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La vérité selon RORI

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La fuite d’Ellside

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The Wolf Banes - De Casin...
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

lundi, 23 janvier 2006 02:00

A Colores

On aurait pu croire qu’après le départ de Jimmy Lavalle (dû au succès de son side-project, The Album Leaf), Tristeza allait enfin pouvoir porter son nom avec ce qu’il faut d’atermoiement et de justesse. De fait, c’est quand même triste qu’un type comme Lavalle se fasse la malle et laisse ses potes en plan, même s’il est vrai qu’« In A Safe Place » est un sacré bon disque. La bonne nouvelle, c’est que celui de Tristeza n’est pas mal non plus, même s’il n’évite pas toujours les plans les plus foireux du post-rock - cette linéarité qui naît bizarrement du contraste et du déséquilibre. C’est donc ailleurs qu’il faut chercher la petite bête, et elle ressemble fort à un synthétiseur : omniprésent tout le long de l’album, il irrigue de ses nappes colorées le terrain craquelé des guitares électriques. De ces textures à mi-chemin entre Tortoise, Nathan Fake et Mono, on retiendra surtout l’immuable langueur : joli, mais certes prévisible… L’album s’intitule « A Colores », bref 'en couleurs' : il n’empêche que s’il est coloré, ce n’est pas en 24 bits. L’illusion persiste ainsi les quatre premiers titres, puis se dégonfle comme une vieille baudruche. Ennui ! Et tristesse, donc, qui ne dure jamais longtemps (ou pas assez).

mardi, 26 septembre 2006 03:00

Comments of the Inner Chorus

« Mother’s Daughter and Other Songs » rappelait l’année dernière que le folk, à l’ère du digital, n’a rien de l’exercice de style : mixer ainsi instruments acoustiques (guitares, banjo, violons, cloches,…) et bleeps électroniques peut s’avérer, si c’est fait avec cœur, une expérience revigorante et sincèrement charnelle. Pour ce deuxième album Mike Lindsay et Sam Genders ne bouleversent pas leurs méthodes d’écriture, à la lisière de l’électronica à la Four Tet et du songwriting fragile de The Books (les dialogues samplés) et des Magic Numbers (les harmonies vocales). ‘We all have a lovely time’, susurrent-ils en ayant l’air de rien (le single « Woodcast »), et c’est clair qu’il y a de la désinvolture dans ces 11 comptines aux airs de ‘murder ballads’… C’est bien là le problème : il manque à Tunng ce je-ne-sais-quoi d’aventureux qui retient l’attention. Et ce ne sont pas deux-trois beats accouplés à du folk rachitique qui donnent forcément envie de crier au génie. Hormis le joli « Engine Room » en clôture prophétique (on croirait presque entendre les hululements de Silver Mt. Zion), « Comments of the Inner Chorus » peine à retenir l’attention au-delà de la fusion des genres. D’un attrait limité, comme quoi l’ambition peut s’avérer aussi un handicap.

mardi, 20 juin 2006 03:00

Dead Drunk

Eric Copeland (Black Dice) et Dave 'Avey Tare' Portner (Animal Collective) se sont enfermés l’été dernier dans un appart à Paris pour enregistrer ce troisième album de leurs mésaventures noisy : ça s’intitule « Dead Drunk », et c’est vrai qu’à l’écoute de ce 6-titres, le cerveau tangue et frôle le black-out sensoriel. Que les fans du folk mutant d’Animal Collective ne s’inquiètent pas de la tournure que prend d’entrée de jeu cet album frondeur : ici le drone est roi, le soundscape une profession de foi. A peine parvient-on à déceler, sous l’amas fumant des crépitements analogiques, l’empreinte des amygdales d’Avey Tare. Qui, pour le coup, semble bien seul dans ce tohu-bohu sonique : plongée dans cet acide bruitiste qui perfore le tympan, sa voix canaille résonne au loin comme un fantôme numérique, coincé dans l’Avalon. Dommage que tel partenariat n’ait pas enfanté d’un plus joli bébé : au milieu de ce terrain sonore dévasté, c’est Black Dice qui remporte ici la bagarre. On aurait préféré davantage d’allers-retours entre les univers respectifs des deux formations new-yorkaises. Ce n’est pas vraiment le cas, et c’est plutôt dommage. « Morts bourrés » ? A consommer avec modération.

mardi, 23 mai 2006 03:00

For Screening Purposes Only

C’est con : voilà une chronique d’un disque de Test Icicles, super trio punk-pop d’Angleterre, mais qui n’existe déjà plus. Les trois gaillards ont splitté cette année, alors qu’ils venaient de signer chez Domino… Résultat : on est triste, parce que ce disque est une petite tuerie, entre Pantera, The Rapture, les Blood Brothers et les Arctic Monkeys. ‘Attrape-moi si tu peux !’ : tel pourrait être le sous-titre de cette plaque qui part dans tous les sens, directement à du 120 à l’heure. C’est comme le Sirocco : à peine le temps d’accrocher sa ceinture qu’on se retrouve la tête à l’envers, le menton collé sur les genoux. En guise de structure rythmique, de gros beats machinesques, et ces voix de sales gosses qui crachent leurs poumons. Les Test Icicles ont à peine 20 ans d’âge, et ça s’entend : ils ont grandi avec Slipknot (on pogote sur Test Icicles), la techno (on danse sur Test Icicles) et le label Relapse (les Test Icicles font peur). Du grind pop ? Il est malheureusement trop tard pour s’amuser à leur coller des étiquettes… C’est un peu comme la comète de Haley : avant de la revoir on sera sans doute tous morts, mais au moins on se sera bien marré. Se saborder en plein vol vaut parfois donc mieux qu’attraper des cheveux blancs : une belle erreur de jeunesse, donc, car il faut ‘échouer, échouer encore, échouer mieux’, dixit Beckett. Dont acte.

mardi, 17 octobre 2006 03:00

The Day of Death by Bono Adrenalin Shock

Ils ne sont que deux (Andrew Derek Ross Abbott à la guitare et James Richard Islip aux fûts, ‘sans toms’), et ils aiment faire du boucan. Parmi leurs fans on compte Andy Cairns de Therapy ?, groupe irlandais qui pour rappel sort toujours de bons disques (« Suicide Pact, You First », par exemple, auquel on pense d’ailleurs à l’écoute du cinquième morceau de cet album coriace, « The Freedom of Music »). Et U2, alors ? Ils ne sont pas oubliés : c’est marqué dans le titre. Spéciale dédicace donc à ce ‘nain qui brame’ de Bono, jamais avare en bonnes paroles humanitaires. Les Fucking Tank se foutent bien, quant à eux, de l’avenir incertain de notre planète, ils préfèrent écorcher nos tympans en envoyant la sauce. Son goût : du proto-metal instrumental qui rappelle The Invisible Frog et Lightning Bolt. Normal, c’est le même genre de plan : deux types qui jouent à même le sol au milieu d’une foule en délire, en tabassant bien fort leurs cordes et leurs peaux de bêtes. « Simply the Beast » ? C’est eux qui le disent, et l’on acquiesce comme de bons vieux headbangers en mal de sensations fortes. Certes, « The Day of Death… » n’arrive pas à la cheville du dernier Lightning Bolt (« Hypermagic Mountain », une tuerie), mais il vaut bien quelques torticolis. Selon les Fucking Tank eux-mêmes, leur musique sonne comme ‘le « War » de Satriani, mais sans aucun solo’. Ne reste plus qu’à baisser l’annulaire et le majeur, et de gueuler : ‘Lands & body, go wiiiild !!!’, en signe de soumission.

lundi, 06 février 2006 02:00

Blessed Are The Trials We Will Find

“Sing!”, le troisième album de Tiger Saw, est sorti en 2005, dans l’indifférence générale. Il s’agit pourtant d’un bon groupe de slowcore/country, le trait d’union parfait entre Low et les Cowboy Junkies. Collectif à géométrie variable, ces souffreteux du Massachusetts aiment donc les ambiances de fin de soirée, quand tout le monde est bourré et qu’arrive l’heure du spleen, avant la gueule de bois. C’est un peu l’heure du loup, sauf qu’ici c’est un tigre, et qu’il se sent patraque : d’où ces chansons à l’étirement relax, pleines de voix qui caressent nos tympans et de guitares qui bavent, sur l’édredon. A l’instar de Galaxie 500 ou de Bedhead, Tiger Saw raconte ses rêves comme on compte les moutons : les yeux mi-clos et le corps en position foetale, à l’abri du danger et des heures qui filent. “How to be Timeless Tonight”, c’est même le titre d’un morceau... Ca tombe bien : la réponse est (dans) le disque.

Dix années de clips, compilées dans ce bel objet, sans fioritures (entendez : bonus) ni pose marketing. De 1993 à 2003, Martin Wallace a confectionné neuf vignettes visuelles pour accompagner l’univers musical des Tindersticks : élégiaques, altières, sombres ou légères, en fin de compte profondément humaines, à l’image du groupe. Neuf clips, loin des clichés du genre, qui s’emparent de la poésie d’un Ken Loach (période « Kes ») et du Free Cinema. Neuf bonnes raisons d’aimer encore plus « Sometimes It Hurts », « City Sickness » ou « Bathtime ». Un couple mime l’acte sexuel, habillé, en surimpression (l’instrumental « The Art of Love Making ». Une attraction foraine, un « saladier » à la « 400 Coups », un motard acrobate, de l’amour (« Sometimes It Hurts »). Des rondes de nuit, un bébé dans son landeau, la nuit, Soho, l’errance (« City Sickness »). Du noir, du blanc, entre les deux de la grisaille, du shopping, Cassavetes, un couple (encore), et de l’amour (toujours ?) (« Travelling Night »). Le groupe en live, la caméra qui danse, au milieu avec Stuart Staples, d’une beauté ténébreuse. La classe (« Bathtime »). Des visages de femmes. Des yeux. Des bouches. Des décolletés. Et le groupe, spectateur de cette féminité dans toute sa splendeur, féconde, sensuelle et inquiète (« Can We Start Again ? »). Un étrange ballet à la Berkeley, des danseuses au galbe hypnotisant, une rengaine populaire, du music hall, des plumes, et Stuart Staples qui sourit, crooner (« Rented Rooms »). Une coiffeuse, l’attente sensuelle, la peur de l’inconnu, l’amusement d’un enfant (« Don’t Ever Get Tired »). Un split screen, Prague, un homme, une femme, se rencontreront-ils ? Quatre minutes de solitude, ici, ailleurs, le coup de foudre existe-t-il ? (« Can Our Love »). Neuf impressions fugaces d’un instant de bonheur, de doute et de sérénité. Neuf façons de voir les choses, de les mettre en musique. Un petit bout de vie, avec les Tindersticks.

 

 

mardi, 25 avril 2006 03:00

Twenty-Three

Après trois Ep’s - dont un sur Grand Royal, le (feu) label des Beastie Boys -, le duo américain Sukpatch sort enfin son deuxième album (NDR : enfin on dit ‘enfin’, mais nous n’étions certes pas occupés à crever d’impatience). Ce qu’il y a de vraiment bien dans ce disque, c’est sa pochette : un hibou très design, noyé dans un rouge sang qui imprime la rétine. La musique, elle, ne laisse que peu de traces dans le cerveau, une fois la dernière plage expirant l’ultime note. Un peu d’indie, d’électronique, de rythmes galopins à la Dandy Warhols. Imaginons un remix de Death Cab For Cutie par Modest Mouse ou Her Space Holiday. Si le déclic n’a pas lieu, reste le mélodica : de quoi donner un peu de couleurs à ces titres pâlots. Onze en tout, tantôt soul, tantôt ‘pelants’ comme du Lali sans Puna. Dites « 23 », et retournez au lit.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Altar

A force de tourner ensemble, les barbus de Sunn O))) et les nippons de Boris se sont mis dans la tête qu’ils devaient enregistrer un disque. Non pas un ‘split album’, mais bien un album de collaboration, où chacun aurait son truc à dire et son riff à jouer (5 minutes min.). Après l’hénaurme « Black One » pour les uns (pièce maîtresse du genre doom-drone-avant-metal) et « Pink » pour les autres (du rock’n’roll irascible et couillon), voici donc « Altar », produit marqueté pour plaire aux ados qui s’estiment différents. Ils ne seront pas déçus, même si « Etna », le morceau d’ouverture, manque curieusement de singularité. On reconnaît bien sûr la batterie pied au plancher d’Astuo (Boris, donc) et les drones reptiliens d’Anderson et d’O’Malley, mais le séisme tant attendu n’est même pas mesurable sur l’échelle de Richter. Après un interlude sans grand intérêt (« N.L.T. »), voilà que nos soi-disant pourfendeurs de la cause doom se mettent au piano, aux tambourins et au slowcore : « The Sinking Belle (Blue Sheep) » sonne ainsi comme du Low reprenant Julee Cruise, avec Jesse Sykes au chant. Mais où sont donc passés les malades de Xasthur et de Mayhem ? Auraient-ils échangé leurs Immodium contre une plaquette de Xanax ? Alors qu’on aimait Sunn O))), voire Boris, pour leurs ambiances laxatives, voilà qu’ils nous emmerdent à vouloir épurer leur gros son. Et ce n’est ni Joe Preston (pathétique prestation au vocodeur sur « Akuma No Kuma ») ni Kim Thayil (Soundgarden) qui nous feront changer d’avis : cet « Altar » pue le consensus mou, malgré le fait qu’il reste une aventure sonique hors du commun.

 

 

 

lundi, 27 mars 2006 03:00

The Novelist/Walking Without Effort

On croyait d’abord en une réédition de deux albums perdus d’un songwriter qui le serait encore plus, mais non : Richard Swift est bel et bien vivant, et aussi jeune que le montre la pochette. Ses deux premiers mini-LPs sortis précédemment se voient tout simplement réunis sur un seul et même CD, et c’est sans doute pour la bonne cause. De fait, qui a déjà entendu parler de Richard Swift ? Pas grand-monde, et pourtant ce jeune type vaut bien un Ed Harcourt (si pas deux). Dans une veine orchestrale à la Tin Pan Alley et tout le tintouin (cuivres, banjo, harmonica, piano, etc.), Swift dégaine ses mélodies sixties/seventies en jouant les beaux gosses. Précision : « Walking… » semble plus abouti, voire plus tubesque (« Half Lit » et « As I Go »), comme du Harry Nilsson chanté par Ryan Adams. Ailleurs le timbre de Swift rappelle celui de Mark Lanegan (« The Novelist », « Lovely Night »), et partout l’air est chaud, amical et serein. En conclusion, rien ici n’est vraiment renversant, mais si chaque disque était une claque on finirait aussi par s’ennuyer.

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