L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Dernier concert - festival

Suede 12-03-26
Epica - 18/01/2026
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

samedi, 31 décembre 2005 01:00

The Past Presents The Future

« The Luxury of Loneliness »… est un des titres du précédent album de Marc Bianchi. Coup de bol : l’Américain n’a toujours pas trouvé l’amour, d’où ce nouveau disque. Sur lequel il tente, encore, d’exorciser ses vieux démons d’âme éplorée, qui cherche de l’affection mais n’en donne plus qu’à son laptop, faute de mieux. « The Past Presents The Future », donc… En serions-nous réduits à ça, mariner dans les regrets d’une vie à l’imparfait, consumée par les deux bouts ? Croire que nos erreurs commises par le passé entérinent diaboliquement notre futur ? Qu’il n’y aurait aucune échappatoire face à certains de nos souvenirs, les plus traumatiques ? A sa carapace, la déprime, Marc Bianchi rajoute donc une nouvelle couche – 10 titres d’obédience pop/électro, pleine d’arrangements fastes (flûte, cordes), et surtout de cafard (celui qui résiste même au Baygon). C’est joli, mais sous le vernis se terrent le désespoir et la solitude, bref la souffrance qui tenaille chaque homme en quête d’amour et de partage. Entre The Postal Service et Eels (« Missed Medicine », presque un tube), « The Past Presents The Future » touche bien là où ça fait mal. Aux glandes lacrymales, aux genoux (qui flanchent), à l’appétit, à l’envie… Ca dépend pour chacun.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Outside Closer

La nature, son élan lyrique, ses humeurs contradictoires, sa menace imminente : les frères Adams la connaissent bien, pour l’avoir domptée dans leurs disques. « Outside Closer », leur sixième album, se colore pourtant de nouvelles teintes, plus hospitalières, plus printanières. C’est l’ère du bourgeonnement, d’un nouveau départ : fini le temps des calottes glaciaires, retour à la vie, à ses charmes graciles. L’électronique cette fois en discrète impression, c’est l’organique de la pop et du folk qui réchauffe désormais nos articulations : « Outside Closer » pourrait ainsi s’écouter comme le plus accessible des disques de Hood. Toujours vaporeux, mais à la bordure des Bermudes : c’est la ouate, mais sans le chloroforme. Et le chant, pour une fois, se targue d’être essentiel : l’émotion se fait voix (cfr Styrofoam, L’Altra, Movietone), l’harmonie se dédouble. Des cuivres aux clarinettes, la musique s’adoucit, parce qu’elle est moins sournoise : pour Hood c’est la fin du tunnel, le réveil du coma. Une nouvelle vie s’annonce, moins frileuse que jadis.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Turn

Depuis 25 ans The Ex se bat contre l’uniformisation (socio-)culturelle et mentale, fustigeant par le biais de sa musique sauvage (post-punk, noise, dub, world, jazz) nos comportements grégaires et masochistes. Pour démanteler le trafic d’opium du peuple (au choix : les médias, la politique, le capitalisme et son pendant l’impérialisme, la perte du devoir de mémoire,…), les cinq Hollandais jouent un rock décharné jusqu’à l’os, là où le rythme s’accroche. Le squelette, au centre de tout : de cette charpente vitale se détache le reste, mais le reste est détail. Ici les guitares s’entrechoquent pour rester dans l’arène : sans oripeaux elles gagnent grâce et vitesse. Tu, le superflu : du fil et du rasoir, que reste-t-il après le pugilat ? L’essence de la musique, ses vertèbres qui nous aident à grandir. Et le rock de The Ex évolue à chaque disque, comme le monde qu’ils décrient (« The Pie » : hymne pâtissier, référence à Godin). Plus que jamais se fait prépondérante l’influence de l’Afrique, mère porteuse de la Terre (« Getatchew », instru-hommage à Getatchew Mekuryah, génie éthiopien du saxophone – cfr la formidable collection « Ethiopiques »). En fin de compte ce qu’offre The Ex, c’est le retour aux sources : un bel acte de foi, d’un groupe majeur et messianique.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Drinking Songs

Chacun a ses ‘chansons à boire’, mais celles de Matt Elliott (The Third Eye Foundation) donnent une sacrée gueule de bois. Le meilleur remède à ça ? Ne jamais dessaouler, pardi ! Ou écouter ce disque, d’une noirceur éthylique absolue. Il y a deux ans déjà Matt Elliott sortait « The Mess We Made », et le moins qu’on puisse dire c’était qu’il avait l’air patraque. Rassurons-nous : il ne va pas fort mieux. Tel un héros de Knut Hamsun, le Bristolien cultive un angoissant mal être : on se plaindrait presque pour lui, si sa musique ne sonnait pas si juste. « What the Fuck am I Doing on this Battlefield ? », et à l’écoute de ces complaintes malades on se dit la même chose. La déprime se nourrit-elle d’elle-même ? Pourquoi s’abîmer dans l’ivresse ? L’oubli, cette fuite cathartique… L’alcool, et toute forme d’altération mentale, ne servent évidemment qu’à ça. Parenthèses. Sur ce disque comme sur son précédent, Matt Elliott convoque donc ses plus ardents démons. Qu’ils crient comme craque une vieille épave, qu’ils couinent tels des fantômes errant dans le purgatoire, ces spectres musicaux ne font pourtant pas peur… Mais réconfortent. Longues mélopées sans prise sur le temps, ces huit titres s’écoutent comme on boit de l’absinthe. Ce n’est pas bon pour la ‘santé’… et pourtant c’est le mot qu’on prononce quand on trinque.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Axes

Bonne nouvelle : le premier disque d’Electrelane, « Rock It To The Moon » (2002), ressort ce mois-ci alors qu’on le cherchait en vain depuis déjà trois ans. Autre bonne nouvelle : « Axes », le troisième album de ces quatre filles de Brighton, est encore meilleur que son prédécesseur, « The Power Out ». Une trilogie aux couleurs plutôt sombres, tirant sa sève rythmique du krautrock des années 70 (voire du jazz genre ESP), tout en lorgnant parfois du côté obscur du mathcore et de la musique klezmer (l’étonnant « Eight Steps »). En treize titres dont dix instrumentaux, Electrelane invoque les fantômes de Can, de Blurt et de The Ex… Sans oublier parfois d’y coller une jolie mélodie ou des chœurs rageurs – mais sans cesse à contre emploi. C’est que rien n’est facile chez ces filles à la dextérité maligne : même les titres ne sont pas séparés, d’un blanc dans lequel trop souvent s’engouffre le vide, et l’auditeur avec… Non : il s’agit d’un voyage sans escales, plein de virages et de ruptures de rythmes, d’ornières menaçantes et de montées/descentes imprévisibles. Enregistré live aux studios d’Albini, « Axes » chevauche ainsi la pop music et l’avant-garde sans choisir son camp : dans cette avalanche de notes qui se heurtent et se marient en noir, l’oreille reste sur ses gardes, timide. A confesse, elle avoue ses péchés : ‘Electrelane mon père, chaque soir si je le veux’.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Lust

Vu ses orteils écartés et sa plante des pieds toute lisse (la pochette), on imagine bien la Cardini taper la mesure à longueur de journée… Et de nuit. Parce que c’est un fait : Jennifer Cardini a la techno dans le sang : résidente au Rex et au Pulp de Paris, membre du duo techno-punk Pussy Killers, vocaliste au service des excellents Blackstrobe (leur tube, « Me & Madonna »), la Française sniffe du beat et nous l’injecte comme pour rester en vie. C’est qu’autour d’elle plane un léger parfum de mort : celle de son amie Sex Toy, partie trop vite à force d’avoir joué sa vie sur le dancefloor. Jennifer, elle, doit être en bonne santé, à en juger par la qualité de cette compile mixée : Misc, The Hacker, Slam, Miss Kittin, Dirt Crew, les excellents Sleeparchive et DJ Koze,… Du nom de sa soirée mensuelle au Pulp, « Lust » affiche un glamour chic mais pas chiqué, comme c’est trop souvent le cas. Ici, ni fautes de goût ni bravades militaires : chaque titre s’enchaîne avec force et souplesse, en respectant la formule du cd-mix (montée-climax-descente). A l’instar d’Ellen Allien ou de Miss Kittin, Jennifer Cardini insuffle un peu de grâce dans ce monde de beats brutes : on danse en toute tranquillité, la nuit est belle et le sommeil léger.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Push The Button

La belle affaire : les Chemical Brothers sortent un cinquième album, et pas une once de remise en question chez les deux bricolos big beat d’Outre-manche. Si « Galvanise », malgré son sample bollywood un rien putassier (Najat Aatabu), débute les festivités avec vigueur et sympathie (Q-Tip enfin en forme), le reste de l’album est à l’avenant d’un genre (l’électro FMisée) qui de plus en plus se mord la queue (écouter le nouveau Daft Punk, raté). Sur « The Bower » (feat. Tim Burgess des Charlatans… comme d’hab’), Tom Rowlands et Ed Simmons ressortent leur TB-303 du placard, parce qu’il paraît qu’en ce moment y a un retour d’acide chez les jeunes gobeurs de BPMS. Opportunisme ? Pour s’en convaincre, le morceau suivant, « Believe », fera tout aussi bien l’affaire : du Chemical pur jus (Kele Okereke de Bloc Party au chant), comme il y a plus de 5 piges, bref des plombes dans l’industrie du disque. Le reste ? Du post-punk à la sauce boum boum parce que c’est « hip » (« The Big Jump »), du hip hop sur du semblant de Carpenter/Moroder (« Left Right »), et puis encore du « Psychedelic Private Reel » (« Marvo Ging »), comme si on n’avait pas encore saisi. Quoi ça ? Ben que les Chemical c’est déjà de l’histoire ancienne, et que comme dans ‘Le Père Noël est une ordure’, on conseillera à tous les nostalgiques dépressifs des années 90 d’‘appuyer sur le bouton’, pour en finir une fois pour toutes avec cette gaudriole.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Bye Bye Beauté

La sœur de Benjamin Biolay sort son deuxième disque, et c’est très chouette. ‘Je n’ai jamais rien fait de bien’, chante-t-elle pourtant sur « Indécise », le titre d’ouverture, d’un bal qui aurait pour reines Jane Birkin/Charlotte Gainsbourg, Shivaree, Stina Nordenstam et Françoise Hardy. Elle fait donc des choses bien, Coralie Clément, comme cette berceuse acoustique (« Gloria ») qui rappelle presque Karen Dalton et la muse folk Bunyan… Ou encore cet « Enfer » éthéré, de l’indie pop toute douce (Nada Surf n’est pas loin). Oui, Coralie Clément sait bien ‘se prendre en main’… Même si son petit génie variet’ de frère signe 10 des 12 titres (+ Dorval, et Daniel Lorca de… Nada Surf). Peu importe : Coralie Clément se ‘fout des qu’en dira-t-on’, et préfère s’amuser à chanter sur de la bonne pop-rock, pleine de guitares claires, de cuivres et de Rhodes rieurs. De belle composition, cet album réussit son pari, simplement : suggérer un moment de légèreté, vanner la vanité. Et comme on dit : ‘Fan de(s) Biolay un jour, fan de(s) Biolay toujours’.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Big City Tour

Billy Crawford, c’est l’idole de ma nièce. Elle vient d’entrer en cinquième primaire. A la Star Ac’, elle aimerait bien que les deux jumelles soient éliminées. Normal : elles sont gourdes. Des jumelles ?! Oui. L’année prochaine, on espère y voir un trisomique ou un Grégory n°2, mais cette fois en vraie phase terminale. Ca fera sans doute pas mal d’audience, de le voir agoniser en ‘direc’ live’. Il chantera avec Billy, en faisant le singe pour se choper un 20/20. Il aura sans doute un beau costume Dolce & Gabbana. Blanc, pour faire ressortir la blancheur de sa peau, fade comme un prépuce cireux. Ma nièce ne sait pas ce qu’est un prépuce, et à son âge c’est préférable. Qu’elle écoute donc Billy : je lui offre mon disque. Au moins ça fera quelqu’un d’heureux. A part ça, est-ce que ce petit blaireau se tape toujours Lorie ?
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The Mysterious Production of Eggs

Paru l’an dernier, « Weather Systems » nous faisait découvrir un songwriter acrobate et sensible, maniant l’écriture pop avec la grâce d’un funambule suspendu dans le vide. Ses mélodies sans gravité, d’une allégresse timide mais si charmante, nous auront accompagnés tout au long de l’année. Aujourd’hui le Bostonien nous propose un nouvel album, et c’est la même apesanteur qui assaille nos oreilles à l’écoute de ces 14 titres sans esbroufe, mais d’une valeur inestimable. Son violon en guise de fidèle compagnon, Andrew Bird tisse des merveilles de mélodies sans attache terre à terre, tel un Arthur Russell fan de Nick Drake et de Linda Perhacs. Qu’il caresse son engin à rebrousse-poil ou le sample en boucles hypnotiques, Andrew Bird n’est jamais son esclave mais son amant fidèle : entre eux c’est l’amour, le vrai, même si parfois ça pète (« Fake Palindromes »). On ne remerciera jamais assez Andrew Bird d’exister à travers sa musique : sans elle on n’aurait pas gagné un ami, quelqu’un à qui parler, dans la joie ou la détresse.
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