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jeudi, 21 juin 2012 18:36

Live and more…

Le label français Dixiefrog, nous propose de découvrir, sur une même scène, quelques-unes de ses meilleures montures. Trois lettres de feu réunissant les initiales du nom des artistes : BTC. Neal Black est chanteur et guitariste. Originaire de San Antonio, ce Texan vit en France. Nico Wayne Toussaint est un brillant chanteur/harmoniciste. Et enfin, Fred Chapellier, un des meilleurs gratteurs du blues français.

Ils se produisent sur les planches de l’Orange Bleue, à Vitry-le-François, en juin 2011. Le trio est soutenu par quelques excellents musiciens : la pianiste Mike Lattrell, (un New-yorkais qui a beaucoup joué en compagnie de Popa Chubby, Arthur Neilson et Big Ed Sullivan), le bassiste Christophe Garreau et le drummer Vincent Daune.

Notre trio ouvre les hostilités par un texas blues signé par le regretté Johnny Copeland : “Daily bread”. Une bonne entrée en matière. Toussaint embraie par son “Ain’t no need”, une compo subtilement teintée de funk. La température du set commence à monter. Baignant au sein d’un climat boogie, “Handful of rain” maintient la pression. “I’ll fly away” est une ballade bien adaptée à la voix rocailleuse et douloureuse de Black, un homme qui a du vécu. Et difficile de rester insensible à l’intensité communiquée par l’orgue Hammond de Lattrell et l’harmonica. Chapellier chante “Le blues”, dans la langue de Molière. Autoritaire, sa voix est même susceptible de rappeler… un certain Johnny Halliday! Parmi les meilleurs moments de l’elpee, on épinglera encore “I was wrong”, une plage imprimée sur un mid tempo dont la ligne mélodique est assurée par Nico. “Smart money” également. L’instrumental explosif “Boogie-ing at l’Orange bleue” ensuite. Et la plage finale “Turning point”, au cours de laquelle on a l’impression que Toussaint ne veut plus s’arrêter. Ce concert live a été immortalisé sur le premier cd.

Sur le second, offert en bonus, les 6 plages ont été concoctées en studio. D’élégantes interventions à l’harmonica amorcent “Blues follow you home”, avant que la voix ravagée de Black et les grappes de notes concédées par l’extraverti Chapellier ne fassent leur apparition. Légèrement funkysante, “Can’t sleep at night” est une superbe plage enrichie par une divine partie de musique à bouche. Le même Toussaint brille de mille feux sur “Saint on the highway”. Le rythme et l’attaque de la compo me rappellent le J Geils Band de Magic Dick. Les deux guitares duales en sont également un très beau témoignage. Black chante “Sunrise in prison” une ballade qui ne respire pas la joie de vivre. “Memphis connection Part1” clôt l’opus, un instrumental enlevé et chargé de swing!

 

mercredi, 13 juin 2012 19:21

Great Gypsy soul

Originaire de l’Iowa, Tommy Bolin n’est guère notoire. Et pourtant, c’était un surdoué de la guitare. Il a en effet succombé à une overdose d’héroïne. Il avait à peine 25 ans. Son parcours, il l’avait entamé au sein de Zephyr. En 1969. Un groupe en compagnie duquel, il avait publié deux long playings. Il forme Energyen en 1972, une formation de fusion jazz rock ! Il succède, un peu plus tard à Joe Walsh (NDR : dont la carrière va culminer chez les Eagles) au sein de James Gang. Nous sommes alors en 1973. Il rejoint alors Deep Purple. Entre 75 et 76. Quelques mois. Pour remplacer Richie Blackmore. Le temps d’enregistrer “Come taste the band”. Quatre mois plus tard, il s’éteignait. Et pourtant, entretemps, il avait réussi à monter son propre band. Un Tommy Bolin Band responsable de deux opus officiels : “Teaser” en 1975 et “Private eyes” l’année suivante.

« Great Gypsy soul » épingle 9 pistes issues de son premier elpee. En fait des versions alternatives et des inédits ! Une collection opérée sous la houlette du producteur Greg Hampton et de Warren Haynes (Gov’t Mule, Allman Brothers Band) ; un travail opéré à partir des bandes enregistrées originales, sur lesquelles des invités sont venus apporter leur petites touches personnelles. Une initiative curieuse destinée à faire revivre un artiste qui nous a quittés voici plusieurs décennies.

Tommy n’était pas un chanteur inoubliable. L’elpee s’ouvre par “The grind”, une compo sur laquelle intervient Peter Frampton, un personnage qui a roulé sa bosse, tant sous son propre nom que chez Humble Pie! Très bluesy, ce rock est plutôt bien charpenté. La slide est gouailleuse et les échanges de cordes s’opèrent à haut niveau. “Teaser” constitue sans aucun doute le sommet de l’elpee. Une plage sur laquelle Mr Warren Haynes, un des meilleurs sliders contemporains, y ajoute ses interventions. Et elles sont aussi riches, denses que surprenantes ; à tel point que parfois on se demande si les deux gratteurs ne sont pas côte à côte. Rock blues lent, “Dreamer” concède des accents dramatiques. Changement de décor pour “Savannah woman”, qui goûte aussi bien à la samba qu’au jazz. Des touches de jazz apportées par Scofield. Du jazz que l’on retrouve sur “Smooth fandango”, mais dans l’esprit d’un Carlos Santana, un instrumental marqué par la présence d’un musicien particulièrement talentueux, Derek Trucks. Glenn Hughes chante passionnément “Sugar shack”, une piste alimentée par les interventions redoutables à la slide du notoire Sonny Landreth. Il est toujours au micro pour le morceau final de l’elpee, “Lotus”. Un blues de bonne facture, indolent, atmosphérique, rehaussé par la présence du jeune et charismatique Joe Bonamassa ainsi que de Niels Cline de Wilco, aux six cordes. Intéressant, cet opus est double. Il est enrichi d’un bonus recelant “Flying fingers” et “Marching bag”, une suite en quatre mouvements!

 

mercredi, 13 juin 2012 19:12

The Pearl Sessions

Janis Joplin était une chanteuse exceptionnelle, disparue bien trop tôt. Elle était née à Port Arthur, au Texas, en 1943. Elle n’a pas 20 ans, lorsqu’elle part en autostop pour San Francisco. Elle y intègre la communauté issue de la génération Flower Power, véhicule de la contre-culture, qui allait la marquer à jamais. Elle était fortement influencée par les chanteuses de blues, Bessie Smith et Big Mama Thornton. Elle est devenue, très jeune, accro aux drogues et à l’alcool. C’est cette addiction à l’héroïne qui allait l’emporter en octobre 1970. Elle n’était alors âgée que de 27 ans. Dès 1966, elle intègre le Big Brother and the Holding Company, un des groupes-phare issus du quartier de Haight-Ashbury, à San Francisco. Au cours de cette période, la formation va publier un opus indispensable, “Cheap thrills”. En 1968, exactement. Un disque sur lequel figurent “Piece of my heart” et “Summertime”. En 1969, elle forme son propre band, le Kozmik Blues Band. Elle le veut plus blues, funk et soul. Une aventure immortalisée par l’elpee “I got dem old Kozmik blues again Mama!”. L’année suivante, elle monte le Full Tilt Boogie Band. Durant l’automne 1970, elle enregistre l’album “Pearl” ; mais le lendemain de la mise en boîte de “Me and Bobby McGee”, soit le 4 octobre, on la découvre sans vie, dans sa chambre d’hôtel.

Cette œuvre débute par un brûlot, “Move over”, une chanson dynamique, nerveuse qui laisse éclater la voix extraterrestre de l’artiste. Superbe blues, “Cry baby” est toujours illuminé par l’organe de Janis. Elle vit passionnément l’instant. La sensibilité qu’elle libère est impressionnante. La star et les musiciens canadiens sont en parfaite harmonie. Claviers, piano et orgue balisent parfaitement cette compo. Lente, vivifiante, chargée de passion et saturée d’émotion, “A woman left lonely” est une autre ballade trempée dans le blues. “Half moon” est calqué sur un chant gospel. “Buried alive in the blues” est une compo signée par Nick Gravenites. La version est demeurée instrumentale, car Janis venait de décéder, juste avant d’opérer la prise vocale. “Me and Bobby McGhee” est un morceau issu de la plume de Kris Kristofferson. Parcourus d’accent country, la version est sublime. Publiée en single, elle allait atteindre le sommet des charts. Lorsqu’elle interprète a capella “Mercedes Benz”, un large frisson nous parcourt l’échine. Et cette passion la dévore une nouvelle fois, lorsqu’elle attaque le “Trust me” de Bobby Womack. Tout comme lors de la finale, “Get it while you can”.

“Pearl” était sans aucun doute l’une des meilleures œuvres de cette époque. Ce double cd constitue un véritable testament, destiné à nous rapprocher de cette artiste si attachante. Et on a presque envie de pleurer, en écoutant la version demo de “Me and Bobby McGhee”, une plage sur laquelle elle s’accompagne à la guitare acoustique. En fin de parcours, les deux plages immortalisées ‘live’ nous rappellent cette fièvre et cette énergie qui la magnifiaient sur les planches… 

 

mercredi, 13 juin 2012 19:04

Shape Shifter

Plus de 40 ans que Carlos Santana se produit aux quatre coins des Continents. Indubitablement, c’est un guitariste légendaire de la ‘rock generation’. Santana, c’est également le groupe qu’il a fondé. Une formation devenue extrêmement populaire le lendemain de sa prestation accordée au festival de Woodstock, en 1969 ; une prestation immortalisée par le film qui a été consacré à cet événement. Carlos n’est pas très doué au chant. D’ailleurs au cours de sa carrière, il a sollicité le concours d’une belle panoplie de vocalistes, issus d’univers différents.

Ce nouvel opus marque son retour à une formule presqu’exclusivement instrumentale, privilégiant son jeu sur les cordes! Cet elpee, il l’a publié sur son propre label, Starfaith. Une première ! Une œuvre certainement moins percutante que “Guitar heaven : the Greatest guitar classics of all time”, son précédent cd paru en 2010 ! Chez Santana, l’expression sonore est souvent née de la mise en exergue du jeu pyrotechnique de son leader conjugué aux percussions bien mises à l’avant. Sans oublier la présence de claviers vintage. Un univers propice à des références latines alimentant un rock largement teinté de jazz, qui ne néglige pas pour autant le sens mélodique. Et c’est bien ce que nous retrouvons sur ce disque.

L’elpee s’ouvre sous les meilleurs auspices par le titre éponyme, théâtre d’échanges entre les cordes et l’orgue Hammond de Chester Thompson. Une ouverture majestueuse et chargée de promesses. “Dom” s’ébroue sur quelques accords de claviers synthétiques, à l’instar d’une bande sonore cinématographique. Les percus trament le rythme de “Nomad”, une compo sur laquelle les cordes de Carlos vagabondent au cœur du désert, suivant des chemins qu’il avait déjà emprunté sur l’excellent opus “Caravanserai”. “Metatron” trace une ligne musicale contagieuse, une piste au cours de laquelle, Carlos aligne des notes dignes du Santana au sommet de son art. La quintessence de l’œuvre est alors derrière nous. L’artiste affiche cependant toujours une classe incontestable, sur les titres suivants, mais il y manque la flamme. A l’instar de “Macumba in Budapest”, caractérisé par son esthétisme latino ou de “Mr Szabo”, une plage festive alimentée par cordes acoustiques et percussions. Une seule plage chantée : “Eres La Luz”. Un morceau classique dont climat allègre et latin est entretenu par les inévitables percussions. Enfin, interventions de guitare, de piano et d’orgue rivalisent de technique sur “Canela”. D’honnête facture, cet album n’est pas “Supernatural”. Et ce dernier remonte quand même à 1999.  

 

Bob Welch vient de nous quitter. Il s’est suicidé en se servant d’une arme à feu, chez lui, à Nashville. Il avait 66 ans. Guitariste et claviériste, c’était un remarquable musicien. Lorsqu’il intègre Fleetwood Mac, c’est pour remplacer Jeremy Spencer. En 1971. Suite au départ de Danny Kirwan, l’année suivante, il en devient le soliste. Il y militera jusqu'en décembre 1974 et sera remplacé par Lindsay Buckingham et la chanteuse Stevie Nicks. Au cours de cette période, il a collaboré à la confection de 5 albums : "Future games", "Bare trees", "Penguin", "Mystery to me" et "Heroes are hard to find". Il incarne, en quelque sorte, le relais entre le Fleetwood Mac de Peter Green, formation de british blues drivée par l'inoubliable Peter Green, et le groupe pop allait connaître la consécration internationale, après son départ. Il fonde ensuite son trio Paris, immortalisée par la confection de deux elpees, puis embrasse une carrière en solitaire, au cours de laquelle il va concocter quelques long playings. Depuis une quinzaine d’années, il avait acquis une belle notoriété au sein des milieux du blues californien. Aussi à l'aise à la guitare qu'au piano ou à l'orgue, il a également, sévi au sein des formations d'Elvin Bishop et de Rusty Zinn. Il a aussi régulièrement accompagné des harmonicistes réputés comme Charlie Musselwhite, Mark Hummel, Rick Estrin, John Nemeth, RJ Mischo ou encore Kim Wilson, James Harman et James Cotton.

 

mercredi, 06 juin 2012 20:23

Two sides of a rainbow

Spirit est né au cœur de ce bouillonnement musical qui a marqué la fin des sixties. Issue de Los Angeles, cette formation mêlait rock et jazz au sein d’une une atmosphère progressive et parfois psychédélique. Son leader était le jeune chanteur/guitariste Randy California. Plus tôt, il avait joué aux côtés de Jimi Hendrix chez Jimmy James & the Blue Flames. Randy était soutenu par son beau-père, Ed Cassidy, à la batterie et trois autres musiciens dont le pianiste John Locke.

Paru en 1968 chez CBS, le premier album recelait une longue plage majestueuse, intitulée  “Mechanical world”. Il était éponyme. Leur style va ensuite évoluer vers un format rigoureusement plus rock, à l’instar des œuvres suivantes, “The family that plays together”, “Clear” et “The twelve dreams of Dr Sardonicus”. Au fil du temps, la formation va subir de nombreux changements de line up, mais retrouver régulièrement les mêmes collaborateurs à des moments différents.

Mars 1978, le band est à l’affiche du Rainbow Theatre de Londres, alors que nous sommes en pleine explosion du punk! En supporting act, se produit un groupe débutant : The Police. Spirit est alors réduit à un trio, impliquant trois musiciens assez extraordinaires : California, Cassidy derrière les fûts et le bassiste Larry ‘Fuzzy’ Kinght (NDR : ce dernier est toujours leader de son Blinddog Smokin’ Blues Revue aujourd’hui). Le concert avait été enregistré pour permettre la publication d’un elpee live, “Live Spirit”, l’année suivante. Mais ce disque avait subi différents reliftages avant d’être commercialisé : remixages et ajouts de prises de guitare étaient censés pallier les défauts de prise de son.

“Two sides of a rainbow” est double. Et il provient de bandes retrouvées et retravaillées par Mick Skidmore. Des bandes directement prises sur la table de mixage. Elles sont immortalisées sur le premier disque.

Les rappels (d’une durée de 35’) figurent en début du deuxième cd. Ils sont suivis par le même concert consacré à “Live Spirit”, mais avec un son différent. Ce qui explique le titre de cet opus, “Two sides on a rainbow”! Un set fabuleux au cours duquel le trio était au sommet de son art. C’est vrai, la prise de son n’est pas vraiment terrible, mais cette œuvre devrait ravir les fans. Elle recèle en outre, les deux hits single, “I got the line on you” et “1984”, trois titres extraits de leur célèbre elpee, “Dr Sardonicus” dont le superbe “Nature’s way” ainsi qu’un inédit particulièrement dynamique, enregistré en studio, “Looking down from a mountain”. Sans oublier les reprises qui faisaient la richesse des concerts : “Like a rolling Stone” de Dylan, “Hey Joe” interprété en forme de clin d’œil adressé à Hendrix ; et, en rappel, “All along the watchtower” (toujours du Zim), ainsi que “Stone free” et “Wild thing”, adaptés à la manière du dieu Jimi. Bref, tout en saluant le travail opéré par Mr Skidmore, il faut reconnaître que celui que Randy California avait réalisé sur la mouture originale de “Live spirit”, était bien meilleur. Il ne pourra malheureusement plus donner son avis à ce sujet, puisqu’il a disparu, emporté par les flots de l’océan Pacifique, au large des îles Hawaï, en janvier 1997. Il avait 45 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le rock venait de perdre un de ses plus grands guitaristes…

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Destiny road

Manifestement, le label Artisan profite au maximum de Peter Green tant qu'il peut rester dans le parcours. "Destiny road" est un opus flambant neuf. Pour la 1ère fois depuis le retour en 1996, les musiciens ont eu le temps de prendre du recul et d'écrire de nouvelles compositions en compagnie du célèbre Pete Brown.

Cet elpee vous propose donc 10 compos personnelles, incluant "Indians", déjà gravé sur le "Soho sessions", et deux reprises, "Madison blues" d'Elmore James et "There's a river" de Stevie Winwood. Disons-le tout de suite, la production de Pete Brown est excellente. Le son est bien clair. Une atmosphère se dégage manifestement de cet album. Peter Green a peut-être trouvé sa nouvelle voie. En produisant un nouveau son qui colle plus à la peau de l'homme qu'il est aujourd'hui ; enfin décidé à ne plus contempler, en vain, les flammes d'un passé révolu. Si on l'écoute d’une nouvelle oreille, ça passe. Le Splinter Group se meut dans un style très laidback. Une ambiance assez feutrée plus hospitalière pour Peter qui ne hausse plus le ton de la voix. Tout au long de la première partie de l’œuvre, elle fonctionne d’ailleurs bien dans ce style. La guitare est discrète mais efficace. L’orgue colore le son et les chœurs féminins donnent la réplique. "Big change is gonna come", "Say that you want to" et "Heart of stone" forment une unité très cohérente. La tendresse, la beauté, la clarté de "You'll be sorry someday" n'est pas sans nous rappeler de très heureux moments comme "Need your love so bad". J'accuse aussi un faible pour "Burglar", une plage bâtie sur un riff exotique, une guitare appuyée, un break d'harmonica et surtout une mélodie qui accroche. C'est le Peter Green sound de la fin de millénaire. "Turn your love away" qui suit est assez complexe et met bien en évidence les qualités du Splinter Group. La version de "Madison blues" soutenue par un piano et un sax est percutante. J'aime moins les derniers titres, tous chantés par Watson, bon chanteur mais sans étincelle. L'album est terminé depuis près d'une minute que resurgit la mélodie de "Man of the world". Une beauté à couper le souffle. Nouvel espoir du côté de chez Green ?

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Dark of the night

Scott Holt vient du Tennessee. Agé de 33 ans, il apparaît régulièrement et depuis une dizaine d'années, dans le backing band du célèbre Buddy Guy. Il a aussi été fortement marqué par le style de Jimi Hendrix. Pour ce 2ème album, ECM, un label de Nashville, a mis les petits plats dans les grands. Et c'est Eddie Kramer (Led Zeppelin, Stones, Dylan,…) qui se charge de la production!

Scott apparaît au sein de trois formations différentes. Sur trois titres, il est rejoint par d'anciens musiciens de Hendrix. En l’occurrence Mitch Mtchell d'Experience et Billy Cox du Band of Gypsies. Ce qui nous vaut l'accrocheuse plage d'ouverture "Five women" (de Prince), au cours de laquelle la guitare rappelle celle de Carlos Santana, "You gotta serve somebody" de Dylan, et surtout, encore plus proche de Jimi Hendrix, un "Breakin' up somebody's home" qui a reçu le renfort de Buddy Guy.

Sur quatre fragments, il est accompagné de Double Trouble, l'ancien groupe de Stevie Ray Vaughan. Un autre adepte de Hendrix. Le feeling est tout de suite plus blues, chaleureux, et le groove de la section rythmique à son maximum. L’environnement sonore est coloré par l'orgue Hammond de Reese Wynans. "Stand by me" lui colle à la peau. Sa voix, bien modulée, épouse les contours rythmiques. Excellent!

La même équipe nous emporte avec la même réussite dans des thèmes connus, "I believe to my soul" (Ray Charles), "Dimples" (John Lee Hooker) et "Right place, wrong time" (Otis Rush). Enfin, cinq titres ont été enregistrés en compagnie de son groupe, le Scott Holt Band. Le blues rock y est parfois un tantinet hard. A l'exception du blues très sensible, écrit par Guitar Slim, "It hurts to love somebody". C’est d’ailleurs ici que la guitare de Holt, retenant parcimonieusement ses notes, se fait la plus délicate et aussi la plus performante. Scott Holt vaut tous les Kenny Wayne Shepherd, Mike Welsh et Joni Lang de la Terre.

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Movin’

Toujours très colorée la tenue d’Eddie Il trône en pochette tout enturbanné d’or et cerné de rouge. Peut-être un reliquat de la Jamaïque qui l’avait vu naître voici 71 ans. Pourtant, sa jeunesse, il la passe dans les champs de coton de l’Alabama! Il émigre à Detroit à la fin des 40s, au bon moment pour se joindre à un John Lee Hooker en pleine ascension dans sa carrière. Depuis, il mène sa carrière en dehors de toute influence majeure. Il compose, comme nul autre. Son jeu de guitare est unique. Un style qui peut parfois paraître fragile, aux confins de la dissonance, mais en même temps clair, amplifié, épousant de près son chant.

Et c’est vrai dès le titre d’ouverture, "Love me". Il aime jouer sur les sons, mais en les dominant. La mélodie peut être au rendez-vous. Comme sur "Rainbow", au cours duquel la voix de ténor est bien posée. C’est du tout bon Kirkland. Sur "Honey bee" (pas celui de Muddy), il accélère le rythme et sort son harmonica avec plein de fougue et d’enthousiasme. Il a été, dans les 60s, le guitariste d’Otis Redding. Il peut nous le rappeler par le son Stax de "Movin’ on", grâce aux Nutmeg Horns et l’orgue de Bruce Feiner. Eddie chante avec beaucoup de passion, de vécu, de feeling dans la voix, de persuasion aussi, à l’instar du remarquable "Got to find me another woman". Cet elpee nous réserve quelques sommets.

 

vendredi, 31 décembre 1999 02:00

Blues burnin´ in my soul

‘Un des secrets les mieux gardés de Chicago’, précise les notes de pochette! Je n’en sais rien, mais une chose est sûre, Johnny Laws est doté d'une voix remarquable, faite de douceur et de sensualité, proche du blue soul.

Manifestement, il affirme sa classe dès l'ouverture, "Driving wheel", de Roosevelt Sykes. L'harmonica de Chris Whiteley et le piano de Tyler Tarema font ici preuve d’un maximum de retenue et de discrétion. Aussi proche, la reprise de "Sweet sixteen", est toujours cajolée par une voix réservée et mielleuse. Comme son style ne le trahit pas, Johnny est bien un vrai bluesman de Chicago, né dans le South Side, il y a 56 ans. Et le blues, il peut le chanter sans discussion, injectant la sensibilité naturelle qui est la sienne. A l’instar du "Part time love" de John Hammond, " I’ll take care of you " de Brook Benton et surtout le "Steal away" de Jimmy Hughes". Ces plages baignent au sein d’une douceur infinie et une beauté extrême. De très grands moments! Dans sa jeunesse, Laws a été encouragé par Jimmy Reed. Il reprend ici 2 de ses meilleures compositions, "Ain't that lovin' you baby" et le très beau "Honest I do". Laws est un fin guitariste, mais son tempérament discret, économe, prend le plus souvent le dessus. Peu d'exercices de style en solitaire à se mettre sous la dent ; sauf le célèbre et rondement mené "Little by little". Cette œuvre délicate se termine par une reprise veloutée de "Sadie" de Hound Dog Taylor. A découvrir!

 

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