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mardi, 15 novembre 2016 20:22

Blues, booze & Rock’n’roll

Au fil du temps, Manu Lanvin a pris de la bouteille. Et son dernier opus en est certainement la plus belle démonstration. Faut dire qu’il est bien soutenu par une solide section rythmique, le Devil Blues, réunissant Jimmy Montout à la batterie et Fred Lerussi à la basse.

Son dernier album, "Son(s) of the blues", remonte à 2014 ! "Blues, booze & Rock’n’roll" recèle douze compos originales, dont trois coécrites en compagnie de Neil Black (NDR : ce Texan est établi en France) et sept cosignés par son habituel partenaire à l’écriture, Ezra Brass. Lors des sessions, Manu a reçu le concours de quelques amis ; des invités de marque, dont le claviériste Mike Lattrell et l’harmoniciste Bako Mikaelian.

Blues, "Six blind white horses" ouvre la plaque. Nous sommes dans le Sud profond, au bord du Mississippi. Le son est assez primaire. Les percus sont écrasantes. Le chant est éructé et véhiculant des accords réverbérés, la guitare est largement amplifiée, alors que l’harmo de Bako vagabonde dans le décor. "I was born" est de la même trempe. Evoluant sur une trame hypnotique, la guitare libère des tonalités métalliques ; et elles s’intègrent parfaitement dans l’ensemble, au cours duquel les cordes de Manu gémissent et laissent échapper de brefs accords, littéralement coupés au rasoir. Dynamique, le morceau maître est sculpté dans le rock’n’roll. Le lead vocal est toujours aussi coriace, malgré les backing vocaux qui se multiplient. Jimmy assure parfaitement la trame rythmique. "Soul revolution" est toujours bien rythmé. Une forme de boogie infernal, qui aurait pu naître de la rencontre brutale entre blues et rock’n’roll. La voix de Manu est impitoyable. Derrière ses ivoires, Lattrell se sent comme un poisson dans l’eau. Bako s’autorise une intervention remarquée sur l’harmonica. Les crépitements d’un vieux 78 tours amorcent "RU There", un superbe blues acoustique. Une piste plutôt minimaliste. Bien que graveleuse, la voix semble apaisée. Puis, Manu commence à siffloter tendrement, face aux cordes de la sèche. Memphis blues, "She’s Da Bomb" déborde d’énergie. Les arrangements sont riches. Cuivres et ivoires y collaborent activement. Tout en traçant la ligne de conduite de la compo, la gratte –bien grasse– laisse échapper des notes saturées et épisodiquement déjantées. "Whippin’ boy" est bien ancré dans ce Sud profond. La voix est overdubbée. Mike siège derrière l’orgue. Amplifiées, les cordes sont puissantes, mais sont également susceptibles de partir à l’aventure, en dérapant dans un délire volontairement désorganisé. Plage cool, "JJ Cale on the radio" rend hommage au regretté seigneur du style laidback. Manu chante à la manière de Cale. Mais la gratte est malmenée, alors que l’harmo libère des notes stridentes. Energique, tumultueux et puissant, "When I’m down" est un blues largement teinté de rock. Mais la structure est bien balisée par la rythmique implacable. "Papa’s got a reefer" vire dans le R&B terriblement funky. Manu chante d’une voix sauvage, comme si sa vie en dépendait. Percus et ivoires s’inscrivent parfaitement dans l’esprit néo-orléanais de la Crescent City. Enrichi de cuivres et de voix plurielles, "Raise your hands for peace" est un blues/rock sans concession, presque inhumain. Primaire, "Under the waves" clôt cet elpee. Une plage, qui a l’instar de ce long playing, ne desserre jamais l’étreinte…

 

mardi, 15 novembre 2016 20:21

Taylor Made Blues

Américain, Mick Kolassa est également connu sous le sobriquet de Michissippi Mike. C’est un membre de la direction de la Blues Foundation, établie à Memphis. Il est considéré comme un vétéran de la scène blues, puisqu’il s’y investit depuis plus d’un demi-siècle. C’est également le leader du Taylor Made Blues Band, au sein duquel il se réserve le micro et la sixcordes, et pour lequel il est soutenu par le guitariste soliste David Dunavent, le bassiste John Allouise et le drummer Joe Eagle. Le team avait publié un premier elpee, "Michissippi Mick", et un deuxième, "Ghosts of the Riverside Hotel", en 2015. Bien qu’intitulé "Taylor Made Blues", ce nouvel opus est une œuvre personnelle. Pour l’enregistrer, il s’est retiré dans les studios Ardent de Memphis. Il y a mis en boîte douze plages dont huit sont issues de sa plume! Lors des sessions, il a reçu le concours d’artistes locaux, dont le bassiste Bill Ruffino et le batteur James Cunningham, qui avaient déjà participé à la réalisation du premier long playing ; mais surtout du redoutable guitariste Jeff Jensen, qui assure aussi la production. Quelques amis ont également été invités, pour la circonstance.

Cunningham imprime un tempo rapide sur le nerveux "Baby faced Louise". Lors de ce titre qui ouvre la plaque, la voix de Kolassa est bien assurée et Eric Hughes (NDR : un pote qui est établi à Memphis) se réserve un solo à la fois offensif et efficace à l’harmonica. Indolent, "Taylor made blues" baigne dans une ambiance feutrée. Un peu comme si on était entraîné au cœur des swamps louisianais. La voix est chaude et expressive. Les accords de gratte dispensés par Jensen sont chargés de reverb. Chris Stephenson injecte un filet d’orgue dans l’ensemble, tandis que Colin John signe une très belle intervention sur la guitare barytone. Mick adapte le "Prison song" de Graham Nash. Tendre, généreuse, la version est surprenante. Traversée par la pedal steel de Colin et parcourue par un solo subtil de Jensen, elle se fond dans les cordes acoustiques. Excellent! "I’m getting late" nous expédie à la Nouvelle Orléans. Les percus de Cunningham ondulent, alors que Victor Wainwright brille aux ivoires. Face aux chœurs féminins assurés par Deb Landolt, Tullie Brae et la Texane Reba Russell, la voix semble hantée par Dr John, tout au long du largement funky "In the day". "With friends like mine" concède des accents exotiques. Flemmarde, la voix de Kolassa émerveille, alors que Eric Hughes tire parfaitement son épingle du jeu sur sa musique à bouche. Le très tendre "Lungs" (NDR : une compo signée Townes Van Zandt) bénéficie d’un arrangement –et c’est paradoxal– à la fois simple et sophistiqué. La voix est singulière mais appliquée, face au piano de Chris Stephenson. Mick chante autoritairement "Keep a goin". Les répliques de Deb Landolt colorent de gospel ce country/blues entretenu par la resonator et la lap steel de Colin John. Mick chante le superbe blues lent "Left too soon", d’une voix terriblement expressive et chargée d’émotion, face à l’orgue Hammond, alors que Jeff signe une intervention saturée de feeling et de passion, sur ses cordes. Brillant ! La cover du célèbre hit des Temptations, "Can’t get next to you", est épatante. Castro ‘Mr Sipp’ Coleman (NDR : il débarque du Mississippi) s’autorise un excellent envol sur ses cordes. Ballade mélancolique, "Raoul was my friend" clôt l’elpee. Mick injecte dans sa voix énormément d’émotion. Il est ensuite rejoint par celles de Deb et Reba. Et Jensen s’accorde une nouvelle sortie alliant réserve, efficacité et parcimonie.

 

mardi, 15 novembre 2016 20:20

Take me high

Britannique, Laurence Jones est un jeune chanteur/guitariste qui manifestement est parvenu à faire son trou, dans l’univers du blues. Il a d’ailleurs décroché, lors des ‘British Blues Awards’ le titre de ‘Jeune artiste de l’année’, en 2014 et 2015. A ce jour, il compte trois elpes à son actif. Tout parus chez Ruf ("Temptation", "What’s it gonna be" et "Take me high"). Sans oublier sa participation au ‘Blues Caravan 2014’, accomplie en compagnie d’Albert Castiglia et Christina Skjolberg. Et immortalisée depuis. Pour mettre en forme son dernier long playing, il a reçu le concours du célèbre producteur insulaire Mike Vernon. Ce dernier avait déjà été approché, dans le passé ; mais sans aboutir à un accord. Et puis, celui qui a porté sur les épaules, la vague du blues anglais des sixties, a enfin accepté de se mettre au service d’une étoile montante. L’objectif était de rencontrer le caractère live d’une performance en club. Pour la circonstance, Laurence était entouré de son backing group habituel : le bassiste Roger Inniss, le batteur Phil Wilson et le claviériste Bob Fridzema. Laurence signe neuf titres de ce long playing. 

Blues/rock, "Got no place to go" est une piste idéale pour la formule trio. La voix est affirmée. Jones s’autorise son premier envol sur ses cordes. Et il n’est pas banal. Les sonorités sont extrêmement trafiquées, dans un style susceptible de rappeler Jimi Hendrix. "Something’s changed" vire au R&B. La gratte libère à nouveau des tonalités étranges, aigues ; mais elles restent bien maîtrisées. La voix est autoritaire. Nerveux, "Live it up" élève le tempo. Tapissé par l’orgue Hammond, le morceau réserve d’excellents échanges vocaux entre Jones et Reuben Richards, un chanteur anglais de couleur noire, notoire dans l’univers de la soul. Des accords de gratte acérés introduisent "Addicted to your love", un blues rocker qui ne manque pas de charme. Et si les cordes déjantées lorgnent vers Hendrix, la voix semble plutôt hantée par Paul Rodgers, le chanteur de Free. Une voix mûre qui domine également la ballade "I will". L’orgue sert toujours bien de toile de fond. Et chargée de feeling, la guitare prend un billet de sortie. "Thinking about tomorrow" est une autre jolie ballade. Jones injecte une fameuse dose d’émotion dans son solo, dans un style réminiscent d’un autre maître de la première époque, Eric Clapton. "Take me high" évolue encore sur un tempo indolent. Laurence semble d’ailleurs s’y sentir particulièrement à l’aise. Et sa voix devient progressivement dramatique. Le spectre du Free rôde manifestement tout au long de "Down & blue". La voix n’a jamais été aussi proche de celle de Rodgers ; en outre, les riffs plaqués sont manifestement empruntés à Paul Kossoff. Seul le solo est bien personnel. Les cordes sont déjantées. Mais bien maîtrisées, elles évoluent graduellement. R&b dynamique, "The price I pay" bénéficie de la participation d’un invité de prestige ; en l’occurrence Paul Jones (Blues Band, Manfred Mann). Cette plage me rappelle, quelque part, le "Superstition" de Stevie Wonder. Et paradoxalement, Jones achève l’album par une cover particulièrement énergique du "Higher ground" de Stevie, un r&b que chante impeccablement Reuben Richard, alors que Laurence se concentre sur ses cordes, les cisèle et se réserve un dernier envol, en se servant généreusement de son jeu de pédales, qu’il contrôle cependant parfaitement...

 

mardi, 15 novembre 2016 20:19

Long black train

Ce chanteur/guitariste est déjà un vétéran, dans l’univers du blues. Faut dire que ses débuts, opérés au sein de son Ray Fuller Band, remontent à 1974. En 1978, le backing group change son patronyme en Bluesrockers. Depuis, l’équipe tourne inlassablement.

Pour enregistrer "Long black train", Ray a donc été épaulé par ses musiciens ; en l’occurrence le bassiste Myke Rock, le batteur Darrell Jumper et l’harmoniciste Doc Malone. Fuller signe les quatorze plages.

En ouverture, "Burn me up" est un boogie sans concession. Le Doc prend le premier billet de sortie sur son harmonica. Blues/rock de bonne facture, "Devil’s den" est dominé par la voix et les interventions à la guitare rythmique du leader. C’est d’ailleurs le plus souvent sur de tels accords qu’il structure ses compos. Ce qui lui permet de souligner son chant. Et ils sont particulièrement tranchants tout au long de "Voodoo Mama", un morceau au cours duquel, l’harmo s’intègre parfaitement. Tout comme pour l’âpre "Evil on your mind" ; et c’est la section rythmique qui épaule parfaitement les cordes du leader pour bien découper ses riffs. Il se sert enfin de son bottleneck pour attaquer en slide métallique "Hip shakin’ Mama", un Chicago Blues abordé dans l’esprit de Hound Dog Taylor. Adepte du style, Ray s’y révèle brillant, alors que Malone continue de le seconder en laissant échapper de petites phrases à l’harmo ! "Cold day in Hell" ralentit le tempo. Simplement pour nous inviter à vivre une journée froide en enfer. Il excelle tout au long du rock’n’roll "Long black train". C’est également –et largement– dans ses compétences. "Louisiana woman" nous emmène dans le Sud. La gratte libère constamment de brèves sentences tout au long de ce blues nerveux. "Let’s get dirty" macère dans les swamps ; un blues flemmard découpé par une bonne rythmique sur laquelle les accents blafards de la musique à bouche, viennent se poser. Et Fuller s’accorde une nouvelle et excellente sortie, digne de John Fogerty. La slide est bien à l’avant-plan tout au long de "Somethin’ shakin’". Des accords bluesy mais cinglants amorcent "New tattoo". Pensez à ceux de Keith Richards qu’ils réservent aux Rolling Stones. Et ils tiennent parfaitement la route. Blues lent, "Whiskey drinkin’ woman" est inévitablement la plus longue plage. Puisant ses racines dans blues du Southside de Chicago, elle rappelle bien entendu le maître du style, Muddy Waters, Doc Malone réincarnant Little Walter ! "Pipeline blues" nous réexpédie vers le Sud, près du Delta. Voix et slide y titrent leur épingle du jeu. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par You’ve got the blues", un rock’n’roll, caractérisé par d’ultimes sorties classieuses à la guitare et à l’harmonica.

 

mardi, 15 novembre 2016 20:17

Gypsy Blues

Blue Moon Marquee est un duo canadien. Originaire des Montagnes Rocheuses, plus précisément. Il pratique une forme de gypsy blues, fruit d’un mélange entre blues originel, swing et de ragtime. Le tandem réunit A.W. Cardinal et Jasmine Colette, alias Badlands Jass. Métis, le premier se consacre au chant et à la guitare. La seconde, se réserve la basse et les percus ; des percussions qu’elle commande aux pieds. "Gypsy blues" constitue le troisième opus de la paire. Il a été enregistré à Vancouver, en Colombie Britannique, là où le duo réside désormais.

Cardinal possède une voix plutôt rugueuse, éraillée même. Une voix caractéristique qui alimente le premier morceau, "Trickster Coyote". Jasmine double bien la basse acoustique et les percussions sur cette piste imprimée sur un tempo rigoureux. A la guitare, A.W. possède une excellente technique. Il a bien assimilé le jazz manouche. Et le démontre tout au long de "Hoodoo Lady". Le swing coule naturellement. Des cordes subtiles –elles sont le plus souvent sémillantes et constamment en éveil– amorcent le rythmé "Saddle sore". La voix est écorchée ; mais Cardinal se libère rapidement sur sa gratte. Et sa comparse le seconde à la perfection. BMM est parfaitement à l’aise dans cet univers parfaitement homogène. Le tandem déverse un véritable concentré d’énergie tout au long de "Pour me one". Toujours sur le qui-vive, il ne prend aucune pause. Cardinal brille encore tout au long de "Double Barrell Blues". Merveilleux, son solo est digne de Django Reinhardt. Jasmine n’y tient plus et rejoint son compagnon au micro. C’est elle qui chante le blues lent "Ain’t no stranger" ; et il est magistral. Elle pince les cordes épaisses de sa lourde contrebasse, alors que les interventions du gratteur débordent de feeling. Emoustillé, Cardinal accorde alors sa meilleure intervention. Toujours au bord de la rupture, il parvient cependant garder le contrôle. En avant-plan, les percus impriment le tempo de "Spy Hill", une piste singulière au cours de laquelle les cordes conjuguent fragilité et expression. "Tossin’ n’ turnin’" opère un retour au blues. Le tempo est emprunté au notoire "Help me" de Sonny Boy Williamson. Jasmine exécute parfaitement le riff rythmique sur sa basse. Cardinal en profite alors pour libérer ses cordes. Excellent, "Shading tree" bénéficie d’une mélodie soignée. La gratte s’y autorise un envol audacieux. En final, "Gypsy Blues" synthétise le climat qui domine cet LP ; c'est-à-dire un blues manouche à la fois personnel et parfaitement exécuté… 

 

mardi, 15 novembre 2016 20:13

Ride or die

Agé de 44 ans, Devon n’est autre que le fils de Greg Allman. Et sa carrière est déjà bien remplie, puisqu’au cours des dernières années, il a participé successivement aux aventures de  Honeytribe, Royal Southern Brotherhood et son Devon Allman Band.

Il a enregistré son nouvel opus à Nashville. Lors des sessions, il a reçu le concours de musiciens locaux. Et pas des manchots ! En l’occurrence, le drummer Tom Hambridge, le claviériste Kevin McKendree et le second gratteur Tyler Stokes. Ce dernier cosigne, en compagnie de Devon, cinq plages du long playing.

Agressif, "Say your prayers" ouvre les hostilités. La voix de Devon est aisément identifiable. La guitare, largement amplifiée et torturée. Plage soul, "Find ourselves" ne manque pas de charme. Bien rythmée, cette compo est tapissée par l’orgue et traversée par le saxophone de Ron Holloway ; mais surtout, se distingue par une très belle sortie sur les cordes. Les choses sérieuses peuvent commencer. Bien construit, "Glaxies" est un morceau au cours duquel tous les instruments sont bien en place, que ce soit l’orgue de McKendree, les percussions de Hambridge et cette guitare qui colle parfaitement à la voix chaude et émouvante de Mr Allman. Les sonorités frémissantes d’une talk box guitare illuminent "Lost", une jolie ballade qu’interprète Devon –qui a alors opté pour la sèche– d’une voix empreinte de sérénité et de passion. Tom Hambridge signe le r&b remuant "Shattered times". La gratte est à la fois éclatante et gourmande. Ballade animée, "Watch what you say" autorise des envols classieux et chargés de feeling des cordes, tout en prenant soin de bien préserver le sens mélodique. Et la partie rythmique assurée par Stokes est vraiment remarquable. Un grand moment ! Les cordes acoustiques servent de trame à "Vancouver", une autre ballade judicieusement fréquentée par le saxophone de Ron Holloway et le violon de Bobby Yang. Bénéficiant d’excellents arrangements, "Pleasure & Pain" est une plage à la fois tendre, cool et atmosphérique. Kevin McKendree siège derrière le piano électrique pour "Hold me", un titre qui met bien en valeur le chant. Cordes acoustiques, violon et orgue alimentent le très roots "Live from the heart". Le violon berce l’élégant "Butterfly girl". Issu de la plume de Robert Smith, l’atmosphérique "A night like this" achève le long playing.

 

mardi, 15 novembre 2016 20:12

My turn now

Originaire de Georgie, Brooks Williams est chanteur/compositeur/guitariste. Mais il s’est surtout forgé une solide notoriété à la sèche. Il pratique une forme de folk/blues/roots. Sa discographie est conséquente ; et pour cause, depuis 1990, il a publié une vingtaine d’elpees. Brooks signe l’essentiel de son répertoire. Lors de sessions d’enregistrement de « My turn now », il a reçu le concours de quelques amis ; en l’occurrence, les bassistes Murray Kahn et Richard Gates, l’harmoniciste Keith Warmington, le batteur Chris Pepper ainsi que le choriste Sally Barker (NDR : qui a notamment tournée en compagnie du groupe folk britannique).

Roots bien rythmé, "Crazy dance" ouvre la plaque. Seul Murray Khan soutient Brooks à la basse, ce dernier se réservant une Resonator amplifiée. Le son est limpide, rappelant quelque part un certain Mark Knopfler. Une bonne mise en bouche ! Le titre maître est imprimé sur un tempo nerveux. La voix de William est harmonieuse. Balisée par la section rythmique, la gratte dispense des accords rock’n’roll, alors que les accents métalliques de la Resonator sont bien mis en valeur. "Nine day’s wonder" vire au country/blues sudiste. Epaulée par la choriste Miss Sally Barker, la voix cool et la slide s’intègrent parfaitement à l’ensemble. « Darkness » nous entraîne dans le Delta. A cause du ran de percus ; mais également de l’échange opéré entre l’harmonica de Warrington et de la cigar box slide de Williams, dont les cordes aux sonorités malsaines finissent par prendre leur envol. William et Sally chantent en duo "Yer again", une ballade acoustique à la jolie ligne mélodique. Et ce denier se sert de son arsenal de cordes ; que ce soit à la sèche, sur la résonator ou à la mandoline. Primaires, elles amorcent la cover du "Your mind is on vacation" de Mose Allison. Caractérisée par un duel entre résonator et harmonica, cette version rythmée est agréable à l’écoute. La mandoline trace le chemin pour "Joker’s wild", une autre ballade qui véhicule des tonalités latines ensoleillées. Brooks s’autorise également des adaptations de traditionnels du blues. A l’instar de "Hesitation blues". D’une grande pureté, cette version permet à la slide de s’exprimer tout en mélodie. Puis "Sitting on top of the world", généralement attribué aux Mississippi Sheiks. Sans doute le meilleur blues de ce long playing. La voix est émouvante et la slide particulièrement efficace. Enfin, caractérisé par la voix empreinte d’une grande tendresse, la cover du "Nobody wins" de Kris Kristofferson est davantage folk/blues.

 

jeudi, 10 novembre 2016 17:59

The Calling

The Imperial Crowns est une formation établie à Los Angeles. Eponyme, son premier elpee remonte à 2000. Le band embraie alors par "Hymn Book" en 2004, "Preachin’ the blues Live !" en 2005 et "Star of the West" en 2007. Puis, plus rien pendant 10 ans…

Le line up est aujourd’hui réduit à un trio. Il réunit le chanteur/harmoniciste Jimmie Wood, le guitariste J.J Holiday et le drummer Willy Sullivan. Les trois musicos signent toutes les compos et coproduisent le long playing. 

Imprimé sur un tempo rigoureux, "I gotta right" ouvre la plaque. Jamie Wood est déjà aux commandes. Sa voix est agressive, rugueuse et franche. Il est également déjà bien affûté sur son harmo, alors que les interventions de JJ aux cordes sont particulièrement mordantes. Miss Rachel C. Wood accorde la réplique vocale et Benmont Tench (NDR : membre du backing group de Tom Petty, les Heartbreakers) siège derrière le piano. Le rythme est toujours aussi offensif sur "The calling". La voix allie désinvolture et sauvagerie. JJ double à la guitare et au cümbüs, une espèce de luth turc. "Grace under pressure" est plus paisible. Billy Sullivan cumule –sans doute grâce aux vertus du re-recording– la batterie, la basse et les claviers. La composition est assez complexe. Très travaillées, les cordes sont également déjantées ; communiquant une impression étrangement acide à l’ensemble. La slide de JJ crache des flammes face aux percus métronomiques de Billy, tout au long de "Wasn’t love at first sight", un blues funky, au cours duquel la voix se révèle assez autoritaire. Boogie blues spasmodique, "Love n’ the devil" est enrichi d’une section de cuivres. JJ déchire y déchire les sonorités de ses cordes en écrasant ses pédales. La voix de Jimmy devient étonnamment débonnaire sur la ballade "Something of value", alors que la slide progresse en douceur face à l’harmonica. Les claviers de Sullivan et le piano électrique de Benmont Tench produisent des effets spéciaux, pendant le R&B "The mark of Cain". Brûlot, "Mr Aphrodite" adopte à nouveau un tempo nerveux. Les Imperial Crowns se muent en big band, impliquant harmonica, guitare, piano, cuivres et chœur féminin. Toujours cuivré, "Liberate" est une piste indolente bien construite, au cours de laquelle Jimmie et JJ se partagent les guitares. Une plage dont l’originalité est entretenue par les cordes électrifiées. Qui se mêlent aux acoustiques, tout a long de "Papa Lawd", un blues/rock funkysant coloré par les interventions du djembé et de l’harmonica. Autre plage tumultueuse, "Question Mark" clôt cet LP. Un morceau au cours duquel l’harmo et la slide se réservent leurs dernières sorties…

La formation se produira ce 13 novembre 2016 à la Boîte à Musique de Wattrelos.

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Naked … In your face

Eddie Turner est né à Cuba ; mais il a longtemps vécu aux States. A Chicago, plus précisément. C’est d’ailleurs dans la grosse pomme, qu’il a chopé le virus du blues. Depuis, il s’est établi à Denver, dans le Colorado. Ce chanteur/guitariste a reçu pour sobriquet, Devil Boy. Il a conservé, de ses origines, un goût pour les rythmes exotiques, et tout particulièrement afro-cubains. Avant d’embrasser une carrière en solitaire, il a vécu diverses expériences. Fin du siècle dernier, il a ainsi sévi au sein du backing group d’Otis Taylor, à la guitare. Il a d’ailleurs participé à l’enregistrement de cinq albums du célèbre bluesman de Chicago. Le premier opus de Turner, "Rise", date de 2005. Et son dernier, réalisé en studio, de 2011. Il s’intitule "Miracles & demons". L’artiste s’est forgé une solide réputation en ‘live’. Très souvent hantées par le spectre de Jimi Hendrix, ses prestations scéniques sont longues. Aussi, on attendait impatiemment un premier elpee immortalisé en public. Il a été capté au Blues Can, à Calgary, au Canada. Il y est, bien sûr, soutenu par ses Trouble Twins, soit une section rythmique impliquant le drummer Kelly Cruse (ex-Adele &
The Krusers) et de la bassiste –une jeune femme bien séduisante– Anna Lisa Hughes. Cette dernière est une véritable globe-trotter. Elle s’est ainsi déjà produite en Amérique Latine et en Chine.

Très rythmique, l’ouverture est dansante. Soutenue par les répliques sensuelles d’Anna Lisa, la voix de Turner est hypnotique. Au bout de 5 bonnes minutes, la guitare prend le pouvoir et se révèle aventureuse. Parcimonieuse, la gratte d’Eddie amorce "Mistreated", un blues lent que murmure la voix voluptueuse d’Anna Lisa. Très inspiré, Devil Boy s’autorise un bel envol sur ses cordes. Chargées de feeling, elles montent progressivement en puissance. "So many roads" n’est pas le classique signé Otis Rush, mais une composition personnelle. Evoluant sur un rythme caribéen, la guitare vagabonde et invite la section rythmique à tirer son épingle du jeu, à travers une jam. "Rise" en est une deuxième. Longue, intense, elle est ébauchée par une guitare atmosphérique. La voix est incantatoire, ‘jimmorrrisonesque’. Le climat, réminiscent des Doors, circa "The end". Même les drums de Kruse s’investissent totalement pour entretenir cette atmosphère. Et "Blues fall down the rain", une troisième. Eddie y déploie longuement ses interventions. Elles s’étirent, creusent, délirent, au cœur d’un trip psychédélique. La cover du "Buried alive in the blues" de Nick  Gravenites (ex-Electric Flag) est excellente. Bientôt rejointe, lors du refrain, par celle de Turner, la voix d’Anna-Lisa est chargée d’émotion. Et l’envol des cordes flirte une nouvelle fois avec les sommets. "Don’t let me be misunderstood" est un succès décroché par Nina Simone et les Animals, il y a plus de 50 ans. L’adaptation est réussie. Moss Hughes chante d’une voix évocatrice est caressante. Et le solo de guitare est tout bonnement magique. "Dangerous" est la plage la plage la plus longue. Le leader et sa bassiste se partagent le micro. Eddie se lance dans une longue impro. Complexe, intrépide, elle est caractérisée par une vitesse d’exécution croissante. "Secret" clôt le long playing. Hantée par Jimi Hendrix, cette piste se complaît dans un climat hypnotique, proche de la transe…

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Full of it

Patti Smith et son mari Fred 'Sonic' Smith avaient écrit "Summer cannibals", en 1996. C’est également le patronyme choisi par ce quartet rock issu de Portland, dans l’Oregon. Ce combo réunit trois filles et un garçon. Soit la chanteuse/guitariste Jessica Boudreaux, la bassiste Jenny Logan, la drummeuse Devon Shirley et le gratteur Marc Swart. Avant de publier "Full of it", la formation avait déjà gravé "No makeup" en 2013, et "Show us your mind" en 2015.

"Go home" lance rapidement le quatuor sur les rails. Un morceau punk, particulièrement dense. La voix de Jessica est empreinte de sensualité. Jenny assure les backing vocals. Quelque peu déjantée, la gratte de Swart met déjà le nez à la fenêtre. Le tempo décélère avant de repartir de plus belle. Et la piste embraie directement dans "Just a little bit". Allumée, la gratte dirige l’ensemble. Garage, les sonorités sont particulièrement ‘fuzzy’. Pop, la voix de Miss Boudreaux est accrocheuse et sensuelle. Tout comme sur "I wanna believe", une plage au cours de laquelle la section rythmique, renforcée par la gratte de Jessica, impressionne par sa force naturelle. "Say my name" s’ébroue plus paisiblement, avant de monter en puissance. Le lead vocal est empreint de sérénité. Les backing vocaux féminins reprennent le refrain en chœur. "Not enough" adopte un profil new wave. A cause de la rythmique. Cependant, les cordes de Marc prennent rapidement le large, implacablement soutenues par les autres instruments. Ce qui déclenche une forme de transe. Elle est devient rapidement permanente. Excellent ! Punk, cette rythmique punk fracasse "Full of it". Plus rien ne peut retenir la guitare qui s’emballe dès qu’elle est sous pression. Elle devient même acide afin de s’enfoncer au cœur d’un trip psychédélique. Et l’atmosphère est toujours aussi allumée quand "The lover" prend le relais. La voix est plus veloutée, mais la gratte continue de délirer. Bien garage/rock, "Talk over me" déborde d’énergie. "Make up" constitue un des sommets de l’elpee. Les cordes éclatent inlassablement au sein s’un climat ravagé et dévastateur. Imprimé sur un mid tempo, "Fallen" nous replonge dans une ambiance acide et fluctuante. "Simple life" clôt ce long playing. La voix est douce et fragile ; mais l’étincelle guette. Et quand elle se produit, c’est pour exprimer toute sa vitalité psychédélique… 

 

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