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Jean-Claude Mondo

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lundi, 12 décembre 2016 19:29

Cold outside

Chanteur, guitariste et compositeur, Bill Johnson est âgé de 52 ans. Ce Canadien roule sa bosse depuis les années 70. Il faudra cependant attendre les eighties pour le voir passer progressivement au blues. Il monte alors son Bill Johnson Blues Band. Nous sommes alors en 1993. Et publie son premier elpee solo, "Why I sing the blues". Il faudra cependant attendre 2005, pour le voir enregistrer un deuxième opus. Un "Live". En 2005. Il grave alors "Worksongs" en 2007 et "Still Blue" en 2010. Bill a décroché plusieurs Blues Awards, au Canada. Pour concocter "Cold outside", il a reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Rick Erickson, le claviériste Darcy Philips et le batteur Ross Hall.

"Baggage blues" est un blues qui fait mouche. La voix de Bill colle parfaitement à son répertoire. Aux ivoires, David Vest meuble tous les espaces libres. "Nine dollar bill" élève le tempo. Les cordes de Johnson son déjà bien affûtées pour attaquer cette plage nerveuse aux accents West Coast. Le ténébreux "Cold outside" est davantage country, un morceau au cours duquel les cordes tracent une ligne mélodique imparable. Le spectre de Johnny Cash plane. Tout comme sur "Night train", un titre qui adopte le rythme du chemin de fer. Et chargées de feeling, les cordes sont vraiment agréables à l’oreille. Darcy siège alors derrière l’orgue Hammond. Shuffle, "True love" emprunte un tempo flemmard. David Vest est de retour au piano et entre en duel avec la gratte, décidemment bien attachante de Phillips. Vest est un vétéran de la scène blues. Dans le passé, il a notamment apporté son concours à Big Joe Turner, Floyd Dixon et Jimmy T99 Nelson. Darcy double piano et orgue tout au long du blues lent classique "My natural ability". Bill égrène ses notes parcimonieusement, mais en y injectant un max de sensibilité. Et David épaule encore Bill sur le rock’n’roll vivifiant "Makes a fella nervous". Nonobstant sa forme contemporaine, "Free from my trouble" nous entraîne progressivement vers le delta. La guitare est généreuse. L’orgue Hammond, bien présent. Joby Baker (NDR : c’est le producteur !) double basse et batterie sur "Angry guitar". Et communique une touche funky à la compo. Bill ponctue son chant de petites phrases finement ciselées sur ses cordes. "Driftin’ and driftin’" est une ballade subtilement country. La voix est devenue douce, tendre même. Le recours au bottleneck apporte une sonorité métallique à l’ensemble, sans jamais nuire au sens mélodique. Ballade acoustique, "Angeleen" clôt cet opus, une piste qui puise ses racines dans l’americana…

 

lundi, 12 décembre 2016 19:17

Not so simple

Issu de Colorado Springs, Austin Young est un très jeune chanteur/guitariste. Il n’en est cependant pas à son premier essai, puisqu’il avait déjà gravé un premier elpee, en 2013. Son titre ? "Blues as can be". Les membres de son backing group sont également jeunes : Alex Goldberg à la basse ainsi que Forrest Raup ou Kowan Turner, à la batterie. C’est la formule trio qui s’est imposée sur cet opus ; mais sans jamais abuser dans sa partie instrumentale.

"Take me away" baigne au coeur d’une douceur bien personnelle. Et si la guitare est généreuse et chargée de feeling, elle demeure constamment au sein d’un canevas parfaitement balisé. La voix n’est cependant pas très expressive. La production opérée par Austin est très soignée. Et on s’en rend compte lors des arrangements apportés à "Barren Road Blues", par l’orgue Hammond de Tom Capek. Caractérisé par la présence d’une section de cuivres, "Something more" est un morceau qui lorgne vers le r&b. La section rythmique imprime un tempo funky. Young contrôle bien la situation et se réserve une sortie à la fois réussie et personnelle sur ses cordes, malgré un changement de tempo percutant. Blues lent, le titre maître concède des accents volontiers dramatiques. Parcimonieux, l’envol d’Austin sur ses cordes est fascinant. On retrouve de la douceur sur plusieurs pistes. Tout d’abord sur "Sets me free". Capek y double orgue et piano électrique. "Mountains on fire", ensuite. Un autre blues lent. L’instrumentation est bien charpentée. Superbement équilibrée surtout. Et les nappes d’orgue Hammond sont chaleureuses. D’excellentes vibrations rythmiques traversent "Heal my heart", un titre qui célèbre le retour aux cuivres. Rockin’ blues, "Whirlwind" est un instrumental destiné à mettre en exergue la dextérité du sixcordiste. Et Young achève le long playing par une ballade légère et dépouillée. Et en solitaire : sa voix, ses cordes acoustiques et électriques. Manifestement, il possède un énorme potentiel ; mais il doit d’abord penser à améliorer ses performances vocales...

 

lundi, 12 décembre 2016 19:08

Blues Revival

Katrive Riggins est née à Miami, en 1980. Elle a passé sa jeunesse au sein d’un environnement familial très musical, favorable à l’écoute de rock, blues, soul, gospel et country. Quand elle monte sur les planches, c’est pour reprendre les standards du blues et du jazz, en s’accompagnant au piano. Elle fonde ensuite la formation Blues Revival. Puis publie un Ep intitulé "Soul Music" et un album, "Lily Rose". "Blues Revival" constitue donc son second opus. Elle a, bien sûr, reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le guitariste/claviériste Darrell Raines, le bassiste George Caldwell et le batteur Doc Allison. Hormis deux reprises, elle signe le reste du tracklisting. 

Kat possède une voix puissante, autoritaire ; mais elle la maîtrise aisément. Et on s’en rend compte dès le morceau qui ouvre la plaque, "Now I see". Elle bénéficie, en outre, de musicos particulièrement talentueux. Darrell s’autorise déjà un billet de sortie à la guitare, mais aussi Stephen Lombardelli –invité pour la circonstance– au saxophone. La réserve de puissance vocale de Miss Riggins est impressionnante. Et elle le démontre sur l’indolent "Good girl blues". Slow blues chargé d’intensité, "Wail away" est amorcé par les cordes parcimonieuses de Raines ; mais ce dernier double également à l’orgue pour épouser la voix si expressive de Kat. Il double piano et guitare sur "Queen Bee", une piste imprimée sur un tempo plus enlevé. Manifestement, Darrell Raines est le ‘maître d’œuvre’. "Murphy’s Law" reflète le talent de Kat à l’écriture. Une plage qui ne manque pas de charme. Enrobée de chœurs féminins et caractérisée par une gratte devenue insatiable, cette chanson bénéficie d’une excellente ligne mélodique. Kat Riggins s’est forgé la voix en pratiquant le gospel, au cours de sa jeunesse. Et on s’en rend compte à l’écoute du "Change is gonna come" de Sam Cooke, qu’elle interprète a cappella. Elle parvient à faire revivre cette célèbre chanson qui date de plus d’un demi-siècle. L’adaptation est somptueuse. La mélodie éternelle. Quel panache ! Etta James avait traduit le "Blues is my business" de Kevin Bowe en succès. La nouvelle version est sculptée dans un funk entraînant, irrésistible même. Raines semble ici hanté par Carlos Santana. Superbe ! "The devil is a liar" bénéficie d’un excellent arrangement. Les sonorités de cordes déclenchent une sorte de transe hypnotique. Et passionnée, la voix nous flanque des frissons partout.

 

lundi, 12 décembre 2016 19:05

Enjoy it while you can

The McKee Brothers implique, bien évidemment, deux frangins. En l’occurrence, Ralph et Denis. Avant de fonder le combo, le premier cité (NDR : c’est l’aîné) militait comme bassiste, parmi des groupes locaux, à Detroit. Un épisode qui remonte aux seventies. Plus jeune, le second a fait ses armes, au sein du combo. D’abord préposé aux bongos, il a transité par le saxophone, avant de se fixer à la guitare. Au sein du line up figure encore un membre de la famille. En l’occurrence Melissa, qui se charge des vocaux. Mais également le leader de 3rd Degree, Stan Budzynski (slide), Bobby West (claviers), Jerome Edmonson (batterie) et Bobby Watson (basse). De nombreux invités ont apporté leur collaboration lors des sessions ; et notamment Larry McCray, l’ex-Fabulous Thunderbirds, Kirk Fletcher, ainsi que l’ex-Bob Seger Band, Bob Schultz. Les frères McKee et le claviériste Bobby West signent l’essentiel des morceaux de l’opus.

Le band américain pratique une musique hybride, mêlant blues, rock, jazz, soul et funk, tout en la pimentant de références latines.

"One of us gots ta go" ouvre la plaque. De l’excellent r&b. Bob Schultz s’y montre particulièrement à l’aise derrière le micro. La guitare de Kirk Fletcher est fluide. Excellent soul/blues, "Change" bénéficie d’une solide mélodie. Fletcher se sent comme un poisson dans l’eau. Epaulé par le piano de Bobby West, Denis McKee tire son épingle du jeu à la guitare, sur le R&B très dansant "Guaranteed". L’elpee nous réserve quelques pistes généreusement funk. A l’instar de "A little bit of soul", que chante le bluesman noir Larry McCray (NDR : il est issu de l’Arkansas). Les cordes de grattes sont tranchantes. Le titre maître implique pas moins de quatre guitares. Le saxophone ténor de Doug Webb colore "Right there". "A long way back home" est un blues lent sublime, tapissé par l’orgue Hammond de Jim Alfredson. La voix de Schultz est profonde et expressive. "Modern Fraud woman" est imprimé sur un tempo soutenu. Si les cordes de McCray sont en liesse, la voix de Denis manque quand même d’assurance. Deux reprises. Tout d’abord le "Qualified" de Dr John. On y retrouve les rythmes syncopés de New Orleans. Denis McKee siège derrière le piano alors que Stan Budzynski se distingue à la slide. Puis la cover d’"It all went down the drain" d’Earl King. Les cordes sont ici partagées entre celles de Budzynski, du Californien Rick Berthod, de Dave Kaftan et de McKee. Très Stax, "Up to the mountain" clôt l’opus. Une jolie ballade r&b que chante avec bonheur la cadette de la famille McKee, Melissa. Et pour la dernière fois, Larry Mc Cray injecte un max d’émotion dans ses cordes.

 

lundi, 12 décembre 2016 02:00

Cold outside

Cette formation est établie à New York City. Elle est drivée par Lex Grey, une véritable diva. Au sein de ses Urban Pioneers, milite le guitariste Vic Mix (Victor Deyglio), qui assure également la production de cet opus. Après avoir publié "Deal me in" en 1996, le band a gravé "Beg…borrow - Steal!" en 2000, "American Heroine" en 2003, "Body of work" en 2005 et "Va Va Voom" en 2009. Il a donc fallu attendre sept longues années avant de voir sortir "Heal my soul"! Quel chemin parcouru depuis les débuts accomplis à l’arrière d’un bar de Brooklyn ! Et au fil du temps, les Urban Pioneers ont acquis une solide réputation, en live.

Ambitieuse et originale, la musique proposée par le band agrège blues traditionnel et rock classique. La voix de Lex est ravagée. Elle transpire de vécu. Et c’est flagrant dès le morceau d’ouverture, "Factory", une compo dominée par les sonorités synthétiques imaginées par Brian Dewan sur son Dewanatron! Walter Tates Jr souffle de courtes phrases dans son saxophone. De quoi accentuer le climat étrange du morceau. Une atmosphère ferroviaire prélude une ballade folk blues apparemment simple, mais plutôt complexe, entretenue par une mandoline, un violon et un accordéon archaïque ; et le tout est égayé par des gloussements bien prononcés d’une poule. Miss Grey chante passionnément, passionnellement même, "Ghost", un titre pop/rock enrichi par de brillant arrangements. De claviers, de cordes et de chœurs. Mais pas seulement. De guitare aussi. Vic Mix en est le responsable. De violon également. Kaia Updike s’y illustre. Soutenue par les voix de Brian Dewan et Rachel, Holt Lex chante d’un timbre corrodé, expressif, parfois proche de celui de Patti Smith, "Quiet place", une ballade folk/rock déroutante, ainsi que "Blues all around", une plage empreinte de désespoir. Epaulée par les interventions à l’orgue de Kaia Updike et les frêles percussions de John Holland, elle gratte nerveusement ses cordes. Rhett Tyler cosigne "Survive", une autre plage profonde, intense, singulière et bouleversante, évoquant les dégâts causés par l’ouragan dévastateur. Ethérés, les arrangements sont alimentés par les cordes synthétiques du Dewanatron. Jazzyfiant, "Junkman" baigne dans une ambiance surannée. Une ambiance entretenue par la clarinette d’Anthony Michael, le piano-jouet et les chœurs féminins. Lex est capable d’adapter sa voix suivant ses émotions et ses humeurs. Elle chante majestueusement "Black stallion", une jolie ballade folk, face aux cordes acoustiques, le violon de Greg Holt, le piano de Mattei et enfin les cordes électriques de Vic Mix. Sa voix semble hantée par Janis Joplin, tout au long de "Lightnin’ (in a jar)", un blues/rock percutant au cours duquel la gratte de son partenaire est carrément déjantée. L’opus s’achève par "Heal my soul", une longue et passionnante jam blues, au cours de laquelle s’illustre le saxophone hurleur et débridé de Walter Tates Jr. ; mais également les vocaux échangés entre Lex, Adam Price et Kaia Updike, une combinaison qui devient démentielle, orgiaque même ! Une œuvre vraiment originale…

 

lundi, 12 décembre 2016 19:02

Old school

Si Cranstoun est issu du Sud de Londres. De Croydon, très exactement. Un chanteur de soul qui puise son inspiration dans les années 40, 50 et 60 ; et tout particulièrement au sein de la musique destinée à la danse. Très longtemps, il a défendu la cause du reggae et du ska. En compagnie de son frère, avec lequel il avait fondé The Dualers, dès 1999. La formation est d’ailleurs responsable d’une importante discographie. Si entame ensuite une carrière en solitaire, et grave son premier elpee solo "Get lively", en 2009. Son précédent long playing, "Modern life", était paru en 2014, chez le label major, Warner Music. "Old school" porte bien son titre. Il s’agit bien de ‘vieille école’. Une musique qui puise ses sources dans le passé ; et tout particulièrement la soul, le rockabilly, le doowop et le R&B. Si se consacre au micro et à la guitare rythmique. Il drive son propre band et signe tout son répertoire.

Le titre maître ouvre l’album. Du rock’n’roll authentique. Même la voix est au diapason. Le piano est en effervescence. Les saxophones de Dan Faulkner et Drew Davies crachent leurs premières flammes. Rockabilly, "Vegas Baby" semble sortir tout droit d’un jukebox de la fin des fifties. Le trombone de Patrick Hayes s’évade et se permet même de sortir de son contexte. "Run free" est un autre rockabilly. Le morceau fait la part belle aux vocaux en doo-wop. Bien réverbérée, la guitare ressort bien de l’ensemble. Si adopte une voix de crooner pour Nightime", une plage lente balisée par un piano bien rythmique. De nombreux titres auraient pu figurer dans ces juke-boxes, un demi-siècle plus tôt. A l’instar de "Right girl", du judicieusement intitulé "Jukebox jump" ainsi que de "Lover please". Ballade exotique, "Elise the Brazilian" véhicule des accents sud-américains. Et c’est sous la forme d’un véritable big band que le blues "Around midnight" est exécuté. A cause de la présence de l’ensemble des cuivres. Et il est plus que probable que ce soit le talentueux Paddy Milner qu’y s’y charge des ivoires. Autre blues "Thames River song" se distingue par les interventions d’orgue à coloration sixties et celles de l’harmonica. Les saxophones entrent en effervescence tout au long du jump boogie, "Big Bess". On a même droit à un chant de Noël : "A Christmas twist". Si est au micro pour cette plage remuante. Le long playing s’achève par "Happy Birthday", un exercice de style purement doo-wop.

 

lundi, 12 décembre 2016 19:01

Live at the Greek Theatre (cd + dvd)

Hyper doué, Joe Bonamassa est un guitariste de blues/rock. Il a appris à jouer de la guitare, dès l’âge de 4 ans. Et dès qu’il en a onze, il assure la première partie pour BB King. Aujourd’hui, il en accuse 39 ; et sa notoriété a atteint le monde entier. Une solide notoriété qu’il a d’abord acquise sur les planches.

Son premier opus studio remonte à 2 000. Et son dernier, "Blues of desperation", à mars 2016. Il a cependant publié une volée d’albums ‘live’. Et "Live at the Greek Theatre" en est un autre. Mais pour la circonstance, le label Provogue n’a pas fait les choses à moitié ; puisque le box réunit un double cd découpé en 22 plages et d’un double dvd enrichi de quelques bonus.

Sur les planches, Joe est soutenu par un trio ; en l’occurrence le bassiste Michael Rhodes (NDR : un musicien de studio qui jouit d’une belle réputation à Nashville), du drummer Anton Fig et du claviériste Reese Wynans (NDR : ce dernier à milité chez le Double Trouble, backing band de Stevie Ray Vaughan, au cours des dernières années d’existence du regretté Texan). Et le line up est enrichi de cuivres. Soit le trompettiste Lee Thornburg et le saxophoniste Paulie Cerra. Mais pas seulement. Kirk Fletcher est également de la partie, à la seconde gratte et Nick Lane, au trombone. Sans oublier les trois choristes. Bref, ils sont onze sur le podium. Ce concert a été immortalisé au Greek Theatre de Los Angeles, dans le cadre du ‘Three Kings Tour’, réalisé au cours de l’été 2015. The Three Kings rend hommage à trois kings du blues ; en l’occurrence BB, Albert et Freddie.

Le tracklisting respecte un ordre préétabli. Et s’attaque d’abord au répertoire du géant Freddie King, un Texan disparu prématurément en 1976, à l’âge de 42 ans, à peine. Son "See see baby" est imprimé sur un tempo enlevé. Blues lent, "Lonesome whistle blues" adopte un profil downhome. Tout au long de "You’ve got to love her with a feeling", les cordes montent progressivement en puissance. Wynans balise l’énergique "Going down", un piste au cours de laquelle Bonamassa se déchaîne littéralement. Plus classiques, "Oh Pretty woman" et l’instrumental "Hideaway" sont davantage des plage respectueuses ses versions originales.

Issu de Memphis, Albert King, est disparu en 1992, à l’âge de 69 ans. L’inévitable "I’ll play the blues for you" est adapté. C’était également un spécialiste du Southern R&B, circa Stax. Le très cuivré "I get evil" et "Breaking up somebody’s home" nous le rappellent. Joe est intenable indomptable tout au long du lancinant "Angel of Mercy". Et il joue une énième cover à l’inoubliable "Born under a bad sign"… 

Le deuxième cédé est essentiellement consacré au répertoire du légendaire BB King, disparu l’année dernière. On en épinglera le remarquable "Let the good times roll", le très gospel "Ole time religion", le blues lent, particulièrement chargé de feeling "Nobody loves me but my mother", l’excellent "Hummingbird" ; et, enfin, l’un des plus beaux blues jamais écrits, "The thrill is gone". De toute bonne facture, ce set s’achève par l’interprétation du judicieusement intitulé "Riding with the King", une compo née de la collaboration entre BB King et Eric Clapton.

lundi, 12 décembre 2016 19:00

Memphis Moon

Cette formation batave a été fondée en 2014, par l’ex-chanteur de King MO, Phil Bee. Elle implique également deux gratteurs. Tout d’abord Berland Rours. Et puis John F Klaver. Pas un musicien né de la dernière pluie, puisqu’il a remporté, à trois reprises, le National Blues Challenge aux Pays-Bas. Pascals Lanslots siège derrière les claviers. Il milite également au sein du backing group de Magic Frankie. Quant à la section rythmique, elle réunit le bassiste (c’est un Belge !) Carlo Van Belleghem (ex-Last Call, Roland, Boogie Boy) et le drummer Arie Verhaar, qui a remplacé Marcus Weymaere, depuis 2015 (c’était l’autre Belge). Premier elpee, "Caught Live" était paru en 2014. Et "Memphis Moon" constitue donc le second opus de la formation.

Le titre maître ouvre la plaque. Un titre judicieux ; car la musique lorgne manifestement vers Memphis. Du southern à coloration funk dominé par l’orgue de Lanslots. Quand il ne se consacre pas au piano électrique. Naturellement puissante, la voix de Phil Bee passe bien la rampe.

Michael Mattison signe "Down don’t bother me", une plage imprimée sur un mid tempo. Klaver l’introduit à la slide. Chaleureux, le timbre de Phil rappelle celui de Joe Cocker. John F Klaver opère une superbe sortie face au Hammond. Un Joe Cocker qui hante de nouveau l’indolent "Sunday morning". Mais le billet de sortie aux cordes est, cette fois, accordé à Berland Rours. Les deux gratteurs tirent leur épingle du jeu –chacun dans leur style– sur "Too much ain’t enough". Impressionnant de panache ! Excellent Memphis blues, "I gotta fly" se distingue par le solo aux intonations jazz, accordé par Klaver, et celui à l’orgue, de Lanslots. Il faut avouer que Freedom est au sommet de son art sur les morceaux les plus lents et les plus tendres. A l’instar de l’impeccable "One last kiss", caractérisé par une sortie de Rours. Et elle est saturée de feeling ! "Ain’t that loving you baby" est une compo signée Clyde Otis et Ivory Joe Hunter. Elle figurait au répertoire d’Elvis Presley. Elle est interprétée ici dans l’esprit d’un autre seigneur de Memphis, BB King. Et les duels échangés par les deux gratteurs sur le lent "Once in this lifetime" ainsi que la reprise du "Got to go better in a little while" d’Eric Clapton (époque Derek and the Dominos) sont brillants.

 

mercredi, 07 décembre 2016 16:21

Aquostic II – That’s a Fact !

Qui aurait parié un centime en 1966 sur 50 années de longévité pour Status Quo ? Enfin pas tout à fait. Car un demi-siècle plut tôt, le premier single du band était gravé sous le patronyme de The Spectres. Et il allait encore transiter –brièvement– par celui de Traffic Jam, avant d’adopter définitivement celui de Status Quo. Qui publie alors, début 1968, « Pictures of Matchstick men », puis « Ice in the sun », deux petites perles de psyché/pop au potentiel commercial évident. Du line up originel, il ne reste plus que le chanteur/guitariste Francis Rossi. Au cours de sa période pop, la formation a été rejointe par un autre chanteur/guitariste, Rick Parfitt.

Mais en 1970, le band découvre les trois accords du blues et se lance dans le boogie rock. Répétitif, ce style allait devenir sa marque de fabrique, lui apporter le succès, les honneurs et la fortune. Depuis, Status Quo a sorti plus de trente albums. La plupart se sont très bien vendus et les concerts on toujours rempli les salles du monde entier. Qu’allaient-ils donc décréter pour fêter son jubilé. En 2014, il avait réalisé un opus acoustique, baptisé « Aquostic » ; un elpee qui deviendra disque d’or en Grande-Bretagne.

Le band a donc décidé d’embrayer par un deuxième volet d’« Aquostic ». Le label Ear Music a réservé aux collectionneurs toute une série de formules, dont un double vinyle. Les titres proposés sont largement puisés dans l’ensemble du répertoire de la formation. ‘Unplugged’, ils sont superbement retravaillés ; mais surtout leur approche s’avère originale. Les cordes acoustiques, les interventions de basse et de batterie sont enrichies d’arrangements de cordes et de chœurs.

Le titre maître ouvre la plaque. Il s’agit d’un morceau qui figurait sur « Blue for you », un LP paru en 1975. Les nouveaux arrangements de « Roll over lay down », une compo qui remonte à 1973, sont particulièrement réussis. L’album recèle l’inévitable tube « In the army now », mais également deux nouvelles chansons ; soit « One more for the road » et le celtique et dansant « One of everything ». Celtique comme « Hold you back ». « Backwater » est caractérisé par une voix davantage agressive et se distingue par la présence d’un accordéon. Qui colore le plus blues « Belavista man », une piste peu connue, il faut le souligner. Et cet instrument est encore bien mis en exergue –tout comme le piano, d’ailleurs– tout au long de « Mess of the blues ». Et dans le même style, bottleneck et harmonica colorent le particulièrement roots « Resurrection ».

L’édition DeLuxe inclut onze titres supplémentaires, dont une autre nouvelle compo, « Is someone rocking your heart », et des morceaux immortalisés ‘live’, à Stuttgart, en 2014. Le vinyle bénéficie également d’un titre distinct des autres éditions, « Fo you », une douce ballade signée en 1977.

Signalons encore que depuis octobre dernier, victime de problèmes cardiaques, le guitariste Rick Parfitt a été remplacé par l’Irlandais Richie Malone. On ne peut que lui souhaiter un prompt rétablissement.

Status Quo se produisait ce 3 décembre à l’AB de Bruxelles, et ce concert a fait l’objet d’un reportage photos (voir ici)

 

 

mardi, 22 novembre 2016 21:22

Talking loud

Lori Paradis est la figure de proue chez Sulfur City. On la compare volontiers à Grace Slick, Janis Joplin et même Patti Smith. Excusez du peu! La formation pratique un blues authentique, très susceptible de rappeler ses compagnons de label, Black Keys et Left Lane Cruiser. Mais également Jefferson Aiplane et le Steppenwolf originel. Lori a déjà exercé des tas de petits boulots. De chauffeur de poids lourds dans une entreprise à barmaid, en passant par peintre en bâtiment. Le line up du combo implique également le guitariste Jesse Lagace, le bassiste Steve Smith, le drummer Sam King et le claviériste Keith Brett. Lori se sert d’une planche à lessiver amplifiée. Ce qui apporte manifestement une touche d’originalité à l’expression sonore. Suivant les medias, la musique puiserait ses sources dans le blues, la soul, le punk et le grunge.

"Whispers" amorce la plaque. La section rythmique imprime un tempo vigoureux. La gratte prend le relais avant que la chanteuse ne prenne le pouvoir, à travers une forme d’exhortation déclamatoire. Autre originalité : la présence d’un orgue aux sonorités vintage, réminiscent de la prog des seventies. "War going on" baigne au sein d’un même climat. Jesse Lagace écrase ses pédales et malmène sa six cordes. Lori éructe ses mots. Inévitablement, on ne peut que penser à Patti Smith, même si Miss Paradis s’est forgée sa propre personnalité. Ravagée, la gratte imprime le Diddley beat tout au long de "Pockets". Lori propage son message à travers ses vociférations. Rien, décidément, n’est libre ou gratuit sur cette terre excepté l’amour que l’on peut prendre et vivre. Blues/rock, "Ride with me" est imprimé sur un mid tempo. Lori nous invite à la suivre. Jesse montre la voie. Poussiéreux, l’orgue s’invite à nouveau dans le jeu de quilles. La voix de Lori est hantée par Grace Slick, tout au long de "Tie my hands to the floor". On y retrouve de mêmes inflexions, une semblable frénésie. Lagace en profite pour se réserver une sortie déterminée et singulière. Blues primaire, "Sold" es lancé comme le cheval au galop. La planche à laver électrique entre en scène et participe activement au rythme. Métalliques, les cordes épousent des sonorités proches de la pedal steel. Sam King tape comme un dingue sur ses fûts. La voix frénétique de Lori agite "Kings Highway". Keith Breit est passé au piano acoustique pour ce morceau dont l’ensemble des musicos reprend le refrain en chœur. Particulièrement rock, "Johnny" traduit ‘Johnny be good’ en ‘Johnny be bad’. Lori entre en furie, tout comme Jim Morrison au sommet de son art. Ce qui n’empêche pas les cordes d’entrer en effervescence. Sinistres, lugubres, elles sonnent le glas pour proclamer "One day in june", en ce sombre jour de tempête. Bien construite, cette plage propose toute une succession de climats différents, ponctués par une sortie remarquée aux cordes. Une guitare jouée en slide et un accordéon survolent mystérieusement "Raise the hammer". Finale royale, "You don’t know me" adopte les accents du delta. Les ivoires de Breit créent une forme de houle, alors qu’à la slide, Lagace n’hésite pas à en remettre une couche.

 

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