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The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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mardi, 22 novembre 2016 21:21

Midgets & Monkeys

Formation amstellodamoise, Rusty Apollo compte un peu plus de deux ans d’existence. Son premier elpee, "Oh yeah !", est paru l’an dernier. Du line up initial, il reste le drummer et chanteur principal Mike Meijer (NDR : c’est également le leader) ainsi que les gratteurs Rogier van der Ploeg et Onno Voorhoeve. Le premier se consacre à la slide et le second à la baritone. Nouvelles recrues, Wiendelt Hooijer et le bassiste Moos Meijer complètent donc le band. A l’instar du premier opus, "Midgets & Monkeys" recèle peu de compos personnelles. Trois en tout. Pour sept reprises. Néanmoins, le blues primaire proposé est plutôt original. 

Curieusement, le nouvel LP s’ouvre par une plage dont le titre n’est autre que celui choisi pour le premier long playing. Soit le "Oh yeah !" de Bo Diddley. Ce qui donne cependant un bel aperçu du style pratiqué par le combo. En l’occurrence une expression sonore à la fois primitive et fouillée. La voix de Meijer est âpre, rugueuse. La batterie, bien à l’avant-plan. La section rythmique, intransigeante. L’harmonica et la slide d’Onno s’immiscent judicieusement dans l’ensemble. Le "300 pounds of heavenly joy" de Willie Dixon est une compo popularisée, en son temps, par Big Twist and The Mellow Fellows, mais également Howlin’ Wolf. La version est particulièrement dynamique et la voix aussi grave et bestiale que celle de Big Foot ; alors que les sonorités des deux grattes sont singulières. Issu de la plume de Rusty Appolo, "The Human cannonball" est une plage bien structurée. La rythmique est d’ailleurs hypnotique. Imprimé sur un mid tempo, ce blues primaire, proche du Delta, est hanté par un vocal ténébreux et criard. Et l’harmo de Hooijer y tressaille. Le "Pretty Thing" de Willie Dixon a été traduit en succès par le géant Bo Diddley. Le combo batave adopte le Diddley beat. La guitare baritone est chargée de reverb. Comme lors des débuts du blues, un fifre nerveux s’infiltre dans le décor. Les chœurs sont réussis et plutôt surprenants. "Can I put my finger in it ?" est une autre compo qui figurait au répertoire de Bo. La voix est aussi ravagée que celle de Tom Waits. La trame rythmique est hypnotique et fiévreuse. La guitare, déjantée.  La cover du célèbre "Let’s work together" de Wilbert Harrison baigne dans le country/blues. Onno Voorhoeve s’est installé derrière le micro. Soutenue par des arrangements ambitieux, sa voix est bien plus douce. La paire van der Ploeg/Meijer signe "She left me good", une piste qui véhicule les accents exotiques d’une rumba. Le chant est au bord de la rupture. Le climat est plutôt serein. Il est bercé par la douceur latine des cordes et traversé de percussions. La guitare en profite pour s’autoriser une brillante sortie, dans l’esprit de Carlos Santana. Un des meilleurs moments de cet opus. Le "Death letter blues" de Son House trempe tout naturellement dans le blues originel du delta. L’harmonica déverse des chapelets de notes. Les deux grattes s’intègrent bien dans l’ensemble. La voix de Meijer est agressive. "Way down in the hole" est un titre issu de la plume de Tom Waits. Il figurait sur son album "Franck’s wild years", paru en 1987. Il s’agit plus que probablement d’un des meilleurs blues du Californien. Les percussions sont syncopées. La voix est proche, grave et inquisitrice. Et le morceau se glisse dans le suivant, "Stick a fork in me", une jam transique bien personnelle. La voix baryton de Mike Meijer sert de fil conducteur. Acide, tourmentée, la gratte plonge au cœur d’un voyage volontiers psychédélique, même si en finale, des cordes synthétiques, samplant sans doute un mellotron, viennent étoffer la composition. 

mardi, 22 novembre 2016 21:19

Beck in black

Left Lane Cruiser est déjà de retour. Réunissant le chanteur/guitariste/harmoniciste Frederic J. Evans IV et le percussionniste Pete Dio, le duo avait publié son dernier opus, opus "Dirty spliff blues", l’an dernier. Issu de Fort Wayne, dans l’Indiana, il nous propose, à nouveau, une forme de garage qui puise ses racines au sein d’un Mississippi blues inspiré par R.L Burnside, Junior Kimbrough et T-Model Ford, mais mijoté à la sauce punk ! Le tandem a signé chez Alive en 2007. Et ce "Beck in black" n’est pas un véritable nouvel opus, mais un recueil de morceaux qui remontent avant 2014 ; soit lorsque le drummer Brenn Beck, siégeait encore derrière les fûts. Certains datent même des débuts de LLC. Mais le plus intéressant procède de la présence de six titres inédits.

L’opus s’ouvre par "The pusher", un morceau signé par le chanteur folk Hoyt Axton et popularisé par Steppenwolf. Il avait même servie de B.O. au film "Easy Rider", en 1969. Le climat est paisible. L’adaptation est assez propre. Fred s’y distingue à la slide. Son vocal est particulièrement âpre. Issu de "Junkyard speed all", "Circus" macère dans le garage, une piste enregistrée en 2011. Evans chante frénétiquement et maltraite son bottleneck tout au long du country blues nerveux, "G Bob". Extrait de "Rock them back to hell", "Zombie blocked" baigne au sein d’une atmosphère terrifiante. La voix gémit. Les percus de Brenn Beck sont amples. Et il souffle comme s’il était à l’agonie, dans l’harmonica. Seules les cordes métalliques parviennent à s’évader de cet environnement constamment sous pression. Une voix lugubre hante "Chevrolet", une piste rehaussée par la présence de Jim Diamond, célèbre producteur issu de Detroit qui a notamment bossé pour Dirtbombs, White Stripes, Sonics et Fleshtones. "Sausage Paw" c’est le pseudo attribué à Brenn Beck. C’est aussi le titre d’une nouvelle plage. Le son est toujours aussi primaire. La slide vous pénètre subrepticement. Beck impose une rythmique hypnotique, tandis que débridées, les cordes d’Evans se libèrent. Subtilement tapissé par les interventions d’un clavier, "Bloodhound" est un autre inédit. Les riffs sont écrasants. Seule la slide parvient à se libérer de cette emprise. Une forme de punk sauvage et primaire alimente "Crackalacka". Le drummer pourchasse le vocal. La slide du leader est dévastatrice. Ecrasant, dense, "Hip Hop" figure sur l’elpee "Junkyard speed ball". Invité, James Leg se réserve les claviers ; et ses interventions surannées sont superbes. "Heavy" est tiré de "Bring yo’ ass to the table", le premier long playing publié chez Alive. Une piste redoutable, implacable et primitive, qui mérite bien son titre. "Maybe" est un autre fond de tiroir. Tour à tour tranchante ou déjantée, la gratte entretient un climat psychédélique. "Amy’s in the kitchen" colle parfaitement au style du duo. Un Mississippi blues au profil impitoyablement punk. Le long playing s’achève par deux compos inédites. Tout d’abord "Chicken". Reflétant une forme de mal-être, délirante, cette plage est hantée par une voix torturée. A vous flanquer des frissons partout. Enfin, une version instrumentale de "Juice to get loose", qui agrège cordes acoustiques et amplifiées. De quoi vous donner le coup de grâce !

mardi, 22 novembre 2016 21:15

Relentless

Canadien, Paul Deslauriers est un chanteur/guitariste de power blues/rock. Son backing group est constitué d’une section rythmique ; en l’occurrence le bassiste Greg Morency et le batteur Sam Harrisson. Cette année, il a représenté sa société de blues locale à l’International Blues Challenge de Memphis. Et le trio s’est classé à la 2ème place sur 119 artistes participants. Eponyme, le premier elpee du PDB est paru en 2014. La formation signe les dix plages de ce "Relentless".

Dès les premiers accords de "Stewtro Rock", on est littéralement secoués par la vigueur et la densité de l’expression sonore. La formule trio y est sans doute pour quelque chose. Il remplit bien l’espace. La section rythmique est terriblement efficace. Si Greg se sert d’une basse comme d’une guitare, sa ligne est toujours bien en phase avec celle du drummer. Cette rampe de lancement est idéale pour laisser s’éclater le leader sur ses cordes. Boogie, "I’m your man" est imprimé sur un Diddley Beat. Sam brille derrière ses fûts. La voix de Paul est naturellement puissante. Elle dialogue constamment avec sa gratte, dont les accords sont nerveux. "Ten feet tall" est toujours aussi percutant. Le band s’y révèle particulièrement homogène. La ligne mélodique est très accrocheuse. Quelque part, le PDB me rappelle ici Boston. Et notamment quand il remplit tout l’espace disponible. En finale, la six cordes –quelque peu ravagée et déjantée, mais bien maîtrisée– prend son envol. Le tempo décélère quelque peu sur "Still under my skin". Probablement la piste la plus blues. L’ombre du trio texan ZZ Top plane. Cependant, la voix de Deslauriers est à la fois harmonieuse quoique autoritaire. Et son envol monte longuement en crescendo. Paul n’est manifestement jamais à court d’idées. Une claque ! Le leader se sert également du bottleneck. Il y recourt en slide sur "Wipes away your sin", un morceau dominé par les percus de Harrison. Le développement de cette plage ne manque pas de charme. A cause de la voix, lors du refrain, ainsi que de la libération ultime des cordes. "Up in thé air" ralentit la cadence. Un rock’n’roll bluesy classieux, au cours duquel le chant, très expressif, s’impose naturellement. Et sous la contrainte, sa slide –puissante et créative– se met à gémir. Le spectre de ZZ Top hante encore "We just might", un boogie enlevé et fluide. Et les soli de Paul passent de nouveau en force, littéralement propulsés par sa dream team rythmique. Blues lent, "If I still had you" était attendu au tournant. Les interventions parcimonieuses et bourrées de feeling de Deslauriers entretiennent un climat plutôt dramatique. Découpé en deux fragments, "Gonna make you move" clôt l’opus. Rythmiquement funky, le premier volet est marqué au fer rouge par la frappe sur les peaux de Sam, mais aussi accorde un billet de sortie à la basse de Greg. Et c’est amplement mérité ! Le deuxième est plus paisible mais l’instrumentation est davantage élaborée. Paul en profite, une dernière fois, pour se libérer sur ses cordes, en accordant un superbe mais aussi singulier solo. Remarquable !

 

mardi, 22 novembre 2016 21:12

Almost there

Barrelhouse est une formation issue de Haarlem, aux Pays-Bas. Et il y a des lustres qu’elle roule sa bosse. Elle est donc née en 1974 ; mais malgré une parenthèse d’une dizaine d’années, elle n’a pas changé de line up. Constitué d’excellents musicos. Tout d’abord, le remarquable pianiste Han van Dam. Puis les deux gratteurs –des frères d’origine moluquoise, Johnny et Guus Laporte. Mais également le bassiste/accordéoniste Jan Willem Sligting et le batteur Bob Dros. Sans oublier la chanteuse Tineke Schoemaker. La discographie est conséquente ; mais on en épinglera un live, paru en 1979, un enregistrement en public auquel avait participé le génie de la Telecaster, Albert Collins.

Boogie imprimé sur un tempo enlevé, "Hard feelings" ouvre les hostilités. Tineke est derrière son micro. Et il ne faut guère longtemps pour que les ivoires, ainsi que les cordes des frangins Laporte, ne se libèrent. Le titre maître est un blues lent impeccable. Jimmy s’autorise un envol, mais particulièrement parcimonieux. Le rythme de "I wish I could pray" est plus soutenu. Han siège derrière son piano électrique. Johnny prend un billet de sortie. Il écrase ses pédales avec une belle habileté, bientôt relayé –et judicieusement– par son frère Guus. "I wanna go home" est un morceau co-écrit par Muddy Waters et J.T Brown. La voix de Tineke est fiévreuse. Elle vit son blues. Ivoires et bottleneck se distinguent au cœur d’un accompagnement tout en sobriété. La reprise du "Don’t hold your breath" d’Ike Turner est très réussie. Han van Dam démontre toute sa maîtrise au piano roadhouse. La fratrie met conjointement le nez à la fenêtre. L’un à la slide, l’autre à la guitare classique. Un grand moment! La voix pure de Miss Schoemaker est uniquement soutenue par les ivoires, tout au long du "Goodbye" de Bumble Bee Slim, un blues dépouillé et émouvant. Bref instrumental, le "Holy Poky" met en exergue le talent Johnny Laporte, à la six cordes. "Down in the Alley" en revient au boogie. Au piano, van Dam est à la fois brillant et intenable. Il est talonné par les interventions frénétiques des frangins Laporte, aux grattes. Et elles sont particulièrement inspirées tout au long du "Born to die" de Blind Willie McTell. Un Chicago shuffle au tempo blues/rock. Bien jolie ballade, "Lonely together" puise son inspiration dans le R&B. La voix de Tineke est ravissante. Les guitares réverbèrent des accents hawaïens. La finale est surprenante. Une ballade unplugged, aux accents subtilement tex mex, signée Nick Lowe. Son titre ? "Withered on the vine". Les vocaux y sont bien secondés par les cordes acoustiques et l’accordéon de Sligting.

 

mardi, 22 novembre 2016 21:12

Repeat after me

Band of Friends est un trio qui implique l’ancienne section rythmique du regretté guitariste irlandais, Rory Gallagher, disparu en 1995. Le bassiste Gerry McAvoy et le drummer Ted McKenna ont donc remonté un trio, en engageant Marcel Scherpenzeel. Et tant au chant qu’à la gratte, ce Batave est plutôt doué. McAvoy a été le plus loyal serviteur de Gallagher. Il est demeuré fidèle au poste entre 1971 et 1991. Il a d’ailleurs publié un livre sur cette vie commune, qu’il a intitulé ‘Riding Shotgun’. McKenna lui, a longtemps sévi au sein du Sensational Alex Harvey Band (dont le leader est également décédé en 1982) et auprès de Gallagher entre 1978 et 81. Vétéran, Scherpenzeel était un proche de Rory. Il a longtemps drivé son propre band.

Band of Friends a gravé son premier elpee, "Too much is not enough", en 2013, et le deuxième, "Live ‘n’ Kickin", en 2015, un LP sur lequel figurait six reprises de Gallagher. 

Rock/blues, "Don’t ever change" ouvre la plaque. Les riffs rythmiques de la gratte sont largement amplifiés. La voix de Marcel passe bien la rampe. Dynamique, "The man I am" s’inscrit dans la même lignée. "Repeat after me" s’ouvre dans un style réminiscent de Police. Cependant, la voix de Scherpenzeel est bien différente de celle de Sting. La compo est bien équilibrée et les interventions de cordes rappellent les grands moments mélodiques de Gallagher. Superbe ! Ballade accrocheuse, "A sense of freedom" est une reprise de Frankie Miller. Soutenus par Mae McKenna, les trois musicos reprennent en chœur le refrain. Et bien senti, l’envol de cordes me rappelle quelque part le Wishbone Ash originel. La voix de Marcel est sereine tout au long du contagieux "Homeland", une compo plus pop au cours de laquelle Hugh McKenna siège derrière les claviers. Et le résultat est particulièrement réussi. "Soul to soul" replonge dans le blues énergique. McKenna imprime un tempo proche du Diddley beat. Scherpenzeel est alors vraiment hanté par Gallagher. "Nothing for nothing" nous entraîne d’abord dans le surf/rock pur et dur. Très métallique, également. Une piste enlevée, parsemée de multiples escarmouches provoquées par la guitare. "Wanna be next to you" est imprimé sur un tempo particulièrement soutenu. Un blues rocker puissant qui bouscule tout sur son passage. Constamment en éveil, la gratte se dédouble. Tout au long de "Pick up the gun" Marcel multiplie les petits soli. Tempéré, "Parisian girls" se distingue par sa jolie ligne mélodique. Le vocal est tendre, un peu dans l’esprit de Gerry Rafferty. Mais le morceau est ponctué d’une brillante intervention aux cordes. "King of the street" clôt le long playing. Une finale acoustique. Digne de Rory Gallagher…

 

mardi, 15 novembre 2016 21:39

Demolition day

Dix ans déjà que le terrifiant ouragan Katrina a dévasté les côtes du Golfe du Mexique ; et tout particulièrement la grande cité musicale de la Nouvelle Orléans. De nombreux citoyens locaux ont, depuis, été forcés de fuir. Et parfois, bien loin de leurs terres d’origine. Quatre musiciens ont ainsi émigré à San Francisco. Ils y montent le Honey Island Swamp Band. Aaron Wilkinson se charge de la sèche et de la mandoline, Chris Mulé, de la guitare électrique, Sam Price de la basse et Paul Garland Paul de la batterie. Les quatre compères se partagent le chant. En 2009, le quatuor publie son premier elpee, "Wishing well". Trevor Brooks rejoint alors le line up. Il siègera derrière son orgue Hammond B3. "Demolition day" constitue déjà le quatrième long playing du combo ; une œuvre qui a été enregistrée au studio Parlor, à New Orleans. Et c’est Luther Dickinson (North Mississippi All Sars) qui a assuré la mise en forme.

Des guitares aux accents rythmiques ‘rollingstoniens’ amorcent "How do you feel". Le piano acoustique entre dans la danse, et ce sont les ivoires qui s’autorisent le premier envol, aussitôt rejoint par la slide de Chris et le saxophone, alors que les musiciens se partagent les vocaux. "Head high water blues" revient sur les conséquences de l’ouragan. Une piste roots, légèrement teintée de r&b voire de funk, dans l’esprit d’un Little Feat. Les voix accentuent l’atmosphère néo-orléanaise, alors que le piano électrique et la slide tirent leur épingle du jeu. Introduit par le Hammond, "No easy way" s’ouvre nonchalamment. Et lorsque le tempo s’élève, la slide opère son entrée, rapidement rejointe par des cuivres. A charge des percussions de Garland de baliser l’ensemble. Bien rythmé, "Medicated" est un r&b teinté de soul. La voix colle parfaitement au style alors que la slide de Chris Mulé est toujours en effervescence. "Watch and chain" est à nouveau hanté par le Little Feat. Solide, la section rythmique sert de tremplin aux autres instruments ; et pour la circonstance, piano électrique et slide. Folk, "Katie" est plutôt surprenant. Une plage empreinte de douceur entretenue par les cordes acoustiques et l’orgue. "Ain’t no fun" est un rock plutôt léger, mais entraînant. Les voix sont épanouies, alors que la slide véhicule des sonorités de steel. Autre roots, "She goes crazy" se distingue par ses harmonies vocales particulièrement soignées et ses cuivres ; et les interventions de trompette ainsi que de saxophone qui nous transportent au cœur du vieux carré de New Orléans. "Through another day" constitue incontestablement un des sommets de l’opus. Les cordes acoustiques ébauchent la compo. Elles sont ensuite rattrapées par  l’harmonica. Soutenu par les chœurs masculins, le lead vocal est chargé de passion. Puis tous les instruments entrent successivement dans la danse : orgue, mandoline et enfin guitare slide dont les aspirations aventureuses sont réalisées, tout en respectant le sens mélodique. Superbe ! Americana, "Say it isn’t true" nous entraîne dans le Sud profond. Une piste cool caractérisée par sa richesse musicale, impliquant harmonica, piano, steel guitare et mandoline. Et le titre final, "Devil’s den", baigne dans le même climat, puisant au plus profond des racines…

 

mardi, 15 novembre 2016 21:34

Big dog

Agé de 47 ans, Albert Castiglia est issu de la Floride. Un chanteur/guitariste déjà considéré comme un vétéran, sur la scène du blues. Il a longtemps milité comme guitariste au sein du backing group du célèbre bluesman chicagoan, Junior Wells, auprès duquel il a tourné à travers le monde. Son premier elpee personnel, "Burn", date de 2002. "Big dog" constitue son sixième opus solo. Il a confié la mise en forme à Mike Zito (NDR : particulièrement prolifique, au cours des dernières années, le Texan est également un membre fondateur du Royal Southern Brotherhood). Les sessions se sont déroulées au sein du studio Dockside, à Maurice, en Louisiane. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une solide équipe, dont le bassiste Scot Sutherland, le drummer Rob Lee et le claviériste Lewis Stephens, sans oublier Mike Zito qui gratte et chante.

Dès "Let the big dog eat", piste qui ouvre l’elpee, on ressent l’empreinte de Mike Zito. Un blues énergique caractérisé par des guitares généreuses. Les voix d’Albert et de Mike sont agressives et surtout autoritaires. Les grattes, rugissantes. Des vocaux qui deviennent rauques sur "Don’t let them fool ya", un blues flemmard signé Zito. Et pourtant, les guitares entrent violemment en duel, sans s’accorder le moindre répit. Impressionnant ! Castiglia est passé à la slide sur "Get your ass in the van". Il a également monté le volume sonore. Féroce, ce Chicago blues est hanté par Hound Dog Taylor. Le bottleneck martyrise constamment les cordes. Des effluves de métal en fusion se propagent alors que Rob Lee frappe comme un demeuré sur ses peaux. "Drowning at the bottom" est un des plus beaux blues signés par Luther Allison. Il figure sur son elpee "Reckless", publié en 1997. La version proposée ne manque pas de panache, et permet à Castiglia et Zito de tirer leur épingle du jeu. Tapissé par un orgue Hammond, le morceau bénéficie également du concours du géant Allison. Et ses interventions sont frénétiques. Sensuel, "Let’s make love in the morning" marque une pause. Stephens siège derrière l’orgue. Les échanges vocaux sont riches. Issue de la plume de Charlie Pickett, "What I like about Miami" est une excellente roots song aux accents rock’n’roll. Et la cover est très proche de l’originale. Dynamique, "Easy distance" est légèrement teinté de funk. Insatiable, la guitare libère énormément de sensibilité ! Plus paisible et classique, "Where did I go wrong" est un autre blues lent. Lewis Stephens se consacre aux ivoires ; et invité, Johnny Sansone signe un superbe envol à l’harmonica. Ce dernier se distingue encore sur "Where the devil makes his deals". Ses interventions sont superbes alors que les cordes, chargées de feeling, atteignent de nouveaux sommets. Remarquable ! Particulièrement rock’n’roll, "What the hell was I thinking" déménage littéralement. A cause du piano, mais également de la gratte qui se révèle inextinguible. De toute bonne facture, cet opus s’achève par"Somehow", une ballade r&b que chante Albert d’une voix rageuse, subitement devenue soul...

 

mardi, 15 novembre 2016 20:28

Easy Grey

Agé de 41 ans, ce New-yorkais puise son inspiration dans la soul, le jazz et la country. A ce jour, il avait publié huit elpees, dont le premier remonte à 2001. Les sessions d’enregistrement d’"Easy Grey" se sont déroulées au sein des studios Cedar Creek, à Austin, au Texas. Jonah signe toutes les plages. Il chante et se consacre aux claviers ainsi qu’à la sèche. Il est soutenu par le bassiste Ben Rubin, le drummer Gintas Janusonis ainsi que les guitaristes David Soler et Doug Wamble.

Ballade roots empreinte de douceur, "Sunnyville" ouvre la plaque. La voix de Jonah est très expressive. Il siège derrière le piano électrique, alors que les interventions de Jon Sosin, invité pour la circonstance, sont à la fois discrètes et efficaces. Le tempo est toujours aussi modéré tout au long de la ballade cuivrée, "Where I started from". Gintas introduit "On love we can survive" aux percus. Une compo naturellement douce, traversée par le saxophone de Bob Reynolds. "Make me change my mind" élève le tempo. La voix de Smith est soutenue par celles de Jess Wolfe et Holly Laessig. La gratte émet des cris perçants face aux drums fiévreux. Le piano imprime le rythme tout au long de "Heavy hangs the crown", un blues au cours duquel Ruthie Foster accorde la réplique vocale, alors que Doug Wamble se concentre sur sa slide. Tout comme sur "Try your best", un blues/roots chanté par Jonah, d’une voix légèrement éraillée. Et elle devient pure sur "Turn this ship around", plage au cours de laquelle, il siège derrière le piano. La resonator de Doug réverbère des accents empreints de douceur. L’intro de "Turn down the Moon" est excellente. Bien rythmé, ce blues se distingue par la conjugaison des voix ainsi que l’intervention, particulièrement créative, de David Hidalgo (Los Lobos), à la gratte. Emotion et tendresse bercent le titre maître. La pedal steel de David Soler a enfin droit au chapitre sur le titre maître, une compo chargée d’émotion et de tendresse. La resonator pimente "We tried like hell", une ballade country/blues, plutôt brève. Et jolie, "Drop me a line" est bien plus longue. Les cuivres adoptent des teintes claires obscures, alors qu’immaculées, les cordes d’Adam Levy s’imposent naturellement. En final, "Robin, Robin" baigne dans la musique country. Nichol Chase participe aux chœurs ; et l’inévitable pedal steel s’impose dans le décor.   

 

mardi, 15 novembre 2016 20:27

The Royal Gospel

Le Royal Southern Brotherhood est un supergroupe dont la musique oscille entre blues et soul. Les deux membres fondateurs sont le chanteur/percussionniste Cyril Neville et le drummer Yonrico Scott. Publié en 2015, le précédent opus, "Don’t look back", impliquait aux grattes Bart Walker et Tyrone Vaughan (le fils de Jimmie). Ils figurent toujours au sein du line up. Par contre, la basse a été confiée à Darrell Phillips. En outre, lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Dockside, invité, Norman Caesar est venu apporté son concours à l’orgue Hammond B3.

"Where there’s smoke there’s fire" est une entrée en matière solennelle et solide. La six cordes de Tyrone Vaughan entretient ce climat. Une rythmique cool balise "Blood thicker than water", une composition complexe qui monte lentement mais sûrement en puissance. Superbe ! Et c’est dans cette même atmosphère que baigne "I wonder why", un blues signé Pop Roebuk Staples (NDR : le regretté leader des Staple Singers). Les arrangements vocaux sont ambitieux. Yonrico Scott imprime le tempo. Et l’orgue Hammond tapisse l’ensemble. Une ambiance qu’on retrouve encore tout au long d’"I’m comin’ home". Talonnée par la slide bien amplifiée de Walker, la voix de Cyril Neville est superbe. "Everybody paid some dues" baigne le funk. Neville est ici dans son jus. Et c’est la guitare tourmentée de Walker qui libère le groove. Angélique, la voix illumine, la ballade dépouillée "Face of love". Autoritaire, celle de Barth Walker domine "Land of broken hearts", un morceau sculpté dans un blues/rock coriace, bien alimenté par la guitare largement amplifiée. Plus lent, quoique rythmique, "Spirit man" adopte un même profil. Walker, Neville et Gary Nicholson cosignent cette compo cool au cours de laquelle la slide de Walker se réserve une sortie remarquée. R&b funkysant, "Hooked on the plastic" est une piste bien ficelée et entraînante. Non seulement elle incite à remuer le popotin, mais également à reprendre le refrain en chœur, en compagnie des musiciens. Neville et Vaughan cosignent "Can’t waste time", un morceau taillé dans le pur funk, au cours duquel Tyrone se réserve le micro et surprend par ses interventions à la gratte. Et l’opus s’achève par l’enlevé "Stand up", une piste caractérisée par des échanges animés entre les deux sixcordistes. 

 

mardi, 15 novembre 2016 20:23

In any town

Etabli à San Francisco, The Lucky Losers, c’est avant tout un duo réunissant la séduisante Cathy Lemons et l’harmoniciste Phil Berkowitz. Les deux artistes se partagent les vocaux. Pour enregistrer "In any town", ils ont reçu le concours du guitariste Marvin Greene, de l’organiste Chris Burns, du bassiste Tim Wagar et du drummer Robi Bean. "A winning hand", le premier elpee de ce team, était de toute bonne facture. En enregistrant le suivant, on a l’impression que le duo a trouvé sa voie. Mais également l’équilibre entre les deux voix. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Greaseland, à San José, c’est-à-dire celui du guitariste des Nightcats, Kid Andersen. En outre, l’équipe a reçu la collaboration d’une belle brochette d’invités. Le long playing recèle neuf compositions originales et deux reprises.

"So high" nous plonge instantanément au sein de l’univers du duo. La conjugaison des deux voix ne manque pas de charme. Phil souligne parfois ses interventions à l’aide d’envols percutants sur l’harmo. Et l’ensemble est illuminé par les interventions, à la gratte, du maître des lieux, le redoutable Kid Andersen. Lemons signe "It ain’t enough", une plage empreinte de douceur. Elle la chante d’une voix soul voluptueuse. L’instrumentation alimente ce climat cool, entretenu par l’orgue de Burns et le piano électrique Fender Rhodes de Kid Andersen. "Jackson" est une chanson écrite en 1963 par Billy Edd Wheeler et Jerry Leiberfut. Johnny Cash et June Carter l’avaient traduite en hit dès 1967. Puis Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. Interprétée par Cathy et Phil, la nouvelle version est réussie ; et la sortie à l’harmonica est impeccable. Miss Lemons chante d’un timbre suave, le blues lent "Don’t let ‘em see ya cry", face à une section de cuivres au sein de laquelle s’évade Michael Peloquin sur son saxophone ténor. Marvin Greene en profite pour se réserver un solo chargé de feeling (NDR : et inspiré par BB King) sur ses cordes, alors que Phil s’applique sur son harmo chromatique. La voix purement soul de Berkowitz alimente "Blind man in the dark". La section de cuivres est toujours au poste ; mais pour la circonstance, c’est le Californien d’adoption, Terry Hanck, qui prend son envol sur le saxophone ténor. Shuffle remuant, "I can’t change ya" se distingue par une sortie impeccable de Frank Goldwasser sur sa slide. Funky, "Still enough time to cry" se signale par les excellentes interventions des solistes : le piano syncopé de Burns, les cordes de Greene et l’harmo de Phil. Cathy chante passionnément "Give me a sign", un autre blues de bonne facture qui nous entraîne dans les swamps. Jeff Jensen, le citoyen de Memphis, écrase ses pédales wah wah. Et ses interventions sont géniales. Le titre maître campe une jolie ballade. Simple, mélodieuse, elle permet à Kid Andersen de s’illustrer sur les cordes, des cordes chargée de feeling et lumineuses. Puissant, "Devil’s dream" est une plage qui agrège acoustiques et électriques. Elles se révèlent même aventureuses… Ne sommes-nous pas à San Francisco ? Sans doute la plage la plus originale. Un créneau qui mériterait d’être davantage exploité dans le futur… Soutenu par un brass band, la reprise du "Small town talk" de Richie Danko et Bobby Charles libère des fragrances à coloration néo-orléanaise…

 

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