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Jean-Claude Mondo

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lundi, 31 octobre 2016 02:00

One for the money

Ginger St James est issue de Hamilton, au Canada. Elle se révèle particulièrement à l’aise dans plusieurs styles ; que ce soit l’americana, l’alt country ou le rockabilly. En général, elle est épaulée par son guitariste SnowHeel Slim.

"Pour me" ouvre l’opus. La voix de Ginger colle parfaitement à ce morceau de country pure. La pedal steel colore l’ensemble de ses teintes métalliques. "Train whistle" est imprimé sur le rythme du chemin de fer. Et il est soutenu. La voix de l’artiste semble soupirer ; manifestement, elle laisse sa puissance vocale sur la réserve. Snowheel Slim excelle sur sa gratte qu’il joue en picking. Ballade country, "Honeymoon stage" s’inscrit parfaitement dans un climat de ‘lune de miel'. Secondée par celle de la bassiste Justine Fisher, la voix de Ginger est sucrée, alors que les cordes accentuent le climat de mélancolie au sein duquel baigne la plage. Piano et pedal steel alimentent "Slim’s Jig", un bref instrumental rythmé. Bienvenue dans l’univers des cow-boys ! Les percussions d’André Tellier sont bien à l’avant-plan tout au long de "Somebody shot me", une ballade americana dont la trame est superbement construite par l’ensemble des instruments. Ballade country gémissante, "Best of me and you" glisse progressivement vers le blues, tout en respectant une parfaite interactivité musicale. "Hair of the blackdog" est sculpté dans du pur rock’n’roll. La voix féline de Ginger accroche, griffe même, alors que piano et guitare s’en donnent à coeur joie. Une formule qui sied bien à Miss St. James. Dommage qu’elle n’y recourt pas plus souvent. Guitares en picking et piano roadhouse entretiennent le country/swing "You were mine". Trop court, cet elpee s’achève par le dépouillé "Merry go round", une jolie ballade empreinte de spleen, un sentiment accentué par les cordes acoustiques limpides et la pedal steel chargée de feeling…   

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Illogical Optimism

Etabli aujourd’hui à New York City, Reverend Freakchild est diplômé de l’Université de Boston, en philosophie et religion. C’est à cette époque qui monte son premier groupe, Bananafish. Sa culture musicale est bien ancrée dans le blues. Et à travers ses projets, il ne cesse de l’explorer.  

Intitulé "Blues & Spitiruals", son premier opus remonte à 2001. Et sa dernière, "Hillbilly Zen-Punk blues", à avril 2015. Pour graver son sixième elpee, il a fait fort, puisque "Illogical optimism" est triple ! Sous-titré "Odds, ends and other amazingness", le premier réunit quinze reprises préparées à la sauce Freakchild. Baptisé "Everything is now", le deuxième propose différents mixages de la même compo. Enfin le troisième, "Kairos", n’est pas un disque du Reverend, mais d’un ami, Ramblin’ Jennings.

Le premier volume est excellent. Il s’ouvre par une reprise somptueuse d’"Imagine" de Lennon. Reverend la chante à la manière de Lou Reed. Une version très saisissante, illuminée par des cordes immaculées. Le "Hey Pocky A-way" des Meters baigne dans le style New Orleans. Piano, batterie et cuivres participent activement à cette fête du rythme. "I still have joy" nous entraîne dans l’univers du gospel. Et quelles voix ! La cover du "Cryin’ Holy unto the Lord" de Bill Monroe vire au country. Guitare en picking et orgue se taillent ici la part du lion. Il s’attaque brillamment au répertoire de Bo Diddley, et tout particulièrement à son "Who do you love". A celui de Bob Dylan, dont le "All along the watchtower" est traité à la sauce reggae, nonobstant la guitare déjantée. Il se réincarne en John Lee Hooker, quand il aborde le boogie "Shark Boogie". Country punk, "Pretty Boy Floyd" raconte les aventures d’un ancien braqueur de banques. Il n’oublie bien entendu pas les chantres du country/blues d’avant-guerre. En s’autorisant des version décoiffantes du "See that my grave is kept clean" de Blind Lemon Jefferson, du "Hell hound on my trail" de Robert Johnson et du "Death don’t have no mercy" de Rev Gary Davis, qu’il souligne d’une intervention de flûte primitive. Il se met même à iouler sur le nerveux "Big Mouth blues" de Gram Parsons. Son ami Hugh Pool, l’épaule à l’harmo, sur la cover impeccable du "Yer blues" de John Lennon (Plastic Ono Band).  

Le deuxième compact disc recèle donc douze versions différentes –funk, reggae, punk, rock, hillbilly, krautrock, etc.– d’"Everything is now". Deux sortent quand même du lot : la ‘Low Society Remix’, caractérisée par la slide bien métallique, et une basiquement blues, qualifiée de ‘DJ Billy E’, rehaussée par la présence d’un harmonica. Sans quoi, on y rencontre également plusieurs pistes assez planantes, un ‘Dream-like Nature remix’, un long trip spatial de plus de 8’ et une finale qui pourrait servir de bande son instrumentale pour un court-métrage !

Enfin, le prêcheur floridien a donné carte blanche à Ramblin’ Jennings pour graver le troisième cd. Ce dernier y propose un country/blues assez personnel. Naturellement puissante, sa voix est excellente. Il manifeste beaucoup de présence lors des titres les plus nerveux ; à l’instar de "Safe in the storm", "I saw a wheel", "Livin’ and dyin’" et "Last train blues". Particulièrement lents, "Please send me" et "Silver sandals" transpirent de vécu. Dans le même registre, il opère un dialogue avec l’harmonica sur "Sinner blues", dans un style proche de Sonny Boy Williamson 2. Et le traditionnel "John the Revelator" est interprété a cappella. Ce type est un véritable passionné !

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Slow burn

Al Lerman est multi-instrumentiste. Producteur également. Il milite au sein du groupe Fathead ; ce qui ne l’empêche pas de se réserver un carrière parallèle en solitaire. Il est pro depuis plus de 40 ans. Brillant à l’harmonica et au saxophone, il est loin d’être un manchot sur sa guitare. Il chante aussi. Au cours de sa jeunesse, il a eu l’opportunité de partager la scène en compagnie de grands noms du blues, comme Muddy Waters, Willie Dixon, Sunnyland Slim et un autre souffleur de renom, Carey Bell. Sa discographie est impressionnante. Ses deux albums solos les plus récents remontent à 2012 et 2013. Ils s’intitulent respectivement "Crowe River Blues" et "Live @ the Acoustic Grill". Il a fondé Fathead en compagnie du bassiste Bob ‘Omar’ Tunnoch, en 1992. Le combo a publié neuf elpees, dont le dernier, "Fatter than ever", date de 2014.

Les sessions d’enregistrement de "Slow burn" se sont déroulées à l’‘E-Room’ de Toronto. Pour plusieurs plages, il a reçu le concours de la section rythmique de Fathead, soit le bassiste Bob Tunnoch et le batteur Bucky Berger. Le bassiste Alec Fraser (ex-membre du backing group de Jeff Healey) et le drummer Al Cross, assument ce rôle sur le reste du long playing. Al Lerman se réserve le lead vocal, joue de l’harmonica et se consacre aux grattes, tant acoustique qu’électrique. 

Imprimé sur un tempo soutenu, "Don’t push your mess on me" ouvre la plaque. Doublée par celle de Jana Reid, la voix d’Al est plutôt frêle mais expressive. Il se permet un premier envol, tout en délicatesse, sur son harmo. "It takes me all night long" nous entraîne au cœur des swamps louisianais. Un blues intimiste, cool, un peu sinistre, au cours duquel la musique à bouche est balisée par les cordes acoustiques. Roots/blues, "Bad luck blues" est aussi flemmard. Lance Anderson siège derrière le piano électrique. Le refrain est repris en chœur par les musicos. "Gonna have to wait" est toujours bien laidback. Les interventions de guitare sont parcimonieuses. L’harmonica se révèle particulièrement expressif. Bien rythmé, "Now that your man’s gone’" produit un léger funk. La voix s’affirme au sein de cette atmosphère très bien rendue. Caractérisé par ses rythmes syncopés, entretenus par les percus d’Alec Fraser et le piano d’Anderson, "Totally out of Whack" nous emmène dans les rues de New Orleans. Des ivoires dominent le blues dépouillé "Younger man than me". "Anyway you want" élève le tempo. Les musicos chantent en chœur. Mr Leeman est parfaitement à l’aise pour souffler dans son harmonica. Blues primaire, dépouillé, "Tatoo like you" macère dans un climat ténébreux. Faut dire que les percus de Fraser sont particulièrement lugubres… Kokomo Arnold signe "Kokomo", un country/blues primaire qui nous ramène dans le delta. Lerman y signe un envol remarquable à l’harmonica. L’opus s’achève par l’indolent "Slow burn", un instrumental qu’on pourrait taxer de downhome blues…

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Lost in the blues

Marc Lelangue est issu du Nord de la Belgique. De Courtrai, très exactement. Actif dans l’univers du blues, depuis une trentaine d’années, ce chanteur/guitariste est aussi à l’aise dans l’acoustique que l’électrique. Il a publié son premier album solo, "Blues you could use", en 1992 ; un disque pour lequel il avait reçu le concours du bassiste Michel Hatzigeorgiou, du guitariste Patrick Deltenre et du batteur Thierry Gutmann. Son goût pour l’éclectisme lui permettra de graver un opus chanté dans la langue de Molière, "Glandeur nature". Et qui tient la route. Depuis, il ne cesse de rouler sa bosse ; que ce soit en solitaire ou au sein d’un groupe, sous la forme acoustique ou électrique.

Il nous revient sous un format trio. Pour la circonstance, il est épaulé par Lazy Horse, aka Raf Timmermans (mandoline, slide, harmonica), et le bassiste (ex-Slime Hunters, Healers, Electric Kings, Last Call), René Stock. Marc est hébergé chez Naked Productions, un label belge qui défend le blues local. Pas étonnant que Tee, Big Dave, Electric Kings, Stinky Lou & the Goon Mat, Hideaway, Rusty Roots, Howlin’ Bill, Fried Bourbon et les Boogie Beasts y soient signés.

Recelant 12 plages, "Lost in the blues" est partagé entre répertoire personnel, reprises et arrangements de traditionnels.

Marc ouvre l’elpee par "Empty house blues". Le tempo est flemmard. La voix, très spécifique. Un blues cool qui met déjà en exergue le talent de gratteur de Marc. Le "Forgive me please" de Tampa Red poursuit dans le même registre. La slide de Lazy Horse est bien mise en exergue. Marc se consacre aux cordes rythmiques et René à la basse acoustique. "Send my body to Bourbon Steet" est signé par son compatriote Jean-Pierre Froidebise (ex-Such A Noise). Chaleureuse, la voix s’impose au sein de ce climat néo-orléanais. Les solistes se libèrent : Marc à la guitare et Lazy Horse à la mandoline. Une autre cover de Tampa Red : "You missed a good man". Lazy Horse y brille sur son bottleneck. Et du célèbre duo de country blues, Brownie Mc Ghee et Sonny Terry : "Don’t pity me". Lazy Horse est passé à l’harmonica pour une adaptation vivifiante du "Walk on" de Brownie Mc Ghee. "Too lazy" est un blues lent minimaliste. Tant les interventions à la basse de René, celles au papier émeri de Lazy Horse, que la voix tellement intimiste de Mr Lelangue, rivalisent de sobriété. Leroy Carr signe "In the evening", un grand classique du blues. La nouvelle version est respectueuse de l’originelle. La cover du "Mississippi heavy water blues" de Barbecue Bob (NDR : ce spécialiste du Piedmont blues primitif a composé ce titre vers 1930) libère énormément d’intensité. "Take me back" est également issu de la même époque. Un traditionnel, en général, attribué à Frank Stokes. Lazy Horse injecte énormément de feeling dans les cordes de sa mandoline. "The road to recovery" reflète le parcours authentique de Marc. "I’ll stay right here" clôt l’elpee. Une reprise issue de la plume de Manuel Gonzales et Ruben Guaderrama, deux membres issus d’un roots band aux influences latines, The Blazers. Et elle est brillante.

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

A moment in time

Chanteur/guitariste et producteur, Iasiah B. Brunt est issu de Sydney, en Australie. A l’instar de son précédent opus, "Just the way that it goes", sorti en 2015, il a enregistré "A moment in time", à New Orleans.

L’album s’ouvre par l’excellent "Still waiting". La rythmique est nonchalante. Le piano de Mike Lemmler campe d’abord. Puis l’orgue de George Porter Jr entre dans la danse. La voix de Iasiah est cool. Discrètement, la slide de Brunt s’impose ; ce qui permet ensuite aux cuivres (Jeffery T Watkins au saxophone et Ian E Smith à la trompette) de prendre leur envol. "Singing the blues" adopte un tempo similaire. Les ivoires de Lemmler s’intègrent parfaitement dans l’ensemble. Chaleureuse, mais singulière, la voix est proche de celle de John Mayall. Quoique cool, "That place on the road" élève quand même un peu le tempo. Chaque instrument est parfaitement mis en place ; et tout particulièrement l’orgue Hammond ainsi que la slide. Et Smoky Greenwell, citoyen de New Orleans, en profite pour signer une intervention impeccable à l’harmo. "Lost Jacket blues" évolue sur un tempo vivace. Un r&b enrichi de cuivres ; et au cours duquel Watkins prend un billet de sortie au saxophone. La basse de Porter Jr. balise le plus funkysant "May I dance for you". Sarah Burker se charge de la réplique vocale. La gratte du leader et le saxophone entament un dialogue. "Travel back in time" nous plonge au sein du jazz néo-orléanais d’une certaine époque. Tuba Steve délimite les lignes de basse à l’aide de son sousaphone. Les interventions aux drums de Doug Belote entretiennent une ambiance réminiscente du Carré Français. Invité, James Evans se libère sur sa clarinette. "Party late all night" baigne au sein d’une atmosphère festive ; une invitation à la danse au cours de laquelle Iasiah force la voix, alors que Watkins brille encore au saxophone. L’orgue Hammond alimente le climat paresseux de "Same old road". Miss Sarah Brunt épaule une nouvelle fois son époux au chant. La slide gémit quelques accents. Et c’est dans une même atmosphère, indolente, mais empreinte de sérénité, que l’opus s’achève. "A moment in time" bénéficie d’une superbe mélodie. Ian E Smith se consacre au flugelhorn. David Stocker, au mellotron. Et ce dernier communique une densité et une forme d’esthétisme à l’expression sonore…

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Undone

Si dans le passé, l’Albion a enfanté un nombre incalculable d’excellents musiciens et groupes dans l’univers du blues, au fil du temps, cette scène a souffert d’un manque de renouvellement. Aussi, difficile de dissimuler sa satisfaction, quand on apprend qu’un duo contemporain bien britannique est vraiment digne d’intérêt. Issu de Warrington, il réunit le bassiste Martin Saunders et le chanteur/guitariste Sam Bratley. Ce dernier reconnaît pour maîtres, Stevie Ray Vaughan, Buddy Guy, Freddie et Albert King. Régulièrement, en ‘live’, il est soutenu par l’ex-Hoax, Mark Barrett, aux drums. The Black Circles avait publié un Ep intitulé "From the Top", en mars 2015. "Undone" constitue donc son premier opus. Lors des sessions, le tandem a également bénéficié du concours de Phil Wilson à la batterie et aux percussions. En outre, ce dernier, Martin et Sam coproduisent l’elpee. Mais également d’un autre ancien gratteur de Hoax, Jess Davey, qui se charge également des parties de claviers, et tout particulièrement de l’orgue Hammond.

"One big lie" ouvre la plaque. Epaulé par celle de la choriste, Cat Fullbrook, la voix de Bradley est séduisante. Bien sentie, la guitare se libère aisément avant de monter en puissance, entre les interventions vocales. Et cet envol de cordes est impressionnant, tout au long du shuffle, digne de Vaughan, "She’s dynamite", une piste balisée par la section rythmique particulièrement solide. L’orgue Hammond de Davey tapisse judicieusement "Don’t mean a thing", un titre indolent, trempé dans la soul, au cours duquel les voix conjuguées de Sam et de Cat Fullbrook se révèlent très expressives, alors que hantée par BB King, la guitare ne concède que des notes parcimonieuses. Blues lent attendu, "Stop acting this way" transpire de classe. La guitare est dramatique, intense, chargée de feeling, alors que l’orgue Hammond nappe l’ensemble de ses tonalités chaleureuses. Brillant ! "I’m leaving" macère dans le blues du Mississippi. La batterie est autoritaire, mais primaire. Particulièrement amplifiée, déjantée, sauvage, la gratte entre au cœur d’un véritable délire. Bien nerveux, "Hard times" est un autre shuffle. Excellent, il est toujours abordé dans l’esprit de Stevie Ray Vaughan. Une légende dont le spectre hante également l’intense "Gypsy girl". Encore que celui de Jimi Hendrix, période Experience, semble lui emboîter le pas ; surtout quand l’artiste force quelque peu sur les pédales. "Drifting" constitue une parenthèse roots. Un blues qui nous entraîne dans le delta. La voix domine son sujet, face aux cordes acoustiques et au dobro, dont les sonorités sont bien métalliques. Blues lent, "Bad luck" concède des accents tragiques. Chargées de feeling, les notes sont dispensées parcimonieusement. En arrière plan, l’orgue Hammond tisse sa toile. A cet instant, la formation n’a jamais été aussi proche du SRV. Souvenez-vous de l'inoubliable "Tin Pan Alley". Superbe ! Et on retrouve le fantôme de Jimi Hendrix tout au long de la finale "Left behind", une piste au cours de laquelle le refrain est repris en chœur. Manifestement, The Black Circles prend dignement la succession de The Hoax… 

 

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Hi Lo-Fi

Canadien, ce chanteur/guitariste est à la tête d’un trio blues/rock. Il a ainsi baptisé sa section rythmique, de Grand Naturals. Elle est constituée du bassiste Dennis Pinhorn (ex-Downchild) et du batteur Al Webster (ex-Jeff Healey Band, Colin James, Long John Baldry). L’équipe avait déjà publié un premier elpee en 2010, "Tattoo black". Dans le style, le line up est idéal, afin d’atteindre un résultat optimal. Un peu comme The Cream, à l’époque glorieuse des sixties.

En ouverture, "Foolish heart" est un titre puissant. La slide est bien mise en exergue. La voix de Dylan colle bien à son répertoire. La section rythmique est parfaitement soudée. "Love & lust" est à la fois contaminé par le funk et le swamp rock. A l’instar du légendaire Creedence Clearwater Revival. "Run sister" lorgne indiscutablement vers The Cream. La ligne de basse s’inspire évidemment de Jack Bruce. Et la coloration blues est accentuée par la présence d’un des meilleurs harmonicistes canadiens, Tortoise Blue. Ses interventions classieuses incitent Wickens à tirer le meilleur de ses cordes. Tortoise est passé à l’orgue Hammond pour "Calamity Jane", un blues/rock classique, cool, que chante parfaitement Dylan. Il signe une introduction hantée par Albert King sur "Fall apart". La six cordes est lumineuse ; et soutenue par la basse puissante de Pinhorm, elle s’envole vers les sommets. La batterie de Webster adopte un tempo discrètement funky sur "She’s back in town", une piste indolente au chant presque déclamatoire, dont l’atmosphère n’est pas sans rappeler Jimi Hendrix. "Your other man" est une plage volontairement primaire, brute de décoffrage. La ligne de basse est à nouveau imparable. La voix de Wickens toujours aussi impeccable. La compo monte progressivement en puissance jusqu’au –trop court– bouquet final. Dans le même registre, "Rock bottom" nous entraîne dans le delta. La basse est encore largement amplifiée et la guitare créative. La dernière plage a été immortalisée en ‘live’. "In my time of dying" reflète bien le potentiel du trio, en public. Les trois musicos chantent en chœur. Accrocheuse, rageuse, douloureuse, la slide est poussée dans ses derniers retranchements…

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:31

All for loving you

Originaire de Brooklyn, Alexis P Suter est âgée de 53 ans. La musique de cette chanteuse/compositrice baigne dans le blues et la soul. Ses débuts, elle les accomplit au sein des églises locales. Pour y chanter le gospel. Son premier enregistrement remonte à 1990. Elle grave alors un single intitulé "Slam me baby". Mais son premier elpee ne date que de 2005. Son titre ? "Shuga Fix". Depuis, elle drive son propre groupe. "All for loving you" constitue son septième opus. Il fait suite à "Love the way you roll", paru en 2014. Pour le concocter, elle a bien sûr reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le guitariste Jimmy Bennett, le drummer Ray Grappone et le bassiste Peter Bennett. Mais également du claviériste John Ginty ainsi que du chanteur Vicki Bell.

Dès le premier titre, on est surpris par la voix d’Alexis. Grave, puissante, ravagée et rocailleuse. Presque naturellement masculine. Elle est épaulée, par celle bien féminine de Vicky. Imprimé sur un tempo entraînant et traversé par les interventions judicieuses à la slide de Jimmy Bennett, ce "Talk to myself" constitue une première claque. Le timbre vocal est même proche du baryton sur "Can’t find a reason", un blues flemmard, tapissé par l’orgue Hammond de John Ginty. Impressionnant ! Jimmy égrène parcimonieusement ses cordes tout au long d’"Another place and time", un blues particulièrement lent. Ce morceau transpire de vécu, traduisant la relation idyllique entre la chanteuse et son guitariste. Excellent ! "All for loving you" est une superbe plage atmosphérique. Les interventions d’orgue sont indéniablement originales. Et dans ce contexte, la voix passe parfaitement la rampe ; alors que la slide de Bennett rugit intensément de bonheur. "Livin’ in a world" est imprimé sur un tempo enlevé. Une piste plus proche du Memphis blues cher à BB King. Et pour cause, Jimmy s’autorise un envol digne du maître, alors que l’orgue Hammond prend également un billet de sortie. Vicky Bell (NDR : c’est la choriste !) signe "Fool for you", une ballade r&b indolente. Elle réplique aux vocaux d’Alexis. Chargés d’intensité, ils sont manifestement taillés pour ce dernier, alors que Jimmy se réserve une sortie très mélodieuse. Caractérisé par ses cordes en effervescence, "Don’t ya’ tell" est une piste bien rythmée. Tout comme "So long", une compo au cours de laquelle la gratte, largement réverbérée, subtilement acide, mais bien balisée par le drumming de Ray Grappone, se révèle aventureuse. Secoué par de nombreux changements de rythme, "Circumstance" est un morceau bien nerveux. Les deux chanteuses sont complémentaires. Ginty siège à nouveau derrière l’orgue ; et Bennett en profite pour étaler, à son tour, tout son talent aux cordes. Un talent qu’il affiche également tout au long d’"Every shut eye", une plage percutante, au cours de laquelle il ne tient plus en place. La finale est surprenante. Et pour cause, il s’agit du "Let it be" des Beatles. Toute l’équipe est au complet. La version est remarquable. La voix, parfaitement adaptée. L’orgue, majestueux. Et la guitare, mélodieuse et chargée de feeling… 

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:29

Ergo Sum

Italien, Mike Sponza est chanteur/guitariste. Il a entamé son projet ‘Kakanik Blues’, en 2005. Objectif, réunir un max de musicos issus d’Europe Centrale. Aussi, lorsque l’album "Kakanic Blues 2.0" paraît en 2008, ce ne sont pas moins de 25 musiciens qui y apportent leur contribution ; et ils sont issus de pays aussi différents que l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Serbie, la Croatie, la Bosnie, l’Irlande, l’Angleterre et les Etats-Unis. Il remet le couvert, dès 2011, en publiant "Continental shuffle". Cinq ans plus tard, il tente une nouvelle expérience. "Ergo Sum" (Trad : ‘Donc, je suis’) cherche à démontrer que les sources d’inspiration du blues sont l’amour, l’amitié, la famille et la politique, des sujets développés par Willie Dixon, Muddy Waters et Bob Dylan ; mais aussi qui alimentaient les anciens auteurs latins. A l’instar du héros légendaire romain, Horace le Borgne, ainsi que des poètes romains, Catullus, Martialis et Juvenalis. Soutenu par le talentueux Ian Siegal, Sponza a donc mis en musique ces anciens bardes. Les sessions se sont déroulées au sein des célèbres studios Abbey Road de Londres.

Tiré des ‘Satires’ de Horace, "Modus in Rebus" ouvre la plaque. La guitare est fluide. Le tempo, cool. La voix, grave et puissante. Dean Ross (NDR : il a sévi et sévit toujours au sein du groupe de ska, The Selecter) siège derrière l’orgue Hammond. Et pourtant, Mike laisse éclater ses cordes. Ian Siegal le rejoint pour exécuter "Carpe Diem". Il se sert d’un bottleneck. Imprimé par les percussions de Moreno Buttinar, le morceau nous entraîne du côté du Delta, alors que le billet de sortie est accordé au saxophone de Matej Kuzel. Et il tire à nouveau son épingle du jeu sur "Penelope", un blues lent qui ne manque pas de charme. Slide et gratte se conjuguent. Un brin graveleuse, la voix est surtout chaleureuse. Coécrite par Sponza et Dana Gillespie (NDR : une chanteuse britannique notoire), "The thin line" est une plage relaxante et atmosphérique entretenue par la trompette de Chris Storr, l’orgue Hammond et la sèche frottée par un bottleneck. Dana Gillespie se réserve le micro. Son timbre est jazzzyfiant. Longue piste, "See how the man" est sculptée dans le funk/jazz. Bien mise en exergue, la voix est déclamatoire, un peu comme dans le rap. Les cuivres cherchent à s’imposer, mais c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Plus conventionnel, "Poor boy" opère un retour au blues rythmé ; un shuffle de bonne facture au cours duquel Sponza et Siegal se partagent les vocaux. Les musiciens sont à la fête. Et notamment Ian Siegal, intenable à la slide. Pourtant, les deux gratteurs se relaient régulièrement, alors que le piano de Ross et les cuivres balisent la compo. Un très grand moment ! Court, "Kiss me" est un morceau bien nerveux. La guitare bien amplifiée de Sponza et celle traitée par le bottleneck de Siegal sont parfaitement complémentaires. "Prisoner of jealousy" clôt l’elpee. Une ballade r&b lente et majestueuse que chante remarquablement Siegal, en manifestant une passion dévorante, devant les cuivres…

 

vendredi, 21 octobre 2016 19:26

Skronky Tonk

Californien, Charlie Baty est âgé de 63 ans. C’est en compagnie du chanteur/harmoniciste Rick Estrin que ce guitariste avait fondé Little Charlie & the Nightcats, en 1976. Un combo qui était devenu rapidement populaire. Baty y a sévi jusqu’en 2008. Il a ainsi participé à la confection des dix premiers elpees, tous publiés sur le label Alligator. Il décide alors de prendre une pause. Chris ‘Kid’ Andersen prend alors le relais, au sein d’un bakcing group que Rick Estrin baptise alors de The Nightcats.

En 2016, Charlie refait surface. En compagnie d’un nouveau groupe : l’Organ Grinder Swing. Et le style proposé est radicalement différent. Plus question de blues. Que ce soit aux accents empruntés à Chicago ou à la West Coast. Place au jazz. Le manouche. Celui popularisé par Django Reinhardt ; mais en y incorporant de l’orgue. On comprend mieux ainsi le patronyme choisi pour son nouveau combo. En fait l’Organ Grinder Swing se résume à deux musiciens : Lorenzo Farrell à l’orgue Hammond et J. Hansen à la batterie ainsi qu’aux percussions. En fait, Charlie réalise enfin son rêve en enregistrant un disque de jazz. Et il l’a réalisé en compagnie de la section rythmique des Nightcats ; en l’occurrence le bassiste Lorenzo Farrell, pour la circonstance essentiellement préposé aux claviers, et le drummer J Hansen. Influencé par Gene Krupa et Buddy Rich, ce dernier affiche une excellente technique. Le trio s’est enfermé aux studios Greaseland de Kid Andersen, à San José, pour concocter cet LP. Un disque recelant dix reprises et trois titres signés Baty!

C’est d’ailleurs son "Skronky Tonk" qui ouvre la plaque. Charlie étale toute sa technique et surtout son talent dans le registre jazz, alors que Farrell brille sur l’orgue. Manifestement, il a bien assimilé le Memphis Swing de Jimmy Smith et de Booker T. Vieux standard du jazz, "How high the moon" date de 1940. Lionel Hampton, Ella Fitzgerald, Benny Goodman et bien d’autres l’ont interprété. Baty se montre particulièrement à l’aise tout au long de cette version technique et sophistiquée. J Hansen ne l’est pas moins derrière ses fûts. Signé Jacob Bittencourt (NDR : c’est un compositeur brésilien), "Receita de Samba" véhicule les accents exotiques d’une samba. Tout comme "Um a Zero". "Nuages" constitue certainement un des morceaux les plus remarquables de Django Reinhardt. Tout au long de cette cover respectueuse et chargée de feeling, on y retrouve cette douceur naturelle. "Pennies from heaven" est un autre traditionnel issu des années 30. Bing Crosby, Billie Holiday, mais aussi Frank Sinatra, l’avaient inclus dans leur répertoire. Impeccablement adapté, ce morceau de jazz est manifestement contaminé par le blues. Baty s’autorise un nouvel exercice de style sur son "Gerontology". Fondateur du Modern Jazz Quartet, John Lewis était un pianiste de jazz. Cet Américain avait composé "Django", en hommage à son maître. Charlie nous en accorde une lecture lumineuse à la six cordes. Charlie Christian est un autre célèbre guitariste de jazz ; l’un des tous premiers gratteurs à avoir amplifié son instrument. La cover de son "Swing to Bop"est de toute bonne facture. Tout comme "Broadway", un autre classique, qui figurait au répertoire de Count Basie et son orchestre. "Cobalt Blues" constitue certainement la plage la plus blues de l’elpee. Signée Baty, elle permet à Farrell de tirer son épingle du jeu. Et on épinglera encore deux autres reprises ; celle du célèbre "Misty", pour lequel le pianiste Erroll Garner avait décroché un succès, et du "Flyin’ home" de Benny Goodman. Excellent dans le style !

 

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