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mercredi, 14 septembre 2016 21:23

Loud Hailer

Geoffrey Arnold ‘Jeff’ Beck est âgé de 72 balais. Ce célèbre guitariste anglais a sévi chez les Yardbirds, au cours des 60’s, avant de fonder sa propre formation. Puis il a entamé une carrière sous son propre nom. Qui aura un retentissement international. A deux reprises, il a été intronisé dans le Rock and Roll Hall of Fame. Beck possède un son bien spécifique ; et a acquis sa notoriété pour sa technique très personnelle. Sa discographie est conséquente.

Pour enregistrer cet opus, il s’est entouré d’un quatuor ; en l’occurrence Davide Sollazzi et Giovanni Pallotti comme section rythmique, et deux jeunes femmes, Rosie Bones aux vocaux ainsi que Carmen Vandenberg, à la guitare rythmique. La majorité des compos sont signées par le trio Jeff, Rosie et Carmen.

De riches effets sonores introduisent "The Revolution will be televized", un blues hypnotique aux accents psychédéliques ; une piste au cours de laquelle la voix de Rosie est quasi-déclamatoire. Une voix qui se révèle particulièrement élégante tout au long du blues/rock "Live in the dark". Explosive, la guitare explore toute la gamme sonore, alors que Davide impressionne sur ses percus. Instrumental, "Pull it" baigne au sein d’un climat empreint d’inquiétude, de torpeur et d’angoisse. Les cordes émettent cris et gémissements issus d’un autre monde. Généreusement funk, "Thugs Club" est largement teinté de blues. Derrière son micro, Miss Bones trace la ligne de conduite alors que largement amplifiées et réverbérées, les cordes de Jeff sont constamment à la recherche de sonorités denses et étranges, propres à l’univers de Beck. "Scared for the children" est empreint de douceur. La voix de Carmen y contribue largement. Et ses cordes doublent respectueusement celles du maître de cérémonie, avant que les siennes, magiques, évoluent au sein d’un environnement indolent, rappelant parfois le Pink Floyd époque Waters/Gilmour. Et sous ce format, l’émotion communiquée est bien palpable. Superbe ! Un climat qu’on retrouve sur "Scarred for the children". "Right now" est sculpté dans du hard blues rock torturé, bien dans l’esprit du style de Jeff qu’il proposait déjà sur son premier elpee solo, "Truth". Pressée par la puissance des cordes, la voix féminine se dédouble à l’infini. Et quand on retrouve ce vétéran insulaire dans un tel contexte, c’est un véritable régal ! "Shame" replonge au sein d’une atmosphère paisible et mélodique. La voix est chiadée. Le morceau aurait pu alimenter un juke-box, il y a, presque un siècle. Les cordes sont limpides, enchanteresses. La conjugaison des grattes est lumineuse. "The Ballad of Jersey wives" est une plage à la fois belle et créative. Progressive, complexe, sa construction est digne du Led Zeppelin. "O.I.L" accomplit un retour au funk. Les échanges opérés entre la voix de Carmen et la section rythmique sont excellents. "Shrine" se distingue par sa très belle mélodie finale. Un retour surprenant, mais réussi pour le maître Beck.

 

mercredi, 14 septembre 2016 21:17

From the root to the fruit

Issu de Chicago, Nick Moss est chanteur/guitariste. Agé de 76 balais, il a longtemps drivé ses  Flip Tops, qu’il a reconvertis, dès 2009, en Nick Moss Band. Très tôt, Moss avait créé son propre label : Blue Bella. "From the root to the fruit" est un double elpee. Il s’agit déjà de son douzième. Une plaque est consacrée au "Roots", puisqu’elle puise dans ses racines blues. Et l’autre, baptisée "Fruits", à sa création actuelle, consécutive à l’évolution de sa propre vision musicale. Il a bien sûr reçu le concours de son backing group, en l’occurrence Michael Ledbetter au chant et à la guitare rythmique, Patrick Seals à la batterie, Nick Fane à la basse et Taylor Streiff, aux claviers. Quelques amis ont été invités à rejoindre la troupe lors des sessions d’enregistrement. 

Sous-titré "Roots", le premier cd réunit des compositions signées Moss et Ledbetter ainsi que des reprises de Junior Wells et d’Elmore James. La musique s’inspire du Chicago blues d’après-guerre, mais aussi du Texas blues ainsi que du Mississippi blues des années 40 et 50. La musicalité est irréprochable. Et les compos sont indiscutablement d’excellente qualité, surtout dans le registre du blues de Chicago.

"Fruits" implique les mêmes acteurs et compositeurs. Mais s’écarte quelque peu du chemin tracé par les bluesmen traditionnels, s’inspirant davantage d’un maître gratteur, l’incomparable Peter Green.

"Before the night is through" ouvre idéalement le long playing. Ledbetter chante d’une voix purement soul. Les lignes tracées par la guitare sont superbes. Et Nick est tout aussi brillant sur "Make way for me", un Memphis R&B au cours duquel Sax Gordon Beadle souffle –évidemment– dans son saxophone. Moss chante son "Dead man’s hand", un blues imprimé sur un tempo enlevé, entretenu par le piano alerte de Streiff, et le sax tout en effervescence de Beadle. Inspiré par Muddy Waters, "From the root to the fruit" baigne dans le Chicago Southside. Otis Spann se réincarne en Streiff. Nick expire dans l’harmo et libère encore de bien belles phrases sur ses cordes. Blues lent, "Symone" émarge au même style. Taylor est passé à l’orgue pour "Lost and found", un autre blues lent, abordé dans l’esprit de BB King. Impeccable ! Le disque recèle trois plages instrumentales de toute bonne facture : "Haymarket hop", "Rump Rash" et "Cold sore". Moss adapte impeccablement le "Long tall woman" d’Elmore James. Et le jeune prodige Jason Ricci se réserve l’harmonica sur "The woman I love".

La seconde plaque s’étale sur près de 80’. "Catch me I’m falling" entame le bal. Le son est plus contemporain. Ledbetter est derrière son micro. L’orgue s’impose alors que largement amplifiée, la gratte s’autorise certaines libertés. Elle devient même aventureuse tout au long du plus funky "Jupiter Florida". Et devient même versatile, quoique bien maîtrisée, sur "Breakdown", une piste qui met bien en exergue les percussions de Patrick Seals. Blues lent, "Serves me right" est judicieusement sous-titré "Space Jam". Et pour cause Moss prend le temps et l’espace de développer de longues improvisations. Il modifie les sonorités de ses cordes à l’aide de ses pédales, bientôt talonné par son claviériste. Et ce dernier poursuit ces expérimentations sur "Ta Ta for Tay Tay" au sein d’un climat jazzyfiant. Un climat qu’on retrouve sur "Free will", mais en plus cool. Streiff siège derrière le piano électrique. Partagées entre Nick Moss et David Hidalgo de Los Lobos, les parties de guitare sont un nouveau régal pour les oreilles. Nick est épaulé par deux choristes, Tina et Lara, sur "Grateful", une plage bien balancée. Délicate, la voix de Ledbetter est encore bien mise en exergue tout au long de la jolie ballade "Shade tree". Mais également sur un dernier blues lent intitulé "Stand by", une compo superbe ponctuée par une envolée de Nick Moss, chargée de feeling. "Speak up" ne dénote pas dans l’atmosphère qui baigne ce deuxième volet. Instrumental, "Heavy water" clôt ce long playing. Moss en profite pour se réserver une dernière sortie sur ses cordes, mais en s’inspirant manifestement de Carlos Santana.

 

mercredi, 20 juillet 2016 20:10

Textures

Gallois, Mark Pontin est chanteur/guitariste de blues/rock. "Textures" constitue son second album. Il fait suite à "Days of destiny", paru en 2013. Mark est soutenu par sa section rythmique, réunissant le bassiste Alun Walters et le batteur Dafydd Davies. Le line up est complété par Ayesha Pontin au piano électrique et Tim Hamill aux claviers. Les sessions se sont déroulées du côté de Swansea, au Pays de Galles.

Des riffs lourds et largement amplifiés de rockin' blues introduisent "Outside inside". Ce qui n’empêche pas une intégration parfaite de la voix. La compo est cependant davantage rock que blues. Dramatiques, les arrangements opérés par Pontin sont impeccables. Le refrain est repris en chœur par les musicos. L'envol –attendu– des cordes est réalisé au sein d’une expression sonore –ma foi– complexe. Manifestement à l’aise dans l’univers du rock fusion, Mark étale toute sa technique. Plus accessible, "Change" est davantage pop. Délicat, le chant du leader est soulignée par d’excellentes harmonies vocales. "Three days" adopte un profil semblable à la plage d’entrée. Bien soudée, la section rythmique sert son leader. Mais la trame est bien plus bluesy. Lentement, mais sûrement, Mark prend un billet de sortie. Ses interventions sont écorchées, déjantées et montent superbement en puissance. "Rising up before the dawn" est une ballade atmosphérique, paisible et mélodieuse. Parfaitement maîtrisées, chargées d’un feeling peu commun, les cordes finissent par s’évader. Excellent ! De toute bonne facture, "Delirious" est un blues rock qui colle parfaitement à la formule trio. Une formule finalement assez proche de Robin Trower et bien sûr du maître, Jimi Hendrix. Dafydd se multiplie aux drums. Pontin contrôle ses dérapages chargés d’effets. Instrumental, "In the middle" sert d’intermède. Une pause décrétée à mi-parcours. Encore que le gratteur y étale toute sa virtuosité et sa créativité, dans un style fusion que ne renierait pas des maestros tels que Joe Satriani, Steve Vai ou Philip Sayce. Et Dafydd se révèle le partenaire idéal ! Largement teinté de jazz, "The sea" est une plage cool et atmosphérique. Qui bénéficie d’un solo de cordes particulièrement novateur. "Illusion" démontre une nouvelle fois sa maîtrise des "Textures", soit des structures musicales élaborées, naviguant entre jazz et rock, dans un style ‘fusion’, cher à l'artiste. "Good stuff" constitue certainement le meilleur titre blues de l’elpee. Pimenté de funk, le jeu de guitare est carrément hanté par Albert Collins. Encore que lorsqu’elle s’enflamme, la gratte lorgne vers la quintessence de Walter Trout. Majestueuse, "Three wishes Part 1" est un rock atmosphérique qui s’étale sur plus de neuf minutes. Bien construite et tapissée par l’orgue de Tim Hamill, cette piste permet un envol tout en douceur des cordes, dans un trip psychédélique. Moins acide et plus esthétique, "Three wishes Part 2" émarge davantage à la pop. Et remarquable, cet opus s’achève par "Going home", une dernière page instrumentale, mais acoustique…

 

mercredi, 20 juillet 2016 20:07

Cities in Blue

Danny Marks est un vétéran de la scène blues canadienne. Au cours des sixties, il militait déjà au sein d’un groupe répondant au patronyme d’Edward Bear. Il anime, depuis belle lurette, une émission de blues à la radio ; ce qui ne l’empêche pas de continuer à se produire dans les  clubs. Sa discographie solo n’est pas très riche. On lui connaît "Guitarcheology" et "True". Et plus récemment, "Big Town boy" et "A friend in the blues". "Cities in blue" ne serait que son cinquième elpee publié en solitaire.

Un titre d’album judicieux qui nous entraîne dans un périple entre les grandes cités des USA. Danny prend la route de "Houston to L.A", soit entre le Texas et la Californie, trajet accompli, il y a bien longtemps, par le légendaire T Bone Walker. Une plage chargée de swing et de jump. La voix est empreinte d’une grande sérénité. Les interventions de guitare sont excellentes. Caractérisé par les sonorités métalliques de la Resonator, "Belt line blues" est une piste particulièrement roots. "Once I was crazy" baigne dans le dixieland de la Nouvelle Orléans. Une impression accentuée par les interventions de la mandoline de Ken Whiteley et la trompette feutrée de Chris Whiteley. Les cuivres et les sonorités immaculées dispensées par Julian Fauth servent d’appel au "Kansas City shout". Excellent southern R&B, "Memphis got soul" est amorcé par des accents électriques réminiscents de BB King, avant de libérer des sonorités Stax familières à la grande ville du Tennessee. Mr Marks nous invite alors à vagabonder au sein des rues animées de la Nouvelle Orléans tout au long de "Heading down to New Orleans", théâtre d'un jazz traditionnel et suranné, que met en scène le piano de Jonathan Goldsmith. Un tel voyage ne peut être accompli, sans faire une escale à Chicago, la cité qui a tant apporté au blues urbain. Les interventions vaporeuses de la slide, mais également du piano de Julian Fauth et d'harmonica de David Rotundo entretiennent "Blues came to Chicago", un blues de bonne facture. Une pause s’impose. Ce sera dans le Mississippi. Un retour aux racines reflété via "Going down the road", dans une ambiance créée par un jug band, impliquant mandoline, harmonica, percussions et voix multiples, qui soulignent le chant de Danny. Le trip musical échoue à New York, la Big Apple, pour une des meilleures compos de l’opus, un morceau dominé par l'orgue de Goldsmith et les cordes électriques du leader. "Land where blues began" opère un nouveau détour par le delta, une piste au cours de laquelle Robert Piltch démontre son savoir-faire au bottleneck. Le long playing recèle encore un bonus instrumental intitulé "Lights out". On soulignera encore l’excellente production réalisée par d'Alec Fraser, dont la carte de visite mentionne des mises en forme pour Snooky Pryor, Billy Boy Arnold, Pinetop Perkins et Jeff Healey. Elles de datent pas d’hier, mais elles ont le mérite d’exister. Excellent!

 

mercredi, 20 juillet 2016 19:59

Throw away your blues

Chanteuse de blues et de soul, Kyla Brox est âgée de 36 ans. C’est la  fille d'Annette et Victor Brox. Ce dernier se consacrait au vocaux chez Aynsley Dunbar Retaliation, l'un des groupes-phares issu du British Blues Boom, qui a marqué la fin des sixties. Il jouait aussi de l'orgue, de l'harmonica et du cornet. Son épouse, Annette Reis, était également chanteuse, pianiste et saxophoniste. Le couple a donné naissance à 5 filles. Toutes vocalistes. Mais seule Kyla, la cadette, a rencontré le succès. Elle n'a que 13 ans lorsqu’elle se produit en ‘live’, au sein du groupe de son paternel, Blues Train. Le bassiste Danny Blomeley est du même âge et Phil Considine, le batteur, ne compte alors que 19 printemps. Elle fonde finalement son Kyla Brox Band en 2001, ne conservant que le bassiste, Blomeley. Qu’elle va épouser en 2008. Deux enfants sont nés de cette union. La discographie de Kyla est conséquente, mais n’a jamais bénéficié d’une distribution digne de ce nom. Kyla Brox se produit en duo, en compagnie de son mari ou de son band. Pour enregistrer cet elpee, aux Pays-Bas, le couple a reçu le concours du guitariste Paul Farr et du drummer Pablo Leoni.

Kyla entame "If you see him" a cappella. Superbe, sa voix est puissante et profonde. Elle est ensuite rejointe par ses musiciens pour ce blues lent qui baigne au sein d’un climat solennel et dépouillé. Un chant qui ressemble à une caresse, tout au long du blues lent "Lifting The Blues". Kyla double également à la flûte. Dans ce contexte minimaliste et dépouillé, les interventions de Paul Farr à la gratte sont à la fois parcimonieuses et judicieuses. Un cadre au sein duquel, il semble s’épanouir. Tapissé par l’orgue Hammond de John Ellis, "Beautiful day" élève le tempo. Et les interventions de Paul sont toujours aussi créatives. Manifestement, Miss Brox aime les climats intimistes. Discret, en toile de fond, l’orgue souligne à peine la voix chaleureuse, si proche de Miss Brox, sur le blues lent "When we're alone". Un timbre qui monte en puissance sur le plus funky "Choose me". "Road home" est une ballade empreinte de douceur et de délicatesse. L’enlevé "Run our home" permet à Kyle de briller à la flûte. Sculpté dans la country, "Ain't got time" est imprimé sur un tempo nerveux, digne de Jimmy Reed. L’exercice de style vocal est classieux alors que Farr joue en picking. Son feeling fait à nouveau merveille sur un autre blues lent, "Change your mind". La voix est épanouie face à l'orgue Hammond. "Song for the lonely" pénètre dans l’intimité d’un cabaret, voire d’un night-club. Un titre de jazz fluide mais incandescent… Kyle shoute son amour sur "Lovin' your love", une piste balisée par une rythmique funk et caractérisée par l’omniprésence de l'orgue Hammond. Dernier blues lent, "Honestly blues" agrège douceur, décontraction, tendresse et pureté, une ambiance qui permet au gratteur d’exploiter au maximum son style tout en économie de notes. "365" relance le rythme. 365, c’est le nombre de jours par an au cours desquels la femme est exploitée ! Sa voix puissante rappelle une de ses influences majeures, Etta James. D’excellente facture, cet LP s’achève par un autre titre d’une grande sobriété, "I will love you more", un message d'amour adressé à ses enfants, Sadie et Sonny.

 

lundi, 27 juin 2016 19:57

Honey for the Biscuit

Texane, Tasha Taylor chante le blues et la soul. Elle est également actrice. C’est la fille du vocalise de soul/r&b notoire, feu Johnnie Taylor. "Honey for the Biscuit" constitue son troisième elpee solo. Il fait suite à "Revival", publié en 2008, et "Taylormade", en 2011. Trois pistes on été coécrites en compagnie de Tom Hambridge (NDR : ce musicien et producteur est issu de Nashville), et le reste est signé par Tasha. Elle assure la mise en forme et a bénéficié du concours d’excellents musiciens, invités pour la circonstance.

Soul rythmée, "Feels so good" ouvre a plaque. La voix de Tasha est enveloppée d’une belle armada de choristes. "Wedding bells" est une ballade r&b indolente aux accents particulièrement bluesy. Les vocaux sont bien mis en exergue, notamment à travers l’overdubbing. Johnnie, son père, avait beaucoup bossé au sein de la Stax. Et sa fille l'avait souvent accompagné lors de ses tournées. Un titre comme "Family tree" en est une parfaite illustration. Sur ce titre, elle est épaulée par le Californien (NDR : il est originaire de Los Angeles) Keb Mo, qui se consacre au chant et à la guitare. Epatant ! Hambridge et Richard Fleming cosignent "Weatherman, une piste sculptée dans le funk au cours de laquelle la voix de Tasha s'éclate dans le rythme. Tendre ballade, "One and only" émarge au southern blues à coloration Stax. Enlevé, "Little Miss Suzie" est un titre amusant auquel participe Robert Randolph, à la lap steel. Autre tendre ballade, "I knew" met une nouvelle fois la voix chaleureuse et veloutée de Tasha en exergue. "How long" est une plage surprenante. Et pour cause, coécrite par Mrs Taylor et Hambridge, elle déménage. Un morceau de rock'n'soul au cours duquel la guitare sort de sa réserve. La classe! "Leave that dog alone" constitue certainement la piste la plus blues de l’opus. L’orgue est bien mis en évidence sur ce Memphis blues ; mais c’est surtout l’intervention de Samantha Fish (NDR : une artiste également hébergée par Ruf), au chant et à la guitare, qui fait la différence. "Don't rush off" change une nouvelle fois de registre. Les arrangements de cuivres sont très réussis alors que la voix se lâche. L'opus s’achève par "Same old thing", un dernier r&b auquel contribue Tommy Castro (NDR : c’est un Californien !), au chant.

 

lundi, 27 juin 2016 19:56

The Chris Rolling Squad (Ep)

Chris Rolling vit dans l'Ouest, du côté de La Rochelle et des Sables d'Olonne. Ce chanteur-guitariste a milité chez Heavy Manic Souls, une formation responsable d’un rock musclé teinté de blues. Et en montant son nouveau groupe, Chris Rolling Squad, on ne peut pas dire qu’il a changé de style. Son backing group réunit le bassiste Brice Duval et le batteur Romain Cauneau. Chris signe 4 des 5 plages de cet Ep. 

"Whore" baigne au sein d’un power rock engagé. La gratte dispense des accords secs et nerveux. Une compo dynamique qui libère une énergie quasi-punk. Le spectre de feu Lemmy (Motörhead) y plane. Tout comme sur l’enlevé "My redemption", une piste au cours de laquelle Rolling s’éclate sur ses cordes. "Help me" adopte un profil bien plus blues. Et la section rythmique semble bien plus à l’aise sur ce tempo. La guitare privilégie encore les accords avant de s’autoriser un trip psychédélique ‘hendrixien’. Tout au long du shuffle brûlant "Vampire blues", la guitare semble hantée par une autre gloire défunte, le regretté Texan Stevie Ray Vaughan. Le disque s’achève par la cover du "Janet says go go go" d'Indian Red", un groupe obscur suédois qui a sévi au cours des années 90, un morceau punkabilly, caractérisé par des accords de gratte qui sortent vraiment de l'ordinaire.

 

lundi, 27 juin 2016 19:53

Blue

RMS nous vient des Ardennes, près de Libramont. Un très jeune trio (NDR : les musicos sont âgés de 19 à 21 ans) qui se réclame du rock et du blues. La formation est née en 2009. Et elle réunit le guitariste Sébastien Graux, le bassiste Florian Deschamps et le batteur Thibault Pirson. Le combo avait publié un premier opus, "Right Now", en 2014. Lauréat du concours ‘Music Live’, en 2010, il a eu l'opportunité de se produire en Tanzanie ; ce qui n'est certes pas banal. Au cours de leur adolescence, ils ont certainement beaucoup écouté de rock classique. Mais manifestement, beaucoup moins de blues. Le nouvel elpee de RMS s’intitule "Blue". Sa pochette est illustrée par une superbe chaussure de couleur bleue. Mais de là à admettre que sa musique puise ses racines dans le blues, il y a une marge que je ne franchirai pas. 

Quelques accords dispensés sur des cordes acoustiques laissent rapidement le champ à des riffs puissants, largement amplifiés. On entre dans "Still alive", une bonne ouverture dont le refrain est repris par les différentes voix ; une formule qui communique un feeling pop à cette plage. Et le premier envol à la guitare est pleinement réussi. Un riff sec découpe "Moving out of bound", une piste qui adopte un tempo que n'aurait pas dédaigné un autre trio célèbre, texan bien évidemment, ZZ Top. Mais la comparaison s'arrête là, car on est en présence ici de power pop rock qui véhicule d’excellents accents southern. La section rythmique est particulièrement solide. Ce qui constitue un atout pour RMS. Et elle porte littéralement le gratteur. Une ligne de basse amorce "Fucking great vibe", un morceau qui évolue sur un rythme lent. Volontairement dramatique, il repose sur une construction audacieuse. Les vocaux soulignent le refrain lors de ce trip qui navigue aux confins d'un psychédélisme bien maîtrisé. "Flashback" ralentit le tempo. Bien dosés, les riffs sont cependant écrasants, dans l’esprit de Black Sabbath, même si le lead vocal et la mélodie adoptent un profil pop. Faut dire que l’excellente mise en forme y est propice en prend en compte le potentiel des jeunes musiciens. Bien structuré, accordant encore une fois un soin particulier aux vocaux, "Overdriver" emprunte une rythmique réminiscente de Led Zeppelin. Une plage puissante, tapissée de claviers, mais surtout caractérisée par des changements de climat qui conduisent à une sortie royale aux cordes exécutée par Sébastien. Des riffs lourds (Black Sabbath ?) introduisent le judicieusement baptisé "2 Heavy 4 U?". Baignant au sein d’un climat stoner, cette compo rappelle le début des années 70. La formule trio est victorieuse et autorise une sortie de cordes bien déjantée. Plus paisible, "Slowtime" est bercé par une mélodie subtile. Et au cœur de cette atmosphère plutôt southern, les interventions de gratte lorgnent vers Lynyrd Skynyrd. "More" est déjà paru en single. Un morceau de pure pop. "Dr Boogie", c’est le pseudo d’un animateur notoire sur la RTBF. Alors, hommage ? Et bien pas vraiment ! Un titre trop clean et fignolé pour mériter d’émarger au style. Ce qui me rend d’ailleurs perplexe… A contrario de "Wild tease", qui s’en approche le plus, une piste indolente, somptueuse, qui se métamorphose rapidement en stoner conquérant. Les trois musicos s’y révèlent particulièrement soudés. Et chargé de feeling, l’envol de la six cordes est un réel bonheur. Evoluant sur un rythme nerveux "Perfect shadow" est une plage accrocheuse. Contagieux, le refrain bénéficie de vocaux soignés qui évoluent à des années-lumière d’un Robert Plant voire d’Ozzy Osbourne. "Call me" clôt le long playing. Un titre ambitieux qui se distingue une dernière fois par le chant élégant et sa mélodie séduisante. RMS dispose d’un fameux potentiel. Dans le futur, il lui restera à définir son style qui semble aujourd’hui encore hésiter entre pop, rock, stoner et parfois blues…

 

lundi, 27 juin 2016 19:52

Parade

Il y a bien un quart de siècle que Bill Phillippe chante et joue de la guitare dans la région de San Francisco. Durant une bonne dizaine d'années, il a pratiqué du New Orleans funk au sein de son groupe, The Brothers Goldman, en compagnie duquel il a publié trois elpees. Il cultive ensuite ses racines dans le blues du Delta. Et dès 2012, il décide de s’attaquer au blues originel ; et notamment de Blind Willie Johnson, Robert Johnson ainsi que Muddy Waters. Fin 2014, il publie son premier album solo, "Ghosts". "Parade" est essentiellement constitué de titres folk, teintés de blues.

"Blues come callin" ouvre la plaque. Il s’agit, sans aucun doute, de la piste la plus blues de l’opus. Soutenu par la basse minimaliste de Swen Hendrickson, Bill chante d'une voix empreinte de tristesse. Tout au long de cet LP, la clarinette d'Ivor Holloway et l'accordéon de Glenn Hartman ont un rôle prépondérant. La musique de Bill Phillippe ne respire pas la joie de vivre. Elle reflète ses sentiments et ses appréhensions. Créative, la basse s’implique considérablement sur l’excellent "Proper sorrow". "14th street" baigne toujours au sein d’un climat ténébreux. Un morceau de folk subtilement contaminé par du jazz suranné. Dépouillée, la voix s’épanche face à l’accordéon et la clarinette d'Ivor Holloway. Qui s’intègre à nouveau parfaitement dans l’univers sonore de Bill, tout au long d’"If I should love my mind". L'intro musicale de "A kinder voice" est empruntée à "Solitude", un thème inspiré de Duke Ellington. "Everything I have is grey" s’attarde dans l'univers introspectif de Phillippe. Le titre maître souffle un vent légèrement plus optimiste. La vie est une parade. Le feeling de la clarinette est davantage inspiré de New Orléans que du Delta. Mais "Tonight" nous replonge rapidement dans le spleen. La clarinette est vraiment lumineuse ; même et surtout lorsqu'elle sort du créneau jazz. A l’instar de "Little Zion". Et vraiment d’excellente facture, cette œuvre s’achève par la reprise du "Take it with me" (NDR : un titre qui figure sur l’album "Mule Variations") de Tom Waits. Une valse onctueuse, très respectueuse des humeurs sombres de Thomas Alan. La musique des deux artistes trempe d’ailleurs dans une atmosphère fort semblable… 

 

lundi, 27 juin 2016 19:47

The Grand Cosmic Journey (cd + dvd)

Le Benoit Martiny Band, est une formation qui pratique du jazz/rock. Originaire du Grand-duché de Luxembourg, elle est née en 2004. Un quintet qui puise ses sources dans le jazz, bien sûr, mais dans un rock pratiqué au cours des années 60 et 70. Son leader, Benoit Martiny, se consacre à la batterie. Il est soutenu par le bassiste Sandor Kem, le guitariste Frank Jonas, ainsi que les saxophonistes Jasper van Damme (alto) et Joao Driessen (ténor). Le BMB compte quatre albums à son actif! Pour concrétiser son dernier projet, qu’il a baptisé "The Grand Cosmic Journey", BMB a décidé d’inviter d’autres musicos (NDR : en l’occurrence Michel Pilz à la clarinette basse, Leon den Engelsen aux claviers et Roby Glod aux saxophones alto et soprano). Mais également afin d’élargir sa palette musicale. Quand ? en 2014. Dans le cadre du Festival Like a Jazz Machine de Duffeldange. Un événement immortalisé sur cd et dvd. Les plages sont complexes, atmosphériques, et oscillent entre le jazz rock et kraut rock.

Le set s’ouvre par des sonorités cosmiques entretenues par les claviers de Van Engelsen et une flûte. Ce "Spiritual revolution" se révèle particulièrement avant-gardiste. Les bois prennent le relais, mais c’est la clarinette basse de Michel Pilz qui se taille la part du lion. Nerveux, "Not just a fling" est balisé par les percus denses de Martiny et les cordes complexes de Jonas. L’ombre de Robert Fripp (King Crimson) plane tout au long de cette piste sculptée dans le jazz/rock. Et les instruments à vent entrent en folie. Les drums, la basse et les claviers se révèlent solidaires sur "Cosmic journey", une piste aux vibrations rock, alors que Jasper van Damme s'éclate sur son sax alto. "Alone" nous réserve un dialogue entre la clarinette basse et la contrebasse, que frotte un archet. Et le résultat est particulièrement mélodieux. La gratte adopte à son tour des effets spatiaux sur "Don't leave a message", tandis que la clarinette basse s'envole vers les sommets. Cette fusion entre rock et jazz plane dans les hautes sphères sur "Hectic Fantastic", au cours duquel Roby Glod se réserve un solo brillant, puis lors de la finale "Funeral II", un morceau qui évoque à nouveau le King Crimson, mais de l’époque "Red" (Fripp/Bill Bruford/John Wetton), tout en y incorporant claviers et bois. Ces excellents musiciens pratiquent un jazz/rock bien plus rock que certaines formations insulaires le pratiquaient, il y a maintenant plus de quatre décennies, telles que Nucleus, Centipede ou encore la deuxième mouture de Soft Machine...

 

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