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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 01 août 2012 18:33

Big Moon ritual

Chris Robinson est surtout connu comme chanteur des Black Crowes, un groupe majeur de rock blues fondé en 1989 et drivé par Chris ainsi que son frère, le guitariste Rich. A ce jour, la formation a vendu plus de trente millions d’albums. En 2002, le band décide de prendre une pause, suite au départ de leur drummer. Chris se lance alors dans un projet parallèle, flanqué de The New Earth Mud, un ensemble folk rock qui se forge alors une solide réputation de jam band. Faut dire que Mr Robinson a toujours été un proche du Grateful Dead et tout particulièrement de son guitariste historique Jerry Garcia! En 2005, les Crowes reprennent du service, avant de se séparer, une nouvelle fois, en 2010.

Printemps 2011, Chris Robinson lance son Brotherhood, en compagnie du claviériste Adam MacDougall (aussi un Black Crowes), du drummer George Sluppick (ex-Sha Na Na), du bassiste Mark Dutton et de Neal Casal (de Hazy Malaze), préposé à la seconde gratte. La musique de Brotherhood nous replonge plusieurs décennies en arrière. Comme chez les jam bands de l’époque. L’expression sonore est aventureuse. Elle explore, se cultive, se développe. L’elpee ne recèle d’ailleurs que 7 plages ; et la plus courte dépasse les 7'. Une bonne dose de psychédélisme et une autre de rock acide nous ramènent au temps des hippies. Le style s’ouvre ainsi aux effets cosmiques, comme à l’époque au cours de laquelle Syd Barrett militait encore chez Pink Floyd, mais aussi au blues, à la country ainsi qu’au rock sudiste des Allman Brothers Band et autre Govt Mule.

Des sonorités galactiques introduisent "Tulsa yesterday". Ce long périple nous permet de revivre l’atmosphère qui régnait lors des concerts de Grateful Dead. La voix très spécifique de Robinson accentue cette impression. La plage évolue lentement mais perceptiblement, libérant enfin la guitare caustique de Casal. Les claviers sont bien intégrés. Progressivement le tempo accélère favorisant le déchaînement des cordes. Imprimées sur un tempo hypnotique, les 5 premières minutes de "Rosaleen" sont trempées dans le country rock ; puis le morceau vire au space rock avant d’éclater une nouvelle fois au cœur d’une tempête de cordes. Le sens mélodique n’est cependant pas négligé chez CRB. Il s’inspire de la country. A l’instar de "Star or stone", une très belle chanson empreinte de douceur et de mélancolie. La voix est volontiers gémissante et l’envol des cordes produit un véritable enchantement. Malgré les sonorités floydiennes, sidérales, alimentées par les claviers de MacDougall, "Tomorrow blues" adopte un profil plus blues. Tant le rythme que les interventions de gratte. Chris possède une superbe voix, naturellement puissante et très soul. Elle est bien mise en exergue sur "Reflections on a broken mirror", projetant même dans nos esprits une réincarnation de l’éternel Jerry Garcia au XXIème siècle. Elle est même très pure tout au long de "Beware oh take care", évoquant alors Michael Stipe de R.E.M. Le périple s’achève par le paisible "100 days of rain". Un album que votre serviteur a beaucoup apprécié. Et dont il attend impatiemment la suite, déjà prévue d’ici quelques semaines. Le titre de cet elpee ? "The Magic Door".

 

mercredi, 01 août 2012 18:30

All-Time favorites

B.B and the Blues Shacks est incontestablement un des blues bands européens les plus notoires. Déjà 23 ans que cette formation allemande écume les scènes internationales. Aux commandes ? Les frères Arlt. Soit le guitariste Andreas et le chanteur/harmoniciste Michael. Agé de 45 balais, Andreas a enfin eu l'opportunité d'enregistrer sous son propre nom. Pas étonnant dès lors que cet opus se concentre sur ce qu’aime par-dessus tout le musicien teuton. En outre, le célèbre label allemand Crosscut est resté fidèle l’un de ses meilleurs poulains!

Pour concocter cet elpee, Mr Arlt n'a donc pas bénéficié de la collaboration de ses Blues Shacks, mais d'amis allemands triés sur le volet. Les notes de pochette sont signées Dave Specter, l'un des meilleurs gratteurs de la nouvelle génération du Chicago blues. Andreas ne chante pas. Il a cédé ce poste à son ami Frank ‘Pepe’ Peters, par ailleurs batteur de Southside Jam. Parmi les autres participants, on épinglera la présence du drummer Eric Müller et du bassiste Dani Gugolz, deux musicos qui ont sévi au sein du célèbre Mojo Blues Band autrichien ainsi que du backing group de Frank Muschalle Trio, dont le leader est un talentueux pianiste de boogie woogie. Et enfin, un autre spécialiste de ce style, Andreas Sobczyk.

Andreas Arlt revendique comme influence majeure le grand T Bone Walker. Il est donc tout naturel, qu’il ouvre le long playing par un titre du répertoire de ce dernier, le somptueux "Street walkin' woman". Pepe Peters chante autoritairement. Le swing est royal. Le sax baryton de Tom Müller explose. Quant aux interventions à la ‘six cordes’, elles sont dignes du maître. Le climat baigne toujours dans la Louisiane lors de la cover du "It hurts to love someone" de Guitar Slim, une compo au cours de laquelle il fait pleurer sa Gibson. Non seulement Andreas est capable de s’attaquer brillamment au répertoire des icônes du blues, mais il parvient à les réincarner. Il se met ainsi dans la peau de BB King sur "I wonder why" et de Freddie King sur "She’s the one", un titre signé Hank Ballard. Si toutes ces pistes sont excellentes, la suite est encore meilleure. "I was wrong ! Played with love" de Roscoe Shelton est un des sommets de l’elpee. Un blues lent tout en finesse et délicatesse au cours duquel les interventions à l’orgue Hammond de Sobzyc constituent un modèle de retenue et d’efficacité ; et quand Andreas prend le relais, c’est le pur bonheur. Arlt est hanté par le spectre de Johnny ‘Guitar’ Watson sur la cover d’"In the evening" de Leroy Carr, un autre slow blues. Celle tout en swing  d’"I want a woman" de George ‘Harmonica’ Smith est fort bien ficelée, même si Arlt s'excuse de ne pas avoir ajouté une partie d'harmonica! Il faut dire que sa sortie sur les cordes en west coast jump est impériale. Et il remet le couvert sur le "Shotgun wedding de Wynonie Harris. La finale est instrumentale. Tout au long de "Sno gone Part II" Arlt adopte le style du maître de la Telecaster, Albert Collins. Et il s’en tire à la perfection. Il n’y a absolument rien à jeter sur ce disque qui atteint un niveau de qualité rare.

 

mercredi, 01 août 2012 18:26

Come along

Le plus notoire des blues bands germaniques compte déjà 23 années d'existence. Au départ, les Blues Shacks ont publié plusieurs albums chez Stumble avant de passer sur le label brêmois Crosscut. "Come along" constitue leur douzième elpee, un disque qui s’inscrit dans la lignée du précédent, "London days", soit un cocktail de R&B, de soul ‘Stax’ et de blues basique. Le line up des Shacks est identique, puisqu’il réunit les frangins Michael et Andreas Arlt, ainsi que le claviériste Dennis Koeckstadt. Sans oublier la section rythmique constituée de Henning Hauerken et Bernhard Egger. Pour accentuer l’empreinte R&B, le combo a bénéficié de la participation d’une section de cuivres, en l’occurrence The No Blow No Show Horns mais aussi de chœurs, assurés par les Shackettes.

L’opus s’ouvre par une compo imprimée sur un solide tempo dicté par le piano de Dennis. Tout au long de ce "True love in vain", la voix de Michael est autoritaire pendant qu’Andreas se libère déjà aux cordes! "Love like cash" trempe dans du pur Memphis R&B à forte coloration funk. Les cuivres enrobent la voix. Les interventions de gratte sont dignes d'Albert King. Celles de l'orgue Hammond sont chaleureuses ; et surprise, même l'harmonica se réserve son espace au sein de cet ensemble parfaitement huilé. "Come along with me" baigne dans une forme de soul exotique. Rythmes et percus alimentent ce climat, alors qu’une trompette apporte un rayon de soleil à la fête. Les Blues Shacks se réservent un Chicago shuffle explosif pour notre plus grand bonheur. Hanté par l’esprit de Little Walker, Michael met toute la gomme dans son Mississippi saxophone tout au long de ce "Get my stuff together". J’adore quand le R&B coule naturellement dans leurs veines. Tout particulièrement lorsqu’il permet un dialogue entre orgue et guitare. Et "Will you be there" en est une parfaite illustration. Un rythme allègre mais cool soutient le blues dansant "Don't take your time". Et au sein de ce climat rafraîchissant, réminiscent de JJ Cale, l’orgue Hammond se révèle irrésistible. "Anything you do" et "Wait in line" sont deux blues classiques, imprimés sur un mid tempo, qui auraient pu relever du répertoire de BB King. Deux plages impeccablement exécutées, il faut le souligner. Des percus syncopées communiquent des accents de mambo à "Doesn't matter anymore", un morceau au cours duquel le honky saxophone de Tom Müller est relayé par l'harmonica. Et on n’est pas au bout des bonnes surprises, puisque c’est dans le West Coast jump que Michael se met à souffler à la manière des maîtres du style, Kim Wilson et Rick Estrin, sur "I don't get it". Miss Bonito Niessen vient donner la réplique vocale à Michael, sur le tendre "Whatever you do", alors qu’à la ‘six cordes’, Andreas se révèle plus BB King que nature. L’opus s’achève par "Raise your voice", un titre classieux et bourré de swing. Un excellent album !

 

jeudi, 26 juillet 2012 20:46

Born to be blue

Eugene Bridges fêtera ses 50 ans en 2013. Il est le fil du bluesman Hideaway Slim. Ce guitariste est également chanteur. Il s’est forgé sa voix, comme tant d’autres, en chantant le gospel dans les églises locales. Mais très vite, il se passionne pour le R&B. Il quitte sa Louisiane natale pour le Texas où il s'enrôle dans l'US Air Force. Il milite alors au sein de trois groupes, The New Chosen, The Mighty Clouds of Joy et son Eugene Bridges Band. Pendant un an, il va tourner en Europe comme gratteur au sein du Big Joe Turner's Memphis Blue Caravan avant de remonter sa propre formation. Il est alors signé par le label anglais Blueside. Ce qui lui permet de mettre en boîte son premier opus, en 1998 ; un disque produit par le célèbre Mike Vernon, naguère fondateur du mythique label Blue Horizon.

En 2000, il passe chez Armadillo. Il enchaîne les long playings : "Man without a home" en 2000, "Jump the joint" en 2003 et "Coming home" en 2005, sans oublier sa carrière plus personnelle au cours de laquelle il publie un opus éponyme en 2007, un "Live in San Antonio" en 2009 et plus près de nous "Rock and a hard place" en 2011. Eugene se nourrit à la musique américaine pour forger son style : blues, R&B, soul, funk, gospel et rock! L’écurie insulaire Manhaton a réédité sa toute première œuvre, "Born to be blue", aujourd'hui introuvable.

« If you don’t wanna love me » ouvre l’elpee. Une plage veloutée, trempée dans le pur soul blues. La voix est parfaitement taillée pour le style. Le piano de Peter Zivkovic et l’orgue de James Hallawell se chargent de soigner l’environnement sonore. « Little Boy blue » est une compo aventureuse. Très éclectique, le jeu de cordes épouse la voix, lorsqu’il ne s’égrène pas en chapelet de notes finement ciselées. « Tears of a fool » est empreint d’une grande sensibilité. C e feeling oscille d’ailleurs de la tristesse à la mélancolie, en passant par la passion.  L’intro de « Born to be blue » lorgne vers le grand B.B King, une piste qui rend hommage au blues. Et d’abord à son père Othineil. La partie de cordes est de toute bonne facture. Bridges excelle dans l’écriture de petites plages de R&B. Il les chante en y injectant une fameuse d’émotion, évoquant même parfois le mythique Sam Cooke. A l’instar de « Learn how to let you go » ou la finale « A change is gonna come ». Il se met dans la peau de BB King pour attaquer « Aching heart », un blues lent superbe, d’une grande pureté, qui libère tellement de souffrance, de passion et d’amertume. Un sommet de près de 8’. Une empreinte BB, mais davantage swing, qui imprègne également « Somebody loves you » et « Good thang ». Eugene apprécie également beaucoup Jimmy Reed ; et il le démontre tout au long d’« Ain’t no reason no more ». Et on retrouve ses racines gospel, sur « Good times », titre sur le quel il est accompagné au chant par George Chandler. 

 

jeudi, 26 juillet 2012 20:40

Alabama Swamp stomp

Billy est originaire de l'Alabama ; mais au cours de sa jeunesse, sa famille a énormément bourlingué, passant par l'Indiana et le Texas, avant d’atterrir à Detroit, au début des 60s. Il y rencontre le roi de la scène blues locale, Mr John Lee Hooker en personne. Mais également James Cotton, alors accompagné par le batteur Sam Lay. Lorsque ce dernier fonde son propre combo, Farlow a l'immense privilège de succéder à Little Walter au poste d'harmoniciste. Le légendaire Walter venait en effet de décéder tragiquement, en 1968.

L'année suivante, Billy rejoint Commander Cody and the Lost Planet Airmen. Toute l’équipe s’installe à San Francisco afin d’y jouer leur cocktail de country et de rock'n'roll! L’aventure du groupe cesse en 76. Billy monte alors son band personnel. Dans les années 80, il entame une longue collaboration avec Fred James, guitariste chanteur et producteur issu de Nashville. De cette coopération naîtront cinq elpees. Plus tard, notre souffleur se joindra au vieux bluesman Homesick James, mais aussi le compositeur Bleu Jackson avant de retrouver Sam Lay, en compagnie duquel il publiera trois albums pour le label italien Appaloosa.

Plus récemment, Farlow a reçu le concours de Mercy, un trio français créé au début du siècle qui compte deux elpees à son actif : "Tribute to Slim Harpo" et "Magic". Ils se sont rencontrés à San Francisco, en 2006. Et ont décidé de tenter l’aventure ensemble…

Billy C. chante « Snake eyes » d’une voix nasillarde et relativement ravagée, une voix talonnée par la guitare de Jean-Paul Avenalleda. La musique puise son inspiration dans les marais louisianais. Son climat humide et blafard. Ses lueurs en demi-teinte. C’est dans ce contexte que « Runnin’ from the fire » est déclamé d’une voix grave. Cap vers l’Alabama. Au cœur d’une nuit sombre et pluvieuse, Jean-Paul injecte de la reverb dans ses cordes pour attaquer « Magnolia darlin’ ». « Drive me like a mule » baigne plutôt dans une ambiance Chicago blues. Le souffle propulsé par Farlow dans son harmonica chromatique est saccadé. Le rythme est soutenu. Les accents métalliques d’un dobro introduisent « Good rockin’ mama ». Billy souffle comme un désespéré sur ce pur blues Delta blues ; et on ressent énormément de vécu dans sa voix quand il nous conte la rencontre avec cette rockin’ Mama ! Stéphane Avellaneda imprime le tempo ferroviaire de « Tennessee Saturday night ». « My name is trouble » ne respire pas la joie ; faut dire que cette compo narre une aventure de l’artiste qui s’est retrouvé en taule après un périple en bus Greyhound. Le climat est lourd, intense. Poisseuse, la slide parvient néanmoins à s’extraire de cette torpeur. Farlow est toujours englué dans les bayous louisianais sur le lent, énigmatique et très expressif « What have I done ? » Un week-end de fête s’annonce sur les routes. L’explosif « Juke Joint Friday night » nous le rappelle. Le style de Billy C. est très personnel. Difficile de déceler une influence majeure chez ce souffleur. Une chose est sûre, il est très à l’aise sur son instrument chromatique. Il se démène comme un vieux rocker sur « Alligator crawl ». Il reprend le chemin de la Nouvelle-Orléans. Mais il ne parvient pas à échapper à l’atmosphère étouffante qui baigne son environnement. Il est même au bord de l’anoxie sur « Yella Pocahontas » et « Black Lazarus ». Nous sommes en Louisiane. L’opus s’achève alors dans le zydeco. Un moment de fête propice à la joie communicative reproduite par « Wild about you » (Trad : Je suis fou de vous). Excellent ! 

 

jeudi, 26 juillet 2012 20:35

Born and raised

Originaire du Connecticut, John Mayer fêtera ses 35 balais en octobre 2012. Il s’est cependant établi à New York City, depuis longtemps. Chanteur, compositeur, interprète et producteur, c’est également un guitariste au jeu raffiné. A ses débuts, il se concentrait sur la gratte sèche. Ses deux premiers elpees datent du début de ce siècle, “Room for squares” et “Heavier things”. En 2005, son inspiration se teinte quelque peu de blues, suite à des collaborations opérées en compagnie de BB King, Buddy Guy et Eric Clapton. Cette influence est marquante sur un opus live publié à l’époque. Intitulé “Try !”, il avait été enregistré au sein du John Mayer Trio, avec Pino Palladino et Steve Jordan. Avant de graver ce « Born and raised », il avait encore commis deux autres elpees, en 2006 et 2009. Pour info, sachez que chaque fois qu’il sort un album, il se vend à plusieurs millions d’exemplaires ; ce qui n’est certes pas banal ! Il a d’ailleurs décroché plusieurs awards : ‘Meilleur chanteur masculin’, ‘Meilleur album’ et ‘Chanson de l’année’.

Pour concocter ce nouveau cd, Mayer a reçu le concours de ses musiciens de la route : le drummer Aaron Sterling, le bassiste Sean Hurley et le claviériste notoire Chuck Leavell (ex-Allman Brothers Band, Sea Level). John assure la production, mise en forme pour laquelle il a quand même reçu l’aide du célèbre Don Was!

John signe ici onze nouvelles compositions. “Queen of California” permet aux musicos de prendre la température ambiante. Un country blues qui ne manque pas de charme. La combinaison entre cordes acoustiques, électriques et la pedal steel de Greg Lenz s’opère tout en douceur. Superbe chanson, “The ace of worry” met en exergue les qualités vocales de l’artiste. Tendre ballade chargé d’émotion, “Shadows days” se signale par l’intensité de la ligne mélodique, destinée de nouveau à souligner la voix de John. Jim Keltner se réserve les drums sur “Something like Olivia”, une plage empreinte d’une beauté immaculée. Sur le titre maître, David Crosby et Graham Nash assurent les chœurs. Une plage trempée dans un folk tout en délicatesse, au cours de laquelle Mayer, très inspiré, se met à souffler dans sa musique à bouche! Marche euphorique, “Walt Grace’s submarine test January 1987” bénéficie de la participation de Chris Botti, à la trompette. Les arrangements opérés sur “A face to call home” sont superbes. On y ressent une véritable montée en puissance de l’accompagnement. Dommage d’ailleurs que ce type de traitement n’ait pas été davantage opéré sur cette œuvre de folk pop américaine, jusqu’au bout des racines.

 

jeudi, 26 juillet 2012 20:33

Brütal römance

Ce groupe au patronyme improbable est né en 1997. A cette époque, il avait publié deux elpees, “Ze Mörglbl Trio!!” en 1998 et “Bienvenue à Mörglbl Land” en 99. Le trio s’était alors séparé en 2002 pour mieux revenir en 2005. Depuis, il a gravé “Grötesk” en 2007 (NDR : une compilation de leurs premiers enregistrements), “Toons tunes from the past” en 2008 et  “Jazz for the deaf” l’année suivante. Deux instrumentistes talentueux sont les fondateurs de cette formation : le guitariste Christophe Godin et le bassiste Ivan Rougny. Aurélien Ouzoulias complète le trio à la batterie depuis 2008 ! Toute leur production est parue sur le label américain The Laser’s Edge. Leur musique est complexe et navigue dans une forme de métal jazz. Les différents instrumentistes sont impressionnants de virtuosité tout en conservant une parfaite cohésion de l’ensemble.

“Gnocchis on the block” ouvre la plaque. La structure de la compo est élaborée. On baigne dans l’univers du jazz rock. Les guitares sont en re-recording. Christophe aligne les notes très rapidement. Sa technique est prodigieuse. Une excellente entrée en matière. La basse d’Ivan ronronne de plaisir pour entamer le titre maître, dont la ligne mélodique est soignée. “Le surfer d’Argentine” nous plonge dans une ambiance latino. Ce thème semble inspirer Mr Goudot. Il s’aventure, erre et même divague sur son manche, alignant des grappes de notes à la vitesse de la lumière. La section rythmique balise son challenge tout en puissance. Le jeu du soliste rappelle celui des gratteurs du heavy metal, mais dans une dimension supérieure. “Oh P1 can not be” me semble être à la fois une élucubration dans le titre et une mutation audacieuse de la ligne mélodique d’“Eleonor Rigby” des Beatles, active dans la Mörglblmania. Un sommet impressionnant! Et est-ce un hasard si “Glucids in the sky” parait s’inspirer du “Lucy in the sky” des mêmes Fab Four ? Vous l’avez bien sûr deviné, la musique n’est ici qu’instrumentale. Elle est le théâtre d’expérimentations multiples qui expliquent la longueur des morceaux. Ce “Brütal Römance” recèle encore d’autres excellents morceaux. A l’instar de “Fidel Castro”, une salsa métal galactique et la finale toute en puissance “Metal Khartoon…” Au bout du laser, une plage cachée, au cours de laquelle le trio se retire sur la pointe des pieds dans une ambiance à la douceur inespérée. Cette musique se propage comme une maladie contagieuse! 

 

mercredi, 18 juillet 2012 13:36

Perspectives

Lord of Mushrooms se revendique du ‘progressive metal’. Il a été fondé, à la fin du siècle dernier, par Laurent James (guitares) et Julien Negro (basse). Deux Français, établis à Nice. “Perspectives” constitue leur dernière œuvre. La première remonte déjà à 2005. Depuis, le line up a subi quelques changements. Ex-Adagio, le chanteur Gus Monsato est ainsi venu rejoindre le combo. La formation implique donc aujourd’hui deux musiciens français, deux italiens et un chanteur brésilien. Un band ma foi cosmopolite, qui s’est rendu au Canada pour enregistrer son nouvel elpee. 

Dès le départ, “Imago” balise le terrain emprunté par les ‘Seigneurs des champignons’. On est dans la prog bien insulaire. Guitares et claviers tissent une structure sonore complexe, tout en mettant bien en exergue le chant de Monsanto. Plus musclé, “Warmth in the wilderness” évoque Uriah Heep. A cause de ces riffs en intro et puis des interventions à l’orgue de Luca Mariotti. Aux cordes, Laurent se mue alors en disciple de Blackmore. La voix de Gus s’intègre parfaitement à l’ensemble. Elle varie au gré émotions, rappelant même le sémillant Jon Anderson sur “Grace”. Toujours en relief, leur compos sont susceptibles de libérer énormément de puissance. Les développements instrumentaux sont ambitieux. Et “Circles on the water” en est un parfait exemple, une plage au cours de laquelle Mr James étale tout son talent aux cordes. Hymne empreint de délicatesse, “The missing link” nous plonge dans un océan de douceur et de solennité. On y remonte le temps de plusieurs décennies, pour permettre à Mariotti de se réincarner en Rick Wakeman. En général, les plages sont assez longues. Faut dire que ce style musical nécessite de l’espace et donc du temps. Un opus de toute bonne facture, qui a bénéficié, en outre, d’un excellent travail de production…

 

mercredi, 18 juillet 2012 13:32

Neverland

Mangoo nous vient de Finlande. De Turku, très exactement. Leur naissance remonte à 2005, mais leur premier album, “Neolithic”, n’est sorti qu’en 2009. Pickles dirige la manœuvre. Il se réserve le chant et la guitare. Il est soutenu par Igor à la basse, Teemu aux drums Nikky aux claviers et un second gratteur, Mattarn.

L’elpee s’ouvre dans un chaos métallique. Une intro majestueuse qui précède la sérénité et la douceur engendrées par le titre maître. La voix de Pickles est distante avant que ne perce un cri. Les éléments de la machine de guerre sont désormais en place. Lourde, la section rythmique est intimement liée. Doublée, la guitare épouse le riff savamment élaboré. Un clavier pénètre solennellement dans l’ensemble. Les cordes se développent et libèrent des sonorités fuzz particulièrement déjantées, au cœur d’une chambre d’écho largement amplifiée. Un début plus que prometteur ! L’organe vocal de Pickles me rappelle très souvent celui d’Ozzy Osbourne. “Deathmint” célèbre son “Noir Sabbat”. Une sorte de messe noire, dont la liturgie des ténèbres est envahie par des claviers débridés. Après le tonitruant “Diamond in the rough”, retour au calme. “You” baigne au sein d’une forme de dépouillement sonore. Mais dans cette configuration, la voix montre ses limites. Elle tire davantage son épingle du jeu, lorsque son Mangoo est au complet, et surtout au sein d’un climat propice au déchaînement des passions, dans l’esprit tour à tour d’un Black Sabbath voire de Foo Fighters. Encore que sur ce long playing, on décèle des traces de space rock. Des bruitages évoquant d’autres vétérans insulaires : Hawkwind. Lorsqu’ils célébraient les forces primitives des galaxies devant les structures mégalithiques de Stonehenge. Mangoo se déchaîne sur “Moom”, en manifestant une sauvagerie digne du Motörhead de Lemmy. Le combo est quand même plus efficace sur des titres un peu moins enlevés. A l’instar de “Painted black”, au cours duquel Pickles se montre plutôt hystérique. “Datzun” clôt l’opus, une longue finale synthétisant toutes les sources d’inspiration de Mangoo : stoner, metal, garage, space rock, sans oublier les quelques touches de prog et de psychédélisme.

 

mercredi, 18 juillet 2012 13:30

Break the silence

Née au milieu des années 80, cette formation écossaise vient de refaire surface. Mise sur pied, par les frères Gizzi, Gun s’était forgé un nom, en publiant un premier elpee intitulé “Taking on the world”. L’aventure s’achève cependant en 1998. Après un long break de dix années, Gun réapparait en 2008, toujours drivé par Dante (chant) et Jools (guitare) Gizzi. Le line up est complété par Derek Brown à la basse et Paul McManus à la batterie. En 2010, le combo grave un Ep baptisé “Popkiller”. Et « Break the silence » constitue leur nouvel opus. Un disque qui a été produit par Dave Eringa, personnage qui a notamment travaillé pour les Manic Street Preachers!

Le long playing s’ouvre par “Butcher man”. L’ambiance est très ‘Stones’. La plage s’écoute aisément. Les sonorités des guitares sont très contemporaines. La pression est maintenue tout au long de “14 stations”, une piste imprimée sur un rythme très soutenu. Pas d’agressivité dans les vocaux, à l’instar d’un Deep Purple originel. La mise en forme met bien en exergue la densité des grattes. Nous ne sommes d’ailleurs pas loin d’un Boston sur “Lost & found”, la touche pop apportée à cette piste, accentuant cette sensation. L’album part néanmoins un peu dans toutes les directions. A l’instar de “Caught in the middle”, new wave, mais dans l’esprit clean et recherché de Squeeze. Le titre maître affiche un potentiel commercial indéniable. Tout comme “Bad things”, new wave, mais sous une forme punk et paradoxalement proprette. Plus power pop, “Last train” ferme la marche.

“Break the silence” n’est pas un disque de mauvaise facture, mais il est loin de tour renverser sur son passage. La ligne mélodique est bien trop sage et planifiée pour autoriser la moindre surprise…

 

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