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Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Bénabar les regarde danser…

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Hoboken

A pas feutrés…

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Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins deux ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008 très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)

Jean-Louis Murat

Un show très électrique

Écrit par

Jean-Louis Murat est donc allé enregistrer son dernier album à Nashville. Aux studios ‘Ocean Way’. Il a ainsi pu bénéficier du concours de la crème des musiciens de studio locaux. Mais surtout s’immerger dans un climat country/blues/rock, style musical qu’il affectionne tout particulièrement, tout en prenant le soin de préserver sa plume, qu’il plante élégamment dans la poésie française. Sa tournée passait ainsi par le Grand Mix de Tourcoing. Une bonne occasion de voir et surtout d’entendre l’Auvergnat sous un profil très électrique. D’autant plus que pour accomplir ce périple, il a entraîné ses fidèles musicos. C’est-à-dire Fred Jimenez à la basse, Denis Clavaizolle aux claviers et Stephane Reynaud aux drums.

La salle est déjà bien remplie, lorsque la Lilloise Lena Deluxe (NDR : très jolie fille, il faut le souligner !) monte sur les planches. Elle est seule et s’accompagne à la guitare électrique (NDR : elle la troque contre un ukulélé en fin de parcours), a recours à des bandes préenregistrées et se sert d’une multitude de pédales pour essayer de donner du relief à ses compos. Car c’est ici que le bât blesse. Elle explique d’ailleurs qu’en général, elle est soutenue par une drummeuse et un bassiste. Mais sans leur concours, le set est trop linéaire pour pouvoir décoller. Dommage, car elle possède une superbe voix. Sensuelle, presque de sirène. Et puis, elle prend le temps d’expliquer dans la langue de Molière, ce qu’elle chante dans celle de Shakespeare. Des lyrics qui abordent régulièrement le thème de la mort. En fin de parcours, elle recueille des applaudissements nourris. Et c’est amplement mérité…

Une vingtaine de minutes plus tard, le Jean-Louis Murat Band entre à son tour en scène. Jean-Louis s’installe à gauche, de manière à pouvoir déambuler le long de la scène. Allant parfois à la rencontre de ses musiciens, tous placés vers la droite du podium. L’éclairage est sobre. Beaucoup de bleu, du mauve, et surtout de lumière blanchâtre. Et puis toute une série de baladeuses disséminées sur l’estrade. Un peu comme pour recréer un univers urbain. Le set s’ouvre par « Ginette Ramade ». L’intro est déjà psychédélique. A plusieurs reprises, le band va d’ailleurs nous balancer quelques préfaces du style bien senties. Et Jean-Louis s’en donne à cœur joie sur sa six cordes. Tant au vibrato qu’à la distorsion. Manifestement, Neil Young constitue bien une de ses influences majeures. Et lorsque le claviériste commence à rogner ses sonorités, c’est même aux Doors qu’on se met à penser. Le combo embraie par « La mésange bleue ». Superbe mélodie qu’il se met à siffloter, en bout de course. S’ensuivent « Taïga », « Pauline », le plus allègre « 16 heures, qu’est ce que tu fais ? », le mid tempo « Falling in love », les lancinants « Mousse noire » et « Chanter est ma façon d’errer » ainsi que « Taormina », des morceaux qui alimentent une intensité fiévreuse que n’aurait pas renié un groupe issu du Paisley Underground (NDR : pensez à Dream Syndicate et Green On Red). Et puis, il y a la voix de Murat. Belle, profonde, sensuelle (NDR : surtout pour la gent féminine !) Sa présence sur scène est incontestable ; mais sa réserve dresse une sorte de mur face à son public. Un peu comme s’il vivait dans son monde. Une spectatrice lui lance un compliment sur sa prestation. Murat lui répond qu’elle est trop gentille. Elle lui rétorque alors, à raison, un ‘faut l’dire quand t’es bon, hein Jean-Louis !’ Il est apparemment gêné ; et s’il y avait un trou de souris, il s’y serait sans doute caché. Timidité maladive ? Sans doute ! Mais une chose est sûre, elle a raison, l’interlocutrice. Et le public (NDR : constitué essentiellement de personnes de plus de 30 ans) commence enfin à s’en rendre compte. Car effectivement, le set est excellent ! Une audience qui aurait pu, qui aurait dû même s’enflammer bien plus tôt. Un bémol quand même, la densité du son ne permet pas de comprendre distinctement les lyrics. Et parfois, il faut bien tendre l’oreille pour pouvoir en saisir le contenu. Mais Murat y met tellement de passion et de conviction qu’ils finissent par entrer dans les têtes. Des chansons qui traitent toujours autant de l’amour, du désir, de la mort ou de la violence, mais également de l’errance et du plaisir. Probablement autobiographiques. Et l’hypnotique « Yes sir » en est probablement la plus belle illustration. Au fil du concert, on se rend compte du talent de Fred à la basse. Dont les cordes sont capables de dessiner des lignes latines, viscérales, percussives, un peu comme s’il voulait communiquer à l’expression sonore des accents salsa. La prestation s’achève par « Se mettre aux anges ». Un slow dont les lyrics de toute beauté, sont paradoxalement empreints de pudeur et d’érotisme…

En rappel, il entame une nouvelle intro luxuriante, mais réminiscente du Spencer Davies Group (ce clavier !) Le tempo est tribal. Le groove impressionnant. Moment choisi pour nous balancer « Comme un incendie ». Le titre parle de lui-même. Murat a enfin le sourire. Il empoigne ensuite un rack pour y poser son harmonica, dans lequel il y souffle, un peu à la manière de Toots Thielemans, pour interpréter le jazzyfiant « Les voyageurs perdus ». Jean-Louis présente alors ses musiciens (NDR : excellents de bout en bout, il faut le reconnaître) et achève le concert par le ténébreux et douloureux « L’examen de minuit ». Acclamations unanimes et enfin soutenues. Un très bon Murat, ce soir. Il est 23h15. Minuit, ce sera l’heure à laquelle on rejoindra nos pénates…

(Organisation Grand Mix)

The Bloody Beetroots

Born To Be Wild

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Depuis 2007, deux hommes masqués sèment la terreur sur les dancefloors du monde entier. En 2009, décidés à prouver à la planète que le paysage musical italien ne se limite pas à des Zucchero, Ramazotti et autres Pausini, The Bloody Beetroots publient « Romborama », un premier album alliant puissance et férocité. Après avoir mis le public du festival I Love Techno sur les genoux en novembre dernier, le duo a réuni une foule de masochistes sous le toit de l’AB pour un concert chaud boulette.

Ce qui est certain, c’est que The Bloody Beetroots attire un public jeune. Très jeune. Début des vacances de Pâques oblige ? Quoiqu’il en soit, le parterre, d’une moyenne d’âge de 17 ans tout au plus, bouillonnait comme jamais. Après quelques bons beats électro dispensés par Highbloo, en première partie, la scène de l’AB est prête à accueillir les terroristes du BPM. Et dès les premières notes de l’intro de « Domino », leur nouveau single, les premiers rangs sont secoués d’un mouvement de foule comparable à celui qu’aurait pu provoquer un Rage Against The Machine (!!!) Impressionnant ! Les petits jeunes, manifestement surexcités, vont, l’espace d’une petite heure, en avoir pour leur argent.

Derrière leurs masques, Bob Cornelius, Tommy Tea et leur batteur doivent certainement étouffer tant l’atmosphère est moite et l’ambiance, survoltée. Tout à leur honneur, The Bloody Beetroots propose un vrai ‘live’. Un contraste rafraîchissant, comparé aux artistes coincés derrière leur laptops. Ici, la gratte en prend pour son grade, les synthés s’affolent et la batterie est à deux doigts de l’implosion. Le climax du set sera atteint lors de l’énorme hymne rave « Warp 1977 » qui, l’espace de 3 minutes à peine, parviendra à retourner l’ensemble de la salle. « Talkin’ In My Sleep », « I love The Bloody Beetroots », « Romborama » et autres « Have Mercy On Us » achèveront brillamment le travail des maestros.

Après en avoir pris plein les oreilles, le constat est irrévocable, The Bloody Beetroots sont, sans aucun doute, les nouveaux Prodigy. Ou, pour être tout à fait précis, les Prodigy des moins de 18 ans. Mais peu importe votre âge, si vous êtes en possession d’un ticket pour Rock Werchter 2010, il s’agira assurément de l’un des concerts du festival à ne rater sous aucun prétexte.

(Organisation : Live Nation)  

Josh Rouse

Voyage, voyage...

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A l’heure où les giboulées de mars se déchaînent sous le ciel belge, un homme débarque. Il a emmené, dans ses valises, une huitième œuvre qui sent bon la mer, le sable, les cocotiers. Pour la dernière étape de sa tournée européenne, Josh Rouse a désigné Bruxelles comme terre d’accueil d’un soir. Il y présente « El Turista », un disque à écouter les yeux fermés.

Cependant, les pérégrinations ibériques de Josh Rouse n’ont manifestement pas convaincu énormément de monde en Belgique. D’abord prévu à l’ABFlex (configuration mi-assise, mi-debout), c’est finalement sur la scène de l’ABBox que l’Espagnol de cœur a dû déposer ses bagages. Dans la salle, un parterre très clairsemé est venu applaudir l’homme qui, comme lors de son dernier passage dans cette même salle, ne s’est pas embarrassé de musiciens additionnels. A l’exception d’un pianiste/guitariste. Rouse et son partenaire ouvrent le bal par « Lemon Tree », extrait de « El Turista », suivi de « The Man Who Doesn’t Knwo How To Smile », un titre interprété à l’origine sur « Subtitulo » en compagnie de sa bien-aimée Paz Suay. Le chanteur, surpris par le silence régnant dans la salle, détend l’atmosphère en balançant quelques plaisanteries bien senties et, surtout, une succession de titres estivaux propice à oublier le temps pourri à l’extérieur.

Ainsi, « I Will Live On Islands » précède les étincelants « Flight Attendant », « Winter In The Hamptons », « Come Back » et « Las Voces ». Le chanteur exhorte d’ailleurs le public, un peu trop timide à son goût, à participer aux chœurs de cette dernière. Il n’en faut pas beaucoup plus pour entendre l’assistance hurler d’une seule voix les ‘ooooh’ et ‘aaaaah’ du refrain dans une bonne humeur contagieuse. Le set, dans son ensemble, est une irrésistible invitation au voyage qui aurait pu, néanmoins, avoir encore plus d’impact si Josh Rouse avait (un peu plus) privilégié ses compositions hispanophones.

Après une courte pause, l’homme et son musicien reviennent pour un très attendu « 1972 » suivi de « It’s The Nighttime ». Un court rappel qui laisse le public, enfin chauffé, sur sa faim. Les deux hommes reviennent donc pour un ultime ‘encore’, au cours duquel ils interprètent, au sein du public et sans micro, le génial « Love Vibration ». Après une bonne heure et demie de soleil dans les oreilles, le retour sous la pluie bruxelloise n’en sera que plus douloureux…

Setlist :

Lemon Tree
The Man Who Doesn’t Know How To Smile
I Will Live On Islands
Sunshine
Las Voces
Sweet Elaine
Winter In The Hamptons

Hollywood Bass Player 
Flight Attendant
Come Back
Sweetie
Summertime

Valencia
Quiet Town
Sad Eyes

1972
It’s The Nighttime

Love Vibration

(Organisation : Ancienne Belgique)

Taxi Taxi !

Tout en grâce et en délicatesse…

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Ce jeudi soir, un nouveau blizzard venu du Nord frappait encore aux vitres du jardin des fleurs du Botanique pour y déposer, cette fois, deux radieux perce-neiges.

Découvertes à l’âge de 17 ans par Björn Yttling (Peter, Björn and John), les jumelles suédoises, qui ont choisi pour patronyme Taxi Taxi !, usent de leur jeune expérience scénique pour illuminer les murs du Witloof Bar de leur grâce d’enfance. Instant suspendu dans le temps, subitement éteint par la traversée furtive de deux petits elfes vêtus d’un clavier Roland et d’une guitare acoustique venus discrètement présenter leur premier opus : « Still Standing At Your Back Door » (NDR : duo accompagné d’une batterie subtile). Touche si délicate qu’on aurait presque cru qu’elle hésitait à déranger un public timidement présent. Moments d’introversion accrue par des silences longs entre les morceaux où règnent confusion et maladresse contagieuses. Alors, nous sommes envahis par une sensation d’inachevé qui touche au plus profond. Un sentiment de fragilité plutôt bouleversant. Le scénario cristallise l’attention du spectateur singulièrement lorsque les voix de Miriam et Johanna Eriksson Berhan s’élèvent et larguent l’âme dans l’océan étale de la limpidité. Deux voix cristallines vous guident au cœur de la fraîcheur des nuits d’été suédoises et l’orchestration maladroite importe peu.

Dix perles pop-folk qui posent un regard lent et obsédant, inspiré des ondulations sonores de la mer Baltique. Un set d’une étrangeté fascinante qui interroge l’oreille de l’auditeur et l’invite sérieusement à découvrir l’album… dont la critique figure dans la rubrique ‘Chroniques’.     

(Organisation Botanique)

 

Tom McRae

Cherche désespérément inspiration…

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Octobre 2000. L’auteur-compositeur britannique arpente les scènes internationales, fort d’un premier album brillant et unanimement salué par le public et les critiques musicales. Un pop-rock aux structures classiques, optimisé d’une voix surprenante et la plume authentique d’un songwriter. Les deux premiers elpees (« Tom McRae » et « Just Like Blood ») le propulse sur les scènes des festivals les plus prestigieux (Meltdown, Transmusicales…) et l’invitent à des collaborations francophones cocasses (Autour de Lucie, Bashung, Miossec, Françoise Hardy ou Dominique A).

Cet artiste, devenu depuis lors l’un des chefs de file d’un certain pop-rock ‘pleurnichard’,  n’est cependant pas reconnu par ses frères de larmes et ne fait assurément pas l’unanimité dans l’univers indé. En outre, les trois derniers opus du chanteur anglais pataugent lamentablement dans une musicalité qui radote. Sénilité juvénile qu’il comptait soigner en proposant son dernier opus, « The Alphat of Hurricanes ».     

Quatre albums plus tard, Tom McRae envahit l’espace du Cirque Royal armé de titres sensiblement plus orchestrés et munis de revendications écologiques. Un homme crie les injustices climatiques. Attention : préparez vos mouchoirs !          

Ce virage artistique n’a cependant aucune raison d’affoler les fans de la première heure. Le chanteur british connaît son public, sait jongler avec son répertoire et aurait trop peur de le déranger. Rien d’expérimental à l’horizon mais une multitude d’instruments qui viennent (trop) légèrement bousculer l’univers frileux de McRae. Guitares, banjo, ukulélé, batterie, violons, claviers, clarinette, accordéon (…), viennent tour à tour soutenir légèrement la voix sans jamais l’étouffer. Guitare et piano étoffent discrètement son timbre sur « Summer of John Wayne ». L’orchestration n’est jamais que prétexte à la mise en valeur de la voix, certes splendide mais redondante, du chanteur anglais. Seul « Please » s’offre le luxe d’une explosion rythmique et polyphonique digne d’un combo.

Les réactions vives du public se feront d’ailleurs entendre principalement sur les anciennes compos (« A&B Song » et « The Boy With the Bubblegum ») du fidèle artisan. Les nouvelles sombrant désastreusement dans une mièvrerie inouïe. Le talent de l’artiste d’outre-Manche n’est nullement remis en cause. Par contre, l’originalité et la créativité devront attendre quelques années encore.  

De l’ouragan alphabétique annoncé à travers ce dernier opus, il ne subsiste qu’une larme infime perdue dans un océan pop-rock suffisamment pollué.    

 

The Album Leaf

De San Diego à Reykjavik…

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L’espace du Trix présente la confortable et singulière possibilité d’aménager deux scènes lors d’un même concert. Un réel bonheur pour tout backliner et surtout pour le public qui peut passer sereinement d’une scène à l’autre sans excitation inutile et sans attente excessive. La toujours séduisante programmation de la salle anversoise nous régalait ce mardi soir de deux groupes aux qualités intrinsèques incomparables. Les prodigieux Californiens de The Album Leaf  et les ordinaires Minnésotains de Retribution Gospel Choir.  

Derrière le projet The Album Leaf –pseudonyme inspiré d’une œuvre en mi majeur pour piano de Chopin, « Albumblatt »– se cache un surdoué de la musique électronica : Jimmy LaValle. Un concept musical américain, fondé à San Diego (Californie) en 1999. Tirant parti d’une variété indéfinissable d'instruments et d’équipements électroniques, il érige un mur sonore à la fois post-rock et ambient.

Sur les planches du Trix, un essaim de claviers (Moog, Nord, Hammond, …) habille la scène et donne corps au monde silencieux de Jimmy LaValle (pianiste classique de formation). Une pièce instrumentale dont le background est ingénieusement orné d’une toile drapée de projections minimalistes. L’ombre des Islandais de Sigur Rós et d’Amiina en compagnie desquels le chanteur californien collabore depuis 2001 (NDR : The Album Leaf a assuré les premières parties européennes et américaines du combo de Jón Þór ‘Jónsi’ Birgisson et enregistre régulièrement dans les studios Sundlaugin) ne rôde jamais très loin du post-rock de San Diego. « A Chorus of Storytellers », sorti ce 2 février sous le légendaire label Sub Pop, porte d’ailleurs les stigmates profonds infligés par la scène islandaise. Un univers hautement atmosphérique traverse alors le set de long en large et nous livre un post-rock dangereusement éthéré caressé de musique électronique minimaliste et d’ambient. Une prestation aux mélodies organiques qui engourdissent harmonieusement l’esprit et happent le spectateur vers les profondeurs abyssales de la rêverie.

Un voyage islandais que The Album Leaf est somptueusement parvenu à singulariser.

(Organisation The Trix)

       

JP Nataf

Pas de procès pour l’Innocent JP !

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JP Nataf en concert, c’est un peu la résurrection des Innocents. Auteur compositeur et interprète chez cette formation parisienne durant près de 18 années, JP (prononcez Jipé) se retrouve seul suite à la désintégration en 2000 de cette superbe usine à tubes, responsable notamment de « Jodie », « L’autre Finistère » ou encore « Un homme extraordinaire ». Depuis, Jipé survit ‘difficilement’. Après avoir concocté un projet qui avorte rapidement, les Redlegs (NDR : en compagnie de Chantal Cherhal), il propose en 2004 un album solo (excellent au demeurant) qui rencontre un succès plus que confidentiel, « Plus de sucre ». Puis, c’est le néant. Cinq longues années d’absence depuis cette création, nous ont amené au bord de l’hypoglycémie, c’est le cas de le dire…

Quelques années de collaborations à gauche (Hubert Félix Thiéfaine) ou à droite (Eddy Mitchell) passent. Jipé se remet au travail pour lui-même et nous ressert un recueil de délices dont il a le secret ; en l’occurrence son dernier elpee en date : « Clair », un véritable retour aux sources. C’est donc l’objet en question qu’il venait défendre sur la scène du Grand Mix ce jeudi soir.

Hélas, nous n’étions pas très nombreux à nous être déplacés pour venir écouter l’orfèvre de la pop musique française. Un public clairsemé. A peine plus d’une centaine d’amateurs garnissait les travées de la salle tourquennoise. Sans ses illustres acolytes du siècle passé, Jipé ne fait visiblement plus recette. Jamais je n’avais assisté à un concert aussi ‘confidentiel’.

En lever de rideau, nous avons eu droit à un mini set de Sylvain Vanot, artisan discret d’une certaine idée de la chanson. Et il faut avouer que la discrétion lui va comme un gant. D’ailleurs il aime à le dire lui-même, il est occupé depuis 17 années à réaliser une ‘non carrière’ dans le milieu de la chanson française. Faute avouée est à moitié pardonnée ! On ne retiendra pas grand-chose de ce set, hormis les facéties (grimaces serait plus approprié) de son bassiste gallois. Une heure de perdue. Il est à l’instant 21h30, Jipé et ses musiciens préparent eux-mêmes leur lieu de travail pendant que Sylvain et les siens débarrassent le plancher.

21h50, on croit que JP termine d’accorder sa guitare dans l’indifférence quasi générale mais doucement les lumières s’estompent, il se redresse et prend possession du micro pour entamer un premier titre, « Les lacets ». Le public s’approche insensiblement et une certaine proximité s’installe entre les quatre en scène et la centaine de fans qui leur fait face. Le dialogue s’instaure entre deux morceaux, pendant un accordage de guitare, un (re)branchement d’ampli ou l’installation d’un micro supplémentaire. L’humour, chacun le sait, ouvre beaucoup de portes, excuse beaucoup de fautes et permet des échanges riches et amusants. Jipé ne s’en prive pas tout au long d’une soirée émaillée d’incidents techniques en tous genres. C’est sa semaine de poisse. Le matos craint. Rien ne va. Il n’en perd pourtant pas sa bonne humeur, contagieuse par ailleurs ! La marque d’un grand…

Lui-même au top musicalement, Nataf est très bien secondé par ses trois complices, dont un régional qui sait absolument tout faire, tant chanter en seconde voix que jouer guitare, banjo, basse ou claviers. Les morceaux s’enchaînent d’une musique ‘pas comme les autres’, sans qu’on sache pour autant où la classer : pop ? rock ? variété ? Chemin faisant, il gratifie son public de quelques jolies chansons interprétées à l’aide d’une kyrielle d’instruments (guitares sèches et électriques, banjo, orgue, ukulélé, percus, accordéon, ... )

Force est de constater que JP met au centre de ses préoccupations les mélodies (toujours classe et présentes en nombre), les textes (simplement très beaux) et les arrangements (à la fois rustiques, intimes et chaleureux). En tout et pour tout, nous aurons droit à une vingtaine de titres (aucune reprise ‘période Innocents’) ce qui correspond à l’intégralité de ses deux albums solo. "Seul alone", poème musical de 10 minutes qui nous suspend à ses lèvres sera un moment fort de sa prestation (à voir sur http://www.dailymotion.com/video/xbeos1_jp-nataf-live-1-3_music). 

Hélas, trois fois hélas, les incidents et malheurs auront quelque peu raison du maigre public présent ce soir. Les temps morts sont de plus en plus ‘morts’ et de plus en plus fréquents. Vraiment, JP Nataf ne mérite pas une telle guigne. Le concert, (récital serait plus juste) se termine donc dans une salle quasiment vide lors du dernier morceau interprété de concert rejoint par Sylvain Vanot et les siens. Pourtant, les absents auront eu tort (une fois de plus) car c’est le moment choisi par JP pour nous gratifier d’un superbe cadeau. Il reprend « Un monde parfait » juste avant de se retirer définitivement noyé dans ses problèmes techniques. Salut l’artiste, c’est pas de ta faute, tu ne seras pas déclaré coupable l’‘innocent’ !

Organisation Le Grand Mix

(Voir aussi notre section photos)