La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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jeudi, 23 août 2012 14:26

One wrong turn

Rick Estrin est l'un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains. Un disciple des plus grands souffleurs noirs du passé ; et tout particulièrement de Little Walter et Sonny Boy Williamson II. Il s’est forgé une solide réputation auprès de ses pairs et des passionnés du blues. Rick a aussi une forte personnalité. Sa dégaine est très personnelle : les traits du visage découpés au couteau, la mine patibulaire, les fines moustaches, toujours vêtu de costumes d'une autre époque. Il est devenu le leader des Nightcats, en 2008. Il a remplacé le guitariste et fondateur du groupe, Little Charlie Baty, lorsque ce dernier a décidé de ne plus sillonner les routes. Il ne faut cependant pas oublier que Rick est un des fondateurs du band californien. Dès 1976, ce combo était considéré comme un relais vivace et talentueux du Chicago blues urbain. Ce qui s’est traduit par la confection d’une bonne douzaine d'albums, tous publiés sur l'un des plus prestigieux labels de la Cité des vents, Alligator, une écurie créée et toujours conduite par Bruce Iglauer.

Rick est soutenu par un excellent backing group. En l’occurrence le Danois Chris ‘Kid’ Andersen à la guitare, Lorenzo Farrell à la basse et occasionnellement aux claviers ainsi que J. Hansen à la batterie. Estrin et ses acolytes sont de bons compositeurs et ils ont signé les douze plages de ce ‘mauvais virage’! Rick est un brillant lyriciste. Il est ainsi responsable de textes originaux qui décrivent des situations prêtant souvent à sourire.

L'ouverture "D.O.G" est percutante. Un R&B imprimé sur un tempo funk qui vous pénètre. Secondée par les chœurs de son team, la voix nasillarde du leader s’impose. Et lorsqu’il intervient à l’harmo, c’est tout en délicatesse, mais aussi puissance et technique. Un bourdonnement percussif prélude "Lucky you". Estrin est passé sur l'instrument chromatique. Il s’y révèle autoritaire. La compo évolue à très haut niveau. Ses musicos forment un ensemble homogène pour porter leur leader. C’est dans les mêmes conditions que Rick s’attaque à "Callin' all fold", une plage bourrée de swing dont l’ambiance Memphis Blues est alimentée par l’orgue Hammond. Kid s’autorise alors une sortie remarquée sur les cordes. Les croisières sur les mers chaudes des Tropiques récoltent un certain succès chez les bluesmen ; c’est sans doute pourquoi Estrin a écrit "(I met her on the) Blues Cruise", une piste qui bénéficie du concours d’une section de cuivres, parmi lesquels figure Doug James de Roomful of Blues. Evoluant sur un rythme indolent, "Movin' slow" ne manque pas de charme. Rick inocule un peu chaleur louisianaise dans son chant. Au sax, Jack Sanford souligne l'harmonica, tout en décontraction. Le titre baigne dans le R&B. L’orgue et la guitare se mettent au service de l’harmo qui domine le sujet. "Broke and lonesome" opère un retour judicieux dans le blues de Chicago ou plus exactement le Westside, cher à Otis Rush, Magic Sam et Luther Allison, une compo au cours de laquelle un billet de sortie est accordé à Kid Andersen. J Hansen chante le cinglant "You ain't the boss off me", un morceau destiné à mettre tous les musiciens à l'avant-plan! En fin de parcours, Rick étale toutes les facettes de son talent sur "Old news". Il y reproduit à la fois le jeu et le chant de Sonny Boy Williamson II. Magistral ! Le disque recèle deux plages instrumentales. Tout d’abord le très Memphis R&B jazzyfiant "Zonin'", une piste animée par le sax ténor de Terry Hanck. Ensuite une longue fresque à la fois ‘morriconesque’ et surf, "The legend of Taco Cobbler". C’est également la plage qui clôt ce long playing de toute bonne facture…

 

jeudi, 23 août 2012 14:20

Painkillers

Left Lane Cruiser est un duo originaire de Fort Wayne dans l'Indiana. Il réunit le chanteur/guitariste Frederic ‘Joe’ Evans et le drummer/percussionniste Brenn ‘Sausage Paw’ Beck. La paire est responsable d’un blues primaire, brut, réminiscent de ce qui se pratiquait dans les collines du Nord Mississippi et dont la figure de proue était le vieux bluesman local, feu R.L Burnside. Pensez au label Fat Possum!

Le tandem mêle roots, blues, country et bluegrass, tout en adoptant une attitude punk garage ; mais de toute évidence, il s’intéresse à la musique issue du plus profond des States. Le duo avait publié un tout premier elpee en 2006, "Getting down on it", un disque paru chez Hillgrass Bluebilly, avant d'être signé par Alive, pour lequel il a gravé "Bring yo ass to the table" en 2008, "All you can eat" en 2009 et enfin "Junkyard speed ball" en 2011. Depuis, la paire a régulièrement collaboré en compagnie de James Leg. De son véritable nom John Wesley Myers, il avait concocté un elpee solo, "Solitary pleasure", sur le même label. En outre, Leg est également chanteur et claviériste au sein d’un autre duo, Black Diamond Heavies. Et pour enregistrer cet opus, le trio a reçu le concours du bassiste des Dirtbombs, Jim Diamond, ainsi que du vétéran noir Harmonica Shah, le célèbre harmoniciste issu de Detroit.

"Painkillers" est un long playing un peu particulier, car il ne réunit que des reprises de stars confirmées du blues et de la rock music! L'ouverture ne nous laisse guère le temps de souffler. Le climat est torride. Furieuse, la slide gémit tout au long du "Sad days lonely nights" de Jr Kimbrough. Les claviers de Leg ont du répondant. Le choc entre Joe et James ressemble à un véritable combat de tranchée. Il est vrai que l’image reproduite sur la pochette était prophétique. Ces pilules, véritables "Tueuses de la douleur" qu'il est conseillé de prendre avec un grand verre de whisky, et dont les effets secondaires peuvent entraîner l'euphorie et un désir incontrôlable de danser le boogie! Hound Dog Taylor était un des plus grands sliders du blues. Sur son "She's gone", le bottleneck de Joe ne tient pas en place. Il est judicieusement talonné par l'harmonica de Shah, le souffleur de Detroit, âgé de 66 ans. Issu du répertoire de Bob Seger, "Come to Poppa" baigne dans une atmosphère relaxante. La guitare semble domptée. Les interventions à l’orgue lorgnent manifestement vers Jon Lord voire Ray Manzarek. Le chant devient féroce sur le "Shake it" de John Lee Hooker, un boogie plutôt sauvage qui accorde de l'espace au vieux Shah! Une solide tranche de punk blues juke joint! Les vocaux sont carrément déjantés et décapants tout au long du "If 6 was 9" de Jimi Hendrix, une plage balisée par un riff de gratte monumental et parcourue d’accès d’orgue plutôt appuyés. Willie Dixon a écrit "Red Rooster", un classique popularisé par Howlin' Wolf. Il fait ici l’objet d’une dissection à vif. Chapeau bas à Harmonica Shah qui parvient à s’imposer dans ce chaos sonore entretenu par la slide. James Leg siège derrière son roadhouse piano pour chanter le "Ramblin' my mind" du légendaire Robert Johnson. Sa voix évoque un Tom Waits qui aurait sifflé trois bouteilles de bourbon! Le "Chevrolet" de Taj Mahal carbure au groove. Et il est infernal. La basse de Jim et les percus de Sausage Paw s’affrontent à visière découverte. Shah revient une dernière fois vider ses poumons en exécutant le "When the levee breaks" de Led Zeppelin. Torturée, cette œuvre s’achève en toute décontraction, par la cover du "Sway" des Rolling Stones.

 

mercredi, 15 août 2012 12:54

Just a little bit more

Gary Primich était sans conteste l'un des meilleurs harmonicistes de blues. Il est né en 1958, à Chicago. Mais il nous a quittés en septembre 2007, suite à une overdose d'héroïne. Il n'avait même pas 50 ans. Il s’était fixé à Austin dès 1984, et n'avait dès lors plus quitté le Texas! En 1987, il monte The Mannish Boys en compagnie de Jimmy Carl Black (ex-Frank Zappa Band). Ils publient deux elpees ensemble. Ensuite Gary décide de voler de ses propres ailes et enregistre un opus éponyme en 1991. Il en gravera huit de plus, sur Flying Fish, Black Top et Antone's. Son dernier, "Ridin' the darkhorse", était sorti en 2005, chez Electro-Fi.

C'est la famille de Gary qui a décidé de sortir ce double CD en hommage à l'artiste. Une collection de 24 plages issues de plusieurs de ses long playings, des inédits et des extraits enregistrés pour Omar & the Howlers, lors d’une période qui s’étale de 1994 à 2006. L’occasion de retrouver la crème des musiciens blues de la capitale texane, à l’instar des notoires Derek O'Brien, Jay Moeller, Sarah Brown, Georges Rains, Wes Starr, Nick Connolly ou encore Gary Clark Jr… L'homme était également et incroyablement populaire en Finlande. D’ailleurs, un Gary Primich Band tourne, en hommage au regretté disparu?

Cette collection s'ouvre par "Satellite rock", un tour de force instrumental qui remonte à ses débuts. "Sweet fine angel" ouvrait son album éponyme commis en 1990 chez Amazing. Plongé au cœur d'un big band, "Boogie woogie baby" swingue du tonnerre ; Gary se réserve pourtant une sortie remarquée sur son petit instrument! Plusieurs plages jamais éditées et immortalisées en compagnie d'Omar Dykes ont été retenues, dont le solide boogie "Midnight ramblin' man". Un pur bonheur pour tous les fans du regretté Texan. L'intensité libérée lors de la reprise de "One room country shack" est tout à fait remarquable. La voix d’Omar est au bord des sanglots et l'harmonica de Gary si proche du maître George Smith. Trois extraits de "Travelling mood", publié en 1994 sur Flying Fish, figurent en fin de parcours sur le premier cd. Tout d’abord une claque instrumentale ; en l’occurrence la relecture du classique jazz de Duke Ellington, "Caravan". Le très jazzy "School of hard knocks". Et "House rockin' party", une piste imprimée sur le Diddley beat et caractérisée par la présence de Shorty Lenoir aux cordes. Enfin toujours contaminé par le même Diddley beat, figure "Hoodoo ball", un extrait de l'album d'Omar, "Muddy springs road".

Le second cd épingle d’abord quatre fragments issus du même elpee. Tout d’abord "Dangerous man" ; et il casse la baraque. "Put the hammer down" ensuite. De toute évidence l'un des sommets de cet hommage. Un flirt entre le blues et le rockabilly, mais tout en légèreté et swing. "Mr Freeze" encore. Un instrumental généreux exécuté sur l'instrument chromatique. "Mail order Mojo" enfin. Un titre époustouflant célébrant cette collaboration entre Omar Dykes et Gary Primich. Cette plaque recèle également quatre plages extraites de "Ridin' the darkhorse" (NDR : publié sur Electro-Fi en 2005). Notamment les swamp blues "Pray for a cloudy day" et "Never know when a woman", impliquant Dave Biller à la guitare, ainsi que "Keep on talking", une compo dont le tempo est emprunté à Jimmy Reed, et à laquelle Gene Taylor participe au piano. Le recueil s’achève par "Down in Mississippi", lors d’un duo inédit entre la voix et la guitare d'Omar et l'harmonica de Primich. L’émotion est constamment palpable tout au long de cette œuvre. Manifestement, Gary est toujours dans nos cœurs…

 

mercredi, 15 août 2012 12:51

Americana

The 44’s est l'une des formations de blues les plus actives en Californie du Sud. Elle rayonne d’ailleurs autour de la mégapole de Los Angeles. Le Dvd "Live at Biacci", paru en 2009 et l’elpee "Boogie disease", publié l’an dernier, avaient déjà été chroniqués dans Musiczine. Le line up du groupe est identique.

Imaginez un vieux club de L.A. dont le podium est constitué d’un plancher en bois. S’y produisent The 44’s. Tex Nakamura est au milieu de la scène. Les yeux du souffleur japonais sont dissimulés par de sombres lunettes. Un chapeau est éternellement vissé sur son crâne. Il est posté derrière son micro. Chanteur et guitariste, Johnny Main est couvert de tatouages. Mike Turturro l’est tout autant. Il passe régulièrement de sa basse électrique à une contrebasse plutôt encombrante. Ses accords sont lourds. Enfin, derrière ses fûts, siège J.R Lozano. Tout comme pour le dernier opus, c’est la légende locale, Kid Ramos qui s’est chargé de la production. En outre, il a apporté sa contribution personnelle aux sessions d’enregistrement.

Le signal de départ est à peine donné, que les 44’s se lancent dans un boogie bien huilé. Le riff est emprunté à John Lee Hooker. La machine à rythme soutient les deux solistes. Déjà épaulé par Ramos à la guitare, Tex dissémine de courtes phrases incendiaires ; mais c’est Johnny qui dirige admirablement la manœuvre. La mise en forme est impeccable. Imprimé sur un tempo hypnotique, accentué par le saxophone de Ron Dziubla, "Lady luck" est sculpté dans un funk contagieux. Ce morceau qui invite à la danse me rappelle la quintessence du Creedence Clearwater Revival, et en particulier la reprise du classique "Suzie Q". La sortie parcimonieuse aux cordes de John et de Kid est superbe. "Cocaïne" campe un shuffle. Les cordes impriment un rythme cher à Jimmy Reed. Tex souffle dans les aigus et le chant de Main est une nouvelle fois impeccable. Rockabilly blues, "Dixie" évolue sur un tempo très soutenu. Blues incantatoire, "She's poison" évoque les meilleurs moments des Red Devils. La mémoire de Tex est bien hantée par le fantôme de Lester Butler. Et Main démontre qu’il a accompli d’énormes progrès sur son instrument. Le son des 44’s est authentique. Il est vrai que tous les musicos se servent d’instruments ‘vintage’! Remarquable, "Pleading my case" nous plonge au cœur du Chicago Southside. Kid Ramos a saisi son bottleneck et lance le riff de slide d'Elmore James. John vocalise énergiquement. Tex souffle à la manière de Junior Wells voire de Louis Myers. Johnny chante, sanglote même "Mr Operator", le blues lent de circonstance, un titre à l’instrumentation minimaliste. Le sax de Dziubla et la guitare lumineuse de Ramos alimentent "You'll be mine", un R&B imprimé sur un tempo enlevé. Main s’est manifestement amélioré aux vocaux. Il a acquis une telle expérience qu’il se révèle redoutable sur le country blues électrique "You'll be mine", une piste au cours de laquelle il se réserve également la partie de slide. Elle est même ravageuse. Et il remet impeccablement le couvert sur "Slip slidin' thang", pendant que notre Japonais, disciple de Magic Dick, signe sa meilleure sortie. "99 to life" est un authentique exercice de style acoustique. Dernier shuffle, "Mr Highway man" replace tous les acteurs sous les projecteurs. Et pour cette compo, ils ont une pêche pas possible. Des cuivres brûlants irradient "Hold on". "Americana" constitue le meilleurs elpee commis par les 44’s depuis "So Cal"! Et à coup sûr l'un des musts en blues, pour l’année 2012. 

 

mercredi, 15 août 2012 12:47

Fun on Saturday night

The Blasters incarne probablement le band ‘americana’ par excellence! Le groupe existe depuis 33 ans déjà ; et depuis ses débuts, il propose un savoureux cocktail de rockabilly, rhythm & blues, country, tex-mex et blues! Issu de Downey, le combo s’est installé à Los Angeles, en 1980. A la barre, deux frères : Phil et Dave Alvin. Ils sont alors épaulés par le bassiste John Bazz, le drummer Bill Bateman et le pianiste Gene Taylor.

Le premier cd est simplement et judicieusement sous-titré ‘American Music’. Ce qui correspond parfaitement au style des Blasters. Dave avait quitté le navire en 1986, pour embrasser une carrière personnelle ; mais il est toujours resté très lié à son frère et donc aux Blasters. Aujourd’hui, le band est drivé par le chanteur/guitariste/pianiste/harmoniciste Phil Alvin ; il est entouré par sa fidèle section rythmique réunissant Bill Bateman et John Bazz, Keith Wyatt se chargeant de la seconde gratte. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à L.A., dans le studio Pacifica, sous la houlette de Phil et de Scott Abeyta, patron de ce nouveau et intéressant label, Rip Cat.

L'ouverture est royale. Elle est digne des meilleurs Blasters. Du west coast jump chargé de swing. Il s’agit du "Well Oh well" de Tiny Bradshaw. Wyatt ne tient pas en place à la ‘six cordes’. Ses arpèges sont gouailleurs. De la pure dynamite ! Le "Jackson" de Johnny Cash offre une autre facette du groupe. Evidemment country, jamais très éloigné des ambiances festives rencontrées à la frontière mexicaine. Phil et Miss Exene Cervenka (NDR : c’est la vocaliste du groupe X) se sont respectivement mis dans la peau de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, pour interpréter cette plage. "Breath of my love" voyage au cœur des années 50. Cette compo nous entraîne du côté de Memphis et tout particulièrement des studios Sun. Phil siège derrière le piano. Soutenu par des chœurs en doowop, il chante à la manière d’Elvis Presley. Il est toujours au micro pour attaquer le titre maître. Sa voix est remarquable. Il affiche un ton aussi confidentiel (?!!?) que celui de Little Richard lorsqu’il hurle son rock'n'roll décapant. "No more nights by myself" baigne dans un climat lourd et mélancolique. La basse acoustique qui ouvre cette plage accentue cette sensation accablante. Le ton est cependant minimaliste et se révèle très proche de feu Sonny Boy Williamson II, cet artiste légendaire dont la voix distinctement chevrotante s’appuyait sur de courtes phrases tirées de son harmonica, qu’il ne quittait guère des lèvres! Retour à la guitare jump pour aborder le célèbre "Love me with a feeling", une compo issue du répertoire de Magic Sam qu’il avait écrite au cœur du Chicago Westside. Toute la vitalité du morceau émane de l'attaque des cordes. Phil emmène alors ses musiciens pour un Chicago shuffle plus vrai que nature : "I don't wantcha". Les trois Blasters éprouvent énormément de plaisir à épauler leur leader dans cette démarche rythmique proche de Jimmy Reed, pendant qu’Alvin peut souffler comme… Little Walter. Place ensuite à une cover du "Please please please" de James Brown. Toutes les voix se mettent au service de cette version particulièrement réussie. Mais les Blasters sont au sommet de leur art, lorsqu’ils pratiquent le jump. Bien huilé, il tourne à plein régime sur le célèbre "Rock my blues away" de Gatemouth Brown. "Penny" est une composition issue de la plume des quatre musicos. Très réussie, elle est imprimée sur un rythme lancinant, hypnotique, réminiscent de Howlin' Wolf. Perso, j’estime que le band devrait, à l’avenir, creuser dans cette veine. Par contre, le futile "The yodeling mountaineer" me botte beaucoup moins. Phil se prend pour un vocaliste tyrolien ioulant à l'infini. De bonne facture, cet elpee s’achève la reprise de "Maria Maria", un morceau signé par Dave Alvin. L’ambiance est franchement tex-mex. Les paroles sont chantées dans la langue de Cervantès. Et Kid Ramos s’y réserve le bajo sexto.

 

mercredi, 15 août 2012 12:37

Luke's dream

Les Mama’s Boys sont issus de Long Beach. Il y a déjà une bonne vingtaine d’années qu’ils écument les routes, à travers le monde. Si celles du sud de la Californie du Sud n’ont plus de secret pour eux, ils se sont également déjà produits à 22 reprises, outre-Atlantique. A ses débuts, la formation squattait littéralement un des meilleurs clubs de blues de L.A, le ‘Babe's and Ricky's Inn’, dont la propriétaire n’était autre que la regrettée légende locale, Mama Laura Gross. Depuis leur formation, ils sont drivés par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro. Il est épaulé par son fidèle guitariste, Smokehouse Brown. Le reste du backing group est cependant identique que lors de la confection du dernier opus, "Beautiful chaos", paru en 2011. Et leur musique est demeurée directe, primaire, rugueuse, âpre et puissante.

Surprise, le titre d’ouverture est acoustique. Il s’agit, en outre, du titre maître. Une plage qui rend hommage à un grand bluesman issu de Los Angeles, emporté par une overdose en novembre 2008, Robert Lucas. Il vivait le blues. Il avait le blues. Il chantait d’une voix caverneuse, très expressive. Au cours des dernières années de sa vie, il avait milité chez Canned Heat. Johnny chante superbement ce rêve de Luke. Il est épaulé par Brown à la gratte et le percussionniste local, Max Bangwell. Toujours en ‘unplugged’, le même trio est reconduit pour le percutant "Mr J.J's man", un boogie/country/blues, et l'excellente reprise du "Roller Coaster" de Bo Diddley. Des bruitages accablants forment la trame rythmique de "Thunder roll", une plage qui baigne au sein d’un climat de transe d'où se libèrent la slide largement amplifiée et l'harmonica du leader. Ce dernier poursuit même son chemin sans demander son reste flirtant au besoin avec les notes aiguës. Peter Atanassof a collaboré aux sessions d’enregistrement de ce disque. Il y joue de la guitare et injecte dans l’expression sonore de nombreux bruitages. Pas vraiment notoire, ce musicien avait quand même autrefois transité par le Paul Butterfield Band. "Knee high" est un boogie primaire, dur, tortueux, sans concession, bref à la sauce Mastro. On y remarque la participation du ‘sixcordiste’ déjanté Kirk Fletcher. De quoi nous rappeler que les Boys sont proches du boogie band le plus célèbre au monde, Canned Heat ; et bien sûr du regretté Henry Vestine. "Junker's blues" est une compo issue de la plume du pianiste boxeur new orléanais, Champion Jack Dupree. Ce blues est imprimé sur un mid tempo. La rythmique est lourde. Les douze accords sont plaqués. Les interventions à l’harmo sont claires et concises et s’évadent une nouvelle fois. En perpétuel dérapage contrôlé, la slide de Brown est saturée d'écho! Mastro semble toujours au bord de l'agonie lorsqu'il chante au cœur de rythmes hypnotiques. La douleur semble intense tout au long de "Hurt". Jimmy Goodall cogne durement sur ses peaux à l'arrière, alors que Scott Abayta, le patron de Ripcat, apporte sa collaboration à la guitare. La musique est âpre, mais elle passe bien la rampe. Le message du metal blues tient la distance. Après une intro qui prend sa source dans le Delta, "Tonight we ride" vire au Chicago blues. Une plage de bonne facture accommodée à la sauce des Boys. A la slide, Fletcher pousse le riff familier d'Elmore James, renforçant ainsi l'édifice. "The light" est un blues rock sauvage. Le mélomane est pris à la gorge. L'étau se resserre. D’autant que les terriblement efficaces "Francine" et "My rocket" embraient dans le même style. "Temperature" achève l’elpee. Une longue finale qui synthétise toutes les aptitudes de la bande à Mastro. Cette piste avait également été écrite par Little Walter. Un nouveau traitement lui est réservé. La pression est maximale. Atanasoff parsème la piste de bruitages décapants, nous plongeant au sein d’une transe psychédélique. Impressionnant !

 

mercredi, 15 août 2012 12:31

I'm gone

Kent ‘Omar’ Dykes est originaire de McComb, dans le Mississippi, à l’instar d’un de ses vieux maîtres, le légendaire Bo Diddley. Son premier groupe, il le fonde dès son plus jeune âge. Une formation qu’il va bientôt baptiser The Howlers. En 1976, décide d’émigrer à Austin, au Texas. Ce qui va l’encourager à jouer le blues des pionniers. Celui des Howlin' Wolf ou Hound Dog Taylor. Son premier elpee ne paraît qu’en 1980. Il s’intitule "Big leg beat". Il récolte un succès local. Mais dans la foulée, les Howlers vont publier 13 albums au cours des 15 années qui vont suivre.

A partir de "Boogie man", paru en 2003, il décide de collaborer auprès d’autres musiciens pour l’écriture. Et en particulier Ray Willie Hubbard, Alejandro Escovedo ou Stephen Bruton. Il commet encore un opus flanqué de ses fidèle Howlers, en 2006, "Bamboozled", puis grave deux elpees en compagnie de Jimmy Vaughan, "On the Jimmy Reed Highway" en 2007 et "Big Town Playboy" en 2009, sans oublier "Chapel Hill", pour lequel il reçoit le concours de Nalle et Magic Slim, en 2008. Et puis c’est le silence absolu. Avant qu’il ne refasse surface au cours de cette année, en publiant trois long playings en quelques mois. Soit ce "I'm gone", une compile intitulée "Essential collection", prodiguée par Omar & the Howlers, et "Just a little bit more", œuvre du regretté souffleur Gary Primich auquel il était associé.

Cette nouvelle sortie correspond à la célébration de son 50ème anniversaire sur la scène musicale. Pour la circonstance, Omar est soutenu par le drummer Wes Starr et le bassiste Bruce Jones, une section rythmique qui participent à l’aventure depuis les débuts, soit 30 années. Les sessions se sont déroulées au sein des studios South Lamar, à Austin, des sessions au cours desquelles d’autres potes ont débarqué ; en l’occurrence les gratteurs Derek O'Brien et Casper Rawls ainsi que le batteur Mike Buck et le bassiste Ronnie James.

Cet album passe en revue les goûts musicaux de notre géant au cœur tendre. A l’instar du titre maître. Un pur rock'n'roll qui déménage. Omar n'a rien perdu de sa dextérité sur le manche. Ses doigts parcourent les cordes à la manière de Scotty Moore. Sa voix sert de gouvernail. Il embraie par "All about the money", un bon vieux blues texan imprimé sur un tempo emprunté à son icône, Jimmy Reed. Il enfourche son cheval et part au galop sur les chemins poussiéreux du Far West à la recherche de ce "Drunkard's Paradise", sur un rythme très country. Le Bo Diddley beat introduit "Wild and free", une plage au cours de laquelle la section rythmique soutient à merveille son leader! Le maître nous réserve des envolées très rock’n’roll tout au long du blues shuffle classique "Down to the station ". Il y manifeste une facilité déconcertante. Instrumental, "Lone star blues" est un texas blues indolent et généreux qui ne manque pas de relief. Autre instrumental, "Omar's boogie" est un exercice de style bourré de petites astuces techniques épatantes. Proche des racines, Omar chante passionnément "Goin' back to Texas". Une douceur communicative nous suggère l’étreinte tout au long du torride et mélancolique "Let me hold you", une piste au cours de laquelle Omar communique son mal-être de l'instant. Direction plein nord. Vers Memphis, dans le Tennessee. Pour un blues/rock intitulé "Move up to Memphis". Signé John Lee Hooker, "I'm mad again" est le blues lent de circonstance. Le riff est répété à l’infini. Puissante, caverneuse, brûlante, concédant des accents dramatiques, sa voix rappelle le légendaire Howlin' Wolf. D’excellente facture, cet elpee s’achève par "Take me back (to Mississippi)". Un flirt entre le country blues et le rockabilly qui nous ramène aux premières années de sa carrière musicale. Et la guitare y est tout simplement magique. Welcome back Mr Dykes!

 

mercredi, 08 août 2012 18:44

Choice Cuts

Pieter ‘Big Pete’ VanderPluijm est néerlandais. Chanteur/harmoniciste, il milite aujourd’hui au sein du MOCT. Il s'est révélé, il y a quelques années, en animant le Tribute to Lester Butler Band, un groupe créé afin de faire revivre la musique du légendaire artiste californien, qui s’était surtout illustré au cours de sa carrière chez les Red Devils et Thirteen. C’est sans doute ce qui explique pourquoi Big Pete a été le premier artiste européen à être signé par le label blues de Los Angeles, Delta Groove. Et le boss Randy Chortkoff a mis toute la machine de guerre du label au service du souffleur batave. Car si à la base, il est soutenu par le guitariste Alex Schultz (NDR : ex-comparse de Lester Butler au sein de Thirteen), le bassiste Willie J. Campbell et le drummer Jimi Bott, de nombreux invités sont venus lui rendre visite, dans le studio de North Hollywood!

Pete ouvre ce "Choice cuts" par "Driftin" de Lester Butler. Ce n’est pas une surprise. La démarche nerveuse et saccadée de ce dernier est fort bien restituée. Le souffle est puissant, dominateur. Jim Bott imprime un tempo frénétique. Pete chante le "Can't you see what you're doin' to me" d'Albert King, un morceau qu’Alex Schultz souligne d’un trait de gratte très King. Le géant et génial Kim Wilson se réserve l’harmo sur la cover d’"Act like you love me" de Jimmy Rogers, une plage qui déménage. Le temps reste orageux pour le "Don't start crying now" de Slim Harpo, un brûlot au cours duquel Schultz se révèle explosif. L’ex-Hollywood Fats Band Al Blake est à l'harmonica et Rob Rio aux ivoires sur le "I got my eyes on you" d'Otis Smothers, un Chicago blues classique. "I was fooled" est une compo issue de la plume de Jody Williams. La version proposée est un des sommets de l’elpee. Rob Rio est hystérique au piano. Le Texan Shawn Pittman dispense ses interventions de gratte ravageuses et puissantes. Transcendé, Pete se met à nouveau dans la peau de Butler. Kid Ramos se défonce aux cordes sur le "Rockin" daddy" de Howlin' Wolf, un West coast jump de toute bonne facture. Johnny Dyer, ancien compagnon de Muddy Waters, vient alors ouvrir une parenthèse. Le vétéran noir chante le "Left me with a broken heart" de Jimmy Rogers. Autre grand gratteur issu de L.A., Rusty Zinn brille sur "Just a fool" un classique signé Little Walter.  Pete a fait le plein d'oxygène pour rester dans le tempo! Excellence et diversité sont les deux maîtres mots de cet opus. John Marx est préposé à la ‘six cordes’ et Big Pete à l'harmo chromatique sur le "Chromatic crums" du regretté William Clarke, une version bourrée de swing. Pour la reprise du "I'm a business man" de Willie Dixon, on retrouve un des rares musiciens blancs à avoir sévi dans le backing band de Muddy Waters, Paul Oscher. Il se réserve le mélodica. La classe! Et Delta Groove annonce la parution un nouveau volume d’ici quelques mois !

 

mercredi, 08 août 2012 18:39

After the fall

Debbie Davies est une véritable blueswoman. Elle chante, mais c’est surtout une guitariste talentueuse qui a été formée, dans le passé par le génial Albert Collins. D’ailleurs, elle a milité au sein de ses Icebreakers de 1988 à 91! Depuis, elle tourne inlassablement sous son nom et s'est régulièrement produite dans nos contrées. En 2010, elle a remporté le Prix de ‘Meilleure artiste féminine de blues contemporain’. Très tôt, la jeune Debbie avait pris goût au blues à l'écoute des groupes issus du british blues boom. Elle est ainsi devenue la guitariste du groupe féminin, Maggie Mayall and the Cadillacs.

Maggie était bien entendu l'épouse du légendaire John Mayall! Sa carrière discographique, elle l'entame en 1993, par "Picture this", sorti chez Blind Pig. Depuis elle a publié plus de dix albums. Tous dignes d'intérêt! Le précédent, "Holdin' Court", paru en 2009, était uniquement instrumental. En décembre 2010, la disparition de son amie Robin Rogers, une chanteuse de blues âgée de 55 ans qui avait enfin acquis une certaine célébrité, l’a particulièrement affectée. Récemment, elle s’est fracturé le bras. Ce qui l’a forcée à s’éloigner un moment de la scène ; mais en même temps lui a permis de se concentrer sur la composition. Elle nous propose ainsi sur ce nouvel elpee, six plages issues de sa plume, les cinq autres relevant de son fidèle batteur/compositeur Don Castagno.

Lors des sessions, elle a reçu le concours du claviériste Bruce Katz, mais également de son backing band habituel. Sauf pour une plage, au cours de laquelle elle est soutenue par d’autres musicos ; en l’occurrence l'équipe de la Côte Est du jeune chanteur guitariste, Dave Gross (NDR : ce dernier assure également la production). Il s’agit du titre d'ouverture, "Don't blame on me". Inspirée par son maître, Albert Collins, sa sortie aux cordes est caustique sur le subtilement funky "The fall". Excellent ! Superbe ballade mélancolique, "True blue fool" est traversé par un solo empreint de légèreté et de sensibilité. Une sonorité très Fender émane de sa gratte pour introduire en picking "Done sold everything". Bien maîtrisée, l’évasion monte en puissance et atteint son point culminant, lorsqu’elle est rejointe par le talentueux Dave Gross. Les compos sont de bonne facture. L'accent est toujours posé sur une ligne mélodique irradiant de douceur et de sérénité. Au sein d’une semblable atmosphère, l'orgue Hammond de Mr Katz prend toute son importance. Les ballades trempées dans le blues défilent : "Little broken wing", "All of my forgiveness". Honneur au piano sur "Goin' to a gaggle", une plage qui nous entraîne dans les rues festives de la Nouvelle Orléans. Blues classique, "I'll feel much better when you cry" est imprimé sur un mid tempo. Debbie met toute son expérience au service de cette compo, en y dispensant des notes bouleversantes. "R.R Boogie" (NDR : R.R pour sa copine Robin Rogers) est un instrumental qui déménage. L’elpee s’achève par "Google me baby", une piste légère, cool et jazzyfiante. Un parcours sans faute!

 

mercredi, 08 août 2012 18:30

I'm gonna be ready

Josh Smith est chanteur, guitariste et compositeur. Agé de 33 ans, il est originaire du Connecticut, mais vit aujourd'hui en Floride, du côté de Fort Lauderdale. Très tôt, il s'intéresse au blues et monte sur la scène du club local ‘M’, en compagnie des bluesmen qui s’y produisent. Ces performances lui permettent de sortir un premier album, alors qu’il vient à peine de fêter ses 14 printemps. Il s’intitule "Born under a blue sign". Un an plus tard, il publie le deuxième, "Woodsheddin'". Dès 1997, il commence à tourner inlassablement, à la tête de son trio, The Frost. Ses deux elpees suivants sont produits par le célèbre Jim Gaines (Santana, Luther Allison, Stevie Ray Vaughan, …) En 2002, il part s’établir à Los Angeles. Depuis, il est constamment sur la route, mais n’en oublie pas pour autant de graver de nouvelles œuvres. En 2011, il est signé par le label allemand Crosscut, pour lequel il enregistre "I'm gonna be ready". Les sessions se sont déroulées à West Hills, en Californie.

"Fine young thing" se révèle aussi autoritaire qu’efficace. La guitare est constamment à l’attaque. Le chant est puissant. Fred Kaplan, le vétéran, est dans son jus, derrière son piano, pendant que Lynwood Slim, souffleur californien notoire, se démène à l'harmonica. Une ouverture royale ! Le chant est chargé de passion sur "Only you", un R&B nappé d’orgue et de cuivres ; mais c’est le très habile Kirk Fletcher qui se réserve les cordes rythmiques. Les percussions de Mike Clarke et les ivoires de Kaplan imposent un tempo très swing à "Goin' out tonight". Suivant son instinct, Smith met le nez à la fenêtre pour aligner des grappes de notes impérieuses. "The way you do" est le blues lent de circonstance. Josh chante paresseusement face aux interventions de claviers, d’orgue et de piano, alors que les cuivres répondent à la sortie des cordes. Largement cuivré, "You and me" est une plage trempée dans le soul/funk. Une invitation à se déhancher ! Le titre maître est du Josh Smith pur et dur. Un shuffle blues offensif exécuté en formule trio. Très original, à partir de motifs empruntés à John Lee Hooker, le jeu de cordes communique une intensité dramatique. "Sober up baby" puisse son inspiration dans le Chicago westside. Celui de Magic Sam voire d'Otis Rush pour le rythme. Le chant est très autoritaire et la guitare indomptable. Jeff Young balise "Where's my baby" de ses interventions à l’orgue, une piste qui libère beaucoup de groove. Blues jam, "Ain't enough" ne manque pas de relief. Impressionnante, la sortie nous entraîne dans un univers proche de Jimi Hendrix. "Dead wrong" clôt l’opus. Un titre de soul/blues remarquable.

L’œuvre est enrichie d’un mini cd réunissant 4 pistes instrumentales qui nous plongent au cœur d’autant d’ambiances différentes. Soit le blues lent "Penance", hanté par Jeff Beck, le cuivré "Fulfillment", caractérisé par ses accès de jazz et R&B, le percutant "Propulsion", un morceau country chargé de swing, et enfin, le plus pop/rock "Inception"

 

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