L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Jean-Claude Mondo

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vendredi, 30 octobre 2015 19:05

Lead Belly's Gold

Chanteur/guitariste américain de couleur noire, Eric Bibb est âgé de 64 balais. Il vit cependant depuis très longtemps, en Europe. Il réside d’ailleurs pour l’instant en Finlande. Sa discographie est impressionnante.

Jean-Jacques Milteau est de nationalité française. Agé de 65 ans, il joue de l'harmonica. Les deux musiciens vouent une passion commune pour le blues en général, mais certainement pour le blues originel, en particulier.

Leadbelly est un chanteur/musicien qui a surtout sévi au cours de la première moitié du XXème siècle. Il interprétait son blues et son folk d’une voix puissante, mais aiguë, en s’accompagnant le plus souvent d’une guitare à douze cordes ou alors, d’un accordéon. Indépendant et fier, il avait vécu quelques déboires ; ce qu’il lui avait valu l’un ou l’autre séjour derrière les barreaux. Il est décédé en 1949, à l’âge de 64 ans, des suites d’une maladie.

Le projet d’Eric et de Jean-Jacques est donc destiné à rendre hommage à Leadbelly, à travers son répertoire. Les onze compos –certaines notoires, d’autres moins– ont été immortalisées ‘live’ lors d’un concert accordé au Sunset de Paris. Larry Crocket épaule le duo, lors de ce concert, aux drums. Les cinq derniers titres ont été enregistrés au Studio de la Seine, par le tandem… 

Les versions proposées sont –bien évidemment– acoustiques. Bouleversant, "Grey goose" ouvre le bal. Chromatique, l’harmo de Milteau libère une fameuse dose d’émotion. La chanson évoque l'histoire d'un prêcheur qui capture une oie grise pour la manger le même soir ; hélas, il se sent incapable de tuer l’animal ! Et ne peut donc observer le Sabbat. Jean-Jacques souffle avec énormément de feeling, tout au long de "When that train comes along/Swing low, sweet chariot". Le célèbre Big Daddy Wilson chante auprès d’Eric Bibb. Il participe également aux chœurs pour "On a Monday" et "Pick a bale of coton". "The house of the rising sun" est un traditionnel que Leadbelly avait gravé dès 1943. "Midnight special" est surtout connu pour les adaptations réalisées par les Beatles, Creedence Clearwater Revival, Van Morrison. Leadbelly la chantait en s’accompagnant à l'accordéon. Milteau lui communique une sonorité proche du piano à bretelles, en se servant de la musique à bouche. "Where did you sleep last night" est une plage chargée d’intensité, également baptisée "Black girl". Kurt Cobain en avait réalisé une cover singulière, au sein de Nirvana, en 1993, un an avant sa mort. "Good night Irene" est une très belle chanson d’amour que Leadbelly avait enregistrée en 1933. "Rock Island Line" est une piste particulièrement entraînante que l’Anglais Lonnie Donegan avait traduite en tube, au cours des 70’s. Bibb et Milteau en ont concocté une adaptation remarquable.

Les titres enregistrés en studio sont donc au nombre de cinq. On en épinglera, "Bourgeois blues", une véritable perle dont les lyrics traitent de la lutte contre la ségrégation raciale. "Titanic", un morceau au cours duquel Bibb se sert d’un banjo à 6 cordes ; et enfin "Swimmin' in a river of songs", une piste qui bénéficie de la participation de Michael Jerome Browne à la guitare à 12 cordes et à mandoline. Un très bel hommage!

 

mardi, 27 octobre 2015 11:23

I mean business

Lara Price est née au Vietnam en 1975. Victime de la guerre, c’est une orpheline. Elle a acquis la nationalité américaine. Et est devenue chanteuse de blues. Depuis 1997, elle vit dans la baie de San Francisco. Elle y a fondé son Lara Price Band qui compte déjà cinq albums à son actif ! Hyperactive, elle multiplie les projets. Ainsi, elle se produit tour à tour en duo unplugged (NDR : en compagnie de la talentueuse guitariste Laura Chavez, qui a rejoint, il y a quelques années, le backing band de Candye Kane), au sein du Velvet Plum (NDR : un combo qui propose une musique réminiscente de années 40) ou une formation de cali reggae, quand elle ne dirige pas sa Blues Revue, impliquant dix musiciens. Sans oublier le Girls Got The Blues, une formation exclusivement féminine. C’est son dernier dessein ! Ce nouvel opus a été enregistré au sein du studio de Kid Andersen, Greaseland. Ce dernier assure, par ailleurs la mise en forme. L’opus recèle douze plages, dont sept ont été écrites ou co-écrites par Lara. Lors des sessions, elle a reçu le concours du drummer Derrick Martin, du bassiste Steve Evans ainsi que de Mighty Mike Schermer et Kid Andersen aux guitares. Et d’une section de cuivres, drivée par le saxophoniste Michael Peloquin.

"Get it when I want it" ouvre l’elpee. Un R&B puissant, dansant et séduisant, balisé par les cuivres et les voix féminines. Turbulente, la gratte de Kid Andersen s’autorise de brèves interventions à l'avant-plan. Ballade r&b, "Cryin' over you" est issu de la plume de Mighty Mike Schermer. Elégante et accrocheuse, la voix est soulignée par un orgue Hammond (NDR : celui de Jim Pugh ?) Dansant et plus rythmé, "Undone" met davantage en exergue le vocal autoritaire alors que Schermer s’impose à la six cordes. Les cuivres se retirent, les lumières s'éteignent et Lara interprète d'une voix suave et captivante, "Moon in the mirror", bien soutenue par le piano électrique et les cordes empreintes de sensibilité de Mighty Mike. La voix de Miss Price devient impérieuse tout au long de "Happy Blue year", une plage flemmarde, particulièrement dépouillée, au cours de laquelle Schermer ne dispense que des notes raffinées, chargées de feeling, dans un style digne d’un Ronnie Earl au sommet de son art. Un feeling qu’on retrouve sur le plus serein "Happy Blue Year". Lara est alors secondée de voix douces et charmantes. "Pack it up" est un r&b subtilement funky. Légèrement cuivré et entraînant, il met en exergue la voix de Lara, alors que Kid est omniprésent à la gratte. Indolent, "Time" constitue certainement la meilleure plage de l’elpee. Le chant est singulièrement expressif. Les cordes sont généreuses et bouleversantes. Les vocaux illuminent le titre maître. Lara est épaulée par les choristes, tout au long de ce rockin' R&B déchaîné, qui trempe dans le gospel. L’orgue Hammond s’y libère, alors que Chris Cain –invité pour la circonstance– se distingue à la guitare. Nerveux, "One tear at a time" est la piste la plus blues. Schermer s’excite sur ses cordes, alors que bien en place, la section rythmique et les cuivres balisent l’ensemble. Et l’opus de s’achever par "Love lost", une ballade soul au cours de laquelle Kid Andersen se réserve une dernière sortie remarquable sur ses cordes…

 

mardi, 27 octobre 2015 11:22

One more for the Fans (cd + dvd)

Lynyrd Skynyrd est très probablement le groupe de southern rock le plus populaire de la planète. Sa naissance remonte à 1964. A Jacksonville, dans le Nord de la Floride. Il se produit alors sous le patronyme de My Backyard. C'est en 1969, que le band opte pour Lynyrd Skynyrd, en s’inspirant du nom d'un de ses professeurs! En août 1973, il publie son premier long playing : "Pronounced Leh-nerd Skin-nerd", sur lequel figure le titre fétiche, "Free bird".  L’année suivante, il grave "Second helping", un LP qui recèle son plus grand succès commercial, "Sweet home Alabama". Un accident d'avion va malheureusement changer le destin du groupe. En 1977. Il fait six victimes, dont le charismatique chanteur, Ronnie Van Zant, l'un des trois guitaristes, Jim Gaines, et sa sœur choriste, Cassie Gaines. Un drame qui s’est déroulé trois jours après la sortie d’un nouvel opus intitulé "Street Survivors". Dix longues années seront nécessaires avant que Lynyrd Skynyrd ne revienne à la surface. Il implique alors le jeune frère de Ronnie Van Zant, Johnny, au chant, les quatre survivants et le guitariste Ed King. Le sixcordiste originel, Gary Rossington, a bien réintégré le combo ; mais pas le second gratteur, Allen Collins. Moralement et physiquement atteint, il allait décéder début 1990. Depuis, la formation passe la majorité de son temps sur la route. Ce qui ne l’empêche pas de graver des disques ; mais également de connaître régulièrement des changements de line up. Seule constante, le front des trois gratteurs : Gary Rossington, Ricky Medlocke (ex-Blackfoot) et Mark Matejka. Ce nouveau long playing est destiné à remercier les très nombreux aficionados, une œuvre au cours de laquelle L.S. réunit ses plus grands succès, interprétés en compagnie de nombreux amis musiciens. Pour la plupart notoires. Double cd, "One more for the fans" a été immortalisé ‘live’ au Fox Theatre d'Atlanta, en novembre 2014. Au grand complet, Lynyrd Skynyrd implique également ses deux choristes, les Honkettes, Dale Krantz Rossington et Carol Chase.

Les meilleures plages du répertoire peuvent commencer à défiler. Et "Whiskey Rock-a-roller" ouvre les hostilités. Un blues/rock nerveux vivifié par le chanteur country, Randy Houser, et enrichi d’une une section de cuivres. L’instrument de Robert Randolph (NDR : leader de son groupe de soul/funk The Family Band, c’est un spécialiste de la lap steel) gémit pour amorcer "You got that right". Jimmy Hall, leader de Wet Willie (NDR : il est issu de l'Alabama), se consacre au chant. Les sonorités métalliques dispensées par Randolph sont brillantes. Le chanteur de nu metal, Aaron Lewis, est aux commandes pour "Saturday night special". Les guests se succèdent : Blackberry Smoke (NDR : un combo de southern rock qui sévit à Atlanta), sur "Workin' for MCA" ; O.A.R. (NDR : le jam band du Maryland) pour "Don't ask me no questions" ; et grosse surprise, les vétérans Cheap Trick, lors d’une adaptation musclée de "Gimme back my bullets". John Hiatt chante autoritairement et majestueusement "The Ballad of Curtis Loew", épaulé par le jam band de Buffalo, Moe. Un grand moment ! Autre sommet : un des titres majeurs de Lynyrd Skynyrd, "Simple man", adapté par Gov't Mule ; et bien sûr, Warren Haynes est préposé au chant et à la guitare. Il est d’ailleurs encore au poste pour attaquer "That smell". Ex-Drive-By Truckers, Jason Isbell (NDR : toujours un Alabamien) chante et se consacre à la slide sur "I know a little". La deuxième surprise nous vient de Grande-Bretagne. Peter Frampton pose la voix sur le "Call me the breeze" de JJ Cale ; et il s'en tire parfaitement ! Le légendaire Charlie Daniels et le frangin du chanteur, Donnie Van Zant, participent à l’interprétation de "Down South Jukin'".  Autre légende vivante, Greg Allman siège derrière l’orgue et se réserve le micro sur "Tuesday's gone". Enfin, Lynyrd Skynyrd occupe seul le podium pour deux titres, "Travelin' man" et l’incontournable "Free bird". Avant de se retirer, tout ce beau monde se retrouve sur la grande scène du Fox Theatre, pour enfin exécuter le hit éternel, "Sweet Home Alabama". Plus de 100' de bonheur pour les fans.

 

mardi, 27 octobre 2015 11:21

Groovin' at the Crosse Roads

Originaire de Louisiane, Heather Crosse s’était établie tout un temps dans l’Arkansas, où elle drivait son propre formation, Heavy Suga' & The Swee Tones, avant de s’installer à Clarksdale, dans le Mississippi. En 2008. Objectif ? Vivre au cœur du blues. Depuis, elle est soutenue par des musiciens locaux ; en l’occurrence son compagnon, Lee Williams, à la batterie, Mark Yacovone aux claviers et Dan Smith aux guitares. Miss Crosse chante et se consacre à la basse. Début 2015, elle a participé au projet de la de la ‘Blues Caravan’, organisé par Ruf, pour y tourner en Europe. Elle a également collaboré à la confection de "Girls with guitars", en compagnie d'Eliana Cargnelutti et de Sadie Johnson.

Heather possède une bonne voix. Elle passe bien le cap sur l'ouverture "My man called me". Une compo signée par Don Robey, fondateur du défunt label Peacock. Les interventions aux ivoires de Mark sont empreintes de délicatesse et sont rapidement relayées par celles aux cordes de Lee. Heather amorce, à la basse, "Why does a woman need a bass guitar". Une question existentielle pour une jolie ballade soul. Elle poursuit dans un même registre le "Rockin' chair" de Clarence "Blowfly" Reid. Son "Clarksdale Shuffle" élève le tempo. Swee Tones et Sandy Carroll (NDR : il a coécrit la chanson) reprennent le morceau en chœur ; alors que gratte et piano sont à nouveau mis en exergue. "Hurryin' up to relax" opère un retour à la soul. La voix de Miss Crosse est chargée de passion pour commenter ses impressions féminines. Yacovone double à l'orgue et au piano électrique. Elle chante "Walkin' in their shoes", un blues séduisant enrichi par les interventions de Dan Smith à la slide et de Mark au piano. Indolent, "Damn your eyes" bénéficie d’arrangements judicieux. Miss Cross force quelque peu la voix pour libérer ses émotions. Dan Smith dispense un solo tout en finesse, alors qu’impeccables, les claviers tapissent l’ensemble. "Steppin' up strong" est caractérisée par la voix enflammée de Heather. Une solide compo au cours de laquelle les musicos excellent. Une des meilleures plages de l’elpee. Dan est au sommet de son art, sur ses cordes, sur "Bad boy kiss", un soul blues qui déménage. Et il est tout aussi brillant tout au long de "Call on me", une piste balisée par les claviers de Yacovone. Rythmé, le "You don't move me no more" de Roscoe Robinson se signale par ses accents syncopés. Les variations de tempo opérées par Dan Smith et les sonorités des ivoires alimentent ces effets. Et pour que votre info soit complète, c’est le notoire Jim Gaines qui assure la production.

 

mardi, 27 octobre 2015 11:20

Hoodoo that we doo

A l’origine, The Beat Daddys était un duo réunissant Tommy Stilwell et Larry Grisham. Ils sont nés à Evansville, un patelin sis au bord de l'Ohio, dans l'Indiana. Fin 1981, ils militent chez The Phonz. En 1986, le duo fonde The Beat Daddys. Début des 90’s, il signe chez Waldoxy, label qui relève de Malaco. Leurs deux premiers elpees, "No, we ain't from Clarksdale" et "South to Mississippi", ont été enregistrés au célèbre studio Muscle Shoals (NDR : c’est dans l'Alabama). Stillwell entame alors une carrière solo en 1995. Mais dès 2000, il opère son come-back. Larry chante, se consacre à l'harmonica et la guitare rythmique ; Tommy se réserve la guitare solo et assure les backing vocals. "Hoodoo that we doo" constitue déjà leur 9ème opus. Pour l’enregistrer, ils ont reçu le concours d’une section rythmique composée de John Gillespie à la basse et David Parks à la batterie.

"These chains", morceau qui ouvre l’LP, restitue bien l'atmosphère des blues ancestraux ; des ‘work songs’ qui reflétaient la misère des noirs, dans le delta du Mississippi. Les percussions sont lourdes. "Sorry" est une plage grave et mélancolique. L'accent est posé sur les voix. En arrière-plan, l'harmonica accentue le climat lugubre. Quant aux percus, elles sont toujours à l’avant-plan, même si la gratte amplifiée de Stillwell occupe progressivement le terrain. Le tempo est aussi nonchalant sur "You made me cry", une très belle compo, subtilement parfumée de southern blues, au cours de laquelle la voix de Grisham devient autoritaire face au riff de guitare et aux interventions discrètes de Patrick Preston, à l’orgue. "The moment" adopte un même tempo. La voix grave de Larry est chargée d’émotion, alros que son ami, Tommy, égrène des notes empreintes d’une grande sensibilité, sur ses cordes. Le tempo s’élève légèrement pour "Pie or cake", une piste tracée sur la ligne Memphis – Chicago. Larry entrecoupe son chant de brèves mais judicieuses interventions à l’harmo ; Preston enrichissant le tout au piano. Dynamisé par ses rythmes exotiques et syncopés, élaborés par David Parks, "Hoodoo woman" est sans aucun doute un moment fort de l’opus. Stillwell se réserve un excellent solo sur sa gratte en reverb destiné à rendre l’atmosphère spectrale. Tommy exécute un autre solo sur "DUI Love". Parcimonieux, il monte progressivement en intensité tout au long de cet autre blues lent. Cool, "Been thinkin'" est coloré par les voix soul. Et l’orgue favorise un envol de cordes. Et c’est un régal ! Changement de style pour "Luck's got to change". Une plage plus solennelle, légèrement teintée de country et de soul. Douce, la voix est éraillée. L’orgue, dense et chaleureux. La sèche imprime le rythme alors que la gratte amplifiée se révèle paradoxalement majestueuse. Shuffle, "The blues can heal Ya" bénéficie d’excellentes harmonies vocales et se distingue par de bonnes sorties d’harmonica et de six cordes. En intro d’"I need a woman", on perçoit des craquements, comme si on voulait reproduire les sonorités d’un 78trs. Mais le ton change rapidement, et le morceau se révèle bientôt agressif, tant dans la voix, la slide que les drums… 

 

mardi, 27 octobre 2015 11:18

Hillbilly Zen-Punk Blues

Chanteur/compositeur, Reverend Freakchild a longtemps vécu à New York City. Il est né dans l'île d'Hawaï. Son blues, il le teinte volontiers de country et de psychédélisme. Il a décroché un diplôme en philosophie et théologie, à l'Université de Boston. Mais c’est surtout un musicien qui s’intéresse à la scène alternative. Du blues, mais pas seulement. En 2001, il publie un album solo, "Blues & Spirituals". Et embraie par deux autres. Il faut cependant attendre 2010 pour qu’il donne une suite à sa discographie. Il grave alors "God shaped Hole", et en 2013, "Chaos and Country Blues". Il se serait aujourd'hui établi à Boulder, dans le Colorado, où il étudie le bouddhisme ; mais confesse que sa religion, finalement, c'est la musique. Et comme il aime surprendre, en risquant l'irrévérence, il nous propose ce "Hillbilly Zen-Punk Blues" ! Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à New York, au studio Excello, dont le propriétaire n’est autre que son ami Hugh Pool, par ailleurs responsable de la coproduction. Les notes mentionnées sur la pochette renseignent pourtant un certain Sal Valentine, à la mise en forme, mais finalement, il s’agit d’un des pseudos du Révérend (NDR : parmi les autres, on relèvera ceux de Fleetwood, Birdham ou encore Bhoomi Sparsha). Il chante et se consacre à la guitare Resonator. Il est soutenu par le batteur Chris Parker et le bassiste Tugboat Eustis. Sans oublier Hugh Pool, qui se réserve la lap steel et l'harmonica. Particulièrement homogène, cet elpee ne manque finalement pas de charme… 

Dès "All I got is now", une constatation s’impose : le timbre vocal de notre Reverend est agréable à l’oreille. La section rythmique soutient un ensemble, parcouru par la lap steel de Pool. Spectrale, atmosphérique, elle traverse l’expression sonore, au gré de son inspiration. "Angel of Mercy" nous entraîne sur les pistes poussiéreuses et désertiques de l’Ouest profond. Une plage instrumentale dont les cordes véhiculent des accents roots, alors que l'harmonica se complait dans les gémissements. "It's gonna be alright" relève le tempo. Le Reverend Gary Davis s’enfonce davantage dans le folk. Les Mulebone Singers, Hugh Pool et John Ragusa assurent les choeurs. Freakchild chante "Keep on trucking", en glissant nerveusement son bottleneck le long des cordes de sa Résonator. Parker dirige la manœuvre depuis ses drums. Pool souffle discrètement dans sa musique à bouche. Autre instrumental, "Lullaby" est une plage instrumentale dépouillée à l'extrême ; elle se fond ensuite dans "Moonlight messages", une chanson plutôt folk, parcourue par les interventions de flûte de John Ragusa. Signé Hugh Pool, "She wants my name" nous replonge dans le blues du Delta, une plage caractérisé par les sonorités de la Resonator et de l’harmo, authentiques. Encore un instru : "Soul transforming realization". Les percus balisent ce morceau au cours duquel cordes amplifiées et acoustiques se conjuguent à la perfection. Et "Tears of fire" nous entraîne encore plus profondément au cœur du Delta. Un titre dont l’expression sonore primaire est alimenté par les cordes amplifiées et les fûts de Parker, alors que la voix du Reverend monte en puissance avant qu’elle ne finisse par cracher ses mots. La compo finale est superbe. Les accents métalliques de la slide véhiculés par Mississippi Fred McDowell oxydent judicieusement la voix caverneuse de Freakchild, tout au long de "I wish I was in Heaven sitting down". Original et excellent !

 

Henry Gray, n'est plus un vétéran, mais une légende vivante. D'origine louisianaise, il affiche aujourd’hui 90 balais ! Il s’était installé à Chicago, dès ses 21 ans, où il épate le grand pianiste local, Big Maceo Merriweather. Henry se forge alors une certaine notoriété ; et en 1956, il devient le pianiste du mythique bluesman, Howlin' Wolf. Il le côtoiera pendant 12 années. A cette époque, il se charge également des ivoires lors des sessions d’enregistrement des studios Chess. A la mort de son paternel, en 1968, il retourne vivre aux côtés de sa mère, en Louisiane, près de Baton Rouge. Il devient alors le pianiste référence du swamp blues. Il se produit toujours en ‘live’ et dirige son propre groupe, Henry Gray and The Cats.

De couleur blanche, Bob Corritore est harmoniciste. Il est né à Chicago, en septembre 1956. Il s’est établi à Phoenix, en Arizona, en 1981. Il y est propriétaire du célèbre club de blues, ‘The Rhythm Room’. Son premier opus, "All Stars Blues Session", remonte à 1999. Il est paru sur le label Hightone. En 2010, il coproduit l'album de Kim Wilson, "Smokin' joint". Au cours de sa carrière, il a décroché de nombreuses citations, sur la scène musicale.

Ce nouvel LP constitue le premier volume d’une collection. Il épingle des collaborations opérées en compagnie d’Henry Gray, au cours des 19 dernières années. On y retrouve cependant une flopée d’invités célèbres, issus de l’univers du blues contemporain…

Henry chante "Let's get high" devant une section rythmique impériale qui lui donne la réplique vocale. Le morceau est imprimé sur un tempo enlevé que balisent le bassiste Bob Stroger et le drummer Willie ‘Big Eyes’ Smith. Corritore s’autorise quelques billets de sortie, brefs mais incisifs. "Blues won't let me take my rest" est un blues lent somptueux. La voix de Gray est à la fois autoritaire et tellement expressive. Ses interventions au piano impressionnent par leur spontanéité. Bob Margolin, l'ex-partenaire de Muddy Waters, se consacre à la gratte. Les quatorze plages de ce long playing sont vraiment exceptionnelles. La cover du "I'm in love again" de Fats Domino baigne au sein d’une atmosphère néo-orléanaise. Doug James souffle dans son saxophone ; et pourtant, Bob parvient tirer son épingle du jeu à l’aide de son instru famélique. Le long playing aligne des adaptations de grands classiques du blues : le "Rambling on my mind" de Robert Johnson, qui bénéficie du concours de Robert Lockwood Jr au chant et à la six cordes ainsi que le "Worried life blues" de Big Maceo, que chante Nappy Brown, soutenu par un Corritore au sommet de son art. Henry récupère le micro pour chanter tout en puissance "They raided the joint", épaulé par Kid Ramos aux cordes. Chris James et Dave Riley se réservent les grattes, pour attaquer le nerveux "Ride your daddy tonight". Ce dernier assure également le chant. Le "Trouble blues" de Lowell Fulson" est un autre blues lent beau à pleurer. La slide de Bob Margolin nous restitue l'ambiance du Chicago southside, chère à Muddy Waters. Imprimé sur un mid tempo, "That ain't right" est issu de la plume de John Brim. Un moment d’émotion, car s’il chante et se consacre à la guitare, il est décédé depuis, c’est-à-dire en 2003. Inspiré, Bob souffle tout au long du shuffle "Can't afford to do it", épaulé par le Canadien Danny Michel, aux cordes. L’opus recèle bien évidemment un boogie woogie qui ne manque pas d’envergure : "Boogie woogie Ball". Gray est à la manœuvre. Chris James, Patrick Rynn et le sixcordiste Kirk Fletcher tirent leur épingle du jeu. Et Johnny Rapp (NDR : il est issu de Phoenix !), membre du Rhythm Room All Stars, s’y distingue également sur le "Honey don't let me go" de Jimmy Reed. Ce remarquable album s’achève par un blues lent chargé d’émotion, le "She don't move me no more" de BB King.

 

vendredi, 23 octobre 2015 18:40

Needle in a haystack

Chanteur de soul et de blues, Ellis Hooks est né en Alabama. Son père était d’origine africaine ; sa mère, une cherokee. Il est le 13ème d'une famille de seize enfants. Après avoir roulé sa bosse entre Paris, et Amsterdam, il finit par s’établir à New York, où il fait la connaissance du producteur, Jon Tiven. Ce dernier met en forme son premier opus, "Undeniable", en 2002. Il publie alors cinq elpees chez Evidence, dont "Another Saturday morning", en 2007. Hooks possède une voix qui ne manque pas de charme. Elle est même susceptible de rappeler celle de Little Milton, Sam Cooke ou encore Otis Redding. "Needle in a haystack" a de nouveau reçu le concours de Tiven, à la production. En outre, ce dernier se consacre également à la guitare, aux claviers et au saxophone ténor. Ont également participé aux sessions d’enregistrement, l’épouse de Tiven, Sally, à la basse, et Todd Snare, aux drums. Les compositions sont signées Ellis Hooks, Jon Tiven et Stephen Kalinich, poète responsable des lyrics.

Le titre maître ouvre l’LP. Une plage plus rock, percutante, au cours de laquelle on se rend compte que Jo possède une voix exceptionnelle ; et qu’il n’a guère besoin de la forcer pour s’imposer. Il double également gratte et piano électrique. Sa voix constitue le fil rouge du long playing. "Live the day" et "Now you know" en sont les meilleurs exemples. "Train to train" adopte le rythme du chemin de fer. Les arrangements sont impeccables. Tiven se consacre à l’orgue et à la six cordes ; et il se révèle particulièrement créatif. Dylan Le Blanc, Muss Gillum et Mr Hooks chantent en chœur. "To you who have wronged me" est sculpté dans le soul/rock. Notoire, Steve Cropper (NDR : il est issu de Memphis), se réserve la gratte. Subtils, les arrangements intègrent parfaitement saxophone et claviers. Remarquable ballade soul, "Los Angeles" nous entraîne au cœur de la mégapole californienne. Les arrangements de cuivres sont impeccables. Un harmonica traverse cependant l’ensemble. Tout au long des ballades "Time is a mofo" et "Follow the seasons", on ne peut s’empêcher de penser à Sam Cooke. Même si la voix de Hooks est plus incisive et manifeste davantage de relief. "I stand I scream" trempe dans le pur R&B. Et le chant autoritaire d’Ellis évoque Don Covay voire Otis Redding, dans leur période northern soul. Rockin' R&B, "Shortcuts to infinity" est découpé par le riff de gratte de Tiven. Et les arrangements sont toujours aussi remarquables, autorisant un billet de sortie pour Jon au saxophone. Des accents dramatiques contaminent les vocaux tout au long du blues "Put down the needles". Et ils lorgnent vers Paul Rodgers (Free) voire Bad Co. Les percussions sont lumineuses. Tiven réalise son meilleur envol sur ses cordes. "Another Planet" est un r&b dynamique. D’excellente facture, cet LP s’achève par "America, I'm coming home", une piste tracée par le clavier de Fran Kowalski.

 

vendredi, 23 octobre 2015 18:39

Songs from the Road

Agé de 44 ans, Thorbjorn Risager est de nationalité danoise. Depuis ses débuts, en 2003, ce chanteur/guitariste/compositeur a gravé 8 albums. En compagnie de son backing group, The Black Tornado. Un septuor impliquant un guitariste, un bassiste, un drummer, un claviériste, une section de cuivres et deux choristes, les Tornadettes. Le dernier opus, "Too many roads", remonte à 2014. Il avait déjà été publié sur le label Ruf. Il a aussi sacrifié à la tradition instituée par l’écurie en participant à la série ‘live’ "Songs from the road", qui se traduit par la sortie simultanée d’un cd et d’un dvd. Un concert immortalisé dans la salle Harmonie de Bonn, en avril dernier. Pas moins de huit des douze plages de son dernier elpee sont ici reprises. Au regard du dvd, le concert s’étale sur près d'une heure quarante, et est partagé en dix-huit titres.

"If you wanna leave" ouvre l’opus. Un véritable brûlot ! Et une claque, en plus. La voix de Risager est remarquablement autoritaire. Armé de sa guitare, il est soutenu par Peter Skjerning à la slide. Hans Nybo s’autorise déjà un billet de sortie sur son saxophone ténor, alors que les charmantes Tornadettes donnent la réplique vocale. Soutenu par les cuivres, le pianiste Emil Balsgaard attaque "The straight and narrow line", un boogie frénétique. Mr Nybo se déchaîne sur son sax, relayé par le piano électrique. Métallique, la slide de Peter amorce l'excellent blues nerveux "Too many roads". Thorbjorn démontre qu'il est un excellent gratteur tout au long du rapide "I'm tired". Inspiré, il manifeste une aisance remarquable lors de la montée en crescendo. "China Gate" est un film datant de 1957. Victor Young en avait réalisé la bande sonore. Nat King Cole en était l’interprète. La version proposée par le Black Tornado est tout à fait remarquable. Dans un climat presque silencieux, la voix basse récite un texte face à une slide aux tonalités blafardes et douloureuses. Un très grand moment de l’opus ! "Rock'n'roll Ride" surprend par le chant. Et les voix finissent par se conjuguer sur cette piste rythmique. Rythmique comme le riff de "High Rolling" emprunté aux Rolling Stones, alors que toute la section de cuivres est sur le grill! Le leader exprime toute sa sensibilité à l’aide de sa gratte sur "Through the years", une ballade R&B indolente. Deux interludes country/roots : "Long forgotten track" et "On my way". Peter s'éclate à la six cordes tout au long d’"All I want". L’adaptation du notoire "Baby please don't go" de Big Joe Williams est originale et très réussie. La finale nous réserve une version big band de "Let the good times roll". Lors du rappel, Thorbjorn et une des choristes, Lisa Lystam, interprètent presque a cappella, "I won't let you down" ; Mr Skerning saupoudrant l’ensemble d’un chouia de cordes. Et le Black Tornado revient sur les planches pour attaquer le pur r&b, "Opener". Un concert épatant ! Et comme le plus souvent, le dvd recèle trois plages de plus que le cd.

 

vendredi, 23 octobre 2015 18:38

The devil to pay

La naissance de Savoy Brown remonte à 1965. Du mouvement ‘British Blues Boom’ issu des sixties, cette formation est donc une des dernières encore vivante. Bien entendu, du line up initial, il ne reste plus –et depuis bien longtemps– que son fondateur, le guitariste Kim Simmonds. En outre, il y a aussi un bail qu’il s’est installé aux States, dans l'état de New York. Des dizaines de musiciens se sont succédés et près de quarante albums alimentent la carrière du groupe. Pour l'heure, Savoy Brown est réduit à la formule trio. Kim chante et se consacre à la gratte, Pat DeSalvo à la basse et Garnet Green à la batterie. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Subcat à Syracuse (NY). Simmonds signe toutes les plages et assure la production.

Blues lent extrêmement dépouillé, "Ain't got nobody" brille par son originalité. Depuis quelques années, Kim a récupéré le micro. Ce n’est pourtant pas un chanteur extraordinaire ; mais sa voix est particulièrement harmonieuse. Une entrée en matière remarquable, au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, tout en y injectant un max de feeling. Après une longue intro aux cordes, Kim passe aux vocaux sur "Bad weather brewing", une piste plus enlevée, judicieusement imprimée par la section rythmique. Et son ouverture de "Grew up in the blues" adopte un même profil. Kim chante sa passion pour le blues et sa gratte revient constamment à l'avant-plan. Evoluant sur un mid tempo, "When love goes wrong" démontre toute l’expérience du leader. Pas pour rien que le band compte un demi-siècle d’existence ! Il sort son harmonica et double la guitare sur "Oh Rosa", un blues/rock particulièrement subtil. Et ce même s’il n’est pas un souffleur exceptionnel. Caractérisé par ses accents country/blues, le titre maître nous entraîne dans le Mississippi. "Stop throwing your love around" replonge Kim Simmonds dans les 70’s, lorsque Dave Walker était le chanteur du combo. "Snakin'" est une plage instrumentale séduisante, réminiscente de Freddie King. "Got an awful feeling" campe un autre blues indolent, mais empreint d’émotion. Cette manière de créer son solo, de le développer et d’atteindre sa cible, tout en ne dispensant que les notes nécessaires, est un véritable art chez Kim. Armé de sa slide qu’il frotte frénétiquement de son bottleneck, il chante "I've been drinking". Secondé par sa section rythmique, il nous emmène dans le Delta. Kim se convertit au jazz pour attaquer un "Watch my woman". Et si sa technique est irréprochable, il n’en oublie pas pour autant le swing. Un style qu’il poursuit tout au long de "Whiskey headed  baby", une piste singulière et créative. "Evil eye" clôt l’elpee. Une pièce de bravoure. Un blues subtilement teinté de rock. Kim est convainquant au micro. Sa guitare s’envole vers les sommets. Il la fait souffrir, mais plus rien ne peut l’arrêter…

 

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