L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Burner

Tout ça n’est pas sérieux : alors qu’on s’attendait, de la part d’un orfèvre lo-fi comme Odd Nosdam, à une plaque tourbillonnante de hip hop branque et d’indie lascive, on se prend dans les tympans une bouse sonore que les précieux qualifieront de ‘collage dadaïste à l’avant-garde du rap US’. Une cathédrale de textures, certes, mais donc les arcs menacent de ployer sous le poids indigeste de samples vaseux et de drones poussifs. Même Patton, pourtant maître ès en la matière, peine à sauver notre ami (et son disque) du marasme. Seul « Untitled Three » et ses vocaux de femme en pleine cure de Lithium parvient à nous sortir de la torpeur… Une amère déception, d’un label qui jusqu’ici nous avait habitués à davantage de qualité et de surprise.

Il y a trois ans, on découvrait la soft-pop de Faris Nourallah, et avec elle tout un pan du songwriting anglo-saxon, de Bill Fay à Ray Davies. Voilà un type qui savait trousser de jolies mélodies folk, en apparence altières et optimistes, mais écorchées aux entournures… Si le soleil brillait sur ces chansons douces-amères, il menaçait aussi de les carboniser, à force de trop d’exposition. Trois albums plus tard (« I Love Faris », « Problematico », « King of Sweden »), Faris Nourallah n’est toujours pas une star. Comprenne qui pourra à l’écoute de ces 20 titres ici compilés, ses ‘meilleurs’, et c’est vrai qu’ils arrachent. Rien que ces deux plages qui ouvrent et ferment la marche, « A Famous Life » et « The Road », donnent envie de répéter qu’on l’aime, ce vieux Faris. Et le reste, pour une introduction, mérite qu’on s’y attarde. C’est déjà ça de pris, à l’heure où l’industrie du disque préfère le prêt à consommer. Faris Nourallah pourrait ne pas connaître la consécration, et sa musique rester quasi confidentielle… Mais les ‘trésors cachés’ ne servent à rien s’ils restent enfouis sous terre. Encore un peu de patience, et peut-être qu’un jour on louera Nourallah, sa musique, son œuvre magnétique. Lumière, nous sommes à tes côtés.

 

 

mardi, 11 avril 2006 03:00

Road Movie en Béquilles

‘Là où ça sent la merde, ça sent l’être’, disait Artaud en plein délire surréaliste, et il avait raison. Le cloaque, voilà ce qui nous attend, et on s’y étouffera la panse en attendant qu’arrive le radeau, embarcation maudite, destination l’Enfer de Dante, prisonniers de tombes en feu, et pour ceux qui résistent, la noyade dans du sang bouillant. « S’en sortir pour aller où ? », titre la dixième chanson de ce disque retors : nulle part mon vieux, si l’on en croit ton accent toulousain. Frédo Roman ne mâche pas ses mots, tellement ils sont coriaces : on dirait qu’ils lui brûlent le palais, avant d’être recrachés de travers. Pour les textes, allons voir du côté d’un Michaux, d’une Zürn, ou d’un bon vieux Fedor. Roman habite les sous-sols de notre société, qu’il scrute l’œil inquiet comme si lui-même, dernier rescapé raisonnable, n’était plus qu’une putain de légende. L’homme agonise, il pactise avec le diable, sous toutes ses formes. Alors, mieux vaut crier ses amygdales, dans un dernier sursaut d’amour : pour son prochain, qui court à sa perte, à toute vitesse, le cou tendu vers l’abîme. Il faut y aller, dans ces endroits de la terre où l’on peut trouver quelqu’un d’assez dégénéré pour vous tirer dessus. Après… Mieux vaut prendre tout ça avec un brin d’humour. On peut même danser sur Nonstop, en levant ses béquilles sur le breakbeat hip hop, le gimmik electro, le juron rock. Michniak (Diabologum, Programme) et le frérot (Richard, ex-Diabologum lui aussi) s’occupent de donner la cadence aux consoles, tandis que Roman se plaint qu’on lui ‘dit jamais rien’, et c’est pour ça qu’il gueule. Poète parano, le Toulousain préfère nous foutre la trouille que chanter des mensonges : c’est un insurgé du corps, qui se sert du langage pour conjurer la peur et la colère. Tout ira bien, vous allez voir.

 

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Kidnapped By Neptune

Elle est seule, à la guitare. Electrique. Dans l’air, bourdonne l’envie d’envoyer tout péter, à la face d’un monde qui somnole en croyant qu’on va lui foutre la paix. Mais la fille, menue, nerveuse sous sa perruque, compte bien réveiller le zombie qui sommeille aux tréfonds de notre âme. L’esprit farouche, oblique, elle attend la batterie. Et tout à coup, la voilà qui s’active : lourde, martiale, quasi diabolique. « Hot to Death » : l’Anglaise ne croit pas si bien dire… Et ça pète, donc, avant de s’abîmer dans le silence, qui n’annonce rien de meilleur : « Cheer me oooooon ! », éructe-t-elle sur « Pompoms », Infante majorette aux faux airs sainte-Nitouche. C’est qu’elle s’amuse la fifille, à tripoter ses cordes et son kit de batterie (comme si le rock n’était pas une affaire de sales gosses…). Steve Albini, derrière ses lunettes et son desk, écoute les mains jointes : arrivera-t-elle à se calmer ou désire-t-elle une bonne fessée ? ‘Un soupir exhala de sa poitrine. Le brasier s’embrasa d’une flamme vive sur l’autel de l’amour et laboura le sein des infortunés martyrs’. C’est elle qui mène la danse, celle qui réveille les morts. ‘Je veux leur sang, leur sang !’, s’écrie-t-elle dans un excès de rage. Cette fille n’est pas bien dans sa tête, mais sa musique est bonne. Combien pour la rançon ?

dimanche, 26 février 2006 02:00

To Burn Again

Du hardcore chrétien ? Ca existe. Des gros balèzes tatoués qui beuglent le message du Christ, avec en fond une musique plutôt nerveuse et violente ? Méwé. Du genre : ‘Pray for endurance, avoid the snares that trip and stall’ (« To the Death ») ou : ‘Indulge, deceive yourself into believing’ (« Your Freedom »)… C’est ta liberté, jeune pubère fan de metal, toi qui croit que Marilyn Manson s’habille ainsi chez lui et mange des vierges au moins deux fois par jour. Donc, oui, si tu as des doutes, que tu crois en Jésus mais que n’oses pas le dire à tes potes (‘…‘tain ! La honte !’), eh bien écoute No Innocent Victim. C’est leur nouvel album, et il déchire. Quatorze onctions qui fleurent bon le hardcore catholique, plein de bons sentiments (l’abnégation, la persévérance, le combat contre soi-même) et de guitares qui saignent. En plus, ils ne sont plus trois, mais cinq : encore sept, et ce sera comme la Cène… Quelle fête ! Si tu aimes Sick Of It All, Hatebreed, US Bombs, Agnostic Front mais que tu n’aimes pas leur message de haine et de bestialité, viens donc par ici et propage la bonne parole : ‘No Innocent Victim ? C’est mieux que le catéchisme !’. Et tu iras au paradis, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen.

mardi, 19 septembre 2006 18:28

Fading Trails

Suite des aventures de Jason Molina au pays des matins qui déchantent : après le gracieux mais souffreteux « What Comes After The Blues », il st de retour pour un Ep de neuf titres. En fait une compile de quatre sessions différentes, concoctées sous la houlette de James Lott, de David Lowery, de Steve Albini et de lui-même. Si les trois premiers titres (sessions « Nashville Moon », Albini) dévoilent leur spleen à la « Rust Never Sleeps » et donnent à voir un soleil noir quand on ouvre les yeux, ce n’est qu’un mirage de plus. Une vision de l’americana, renfrognée, atrabilaire, mystique, sauvée du marasme par un songwriting affûté. Après le temps se gâte encore (sessions « Black Ram », Lowery), et le riff bat en retraite (« A Little At A Time ») : ‘C’est comme une épée qui vous coupe la tête et qui pleure’, dirait sans doute Dylan, avant de pisser dans son froc en écoutant le reste (le piano hanté de « The Old Horizon »…) A la fin Molina est tout seul chez lui (« Spanish Moon Fall and Rise », « Steady Now »), et on dirait qu’il va se pendre dans sa cave. ‘The world does have to end pain’, gémit-il en grattant sa guitare… C’est un peu décadent ? Et ce n’est pas fini : après « Pyramid Electric Co. », Molina sort ces jours-ci son deuxième disque solo, « Let Me Go, Let Me Go, Let Me Go ». Espérons qu’il ne mette pas les voiles pour de bon, ce serait un beau gâchis.

mardi, 13 juin 2006 03:00

Z

‘Fils de pute, espèce de Z, lettre en trop de l’alphabet !’, éructait Shakespeare quand il était fâché, et s’il était encore vivant il écouterait My Morning Jacket pour calmer ses nerfs. Dès les premières notes de cet album faramineux, commence pour l’auditeur béat un voyage dantesque, aux confins de l’americana profonde, du reggae, de la pop, du soft rock, de l’ambient et du boogie hard rock à la Lynyrd Skynyrd. La basse ondulante et la batterie cotonneuse de « Wordless Chorus » ouvrent la voie : royale, jusqu’à l’extase finale, ce « Dondante » qui nous donne envie de mouiller notre slip. Que Jim James hulule comme un forcené qui aurait vu la lumière, c’est un petit détail : certains ne le supporteront pas, et pourront toujours réécouter U2 en moulinant des bras. Si Jim James et ses potes (Quaid et Danny Cash s’étant fait la malle, ils ont été remplacés par Carl Broemel et Bo Koster) n’ont pas peur de la mélodie qui tue, du riff qui touche en plein cœur à force de persuasion, c’est sans doute parce qu’ils incarnent à eux seuls les derniers grands chevaliers du rock épique et romantique… On parle bien ici d’expérience religieuse, voire sexuelle, ce qui revient quasi au même. Comment résister aux assauts pharaoniques de toutes ces guitares tournoyantes (« Lay Low »), aux glissandos acoustiques et aux flûtes vespérales d’« It Beats For You », qui porte bien son titre ? Notre cœur bat pour ce disque, qui ne connaît aucune descente d’adrénaline : qu’il s’agisse du rock christique de « Gideon » (amen) ou des plans sudistes d’« Off the Record », avant l’entourloupe à la Air, difficile de rester dans le doute : si « Z » est bien la dernière lettre de l’alphabet, cet album occupe la première place dans le hit-parade de nos rêves les plus fous. Il s’agit d’un chef-d’œuvre, pas moins, dont les derniers couplets résonnent comme l’absolue vérité : « Deep in my heart / I will remember you ». On ne pouvait trouver meilleure conclusion.

lundi, 06 février 2006 02:00

What Comes After The Blues

Songs : Ohia, suite et fin… Mais que tout le monde se rassure : Jason Molina, le fils thuriféraire de Neil Young, n’a pas déposé sa guitare. Il a juste changé de groupe, et de nom (indice : il s’agit du titre du dernier disque de Songs : Ohia), mais au final rien de bien neuf sous le soleil cramé de la country la plus crépusculaire. Entouré d’une ribambelle de musicos au doigté fourmillant (dont Michael Kapinus, des excellents Okkervil River), l’Américain à la voix lancinante (cfr Will Oldham, Steve Wynn, Bob Seger) nous gratifie encore une fois d’un beau disque de country-rock rural, moins tourmenté que ses prédécesseurs. Après le live « Trials & Errors » (enregistré à l’AB en 2003), Molina tente ici de raviver la flamme d’un genre qui, dans ses meilleurs moments, reste plutôt souterrain. A l’instar d’un Bonnie « Prince » Billie ou d’une Carla Bozulich, Jason Molina s’empare des traditions américaines pour mieux les fourvoyer, actrices d’un spectacle nocturne qui annonce des lendemains qui déchantent. Si le titre d’ouverture, « The Dark Don’t Hide It », rappelle le Young de « Tonight’s The Night », des morceaux comme « Hard to Love a Man » ou « Northstar Blues » semblent tremper dans le spleen consumé de la Grande Dépression. « Que reste-t-il après le blues ? », suggère le titre de l’album… Un sentiment d’avoir vécu sans réussites (« How can I be the only one / Whose heart refused to try ») et sans lumières (« I Can Not Have Seen the Light ») ? L’envie d’avoir envie, et d’autre chose que de souffrance (« I can’t remember what comes first / Is it the hurt / Or knowing that it hurts ») ? Le mélodrame, façon Molina : on s’en repaît avec voracité, comme si l’avenir n’était qu’une abstraction.

Pour Drew Daniel et M.C . Schmidt, musique = politique. Depuis leurs débuts, ces deux agitateurs sonores n’ont jamais cessé d’interroger la société en usant de la musique comme vecteur intellectuel, historique, physique. « The Rose… » se veut une série de portraits en hommage à quelques-uns de leurs idoles, de Ludwig Wittgenstein au Roi Ludwig II de Bavière. Pour arriver à leurs fins postmodernes, Daniel et Schmidt ont rassemblé des objets de la vie de ces personnalités pour en extraire la sève musicale. Une sorte de grand raout à base de sampling, de bruitages divers et de ‘mickeymousing’, dont la méthode interpelle davantage que le résultat. « Roses And Teeth For Ludwig Wittgenstein » se construit ainsi sur base d’une phrase déclamée extraite d’un livre du penseur, selon laquelle une ‘rose aurait des dents’. On y entend la phrase, sur un lit de samples de roses et de dents manipulées par le duo. « Steam And Sequins For Larry Levan » se révèle le morceau le plus dansant du lot, à la Metro Area. Rien de plus normal, puisque Larry Levan est une figure légendaire du disco, l’un des premiers DJ’s en tant que tel. La structure rythmique de « Tract For Valerie Solanas » repose sur des bruits de ciseaux, de couteaux, de vagins en plastique et d’utérus de vache. Pour rappel, Solanas voulait ‘détruire le sexe masculin’ (c’est répété dans le morceau), d’où l’utérus de vache : quand tu souffles dedans à pleine bouche ça fait un son bizarre, ici catalogué. CQFD. L’hommage à James Bidgood (le réalisateur de « Pink Narcissus », film gay culte) est construit à partir de piano, de cordes (de l’American Contemporary Music Ensemble) et du bruit amplifié du sperme de Daniel qui tombe sur une feuille. C’est Antony (d’Antony & the Johnsons) qui chante. « Snails And Lasers For Patricia Highsmith » ? Des escargots traversent un tube de glace, transpercé par des lasers connectés à un theremin. Quand la bête entre en contact avec le laser, il enclenche le theremin. L’auteur adorait les escargots, et si le morceau évoque du ‘jazz noir’ (dixit Matmos), c’est évidemment parce que Highsmith écrivait des polars. « Germs Burn For Darby Crash » se base sur des bruits de brûlures : celles de cigarettes, sur le bras de Daniel. C’est Don Bolles, l’ancien batteur des Germs, qui le torture. Un bel hommage à ce jeune punk de Darby, mort à 20 ans d’une overdose volontaire. « Solo Buttons For Joe Meek » mixe cordes sépulcrales (du Kronos Quartet) et surf music, tandis que « Rag For William S. Burroughs » rappelle la transe des Jajouka (et donc ses voyages africains). Détail amusant : le morceau commence comme un ragtime (piano et bruits de machine à écrire), avant d’être interrompu par un coup de revolver et de virer tribal. Ce coup de revolver renvoie sans doute au morceau qui le précède, puisque Joe Meek s’est suicidé en 67 en se tirant une balle dans la tête… Elémentaire, mon cher Watson ! Dommage que Matmos ne soit pas fan de Sherlock Holmes (pourtant gay refoulé) : avec des pipes (sic), un manteau de tweed et quelques sachets d’Earl Grey, ils auraient pu signer un tube.

lundi, 13 février 2006 02:00

Signs of a Struggle

Le single « Big City Life » aura cartonné cet hiver, sans doute parce qu’il fleure bon le printemps et le crépuscule d’une journée sans histoires, à flâner dans les bois en tenant sa copine par la main… Marlon Roudette (voix) et Preetesh Hirji (son) viennent tous les deux de Londres, même s’ils ont grandi loin des ‘suburbs’ anglais, aux Caraïbes et en Inde. D’où cette impression de melting-pot sauvage, qui donne le plus souvent de grands disques (exemples : Massive Attack, Day One, Finley Quaye, M.I.A., Roots Manuva,…)… à chérir les pieds en éventail et le cure-dents au coin de la bouche. Mix fiévreux de hip hop, de dub, de pop et de calypso, « Signs of a Struggle » déroule ses délices comme un loukoum après un bon repas : ça fond dans les oreilles, sans trop de risque pour le cholestérol. Parmi les 14 titres, il y a beaucoup de tubes (« Gangster Blues », « Passer By », « I To You », « Everyone Around You »,…), même si la recette ne change pas d’un iota. De chouettes chansons au carrefour de différentes cultures, entre saveurs organiques et raout électro. Des beats, de l’acoustique, une grosse basse et du rap falsetto : Mattafix, c’est mieux que de l’après-solaire. Bénéficiant du concours des invités vedettes Robbie Shakespeare et Phil Thornally (oui, l’ex-Cure !), le duo londonien a réussi le disque qu’il nous fallait pour patienter jusqu’aux premiers bourgeons : cool, sucré et sensuel.

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