La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Gavin Friday - Het Depot
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

samedi, 31 décembre 2005 01:00

PREfection

D’abord on se dit que Cass McCombs nous refait le coup de son premier album (« A »), et on prépare déjà nos vannes sur l’alphabet. Sauf qu’après quelques minutes de mise en jambe, on est bien obligé de constater que l’Américain a viré sa cuti folk pour embrasser à corps perdu la trilogie cold wave de Cure (« Faith », etc.). Une basse qui vrombit, une ambiance un peu malsaine, un synthé qui pleurniche, et - miracle ! - une guitare pleine d’allégresse : les Smiths, Echo & The Bunnymen, Felt. Ils sont là, à jouer au scrabble, et Robert Smith a tout cassé dans le salon. Tout le monde l’avait pourtant prévenu : pas de mascara sur le plateau de jeu, ça tâche. Alors il a pris sa guitare, et il s’est énervé : « Tourist Woman », il a dit, avant de balancer un riff bien garage. Un mec dans un coin, sans doute le type de Wedding Present, a lancé une sale vanne : « Putain ta chanson on dirait du Comets On Fire joué par I Am Kloot ! ». Tout le monde a bien ri, et Cass a empoché 157 points parce qu’il a croisé « NEW WAVE » avec « WALKYRIES » (trois « W » et un « Y », balèze). A la fin tout le monde en a eu marre de jouer à des jeux de société, alors Robert il a allumé la chaîne hi-fi et c’était Gainsbourg et Mercury Rev qui passaient à la radio (« Cuckoo »). C’était la fête dans le salon tout cassé, surtout quand Cass, bourré comme un coing, a imité le Velvet (« Bury Mary »). Une sacrée soirée qu’on vous dit, sauf qu’à 5h Bob a vomi toutes ses pâtes, et ça c’était pas cool. Heureusement Cass c’est lui qu’a gagné au scrabble. Ouais ! C’est vraiment lui le meilleur.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

La Vache qui Pleure

Voilà du folk dans sa forme la plus traditionnelle, sans oripeaux modernes ni production trop grassouillette. Du banjo, du violon, de l’accordéon, un peu de flûte et de piano : il n’en faut pas davantage aux deux sœurs McCarrigle pour raviver la flamme d’un folk qu’on croyait presque perdu, parce que né il y a bien trop longtemps. Dans la famille McCarrigle, on chante ainsi le folk comme s’il était le souffle qui permet de respirer. En français dans le texte (et avec des ‘r’ qui roulent), ces deux chanteuses/instrumentistes parviennent donc à convaincre, malgré l’esthétique séculaire de leur musique fragile. Rufus et Martha Wainwright sont les enfants de ces folkeuses sexagénaires… Comme quoi l’élégance peut, elle aussi, s’avérer héréditaire. Tabernacle !
‘Ladies & Gentlemen, Mogwai’ : sous des tonnerres d’applaudissements, John Peel annonce l’entrée en studio du groupe qui, fin des années 90, a donné au post-rock épique ces premières heures de gloire. Aujourd’hui Peel est mort, et c’est sans doute la raison pour laquelle les Ecossais publient cette compile : en hommage. Et il est magnifique, puisqu’on retrouve sur ce disque le meilleur de Mogwai, bref du Mogwai en live. Beaucoup d’intensité, et de l’adrénaline : c’est ce qu’on préfère chez Mogwai, surtout quand elle surgit au coin d’un riff abasourdi, d’une note en suspension. Certes, la formule aujourd’hui est connue de tout le monde (au hasard : Shipping News, Mono, Explosions in the Sky, Dreamend, Sweek, Migala,…), mais elle reste dans le chef de Mogwai d’une étonnante fraîcheur, d’une surprenante intensité. Avec des titres comme « Like Herod », « Kappa » et « Superheroes of BMX », les Anglais restent quand même les vrais champions en la matière. John Peel, sans doute, n’aurait pas dit le contraire. Ecouter cette compile, c’est comme prier pour lui.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Prophète en mon pays

Il entre en prière, parce que la Vie ne peut l’aider : il a beau essayer, il n’y arrive pas. Il voudrait devenir qui il est, vraiment, mais les maisons de disques lui ont dit, à peine embarrassées : « Vous êtes bien gentil avec votre disque, mais vous comprenez… C’est trop en avance sur son temps. » Alors il a pris la grosse tête, écouté Genesis, Caruso et Images, et s’est nommé « Conquistador ». Il a ‘éclipsé bien des soleils’ et ‘déployé son arsenal’, sûr de lui, de son disque. De la chanson française. Des détails ? (Disons que ‘les fans apprécieront’). Les fans de quoi ? (Disons que c’est médiocre. Mais réussir l’impossible, c’est possible… Ou ‘Il n’y a que les rêves qui se réalisent’, disait Jacques Brel, sur le coup un peu con). « Prophète en son pays » peut-être, mais sûrement pas ici… ‘Wééé, mais tu vois ici, c’est un pays super beau, on est tous des apprentis-sages, on a laissé tomber nos habits de civilité, et puis on parle toutes les langues de la prière, à Mon Père, à ma Mère, à mon âme à moi, tu vois ?’. Cela dit, très belle pochette.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Minimum-Maximum

‘Le dynamisme des machines, l’âme des machines, énonce Ralf Hütter, ont toujours été partie prenante de notre musique. La transe est toujours due à la répétition et tout le monde recherche la transe dans sa vie, qu’elle soit par le sexe, l’émotion, le plaisir, dans les soirées, etc. Par conséquent, les machines produisent une transe absolument parfaite’. Trente-cinq ans après sa formation, le groupe de Ralf Hütter et de Florian Schneider bat toujours le pavé (et le fer électro), prodiguant live son concept intact d’« Industrielle Volksmusik »… Ce double cd enregistré en public aligne 22 titres immortalisés lors de la dernière tournée marathon de 2004, 69 shows qui ont vu Kraftwerk parcourir le monde et célébrer une énième fois les noces heureuses de l’homme et de la machine. Sur ces 22 titres, 6 du « Tour de France Soundtracks », leur dernier album en date (2003), et tous les classiques intemporels, de « Neon Lights » à « Autobahn », en passant par « Radioactivity » et « Trans Europe Express »… Le son est d’une qualité exceptionnelle (le contraire aurait été étonnant), la sélection parfaite. Ne manque plus que l’image, tout aussi essentielle (le livret, magnifique). Avec ce disque Kraftwerk prouve encore une fois son talent de groupe visionnaire, à l’avant-garde de la révolution électronique. En 1975, Lester Bangs écrivait dans Creem à propos d’« Autobahn » : ‘Où va le rock ? Il est en cours de capture par les machines. Bien plus qu’un simple disque, ‘Autobahn’ est un réquisitoire contre tous ceux qui voudraient résister à la volonté de fer (…) de l’aube inéluctable de l’âge de la machine’. Vingt ans plus tard, cette confession reste d’une surprenante actualité. Le fin mot de cette histoire ? Il faudrait sanctifier Kraftwerk.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Resilience

Branle-bas de combat chez les fans de Kid606 : l’homme abandonne la drill’n’bass pour une électro moins revêche, teintée de hip hop, d’ambient et d’electronica warpienne. Evaporées donc la chair de poule et l’hypertension nerveuse, place aux nappes bien tendues, aux rythmiques reggae et à la frime old school ! Forcément, ce regain de simplicité surprend de la part d’un esthète du beat qui crisse et qui tabasse : on aurait presque l’impression qu’il ne s’est pas foulé la cheville pour accoucher de ce disque (le sixième)… Heureusement c’est joli, à défaut de réellement nous taquiner l’oreille. Mention spéciale au bourru « Xmas Funk », à l’aérien « I Miss You » et au triste « Audition », qui dévoilent une palette sonore originale, du moins pour les adeptes du Kid. Le fusil ainsi changé d’épaule, Kid606 espère se faire de nouveaux potes dans la sphère électronique… Opportuniste ? Non : juste une nouvelle mise à nu, moins sanguine et plus intime. Fallait quand même oser.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

In The Reins

A écouter les deux splendides albums d’Iron & Wine, on était presque sûr du génie mélodique de Sam Beam… Cet EP de collaboration avec les tout aussi bons Calexico confirme donc le bien qu’on pensait du barbu à la voix diaphane. Sept titres composés par Sam Beam et enregistrés en décembre 2004 dans les studios de Calexico, à Tucson, et pas un seul à jeter… En 20 bonnes minutes, l’association des rockeurs mariachi et du songwriter folk/americana laisse augurer que leur amitié ne s’arrêtera pas là. Du moins c’est ce qu’on espère. Et que Sam Beam, à l’instar de John Convertino, Jason Molina, Will Sheff (Okkervil River, Shearwater) ou encore Will Oldham, est bien un musicien sur lequel il va falloir sérieusement compter.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Stem Stem In Electro

Alors que le dernier album de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band (ouf !) continue vaille que vaille à nous anesthésier les tympans de sa torpeur majestueuse, frappe à notre porte (tête ?) un autre ami de la même vague montréalaise : Mike Moya, alias Hrsta, ex-GY!BE, complice aussi des Set Fire to Flames et de Molasses. Dans la Constellation, Moya s’avère donc un bel astre - ce disque (son deuxième signé Hrsta) en est la preuve scientifique - où l’on pourrait se lancer dans une allégorie pleine d’équations et de rigueur académique, mais à la place on choisit ce qui nous définit : la subjectivité. Alors oui, Hrsta plaira à tous ceux qui adorent déjà Godspeed, Silver Mt et tout le bazar. Sauf que sur cette plaque le folk a vraiment pris d’assaut tout riff qui se lâche un peu trop : la prog n’est certes pas loin, mais ici ce n’est pas une insulte. Alors ça monte et ça descend, dans de drôles d’entonnoirs fabriqués en Allemagne (Can), et parfois ça se braque, jusqu’à la litanie. Forcément, après, c’est le délire, l’hypnose, une autre dimension à peine réconfortante, et pourtant ce n’est qu’un disque de plus. Allez savoir pourquoi?
samedi, 31 décembre 2005 01:00

White People

Dan The Automator (Deltron 3030, Lovage, Gorillaz,…) et Prince Paul (De La Soul, Stetsasonic,…) sont les rois de la production léchée, qui claque au vent mais fond dans la main, pas dans la bouche. C’est bien là le problème de ce genre d’album conceptuel : à force de jouer aux producteurs stars invitant tous leurs potes à venir jammer en plein jet lag, les deux, ici, ne font pas vraiment la paire… La faute à l’éclectisme, pour une fois : ça part dans tous les sens, et forcément on y perd son latin. Des noms ? De La Soul, Mike Patton, Del The Funky Homosapien (Gorillaz), Barrington Levy, Alex Kapranos (Franz Ferdinand), Tim Meadows, Jack Johnson, Cat Power, Mike Shinoda (Linkin’ Park), Rahzel, Q-Bert, Pharrell Williams (The Neptunes), RZA, The Mars Volta, John Oates, Jamie Cullum,… Cherchez l’intrus. Un véritable bordel d’influences, de voix et de styles, qui dépareille l’ensemble. Entre les mains des deux bidouilleurs fous, tous ces artistes peinent à faire valoir leur talent, leur personnalité. On s’ennuie ferme, parce qu’un bon générique ne fait pas forcément un bon disque. Coupez !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Audio Killing Spree

Paru en Angleterre au mois de novembre 2004, ce premier disque des métalleux de Head Hung Low arrive ici précédé d’une excellente réputation : certains scribouillards à l’enthousiasme forcené l’auraient même comparé au fameux « Scum » de Napalm Death, l’une des pierres angulaires du grindcore. Normal, ils viennent de Nottingham, et leur mix de cris gutturaux, de riffs acides et de batterie massue rappelle parfois leurs chers compatriotes. Tout ça, évidemment, n’adoucira pas nos mœurs et notre cœur qui saigne… Un ange (morbide) passe, avant de se faire trépaner. Une vierge défroquée se déboîte le coccyx. La tête au bord de l’implosion, un amateur de Death et d’Extreme Noise Terror supplie qu’on lui épargne la vie. ‘Tu n’aimes pas ma musique ?’, rugit Darren Jackson avant de brandir sa guitare assassine. Fais le bon numéro (666) et ta vie sera sauve.

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