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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 12 septembre 2012 18:16

Desperate times

Agé de 38 balais, Clayton Doley est un spécialiste de l'orgue Hammond B3. Originaire de Melbourne, il est capable de tirer le maximum de son instrument. Cet Australien séduit tout autant le public jazz que blues. Il est également compositeur, chanteur, producteur et directeur musical de séries TV. Il est devenu très populaire au Canada, où il s'est produit dans le cadre de différents festivals. Notamment à Montréal et Toronto. Il avait été invité par l'artiste local, Harry Manx. Il drive son propre trio, qu’il a baptisé The Clayton Doley Organ Experience, un backing group impliquant un batteur et un guitariste. Il assure, à l’aide des pédales de son orgue, les parties de basse. Il répond souvent présent, quand il s’agit de collaborer aux sessions d’enregistrement de ses pairs. Il a ainsi apporté sa contribution à Margie Evans, les Mighty Reapers, Jimmy Barnes, Eugene Hideaway Bridges, Harry Manx et j’en passe. Pour concocter son elpee, Doley a reçu le concours du guitariste Champagne James Robertson et du batteur Davide Di Renzo.

L'orgue Hammond, c'est un son différent, tout de suite identifiable. Doley ouvre l’elpee par son "Dealing with the devil", une compo qui évolue à la fois dans la tradition blues et jazz. Tout en délicatesse, son toucher à l'orgue nous transporte. Surtout lorsqu’il épouse la voix. Et pourtant, elle est plutôt terne. Sa version du "Seventh son", un classique du blues écrit par le fabuleux Willie Dixon, est excellente. L’envol sur l’orgue est superbe. Cette adaptation me fait penser à Georgie Fame, un artiste anglais particulièrement doué dans le style qui avait récolté un succès certain au cœur des sixties. Le titre maître est incontestablement le meilleur morceau du long playing. Introduite par de jolies phrases dessinées par les claviers, elle constitue une belle promotion pour cet instrument! Signé Eroll Garner, "Misty" est un instrumental très jazzyfiant. Manifestement une des sources d’inspiration de Mr Doley, Jimmy Smith et Jack McDuff ! Et les échanges opérés entre l'orgue et les cordes de Champagne évoluent à un excellent niveau. "Friday the 13th" est une autre composition d'envergure. Sans doute autobiographique, elle reflète les difficultés rencontrées par l’artiste au cours de sa jeunesse. Un blues illuminé une nouvelle fois par la prestation des deux solistes, Doley et Robertson. L’elpee épingle encore quelques petites perles instrumentales, dont "Crooked crawl", "Chester drawers", caractérisé par des sonorités plus rock et l'hommage à son maître, Jimmy Smith, à travers "Chicken shack", un morceau couplé avec "How blue can you get", un titre issu du répertoire de BB King. De bonne facture, ce disque s’achève par le délicat "Permanent holiday".

 

mercredi, 12 septembre 2012 18:03

The Magic Door

Chris Robinson et Brotherhood viennent à peine de publier "Big Moon ritual" que l’album suivant tombe dans les bacs. Soit trois mois entre ces deux sorties. "The Magic door" recèle un peu moins d'explorations spatiales, floydiennes, psychédéliques, adoptant une forme plus rock, plus classique et largement bluesy. Un elpee partagé en sept plages, dont six nouvelles compositions et une reprise…

L’opus s’ouvre d’ailleurs par la cover. Un traitement maison réservé au "Let's go, let's go, let's go" de Hank Ballard. La compo est imprimée sur un rythme boogie blues bien enlevé, que les Anglais de Status Quo n'auraient pas renié. Les guitares ne tiennent pas en place mais ne sont en rien débridées. "Somebody past the sunset" adopte un tempo semblable ; mais s’ouvre cependant à l’exploration. La voix de Chris est hantée par Jim Morrison. Autoritaire, volubile, elle a aussi le don de fouetter Neal Casal qui caresse son manche à l'aide d'un bottleneck. La sonorité de la slide s'épanouit pour notre plus grande jouissance! Ballade, "Appaloosa" est inspirée, comme très souvent chez Robinson, par le Grateful Dead de Jerry Garcia. Aride, la ‘six cordes’ se libère. "Vibration & light suite" est la plus longue plage de cette "Porte magique". Près de 14' dispensées dans l'esprit de l'album précédent. Les références aux groupes-phare de la génération hippie de San Fancisco sont bien intégrées. Nous sommes cependant ici plutôt proches de Quicksilver Messenger Service. A cause de ces sonorités intersidérales colorées et subtilement délirantes. Chaque musicien apporte sa touche personnelle. Les interventions au clavier d’Adam McDougall sont épanouies ; et en fin de parcours, la piste nous entraîne dans différents univers. Tour à tour floydiennes ou krautrock, les sonorités space rock nous replongent cependant dans les 70’s. Plus roots, fruit d’une rencontre entre blues et country, "Little lizzie mae" adresse un clin d’œil au Texan Doug Sahm (le Sir Douglas Quintet), mais également au Lovin' Spoonful. Retour au space rock sur "Sorrows of a blue eyed liar", une plage somptueuse, très réverbérée, réminiscente du Pink Floyd de la grande époque ; les cordes et claviers empruntant généreusement à David Gilmour et Rick Wright. Cet opus se referme par "Wheel don't roll", un titre empreint de douceur, mais sans intérêt majeur. Un elpee de toute bonne facture, mais qui ne décrochera pas le prix d’excellence, remporté par le précédent, "Big Moon ritual"…

 

jeudi, 23 août 2012 03:00

Through the dusty paths of our lives

Abrhama est une formation parisienne dont les débuts remontent à 2005.0 A l’origine, elle répondait au patronyme d’Alcohsonic. Elle multiplie les tournées et publie un premier album en 2009, "Songs from the Delirium Tremens world". Deux Eps plus tard, le quartet décide de changer de nom, et se rebaptise Abrahma. Nous sommes alors en 2011. Si leur musique est fondamentalement inspirée par le rock des 70s, le blues et le southern rock des USA, cette transformation va également modifier quelque peu leur style. Qui embrasse alors une forme résolument plus stoner quoique teintée d’un zeste de psychédélisme. Le line up réunit le chanteur/guitariste Sebastien Bismuth, le soliste Nicolas Heller ainsi que les frères Colin à la section rythmique.

"Les chemins poussiéreux de nos vies" s'ouvre par une courte odyssée dans l'espace, "Alpha", avec de laisser s'épanouir "Neptune of sorrow", sur un rythme indolent. Les riffs de guitares sont puissants et dramatiques. La section rythmique est impressionnante. Une assise sans faille et pourtant complexe, un mur aux fondations inébranlables, qui soutient parfaitement le chant parfaitement assuré par Sébastien. "Tears of the sun" libère un sentiment de fureur. Le tempo est plus enlevé. La structure de l'ensemble est quand même recherchée, mais les différents tableaux s’emboîtent impeccablement. Elaborée, "Dandelion dust" est une plage qui évolue au gré des changements de rythmes, de l’alternance entre climats empreints de douceur ou chargés de frénésie. Et la voix sert de lien fédérateur au sein de cette fresque sonore, balayée de cordes bien inspirées. Sans aucun doute, un sommet de cet opus! Le riff d'ouverture consacré à "Honkin' water roof" est puissant. Il nous écrase avant de libérer le rythme en boucle, communiquant à ce climat sonore une langueur, une oppression et une désolation, d'où tentent de s'extirper des cordes à l'agonie, pendant que des effets spéciaux intersidéraux viennent balayer l’espace. "Loa's awakening" introduit la première partie du tryptique "Vodun", un tableau ambitieux et ésotérique peuplé de retournements de situation. "Big black cloud" est victime d’une attaque sauvage. L’ennemi fait feu de toutes parts. Les envolées de cordes sont décapantes voire déjantées. Elles s’immergent dans un psychédélisme multicolore. Et c’est un invité, Ed Mundell, un ancien de Monster Magnet, qui se charge de ces interventions fantasmagoriques. Alexander von Wieding est le responsable artistique de la pochette. Il signe et chante le blues minimaliste "Oceans on Sand", une parenthèse mystérieuse, caractérisée par des interventions de sèche dépouillée, aux accents métalliques, réminiscence du Delta du Mississippi. Proche d’Alice In Chains, "Here sleep gods" nous plonge dans un long bain de métal grunge. S’étalant sur plus de 10’, "The maze" est une piste lente, mystérieuse, lugubre, dramatique, intense, parcourue d’effets spatiaux. Abrahma y est alors au sommet de son art. Classieux, cet opus s’achève par "Omega", dans un climat de transe psychédélique…

 

mercredi, 05 septembre 2012 13:33

Northside soul

Miss James ouvre l’opus par un excellent soul blues intitulé "I fell". Soutenue par un ensemble vocal féminin, sa voix est naturellement forgée dans le gospel. Très propre, la guitare d'Ivan Appelrouth (Li'l Ronnie Grand Dukes) s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Une douceur certaine baigne "Smokin' hot", une piste légèrement funk, caractérisée par la présence de cuivres. Marion signe "Corrupted world", une ballade particulièrement indolente aux lyrics révélateurs. Lumineuse, sa voix s’impose face aux chœurs et aux accords empreints de sérénité du piano dispensés par Steve Bassett. L'atmosphère est toujours aussi délicate tout au long de "Crushing my heart", un autre blues lent au cours duquel Steve double au piano et à l'orgue Hammond. Une plage pour les cœurs solitaires, en fin de soirée! Imprimé sur un solide mid tempo, "I'm just what you're looking for" est un R&B dont le swing appuyé par l’ensemble des cuivres, est entretenu par la basse acoustique de Tod Ellsworth. Trompette, clarinette, trombone et tuba assurent les lignes de basse sur "Next time you see me", un classique préparé à la sauce New Orleans. "Blues recipe" opère un retour dans le blues lent rituel, un morceau que Marion colore judicieusement de son timbre vocal qui reflète un caractère bien trempé. "Mr Blues", "I know a good thing" et "Man size job" sont trois titres sculptés dans le funk dansant. Miss James rend un vibrant hommage au génie qu’était Ray Charles, en interprétant "I believe to my soul". Elle injecte toute sa passion dans cette superbe version en manifestant une incontestable autorité vocale, pendant qu’Ivan Appelrouth s’autorise un envol remarqué sur les cordes. "Candy" embrasse un style cabaret, fin de soirée. L’atmosphère est douce, veloutée même. Le style vire imperceptiblement au jazz. A cause des interventions au piano acoustique, des cuivres, et tout spécialement du sax ténor de Roger Carroll. "I just want to make love to you" clôt l’elpee. Un canon du blues issu de la plume de Willie Dixon et popularisé par Muddy Waters. Le piano et l'harmonica de Li'l Ronnie Owens introduisent la piste sous un format roots, avant de virer au funk intégral circa James Brown, puis de s’achever par un retour aux racines.

 

mercredi, 05 septembre 2012 13:31

Brother to Brother

Stevie et Alan Nimmo sont deux frères originaires de Glasgow. Ils avaient entamé leur carrière dès 1990, sous le patronyme du Blackwater Blues Band, avant d’opter pour The Nimmo Brothers. Leur premier opus, "Moving on", paraît en 1998. Début de ce siècle, le tandem signe chez Armadillo et grave, en 2001, "Coming your way". Il se produit alors sur la plupart des scènes européennes, et notamment en Belgique. En 2003, il commet un album acoustique, "New moon over Memphis". Depuis, les frangins partagent leurs aventures entre projets en solitaire ou communs. Ce nouvel elpee, "Brother to brother" (Trad : de frère à frère) constitue donc un retour à la formule conjointe. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio ‘The Zone’, à Dripping Springs (NDR : c’est au cœur des collines !), près d'Austin, au Texas. Pat Manske (NDR : un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme de disques publiés par Ray Willie Hubbard, Joe Ely, Eugene ‘Hideaway’ Bridges, Los Lonely Boys et The Band of Heathens) et les frères Nimmo coproduisent l’opus. Enfin, pour concocter ce disque, la paire a reçu concours de musicos locaux ; et notamment le drummer James Oldaker (ex-Eric Clapton Band), les bassistes Jimmy Pettit (Joe Ely Band) et Bill Whitbeck (Robert Earl Keen) ainsi que l’organiste Michael Ramos (Los Lonely Boys).

Les frères Nimmo pratiquent un blues rock particulièrement puissant. La section rythmique est en acier et les deux guitares largement amplifiées. "Still here strumming" en est immédiatement une parfaite illustration. Les cordes se libèrent déjà et nous plongent dans le southern rock, ce rock sudiste à l'américaine, caractérisé par ces grattes constamment au bord de la saturation. Pas question de desserrer l’étreinte. Sur "Lady Luck" les cordes sont acérées. Une compo efficace, redoutable, qui écrase tout sur son passage, dans l’esprit de Leslie West, lorsqu’il drivait Mountain. Ce cap est maintenu tout au long de "Coming around again". La slide guitar est en effervescence. Le bottleneck glisse le long des cordes en fusion. L'étreinte est inoxydable. Sebastien Vaivrand incocule ses interventions à l'orgue Hammond tout au long de "For you". De quoi rendre l’ensemble plus cohérent. Les frères conjuguent leur voix et leurs cordes. Ils exercent un forcing qui ne prend fin qu’à la dernière seconde. Caractérisé par ses changements de rythmes, "Sneaking up to you" évolue dans un univers très proche de Lynyrd Skynyrd. A cause de cette slide accrocheuse, aussi. Pourtant, on y décèle la présence de cordes acoustiques. Le riff dispensé sur "Never gonna walk on me" me rappelle celui de Paul Kossof, le guitariste du Free de Paul Rodgers. L'attaque est toutefois plus musclée et les cordes sont littéralement saignantes. Blues rock classique, "Living again" est imprimé sur un mid tempo. Les deux guitares entretiennent le rythme. La production met l’accent sur cet aspect pour le muer en force naturelle. L’intro de "Waiting for my heart to fall" est légère, mais cette ballade vire rapidement dans le style caractéristique des Nimmo Brothers, nappé pour la circonstance par l'orgue Hammond de Michael Ramos. Superbe ballade lente, "King and country" évolue sur une ligne mélodique efficace tout en ondoyant sur une intervention à la slide belle à pleurer. L’elpee épingle deux covers. Tout d’abord le "Wishing well" du Free. Le plus gros hit de cet ensemble insulaire, paru en 1972. Les Nimmo Brothers nous en réservent une version fidèle à l’originale qu’ils exécutent avec une facilité déconcertante. Et en finale, "Shape I'm in", un rock'n'roll signé Doyle Bramhall II, Charlie Sexton et Marc Benno pour les Arc Angels, en 1992 !

 

mercredi, 05 septembre 2012 13:26

Gotta strange feeling

Ronnie Keith Owens est âgé de 62 ans. Il est né et vit toujours à Richmond, en Virginie. A l’origine, il était drummer ; et ce n’est qu’à 30 balais qu’il a décidé de privilégier l’harmo. Ce musicien est également chanteur et compositeur. Ce qu’il apprécie le plus, c’est le blues urbain d'après-guerre. Celui de Muddy Waters et surtout de on harmoniciste, Little Walter. En 1989, flanqué des Blue Beats, il publie "There's a party going on". Il fonde ensuite les Grand Dukes, une formation qui va aligner plusieurs albums : "Too fast for conditions" en 1998,  "Young and evil" en 2001, elpee auquel participe le gratteur texan Anson Funderburgh, et enfin "Do what'cha do" en 2005, qui bénéficie à  nouveau du concours du même Funderburgh, mais à la production. Au sein des Grand Dukes, figurent le guitariste Ivan Appelrouth (NDR : très apprécié dans son fief, il a milité chez Big Joe and the Dynaflows et le Jumpin' Johnny Sansone Blues Party), le bassiste John Shepperd, le batteur Mark Young et le pianiste John Fralin. La plupart des compositions sont signées Owens et Appelrouth.

"Can't buy my love" ouvre l’elpee au sein d’une atmosphère nonchalante, swamp blues. Li'l est déjà très inspiré sur l’harmo. Il est soutenu par les cordes et le piano de Fralin, dont les accords rappellent vieux Henry Gray. Légèrement funk, "Cold hard cash" nous transporte vers Crescent City ou si vous préférez la Nouvelle-Orléans, une compo abordée dans l’esprit du mythique Little Feat. Ténébreux, "Love never dies" nous replonge dans les marais louisianais chers à Lazy Lester et Lightnin' Slim. Ivan opère une superbe sortie. Sa sensibilité est exacerbée et ses notes nous transpercent. Le tempo s'élève et assène un solide coup de jump pour amorcer "Sweet Sue", une piste dynamisée par une section rythmique différente, drivée par la contrebasse de Mike Moore. Ronnie décolle à la manière de William Clarke voire d’un Rod Piazza au sommet de son art. C’est toujours Piazza qui inspire le petit Ronnie pour "Fat city", une plage impliquant les mêmes musicos. Chargé de swing, le "Buzz me" de Louis Jourdan est un exercice de style au cours duquel Ivan laisse échapper ses notes parcimonieusement, en adoptant le feeling de T-Bone Walker. Acoustique, "Screaming & crying" est un blues traditionnel qui coule près du long fleuve. Le chant est parfaitement adapté et l'harmonica éclate dès qu’il en a l’opportunité. C’est dans un climat de bonne humeur que "Can't please your wife" cavale comme un cheval au galop. Fralin se réserve le piano roadhouse alors que Mr Owen vide ses poumons sur son instrument! Très Jimmy Reed, "She"s bad bad news" campe le blues urbain qui s’impose, nous réorientant vers la grande cité chicagolaise. Cap vers la Californie sur "Gotta strange feelin'" et "Bring your love home". Ivan est dans son élément pour attaquer ce swing jump, alors que Ronnie ne tient plus en place! La Louisiane n'est cependant jamais bien loin. A l’instar du bouillant "I won't take it any more", une piste imprimée sur un tempo enlevé. Ronnie emmène ses grands ducs. La frêle  Janet Martin assume son rôle de choriste. Instrumental "Late nite blues" est un blues lent probablement inspiré par Harmonica George Smith. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par le "C'est la vie", un rock'n'roll signé Chuck Berry.

Et pour que votre info soit complète, sachez qu’au cours de ces dernières années, Lil' Ronnie se produit régulièrement en compagnie de Terry Garland, un spécialiste de la slide, mais également un excellent chanteur de delta et country blues traditionnel. 

 

lundi, 30 novembre 1992 02:00

Le père du Roadhouse blues

Lonnie Mack est l'un de ces artistes qui traversent les vagues sans être touché par ce qui l'entoure, un homme tout d'une pièce, assez bourru, somme toute typique du sud des Etats-Unis. Un musicien qui fait l’unanimité chez ses pairs. De son vrai nom McIntosh, Lonnie est né le 18 Juillet 1941, à Harrison, dans l'Indiana, près de Cincinnati, non loin de la frontière que forment les trois états de l'Ohio, du Kentucky et de l'Indiana. Il s’est prêté de bonne grâce à cette interview…

Tu fais figure d'influence majeure pour de nombreux guitaristes (Eric Clapton, Jeff Beck, Mike Bloomfield, Duane Allman, Stevie Ray Vaughan, etc.) Tu n'avais pourtant que deux ou trois ans de plus qu'eux ?

J'ai commencé à jouer très tôt, dans le milieu des années 50 et puis j'ai beaucoup enregistré au début des années 60 ; mes succès commerciaux, c'était en 1963, c'est-à-dire, bien avant que tous ceux que tu cites ne soient devenus célèbres.

Tes racines?

Mes racines, c'est la country music. Il n'y avait d'ailleurs pas grand-chose d'autre à l'époque ; mes pionniers étaient Merle Travis, Chet Atkins, Les Paul ou encore Hank Williams. Après, j'ai écouté du blues et puis le rock est arrivé, mais c'était déjà plus tard, dans les années 50.

Quand as-tu employé pour la première fois ta guitare ‘Flying V’ (en forme de flèche) ? Peu de bluesmen ont joué sur ce modèle de guitare hormis Albert King bien entendu. Elle est plutôt recherchée par les spécialistes du heavy metal...

Je joue sur cette guitare depuis 1958. C'était une des toutes premières ; d'ailleurs elle porte le numéro de série 7. Elle est appréciée chez les musiciens du heavy metal, parce qu'elle restitue un son très métallique. Je trafique le son au niveau de l'amplification par des systèmes de ventilation ; un ‘Leslie’ qui est une technique utilisée pour les claviers. Ce qui apporte ainsi un certain son d'orgue. J'ai repiqué certains de ces trucs à un musicien extraordinaire qui est malheureusement décédé il y a peu, Robert Ward. Ce type était l'influence majeure de Jimi Hendrix qui jouait souvent aussi sur la ‘Flying V’.

Tes premiers succès, c'était des instrumentaux très rock'n'roll, non?

J'ai commencé par être musicien dans les célèbres studios King à Cincinnati. J'ai notamment joué pour James Brown et Freddie King. Puis, j'ai pu enregistrer mes propres compos pour un nouveau label local, Fraternity. C'est par hasard qu'ils ont sorti ma version instrumentale de « Memphis », une face B d'un 45tours de Chuck Berry. Aux Etats-Unis, lorsqu'on joue de la musique un peu spécialisée (NDR : tout ce qui n'est pas de la ‘pop music’), il est difficile de te forger le succès commercial au niveau national. Par contre, tu peux réaliser les meilleures ventes dans certains coins spécifiques. C'est ce qui m'arrivait. Je jouais alors dans tous ces Etats qui voulaient bien de ma musique. J'étais tout le temps en route, c'est la raison pour laquelle on l’appelait le ‘roadhouse rock ou blues’. Les roadhouses ce sont ces gargotes que l'on croise le long des routes nationales aux States.

Est-ce la raison pour laquelle tu as participé aux sessions d’enregistrement de l'album « Morrisson Hotel » des Doors, pour le titre « Roadhouse blues »?

En fait, à cette époque, j'étais sous contrat chez le label Elektra, qui était aussi celui des Doors. Ils n'avaient pas de bassiste, c'est l'organiste Ray Manzarek qui assurait les parties de basse à l’aide de ses pédales. Je suis donc venu pour jouer la basse mais surtout pour accélérer le rythme des sessions ; car ils avaient tendance à mettre en boîte des dizaines de prises pour souvent revenir à la première. En débarquant, je pensais que les sessions allaient être menées rondement ; mais comme d’habitude, elles ont traîné. Morrisson, quand il arrivait, était complètement bourré. C'est pas un grand souvenir pour moi!

Quand es-tu (re)venu au blues?

Je ne suis pas venu au blues. Je ne suis pas un bluesman. Je ne me suis jamais considéré comme un bluesman. Je joue du rock et du rhythm'n'blues, c'est pas la même chose. Bruce Iglauer vient de la même ville que moi dans l'Indiana ; sa mère vivait près de chez moi. Une fois qu'il était dans le coin, il est venu m'écouter et m'a proposé d'enregistrer pour son label de Chicago, Alligator. Je ne connaissais pas cette boîte, alors il m'a envoyé quelques uns de ses disques, comme ceux d'Albert Collins, et ils m’ont plu.

Pourquoi avoir choisi Stevie Ray Vaughan comme producteur de ton premier album sur Alligator (« Strike like lightning ») ?

J'ai habité à Austin, au Texas, pendant quelques années, à la fin des seventies. C'est là que j'ai rencontré Stevie Ray, un gars fantastique. Le premier disque qu’il n’ait jamais acheté était « The Wham of that Memphis man » (NDR : le 1er LP de Lonnie). Je l'ai influencé mais en quelque sorte, il est devenu une influence pour moi aussi. Il a voulu produire mon album. On a vécu des moments magiques comme pour « Greo Cookie Blues », mon hommage à Merle Travis. Nous étions trois, Stevie, mon frère Bill et moi, assis sur le sol des studios avec nos guitares acoustiques. Un grand moment!

Est-il exact que ce sont les pays européens qui te réservent le meilleur accueil?

Nous aimons particulièrement jouer en Irlande, en Hollande, ici en Belgique et puis aussi en Norvège. Nous avons participé à quelques festivals, mais nous fréquentons aussi les petits clubs, c'est très bien ainsi!

Qu’est ce que tu écoutes, comme musique ?

J'écoute de la country bien sûr et puis des groupes de R&B comme les Allman Brothers, ZZ Top, des artistes qui jouent du ‘southern rock’ (NDR : il en est sans nul doute lui-même le précurseur). Il y a énormément de très bonnes formations aux States, au Texas, dans le Tennessee, à Memphis, mais ils ne sortent guère en dehors de chez eux. J'habite maintenant près de Nashville, la capitale du country.

(Article paru dans le n°7 de novembre 1992 du Magazine Mofo)

 

mercredi, 29 août 2012 18:48

Collected

John Hiatt figure parmi les meilleurs auteur-compositeurs, dans l’univers du roots, aux States. Il est aujourd’hui âgé de 62 balais. Il passe toute son enfance à Indianapolis ; mais après avoir terminé ses études, il part s'installer à Nashville où il opte pour une carrière d’auteur musical professionnel. Ce qui ne l’empêche pas de se produire sur scène, seul ou flanqué de son groupe, White Duck.

Il publie son premier elpee, "Hangin' around the observatory", en 1974, chez Epic. Découpé en trois disques, ce recueil nous en réserve deux plages, dont "Sure as I'm sittin' here" que Three Dog Night traduira en hit.

En 1978, il émigre à Los Angeles. Il y est signé par MCA, pour lequel il grave "Slug line". De cet opus paru en 1979, "Sharon's got a drugstore" en est extrait.

L'année suivante, il sort "Two bit monsters", dont a été sélectionné "It hasn't happened yet", que chante Hiatt d’une voix chargée de passion.

En 82, il passe chez Geffen. Il leur consacre alors trois long playings, dont "Riding with the King". Le titre maître sera repris bien plus tard par BB King, une version qui avait alors bénéficié du concours d’Eric Clapton. Sur l’originale, John avait reçu celui de spécialistes du pub rock anglais ; en l’occurrence, Nick Lowe, Paul Carrack et Martin Belmont. Ils participent également à "The love that harms", une compo pop empreinte de délicatesse. Cet elpee se réserve une belle part du gâteau, puisque six plages ont été retenues.

Commis en 1985, "Warming up to the Ice age" jouit d’une excellente production. Sur cette anthologie, y figurent le très électrique "The usual", un morceau couvert d’accents blues rock, caractérisé par le recours à un riff largement amplifié et le renfort d’une section de cuivres imposante ; mais aussi la cover du "Living a little, laughing a little" des Spinners, une bien jolie ballade à laquelle Elvis Costello participe aux chœurs.

John rejoint A&M en 1987. C'est le déclic. "Bring the family" est l’œuvre de la reconnaissance. Sept pistes ont d’ailleurs été retenues pour ce box. Quatre figurent sur le premier cd et trois ouvrent le deuxième. Pour la première fois un album de Hiatt entre au Billboard américain!

Pour concocter ce disque, il s’est entouré de musicos de gros calibre. Soit Ry Cooder, Jim Keltner et Nick Lowe. Les compositions sont très soignées. A l’instar de "Memphis in the Meantime", un bouleversant "Lipstick sunset", transpercé par la slide gémissante de Cooder, "Have a little faith on me" balisé par John au piano et "Thank you girl" dynamisé par un riff très ‘rollingstonien’.

L’année suivante paraît "Slow turning". Le climat y est totalement différent. Parmi les guests, on identifie la présence du notoire Sonny Landrreth aux guitares et James Hooker à l'orgue. Difficile de passer à côté de "Georgia Rae". C’est d’ailleurs le sommet de cette compile. Un morceau au cours duquel l’attaque vocale est redoutable, l’orgue Hammond savoureux et la national steel de Sonny, souveraine. Et elle est encore à l’affût tout au long de "Tennessee Plates". Enfin, John chante le brûlant "Already loved", d’un timbre chargé de passion et de sincérité.

L’artiste commet "Stolen moments", en 1990. Le titre maître lorgne manifestement vers les Stones. La même année, il publie un single. Un rockabilly intitulé  "Already loved". 

En 1992, il bénéficie à nouveau de la participation de Cooder, Keltner et Lowe. En résulte « Little Village », un long playing qui ne récolte que peu de succès. L'expérience n'aura plus de lendemain.

L’année suivante, c’est l’enchantement lors de la sortie de "Perfectly good guitar". Les compos sont superbes et en particulier le morceau qui donne le titre à l’œuvre, une piste très électrique, fustigée par des cordes de guitare saturées… 

Hiatt grave son premier elpee live en 1994 : "Hiatt comes Alive at Budokan". Trois fragments ont été retenus pour figurer sur le troisième compact disc : "Icy blue heart", "Angel eyes" et "You dad did". 

Il publie "Walk on" chez Capitol, en 1995 ; ce qui lui permet de décrocher une première nomination aux Grammy Awards. 

De "Little head" paru en 98, "Graduated" en a été retenu.

Cette collection recèle encore trois plages acoustiques extraites de ‘2 Meter Sessies’. Elles remontent à 1995. Et sont inédites. De quoi rendre justice à l'artiste.

Cette anthologie n’entre pas au XXIème siècle. Pourtant, l’artiste continue de se produire en ‘live’ et d’enregistrer. Depuis le début de ce siècle, il a signé de nouveaux albums chez Vanguard et New West. Son tout dernier, "Mystic pinball", vient de paraître. Et il est excellent !

 

mercredi, 29 août 2012 18:40

Live Long day

Willie McBlind n'est pas le nom d'un artiste mais bien le patronyme d’un blues band, un quartet qui réunit la chanteuse Meredith ‘Babe’ Borden, le guitariste Jon Catler, le bassiste Mat Fieldes et le drummer Lorne Watson. Ces musiciens souhaitent faire revivre les légendes du Delta blues primaire ; celui de Charley Patton, Blind Willie Johnson ou encore Fred McDowell, tout en adoptant leurs propres arrangements. Et le résultat est plutôt original. Ces New-Yorkais puisent des tonalités intermédiaires dans la gamme musicale classique pour dispenser ce qu'ils appellent du ‘blues harmonique’. Le spécialiste de ces expérimentations ? Le gratteur Catler. Il n’hésite ainsi pas à se servir des techniques à 64 tonalités ou plus modestement à 12 tonalités. En outre, la voix de Babe relève facilement le défi, puisqu'elle s'étend sur trois octaves!

La formation comptait déjà deux opus à son actif, "Find my way back home" publié en 2007 et "Bad thing", en 2009. Pour enregistrer ce troisième essai, elle a choisi un thème : le train. Un elpee qui recèle neuf compositions personnelles et une seule reprise.

Le chef de gare annonce l’arrivée du convoi. "Sittin' in the train station" est imprimé sur un rythme vif. La voix de Babe est secondée par celle de Catler. La guitare nous interpelle. Le son est singulier, légèrement déjanté mais entièrement sous contrôle. "Living long day" embraie sur un mid tempo. Les deux voix dominent à  nouveau le sujet ; mais dès qu’elles libèrent un espace, les cordes se mettent à cracher le feu! "Anywhere" est une excellente composition. La combinaison des vocaux me rappellent les prémices du Jefferson Airplane ; en outre les cordes affichent une créativité acide digne de Jorma Kaukonen. Blues presque classiques, "Slow moving train" et "One thing" se distinguent par la performance vocale de Babe qui couvre les fameux trois octaves. "Mighty long time" nous entraîne dans un voyage psychédélique, un blues qui circule à une cadence hypnotique. "Down the road" est un country blues classique. Une seule cover, la lecture toute personnelle du "Love in vain" de Robert Johnson. Boogie (NDR : of course !), "Boogie train" conjugue impeccablement cordes électriques et acoustiques ; et lorsqu’elles se mettent à délirer, on est totalement conquis. "The train that never came" clôt le long playing est une compo de 13’ qui s’ouvre sous une forme surannée, avant de glisser vers un très long interlude consacré à la musique contemporaine. De quoi étonner, mais aussi peut-être décourager le mélomane lambda.

Cet album dépasse largement le cadre du blues. Primitif, il est ouvert à des tas de styles différents, comme le rock, le jazz (Coltrane ?), le psychédélisme et la musique indienne. Une œuvre complexe, étonnante, à écouter et à réécouter, mais bien sûr aussi, un groupe à suivre…

 

mercredi, 29 août 2012 18:36

The Soul sessions Vol 2

Joss Stone est née Jocelyn Ene Stoker. Agée à peine de 25 ans, cette Anglaise est une bien jolie chanteuse de soul. Elle est aussi actrice et auteur-compositeur. Elle a démarré sa carrière très jeune. Ainsi, en 2003, elle avait publié son premier volume de "The Soul sessions". Depuis, elle a gravé plusieurs elpees, chanté une version d’"Unchained melody" aux cotés de Johnny Halliday, pour l’album "Ca ne finira jamais", paru en 2008, et participé à la nouvelle aventure de Mick Jagger, en 2011, baptisée Super Heavy. Elle a déjà vendu plusieurs millions d'albums. Pas pour rien que l’an dernier, une compile lui a été consacrée, "The best of Joss Stone 2003 – 2009".

Pratiquement dix années séparent le premier tome des ‘Soul sessions’ de ce second chapitre. Confessons de suite que Joss est une chanteuse populaire qui ne manque pas de talent ; cependant, elle ne dispose pas du charisme naturel de la malheureuse Amy Whitehouse. Cette dernière était hantée par sa musique, une musique qu’elle transcendait de son organe vocal. Joss se contente ici de rendre hommage à la soul qu'elle adore. Aucune compo n’est donc de sa plume ; elle se limite donc à interpréter les standards du style qu’elle a choisis.

Enrobée dans un ensemble de cordes, "I got the…." ouvre la plaque. Une compo signée par Labi Siffre, une Nigériane établie en Angleterre. Cette plage baigne dans le Philly sound ; et a souvent été samplée par des artistes de hip hop. Sa voix est beaucoup mieux mise en évidence lorsqu’elle aborde da soul plus classique. A l’instar du "Give more power to the people" d’Eugene Record (NDR : des Chi-Lites), une piste dont le funk naturel incite au déhanchement. Pour la circonstance, le notoire Texan Delbert McClinton se réserve l'harmonica! Elle interprète brillamment "Sideway shuffle", une ballade dansante immortalisée par la Londonienne Linda Lewis, en 1973. Sa voix passe également bien la rampe sur la cover du "I don't want to be with nobody but you" d'Eddie Floyd, l'un des tous grands du Southern soul chez Stax ainsi que sur une autre ballade empreinte de tendresse, "The love we had". Enfin, on épinglera encore son excellente version de "The high road", un hit des Broken Bells qui date seulement de 2009. Le reste de l’elpee trempe dans une soul pop légère, agréable à l’oreille, mais sans grande consistance

 

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