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jeudi, 05 janvier 2017 12:38

Sunset Avenue (Ep)

Originaire de la banlieue de Philadelphie, Gina Sicilia est à peine âgée de 30 ans. En 2014, après avoir publié 4 elpees, elle décide de rejoindre Nashville. Et y grave un premier Ep 5 titres, baptisé "The Alabama Sessions", des compos mises en boîte aux célèbres studios de Muscle Shoals. En août 2016, elle a remis le couvert en sortant un nouvel Ep, réunissant le même nombre de plages. Pour la plupart de gentilles ballades traitant de la vie d’une jeune femme au sein du monde contemporain. Depuis, Gina semble être revenue chez elle, en Pennsylvanie. Elle n’en a pas pourtant perdu son talent à composer des ballades au charme certain… 

« Abandoned » ouvre la plaque. Elle y traite du thème d’un amour perdu. Gina possède une jolie voix, expressive aussi, mais dotée d’une solide réserve de puissance. Ron Jennings en profite pour signer un très bon solo sur les cordes électriques. "Never gonna end" est davantage enlevé. Soul, le vocal de Miss Sicilia est plus subtil. Et s’appuie sur la réplique de Charlotte Holloway, alors que les cordes acoustiques de Glenn Barratt (NDR : c’est lui qui s’est chargé de la mise en forme) et les accords de piano dispensés par Walter Runge enrichissent l’ensemble. Blues lent, "I cried" est de toute bonne facture. Une reprise : le "Tell him" du producteur Bert Berns. Composé en 1962, ce titre soul avait été traduit en hit par les Exciters, la même année. Et tout en tenant parfaitement la route, la nouvelle version est respectueuse de l’originale. La plage finale est tout aussi réussie. Un blues singulier imprimé sur un tempo qui souligne ce triste constat : "They never pay me". La voix est parfaite. Passionnée, elle navigue sur un fond d’orgue, alors que les cordes s’autorisent une dernière sortie. Et elle est impeccable…

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:37

By my side

Issu de Vancouver, James ‘Buddy’ Rogers est un chanteur/guitariste/compositeur canadien. C’est très jeune qu’il chope le virus du blues, inoculé par son père. Dès ses 15 ans, il drive sa formation, le Warren Storm. A 19 printemps, il se retrouve à Kansas City où il se produit en compagnie de Russell Jackson, le bassiste de BB King. Depuis le début de ce millénaire, il dirige son JBR Band. Comme gratteur, il reconnaît comme influences majeures, Johnny Watson, Jimmy Vaughan et les trois Kings.

Buddy comptait déjà trois albums à son actif : "Wanna go home" en 2003, "Red light Party" en 2008 et "My guitar’s my only friend" en 2012. Pour enregistrer "By my side", il a reçu le concours de son backing group, of course. En l’occurrence le bassiste Mike Wedge, le drummer James Badger et le percussionniste Winfred Ballard. Lors des sessions, le band a bénéficié de la collaboration de Lewis Stephens, notoire pour avoir bossé en compagnie de Freddie King, Delbert McClinton et Mike Zito.

Blues/rock classique "Come back to me" est imprimé sur un tempo enlevé. Quoique parcimonieuses, les interventions de gratte sont bien mises en exergue. "By my side" est une ballade pleine de charme dont la mélodie caresse les tympans. "You belong" en est une autre. Accrocheuse, elle se distingue par la voix empreinte de délicatesse et les cordes acoustiques qui se fondent dans les tonalités chaleureuses de l’orgue. James chante "Can’t get you off my mind", un morceau de pur rock’n’roll, au cours duquel sa voix ne manque pas de panache. Le piano de Stephens soutient parfaitement le rythme. Et les sonorités de guitare jaillissent par flots. Excellent ! "Goin’ down" est un classique des classiques signé Don Nix (NDR : issu de Memphis, ce musicien est toujours en vie). C’était aussi une des pièces maîtresses du répertoire de Freddie King. Et c’est ce dernier qui inspire, bien entendu, la version de Mr Rogers, bien épaulé par ses partenaires, au sommet de leur forme. Particulièrement classique, "Hell to play" est un blues/rock qui puise ses sources dans le Chicago style. Stephens double piano et orgue. Buddy Rogers semble alors hanté par le Clapton des grands jours. A contrario, les délicats "You & I" et "Change" (NDR : c’est la finale) lorgnent davantage vers le ‘Slow Hand’ contemporain. "Baby" est une plage qui semble totalement libérer Rogers. Chargées de feeling, ses interventions aux cordes sont même déconcertantes. La voix est chargée d’amour, de passion même. Et la six cordes, lumineuse. "Runnnin’" campe un r&b dansant au cours duquel les cordes reflètent toute la maturité du leader. Funky, "Am-Ola-Dora" est un instrumental réminiscent du southern r&b institué à Memphis par Booker T & the MGs.

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:34

Moving forward

La musique d’Adam Karch baigne dans le blues, le roots ou l’americana. Son instrument de prédilection ? La sèche. Ce Montréalais est soutenu par une section rythmique constituée du drummer Bernard Deslauriers et du bassiste Marc-André Drouin. "Moving forward" constitue son quatrième elpee. Il réunit compos personnelles et quelques reprises.

"Seaside venues" ouvre la plaque. La voix du Canadien est très expressive et plutôt éraillée. Elle évoque le plus souvent Bob Seger, responsable d’une belle flopée de ballades merveilleuses. Pas étonnant donc que Karch attaque "Night moves", l’une des plus belles chansons du natif de Detroit. Et la version est impeccable. "Those steady lights" campe une autre ballade de toute bonne facture. Lorsque l’artiste s’enfonce au cœur du blues, c’est dans un registre laidback, cool : à l’instar de "Did you get the latest news", "Lil’ black dress" ou encore de la cover de "Louis Collins", un blues primaire signé Mississippi John Hurt. Dans le même style, l’instrumental "Somewhere in El Paso" est absolument superbe, une plage remarquablement tramée dans les cordes acoustiques. Le long playing recèle quelques morceaux de folk élégamment intimistes. Tout d’abord le "City Boy" de Keb Mo, pour lequel il a reçu le concours d’un ami québécois à l’harmonica, Guy Bélanger. "On a cold grey sky", ensuite. Puis "The contract", dont l’intervention aux cordes est à la fois somptueuse et bouleversante. Et enfin, "Realize you’re mine". Du long playing, on épinglera encore l’adaptation toute personnelle du notoire "Werewolves of London" de Warren Zevon, dont les sonorités sont d’une pureté presque virginale.

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:33

What’s the Rush ?

Canadienne, Tracy K a la cinquantaine bien sonnée. Elle chante le blues depuis plus de trente ans. Elle a entamé sa carrière, à la fin des années 80, sur la scène torontoise. Mais n’a publié son premier opus, "Welcome to my fantasy", qu’en 2000. Depuis, elle a gravé "Old, new, borrowed & Blues" en 2007 et en duo, un elpee acoustique intitulé "Canned Heat", en 2012. Elle a également participé à la collection "Blues harp women", parue sur le label Ruf, en 2014.

Le démarrage est absolument génial. Le phrasé rythmique imposé sur l’harmonica rappelle la quintessence de Billy Boy Arnold. Elle est rapidement rejointe par ses musiciens pour exécuter ce shuffle torride. Jason Nowicki étale tout son savoir-faire sur sa gratte devant une section rythmique particulièrement solide. Tracy nous entraîne ensuite à l’embouchure des racines, le delta du Mississippi. Elle est alors épaulée par le dobro métallique de Jamie Steinhoff. "What tomorrow brings" opère son retour. Nowicki y dispense quelques accords tranchants sur ses cordes, alors que Shaw tapisse l’arrière-plan de son orgue. L’accent est  posé sur les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans sur "Heartstrung". La voix de Miss K devient alors légèrement rocailleuse. Constituée de Keza Zdjelar à la basse et Ty Rogers à la batterie, la section rythmique est épatante, alors que Leonard Shaw brille derrière son piano. Tout au long de "Done gone wrong", la voix est puissante ; un slow blues au cours duquel Shaw double orgue et saxophone alors que Nowicki brille encore sur sa six cordes. Tracy expulse enfin tout ce qu’elle a dans les poumons pour pousser son harmo dans ses derniers retranchements. Elle chante d’un timbre éraillé, mais chargé de passion, "Indigo heart", une ballade expressive, entretenue par la guitare toute en feeling de Terry Barnett et la basse acoustique de Zdjelar. Et le cool et jazzy "Time machine", mais en empruntant des intonations atmosphériques, exclusivement épaulée par la sèche de Tony Desmarteau. La cover du notoire "I’m guilty" de Randy Newman clôt le long playing. Le son grésille comme un vieux vinyle 78trs. En réalité, il s’agit de la relecture de la compo de cet artiste, enrichie d’une dernière intervention empreinte d’une grande sensibilité, sur la musique à bouche…

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:32

I’m not the devil

Chanteur de country, Cody Jinks n'a pas encore 40 ans. Mais avant de se lancer dans ce style, le Texan militait au sein d’un combo de trash metal baptisé Unchecked Agression. Son précédent elpee solo, "Adobe Sessions", remonte à début 2015. Couvert de tatouages, les cheveux longs et la très longue barbe poivre et sel, Jinks a dorénavant décidé de perpétuer l’héritage d’une musique célébrée par Johnny Cash, Waylon Jennnings et Merle Haggard.

Dès "The same", la voix est grave et posée. Les cordes électriques et acoustiques se conjuguent alors que l’ensemble est enrichi d’interventions de violon et de pedal steel. Superbe ballade, le titre maître est généreusement tapissé par un orgue Hammond. Le troubadour est doué pour torcher de bien jolies chansons aux mélodies particulièrement agréables à l’oreille. Caractérisé par de solides interventions à la guitare et à la pedal steel, "No words" nous entraîne sur les longues routes poussiéreuses du Nord du Texas. "Give all you can" se distingue par la présence du piano et de voix féminines ! Une seule reprise : le "The way I am" de Merle Haggard (NDR : cet authentique outlaw californien est disparu en avril dernier, à l’âge de 79 balais). Véritable ‘honky tonk’, "Chase that song" constitue la plage la plus remuante de l’opus. Mais c’est le piano sautillant qui rythme bien l’ensemble. Joshua Thompson assure la mise en forme. Et elle est impeccable. Elle met d’ailleurs bien en exergue, le baryton de Jinks. "Heavy load" et "Church at Gaylor Creek" baignent au sein d’un environnement musical dominé par le violon et la pedal steel. Le cow-boy attaque en solitaire, armé de sa sèche, la tendre ballade "Grey". "Vampires" est une autre ballade. Majestueuse, pure, presque magique, elle est superbement entretenue par les cordes électriques. "Hand me down" clôt le long playing. Une piste étrange, presque lugubre…

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:31

Time of day

L’Infamous Roots Rielemans Family Orchestra est un combo belge réunissant cinq frères et sœurs. Gantois, ils s’étaient déjà produits sous d’autres patronymes. Eduard Rielemans, alias Niels de Caster, se charge du violon, de la mandoline, des guitares, et du piano. Joseph, alias Bruno Deneckere, de la sèche. Gerardo, alias Luis Marquez, de l’harmonica, du saxophone et des flûtes. Josephine, alias Pascale Michel, de la sèche et de la trompette. Hermine, alias Kathleen VandenHoudt, de l’instrumentation insolite ; pour la plupart à cordes et chinois. Ils se partagent les vocaux. La musique de cet ensemble agrège folk, blues, country et world.

"Who's That Man?" ouvre la plaque. Et cette plage ne manque pas de charme. A cause des vocaux qui se conjuguent subtilement, tel un spiritual, souligné par une instrumentation discrète, de laquelle se détache, quand même, l’harmonica de Gerardo. Country/blues, "Life’s too short" épouse le rythme du chemin de fer. Eduard et Josephine combinent leurs voix devant l’harmonica, décidément insatiable! Josephine se réserve le micro tout au long de "Deep in my soul". Relativement éraillée, sa voix navigue au cœur d’un climat exotique, duquel se détachent les cordes d’une mandoline et de la lap steel. "Sentimental blues" met le cap vers l’Orient. Une compo allègre à la mélodie accrocheuse, traversée par une flûte aux sonorités ethniques. "Doing it right" est une plage légère. Les accents jazzyfiants sont véhiculés par le saxophone. Constituée par le bassiste Bart Buls et le percussionniste François Taillefer, la section rythmique entretient cette atmosphère gracile. Gerardo chante, dans la langue de Cervantès, le bien enlevé "Caravana". Sculpté dans le world/hip hop cette piste est interprétée face aux chœurs festifs et aux cordes en effervescence. Talonné par le souffle blafard de l’harmo, Joseph chante "Lowlands clay", une ballade mélancolique. Hermine a récupéré le micro pour "The fire that burns". Chaude, sa voix, est bien mise en exergue. Mais le saxophone de Gerardo parvient à se détacher de l’ensemble. Superbe ! Toute la famille Rielemans attaque l’introduction de "Talking too much", a capella, un blues rythmé et contagieux. De son baryton profond, Eduard aborde "The rest of my life", une ballade aux accents country au sein de laquelle la lap steel s’intègre impeccablement. Titre lent, "I’d do it again" est une invitation à l’étreinte sur la piste de danse. La voix d’Hermine est sensuelle tout au long de cette ballade r&b, soulignée par un saxophone ténor aguicheur. Des cordes enrobent discrètement la roots song ‘old school’, "The time of day". En finale, "The landlord and his maiden" remet le cap sur l’Orient. Un instrumental qui se distingue par ses variantes de ruans, des luths chinois qui oscillent de la basse au soprano…

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:29

Shufflin’ the blues

Canadiens, Holly Hyatt et Jon Burden vivent en couple depuis le début du siècle. Chanteuse et bassiste, Holly est passionnée par le blues ; mais apprécie également le jazz, la country et le folk. Chanteur et guitariste, John a vécu une révélation, dans sa jeunesse, lors d’un concert du géant texan, Freddie King…

Le duo avait déjà publié "Big wind on the way", en octobre 2005. Puis, six années plus tard, son deuxième elpee, "1929 The Summit Sessions". Intitulé "Shufflin’ the blues", le troisième a été immortalisé ‘live’. Au Silverton Gallery, en Colombie Britannique. L’opus recèle neuf plages dont quatre reprises.

Le début du concert est rythmé. John se consacre à la gratte électrique pour introduire "Blow wind blow". Signée Muddy Waters, cette compo remonte à 1953. John et Holly se succèdent derrière le micro. Burden est habile dans son style jazzyfiant manifestement personnel. Invité, Marvin Walker siège derrière la batterie. Le duo s’attaque au notoire "Mother Earth" de Memphis Slim. Un blues lent que chante John d’une voix harmonieuse, avant que celle douce et si expressive de Holly ne prenne le relais. En outre, Burden en profite pour démontrer une nouvelle fois son talent de gratteur. Miss Hyatt épouse parfaitement le tempo pour chanter son "Let’s boogie", une plage bien entraînante, stimulée par la guitare très rock’n’roll. Holly chante voluptueusement le blues "Lowdown blues". Après une intro indolente, le morceau monte progressivement en crescendo. Les lumières s’éteignent. Le moment est propice pour rendre hommage au seigneur du delta blues, Robert Johnson. La reprise de son "Come on in my kitchen" est poignante et transpire de vécu. Le recours au bottleneck est de circonstance. Mais le changement de tempo est totalement inattendu. Le duo nous réserve encore une cover. Celle du "Left hand soul" de Nick Gravenites. Et la version de ce blues lent est superbe. Holly se réserve le micro tout au long du blues intimiste, "Black Crow". De bonne facture, le set s’achève par "Slushy blues", une piste chargée naturellement de siwng…

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:28

Happy bastards

Andy Frasco & The U.N. nous vient de Los Angeles. Fondée en 2007, cette formation est drivée par le chanteur/claviériste Andrew Frasco. En général, il est soutenu par le saxophoniste Ernie Chang et le chanteur/guitariste Shawn Eckles. Mais autour de ce trio de base gravite un bon nombre de musiciens issus d’horizons multiples. Pour enregistrer "Happy bastards", il a ainsi bénéficié de la participation d’une section rythmique constituée du batteur Andee Avila et du bassiste Supaman.

Le combo avait déjà publié quatre long playings. Soit "You’re just too expensive" en 2010, "Road life Revival" en 2012, "Just a good ole time" en 2013 et "Half a man" en 2014. L’album est découpé en douze plages plutôt courtes, oscillant pratiquement toutes entre 3 et 4’, écrites ou co-écrites par Frasco. Son objectif ? Proposer une musique mêlant blues, funk, soul, rock et roots, susceptible de rendre son public heureux et souriant...

De bonne facture, "Tie you up" ouvre l’opus. Une plage plutôt pop, dont la rythmique est assurée par les percussions d’Avila et Fredo Ortiz. Caractérisé par ses effets vocaux joliment exécutés, "You’re the kind of crazy I like" livre un r&b participatif. En général, la musique de Andy Frasco & The U.N. est destinée à la danse, une forme de funk qui incite à remuer, une ambiance qu’on retrouve sur "Doin’ it", "When you’re lonely" et "Blame it on the pussy". Ce qui n’empêche pas une certaine diversité dans les styles. A l’instar de "Make it work". Entretenue par le saxophone, les cordes acoustiques et électriques ainsi que l’orgue Hammond, cette ballade ne manque pas de charme. Ensuite du rock particulièrement entraînant, "Mature as fuck". Et encore de "Can’t get you off my mind", dont le riff est imprimé par le saxophone de Chang. Ou enfin du subtilement exotique "Let’s  get down to business", dont le ukulélé frénétique nous transporte sur l’île d’Hawaï… Les deux dernières pistes sont certainement les plus intéressantes. D’abord « Good ride », une plage sculptée dans la soul. Son refrain accroche instantanément. Et la voix est judicieusement soulignée par le saxophone et l’orgue. Puis "My recovery". Nonobstant ses accents gospel, son tempo est particulièrement soutenu et entraînant.

jeudi, 05 janvier 2017 12:27

Night light

Canadien, Mark Crissinger est originaire du Québec. Il est aujourd’hui âgé de 48 balais. Ce chanteur, guitariste et compositeur a quand même pas mal bourlingué. En émigrant à Toronto, il se produit régulièrement au sein d’un groupe, pendant une vingtaine d’années. En 2007, il décide de s’établir sur l’île de Vancouver, le long de la côte Pacifique. Là-bas, il entame une carrière en solitaire. Mais se produit quand même, flanqué d’un backing group, suivant les circonstances. S’entourant même d’excellents musicos. Son précédent elpee, "Blues Expression" avait été très bien reçu par la critique. "Night light" constitue son cinquième opus solo, concocté en studio. Lors des sessions, il a reçu le concours de Dan Dube aux claviers, Marty Howe à l’harmonica, Jay Stevens (David Gogo Band) à la basse et Bill Hicks (ex-Powder Blues Band) à la batterie. Mais également de quelques invités. Crissinger signe les douze plages de cet LP.

Shuffle chaleureux, "Holding my heart" ouvre les hostilités. La voix de Mark passe bien la rampe. Il tire le premier son épingle du jeu sur sa gratte. Mais également Marty, à l’harmonica. "Poor boy blues" donne un coup d’accélérateur. Jeff Heisholt siège derrière l’orgue et le redoutable Pat Rush (NDR : ce vétéran a milité au sein des backing groups d’Edgar Winter et de Jeff Healey) se consacre à la slide. "Night light" est un blues/rock flemmard. Invité, Jerome Godboo (NDR : c’est un de meilleurs souffleurs canadiens) rivalise avec les cordes du leader. Energique, "Defeated" est un blues/rock de toute bonne facture. Crissinger s’autorise un solo majestueux, digne de ceux dispensés par les Allman Brothers. Dan Dube se révèle particulièrement efficace aux ivoires, tout au long de "The Sunday blues", un morceau de pur rock’n’roll. Balisé par les cordes acoustiques, "Wild wind fever" bénéficie de la participation d’un des tous meilleurs gratteurs canadiens, Steve Hill, qui se réserve ici, une intervention magistrale sur la slide. "Run" ne manque pas de relief. Baignant au sein d’un jazz atmosphérique et ponctuée par une ultime sortie –et elle est remarquable– de Mark sur ses cordes électriques, cette ballade clôt ce long playing…

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:24

Play date !

Originaire de l’Ohio, Nancy Wright a connu pour mentor le célèbre Lonnie Mack. C’est cependant sa très longue carrière accomplie dans la Bay Area de San Francisco qui l’a révélée au monde entier. En effet, il est rare de rencontrer une femme saxophoniste qui force ainsi le respect. On la compare d’ailleurs volontiers aux incontournables souffleurs que sont Junior Walker, Gene Ammons ou King Curtis.

Le long playing s’ouvre par le funky "Why you wanna do it", une compo signée Willie Harper. Son intervention au sax ténor est remarquable. Soutenu par des chœurs féminins, cette plage est interprétée par Wee Willie Walker, légende de la Memphis soul ; et sa voix est puissante. Nancy chante autoritairement "I got what it takes", un Chicago blues issu de la plume de l’inévitable Willie Dixon. Tommy Castro, gratteur issu de San Francisco, prend son billet de sortie et rivalise avec le honky saxophone de Nancy Wright. Victor Wainwright (NDR : ce célèbre pianiste/compositeur est né à Savannah, en Georgie, mais vit aujourd’hui à Nashville) a écrit le West Coast Jump, "Yes he do". Et il siège derrière les ivoires pour sa compo. Qui transpire de swing. Comme la guitare de Kid Andersen, la basse de Joe  Kyle Jr et les percussions de J. Hansen. Instrumental, "Blues for the Westside" est signé par le génial souffleur de Howlin’ Wolf, Eddie Shaw, une compo inspirée par le célèbre quartier du Westside à Chicago. Et Joe Louis se fend d’une intervention brillante aux cordes. "Been waiting that long" opère un retour au funky R&B. C’est son ami, le regretté Lonnie Mack, qui en est l’auteur. Et c’est un autre ancien vocaliste sur le retour, Frank Bey, qui se consacre au micro. Miss Wright illumine un autre instrumental, "Trampled" de son saxophone, une piste tapissée par l’orgue de l’ex-Robert Cray Band, Jim Pugh. Elle chante aussi le gospel sur le "Satisfied" de Martha Carson, devant les chœurs du Plymouth Church of Jazz and Justice Choir et les cordes inspirées de Kid Andersen. Mais également le jump bien rythmé "Cherry Wine". Une composition de Henry Glover, que Little Esther Phillips avait traduite en hit, dans les années 50. Terrie Odabi est une amie qui nous vient d’Oakland, en Californie. Cette dernière se réserve le micro –et son intervention est impeccable– sur "Warranty", un morceau particulièrement jazzyfiant. "There is something on your mind" est une autre ballade instrumentale lente issue de la plume d’un autre saxophoniste de génie, Big Jay McNeely, l’un des ces 'ténor hurleurs', toujours bien vivant à 89 balais. Les échanges entre le sax et la slide d’Elvin Bishop sont un pur bonheur. Le guitariste Mighty Mike Schermer impressionne par sa créativité tout au long d’un autre instrumental, "Back room rock". Et les solistes qui lui succèdent se révèlent aussi talentueux. Que ce soit Chris Burns derrière son orgue, qu’il joue dans l’esprit de Jimmy Smith ; et, bien sûr, Nancy Wright. "Soul Blue" clôt ce long playing. Une piste cool magnifiée par l’envol spectaculaire d’un autre gratteur californien, Chris Cain, suivi par une dernière sortie opérée par la géniale Nancy. Et excellente, la mise en forme a été réalisée au studio Greaseland, à San José.

 

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