionné, à la fois par ses capacités vocales, sa présence sur les planches et ses aptitudes à chauffer le public.

Les concerts officiels sont désormais terminés ; mais pour les plus motivés, il reste l’after. Et aujourd’hui place à Etienne de Crécy. Le casino de la Rotonde est entièrement balayé d’effets lumineux. La musique dispensée par le Français –il programme ses propres tubes, mais pas seulement, tout en prenant soin de conserver sa ‘french touch’–  est puissante. Le maître de cette nuit garantira l’homogénéité de son spectacle jusque 4 heures du matin, dans une salle presque comble.

FestiNeuch 2008

Il est 17 heures. Un orage vient de s’abattre sur la petite ville de Neuchâtel, alors que le site du FestiNeuch vient d’ouvrir ses portes. Malgré la pluie, quelques irréductibles Helvètes se présentent à l’entrée, en essayant tant bien que mal de se préserver des intempéries ; mais les dégâts sont irrémédiables : trois concerts de groupes régionaux (Ska Nerfs, The Passengers et The Licks) sont annulés sur la scène ‘La Rive’. Fort heureusement le moral des troupes n’est guère atteint.

C’est dans ces conditions difficiles que s’ouvre la huitième édition du festival ‘open-air’ de Neuchâtel. Heureusement, elles vont changer assez rapidement ; et quoique un peu frais, le temps va, au fil des heures, devenir de plus en plus clément. Une situation idéale pour profiter pleinement du cadre des ‘Jeunes Rives’ et en particulier du lac. Il faut dire que l’événement est idéalement situé, à deux pas du centre ville et carrément au bord du l’eau, bénéficiant ainsi de la proximité des infrastructures citadines et, si le temps le permet, d’assister au spectacle les pieds dans l’eau, à moins que vous ne préfériez, si la visibilité le permet, d’admirer la vue sur les Alpes.

Il est déjà 18 heures, et une petite troupe commence à s’assembler sous le grand chapiteau. Changement de dernière minute, The Young Gods remplace The Hoosiers. Ils se produisent en set acoustique et ouvrent le bal. Ils sont tous assis. Trois sèches (NDR : pas reconnu qui était le quatrième du band! D’après les infos recueillies, il participe régulièrement aux sets acoustiques du band suisse) et un drummer ; même si Franz Treichler souffle de temps à autre dans son harmonica. Leur prestation est très rafraîchissante (NDR : vu le temps !) On ne se bouscule pas encore devant cette grande scène, mais cette situation s’explique : nous sommes vendredi soir et la météo n’incite pas trop à mettre le nez dehors. Pourtant, tout au long du show des Fribourgeois, la foule commence à grossir pour atteindre 7.000 entrées en fin de soirée, le site étant susceptible d’en accueillir 10.000, chaque jour.

Petite pause de 45 minutes entre les concerts ; l’occasion de découvrir les lieux plus en détail. Ils sont découpés en cinq zones.

Le ‘Chapiteau’, scène principale, accueille les têtes d’affiches. Outre son espace VIP surélevé et un bar dédié, il réserve une zone spécifique aux personnes handicapées ; ce qui leur permet d’assister confortablement aux spectacles sans devoir se mêler à la foule.

La scène ‘Lacustre’ ressemble à un demi-tonneau ouvert de part en part. Elle accueille les groupes dits ‘secondaires’. Cette scène dispose également de son propre bar ; très pratique lorsqu’on souhaite se ravitailler sans risquer de manquer la moindre partie du spectacle. ‘La Rive’, une nouveauté de cette édition, tourne le dos au lac. Ce qui permet aux spectateurs de choisir entre le panorama et les shows en live. Elle accueille les artistes régionaux ; bien que ce soir, les trois-quarts de sa programmation soit ‘tombée à l’eau’ ; et l’expression n’a jamais été aussi proche de la réalité. Près de l’entrée, une zone destinée à la relaxation a été aménagée. C’est la plage de galets. Un village d’échoppes ou de stands –prononcez comme ‘sans’ mais avec un ‘t’ sinon les gens vous regardent de travers– a été également été érigé. On y trouve les produits ou objets habituels proposés lors des festivals… Enfin, à l’autre extrémité, le ‘Dôme’ accueille une série de DJs, tout en permettant aux spectateurs de se reposer dans des fauteuils très confortables, installés au bord du lac.

Retour aux concerts en compagnie de Tafta, une formation romande, qui ouvre sur la scène Lacustre. On sent qu’elle joue à la maison. Le public connaît les paroles –normal le groupe chante en français– et accompagne le chanteur tout au long des chansons. Pourtant, leur rock bien puissant, légèrement teinté d’électronique, se révèle de toute bonne facture.

Le set est à peine terminé, que le gros de la foule fonce vers le grand chapiteau afin d’assister à la performance d’Empyr. Le nouveau projet du chanteur de Kyo, Benoît Poher, implique des musiciens français qui ont déjà bien roulé leur bosse : Florian Dubos (ex-Kyo), Frédéric Duquesne (ex-Watcha), Benoît Julliard (ex-Pleymo) et Jocelyn Moze (ex-Vegastar). Changement important, les lyrics sont exprimés dans la langue de Shakespeare, plus de Voltaire. Affichant parfois un look rappelant les membres de Tokio Hotel, la majorité du public est très jeune. Ce qui n’est pas étonnant. Des ados dont certain(e)s sont au bord de l’hystérie. Manifestement, ces fans sont ravis de la présence de leurs idoles et extériorisent leur satisfaction bruyamment. Faut dire que leur gros rock, même s’il trahit des tendances emo screamo et neo metal, leur est personnellement destiné. Leur premier opus, « The Peaceful Riot », est dans les bacs depuis ce 24 mars.

Alors que Zenzile et son dub/rock expérimental mettent de l’ambiance sur la Lacustre, une grande partie de l’affluence se dirige déjà vers la scène principale. Normal, c’est là que se produira The Verve. Mais quelques mots quand même du quintet angevin. Un ensemble qui transforme en dub tout ce qu’il touche : le rock, le rap, la new wave, le punk, post punk, funk blanc, et j’en passe. Un goût de l’expérimentation que la bande à Raggy explore le mieux en ‘live’ ; et surtout grâce à l’excellente osmose entre les différents instruments : guitare, basse, claviers, batterie, saxo et percussions.

Mais place au clou de la soirée, j’ai nommé The Verve. Le groupe s’était séparé. Richard Ashcroft ne s’en était pas tiré trop mal en solo, même si la magie n’opérait plus, comme au sein de sa formation précédente (NDR : parfois pourtant bien en ‘live’). Le guitariste Nick McCabe avait bien tenté de monter l’un ou l’autre projet ; mais sans grand résultat. Le combo de Wigan, s’est donc, de manière plutôt inattendue, reformé. Et est immédiatement reparti en tournée. Un périple qui passait donc par Neuchâtel ce vendredi et qui repassera par Werchter en juillet. Bien sûr, les plus jeunes, venus applaudir Empyr, ne doivent pas trop connaître. Et même pas du tout. Par contre, ceux qui ont vécu leur histoire entre 1992 et 1999 n’ont pas envie de manquer ce come-back. Veste de cuir (au début du set), pas de lunettes fumées, Richard Ashcroft ressemble aujourd’hui davantage à Roger Daltrey (NDR : pas les cheveux !) qu’à Mick Jagger. Il joue de plus en plus souvent de la guitare. Une heure quinze de spectacle (pas de rappel) au cours duquel, le combo britannique va dispenser sa britpop mélodique et tellement savoureuse, nous balançant ses inévitables « The Drugs Don’t Work », « Lucky Man » et bien sûr l’incontournable « Bitter Sweet Symphony ». Mais également deux extraits de « A Northern soul » (« This is music » et « Life's an ocean »), référence discographique incontestable du néo-psychédélisme des nineties. Pas d’extraits de « A storm in heaven ». Deux nouveaux titres quand même, dont « Love is a noize », morceau maître d’un nouvel elpee qui devrait paraître en automne. Sans surprise, The Verve a donc clôturé le festival en beauté.

Mais ce n’est pas la fin pour autant, puisqu’on a encore droit à une petite soirée électro. Tout d’abord un set ‘live’ exécuté par Simian Mobile Disco. Balayé de multiples jeux de lumières LED, son show impressionne. Responsable pour la circonstance d’un excellent (NDR : et surtout original !) cocktail d’électro de fantaisie et d'énergie, le duo anglais parviendra à faire danser le public ; une performance que l’on a d’ailleurs déjà pu découvrir à maintes reprises dans nos contrées. Une excellente manière pour ceux qui n’avaient pas rejoints leur lit, dès la fin des derniers accords de « Bitter Sweet Symphony », de se défouler jusqu’au bout de la nuit. Enfin, plus ou moins jusqu’à 2 heures du matin. Faut dire qu’on n'a pas vu le temps passer...

Et last but not least, pour les plus courageux, une after payante et sold out était organisée au casino de la Rotonde. Animation : le dj local Orange Dub, suivi par les Allemands de Boys Noize. Fin des festivités : 4 heures du mat’!

Aucun doute, cette première journée, malgré le petit incident sur ‘La Rive’, a tenu ses promesses et nous donne déjà envie de vivre la suite !

On vous invite également à aller voir les superbes photos de cet événement…

 

 

Les Nuits Botanique : jeudi 15 mai 2008

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‘La pluie qui tombe m’effraye un peu’ chante Daniel Darc. Il est 22h30. Faut dire que les spectateurs qui se sont déplacés pour assister au festival, ce soir, ont dû s’armer de courage (et d’un parapluie qu’il valait mieux tenir à deux mains) pour affronter les orages et pluies diluviennes, qui se sont abattues sur la commune de Saint-Josse, à partir de 19h30. Des conditions météorologiques qui pourraient bien se reproduire lors des prochains festivals d’été, si le climat continue à flirter avec des températures aussi élevées. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour les organisateurs, qui risquent de devoir alors faire face à d’autres problèmes bien plus conséquents. Mais inutile d’anticiper, chaque chose en son temps… 

C’est donc trempés jusqu’aux os que la plupart des spectateurs sont arrivés au Bota sur le coup de 20h. Parfois même simplement après avoir traversé le parc. Il est alors 20 heures. L’œil furtif, j’observe d’un air amusé le comportement des individus. De jolies jeunes filles moulées dans leur t-shirt (mouillé) côtoient des cadres à peine sortis de leurs bureaux et quelques punks errants. Un public aussi hétéroclite que l’expo proposée au Witloof Bar.

En déambulant dans les couloirs, on croise Brisa Roché et Daniel Darc. La première conjugue beauté et élégance. Par contre, on ne peut pas en dire autant de l’ex-leader de Taxi Gril. Trapu, presque bossu, son corps et son visage sont profondément marqués par les excès commis au cours de sa jeunesse. Et pourtant, Daniel Darc passerait incognito parmi les musiciens de rue et les mendiants du quartier. Mais respect pour ces artistes. Y compris Daniel Darc. Car se soir, il va nous accorder un show de toute bonne facture. Car comme chez tous les écorchés vifs, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Lors de son dernier passage à Dour, son concert était pathétique ; alors que quelques jours plus tard il livrait un set d’exception aux Francos de Spa.

Mais ce soir, c’est le bon soir. Sur le coup de 22 heures, il monte sur les planches, empoigne le micro d’une main ferme et donne immédiatement le ton : le spectacle sera rock’n’roll. Il enchaîne les différents titres de son dernier opus « Amours suprêmes », mais en adoptant un tempo nettement plus enlevé que sur disque. Juste avant, mais aussi après « Les remords », Darc échange quelques mots avec une jeune groupie perdue au milieu de l’auditoire. Une réaction qui démontre l’état de forme de notre homme. Le set monte en puissance et atteint un des premiers sommets lors de l’interprétation du single « J’irai au paradis ». Puis par « Je me souviens, je me rappelle ». On lui pardonnera cependant, des improvisations souvent foireuses. Tout comme ses errements dans ses textes. Il s’en excuse d’ailleurs, spontanément. Des carences largement compensées par un backing group particulièrement solide et talentueux. Darc a quand même le bon goût de le remercier, juste avant d’attaquer « L.U.V.», morceau au cours duquel le guitariste se substitue à Alain Bashung pour partager le duo. Manifestement, du Daniel Darc de cette trempe, on en veut bien encore…

Un peu plus tôt en soirée, Brisa Roché avait précédé le Parisien sur le même podium. Les médias comparent souvent la Franco-américaine à Björk. Si c’est pour le physique, elle mérite mieux. Quant à la voix, elle possède sans doute les inflexions de l’Islandaise, mais pas le timbre. Habillée d’une longue robe colorée, la diva campe un jeu de scène qui colle bien avec celui de ses musiciens, tout de blanc vêtus. (NDR : Richard, le bassiste, me fait penser à Stefan Oldsdal, le bassiste de Placebo). Malheureusement, le chapiteau n’est qu’à moitié rempli et le public n’applaudit guère. Ou à peine. Même lorsque la belle fait son entrée. Et pas davantage à l’issue de ses premières chansons. Il faut avouer que son style, oscillant du jazz au gospel, joue constamment sur les atmosphères. Et cette approche musicale plutôt déconcertante est assez difficile à apprécier d’entrée de jeu. Pourtant, malgré l’ambiance presque glaciale et le manque de réaction manifestée par le public, le collectif ne se décourage pas pour autant et ne se départit jamais de son sourire. Et finalement leurs efforts seront récompensés ; puisque après avoir invité les spectateurs à siffloter son tube « Whistle », Brisa hérite d’un tout autre accueil. Bien plus convivial. Soudainement, l’ambiance monte d’un cran et la bonne humeur devient communicative. Les applaudissements concurrencent même la pluie, qui n’a pas cessé de tomber à l’extérieur. On a même droit à un fin de parcours nettement plus rock’n’roll. Le band précise d’ailleurs que le temps imparti sur scène lui est compté. Et dès lors qu’il préfère raccourcir la setlist, tout en la rythmant. Une initiative très appréciable, dans le contexte d’un festival.

Après avoir assisté aux bonnes prestations de ces deux artistes, nous sommes repassés prendre un denier verre au bar du Bota. Tranquilos ! En plaignant les spectateurs entassés comme dans une  boîte à sardines au sein de la Rotonde pour applaudir le set de Girls in Hawaii, sold out depuis des lustres. Et on n’avait même pas envie d’être à leur place, tant nous avions pris notre pied lors de la prestation de ces artistes français, ce soir…

Daniel Darc + Brisa Roché

Organisation Botanique

 

Les Nuits Botanique 2008 : dimanche 11 mai

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Décidément, les dieux de la musique sont cléments. Et c’est une fois de plus, sous une chaleur de plomb que les Nuits du Bota ouvrent leurs portes ce dimanche 11 mai. Outre les prévisions météorologiques succulentes, l’affiche a de quoi surchauffer un peu plus nos esprits. En effet, le même soir, se produisent sous le chapiteau, James Deano, Missill, Scratch Perverts et Puppetmastaz. Des artistes ou des groupes décidés à nous plonger au sein de leurs univers respectifs.

 
 

Le désormais classique attroupement du public sur les marches, face aux jardins, est déjà bien dense. Il n’est pas encore 20 heures. Les odeurs de frites et pittas pèsent lourd sur l’estomac. Ce sera uniquement de bière que je remplirai le mien. Où le brasseur passe, le boulanger ne passe plus, c’est bien connu.

 
 

C’est à l’heure pile que le sale gosse de Waterloo ouvre les festivités. Il lance l’appel aux troupes ; mais les gens pénètrent sous le chapiteau au compte-gouttes. L’atmosphère est moite, mais Deano, Maxime –son excellent co-équipier– et Dj Odi-C aux platines ne sont certainement pas venus pour refroidir les lieux. Casquette vissées, les deux lascars au mic, commencent à débiter des bûches qu’ils déposent sous le chaudron, qui s’apprête déjà à bouillir. Le set va durer une heure. Une heure au cours de laquelle la bande va s’éclater, haranguant le public entre chaque chanson. Les morceaux s’enchaînent malgré tout très vite. Planning oblige. « El Playboy », « Tu t’es vu quand t’abuses ? » chauffent la salle. Même si elle n’est pas complètement remplie, elle s’électrise au fil des morceaux. Il adresse une petite dédicace aux mamans, en ce jour de fête des mères : « Les Femmes ». Il est mixé sur un beat de Pharell et Snoop Dog : « Beautiful », et tout le monde danse. Pour le « Le Fils du Commissaire », la température monte encore d’un cran. Deano invite les spectateurs à ‘lever les bras en l’air’. On voit bien que ce n’est pas lui qui se tape les effluves délicats produits par les dessous de bras de mes voisins immédiats. Mais comment rester stoïque face au flow et à l’énergie dispensés par le trio ? Alors qu’habituellement l’homme aime glisser quelques bons mots entre ses chansons, il se limite ici à quelques clins d’oeil, à quelques boutades. Toujours souriant il enchaîne « Arrête de Fuir » l’excellent « Riz Sauce Rien », « Les Gens sont Stressés », « Koh Lanta » et l’inévitable « Les Blancs Ne Savent Pas Danser ». Vers la fin du concert, un petit clin d’œil est adressé à NTM lors d’une reprise du morceau « Tout n’est pas si facile », me semble t-il. « Drogue dur à la drogue douce » me file la chair de poule tant les paroles sont d’une sincérité et d’une justesse à toute épreuve. Il conclut le show par « 11 du 9 » et « Ma Vie de Célibataire ». Passé à toute vitesse, les 60 minutes de set m’ont donné encore plus soif, et je sors me rafraîchir aux abords du chapiteau.

 
 

21h00 et une chique, Missil débarque. Seule aux platines, la petite Française n’a peur de rien. Elle balance du gros son, du très gros son. Un peu trop gros peut-être. Le public vraiment clairsemé est composé de quelques fans et clubbers qui ‘skatent’ un pas de danse sous la chaleur ; les curieux désertent petit à petit la salle sous les lancinants beats de la demoiselle. C’est qu’elle n’y va vraiment pas avec le dos de la cuiller. Et franchement, il fallait être préparé pour supporter le choc. C’est donc à la vitesse de son patronyme que je vide les lieux. Trop c’est trop, mes oreilles sifflent déjà. Je rejoins l’air un peu plus frais dehors. J’y croise Deano et ses potes. Il signe des autographes, pose pour des photos, se plie au jeu de la vedette, sans vraiment se la raconter.

 
 

22h10 un grand guignol s’installe sur le podium : le Puppetmastaz. Une toile sur laquelle est peint le logo du groupe est tendue sur toute la longueur de la scène. Elle doit faire 1m80 de hauteur. Derrière cette toile, 5 malades mentaux agitent des pupazzi. Ils sont allemands et font vivre en moyenne, pas moins de 20 poupées différentes. A la manière du Muppet Show de Jim Henson version trash, elles s’agitent frénétiquement, pour le plus grand plaisir des tout petits que nous sommes restés. J’avoue que j’avais déjà entendu parler de ce ‘phénomène’ du hip hop, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le vivre en live. Et bien je n’ai pas été déçu !! Derrière la façade enfantine et peu sérieuse, Puppetmastaz déchire sa race grave. Des beats incroyables, un flow décapant, le tout agrémenté d’un spectacle de marionnettes désopilant, parfaitement génial ! Les sons crachés par les enceintes enflamment complètement le chapiteau. Le public est ravi et en redemande. On vogue entre le hip hop, le ragga et la jungle. Les poupées se démènent sur des chorégraphies minutieusement préparées mais délirantes. De Mister Maloke, en passant par Snuggles the Bunny, Ryno, Ducci Prosetti ou Dogga Dacoda pour ne citer qu’eux, la trame de leur histoire se compose d’un œuf géant (The Egg) qui recèle leur pouvoir. Autour de cet œuf les personnages luttent pour devenir le chef, le Ministre. Pour diriger le monde des puppets. Toute l’intrigue repose sur ce scénario. Mais que contient cet œuf ? Vous êtes invités à découvrir la solution de cette énigme lors de leur prochain set live ; et surtout attendre la fin du spectacle, si vous ne vous êtes pas liquéfié entretemps, sous la chaleur de leur beats.

 
 

23h20, le spectacle Puppetmastaz est terminé. J’ai mon compte. Je quitte le Bota l’esprit traversé de turbulences. Encore une excellente soirée à mettre sur le compte du festival. Et je n’ai toujours pas envie de manger des frites… je vieillis il me semble…

 
 

James Deano + Missill + Scratch Perverts + Puppetmastaz

 
 

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Les Nuits Botanique 2008 : vendredi 9 mai

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Le soleil tape fort au-dessus du jardin Botanique. La foule s’agglutine autour des bars, histoire de se rafraîchir avant de profiter de la grande soirée que lui ont concoctée les organisateurs des Nuits. En effet, ce soir, c’est grand soir. Le sésame : un ticket d’entrée unique, donnant accès à la fois au chapiteau, à la Rotonde et à l’Orangerie. Au menu : treize formations oscillant entre pop, rock, folk et indie. Le gros désavantage : il faut opérer certains choix.

Bien que la soirée n’affiche pas ‘complet’ ce 9 mai, une grande masse d’aficionados et de néophytes se retrouvent sous les serres du Bota. A 20h, ¡Foward Russia! donne le signal de départ de la soirée sous le chapiteau et les formations belges The Germans et Nestor! se chargent de remplir les plus petites salles.

Mais Of Montreal est le premier groupe à véritablement attirer notre attention. Venu présenter son excellent dernier essai, « Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? », les Ricains sont parvenus à mettre le feu dès 21h, à l’aide de leur univers ‘Velvet Goldmin-ien’. Vêtus de costumes kitsch extravagants à mourir, la mise en scène de 40 minutes est parvenue à flirter avec le grotesque, sans pour autant l’atteindre. En prenant du recul, cette prestation a été une des meilleures accordées au cours de la soirée.

Cette dernière s’est d’ailleurs poursuivie en demi-teinte. Par des Two Gallants un peu trop fidèles à eux-mêmes et des We Are Scientists n’ayant pas trop l’air de s’améliorer au fil du temps.

On a échappé de justesse à l’ennui grâce à la prestation hypnotique de Chrome Hoof. Au programme : costumes à paillettes, jeux de lumières, chorégraphies absurdes, chants robotiques et mélodies putassières. Un cocktail pas très avenant de prime abord mais qui, manifestement, fonctionne à merveille. A voir également à Dour cet été.

La programmation s’est achevée par les Suédois de I’m From Barcelona. Ils sont parvenus à transformer le Chapiteau en une énorme cour de récréation. Un joyeux bordel propice à une ambiance bon enfant. Mais un spectacle pas nécessairement convaincant, la formation ayant l’air de se répéter quelque peu, au fur et à mesure de sa prestation.

On retiendra donc principalement de cette soirée, les concerts d’Of Montreal et de Chrome Hoof. Ils se sont distingués sans trop de mal. A cause de leur mise en scène intéressante et des compositions relativement plus passionnantes que celles du reste de l’affiche proposée ce vendredi 9 mai…

I’m Barcelona + Chrome Hoof + We Are Scientists + Of Montreal + Two Gallants + Blood Red Shoes + Timesbold + V.O. + ¡Foward Russia! + The Germans + Nestor

Organisation : Botanique.

 

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